CHAPITRE LXIX.

1347.MARIAGE DE LOUIS, COMTE DE FLANDRE, AVEC MARGUERITE FILLE DE JEAN, DUC DE BRABANT[137](§322).

Il a été dit plus haut que Louis, comte de Flandre, après avoir fiancé à Bergues Isabelle, fille d’Édouard III, s’était réfugié en France pour échapper à la conclusion de ce mariage. Le duc Jean de Brabant ouvre aussitôt des négociations auprès du roi de France, afin d’obtenir la main du comte de Flandre pour sa fille Marguerite. Philippe de Valois, auquel le duc de Brabant promet d’engager les Flamands dans l’alliance française, conseille à Louis de Male[138]d’agréer les ouvertures de Jean III. Quant aux bonnes villes de Flandre, le duc de Brabant les menace, si elles ne lui sont pas favorables, de leur faire la guerre. A la suite de conférences tenues à Arras entre le jeune comte de Flandre et lesenvoyés de Jean III, Louis de Male s’engage solennellement à prendre Marguerite en mariage, puis il vient en Flandre où il rentre en possession de tous ses droits seigneuriaux, et bientôt après il épouse la fille du duc de Brabant. Une clause secrète du contrat fut que Malines[139]et Anvers, après la mort de Jean III, feraient retour au comte de Flandre.—L’irritation que le roi d’Angleterre ressent de ce mariage dans le premier moment ne l’empêche pas au bout de peu de temps de faire sa paix avec le duc de Brabant et le comte de Flandre[140]. P.85à88,318à320.

1350.DÉFAITE DES ESPAGNOLS DANS UNE BATAILLE NAVALE LIVRÉE EN VUE DE WINCHELSEA CONTRE LES ANGLAIS.—1352.EXÉCUTION D’AIMERI DE PAVIE A SAINT-OMER[141](§§323à329).

Édouard III apprend que les Espagnols, dont la marine s’est portée naguère à des actes d’hostilité contre les Anglais[142], sontallés avec de nombreux vaisseaux acheter des draps, des toiles et autres marchandises en Flandre; il ne veut pas laisser échapper cette occasion de se venger de ses ennemis. Il équipe une flotte puissante, dont les navires sont montés par l’élite de sa noblesse; il en prend le commandement et va croiser entre Douvres et Calais. P.88à90,320,321.

Les Espagnols, de leur côté, informés des projets du roi d’Angleterre, ont fait leurs préparatifs pour soutenir la lutte; ils ont muni d’artillerie leurs quarante gros vaisseaux et pris des brigands à leur solde.—Au moment où Édouard III, monté sur un navire appeléLa Salle du Roi, dont Robert de Namur est capitaine, fait exécuter par ses ménestrels un air de danse que Jean Chandos vient de rapporter d’Allemagne, tout à coup une sentinelle placée au haut du mât annonce que les Espagnols sont en vue: le roi fait aussitôt sonner le branlebas de combat[143]; les navires se rapprochent pour former une ligne très-serrée; Édouard et ses chevaliers boivent du vin, revêtent leurs armes en toute hâte, et la bataille commence. P.90à92,321à324.

Les navires espagnols et anglais s’accrochent les uns aux autres, deux par deux, avec des crampons et des chaînes de fer, et l’on se bat à l’abordage. Après diverses alternatives, le roi d’Angleterre et le prince de Galles, son fils, montent sur deux vaisseaux ennemis qu’ils ont conquis après une lutte acharnée; ils sont forcés d’abandonner leurs propres navires qui ont été horriblement maltraités et font eau de toutes parts.La Salle du Roiallait être emmenée par les Espagnols, qui l’avaient accrochée, sans le dévouement d’un valet de Robert de Namur, nomméHennequin, qui, en sautant à bord du navire ennemi, parvient à couper les cordes qui soutiennent les voiles. Le vaisseau espagnol ne peut plus avancer, et Robert de Namur le prend à l’abordage. Bref, les Espagnols perdent quatorze[144]de leurs navires; les autres parviennent à se sauver. La flotte victorieuse rentre à Rye et à Winchelsea. Édouard va rejoindre sa femme qui l’attend dans un château situé à deux lieues de là et qui est fort inquiète, car les habitants de cette partie des côtes d’Angleterre ont vu le combat du haut des falaises. P.92à98,324à328.

Geoffroi de Charny surprend Aimeri de Pavie dans un petit château de la marche de Calais, nommé Frethun[145], qui lui avait été donné par le roi d’Angleterre, et le fait mettre à mort à Saint-Omer, pour le punir de sa trahison. P.98,99,328à330.

1348.RAVAGES DE LA PESTE.—1349.DÉMONSTRATIONS DE PÉNITENCE DES FLAGELLANTS; EXTERMINATION DES JUIFS DANS TOUS LES PAYS DE L’EUROPE EXCEPTÉ À AVIGNON ET SUR LE TERRITOIRE PAPAL[146](§330).

