Chapter 14

[197]Voir au no16 de l'Appendice, le texte du traité, ditUnion d'Utrecht.[198]Apologie, éd. de 1858, p. 137, 138.[199]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.344, fo19.[200]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo60.[201]Voir ci-dessus, sa lettre du 21 février 1579, au duc de Montpensier.[202]Lettre du 21 février 1579 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo28).[203]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.182, fo82, et fonds Clérambault, vol. 1.114, fos182, 183.—Coustureau,Vie du duc de Montpensier, p. 217.[204]Voir ci-avant, chapitre Ier.[205]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo71.[206]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo30.[207]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo63.[208]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo65.—Avec le contenu de cette lettre concorde celui d'une lettre écrite au prince dauphin par Guillaume de Nassau, le 13 août 1579 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo33).[209]Mémoires de Mmede Mornay, t. Ier, p. 123.[210]Épitre funèbre où est contenu un abrégé de la vie de MmeCharlotte-Flandrine de Nassau, etc. Poitiers, 1ermai 1640.[211]Documents historiques inédits, concernant les troubles des Pays-Bas, 1577-1584, publiés par Ph. Kervyn de Volkaersbeke et J. Diegerick. In-8o, Gand, 1849, t. Ier, p. 434.[212]Le Miroir des âmes religieuses, ou la vie de très haute et très religieuse princesse, madame Charlotte-Flandrine de Nassau, très digne abbesse du royal monastère de Sainte-Croix de Poitiers, par M. Claude Allard, prestre, chantre et chanoine de Laval, à Poitiers, 1653, 1 vol. in-4o.[213]P. 23, 35, 36, 44, 45, 51.[214]Vie de Ph. de Mornay, Leyde, 1647, p. 49.[215]Vie de Ph. de Mornay, Leyde, 1647, p. 51.[216]Bibl. nat., mss. Collection des copies et documents appartenant à la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg, vol. 1.248, fo11.[217]Bibliothèque de l'Institut de France, collect. Godefroy, vol. 260.[218]Lettre du 21 août 1580, datée d'Anvers (Archives générales du royaume de Hollande).[219]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo67.[220]De Jonge, ap. Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 262.[221]Lettre de Sainte-Aldegonde du 27 mars 1580 (Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 276).[222]Lettre de Villiers, du 17 mars 1580 (Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 362).[223]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, Introd. p. 29, etibid.p. 327.[224]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 335.[225]Qui ne sait avec quelle admirable constance François de Lanoue supporta, durant une captivité de cinq années, les odieux traitements que lui infligea la cruauté de ses lâches ennemis.[226]Lettre du 9 juin 1580 (Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 367).[227]«Des succès réitérés (dans les Pays-Bas) avoient donné tant de courage aux François que de Lanoue commandoit, ses exemples avoient si bien sû leur inspirer l'amour de la véritable gloire qu'on peut acquérir par les armes, qu'ils ne songeoient ni à s'enrichir par le pillage, ni ne pensoient pas même à leur propre paye; uniquement attentifs à obéir aux ordres de leur chef, nul obstacle n'étoit capable de les arrêter, et, quoi qu'il pût exiger d'eux, il les trouvoit toujours disposés à le suivre.... Il est certain que la France fut infiniment redevable à ce grand homme qui, tandis que la plupart de nos seigneurs et de nos généraux, gâtés par les vices du siècle ou de la cour, rendoient la nation méprisable par le désordre de leur conduite, sut lui seul soutenir, parmi nous et chez les étrangers, la gloire ancienne du nom françois, par sa probité, sa valeur, sa prudence et sa sévérité à faire observer la discipline militaire; qualités qui, en lui, n'étoient mêlées d'aucun vice, et qu'il possédoit au degré le plus éminent.» (De Thou,Hist. univ., t. V, p. 646.)[228]Corresp. de la maison d'Orange-Nassau, Supplém. de la 1repartie. Introduction, p. 12, 13, 14.[229]Survenue le 26 octobre 1576.[230]Lettre du 28 août 1580. (Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 389.)[231]Lettre du 27 août 1580. (Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 386.)[232]Un acte de l'État noble, du 6 décembre 1580, relatant les résolutions des trois ordres, détermine l'assiette des hypothèques destinées à garantir le payement de la rente de 2.000 florins accordée à Brabantine. (Voir le texte de cet acte dans Gachard,Corresp. de Guillaume le Taciturne, t. VI, Préface, p. x.)[233]Pièces jointes à l'Apologie de Guillaume de Nassau, p. 25 de l'édition publiée, en 1858, à Bruxelles et Leipzig.[234]Peut-être Montesquieu s'est-il un peu trop froidement exprimé sur le point qui nous occupe, en se bornant à dire (Esprit des lois, liv. XXIX, chap.XVI): «Il faut prendre garde que les lois soient conçues de manière qu'elles ne choquent point la nature des choses. Dans la proscription du prince d'Orange, Philippe II promet à celui qui le tuera de donner à lui ou à ses héritiers vingt-cinq mille écus et la noblesse; et cela, en parole de roi, et comme serviteur de Dieu. La noblesse promise pour une telle action! une telle action ordonnée en qualité de serviteur de Dieu! tout cela renverse également les idées de l'honneur, celles de la morale et celles de la religion.»—Montesquieu ne devait-il pas aller plus loin, et imprimer au front de Philippe II le stigmate indélébile d'une énergique réprobation?[235]C'est ce que Guillaume lui-même déclarait en ces termes: «Comme par la sentence en forme de proscription, mes ennemis, contre tout droit et raison, se sont essaiez de toucher grandement à mon honneur, et faire trouver mes actions passées mauvaises, j'ai bien voulu prendre l'advis de plusieurs personnages notables et de qualité, mesmes des principauls conseils de ces païs.» (Remonstrance aux états généraux. Delft, 13 décembre 1580, ap. Gachard,Corresp. de Guillaume le Taciturne, t. VI, p. 39).—On a conservé la lettre que Guillaume écrivit au Conseil de Hollande, de Zélande et de Frise, le 10 septembre 1580, pour demander son avis. (Voir le texte de cette lettre, ap. Gachard,ibid., t. VI, p. 37.)[236]«Pendant mon séjour à Sedan, le duc de Bouillon me faisoit part de tous les avis qu'il avoit de Flandres,par lectres de madame la princesse d'Orange, sa tante; que tout y alloit fort mal; que le duc d'Alençon (d'Anjou) ruinoit ses affaires et ceulx de ses amis par mauvais conseils; que monsieur le prince, son mari, n'avoit rien gagné à travailler pour sa grandeur, sinon d'irriter d'avantage ses ennemis, qui recherchoient sa vie à toute oultrance et par déclaration et proposition publicque du prix et salaire d'un tel coup, dont elle craignoit quelque grand désastre, lequel il pleust à Dieu de destourner.» (Mémoires de La Huguerie, t. II, p. 205.)[237]Les premières trames ourdies contre la vie de Guillaume de Nassau remontaient au début de l'année 1573. Toutes les tentatives, concertées dans l'ombre, pour l'assassiner avaient échoué. M. Gachard les fait connaître (Corresp. de Guillaume le Taciturne, t. VI, Préface, p.XXIIàXXXI).—Guillaume disait (voirApologie): «Il (Philippe II) promet vingt-cinq mil escuz à celuy qui me rendra entre ses cruelles mains, mort ou vif. Mais, ores qu'il n'en ait point fait de publication jusqu'à présent, pense-t-il que je sois ignorant combien de fois lui et les siens ont faict marché avecq les assassineurs et empoisonneurs pour m'oster la vie!»][238]Archives générales du royaume de Hollande. Recueil manuscrit, intitulé:Brieven van vorsten, regering personen, etc.[239]Mmede Mornay, quoique malade, avait, avec une pieuse sollicitude, assisté Hubert Languet jusqu'à son dernier soupir. Sentant approcher l'heure suprême, il lui avait dit: «Qu'il n'avoit regret que de n'avoir pû revoir M. Duplessis, premier que mourir, auquel il eust laissé son cœur, s'il eust pû.... il l'adjura de requérir de luy, en luy disant adieu, de sa part, une chose: qu'au premier livre qu'il mettroit en lumière, il feist mention de leur amitié.» Ph. de Mornay, en ami fidèle, répondit, par la préface de la version latine de sonTraité de la vérité de la religion chrétienne, au désir qu'avait exprimé Hubert Languet. Qu'il est beau, qu'il est touchant, l'aspect sous lequel se revèlent à nous ces deux cœurs de chrétiens, indissolublement unis l'un à l'autre dans la conviction que les saintes affections demeurent, par la grâce de Dieu, plus fortes que la mort!![240]Vie de Ph. de Mornay, Leyde, 1647, p. 59.—Les détails ci-dessus sont empruntés par le biographe auxMémoires de Mmede Mornay.[241]Ph. de Mornay a dit, en parlant de la communication que le prince avait faite à lui et à Hubert Languet: «Nous nous apercevions bien que rien ne lui touchoit tant le cœur que ce qui avoit été dit contre son mariage». (De Thou,Hist. univ., t. V, p. 613, note 1.)[242]«Apologie de monseigneur le prince d'Orange, conte de Nassau, de Catzenellenbogen, Dietz, Vianden, etc., Burchgrave d'Anvers et viscomte de Besançon; baron de Breda, Diest, Grimberge, d'Arlon, Nozeroi, etc., seigneur de Chastel-Bellin, etc., lieutenant-général ès Païs-Bas, et gouverneur de Brabant, Hollande, Zélande, Utrecht et Frise, et admiral; contre le Ban et édict publié par le roi d'Espagne, par lequel il proscript ledict seigneur, dont apperra des calumnies et faulses accusations contenues en ladicte proscription.» (1 vol. in-8o, Bruxelles et Leipzig, 1858.)[243]«Remonstrance de monseigneur le prince à messeigneurs les états généraux des Païs-Bas» (édit. de 1858 de l'Apologie, avec pièces, p. 31 à 33).[244]«Réponse de messieurs les états généraux» (édit. de 1858 de l'Apologie, avec pièces, p. 33, 36).[245]«Lettre de monseigneur le prince d'Orange envoiée aux rois et aultres potentats de la chrestienté.» Elle est datée de Delft, en Hollande, 4 février 1581 (édit. de 1858 de l'Apologie, avec pièces, p. 41 à 46).