Chapter 14

[9]C’est ce différend, en effet, qui a amené la guerre actuelle entre le Chili, d’une part, la Bolivie et le Pérou, d’autre part.

[9]C’est ce différend, en effet, qui a amené la guerre actuelle entre le Chili, d’une part, la Bolivie et le Pérou, d’autre part.

Ces jours derniers, on a voulu lapider le conciliateur et renverser la statue de Buenos-Ayres, sur l’Alameda. L’avocat s’est esquivé ; la statue, qui ne pouvait en faire autant, a vigoureusement résisté, et la Patagonie, toujours balayée par des tempêtes autrement terribles que l’exaltation de quelques jeunes écervelés, est bien tranquille là-bas, attendant silencieusement que ses amoureux aient terminé leur querelle.

Dans cette grosse affaire, où la vanité nationale me semble avoir plus de part que de sérieuses considérations économiques, le Chili a contre lui l’histoire et des déclarations antérieures ; mais en attendant, ou plutôt sans attendre davantage, il a occupé le détroit de Magellan par sa colonie de Punta-Arenas et profite de tous les incidents pour faire acte de police. Quant à la république Argentine, son dernier établissement vers le sud-est est Carmen-de-Patagones, sur lerio Negro.

Les arguments des deux parts sont donc excellents ; aussi la guerre de plume et de parole peut-elle se continuer indéfiniment et se continue en effet. Quant à en venir aux mains, c’est une autre affaire ; la nature a sagement séparé les deux ennemis, et je ne pense pas qu’aucun d’eux ait la pensée d’engager ses armées dans les défilés de la Cordillère.

Du reste, le jour où il pourra être prouvé que la possession de la Patagonie offre un réel intérêt pour l’occupant, il faudra sans doute en appeler à quelque puissant arbitre :

Perrin Dandin arrive : ils le prennent pour juge.Perrin, fort gravement, ouvre l’huître et la gruge,Nos deux messieurs le regardant.Ce repas fait, il dit, d’un ton de président :— Tenez, la cour vous donne à chacun une écaille,Sans dépens ; et qu’en paix chacun chez soi s’en aille.

Perrin Dandin arrive : ils le prennent pour juge.Perrin, fort gravement, ouvre l’huître et la gruge,Nos deux messieurs le regardant.Ce repas fait, il dit, d’un ton de président :— Tenez, la cour vous donne à chacun une écaille,Sans dépens ; et qu’en paix chacun chez soi s’en aille.

Perrin Dandin arrive : ils le prennent pour juge.

Perrin, fort gravement, ouvre l’huître et la gruge,

Nos deux messieurs le regardant.

Ce repas fait, il dit, d’un ton de président :

— Tenez, la cour vous donne à chacun une écaille,

Sans dépens ; et qu’en paix chacun chez soi s’en aille.

Il n’est pas absolument impossible que les choses se passent ainsi. Qui vivra verra.


Back to IndexNext