Chapter 2

Note du transcripteur: Les mentions (N.) et (Br.) désignent les notes tirées respectivement des écrits et de l'édition de Naigeon, et de l'édition de Brière. Les notes d'Assézat ne portent pas de marque particulière.

[1]En 1749, M. de Maurepas, encore ministre de la marine, remit à Louis XV un mémoire dans lequel il développait les moyens d'ouvrir, par l'intérieur du Canada, un commerce avec les colonies anglaises. Ce projet fut adopté par la suite, et Maurepas le vit exécuté avant sa mort. (Br.)

[1]En 1749, M. de Maurepas, encore ministre de la marine, remit à Louis XV un mémoire dans lequel il développait les moyens d'ouvrir, par l'intérieur du Canada, un commerce avec les colonies anglaises. Ce projet fut adopté par la suite, et Maurepas le vit exécuté avant sa mort. (Br.)

[2]Ce mot seul suffirait pour ôter au lecteur toute confiance dans le récit qui va suivre; et cependant il est littéralement vrai. Diderot n'ajoute rien ni aux événements, ni au caractère des personnages qu'il met en scène. La passion de Mllede La Chaux pour Gardeil, l'ingratitude monstrueuse de son amant, les détails de son entrevue avec lui, de leur conversation en présence de Diderot, qui l'avait accompagnée chez cette bête féroce; le désespoir touchant de cette femme trahie, délaissée par celui à qui elle avait sacrifié son repos, sa fortune, sa réputation, sa santé, et jusqu'aux charmes mêmes par lesquels elle l'avait séduit: tout cela est de la plus grande exactitude. Comme Diderot avait particulièrement connu les acteurs de ce drame, et que les faits dont il avait été témoin, ou que l'amitié lui avait confiés, étaient encore récents lorsqu'il résolut de les écrire, son imagination n'avait pas eu le temps de les altérer, en ajoutant ou en retranchant quelque circonstance pour produire un plus grand effet: et c'est encore ici un de ces cas assez rares dans l'histoire de sa vie, où il n'a dit que ce qu'il avait vu, et où il n'a vu que ce qui était.Aux particularités curieuses qu'il avait recueillies sur Mllede La Chaux, et qu'il a consignées dans cet écrit, je n'ajouterai qu'un fait, qu'il a omis par oubli et qui mérite d'être conservé; c'est que cette femme si tendre, si passionnée, si intéressante par son extrême sensibilité et par ses malheurs, si digne surtout d'un meilleur sort, avait eu aussi pour amis D'Alembert et l'abbé de Condillac. Elle était en état d'entendre et de juger les ouvrages de ces deux philosophes; elle avait même donné au dernier, dont elle avait lu l'Essai sur l'origine des connaissances humaines, le conseil très-sage de revenir sur ses premières pensées, et, pour me servir de son expression,de commencer par le commencement; c'est-à-dire de rejeter avec Hobbes l'hypothèse absurde de la distinction des deux substances dans l'homme. J'ose dire que cette vue très-philosophique, cette seule idée de Mllede La Chaux suppose plus d'étendue, de justesse et de profondeur dans l'esprit, que toute la métaphysique de Condillac, dans laquelle il y a en effet un vice radical et destructeur qui influe sur tout le système, et qui en rend les résultats plus ou moins vagues et incertains. On voit que Mllede La Chaux l'avait senti; et l'on regrette que Condillac, plus docile aux conseils judicieux de cette femme éclairée et d'une pénétration peu commune, n'ait pas suivi la route qu'elle lui indiquait. Il n'aurait pas semé de tant d'erreurs celle qu'il s'est tracée, et sur laquelle on ne peut que s'égarer avec lui, comme cela arrive tous les jours à ceux qui le prennent pour guide. Voyez, sur ce philosophe, les réflexions préliminaires qui servent d'introduction à son article, dans l'Encyclopédie méthodique,Dictionnaire de la Philosophie ancienne et moderne, t. II, et ce que j'en ai dit encore dans mesMémoires historiques et philosophiques sur la vie et les ouvrages de Diderot. (N.)

[2]Ce mot seul suffirait pour ôter au lecteur toute confiance dans le récit qui va suivre; et cependant il est littéralement vrai. Diderot n'ajoute rien ni aux événements, ni au caractère des personnages qu'il met en scène. La passion de Mllede La Chaux pour Gardeil, l'ingratitude monstrueuse de son amant, les détails de son entrevue avec lui, de leur conversation en présence de Diderot, qui l'avait accompagnée chez cette bête féroce; le désespoir touchant de cette femme trahie, délaissée par celui à qui elle avait sacrifié son repos, sa fortune, sa réputation, sa santé, et jusqu'aux charmes mêmes par lesquels elle l'avait séduit: tout cela est de la plus grande exactitude. Comme Diderot avait particulièrement connu les acteurs de ce drame, et que les faits dont il avait été témoin, ou que l'amitié lui avait confiés, étaient encore récents lorsqu'il résolut de les écrire, son imagination n'avait pas eu le temps de les altérer, en ajoutant ou en retranchant quelque circonstance pour produire un plus grand effet: et c'est encore ici un de ces cas assez rares dans l'histoire de sa vie, où il n'a dit que ce qu'il avait vu, et où il n'a vu que ce qui était.