En ce temps éclate une peste qui fait mourir le tiers de la population[147]. Pour apaiser la colère de Dieu, il surgit alors enAllemagne[148]une secte dont les adeptes se fouettent le dos et les épaules jusqu’au sang avec des courroies garnies d’aiguillons de fer; d’où on les appelle flagellants. Ils chantent des complaintes[149]sur la Passion, et vont de ville en ville, en faisant pénitence, pendant trente-trois jours, parce que Jésus-Christ alla sur terre pendant trente-trois ans. Ces pénitences font cesser les ravages de la peste en beaucoup d’endroits; mais le roi de France interdit aux flagellants l’entrée de son royaume, et le pape lance des bulles d’excommunication contre eux.—On arrête alors les Juifs par toute l’Europe, on les brûle et on confisque leurs biens, excepté à Avignon et en la terre de l’Église, sous les ailes du pape. Une prédiction avait annoncé aux Juifs, cent ans auparavant, qu’ils seraient détruits quand on verrait apparaître des gens armés de verges de fer. L’apparition des flagellants explique le sens de cette prédiction. P.100,101,330à332.

1350.AVÉNEMENT DU ROI JEAN.—1351.VICTOIRE DES ANGLAIS PRÈS DE TAILLEBOURG; SIÉGE ET PRISE DE SAINT-JEAN-D’ANGÉLY PAR LES FRANÇAIS.—COMBAT DES TRENTE.—ESCARMOUCHE D’ARDRES ET MORT D’ÉDOUARD DE BEAUJEU.—1352.AVÉNEMENT D’INNOCENT VI.—1350.EXÉCUTION DE RAOUL, COMTE D’EU ET DE GUINES.—1352.VENTE DU CHÂTEAU DE GUINES AUX ANGLAIS.—1351. FONDATION DE L’ORDRE DE L’ÉTOILE[150](§§331à342).

Mort de Philippe de Valois, avénement du roi Jean[151]. Le nouveau roi[152], aussitôt après son couronnement à Reims, fait mettreen liberté ses cousins Jean et Charles d’Artois, fils de Robert d’Artois, détenus en prison, et comble de faveurs ses deux cousins germains, Pierre, duc de Bourbon, et Jacques de Bourbon, comte de la Marche. Il quitte Paris avec un train magnifique, prend le chemin de la Bourgogne, et se rend à Avignon[153]où le pape Clément VI et le sacré collége donnent des fêtes en son honneur. D’Avignon, il va passer une quinzaine de jours à Montpellier[154]d’où il se dirige vers le Poitou[155]. Il convoque à Poitiers ses gens d’armes placés sous les ordres de Charles d’Espagne, connétable, d’Édouard de Beaujeu et d’Arnoul d’Audrehem[156],maréchaux de France, et vient mettre le siége devant Saint-Jean-d’Angély, dont les habitants appellent à leur secours le roi d’Angleterre. P.100à103,332à334.

Jean de Beauchamp[157]et quarante autres chevaliers anglais, envoyés au secours de Saint-Jean-d’Angély, débarquent à Bordeaux à la tête de trois cents hommes d’armes et de six cents archers. Ces forces, réunies à celles des seigneurs d’Albret, de Mussidan et des autres chevaliers gascons du parti anglais, s’élèvent à cinq[158]cents lances, quinze cents archers et trois mille brigands à pied. Gascons et Anglais franchissent la Garonne, passent à Blaye et arrivent à une journée de distance de la Charente, en vue du pont de Taillebourg. Les Français, qui assiégent Saint-Jean-d’Angély, ont envoyé un détachement garder ce pont sous les ordres de Jean de Saintré, de Guichard d’Angle, de Boucicaut et de Gui de Nesle[159]. A la vue de ce détachement, les Anglaisveulentrebrousser chemin, mais les Français s’élancent à leur poursuite. Un combat s’engage qui tourne à l’avantage des Anglo-Gascons. Tous les Français sont tués ou pris[160]. Les Anglais qui ne se sentent pas en mesure, malgré ce succès, de faire lever le siége de Saint-Jean-d’Angély, retournent à Bordeaux avec leur butin et de bons prisonniers tels que Gui de Nesle, dont par la suite ils ne tirèrent pas moins de cent mille moutons. P.103à108,334à336.

Le roi Jean apprend à Poitiers[161]la déconfiture de Taillebourg;il est fort irrité à cette nouvelle et vient en personne devant Saint-Jean-d’Angély pour renforcer le siége. Les assiégés sollicitent et obtiennent une trêve de quinze jours, à la condition qu’ils se rendront, s’ils ne sont pas secourus dans cet intervalle. A l’expiration de cette trêve, le 7 août[162]1351, Saint-Jean-d’Angély ouvre ses portes au roi de France. P.108,109,337.