[246]Lors des conférences de Bayonne, le duc d'Albe disait, dans une dépêche adressée au roi son maître: «Quant à M. de Montpensier, je lui donnai l'assurance des sentimens affectueux qui unissent depuis si longtemps Vostre Majesté à sa famille et à lui en particulier, à raison de la ligne de conduite qu'il n'avoit cessé de suivre, ainsi qu'il convenoit à un gentilhomme de son rang et à un véritable chrestien. Enchanté de cette ouverture, il se jetta dans mes bras avec affection, m'assurant que lui et tous les gens de bien du royaume n'avoient d'espoir qu'en Vostre Majesté; que lui, en particulier, se feroit mettre en pièces pour elle, et que, si on lui ouvroit le cœur, on y trouverait gravé le nom dePhilippe; le tout, avec une telle expression de physionomie, qu'il étoit facile de voir qu'il n'y avoit chez lui ni feinte, ni arrière-pensée.» (Papiers d'État de Granville, t. IX, p. 284 à 292.)[247]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.182, fo47.[248]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo38.[249]A la négociation dont il s'agit ici se rattache la lettre suivante du duc de Montpensier au prince dauphin: «Mon fils, j'ay veu les deux transactions qui ont esté passées, tant soubz mon nom que soubz le vostre, pour le regard du dot de vostre sœur, la princesse d'Orange, et des renonciations à vostre prouffit, requises pour vous rendre paisible de ma succession et de celles de feu vostre mère et de vostre sœur de Nevers, lesquelles j'ay trouvées conformes aux articles et conditions que j'avais faict dresser à ceste fin; qui est cause que j'ay bien volontiers ratiffié celle qui me concerne, comme il est besoing que vous faciez la vostre; et toutefois suis d'advis qu'elles ne soient envoyées à vostre sœur jusques à ce que son mary et elle les aient aussi ratiffiées, et, les envoyant à MeAndré, il délivrera lesdites et non aultrement au plus tost.—Ce 25 juin 1581.Loys de Bourbon.» (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo36.)[250]«Le roi de Navarre, qui s'était entremis de l'accommodement de la princesse d'Orange, voyant que le duc, son père, n'effectuoit point la parole qu'il lui avoit donnée, de la recevoir en sa grâce et de ratifier son mariage, l'en sollicita pour la seconde fois; et, après quelques entrevues à Champigny,ce bon ducfit paroistre qu'il n'estoit pas inflexible aux larmes de sa fille ni aux prières d'un prince dont l'amitié ne lui étoit pas moins chère que celle de ses propres enfans.» (Coustureau,Vie du duc de Montpensier, p. 254, 255.)[251]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.352, fo7.[252]Lettre du 3 avril 1581 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.210, fo69).[253]Lettre du 24 avril 1581 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,415, fo76).[254]Lettre du 19 mai 1581 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,415, fo40).[255]Lettre du 24 mai 1581 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,415, fo69).[256]Lettre du 25 mai 1581 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,415, fo42).[257]VoirAppendice, no17.[258]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.128.—Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.902, fo222.—Sur le repli de l'acte ci-dessus est écrit: «Par monseigneur le duc et pair (signé) de Montrillon, et scellé du grand scel dudit seigneur duc, en cire rouge.»Recordé à son original par nous, Borleghem et Caron (avec leurs paraphes).»Collationné à la copie authentique escrite en un livre relié en parchemin blanc, avec des cordons verds, et à icelle trouvé de mot à mot concordant, par moy soubzsigné (signé) Pierre Dulon, notaire impérial.»][259]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,189, fo31.[260]Archives de M. le duc de La Trémoille.[261]Voir ci-avant la lettre de Charlotte de Bourbon, du 21 août 1580, à Muys, receveur général de Hollande, au sujet de la rente à laquelle Élisabeth de Nassau avait droit.[262]Documents historiques inédits concernant les troubles des Pays-Bas(1577-1584), publiés par Kervyn de Volkaersbeke et J. Diegerick. Gand, 1850, in-8o, t. II, p. 269. Lettre du 11 juillet 1581 datée de La Haye.[263]MM. Kervyn de Volkaersbeke et J. Deigerick,op. cit., t. II, p. 284. Lettre du 17 juillet 1581, datée de La Haye.[264]Le Petit,Chronique de Hollande, Zélande, etc., in-fo, t. II, p. 428 et suiv.[265]Voir l'exposé des faits et les articulations dont il s'agit, à l'Appendice, no18.[266]Lettre du 1erjuillet 1581 datée de La Haye. (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.283, fo11.)[267]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.143.[268]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.144.[269]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.184.[270]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.184.[271]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.144.[272]Ministre de l'Évangile.[273]Échevin de la ville d'Anvers.[274]Échevin de la ville d'Anvers.[275]Secrétaire de la ville d'Anvers.[276]Bibl. nat., mss. VeColbert, vol. 29, f. 450.[277]Le duc d'Anjou.[278]Archives de M. le duc de La Trémoille.[279]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.182, fo90.—Voir, sur ce même sujet, les détails fournis par de Thou (Hist. univ., t. VI, p. 172 et suiv.).[280]Notice sur quelques lettres écrites au comte de Leicester, par D. K. Sijbrandi. Haarlem, 1867.[281]Notice précitée, de M. Sijbrandi.[282]Neveu.[283]«Il avoit été convenu que duc d'Anjou auroit (en Brabant) au conseil d'État du païs, deux conseillers françois, tels que les états choisiroient. Il sceut qu'ils avoient résolu de luy nommer M. le comte de Laval et M. Duplessis (Mornay). Soubz prétexte donc de les obliger, leur déclara qu'il ne vouloit autre conseil que le leur; et aima mieux n'en avoir du tout point. Aussi estoit ledit sieur comte de la religion, plein de vertu et d'intégrité, et intime ami de M. Duplessis. Néantmoins, en l'extérieur, vouloit-il qu'on creust qu'il faisoit cas d'eux; de tant plus que les plus spéciaux serviteurs de la roine d'Angleterre, venus avec luy, ne luy avoient pas teu que la roine leur maîtresse feroit un grand préjugé de ses futurs comportemens et vers elle et vers le païs, selon qu'il prendroit plaisir ou non à se servir de ces deux, desquels la probité leur étoit connue. En apparence donc il leur faisoit bon visage, se rendoit familier à eux, surtout si quelqu'un de messieurs des états estoit présent; mais ne les admettoit aucunement à ses affaires, leur cachoit ses intentions et les eslongnoit autant qu'il pouvoit; ce que, selon leur modestie, il leur estoit aisé de supporter et dissimuler.» (Hist. de la vie de messire Philippe de Mornay.Leyde, in-4o, 1647, p. 60.)[284]Voir, sur les circonstances qui déterminèrent Jauréguy à commettre son crime, le no19 de l'Appendice.[285]«J'étois lors à Anvers, dit Mornay, et M. le prince d'Orange m'avoit, au sortir du presche, voulu retenir à diner. Les gardes avoient voulu chasser ce misérable de la salle, et il (le prince) les en avoit tancés, disant que c'étoit quelque bourgeois qui vouloit voir. Il passoit de la salle en sa chambre, et s'étoit arrêté à montrer la tapisserie à M. de Laval, par dessus l'épaule duquel fut tiré le coup. J'y accourus aussitôt, et vis le meurtrier, le corps enveloppé de pentacles et toiles conjurées de Notre-Dame-d'Oviédo. M. le prince d'Orange ayant repris ses esprits, me dit ces mots: Je pensois que la maison fût tombée sur moi. Il eut un grand soin de faire savoir qu'il n'y avoit rien du fait de Monsieur (le duc d'Anjou), lequel, avec les siens, n'étoit pas sans peur. Mais on y envoya une forte garde, pour empêcher l'abord du peuple, et fut, en moins d'un quart d'heure, donné un tel ordre par toute la ville, qu'il n'y avoit ni bruit, ni murmure. Le meurtrier avoit quelque envie de réserver son coup au soir, au festin de Monsieur. Si cela fût arrivé là, on n'eût jamais pu croire que ce n'eût été de son fait, et premier que la vérité eût été connue, tout eût été en combustion et carnage.» (Note de D.-Mornay sur l'Hist. univ.de de Thou, t. VI, p. 180.)[286]«The perturbation that followed within the prince's house was so great and dolorous as scarce can be expressed. The poor princess, overcome with vehement passion, did swoon continually; the children confounded with tears and cries troubled all the place, and the rest of the friends and family present were utterly perplexed.» (Herle to lord Burghley.Corresp. of Leicester, London 1844, ap. Groen van Prinsterer, 1resérie, suppl. p. 220.)[287]La publication intituléeBrief recueil de l'assassinat commis sur la personne du très illustre prince d'Orange(Anvers 1582) contient le texte de ces prières et de ces vœux, dont voici le début: «Jesu Christo nuestro señor, y la virgen sancta Maria, nuestra señora, sean en mi ayuda en esta resolucion hecha para su sanctissimo servicio!!» Un tel début donne une idée suffisante de tout ce dont il est suivi.[288]«Catherine de Nassau, femme du comte de Schwartzburg, sœur du prince, ne l'abandonna point, et lui rendit tous les services dont elle était capable.» (De Thou,Hist. univ.t. VI, p. 183.—Lapize,Histoire des princes et de la principauté d'Orange, p. 524.—P. c.Hoofts Nederlansche historien, in-fo, Amsterdam, 1677, p. 816.)[289]Note de D.-Mornay sur l'Hist. univ.de de Thou, t. VI, p. 183.[290]Mornay,loc. cit.][291]Documens historiques concernant les troubles des Pays-Bas, 1577-1584, par Kervyn de Volkaersbeeks et J. Diegerick, Gand, 1850, t. II, p. 336.—Des lettres semblables à celle qui est ici reproduite, furent adressées aux provinces et aux villes de l'Union.[292]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VIII, p. 80.[293]Breif recueil de l'assassinat commis sur la personne de très illustre prince, monseigneur le prince d'Orange, par Jean Jauréguy, Espaignol, à Anvers, br. in-4o, 1582, imp. de Ch. Plantin.