Chapter 2

A FÉLICIEN CHAMPSAUR

A FÉLICIEN CHAMPSAUR

Mon vieil ami,

Quoique je ne sois que l'introducteur de ce livre, auprès du public, je te le dédie. Nul mieux que toi, le poète et le prosateur, aussi, des Parisiennes élégantes, aimantes et aimées, n'appréciera, en effet, le charme subtil qui s'en dégage.

Ce livre a son histoire.

Une jeune femme, très connue dans la société parisienne, m'a remis, un jour, un petit album relié et cadenassé dont elle a bien voulu me confier la clef et qui contenait des pages, des tableaux fort curieux sur l'amour.

Ce sont des extraits de ces pages, ce sontquelques-uns de ces tableaux, qu'autorisé, j'ai réuni en un volume et que je publie actuellement, sans le nom de leur auteur qui veut demeurer cachée.

Au bal, un galant homme ne relève jamais le loup endentelé d'une femme. En littérature, le masque doit être également respecté.

Quelques esprits chagrins verront peut-être dans cette œuvrette, dans cet essai amusant et très piquant de psychologie intime et féminine, de physiologie d'amour, l'expression d'une pensée perverse, l'examen trop minutieux, trop exact d'un péché que l'on aime tant à commettre, en dépit des gens qui ne savent plus qu'être sages.

Je les supplie d'être assurés que la personne dont je parle ne croit pas s'être damnée pour avoir écrit ce livre et ne croit pas davantage à la damnation de ceux—de celles, surtout—qui le liront.

P. de L.


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