Après la reddition de Saint-Jean-d’Angély, le roi Jean retourne à Paris, tandis que Jean de Beauchamp et les siens repassent en Angleterre où ils emmènent leurs prisonniers. De retour à Londres, Jean de Beauchamp[163]est nommé, en récompense du succès qu’il a remporté près de Taillebourg, capitaine et gouverneur de Calais. Le roi de France, de son côté, envoie à Saint-Omer Édouard, seigneur de Beaujeu[164], pour garder la frontière contre les Anglais. P.110,337.

Combat des Trente. Trente gens d’armes, bretons et français, partisans de Charles de Blois, sous les ordres de Robert de Beaumanoir, châtelain de Josselin, se battent en vertu d’une convention et dans des conditions réglées à l’avance contre trente soudoyers anglais, allemands et bretons, partisans de la comtesse de Montfort, commandés par Bramborough, châtelain de Ploërmel[165]. A la première passe, quatre Français et deux Anglais sont tués. On suspend la lutte pour prendre quelques instants de repos; puis le combat recommence. A la seconde passe, les Français prennent le dessus: Bramborough est tué avec huit de ses compagnons; les autres se rendent. Robert de Beaumanoir et les Français survivants emmènent leurs prisonniers à Josselin et les mettent à rançon courtoise, dès que leurs blessures sont guéries, car il n’y a personne, d’un côté comme de l’autre, qui n’ait été blessé. P.110à115,338à340.

«Vingt-deux ans[166]après le combat des Trente, ajoute Froissart, je vis assis à la table du roi Charles de France un chevalier qu’on appelait Yvain Charuel. Comme il avait pris part à ce combat, on l’honorait par-dessus tous les autres. On voyait bien du reste,à son visage, qu’il savait ce que valent coups d’épées, de haches et de dagues; car il était très-balafré. Il me fut dit vers ce même temps que messire Enguerrand de Hesdin avait été lui aussi l’un des Trente, et que c’était là l’origine de la faveur dont il jouissait auprès du roi de France. Ce glorieux fait d’armes se livra entre Ploërmel et Josselin le 27 juillet 1351.» P.341.

Escarmouche d’Ardres[167]. Édouard, sire de Beaujeu, maréchal de France, envoyé à Saint-Omer après la reddition de Saint-Jean-d’Angély[168], est tué entre Ausques[169]et Ardres en poursuivant les Anglais de Calais, qui sont venus un matin faire une incursion et recueillir du butin jusqu’aux portes de Saint-Omer. En revanche, Jean de Beauchamp, gouverneur de Calais, et vingtautres chevaliers anglais sont faits prisonniers par les Français, grâce à un renfort de cinq cents brigands de la garnison de Saint-Omer, qui surviennent vers la fin de l’action. En même temps, le butin fait par les Anglais est repris par le sire de Bouvelinghem, les trois frères de Hames[170]et les garnisons françaises de Hames, de la Montoire[171]et de Guines[172].—Arnoul d’Audrehem[173]est envoyé à Saint-Omer, et succède à Édouard de Beaujeu comme gardien de la frontière contre les Anglais. D’un autre côté, le comte de Warwick[174]est nommé par Édouard III gouverneur de Calais en remplacement de Jean de Beauchamp qui vient d’être fait prisonnier; celui-ci, toutefois, ne tarde pas à recouvrer sa liberté: les Français l’échangent contre Gui de Nesle[175]pris par les Anglais à l’affaire de Taillebourg. P.115à122,341à346.

Mort de Clément VI; avénement d’Innocent VI[176]. Grâce à la médiation du cardinal Gui de Boulogne, légat du nouveau pape, une trêve[177]est conclue pour deux ans entre les rois de France et d’Angleterre. P.122,123,346.

Raoul, comte d’Eu et de Guines, connétable de France, peu après son retour d’Angleterre[178]où il a passé quatre ans en prison, est mis à mort sans jugement par l’ordre du roi Jean qui donne les biens de la victime à Jean d’Artois, comte d’Eu; et cette exécution excite de violents murmures en France comme aussi au dehors du royaume. P.123à125,346,347.

Quelque temps après l’exécution du comte de Guines, et durant la trêve[179]conclue avec le roi d’Angleterre, un traître vend etlivre le château de Guines aux Anglais. Jean de Beauchamp, gouverneur de Calais, répond à toutes les réclamations du roi de France au sujet de ce marché que l’achat d’un château ne constitue pas une infraction à la trêve. P.125,126,347,348.