[294]Lapize,Hist. des princes et de la principauté d'Orange, La Haye, 1639, in-fop. 524.[295]Documens historiques concernant les troubles des Pays-Bas, 1577-1584, par Kervyn de Volkaersbeke et J. Diegerich, Gand, 1850, t. II, p. 347.[296]Hist. univ., t. VI, p. 182. On peut consulter comme ne concordant pas tout à fait avec le récit de de Thou, celui de P. G. Hoofts,Nederlandsche historien, Amsterdam, 1677, in-fo, p. 816.[297]Note de Mornay sur l'Hist.de de Thou, t. VI, p. 182.[298]«Instruction (5 avril 1582) pour M. de Ryhoven, grand bailly et superintendant de la ville de Gand, et le Srde Winterhove, adv. de la ville d'Ypres, allant vers Son Alteze, de la part des quatre membres du pays et comté de Flandres.» (Doc. hist. inédits concernant les troubles des Pays-Bas, 1577-1584, par Kervyn de Volkaersbeke et J. Diegerick, Gand, 1850, t. II, p. 358.)[299]Archives de Simancas, papeles de Estado, liasse 585, ap. Gachard,Corresp. de Guillaume le Taciturne, t. VI, p. 77.[300]Voir ce que contient, sur ce point, notre publication intitulée:Éléonore de Roye, princesse de Condé, 1 vol, in-8o, Paris, 1876, p. 91, 92.[301]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VIII.[302]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VIII, p. 98.[303]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VIII, p. 104.[304]Ps. CIX, 28.[305]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VIII, p. 86.[306]Bibl. nat. mss. VeColbert, vol. 29, fo725.[307]Bor, t. II, p. 316.[308]Ps. CXVI, 15.[309]Apocal. XIV, 13.[310]«La maladie de la princesse fut une pleurésie procédée des sang-melleures qu'elle avoit eues pendant son mal, passant, à tout moment d'espérance en crainte, et au rebours. Elle mourut fort chrétiennement, et l'assista ma femme, jusques à la mort.» (Note de Mornay sur l'Hist. univ., de de Thou, t. VI, p. 182.)[311]Le même jour, les états généraux prirent la résolution suivante: «Étant décédée de ce monde la sérénissime princesse d'Orange, madame Charlotte de Bourbon, il est résolu que, pour s'associer au deuil du prince, des membres de l'Assemblée se transporteront vers Son Excellence, après midy.» (Archives générales du royaume de Hollande. Rec. des pr.-v. des Provinces-Unies, à la date du 5 mai 1582.)[312]Bor, t. II, p. 316.—Meteren,Hist. des Pays-Bas, tr. fr. La Haye, 1618, in-fop. 215.—Antverpin Christo nascens et crescens, par J. C. Diercxsens, t. III, Antverp., 1760: «Carolina Borbonia sepulta est, 9 mensis maï, solenni pompa, in cathedrali, in vacello Circumcisionis, concitantibus nobilibus, statis generalibus, consiliariis, senatu, colonellis, capitaneis, etc., etc., ad duo millia; non aderat Orangius, tanquam non plane restitutus.»][313]Mém. sur la vie de Louise-Julienne de Nassau, Leyden, 1625, p. 18.—Il n'existe aujourd'hui aucune trace de la sépulture de Charlotte de Bourbon dans lagrande églised'Anvers, en d'autres termes, dans la cathédrale. Aucune mention n'en est même faite dans un volumineux ouvrage dont le tome Ier(Anvers, 1856, gr. in-4o) est intitulé: «Inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers.»—Arrondissement d'Anvers.—Église cathédrale.»—Voir les explications dans lesquelles a cru devoir entrer, sur ce point, l'auteur de l'ouvrage suivant: «Annales antverpienses, ab urba condita ad annum 1700, collecti ex ipsius civitatis monumentis, etc., etc., auctore Daniele Papebrochio S. I. Antverpiæ, 1847, p. 67, 68.»][314]Lettre du 28 mai 1582 (Bibl. nat., mss. VeColbert, vol. 29, fo727).[315]«En ce mois de septembre 1582, messire Loys de Bourbon, duc de Montpensier, mourut, en sa maison de Champigny.» (J. de P. de L'Estoile, nouvelle édit., t. II, p. 69).—De L'Estoile dit encore dans son journal (t. II. p. 69).—«En ce moys de may 1582 mourut, à Anvers, dame Charlotte de Bourbon, fort regrettée pour ses vertus et, entre autres, pour la charité miséricordieuse qu'elle exerçoit à l'endroit de toutes sortes de personnes affligées et oppressées.»][316]Archives de M. le duc de La Trémoille.[317]Une lettre, qu'à la même époque, Louise-Julienne de Nassau reçut de la duchesse de Montpensier, était ainsi conçue: «Ma fille, je n'ay peu qu'avec beaucoup de regret entendre les nouvelles du désceds de feu madame la princesse, vostre mère, tant pour la grande perte que je sçay que vous et mes petites-filles, vos sœurs, ont faicte en cela, que pour l'amytié que, je sçay, elle me faisait ce bien de me porter; vous suppliant, ma fille, de m'aymer aussy, et croire que je prendray bien grand plaisir de m'emploïer pour vous servir toutes, en ce que j'en auray de moïens, et vous tenir, au reste, aux bonnes grâces de monsieur vostre grand-père; ce que je feray tousjours de pareille affection et bonne volonté que, pour fin de lettre, je supplie Nostre Seigneur, vous donner, ma fille, en bonne santé, longue et heureuse vye.—De Champigny, ce 9ejour de juin 1582.—Vostre plus affectionnée grand-mère, Caterine de Lorraine.» (Archives de M. le duc de La Trémoille.)[318]Était-ce aimer en père, que tyranniser la conscience de Charlotte?[319]Assertion formellement démentie par les doléances et les supplications réitérées de Charlotte.[320]C'est précisément ce que, maintes fois, Charlotte fit entendre.[321]Outrage révoltant, qui jamais n'eût dû sortir de la bouche d'un père.[322]Nouvel outrage et allégation d'un fait faux; car Charlotte, d'accord avec sa sœur la duchesse de Bouillon, et avec la reine de Navarre, favorables à sa sortie de Jouarre, et en ayant prudemment assuré les suites immédiates, avait été accompagnée jusqu'à Heydelberg par un homme honorable, François Daverly, seigneur de Minay, dont l'électeur palatin, Frédéric III, apprécia si bien le caractère et la rectitude de procédés que, plus tard, il se fit représenter par lui dans une imposante solennité qui concernait personnellement la jeune princesse; solennité dont il sera parlé plus tard.[323]Le duc se laisse entraîner ici à une imposture; car c'était par son ordre même et par celui de la duchesse qu'un simulacre de serment et de vœu avait été extorqué à leur fille le 17 mars 1559.[324]Il y a là une vile accusation d'hypocrisie qui tombe devant la loyauté dont la conduite et le langage de Charlotte de Bourbon portèrent toujours l'empreinte.[325]Qu'importait l'absence du père et de la mère, lorsque la profession eut lieu? Tous deux n'en avaient pas moins été les instigateurs de la violence qui imposa cette profession à Charlotte de Bourbon.[326]Les répugnances et les plaintes de la jeune fille prouvent surabondamment qu'il n'y eut de sa part ni hypocrisie quand elle obéissait à la voix de sa conscience, ni approbation de la violence qu'elle subissait.[327]Ainsi, selon le duc, sa fille ne pouvait le respecter réellement et échapper à l'accusation de désobéissance et de rébellion qu'en se pliant à l'injonction d'avoir la même religion que lui; comme si jamais le respect filial pouvait surgir des bas-fonds de la servilité religieuse.[328]Quelle absurde insistance que celle du duc à se faire passer pour un excellent père, quand il n'avait été jusque-là pour Charlotte de Bourbon qu'un mauvais père![329]Les beaux sentiments dans l'étalage desquels se complaît ici le duc, avec plus d'affectation que de sincérité, n'étaient en réalité que des effusions de paroles frappées de stérilité par son altière intolérance. Il exigeait, en effet, que pour réussir à se concilier les bonnes grâces paternelles, Charlotte de Bourbon commençât par abdiquer, en matière religieuse, ses convictions personnelles.[330]Nouvel outrage à la conscience de Charlotte de Bourbon.[331]Le duc tombe ici dans d'absurdes déclamations, en contradiction manifeste avec l'ensemble des faits attestés par l'histoire.[332]Cette déclaration est celle d'un stupide fanatique, d'un père dénaturé; et celui qui ose la faire ose aussi se dire un homme religieux! Il est difficile d'insulter plus arrogamment à la sainteté de Dieu et à celle de ses commandements.[333]Ici le duc déraisonne en s'étendant sur un sujet tel que celui de sa succession, dont l'électeur palatin ne lui avait pas dit un mot dans sa lettre, et en fulminant,ab irato, contre sa fille Charlotte une menace d'exhérédation.[334]Ainsi, voilà Charlotte de Bourbon accusée par son père de détournements commis au préjudice de l'abbaye de Jouarre, et cela sans qu'un fait quelconque soit allégué à l'appui de l'accusation. Ce seul trait donne la mesure de la bassesse de caractère du duc, et le relègue au rang infime des pires calomniateurs.—De son côté, dom Toussaint Duplessis (Histoire de l'église de Meaux, t. Ier, p. 374) dit: «Qu'il est sûr que Charlotte de Bourbon, qui méditoit depuis longtemps sa sortie, ne se fit aucun scrupule d'amasser, pour ce sujet, une grande somme d'argent aux dépens du monastère;» mais il ose formuler cette odieuse imputation sans pouvoir l'appuyer d'une seule preuve. Il prétend qu'en échangeant un immeuble de l'abbaye de Jouarre contre un immeuble du comte de Chaulnes, Charlotte de Bourbon aurait reçu de ce seigneur, à titre de soulte, une somme qu'elle se serait appropriée; mais Toussaint Duplessis n'en est pas moins réduit à l'impossibilité de démontrer le fait même du prétendu détournement. Son assertion sur ce point demeure donc à l'état de véritable calomnie.—Ceci posé, il est regrettable qu'un écrivain sérieux, M. Thiercelin (Histoire du monastère de Jouarre, publiée en 1861, p. 66, 67), se soit laissé entraîner à croire sur parole Toussaint Duplessis, alors qu'en y regardant de près il eût pu facilement se convaincre de la fausseté de l'accusation formulée par cet annaliste, en l'absence de tout élément de preuve.[335]L'électeur palatin est ainsi, à son tour, accusé d'un méfait par le duc; car n'est-ce pas un véritable méfait que d'avoir osé donner asile à Charlotte de Bourbon, à cette folle, à cette coupable, que tous les princes et potentats bien pensants de l'Europe auraient refusé d'accueillir?

