Chapter 19

P.169, l. 12: Biaukaire.—Ms. B 3: Belkaire.

P.169, l. 17: le sel.—Ms. B 6: de quoy tout le pais de environ vit. Fº 509.

P.169, l. 25: quarante mil escus.—Ms. B 6: vingt cinq mille moutons. Fº 509.

P.169, l. 26: pourveance.—Ms. B 3: terme. Fº 176 vº.—Ms. B 4: pourveanche. Fº 163.

P.169, l. 32: assalli.—Ms. B 6: Sy passa oultre (le prince de Galles), et alèrent ses coureulx jusques à Besiers et jusques à Saint Thiberi, et point ne passèrent la rivière de delà, et prist son chemin devers Nerbonne. Adonc estoit le connestable de Franche, messire Jaques de Bourbon, venu à Monpellier à grant foison de gens d’armes, et encores l’en venoit il tout les jours. Et atendoit le conte de Erminach, le conte de Commignes, le conte de Pieregort, le conte de Laille, le visconte de Quarmain et grant foison de bons chevaliers de Gascongne, de Roherge, d’Agens et de Toulouse qui estoient mis as camps. Sy entendy le dit congnestable, entreus qu’il estoit à Monpellier, que ly bourgois de Kabestain s’estoient racheté devers le prinche, mais ilz n’avoient point encore paiiés les deniers. Sy s’aresta le dit connestable sur che et dist à l’Archeprestre: «Prendés jusques à cinq cens combatans et en alés à Kabestain, et aydiés à conforter la ville. Et se ly Englès y reviennent, sy le tenez contre yaulx, et je vous conforteray, comment qu’il soit.»

Adonc se party ly Archeprestre, et grant foison de bons chevaliers et escuiers avecques luy, du pais d’Auvergne et de Limosin, et se vinrent mettre en la ville de Kabestain. Et fist tantost les hommes de la ville entendre à yaulx fortefier et faire grans fossés et parfons. Et y ouverèrent nuit et jour plus de quatre mille hommes comme à fossés et as portes et as garites, et moult le renforchèrent. De tout che ne savoit riens le prinche qui se tenoit au bourcq de Nerbonne, et faisoit la chité de Nerbonne moult fort assallir, et sejournoit là en atendant son paiement, mais il estoit mal aparliés. Fos509 et 510.

P.170, l. 2: au bourch.—Ms. B 3: aux faulx bourgs. Fº 176 vº.

§361. P.170, l. 3: A Nerbonne.—Ms. d’Amiens: Or vintli prinches de Galles à tout son effort devant Nerbonne, [où] il y a ville et cité. Adonc estoit la ville, qui sciet sus le rivière d’Aude, foiblement fremmée. Si furent tantost li Englèz dedens, et moult petit dura contre yaux. Les bonnes gens de le ville avoient retrait le plus grant partie dou leur en le cité, femmes et enfans. Et là estoit li viscontez de Nerbonne et fuison dechevalierset d’escuiers que il y avoit assambléz pour aidier à garder et deffendre le chité.

Sachiés que li Englès ne reposèrent gaires ou bourcq de Nerbonne, quant il y furent venu; mès se traissent tantost à l’assault à la dite cité de grant vollenté. Et sejourna li prinches et touttes ses gens ou dit bourcq cinq jours, mès tous les jours il y eult cinq ou six assaux à le chité. Si le deffendirent li gentilz hommez qui là estoient, si vaillamment que riens n’y perdirent; autrement elle ewist estet concquise. Là en dedens aportèrent chil de Kabestain leur raençon, et paiièrent as gens dou prinche et eurent leurs hostaiges.

Quant li prinches et ses gens virent que point il ne conquerroient la chité de Nerbonne, où il tendoient à venir et au concquerre, si eurent consseil de partir et se deslogièrent. Au deslogement du prinche, li bours de Nerbonne fu tous ars. Si chevauchièrent le chemin de Lymous, qui est une bonne ville et grosse, en le marce nerbonnoise; si le prissent et fustèrent et y conquissent grant avoir, et puis Villefrance et Montroial et pluisseurs autres grosses villez en celi pays. Et avoient tant d’avoir que li varlès ne faisoient compte de draps ne de pennes, fors d’or et d’argent et de vaissiel d’argent. Fº 101.

P.170, l. 3: Nerbonne a.—Ms. B 3: par lors avoit. Fº 176 vº.

P.170, l. 7: Cippre.—Ms. B 4: Napple. Fº 163 vº.

P.170, l. 11: Nerbonne.—Ms. B 6: et messire Engascons ses frères et ung de leurs oncles bon chevalier. Fº 511.

P.170, l. 16: canonneries.—Ms. B 3: chanoynies. Fº 177.Ms. B 5: chanoinenies. Fº 368 vº.

P.170, l. 19: florins.—Ms. B 5: livres. Fº 368 vº.

P.170, l. 21: cras.—Ms. B 3: fertilz. Fº 177.