Le roi Jean fonde[180], à l’imitation de la Table Ronde du roi Arthur, un ordre de chevalerie composé des trois cents chevaliers les plus preux de France, et appelé l’ordre de l’Étoile, parce qu’il a pour signe distinctif une étoile d’or, d’argent doré ou de perles qu’on porte par-dessus le vêtement. Les membres de l’ordre doivent, à toutes les fêtes solennelles, se réunir à la Noble Maison construite exprès pour cet objet près de Saint-Denis; c’est là que le roi tient cour plénière au moins une fois l’an, et que chaque compagnon vient raconter ses faits d’armes enregistrés sous sa dictée par des clercs. On ne peut être admis dans la confrérie qu’avec l’assentiment du roi et de la majorité des compagnons; on fait serment, en y entrant, de ne jamais fuir dans une bataille plus loin que quatre arpents, au risque d’être tué ou fait prisonnier; on jure aussi de se porter secours les uns aux autres en toute occasion. Si un compagnon de l’Étoile se trouve sans ressource sur ses vieux jours, la Noble Maison lui offre un asile où il est assuré d’un train de vie honorable pour lui et pour deux varlets.—Peu après la fondation de l’ordre de l’Étoile, la guerre redouble en Bretagne où le roi d’Angleterre, allié de la comtesse de Montfort, expédie des forces considérables. Gui de Nesle, sire d’Offémont[181], et plus de quatre-vingt-dix chevaliers de l’Étoile,envoyés par le roi de France au secours de la comtesse de Blois, trouvent la mort dans une embuscade que les Anglais leur avaient tendue; ils auraient pu se sauver, mais ils venaient de s’engager par serment, en vertu des statuts de la nouvelle confrérie, à ne jamais fuir. Un aussi malheureux début et plus encore les désastres qui s’abattent ensuite sur la France ne tardent pas à amener la ruine de l’ordre de l’Étoile. P.126à128,348,349.

1354.ASSASSINAT DE CHARLES D’ESPAGNE; RUPTURE ENTRE LE ROI DE NAVARRE ET SES FRÈRES, INSTIGATEURS DE CET ATTENTAT, ET LE ROI DE FRANCE.—1355.EXPIRATION DES TRÊVES ET OUVERTURE DES HOSTILITÉS ENTRE LA FRANCE ET L’ANGLETERRE.—MORT DE JEAN, DUC DE BRABANT, ET AVÉNEMENT DE JEANNE, MARIÉE A WENCESLAS DE LUXEMBOURG.—1356.GUERRE ENTRE FLANDRE ET BRABANT[182](§§343et344).

Le roi Jean, non content d’avoir fait après l’exécution du comte d’Eu Charles d’Espagne connétable de France, le comble de biens[183]et lui donne notamment une terre que le roi de Navarre etses frères prétendent leur appartenir. A dater de ce moment, les enfants de Navarre vouent au favori une haine mortelle. Pour assouvir leur vengeance, ils ont recours à un guet-apens: ils surprennent une nuit le connétable dans un petit village situé près de Laigle[184]et le font mettre à mort par une bande que commande leur cousin le Bascle de Mareuil. A la nouvelle de l’assassinat de Charles d’Espagne, Jean confisque le comté d’Évreux et tout ce que le roi de Navarre possède en Normandie; il fait aussi envahir la Navarre par les comtes de Comminges et d’Armagnac, mais le comte de Foix, allié du roi de Navarre son beau-frère, porte la guerre en Armagnac. P.129à131,349,350.

Pierre, duc de Bourbon et Henri, duc de Lancastre, envoyés à Avignon pour traiter de la paix, ne parviennent pas à s’entendre malgré tous les efforts du pape Innocent VI; et comme la trêve vient d’expirer[185], la guerre recommence entre la France etl’Angleterre.—Mort de Jean[186], duc de Brabant. Le duché de Brabant échoit à Jeanne, fille aînée de Jean, mariée à Wenceslas, duc de Luxembourg, fils de Jean de Luxembourg, roi de Bohême, et d’une sœur de Pierre, duc de Bourbon. Wenceslas est encore jeune, mais il gouverne par le conseil de son oncle Jacques de Bourbon[187]. Louis, comte de Flandre, marié à l’une des filles de Jean de Brabant, réclame Malines et Anvers comme devant faire retour au comté de Flandre après la mort de son beau-père, en vertu d’une convention consentie par le feu duc de Brabant. Une guerre terrible éclate au sujet de cette réclamation entre Flandre et Brabant; elle ne dure pas moins de trois[188]ans. Cette guerre prend fin grâce à l’arbitrage de Guillaume de Hainaut[189], fils de l’empereur Louis de Bavière, qui adjuge Malines et Anvers au comte de Flandre. P.132,133,350,351.

1355.TRAITÉ D’ALLIANCE ENTRE LES ROIS DE FRANCE ET DE NAVARRE.—CHEVAUCHÉE DU ROI D’ANGLETERRE EN BOULONNAIS ET EN ARTOIS; CONCENTRATION A AMIENS ET MARCHE DES FRANÇAIS CONTRE L’ENVAHISSEUR.—PRISE DU CHÂTEAU DE BERWICK PAR LES ÉCOSSAIS; RETOUR D’ÉDOUARD A CALAIS[190](§§345à351).