[197]Voir au no16 de l'Appendice, le texte du traité, ditUnion d'Utrecht.[198]Apologie, éd. de 1858, p. 137, 138.[199]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.344, fo19.[200]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo60.[201]Voir ci-dessus, sa lettre du 21 février 1579, au duc de Montpensier.[202]Lettre du 21 février 1579 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo28).[203]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.182, fo82, et fonds Clérambault, vol. 1.114, fos182, 183.—Coustureau,Vie du duc de Montpensier, p. 217.[204]Voir ci-avant, chapitre Ier.[205]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo71.[206]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo30.[207]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo63.[208]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo65.—Avec le contenu de cette lettre concorde celui d'une lettre écrite au prince dauphin par Guillaume de Nassau, le 13 août 1579 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo33).[209]Mémoires de Mmede Mornay, t. Ier, p. 123.[210]Épitre funèbre où est contenu un abrégé de la vie de MmeCharlotte-Flandrine de Nassau, etc. Poitiers, 1ermai 1640.[211]Documents historiques inédits, concernant les troubles des Pays-Bas, 1577-1584, publiés par Ph. Kervyn de Volkaersbeke et J. Diegerick. In-8o, Gand, 1849, t. Ier, p. 434.[212]Le Miroir des âmes religieuses, ou la vie de très haute et très religieuse princesse, madame Charlotte-Flandrine de Nassau, très digne abbesse du royal monastère de Sainte-Croix de Poitiers, par M. Claude Allard, prestre, chantre et chanoine de Laval, à Poitiers, 1653, 1 vol. in-4o.[213]P. 23, 35, 36, 44, 45, 51.[214]Vie de Ph. de Mornay, Leyde, 1647, p. 49.[215]Vie de Ph. de Mornay, Leyde, 1647, p. 51.[216]Bibl. nat., mss. Collection des copies et documents appartenant à la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg, vol. 1.248, fo11.[217]Bibliothèque de l'Institut de France, collect. Godefroy, vol. 260.[218]Lettre du 21 août 1580, datée d'Anvers (Archives générales du royaume de Hollande).[219]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo67.[220]De Jonge, ap. Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 262.[221]Lettre de Sainte-Aldegonde du 27 mars 1580 (Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 276).[222]Lettre de Villiers, du 17 mars 1580 (Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 362).[223]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, Introd. p. 29, etibid.p. 327.[224]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 335.[225]Qui ne sait avec quelle admirable constance François de Lanoue supporta, durant une captivité de cinq années, les odieux traitements que lui infligea la cruauté de ses lâches ennemis.[226]Lettre du 9 juin 1580 (Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 367).[227]«Des succès réitérés (dans les Pays-Bas) avoient donné tant de courage aux François que de Lanoue commandoit, ses exemples avoient si bien sû leur inspirer l'amour de la véritable gloire qu'on peut acquérir par les armes, qu'ils ne songeoient ni à s'enrichir par le pillage, ni ne pensoient pas même à leur propre paye; uniquement attentifs à obéir aux ordres de leur chef, nul obstacle n'étoit capable de les arrêter, et, quoi qu'il pût exiger d'eux, il les trouvoit toujours disposés à le suivre.... Il est certain que la France fut infiniment redevable à ce grand homme qui, tandis que la plupart de nos seigneurs et de nos généraux, gâtés par les vices du siècle ou de la cour, rendoient la nation méprisable par le désordre de leur conduite, sut lui seul soutenir, parmi nous et chez les étrangers, la gloire ancienne du nom françois, par sa probité, sa valeur, sa prudence et sa sévérité à faire observer la discipline militaire; qualités qui, en lui, n'étoient mêlées d'aucun vice, et qu'il possédoit au degré le plus éminent.» (De Thou,Hist. univ., t. V, p. 646.)[228]Corresp. de la maison d'Orange-Nassau, Supplém. de la 1repartie. Introduction, p. 12, 13, 14.[229]Survenue le 26 octobre 1576.[230]Lettre du 28 août 1580. (Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 389.)[231]Lettre du 27 août 1580. (Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 386.)[232]Un acte de l'État noble, du 6 décembre 1580, relatant les résolutions des trois ordres, détermine l'assiette des hypothèques destinées à garantir le payement de la rente de 2.000 florins accordée à Brabantine. (Voir le texte de cet acte dans Gachard,Corresp. de Guillaume le Taciturne, t. VI, Préface, p. x.)[233]Pièces jointes à l'Apologie de Guillaume de Nassau, p. 25 de l'édition publiée, en 1858, à Bruxelles et Leipzig.[234]Peut-être Montesquieu s'est-il un peu trop froidement exprimé sur le point qui nous occupe, en se bornant à dire (Esprit des lois, liv. XXIX, chap.XVI): «Il faut prendre garde que les lois soient conçues de manière qu'elles ne choquent point la nature des choses. Dans la proscription du prince d'Orange, Philippe II promet à celui qui le tuera de donner à lui ou à ses héritiers vingt-cinq mille écus et la noblesse; et cela, en parole de roi, et comme serviteur de Dieu. La noblesse promise pour une telle action! une telle action ordonnée en qualité de serviteur de Dieu! tout cela renverse également les idées de l'honneur, celles de la morale et celles de la religion.»—Montesquieu ne devait-il pas aller plus loin, et imprimer au front de Philippe II le stigmate indélébile d'une énergique réprobation?[235]C'est ce que Guillaume lui-même déclarait en ces termes: «Comme par la sentence en forme de proscription, mes ennemis, contre tout droit et raison, se sont essaiez de toucher grandement à mon honneur, et faire trouver mes actions passées mauvaises, j'ai bien voulu prendre l'advis de plusieurs personnages notables et de qualité, mesmes des principauls conseils de ces païs.» (Remonstrance aux états généraux. Delft, 13 décembre 1580, ap. Gachard,Corresp. de Guillaume le Taciturne, t. VI, p. 39).—On a conservé la lettre que Guillaume écrivit au Conseil de Hollande, de Zélande et de Frise, le 10 septembre 1580, pour demander son avis. (Voir le texte de cette lettre, ap. Gachard,ibid., t. VI, p. 37.)[236]«Pendant mon séjour à Sedan, le duc de Bouillon me faisoit part de tous les avis qu'il avoit de Flandres,par lectres de madame la princesse d'Orange, sa tante; que tout y alloit fort mal; que le duc d'Alençon (d'Anjou) ruinoit ses affaires et ceulx de ses amis par mauvais conseils; que monsieur le prince, son mari, n'avoit rien gagné à travailler pour sa grandeur, sinon d'irriter d'avantage ses ennemis, qui recherchoient sa vie à toute oultrance et par déclaration et proposition publicque du prix et salaire d'un tel coup, dont elle craignoit quelque grand désastre, lequel il pleust à Dieu de destourner.» (Mémoires de La Huguerie, t. II, p. 205.)[237]Les premières trames ourdies contre la vie de Guillaume de Nassau remontaient au début de l'année 1573. Toutes les tentatives, concertées dans l'ombre, pour l'assassiner avaient échoué. M. Gachard les fait connaître (Corresp. de Guillaume le Taciturne, t. VI, Préface, p.XXIIàXXXI).—Guillaume disait (voirApologie): «Il (Philippe II) promet vingt-cinq mil escuz à celuy qui me rendra entre ses cruelles mains, mort ou vif. Mais, ores qu'il n'en ait point fait de publication jusqu'à présent, pense-t-il que je sois ignorant combien de fois lui et les siens ont faict marché avecq les assassineurs et empoisonneurs pour m'oster la vie!»][238]Archives générales du royaume de Hollande. Recueil manuscrit, intitulé:Brieven van vorsten, regering personen, etc.[239]Mmede Mornay, quoique malade, avait, avec une pieuse sollicitude, assisté Hubert Languet jusqu'à son dernier soupir. Sentant approcher l'heure suprême, il lui avait dit: «Qu'il n'avoit regret que de n'avoir pû revoir M. Duplessis, premier que mourir, auquel il eust laissé son cœur, s'il eust pû.... il l'adjura de requérir de luy, en luy disant adieu, de sa part, une chose: qu'au premier livre qu'il mettroit en lumière, il feist mention de leur amitié.» Ph. de Mornay, en ami fidèle, répondit, par la préface de la version latine de sonTraité de la vérité de la religion chrétienne, au désir qu'avait exprimé Hubert Languet. Qu'il est beau, qu'il est touchant, l'aspect sous lequel se revèlent à nous ces deux cœurs de chrétiens, indissolublement unis l'un à l'autre dans la conviction que les saintes affections demeurent, par la grâce de Dieu, plus fortes que la mort!![240]Vie de Ph. de Mornay, Leyde, 1647, p. 59.—Les détails ci-dessus sont empruntés par le biographe auxMémoires de Mmede Mornay.[241]Ph. de Mornay a dit, en parlant de la communication que le prince avait faite à lui et à Hubert Languet: «Nous nous apercevions bien que rien ne lui touchoit tant le cœur que ce qui avoit été dit contre son mariage». (De Thou,Hist. univ., t. V, p. 613, note 1.)[242]«Apologie de monseigneur le prince d'Orange, conte de Nassau, de Catzenellenbogen, Dietz, Vianden, etc., Burchgrave d'Anvers et viscomte de Besançon; baron de Breda, Diest, Grimberge, d'Arlon, Nozeroi, etc., seigneur de Chastel-Bellin, etc., lieutenant-général ès Païs-Bas, et gouverneur de Brabant, Hollande, Zélande, Utrecht et Frise, et admiral; contre le Ban et édict publié par le roi d'Espagne, par lequel il proscript ledict seigneur, dont apperra des calumnies et faulses accusations contenues en ladicte proscription.» (1 vol. in-8o, Bruxelles et Leipzig, 1858.)[243]«Remonstrance de monseigneur le prince à messeigneurs les états généraux des Païs-Bas» (édit. de 1858 de l'Apologie, avec pièces, p. 31 à 33).[244]«Réponse de messieurs les états généraux» (édit. de 1858 de l'Apologie, avec pièces, p. 33, 36).[245]«Lettre de monseigneur le prince d'Orange envoiée aux rois et aultres potentats de la chrestienté.» Elle est datée de Delft, en Hollande, 4 février 1581 (édit. de 1858 de l'Apologie, avec pièces, p. 41 à 46).[246]Lors des conférences de Bayonne, le duc d'Albe disait, dans une dépêche adressée au roi son maître: «Quant à M. de Montpensier, je lui donnai l'assurance des sentimens affectueux qui unissent depuis si longtemps Vostre Majesté à sa famille et à lui en particulier, à raison de la ligne de conduite qu'il n'avoit cessé de suivre, ainsi qu'il convenoit à un gentilhomme de son rang et à un véritable chrestien. Enchanté de cette ouverture, il se jetta dans mes bras avec affection, m'assurant que lui et tous les gens de bien du royaume n'avoient d'espoir qu'en Vostre Majesté; que lui, en particulier, se feroit mettre en pièces pour elle, et que, si on lui ouvroit le cœur, on y trouverait gravé le nom dePhilippe; le tout, avec une telle expression de physionomie, qu'il étoit facile de voir qu'il n'y avoit chez lui ni feinte, ni arrière-pensée.» (Papiers d'État de Granville, t. IX, p. 284 à 292.)[247]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.182, fo47.[248]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo38.[249]A la négociation dont il s'agit ici se rattache la lettre suivante du duc de Montpensier au prince dauphin: «Mon fils, j'ay veu les deux transactions qui ont esté passées, tant soubz mon nom que soubz le vostre, pour le regard du dot de vostre sœur, la princesse d'Orange, et des renonciations à vostre prouffit, requises pour vous rendre paisible de ma succession et de celles de feu vostre mère et de vostre sœur de Nevers, lesquelles j'ay trouvées conformes aux articles et conditions que j'avais faict dresser à ceste fin; qui est cause que j'ay bien volontiers ratiffié celle qui me concerne, comme il est besoing que vous faciez la vostre; et toutefois suis d'advis qu'elles ne soient envoyées à vostre sœur jusques à ce que son mary et elle les aient aussi ratiffiées, et, les envoyant à MeAndré, il délivrera lesdites et non aultrement au plus tost.—Ce 25 juin 1581.Loys de Bourbon.» (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo36.)[250]«Le roi de Navarre, qui s'était entremis de l'accommodement de la princesse d'Orange, voyant que le duc, son père, n'effectuoit point la parole qu'il lui avoit donnée, de la recevoir en sa grâce et de ratifier son mariage, l'en sollicita pour la seconde fois; et, après quelques entrevues à Champigny,ce bon ducfit paroistre qu'il n'estoit pas inflexible aux larmes de sa fille ni aux prières d'un prince dont l'amitié ne lui étoit pas moins chère que celle de ses propres enfans.» (Coustureau,Vie du duc de Montpensier, p. 254, 255.)[251]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.352, fo7.[252]Lettre du 3 avril 1581 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.210, fo69).[253]Lettre du 24 avril 1581 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,415, fo76).[254]Lettre du 19 mai 1581 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,415, fo40).[255]Lettre du 24 mai 1581 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,415, fo69).[256]Lettre du 25 mai 1581 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,415, fo42).[257]VoirAppendice, no17.[258]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.128.—Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.902, fo222.—Sur le repli de l'acte ci-dessus est écrit: «Par monseigneur le duc et pair (signé) de Montrillon, et scellé du grand scel dudit seigneur duc, en cire rouge.»Recordé à son original par nous, Borleghem et Caron (avec leurs paraphes).»Collationné à la copie authentique escrite en un livre relié en parchemin blanc, avec des cordons verds, et à icelle trouvé de mot à mot concordant, par moy soubzsigné (signé) Pierre Dulon, notaire impérial.»][259]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,189, fo31.[260]Archives de M. le duc de La Trémoille.[261]Voir ci-avant la lettre de Charlotte de Bourbon, du 21 août 1580, à Muys, receveur général de Hollande, au sujet de la rente à laquelle Élisabeth de Nassau avait droit.[262]Documents historiques inédits concernant les troubles des Pays-Bas(1577-1584), publiés par Kervyn de Volkaersbeke et J. Diegerick. Gand, 1850, in-8o, t. II, p. 269. Lettre du 11 juillet 1581 datée de La Haye.[263]MM. Kervyn de Volkaersbeke et J. Deigerick,op. cit., t. II, p. 284. Lettre du 17 juillet 1581, datée de La Haye.[264]Le Petit,Chronique de Hollande, Zélande, etc., in-fo, t. II, p. 428 et suiv.[265]Voir l'exposé des faits et les articulations dont il s'agit, à l'Appendice, no18.[266]Lettre du 1erjuillet 1581 datée de La Haye. (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.283, fo11.)[267]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.143.[268]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.144.[269]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.184.[270]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.184.[271]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.144.[272]Ministre de l'Évangile.[273]Échevin de la ville d'Anvers.