P.170, l. 30: trois mil.—Ms. B 3: quatre mil.

P.171, l. 7: jours.—Ms. B 6: Quant che vint au sixième jour, le prinche demanda à son consail se on n’avoit oyt nulles nouvelles de chaus de Cabestain; on ly respondy que nannil. Deche fut le prinche tous esmervilliés. Adonc fist il partir Fauchon le hirault, et luy dist qu’il chevauchast jusques à là et demandast à chiaus de Cabestain pour quoy il avoient fally de couvenenches et qu’il marchandoient de eulx faire tous ochire et exillier. Le hirault se party et chevaucha tant qu’il vint à Cabestain. Sy trouva comment chil de la ville estoient fortifié de grans fossés et parfons et de bons pallis. Sy fist son messaige à cheaus qu’il trouva à le barière. Il luy respondirent tout promptement que au prinche n’avoit que faire de sejourner pour che ens ou pays, car d’argent n’aroit il point. Che fut toute le response qu’il firent et qu’il raporta arière à son maistre.

Quant le prinche entendy che, sy fut moult courouchiés et fist moult tost partir ses marescaus à tout cinq cens hommes d’armes et trois mille archiés, et leur dist qu’il mesissent Cabestain en fu et en flame et sans deport, et toutes les gens à l’espée sans merchy. Et tant chevauchèrent les gens du prinche qu’il vinrent devant Cabestain. Sy le trouvèrent trop renforcie et bien garnie de bonnes gens d’armes et d’artillerie qui commenchèrent fort à traire contre les Englès. Quant il les virent aprochier et abrochier leurs chevaulx, adonc se retirèrent ung poy arrière les deux marisaus englès qui là estoient et le sires de Labreth, et firent retraire leur gens. Sy avisèrent et ymaginèrent le forche de chiaus de Cabestain et le foison de gens d’armes qui dedens estoient. Sy dirent bien entre aulx, tout consideret, que à l’asallir on pouroit plus perdre que gaignier. Il s’en partirent et s’en retournèrent à Nerbonne devers le prinche et ly recordèrent tout che que il avoient veu et trouvé. Et adonc se tint le prinche pour decheus de chiaulx de Cabestain et demanda consail à ses chevaliers quel chose il en feroit, sy il chevaucheroit plus avant ou pais et se il lairoient Nerbonne, car à assallir le chité ne poroit gaire conquerre, car trop estoit forte et bien gardée.

Sy fut dit et conseilliet pour le milleur et plus honourable, à l’avis des plus saiges, que il se retrairoient tout bellement et saigement, car pour celle saison il avoient assés avant chevauchiet ens ou pais, et sy estoient chergiet durement de grant avoir qu’il avoient conquis, tant que cars et sommiers en estoient chergiet, et ossy de bons prisonniers dont il en orent grant rainchon. Sy faisoit bon tout che mettre en garde et à sauveté. D’aultre part, il avoient entendu que le connestable de Franche, le conte de Forès, le conte d’Erminac et tous les barons et chevaliers du paiss’asambloient. Sy pourroient bien tant demorer que [à] leur retour le chemin leur seroit estroit, et que chil seigneur de Franche dessus nommés leur tauroient leur passaige de le Geronde par où il leur couvenoit passer: sy quez, tout pourpeset et consideret, le prinche regarda que on le consilloit loyaument. Sy fist ung jour crier et assavoir en son ost que tout fut tourset et chergiet, car au matin il volloit partir.

Celle nuit entendirent toutes manières de gens à yaulx ordonner et apparelier selonc le cry du prinche, et se deslogèrent au matin: dont chilz de Nerbonne furent moult joieulx, car il avoient esté six jours en grant esmay. Sy chevauchèrent les Englès devers une bonne ville, que on clame Limous, où on fait les pines, ung aultre chemin qu’il n’estoient point venus devers Toulouse. Quant il parfurent venu devers Toulouse et qu’il furent jusques à là, sy trouvèrent la dite ville de Limous bien garnie et bien pourveue selonc l’usaige du pais. Pour che ne demora mie que il ne l’assallisent fierement. Et chil qui dedens estoient se deffendirent che qu’il porent selon leur povoir, et se tinrent du matin jusques à heures de viespres; mais finablement elle fut prise et toute robée et gastée sans deport. Et y gaignèrent ly Englès et ly Gascons moult grant avoir et pluiseurs bons prisonniers.

Che mesme jour vinrent ly conte d’Erminac, le conte de Pieregoth, le conte de Laille, le conte de Comminges, le viés conte de Quarmaing, le conte de Villemur, le viés conte de Thalar, le viés conte de Murudon, le sire de Labarde et pluiseurs aultres grans seigneurs de Gascongne, en l’ost de monseigneur Jaques de Bourbon, connestable de Franche, qui estoit venus à Besiers à tout son grant ost. Quant tout ces contes furent asamblé, il furent grant gens yauls bien trente mille, c’uns que aultres, et eurent consail qu’il yroient au devant des Englès et les encloroient entre le Geronde et les montagnes de Roherge. Sy se mirent tous à camps à grant esploit et vinrent l’endemain à Cabestain. Fº 511 à 515.