Les frères de Navarre se rendent en Angleterre où ils concluent une alliance offensive et défensive avec Édouard contre le roi de France[191]; à leur retour en Normandie, ils mettent en état de défense les châteaux d’Évreux, de Breteuil et de Conches. Le roi d’Angleterre lève trois armées à la fois: la première, composée de cinq cents hommes d’armes et de mille archers sous la conduite du duc de Lancastre, doit opérer en Bretagne contre Charles de Blois qui vient de recouvrer sa liberté moyennant une rançon de quatre cent[192]mille écus; la seconde, dont l’effectif nes’élève pas à moins de mille hommes d’armes et de deux mille archers, est dirigée sur la Guienne et placée sous les ordres du prince de Galles[193]et de Jean Chandos; la troisième enfin, forte de deux mille hommes d’armes et de quatre mille archers, est commandée par le roi d’Angleterre en personne et doit débarquer en Normandie. P.133à136,351à354.

Édouard s’embarque à Southampton[194]et fait voile vers Cherbourg où l’attend le roi de Navarre; mais les vents contraires l’obligent à relâcher quinze jours à l’île de Wight, puis à Guernesey. Le roi de France est informé de ces préparatifs ainsi que de la prochaine descente des Anglais en Normandie; il envoie à Cherbourg l’évêque de Bayeux et le comte de Saarbruck qui parviennent à détacher le roi de Navarre de l’alliance d’Édouard et le décident à faire la paix[195]avec Jean son beau-père; toutefois Philippe de Navarre reste attaché au parti anglais. P.136à138,354à356.

A la nouvelle de la défection de son allié, le roi d’Angleterre renonce à descendre en Normandie et débarque à Calais. Ilentreprend une chevauchée à travers la France, passe devant Ardres[196]et la Montoire[197], court devant Saint-Omer, dont Louis de Namur est capitaine, et s’avance tellement dans la direction de Hesdin que les habitants d’Arras s’attendent à être assiégés par les Anglais[198].—Le roi de France, de son côté, fait de grands préparatifs pour repousser l’envahisseur; il appelle à son secours ses bons amis de l’Empire, entre autres Jean de Hainaut; il convoque à Amiens tous les chevaliers et écuyers depuis quinzejusqu’à soixante ans; il se rend lui-même dans cette ville avec ses quatre fils, le roi de Navarre son gendre, le duc d’Orléans son frère et l’élite de la noblesse du royaume; il parvient à réunir sous ses ordres une armée de douze mille hommes d’armes et de trente mille gens des communautés. P.138à141,356à359.

Sur ces entrefaites, les Écossais, qui reçoivent des renforts du roi de France[199], profitent de l’absence d’Édouard, du prince de Galles et du duc de Lancastre, pour attaquer, sous les ordres de Guillaume de Douglas, Roxburgh et Berwick; ils échouent devant Roxburgh, mais ils s’emparent du château de Berwick[200]et sont sur le point de prendre la cité elle-même dont les bourgeois demandent du secours au roi d’Angleterre. P.141à143,359à361.

Dans le même temps, un chevalier français nommé Boucicaut, prisonnier des Anglais, qui lui ont permis seulement d’aller quelques mois dans son pays mettre ordre à ses affaires, vient rejoindre le roi d’Angleterre devant Blangy, beau château et fort du comté d’Artois. Édouard met Boucicaut en liberté sans rançon, à condition qu’il ira de sa part offrir la bataille au roi de France[201]qui se tient toujours à Amiens où il achève de rassembler ses forces. P.143à146,361à363.

Le roi Jean laisse sans réponse le défi de son adversaire. Ce que voyant, Édouard rebrousse chemin à travers le comté de Fauquembergue, passe à Licques[202]dans le pays d’Alquines, contourne la bastide d’Ardres, et, par le beau chemin de plaine dit de Leulingue, rentre tout droit à Calais. Arnoul d’Audrehem,capitaine d’Ardres[203], se jette sur l’arrière-garde anglaise et fait dix ou douze prisonniers. Jean fait défier à son tour Édouard par Boucicaut et Arnoul d’Audrehem; mais les mauvaises nouvelles reçues d’Écosse empêchent le roi d’Angleterre d’accepter ce défi[204]. Le roi de France licencie son armée.—Au retour de cette expédition, Jean de Hainaut meurt dans la nuit de la Saint-Grégoire en son hôtel de Beaumont; il est enterré en l’église des Cordeliers de Valenciennes. Il laisse pour héritiers ses petits-fils Louis, Jean et Gui, fils du comte de Blois tué à Crécy et de Jeanne de Beaumont. P.146à150,363à368.

1356.EXPÉDITION D’ÉDOUARD III EN ÉCOSSE[205](§§352à355).

Le roi d’Angleterre quitte Calais dont il confie la garde au comte de Salisbury, repasse en Angleterre et se dirige tout droit vers l’Écosse[206]. Gautier de Mauny, qui marche à l’avant-garde del’expédition, parvient à reprendre le château de Berwick aux Écossais avant l’arrivée d’Édouard dans cette ville. P.150à152,368,369.