[274]Échevin de la ville d'Anvers.[275]Secrétaire de la ville d'Anvers.[276]Bibl. nat., mss. VeColbert, vol. 29, f. 450.[277]Le duc d'Anjou.[278]Archives de M. le duc de La Trémoille.[279]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.182, fo90.—Voir, sur ce même sujet, les détails fournis par de Thou (Hist. univ., t. VI, p. 172 et suiv.).[280]Notice sur quelques lettres écrites au comte de Leicester, par D. K. Sijbrandi. Haarlem, 1867.[281]Notice précitée, de M. Sijbrandi.[282]Neveu.[283]«Il avoit été convenu que duc d'Anjou auroit (en Brabant) au conseil d'État du païs, deux conseillers françois, tels que les états choisiroient. Il sceut qu'ils avoient résolu de luy nommer M. le comte de Laval et M. Duplessis (Mornay). Soubz prétexte donc de les obliger, leur déclara qu'il ne vouloit autre conseil que le leur; et aima mieux n'en avoir du tout point. Aussi estoit ledit sieur comte de la religion, plein de vertu et d'intégrité, et intime ami de M. Duplessis. Néantmoins, en l'extérieur, vouloit-il qu'on creust qu'il faisoit cas d'eux; de tant plus que les plus spéciaux serviteurs de la roine d'Angleterre, venus avec luy, ne luy avoient pas teu que la roine leur maîtresse feroit un grand préjugé de ses futurs comportemens et vers elle et vers le païs, selon qu'il prendroit plaisir ou non à se servir de ces deux, desquels la probité leur étoit connue. En apparence donc il leur faisoit bon visage, se rendoit familier à eux, surtout si quelqu'un de messieurs des états estoit présent; mais ne les admettoit aucunement à ses affaires, leur cachoit ses intentions et les eslongnoit autant qu'il pouvoit; ce que, selon leur modestie, il leur estoit aisé de supporter et dissimuler.» (Hist. de la vie de messire Philippe de Mornay.Leyde, in-4o, 1647, p. 60.)[284]Voir, sur les circonstances qui déterminèrent Jauréguy à commettre son crime, le no19 de l'Appendice.[285]«J'étois lors à Anvers, dit Mornay, et M. le prince d'Orange m'avoit, au sortir du presche, voulu retenir à diner. Les gardes avoient voulu chasser ce misérable de la salle, et il (le prince) les en avoit tancés, disant que c'étoit quelque bourgeois qui vouloit voir. Il passoit de la salle en sa chambre, et s'étoit arrêté à montrer la tapisserie à M. de Laval, par dessus l'épaule duquel fut tiré le coup. J'y accourus aussitôt, et vis le meurtrier, le corps enveloppé de pentacles et toiles conjurées de Notre-Dame-d'Oviédo. M. le prince d'Orange ayant repris ses esprits, me dit ces mots: Je pensois que la maison fût tombée sur moi. Il eut un grand soin de faire savoir qu'il n'y avoit rien du fait de Monsieur (le duc d'Anjou), lequel, avec les siens, n'étoit pas sans peur. Mais on y envoya une forte garde, pour empêcher l'abord du peuple, et fut, en moins d'un quart d'heure, donné un tel ordre par toute la ville, qu'il n'y avoit ni bruit, ni murmure. Le meurtrier avoit quelque envie de réserver son coup au soir, au festin de Monsieur. Si cela fût arrivé là, on n'eût jamais pu croire que ce n'eût été de son fait, et premier que la vérité eût été connue, tout eût été en combustion et carnage.» (Note de D.-Mornay sur l'Hist. univ.de de Thou, t. VI, p. 180.)[286]«The perturbation that followed within the prince's house was so great and dolorous as scarce can be expressed. The poor princess, overcome with vehement passion, did swoon continually; the children confounded with tears and cries troubled all the place, and the rest of the friends and family present were utterly perplexed.» (Herle to lord Burghley.Corresp. of Leicester, London 1844, ap. Groen van Prinsterer, 1resérie, suppl. p. 220.)[287]La publication intituléeBrief recueil de l'assassinat commis sur la personne du très illustre prince d'Orange(Anvers 1582) contient le texte de ces prières et de ces vœux, dont voici le début: «Jesu Christo nuestro señor, y la virgen sancta Maria, nuestra señora, sean en mi ayuda en esta resolucion hecha para su sanctissimo servicio!!» Un tel début donne une idée suffisante de tout ce dont il est suivi.[288]«Catherine de Nassau, femme du comte de Schwartzburg, sœur du prince, ne l'abandonna point, et lui rendit tous les services dont elle était capable.» (De Thou,Hist. univ.t. VI, p. 183.—Lapize,Histoire des princes et de la principauté d'Orange, p. 524.—P. c.Hoofts Nederlansche historien, in-fo, Amsterdam, 1677, p. 816.)[289]Note de D.-Mornay sur l'Hist. univ.de de Thou, t. VI, p. 183.[290]Mornay,loc. cit.][291]Documens historiques concernant les troubles des Pays-Bas, 1577-1584, par Kervyn de Volkaersbeeks et J. Diegerick, Gand, 1850, t. II, p. 336.—Des lettres semblables à celle qui est ici reproduite, furent adressées aux provinces et aux villes de l'Union.[292]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VIII, p. 80.[293]Breif recueil de l'assassinat commis sur la personne de très illustre prince, monseigneur le prince d'Orange, par Jean Jauréguy, Espaignol, à Anvers, br. in-4o, 1582, imp. de Ch. Plantin.[294]Lapize,Hist. des princes et de la principauté d'Orange, La Haye, 1639, in-fop. 524.[295]Documens historiques concernant les troubles des Pays-Bas, 1577-1584, par Kervyn de Volkaersbeke et J. Diegerich, Gand, 1850, t. II, p. 347.[296]Hist. univ., t. VI, p. 182. On peut consulter comme ne concordant pas tout à fait avec le récit de de Thou, celui de P. G. Hoofts,Nederlandsche historien, Amsterdam, 1677, in-fo, p. 816.[297]Note de Mornay sur l'Hist.de de Thou, t. VI, p. 182.[298]«Instruction (5 avril 1582) pour M. de Ryhoven, grand bailly et superintendant de la ville de Gand, et le Srde Winterhove, adv. de la ville d'Ypres, allant vers Son Alteze, de la part des quatre membres du pays et comté de Flandres.» (Doc. hist. inédits concernant les troubles des Pays-Bas, 1577-1584, par Kervyn de Volkaersbeke et J. Diegerick, Gand, 1850, t. II, p. 358.)[299]Archives de Simancas, papeles de Estado, liasse 585, ap. Gachard,Corresp. de Guillaume le Taciturne, t. VI, p. 77.[300]Voir ce que contient, sur ce point, notre publication intitulée:Éléonore de Roye, princesse de Condé, 1 vol, in-8o, Paris, 1876, p. 91, 92.[301]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VIII.[302]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VIII, p. 98.[303]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VIII, p. 104.[304]Ps. CIX, 28.[305]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VIII, p. 86.[306]Bibl. nat. mss. VeColbert, vol. 29, fo725.[307]Bor, t. II, p. 316.[308]Ps. CXVI, 15.[309]Apocal. XIV, 13.[310]«La maladie de la princesse fut une pleurésie procédée des sang-melleures qu'elle avoit eues pendant son mal, passant, à tout moment d'espérance en crainte, et au rebours. Elle mourut fort chrétiennement, et l'assista ma femme, jusques à la mort.» (Note de Mornay sur l'Hist. univ., de de Thou, t. VI, p. 182.)[311]Le même jour, les états généraux prirent la résolution suivante: «Étant décédée de ce monde la sérénissime princesse d'Orange, madame Charlotte de Bourbon, il est résolu que, pour s'associer au deuil du prince, des membres de l'Assemblée se transporteront vers Son Excellence, après midy.» (Archives générales du royaume de Hollande. Rec. des pr.-v. des Provinces-Unies, à la date du 5 mai 1582.)[312]Bor, t. II, p. 316.—Meteren,Hist. des Pays-Bas, tr. fr. La Haye, 1618, in-fop. 215.—Antverpin Christo nascens et crescens, par J. C. Diercxsens, t. III, Antverp., 1760: «Carolina Borbonia sepulta est, 9 mensis maï, solenni pompa, in cathedrali, in vacello Circumcisionis, concitantibus nobilibus, statis generalibus, consiliariis, senatu, colonellis, capitaneis, etc., etc., ad duo millia; non aderat Orangius, tanquam non plane restitutus.»][313]Mém. sur la vie de Louise-Julienne de Nassau, Leyden, 1625, p. 18.—Il n'existe aujourd'hui aucune trace de la sépulture de Charlotte de Bourbon dans lagrande églised'Anvers, en d'autres termes, dans la cathédrale. Aucune mention n'en est même faite dans un volumineux ouvrage dont le tome Ier(Anvers, 1856, gr. in-4o) est intitulé: «Inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers.»—Arrondissement d'Anvers.—Église cathédrale.»—Voir les explications dans lesquelles a cru devoir entrer, sur ce point, l'auteur de l'ouvrage suivant: «Annales antverpienses, ab urba condita ad annum 1700, collecti ex ipsius civitatis monumentis, etc., etc., auctore Daniele Papebrochio S. I. Antverpiæ, 1847, p. 67, 68.»][314]Lettre du 28 mai 1582 (Bibl. nat., mss. VeColbert, vol. 29, fo727).[315]«En ce mois de septembre 1582, messire Loys de Bourbon, duc de Montpensier, mourut, en sa maison de Champigny.» (J. de P. de L'Estoile, nouvelle édit., t. II, p. 69).—De L'Estoile dit encore dans son journal (t. II. p. 69).—«En ce moys de may 1582 mourut, à Anvers, dame Charlotte de Bourbon, fort regrettée pour ses vertus et, entre autres, pour la charité miséricordieuse qu'elle exerçoit à l'endroit de toutes sortes de personnes affligées et oppressées.»][316]Archives de M. le duc de La Trémoille.[317]Une lettre, qu'à la même époque, Louise-Julienne de Nassau reçut de la duchesse de Montpensier, était ainsi conçue: «Ma fille, je n'ay peu qu'avec beaucoup de regret entendre les nouvelles du désceds de feu madame la princesse, vostre mère, tant pour la grande perte que je sçay que vous et mes petites-filles, vos sœurs, ont faicte en cela, que pour l'amytié que, je sçay, elle me faisait ce bien de me porter; vous suppliant, ma fille, de m'aymer aussy, et croire que je prendray bien grand plaisir de m'emploïer pour vous servir toutes, en ce que j'en auray de moïens, et vous tenir, au reste, aux bonnes grâces de monsieur vostre grand-père; ce que je feray tousjours de pareille affection et bonne volonté que, pour fin de lettre, je supplie Nostre Seigneur, vous donner, ma fille, en bonne santé, longue et heureuse vye.—De Champigny, ce 9ejour de juin 1582.—Vostre plus affectionnée grand-mère, Caterine de Lorraine.» (Archives de M. le duc de La Trémoille.)[318]Était-ce aimer en père, que tyranniser la conscience de Charlotte?[319]Assertion formellement démentie par les doléances et les supplications réitérées de Charlotte.[320]C'est précisément ce que, maintes fois, Charlotte fit entendre.[321]Outrage révoltant, qui jamais n'eût dû sortir de la bouche d'un père.[322]Nouvel outrage et allégation d'un fait faux; car Charlotte, d'accord avec sa sœur la duchesse de Bouillon, et avec la reine de Navarre, favorables à sa sortie de Jouarre, et en ayant prudemment assuré les suites immédiates, avait été accompagnée jusqu'à Heydelberg par un homme honorable, François Daverly, seigneur de Minay, dont l'électeur palatin, Frédéric III, apprécia si bien le caractère et la rectitude de procédés que, plus tard, il se fit représenter par lui dans une imposante solennité qui concernait personnellement la jeune princesse; solennité dont il sera parlé plus tard.[323]Le duc se laisse entraîner ici à une imposture; car c'était par son ordre même et par celui de la duchesse qu'un simulacre de serment et de vœu avait été extorqué à leur fille le 17 mars 1559.[324]Il y a là une vile accusation d'hypocrisie qui tombe devant la loyauté dont la conduite et le langage de Charlotte de Bourbon portèrent toujours l'empreinte.[325]Qu'importait l'absence du père et de la mère, lorsque la profession eut lieu? Tous deux n'en avaient pas moins été les instigateurs de la violence qui imposa cette profession à Charlotte de Bourbon.[326]Les répugnances et les plaintes de la jeune fille prouvent surabondamment qu'il n'y eut de sa part ni hypocrisie quand elle obéissait à la voix de sa conscience, ni approbation de la violence qu'elle subissait.[327]Ainsi, selon le duc, sa fille ne pouvait le respecter réellement et échapper à l'accusation de désobéissance et de rébellion qu'en se pliant à l'injonction d'avoir la même religion que lui; comme si jamais le respect filial pouvait surgir des bas-fonds de la servilité religieuse.[328]Quelle absurde insistance que celle du duc à se faire passer pour un excellent père, quand il n'avait été jusque-là pour Charlotte de Bourbon qu'un mauvais père![329]Les beaux sentiments dans l'étalage desquels se complaît ici le duc, avec plus d'affectation que de sincérité, n'étaient en réalité que des effusions de paroles frappées de stérilité par son altière intolérance. Il exigeait, en effet, que pour réussir à se concilier les bonnes grâces paternelles, Charlotte de Bourbon commençât par abdiquer, en matière religieuse, ses convictions personnelles.[330]Nouvel outrage à la conscience de Charlotte de Bourbon.[331]Le duc tombe ici dans d'absurdes déclamations, en contradiction manifeste avec l'ensemble des faits attestés par l'histoire.[332]Cette déclaration est celle d'un stupide fanatique, d'un père dénaturé; et celui qui ose la faire ose aussi se dire un homme religieux! Il est difficile d'insulter plus arrogamment à la sainteté de Dieu et à celle de ses commandements.[333]Ici le duc déraisonne en s'étendant sur un sujet tel que celui de sa succession, dont l'électeur palatin ne lui avait pas dit un mot dans sa lettre, et en fulminant,ab irato, contre sa fille Charlotte une menace d'exhérédation.[334]Ainsi, voilà Charlotte de Bourbon accusée par son père de détournements commis au préjudice de l'abbaye de Jouarre, et cela sans qu'un fait quelconque soit allégué à l'appui de l'accusation. Ce seul trait donne la mesure de la bassesse de caractère du duc, et le relègue au rang infime des pires calomniateurs.—De son côté, dom Toussaint Duplessis (Histoire de l'église de Meaux, t. Ier, p. 374) dit: «Qu'il est sûr que Charlotte de Bourbon, qui méditoit depuis longtemps sa sortie, ne se fit aucun scrupule d'amasser, pour ce sujet, une grande somme d'argent aux dépens du monastère;» mais il ose formuler cette odieuse imputation sans pouvoir l'appuyer d'une seule preuve. Il prétend qu'en échangeant un immeuble de l'abbaye de Jouarre contre un immeuble du comte de Chaulnes, Charlotte de Bourbon aurait reçu de ce seigneur, à titre de soulte, une somme qu'elle se serait appropriée; mais Toussaint Duplessis n'en est pas moins réduit à l'impossibilité de démontrer le fait même du prétendu détournement. Son assertion sur ce point demeure donc à l'état de véritable calomnie.—Ceci posé, il est regrettable qu'un écrivain sérieux, M. Thiercelin (Histoire du monastère de Jouarre, publiée en 1861, p. 66, 67), se soit laissé entraîner à croire sur parole Toussaint Duplessis, alors qu'en y regardant de près il eût pu facilement se convaincre de la fausseté de l'accusation formulée par cet annaliste, en l'absence de tout élément de preuve.[335]L'électeur palatin est ainsi, à son tour, accusé d'un méfait par le duc; car n'est-ce pas un véritable méfait que d'avoir osé donner asile à Charlotte de Bourbon, à cette folle, à cette coupable, que tous les princes et potentats bien pensants de l'Europe auraient refusé d'accueillir?