Aux particularités curieuses qu'il avait recueillies sur Mllede La Chaux, et qu'il a consignées dans cet écrit, je n'ajouterai qu'un fait, qu'il a omis par oubli et qui mérite d'être conservé; c'est que cette femme si tendre, si passionnée, si intéressante par son extrême sensibilité et par ses malheurs, si digne surtout d'un meilleur sort, avait eu aussi pour amis D'Alembert et l'abbé de Condillac. Elle était en état d'entendre et de juger les ouvrages de ces deux philosophes; elle avait même donné au dernier, dont elle avait lu l'Essai sur l'origine des connaissances humaines, le conseil très-sage de revenir sur ses premières pensées, et, pour me servir de son expression,de commencer par le commencement; c'est-à-dire de rejeter avec Hobbes l'hypothèse absurde de la distinction des deux substances dans l'homme. J'ose dire que cette vue très-philosophique, cette seule idée de Mllede La Chaux suppose plus d'étendue, de justesse et de profondeur dans l'esprit, que toute la métaphysique de Condillac, dans laquelle il y a en effet un vice radical et destructeur qui influe sur tout le système, et qui en rend les résultats plus ou moins vagues et incertains. On voit que Mllede La Chaux l'avait senti; et l'on regrette que Condillac, plus docile aux conseils judicieux de cette femme éclairée et d'une pénétration peu commune, n'ait pas suivi la route qu'elle lui indiquait. Il n'aurait pas semé de tant d'erreurs celle qu'il s'est tracée, et sur laquelle on ne peut que s'égarer avec lui, comme cela arrive tous les jours à ceux qui le prennent pour guide. Voyez, sur ce philosophe, les réflexions préliminaires qui servent d'introduction à son article, dans l'Encyclopédie méthodique,Dictionnaire de la Philosophie ancienne et moderne, t. II, et ce que j'en ai dit encore dans mesMémoires historiques et philosophiques sur la vie et les ouvrages de Diderot. (N.)

[3]Antoine de Ricouart, comte d'Hérouville, né à Paris en 1713, est auteur duTraité des Légions, qui porte le nom du maréchal de Saxe4. Paris, 1757. Il a fourni des Mémoires curieux aux rédacteurs de l'Encyclopédie. On voulut le porter au ministère sous Louis XV, mais un mariageinégall'en fit exclure. Il mourut en 1782. (Br.)

[3]Antoine de Ricouart, comte d'Hérouville, né à Paris en 1713, est auteur duTraité des Légions, qui porte le nom du maréchal de Saxe4. Paris, 1757. Il a fourni des Mémoires curieux aux rédacteurs de l'Encyclopédie. On voulut le porter au ministère sous Louis XV, mais un mariageinégall'en fit exclure. Il mourut en 1782. (Br.)

[4]Dans les trois premières éditions seulement. L'ouvrage avait été imprimé d'abord sur une copie communiquée au maréchal, et trouvée dans ses papiers.

[4]Dans les trois premières éditions seulement. L'ouvrage avait été imprimé d'abord sur une copie communiquée au maréchal, et trouvée dans ses papiers.

[5]Montucla n'avait que trente ans lorsqu'il publia sonHistoire des Mathématiques. Paris, 1758. Elle a été revue et achevée par Lalande. Paris, 1799-1802. (Br.)

[5]Montucla n'avait que trente ans lorsqu'il publia sonHistoire des Mathématiques. Paris, 1758. Elle a été revue et achevée par Lalande. Paris, 1799-1802. (Br.)

[6]Voir t. 1er, p. 399.

[6]Voir t. 1er, p. 399.

[7]Le Camus (Antoine), qui a laissé après lui d'autres souvenirs de bienfaisance, était né à Paris en 1722.On lui doit un grand nombre d'ouvrages de médecine et de littérature. Nous citerons seulement:La Médecine de l'Esprit, Paris, 1753.Projet d'anéantir la petite vérole, 1767.Médecine pratique rendue plus simple, plus sûre et plus méthodique, 1769. Plusieurs Mémoires sur différents sujets de médecine.Abdéker, ou l'Art de conserver la beauté, 1754-1756.L'Amour et l'Amitié, comédie, 1763.Les Amours pastorales de Daphnis et Chloé, traduites du grec de Longus, par Amyot, avec une double traduction, Paris, 1757. Cette nouvelle traduction de Le Camus mérite encore d'être lue après celle que vient de publier M. Courier à Sainte-Pélagie, où il était détenu pour un écrit sur l'acquisition du domaine de Chambord. Paris, 1821. (Br.)

[7]Le Camus (Antoine), qui a laissé après lui d'autres souvenirs de bienfaisance, était né à Paris en 1722.

On lui doit un grand nombre d'ouvrages de médecine et de littérature. Nous citerons seulement:La Médecine de l'Esprit, Paris, 1753.Projet d'anéantir la petite vérole, 1767.Médecine pratique rendue plus simple, plus sûre et plus méthodique, 1769. Plusieurs Mémoires sur différents sujets de médecine.Abdéker, ou l'Art de conserver la beauté, 1754-1756.L'Amour et l'Amitié, comédie, 1763.Les Amours pastorales de Daphnis et Chloé, traduites du grec de Longus, par Amyot, avec une double traduction, Paris, 1757. Cette nouvelle traduction de Le Camus mérite encore d'être lue après celle que vient de publier M. Courier à Sainte-Pélagie, où il était détenu pour un écrit sur l'acquisition du domaine de Chambord. Paris, 1821. (Br.)

[8]Gardeil est mort le 19 avril 1808, à l'âge de quatre-vingt-deux ans. On a de lui uneTraduction des Œuvres médicales d'Hippocrate, sur le texte grec, d'après l'édition de Foës; Toulouse, 1801. (Br.)—C'est à Montpellier qu'il exerçait.

[8]Gardeil est mort le 19 avril 1808, à l'âge de quatre-vingt-deux ans. On a de lui uneTraduction des Œuvres médicales d'Hippocrate, sur le texte grec, d'après l'édition de Foës; Toulouse, 1801. (Br.)—C'est à Montpellier qu'il exerçait.


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