Les Anglais occupent Édimbourg qui est une ville ouverte; le roi habite la maison d’un bourgeois auquel David Bruce avait promis naguère de le faire maire de Londres; il met le siége devant le château. P.153,154,369,370.

La famine menace bientôt les assiégeants[207]. On est au fort de l’hiver. Les Écossais, pour affamer les envahisseurs, ont emporté vivres et bétail de l’autre côté de la rivière de Tay; et une horrible tempête force la flotte qui apporte des provisions aux Anglais à rentrer dans le port de Berwick[208]. Édouard reçoit à Édimbourg la visite de la comtesse de Douglas qui habite le château de Dalkeith; à la prière de cette dame, il s’engage à ne pas brûler la capitale de l’Écosse. Pendant ce temps, Guillaume de Douglas[209], mari de ladite comtesse, garde avec cinq cents armures de fer des défilés par où les ennemis doivent passer pour retourner chez eux. P.155,156,370,371.

Aussi, les envahisseurs, à leur retour en Angleterre, sont attaqués à l’improviste par Guillaume de Douglas au moment oùils traversent, morcelés en petits pelotons, les défilés de Cheviot d’où sort la Tweed qui forme la limite entre les deux royaumes. Édouard ne se trouve pas dans le détachement qui est ainsi surpris et ne doit son salut qu’à cette circonstance; toutefois, les Écossais ne se retirèrent pas sans emmener des prisonniers parmi lesquels se trouvent six Brabançons[210]. P.157à159,371.

1355.EXPÉDITION DU PRINCE DE GALLES EN LANGUEDOC[211](§§356à362).

A peine débarqué en Guyenne[212]avec mille hommes d’armes et deux mille archers, le prince de Galles entreprend de faire une chevauchée en Languedoc et convoque à Bordeaux les principaux seigneurs de Gascogne. P.159à161,371,372.

L’armée anglo-gasconne, forte de quinze cents lances, de deux mille archers et de trois mille bidauds, passe à gué la Garonne au Port-Sainte-Marie[213]et marche sur Toulouse. Les habitants decette ville, alors presque aussi grande que Paris, mettent le feu à leurs faubourgs par l’ordre du comte d’Armagnac[214]leur capitaine; ils sont quarante mille hommes sous les armes et font si bonne contenance du haut de leurs remparts que les Anglais n’osent les attaquer et se dirigent vers Carcassonne. Leur première halte est Montgiscard[215]. Cette petite place, située dans un pays où la pierre[216]fait défaut, n’est fermée que de murs de terre. Les Anglais l’emportent d’assaut et, après l’avoir livrée aux flammes, chevauchent vers Avignonet[217], gros village ouvert de quinze cents maisons, où l’on fabrique beaucoup de draperie. Au-dessus de ce village s’élève un château en amphithéâtre où les riches bourgeois ont cherché un refuge. Les Anglo-Gascons s’en emparent, mettent tout au pillage et prennent le chemin de Castelnaudary. P.161à164,372à374.

La ville et le château de Castelnaudary[218], qui ne sont entourés que de murs de terre, sont pris et pillés ainsi que le bourg de Villefranche[219]en Carcassonnois. Ce pays est un des plus riches du monde. Des draps et des matelas garnissent les chambres; les écrins et les coffres sont remplis de joyaux. Les envahisseurs, etsurtout les Gascons, qui sont très-avides, font main basse sur tout. P.164,165,374.

La ville de Carcassonne est située au milieu d’une plaine, sur le bord de la rivière d’Aude; à la main droite, en venant de Toulouse, la cité, dont les remparts sont hérissés de tours, couronne le sommet d’une haute falaise et domine la ville. Les habitants de Carcassonne[220]ont mis en sûreté dans cette cité leurs femmes et leurs enfants, avec ce qu’ils ont de plus précieux; néanmoins, aidés d’un certain nombre de bidauds à lances et à pavais, ils entreprennent de défendre la ville elle-même, dont ils barrent chaque rue au moyen de chaînes. Deux chevaliers du Hainaut, Eustache d’Auberchicourt et Jean de Ghistelles, se distinguent à l’assaut de ces chaînes. La ville est conquise rue par rue, et c’est à peine si quelques-uns de ses défenseurs parviennent à se sauver dans la cité. Les vainqueurs mettent à sac toutes les maisons[221], au nombre de près de sept mille, et à rançon les plus riches bourgeois; ils cherchent ensuite pendant deux nuits et un jour de quel côté ils pourront assaillir la cité, mais elle est imprenable. P.165à167,374,375.