[197]Voir au no16 de l'Appendice, le texte du traité, ditUnion d'Utrecht.

[198]Apologie, éd. de 1858, p. 137, 138.

[199]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.344, fo19.

[200]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo60.

[201]Voir ci-dessus, sa lettre du 21 février 1579, au duc de Montpensier.

[202]Lettre du 21 février 1579 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo28).

[203]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.182, fo82, et fonds Clérambault, vol. 1.114, fos182, 183.—Coustureau,Vie du duc de Montpensier, p. 217.

[204]Voir ci-avant, chapitre Ier.

[205]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo71.

[206]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo30.

[207]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo63.

[208]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo65.—Avec le contenu de cette lettre concorde celui d'une lettre écrite au prince dauphin par Guillaume de Nassau, le 13 août 1579 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo33).

[209]Mémoires de Mmede Mornay, t. Ier, p. 123.

[210]Épitre funèbre où est contenu un abrégé de la vie de MmeCharlotte-Flandrine de Nassau, etc. Poitiers, 1ermai 1640.

[211]Documents historiques inédits, concernant les troubles des Pays-Bas, 1577-1584, publiés par Ph. Kervyn de Volkaersbeke et J. Diegerick. In-8o, Gand, 1849, t. Ier, p. 434.

[212]Le Miroir des âmes religieuses, ou la vie de très haute et très religieuse princesse, madame Charlotte-Flandrine de Nassau, très digne abbesse du royal monastère de Sainte-Croix de Poitiers, par M. Claude Allard, prestre, chantre et chanoine de Laval, à Poitiers, 1653, 1 vol. in-4o.

[213]P. 23, 35, 36, 44, 45, 51.

[214]Vie de Ph. de Mornay, Leyde, 1647, p. 49.

[215]Vie de Ph. de Mornay, Leyde, 1647, p. 51.

[216]Bibl. nat., mss. Collection des copies et documents appartenant à la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg, vol. 1.248, fo11.

[217]Bibliothèque de l'Institut de France, collect. Godefroy, vol. 260.

[218]Lettre du 21 août 1580, datée d'Anvers (Archives générales du royaume de Hollande).

[219]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo67.

[220]De Jonge, ap. Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 262.

[221]Lettre de Sainte-Aldegonde du 27 mars 1580 (Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 276).

[222]Lettre de Villiers, du 17 mars 1580 (Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 362).

[223]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, Introd. p. 29, etibid.p. 327.

[224]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 335.

[225]Qui ne sait avec quelle admirable constance François de Lanoue supporta, durant une captivité de cinq années, les odieux traitements que lui infligea la cruauté de ses lâches ennemis.

[226]Lettre du 9 juin 1580 (Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 367).

[227]«Des succès réitérés (dans les Pays-Bas) avoient donné tant de courage aux François que de Lanoue commandoit, ses exemples avoient si bien sû leur inspirer l'amour de la véritable gloire qu'on peut acquérir par les armes, qu'ils ne songeoient ni à s'enrichir par le pillage, ni ne pensoient pas même à leur propre paye; uniquement attentifs à obéir aux ordres de leur chef, nul obstacle n'étoit capable de les arrêter, et, quoi qu'il pût exiger d'eux, il les trouvoit toujours disposés à le suivre.... Il est certain que la France fut infiniment redevable à ce grand homme qui, tandis que la plupart de nos seigneurs et de nos généraux, gâtés par les vices du siècle ou de la cour, rendoient la nation méprisable par le désordre de leur conduite, sut lui seul soutenir, parmi nous et chez les étrangers, la gloire ancienne du nom françois, par sa probité, sa valeur, sa prudence et sa sévérité à faire observer la discipline militaire; qualités qui, en lui, n'étoient mêlées d'aucun vice, et qu'il possédoit au degré le plus éminent.» (De Thou,Hist. univ., t. V, p. 646.)

[228]Corresp. de la maison d'Orange-Nassau, Supplém. de la 1repartie. Introduction, p. 12, 13, 14.

[229]Survenue le 26 octobre 1576.

[230]Lettre du 28 août 1580. (Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 389.)

[231]Lettre du 27 août 1580. (Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VII, p. 386.)

[232]Un acte de l'État noble, du 6 décembre 1580, relatant les résolutions des trois ordres, détermine l'assiette des hypothèques destinées à garantir le payement de la rente de 2.000 florins accordée à Brabantine. (Voir le texte de cet acte dans Gachard,Corresp. de Guillaume le Taciturne, t. VI, Préface, p. x.)

[233]Pièces jointes à l'Apologie de Guillaume de Nassau, p. 25 de l'édition publiée, en 1858, à Bruxelles et Leipzig.

[234]Peut-être Montesquieu s'est-il un peu trop froidement exprimé sur le point qui nous occupe, en se bornant à dire (Esprit des lois, liv. XXIX, chap.XVI): «Il faut prendre garde que les lois soient conçues de manière qu'elles ne choquent point la nature des choses. Dans la proscription du prince d'Orange, Philippe II promet à celui qui le tuera de donner à lui ou à ses héritiers vingt-cinq mille écus et la noblesse; et cela, en parole de roi, et comme serviteur de Dieu. La noblesse promise pour une telle action! une telle action ordonnée en qualité de serviteur de Dieu! tout cela renverse également les idées de l'honneur, celles de la morale et celles de la religion.»—Montesquieu ne devait-il pas aller plus loin, et imprimer au front de Philippe II le stigmate indélébile d'une énergique réprobation?

[235]C'est ce que Guillaume lui-même déclarait en ces termes: «Comme par la sentence en forme de proscription, mes ennemis, contre tout droit et raison, se sont essaiez de toucher grandement à mon honneur, et faire trouver mes actions passées mauvaises, j'ai bien voulu prendre l'advis de plusieurs personnages notables et de qualité, mesmes des principauls conseils de ces païs.» (Remonstrance aux états généraux. Delft, 13 décembre 1580, ap. Gachard,Corresp. de Guillaume le Taciturne, t. VI, p. 39).—On a conservé la lettre que Guillaume écrivit au Conseil de Hollande, de Zélande et de Frise, le 10 septembre 1580, pour demander son avis. (Voir le texte de cette lettre, ap. Gachard,ibid., t. VI, p. 37.)

[236]«Pendant mon séjour à Sedan, le duc de Bouillon me faisoit part de tous les avis qu'il avoit de Flandres,par lectres de madame la princesse d'Orange, sa tante; que tout y alloit fort mal; que le duc d'Alençon (d'Anjou) ruinoit ses affaires et ceulx de ses amis par mauvais conseils; que monsieur le prince, son mari, n'avoit rien gagné à travailler pour sa grandeur, sinon d'irriter d'avantage ses ennemis, qui recherchoient sa vie à toute oultrance et par déclaration et proposition publicque du prix et salaire d'un tel coup, dont elle craignoit quelque grand désastre, lequel il pleust à Dieu de destourner.» (Mémoires de La Huguerie, t. II, p. 205.)

[237]Les premières trames ourdies contre la vie de Guillaume de Nassau remontaient au début de l'année 1573. Toutes les tentatives, concertées dans l'ombre, pour l'assassiner avaient échoué. M. Gachard les fait connaître (Corresp. de Guillaume le Taciturne, t. VI, Préface, p.XXIIàXXXI).—Guillaume disait (voirApologie): «Il (Philippe II) promet vingt-cinq mil escuz à celuy qui me rendra entre ses cruelles mains, mort ou vif. Mais, ores qu'il n'en ait point fait de publication jusqu'à présent, pense-t-il que je sois ignorant combien de fois lui et les siens ont faict marché avecq les assassineurs et empoisonneurs pour m'oster la vie!»]

[238]Archives générales du royaume de Hollande. Recueil manuscrit, intitulé:Brieven van vorsten, regering personen, etc.

[239]Mmede Mornay, quoique malade, avait, avec une pieuse sollicitude, assisté Hubert Languet jusqu'à son dernier soupir. Sentant approcher l'heure suprême, il lui avait dit: «Qu'il n'avoit regret que de n'avoir pû revoir M. Duplessis, premier que mourir, auquel il eust laissé son cœur, s'il eust pû.... il l'adjura de requérir de luy, en luy disant adieu, de sa part, une chose: qu'au premier livre qu'il mettroit en lumière, il feist mention de leur amitié.» Ph. de Mornay, en ami fidèle, répondit, par la préface de la version latine de sonTraité de la vérité de la religion chrétienne, au désir qu'avait exprimé Hubert Languet. Qu'il est beau, qu'il est touchant, l'aspect sous lequel se revèlent à nous ces deux cœurs de chrétiens, indissolublement unis l'un à l'autre dans la conviction que les saintes affections demeurent, par la grâce de Dieu, plus fortes que la mort!!

[240]Vie de Ph. de Mornay, Leyde, 1647, p. 59.—Les détails ci-dessus sont empruntés par le biographe auxMémoires de Mmede Mornay.

[241]Ph. de Mornay a dit, en parlant de la communication que le prince avait faite à lui et à Hubert Languet: «Nous nous apercevions bien que rien ne lui touchoit tant le cœur que ce qui avoit été dit contre son mariage». (De Thou,Hist. univ., t. V, p. 613, note 1.)

[242]«Apologie de monseigneur le prince d'Orange, conte de Nassau, de Catzenellenbogen, Dietz, Vianden, etc., Burchgrave d'Anvers et viscomte de Besançon; baron de Breda, Diest, Grimberge, d'Arlon, Nozeroi, etc., seigneur de Chastel-Bellin, etc., lieutenant-général ès Païs-Bas, et gouverneur de Brabant, Hollande, Zélande, Utrecht et Frise, et admiral; contre le Ban et édict publié par le roi d'Espagne, par lequel il proscript ledict seigneur, dont apperra des calumnies et faulses accusations contenues en ladicte proscription.» (1 vol. in-8o, Bruxelles et Leipzig, 1858.)

[243]«Remonstrance de monseigneur le prince à messeigneurs les états généraux des Païs-Bas» (édit. de 1858 de l'Apologie, avec pièces, p. 31 à 33).

[244]«Réponse de messieurs les états généraux» (édit. de 1858 de l'Apologie, avec pièces, p. 33, 36).

[245]«Lettre de monseigneur le prince d'Orange envoiée aux rois et aultres potentats de la chrestienté.» Elle est datée de Delft, en Hollande, 4 février 1581 (édit. de 1858 de l'Apologie, avec pièces, p. 41 à 46).

[246]Lors des conférences de Bayonne, le duc d'Albe disait, dans une dépêche adressée au roi son maître: «Quant à M. de Montpensier, je lui donnai l'assurance des sentimens affectueux qui unissent depuis si longtemps Vostre Majesté à sa famille et à lui en particulier, à raison de la ligne de conduite qu'il n'avoit cessé de suivre, ainsi qu'il convenoit à un gentilhomme de son rang et à un véritable chrestien. Enchanté de cette ouverture, il se jetta dans mes bras avec affection, m'assurant que lui et tous les gens de bien du royaume n'avoient d'espoir qu'en Vostre Majesté; que lui, en particulier, se feroit mettre en pièces pour elle, et que, si on lui ouvroit le cœur, on y trouverait gravé le nom dePhilippe; le tout, avec une telle expression de physionomie, qu'il étoit facile de voir qu'il n'y avoit chez lui ni feinte, ni arrière-pensée.» (Papiers d'État de Granville, t. IX, p. 284 à 292.)

[247]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.182, fo47.

[248]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo38.

[249]A la négociation dont il s'agit ici se rattache la lettre suivante du duc de Montpensier au prince dauphin: «Mon fils, j'ay veu les deux transactions qui ont esté passées, tant soubz mon nom que soubz le vostre, pour le regard du dot de vostre sœur, la princesse d'Orange, et des renonciations à vostre prouffit, requises pour vous rendre paisible de ma succession et de celles de feu vostre mère et de vostre sœur de Nevers, lesquelles j'ay trouvées conformes aux articles et conditions que j'avais faict dresser à ceste fin; qui est cause que j'ay bien volontiers ratiffié celle qui me concerne, comme il est besoing que vous faciez la vostre; et toutefois suis d'advis qu'elles ne soient envoyées à vostre sœur jusques à ce que son mary et elle les aient aussi ratiffiées, et, les envoyant à MeAndré, il délivrera lesdites et non aultrement au plus tost.—Ce 25 juin 1581.Loys de Bourbon.» (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.415, fo36.)

[250]«Le roi de Navarre, qui s'était entremis de l'accommodement de la princesse d'Orange, voyant que le duc, son père, n'effectuoit point la parole qu'il lui avoit donnée, de la recevoir en sa grâce et de ratifier son mariage, l'en sollicita pour la seconde fois; et, après quelques entrevues à Champigny,ce bon ducfit paroistre qu'il n'estoit pas inflexible aux larmes de sa fille ni aux prières d'un prince dont l'amitié ne lui étoit pas moins chère que celle de ses propres enfans.» (Coustureau,Vie du duc de Montpensier, p. 254, 255.)

[251]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.352, fo7.

[252]Lettre du 3 avril 1581 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.210, fo69).

[253]Lettre du 24 avril 1581 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,415, fo76).

[254]Lettre du 19 mai 1581 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,415, fo40).

[255]Lettre du 24 mai 1581 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,415, fo69).

[256]Lettre du 25 mai 1581 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,415, fo42).

[257]VoirAppendice, no17.

[258]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.128.—Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.902, fo222.—Sur le repli de l'acte ci-dessus est écrit: «Par monseigneur le duc et pair (signé) de Montrillon, et scellé du grand scel dudit seigneur duc, en cire rouge.

»Recordé à son original par nous, Borleghem et Caron (avec leurs paraphes).

»Collationné à la copie authentique escrite en un livre relié en parchemin blanc, avec des cordons verds, et à icelle trouvé de mot à mot concordant, par moy soubzsigné (signé) Pierre Dulon, notaire impérial.»]

[259]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,189, fo31.

[260]Archives de M. le duc de La Trémoille.

[261]Voir ci-avant la lettre de Charlotte de Bourbon, du 21 août 1580, à Muys, receveur général de Hollande, au sujet de la rente à laquelle Élisabeth de Nassau avait droit.

[262]Documents historiques inédits concernant les troubles des Pays-Bas(1577-1584), publiés par Kervyn de Volkaersbeke et J. Diegerick. Gand, 1850, in-8o, t. II, p. 269. Lettre du 11 juillet 1581 datée de La Haye.

[263]MM. Kervyn de Volkaersbeke et J. Deigerick,op. cit., t. II, p. 284. Lettre du 17 juillet 1581, datée de La Haye.

[264]Le Petit,Chronique de Hollande, Zélande, etc., in-fo, t. II, p. 428 et suiv.

[265]Voir l'exposé des faits et les articulations dont il s'agit, à l'Appendice, no18.

[266]Lettre du 1erjuillet 1581 datée de La Haye. (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.283, fo11.)

[267]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.143.

[268]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.144.

[269]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.184.

[270]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.184.

[271]Archives de la maison d'Orange-Nassau, no2.144.

[272]Ministre de l'Évangile.

[273]Échevin de la ville d'Anvers.

[274]Échevin de la ville d'Anvers.

[275]Secrétaire de la ville d'Anvers.

[276]Bibl. nat., mss. VeColbert, vol. 29, f. 450.

[277]Le duc d'Anjou.

[278]Archives de M. le duc de La Trémoille.

[279]Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3.182, fo90.—Voir, sur ce même sujet, les détails fournis par de Thou (Hist. univ., t. VI, p. 172 et suiv.).

[280]Notice sur quelques lettres écrites au comte de Leicester, par D. K. Sijbrandi. Haarlem, 1867.

[281]Notice précitée, de M. Sijbrandi.

[282]Neveu.

[283]«Il avoit été convenu que duc d'Anjou auroit (en Brabant) au conseil d'État du païs, deux conseillers françois, tels que les états choisiroient. Il sceut qu'ils avoient résolu de luy nommer M. le comte de Laval et M. Duplessis (Mornay). Soubz prétexte donc de les obliger, leur déclara qu'il ne vouloit autre conseil que le leur; et aima mieux n'en avoir du tout point. Aussi estoit ledit sieur comte de la religion, plein de vertu et d'intégrité, et intime ami de M. Duplessis. Néantmoins, en l'extérieur, vouloit-il qu'on creust qu'il faisoit cas d'eux; de tant plus que les plus spéciaux serviteurs de la roine d'Angleterre, venus avec luy, ne luy avoient pas teu que la roine leur maîtresse feroit un grand préjugé de ses futurs comportemens et vers elle et vers le païs, selon qu'il prendroit plaisir ou non à se servir de ces deux, desquels la probité leur étoit connue. En apparence donc il leur faisoit bon visage, se rendoit familier à eux, surtout si quelqu'un de messieurs des états estoit présent; mais ne les admettoit aucunement à ses affaires, leur cachoit ses intentions et les eslongnoit autant qu'il pouvoit; ce que, selon leur modestie, il leur estoit aisé de supporter et dissimuler.» (Hist. de la vie de messire Philippe de Mornay.Leyde, in-4o, 1647, p. 60.)

[284]Voir, sur les circonstances qui déterminèrent Jauréguy à commettre son crime, le no19 de l'Appendice.

[285]«J'étois lors à Anvers, dit Mornay, et M. le prince d'Orange m'avoit, au sortir du presche, voulu retenir à diner. Les gardes avoient voulu chasser ce misérable de la salle, et il (le prince) les en avoit tancés, disant que c'étoit quelque bourgeois qui vouloit voir. Il passoit de la salle en sa chambre, et s'étoit arrêté à montrer la tapisserie à M. de Laval, par dessus l'épaule duquel fut tiré le coup. J'y accourus aussitôt, et vis le meurtrier, le corps enveloppé de pentacles et toiles conjurées de Notre-Dame-d'Oviédo. M. le prince d'Orange ayant repris ses esprits, me dit ces mots: Je pensois que la maison fût tombée sur moi. Il eut un grand soin de faire savoir qu'il n'y avoit rien du fait de Monsieur (le duc d'Anjou), lequel, avec les siens, n'étoit pas sans peur. Mais on y envoya une forte garde, pour empêcher l'abord du peuple, et fut, en moins d'un quart d'heure, donné un tel ordre par toute la ville, qu'il n'y avoit ni bruit, ni murmure. Le meurtrier avoit quelque envie de réserver son coup au soir, au festin de Monsieur. Si cela fût arrivé là, on n'eût jamais pu croire que ce n'eût été de son fait, et premier que la vérité eût été connue, tout eût été en combustion et carnage.» (Note de D.-Mornay sur l'Hist. univ.de de Thou, t. VI, p. 180.)

[286]«The perturbation that followed within the prince's house was so great and dolorous as scarce can be expressed. The poor princess, overcome with vehement passion, did swoon continually; the children confounded with tears and cries troubled all the place, and the rest of the friends and family present were utterly perplexed.» (Herle to lord Burghley.Corresp. of Leicester, London 1844, ap. Groen van Prinsterer, 1resérie, suppl. p. 220.)

[287]La publication intituléeBrief recueil de l'assassinat commis sur la personne du très illustre prince d'Orange(Anvers 1582) contient le texte de ces prières et de ces vœux, dont voici le début: «Jesu Christo nuestro señor, y la virgen sancta Maria, nuestra señora, sean en mi ayuda en esta resolucion hecha para su sanctissimo servicio!!» Un tel début donne une idée suffisante de tout ce dont il est suivi.

[288]«Catherine de Nassau, femme du comte de Schwartzburg, sœur du prince, ne l'abandonna point, et lui rendit tous les services dont elle était capable.» (De Thou,Hist. univ.t. VI, p. 183.—Lapize,Histoire des princes et de la principauté d'Orange, p. 524.—P. c.Hoofts Nederlansche historien, in-fo, Amsterdam, 1677, p. 816.)