Cette cité, jadis appelée Carsaude et fondée par les Sarrasins, résista sept ans à Charlemagne[222].—Les Anglo-Gascons franchissent l’Aude sur le pont de Carcassonne, passent à Trèbes[223]et àHomps[224]que l’on épargne à la prière du seigneur d’Albret moyennant le payement d’une rançon de douze mille écus, et arrivent à Capestang[225], gros bourg situé près de la mer, dont les salines sont une source de richesses pour ses habitants[226]. Ceux-ci se rançonnent à quarante mille écus, qu’ils s’engagent à payer dans cinq jours; mais après le départ des Anglais, les bourgeois de Capestang reçoivent de Jacques de Bourbon, connétable de France, qui se tient à Montpellier[227], un renfort de cinq cents combattants, que leur amène Arnaud de Cervole, dit l’Archiprêtre; ils fortifient leur bourg et refusent de payer la somme promise. P.167à170,375à377.

Narbonne se compose, comme Carcassonne, d’une cité et d’un bourg. Le bourg, situé sur le bord de l’Aude, est une ville ouverte; la cité, attenante au bourg, est défendue par une enceinte munie de portes et de tours. Aimeri de Narbonne s’est enfermé dans la cité avec une garnison[228]de gens d’armes de sa vicomté et de l’Auvergne; cette cité, qui regorge de richesses, possède une église de Saint-Just[229], dont les canonicats valent par an cinq cents florins. Les Anglais occupent le bourg et le pillent, mais lacité résiste à tous leurs assauts. A la grande joie des habitants de Béziers[230], de Montpellier, de Lunel et de Nîmes, les Anglo-Gascons vident après une semaine de séjour le bourg de Narbonne, non sans y avoir mis le feu, et reprennent le chemin de Carcassonne. Sur leur route, ils pillent Limoux, où l’on fabrique des draps renommés pour leur beauté; en passant par Carcassonne, ils incendient une seconde fois la ville et emportent d’assaut Montréal[231]; puis ils gagnent les montagnes dans la direction de Fougax[232]et de Rodes[233]; enfin, ils repassent la Garonne au Port-Sainte-Marie. L’inaction du comte d’Armagnac dans tout le cours de cette incursion occasionne une émeute à Toulouse; le comteest assiégé dans le château et réduit à se sauver par une fenêtre. Jacques de Bourbon et le comte d’Armagac opèrent la jonction de leurs forces trop tard pour pouvoir couper la retraite aux Anglais. De retour à Bordeaux, le prince de Galles licencie son armée, qui rapporte de cette expédition un butin immense. P.170à174,377à382.

1356.TROUBLES A ARRAS ET EN NORMANDIE A L’OCCASION DE LA GABELLE OU IMPÔT SUR LE SEL; ARRESTATION DU BOL DE NAVARRE A ROUEN, EXÉCUTION DU COMTE DE HARCOURT.—GUERRE ENTRE LE ROI DE FRANCE ET LES FRÈRES DE NAVARRE QUI FONT ALLIANCE AVEC LE ROI D’ANGLETERRE; CHEVAUCHÉE DU DUC DE LANCASTRE ET DES NAVARRAIS EN NORMANDIE.—SIÉGE ET PRISE D’ÉVREUX, DE RHOTES ET DE BRETEUIL PAR LE ROI DE FRANCE[234](§§363à370).

L’impôt de la gabelle[235]excite à Arras une révolte des petites gens qui tuent quatorze[236]des plus riches bourgeois; le roi de France fait pendre les meneurs.—En Normandie, le roi deNavarre, comte d’Évreux, le comte de Harcourt, Godefroi de Harcourt, Jean de Graville et plusieurs autres seigneurs s’opposent aussi à la levée de la gabelle sur leurs terres. Le roi Jean, furieux de cette résistance, saisit la première occasion de s’en venger. Un jour que le roi de Navarre et le comte de Harcourt dînent au château de Rouen à la table de Charles, duc de Normandie, fils aîné du roi de France, celui-ci survient à l’improviste[237]pendant le repas; le roi de Navarre est arrêté séance tenante malgré les supplications du jeune duc dont il est l’hôte; le comte de Harcourt, Jean de Graville[238], Maubue[239]de Mainemares et Colinet Doublel[240]ont la tête tranchée. P.174à180,382à386.

A la nouvelle des événements de Rouen, Philippe et Louis de Navarre, frères du roi Charles, Godefroi de Harcourt, oncle et[Jean] de Harcourt, fils aîné du feu comte de Harcourt, l’héritier de Jean de Graville, Pierre de Sacquenville et bien vingt chevaliers défient le roi de France. Le roi de Navarre, détenu d’abord au château du Louvre, est bientôt transféré dans la forteresse de Crèvecœur en Cambrésis. P.180à183,386,387.

Louis de Harcourt, l’un des familiers du duc de Normandie, frère du comte de Harcourt exécuté à Rouen, refuse, en dépit des instances et des menaces de son oncle Godefroi, de prendre parti contre le roi de France[241]. Philippe de Navarre[242]et Godefroi de Harcourt, laissant leurs forteresses de Normandie sous la garde de Louis de Navarre et du Bascle de Mareuil, vont à Londres pendant la session du Parlement solliciter l’appui du roi d’Angleterre. Édouard s’engage à les soutenir et, non content de leur fournir cent hommes d’armes et deux cents archers, sous le commandement des seigneurs de Ross et de Nevill, il donne l’ordre au duc de Lancastre qui guerroie en Bretagne de seconder les frères de Navarre avec toutes les forces dont il dispose. P.183à186,387,388.

Le duc de Lancastre, qui a sous ses ordres le fameux Robert Knolles, vient de Pontorson à Évreux rejoindre Philippe deNavarre et Godefroi de Harcourt, aussitôt après leur retour d’Angleterre. L’armée anglo-navarraise s’élève à douze cents lances, seize cents archers et deux mille brigands[243]à lances et à pavais; elle occupe, pille et brûle successivement Acquigny, Pacy, Vernon, Verneuil[244]et les faubourgs de Rouen. A cette nouvelle, le roi de France, accompagné de ses deux maréchaux Jean de Clermont et Arnoul d’Audrehem, vient à Pontoise, à Mantes, à Rouen; il rassemble une armée de dix mille hommes d’armes, ce qui fait trente ou quarante mille combattants, et marche contre les Anglo-Navarrais. Ceux-ci, qui se sentent inférieurs en nombre, se retirent précipitamment dans la direction de Pontorson et de Cherbourg. Les Français les poursuivent et parviennent à les joindre à peu de distance de Laigle[245]; le duc de Lancastre n’évite la bataille qu’à la faveur d’un habile stratagème. L’armée anglo-navarraise se disperse: Jean Carbonnel s’enferme à Évreux avecGuillaume Bonnemare et Jean de Ségur, Foudrigais à Conches, Sanson Lopin à Breteuil en compagnie de Radigot et de Frank Hennequin, tandis que le duc de Lancastre et les Anglais regagnent la forte marche de Cherbourg. P.186à191,388à390.

Évreux se compose d’un bourg, d’une cité et d’un château, et il y a des fortifications particulières pour chacune de ces trois parties de la ville. Le roi Jean[246]assiége cette place et réduit successivement le bourg et la cité à se rendre; le château lui-même, confié à la garde de Guillaume de Gauville et de Jean Carbonnel, capitule au bout de quelques semaines: la garnison a la vie sauve et peut se retirer à Breteuil. Pendant ce temps, Robert Knolles essaye de s’emparer du château de Domfront. P.191à193,390à392.

Après la prise d’Évreux et du château de Rothes[247], le roi de France, dont l’armée est forte de soixante mille chevaux, met lesiége devant Breteuil, un des plus forts châteaux assis en plaine qu’il y ait en Normandie; ce fut le plus beau siége qu’on eût vu depuis celui d’Aiguillon.—A ce moment, le comte de Douglas d’Écosse et Henri de Castille, bâtard d’Espagne et comte de Transtamare, viennent offrir leurs services au roi Jean, qui les accueille courtoisement et assigne à Douglas cinq cents livres de revenu annuel.—Les assiégeants font construire un chat ou atournement d’assaut, monté sur quatre roues, crénelé et cuirassé, composé de trois étages, dont chacun peut contenir deux cents combattants. On comble pendant un mois, avec des fascines, les fossés du château de Breteuil, à l’endroit où l’on veut donner l’assaut, et l’on parvient ainsi à amener, au moyen des roues, cette énorme machine contre les remparts; mais les assiégés ont eu soin de se pourvoir de canons qui vomissent du feu grégeois[248]: cefeu embrase le toit de la machine, et les gens d’armes qui la montent sont obligés de se sauver. Les assiégeants entreprennent alors de combler, dans toute leur étendue, les fossés qui entourent les remparts, et ils emploient à ce travail quinze cents terrassiers. P.193à196,392,393.

Pendant que le roi de France assiége ainsi Breteuil, le prince de Galles, informé de l’alliance conclue entre son père et les Navarrais, veut faire une diversion en faveur de ses nouveaux alliés; c’est pourquoi, il part de Bordeaux aux approches de la Saint-Jean à la tête d’une armée de deux mille hommes d’armes et de six mille archers et il se dirige vers la Loire à travers l’Agenais, le Limousin et le Berry.—A la nouvelle de cette incursion, le roi Jean presse le siége de Breteuil avec plus de vigueur encore qu’auparavant[249]. Les assiégés font prisonnier Robert de Montigny, chevalier de l’Ostrevant, qui s’est aventuré trop près du rempart, et tuent Jacquemart de Wingles son écuyer. Sept jours après cet incident, le capitaine de Breteuil nommé Sanson Lopin, écuyer navarrais, qui résiste depuis sept semaines[250]aux efforts d’une armée tout entière, se voitcontraint de rendre la forteresse moyennant que la garnison aura la vie sauve et pourra se retirer au château de Cherbourg. Le roi Jean rentre à Paris et fait ses préparatifs pour marcher à la rencontre du prince de Galles. P.196à198,393à398.

CHRONIQUESDE J. FROISSART.


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