[289]Note de D.-Mornay sur l'Hist. univ.de de Thou, t. VI, p. 183.

[290]Mornay,loc. cit.]

[291]Documens historiques concernant les troubles des Pays-Bas, 1577-1584, par Kervyn de Volkaersbeeks et J. Diegerick, Gand, 1850, t. II, p. 336.—Des lettres semblables à celle qui est ici reproduite, furent adressées aux provinces et aux villes de l'Union.

[292]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VIII, p. 80.

[293]Breif recueil de l'assassinat commis sur la personne de très illustre prince, monseigneur le prince d'Orange, par Jean Jauréguy, Espaignol, à Anvers, br. in-4o, 1582, imp. de Ch. Plantin.

[294]Lapize,Hist. des princes et de la principauté d'Orange, La Haye, 1639, in-fop. 524.

[295]Documens historiques concernant les troubles des Pays-Bas, 1577-1584, par Kervyn de Volkaersbeke et J. Diegerich, Gand, 1850, t. II, p. 347.

[296]Hist. univ., t. VI, p. 182. On peut consulter comme ne concordant pas tout à fait avec le récit de de Thou, celui de P. G. Hoofts,Nederlandsche historien, Amsterdam, 1677, in-fo, p. 816.

[297]Note de Mornay sur l'Hist.de de Thou, t. VI, p. 182.

[298]«Instruction (5 avril 1582) pour M. de Ryhoven, grand bailly et superintendant de la ville de Gand, et le Srde Winterhove, adv. de la ville d'Ypres, allant vers Son Alteze, de la part des quatre membres du pays et comté de Flandres.» (Doc. hist. inédits concernant les troubles des Pays-Bas, 1577-1584, par Kervyn de Volkaersbeke et J. Diegerick, Gand, 1850, t. II, p. 358.)

[299]Archives de Simancas, papeles de Estado, liasse 585, ap. Gachard,Corresp. de Guillaume le Taciturne, t. VI, p. 77.

[300]Voir ce que contient, sur ce point, notre publication intitulée:Éléonore de Roye, princesse de Condé, 1 vol, in-8o, Paris, 1876, p. 91, 92.

[301]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VIII.

[302]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VIII, p. 98.

[303]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VIII, p. 104.

[304]Ps. CIX, 28.

[305]Groen van Prinsterer,Corresp., 1resérie, t. VIII, p. 86.

[306]Bibl. nat. mss. VeColbert, vol. 29, fo725.

[307]Bor, t. II, p. 316.

[308]Ps. CXVI, 15.

[309]Apocal. XIV, 13.

[310]«La maladie de la princesse fut une pleurésie procédée des sang-melleures qu'elle avoit eues pendant son mal, passant, à tout moment d'espérance en crainte, et au rebours. Elle mourut fort chrétiennement, et l'assista ma femme, jusques à la mort.» (Note de Mornay sur l'Hist. univ., de de Thou, t. VI, p. 182.)

[311]Le même jour, les états généraux prirent la résolution suivante: «Étant décédée de ce monde la sérénissime princesse d'Orange, madame Charlotte de Bourbon, il est résolu que, pour s'associer au deuil du prince, des membres de l'Assemblée se transporteront vers Son Excellence, après midy.» (Archives générales du royaume de Hollande. Rec. des pr.-v. des Provinces-Unies, à la date du 5 mai 1582.)

[312]Bor, t. II, p. 316.—Meteren,Hist. des Pays-Bas, tr. fr. La Haye, 1618, in-fop. 215.—Antverpin Christo nascens et crescens, par J. C. Diercxsens, t. III, Antverp., 1760: «Carolina Borbonia sepulta est, 9 mensis maï, solenni pompa, in cathedrali, in vacello Circumcisionis, concitantibus nobilibus, statis generalibus, consiliariis, senatu, colonellis, capitaneis, etc., etc., ad duo millia; non aderat Orangius, tanquam non plane restitutus.»]

[313]Mém. sur la vie de Louise-Julienne de Nassau, Leyden, 1625, p. 18.—Il n'existe aujourd'hui aucune trace de la sépulture de Charlotte de Bourbon dans lagrande églised'Anvers, en d'autres termes, dans la cathédrale. Aucune mention n'en est même faite dans un volumineux ouvrage dont le tome Ier(Anvers, 1856, gr. in-4o) est intitulé: «Inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers.»—Arrondissement d'Anvers.—Église cathédrale.»—Voir les explications dans lesquelles a cru devoir entrer, sur ce point, l'auteur de l'ouvrage suivant: «Annales antverpienses, ab urba condita ad annum 1700, collecti ex ipsius civitatis monumentis, etc., etc., auctore Daniele Papebrochio S. I. Antverpiæ, 1847, p. 67, 68.»]

[314]Lettre du 28 mai 1582 (Bibl. nat., mss. VeColbert, vol. 29, fo727).

[315]«En ce mois de septembre 1582, messire Loys de Bourbon, duc de Montpensier, mourut, en sa maison de Champigny.» (J. de P. de L'Estoile, nouvelle édit., t. II, p. 69).—De L'Estoile dit encore dans son journal (t. II. p. 69).—«En ce moys de may 1582 mourut, à Anvers, dame Charlotte de Bourbon, fort regrettée pour ses vertus et, entre autres, pour la charité miséricordieuse qu'elle exerçoit à l'endroit de toutes sortes de personnes affligées et oppressées.»]

[316]Archives de M. le duc de La Trémoille.

[317]Une lettre, qu'à la même époque, Louise-Julienne de Nassau reçut de la duchesse de Montpensier, était ainsi conçue: «Ma fille, je n'ay peu qu'avec beaucoup de regret entendre les nouvelles du désceds de feu madame la princesse, vostre mère, tant pour la grande perte que je sçay que vous et mes petites-filles, vos sœurs, ont faicte en cela, que pour l'amytié que, je sçay, elle me faisait ce bien de me porter; vous suppliant, ma fille, de m'aymer aussy, et croire que je prendray bien grand plaisir de m'emploïer pour vous servir toutes, en ce que j'en auray de moïens, et vous tenir, au reste, aux bonnes grâces de monsieur vostre grand-père; ce que je feray tousjours de pareille affection et bonne volonté que, pour fin de lettre, je supplie Nostre Seigneur, vous donner, ma fille, en bonne santé, longue et heureuse vye.—De Champigny, ce 9ejour de juin 1582.—Vostre plus affectionnée grand-mère, Caterine de Lorraine.» (Archives de M. le duc de La Trémoille.)

[318]Était-ce aimer en père, que tyranniser la conscience de Charlotte?

[319]Assertion formellement démentie par les doléances et les supplications réitérées de Charlotte.

[320]C'est précisément ce que, maintes fois, Charlotte fit entendre.

[321]Outrage révoltant, qui jamais n'eût dû sortir de la bouche d'un père.

[322]Nouvel outrage et allégation d'un fait faux; car Charlotte, d'accord avec sa sœur la duchesse de Bouillon, et avec la reine de Navarre, favorables à sa sortie de Jouarre, et en ayant prudemment assuré les suites immédiates, avait été accompagnée jusqu'à Heydelberg par un homme honorable, François Daverly, seigneur de Minay, dont l'électeur palatin, Frédéric III, apprécia si bien le caractère et la rectitude de procédés que, plus tard, il se fit représenter par lui dans une imposante solennité qui concernait personnellement la jeune princesse; solennité dont il sera parlé plus tard.

[323]Le duc se laisse entraîner ici à une imposture; car c'était par son ordre même et par celui de la duchesse qu'un simulacre de serment et de vœu avait été extorqué à leur fille le 17 mars 1559.

[324]Il y a là une vile accusation d'hypocrisie qui tombe devant la loyauté dont la conduite et le langage de Charlotte de Bourbon portèrent toujours l'empreinte.

[325]Qu'importait l'absence du père et de la mère, lorsque la profession eut lieu? Tous deux n'en avaient pas moins été les instigateurs de la violence qui imposa cette profession à Charlotte de Bourbon.

[326]Les répugnances et les plaintes de la jeune fille prouvent surabondamment qu'il n'y eut de sa part ni hypocrisie quand elle obéissait à la voix de sa conscience, ni approbation de la violence qu'elle subissait.

[327]Ainsi, selon le duc, sa fille ne pouvait le respecter réellement et échapper à l'accusation de désobéissance et de rébellion qu'en se pliant à l'injonction d'avoir la même religion que lui; comme si jamais le respect filial pouvait surgir des bas-fonds de la servilité religieuse.

[328]Quelle absurde insistance que celle du duc à se faire passer pour un excellent père, quand il n'avait été jusque-là pour Charlotte de Bourbon qu'un mauvais père!

[329]Les beaux sentiments dans l'étalage desquels se complaît ici le duc, avec plus d'affectation que de sincérité, n'étaient en réalité que des effusions de paroles frappées de stérilité par son altière intolérance. Il exigeait, en effet, que pour réussir à se concilier les bonnes grâces paternelles, Charlotte de Bourbon commençât par abdiquer, en matière religieuse, ses convictions personnelles.

[330]Nouvel outrage à la conscience de Charlotte de Bourbon.

[331]Le duc tombe ici dans d'absurdes déclamations, en contradiction manifeste avec l'ensemble des faits attestés par l'histoire.

[332]Cette déclaration est celle d'un stupide fanatique, d'un père dénaturé; et celui qui ose la faire ose aussi se dire un homme religieux! Il est difficile d'insulter plus arrogamment à la sainteté de Dieu et à celle de ses commandements.

[333]Ici le duc déraisonne en s'étendant sur un sujet tel que celui de sa succession, dont l'électeur palatin ne lui avait pas dit un mot dans sa lettre, et en fulminant,ab irato, contre sa fille Charlotte une menace d'exhérédation.

[334]Ainsi, voilà Charlotte de Bourbon accusée par son père de détournements commis au préjudice de l'abbaye de Jouarre, et cela sans qu'un fait quelconque soit allégué à l'appui de l'accusation. Ce seul trait donne la mesure de la bassesse de caractère du duc, et le relègue au rang infime des pires calomniateurs.—De son côté, dom Toussaint Duplessis (Histoire de l'église de Meaux, t. Ier, p. 374) dit: «Qu'il est sûr que Charlotte de Bourbon, qui méditoit depuis longtemps sa sortie, ne se fit aucun scrupule d'amasser, pour ce sujet, une grande somme d'argent aux dépens du monastère;» mais il ose formuler cette odieuse imputation sans pouvoir l'appuyer d'une seule preuve. Il prétend qu'en échangeant un immeuble de l'abbaye de Jouarre contre un immeuble du comte de Chaulnes, Charlotte de Bourbon aurait reçu de ce seigneur, à titre de soulte, une somme qu'elle se serait appropriée; mais Toussaint Duplessis n'en est pas moins réduit à l'impossibilité de démontrer le fait même du prétendu détournement. Son assertion sur ce point demeure donc à l'état de véritable calomnie.—Ceci posé, il est regrettable qu'un écrivain sérieux, M. Thiercelin (Histoire du monastère de Jouarre, publiée en 1861, p. 66, 67), se soit laissé entraîner à croire sur parole Toussaint Duplessis, alors qu'en y regardant de près il eût pu facilement se convaincre de la fausseté de l'accusation formulée par cet annaliste, en l'absence de tout élément de preuve.

[335]L'électeur palatin est ainsi, à son tour, accusé d'un méfait par le duc; car n'est-ce pas un véritable méfait que d'avoir osé donner asile à Charlotte de Bourbon, à cette folle, à cette coupable, que tous les princes et potentats bien pensants de l'Europe auraient refusé d'accueillir?


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