P.171, l. 7: redemption.—Ms. B 3: rençon. Fº 177.

P.171, l. 9: à non ardoir.—Ms. B 3: pour paour d’estre ars.

P.171, l. 31: Bediers.—Ms. B 4: Besieres. Fº 163 vº.

P.172, l. 5: pont.—Ms. B 3: port.

P.172, l. 6: fait.—Le ms. B 4 ajoute: on.

P.172, l. 6: pines.—Ms. B 3: pignes.—Ms. B 4: pures. Fº 163 vº.

P.172, l. 21: Jakemon.—Ms. B 3: Jacques.

P.172, l. 28: Charcassonne.—Ms. B 3: Cabansonne.—Ms. B 5: Terrascon. Fº 369.

§362. P.173, l. 5: Quant li princes.—Ms. d’Amiens: Si se retraist adonc li prinches à tout son concquès en Bourdelois, sans avoir nul rencontre. Ne oncques li connestablez de France ne li comtez d’Ermignach ne li empechièrent son voiaige; mès, se il fuissent un peu plus demoré, sans faulte il l’ewissent combatu, car il avoient et eurent sus les camps à une journée plus de trente mil armures de fier. Mès li prinches et ses gens se retraissent si à point que oncquez il ne virent l’un l’autre. Enssi se deffist et desrompi celle grosse chevauchie. Et parlerons des aucunez avenues qui avinrent en celle saison ou royaumme de Franche, qui durement le grevèrent et afoiblirent. Fº 101.

P.173, l. 5: Quant.—Ms. B 6: Et ly Englès se partirent de le ville de Limous che meismes jour et s’en vinrent à Montaral, où il avoit assés bonne ville et forte; mais pour che que elle seoit en leur chemin, il ne le volloient pas espargnier. Sy l’asallirent et prirent par forche et le pillèrent toute, et s’y logèrent le jour et le nuit. Et là seurent il, par les prisonniers qu’il prirent, que le connestable de Franche et le conte d’Erminac et tout grant puissanche les sievoient à grant puisanche, et estoient plus de trente mille hommes à cheval, sans les bidaus qui estoient à piet à tout gravelos et pavais.

Adonc se consillèrent les Englès et Gascons quel chose il feroient, se il les atenderoient ou se il retourneroient arière en leur pais. Sy trouvèrent en leur consail, tout consideré et ymaginet, que il se retourneroient au plus tost que il pouroient et metteroient leur avoir conquis et leurs prisonniers à sauveté au plus hastivement qu’il pouroient, et n’entenderoient à nule ville à asallir.Sise partirent de Montaral et prirent le chemin des montaignes et s’en vinrent vers Fougans. Et les Franchois passèrent le rivière d’Aude à Carquasonne et s’en vinrent après yaulx à grant esploit; mais oncques ne se peurent tant esploitier que les Englès ne furent deus journées devant yaulx. Et passèrent le PontSainteMarie desoubz Toulouse la rivière de Geronde, et s’en revinrent en leur pais tous sauvement en Bourdelois, et y amenèrent leur grant avoir.

Quant le connestable de Franche, le conte de Forès, le conte d’Erminac et les aultres seigneurs de Franche et Gascons virentque les Englès en estoient allet et repasset la rivière de Geronde, et que poursievir ne leur valloit riens, il se retrairent tout bellement. Et donna le connestable toute[s] les gens d’armes congiet, car il veoit bien que pour celle saison il n’en avoit plus à faire et ordonna que chascun signeur ralast en son lieu. Et il meismes s’en revint en Franche, et le conte d’Erminac à Toulouse: ensy se departy celle grose armée.

Or avint ung pau après que, quant ces choses furent ung pau apaisies et les seigneurs revenut en leur maisons, le conte d’Erminac, qui se tenoit à Toulouse, estoit moult fort en hayne de chiaus de Toulouse, pour tant que ly Englès avoient passé et rapassé le Geronde sans estre combatus. Et tant se mouteplia cheste murmure que ung jour tout ly chitoiiens de la ville s’armèrent et assamblèrent et s’en vinrent, tout d’un acord, au castiel de Toulouse, pour le prendre à forche, et le conte d’Erminac qui dedens se tenoit, et y livrèrent moult grant assault. Le conte d’Erminac, qui dedens estoit à privée maignie, entendy comment les hommes de le ville estoient là venu pour luy prendre à forche et ochire. Sy fut moult esbahis et se fist hors mettre en une corbaille par une des fenestre[s] sur les camps ens ès fosés, et ung seul sien escuier avecq luy, et se sauva par celle manière. Tant asallirent chil de la chité le castiel qu’il l’enforchièrent et entrèrent dedens. Et prirent les gens du conte d’Erminac et en ochirent douze, desquelz il volrent. Entre lesquels il y eult quatre bons chevaliers du consail et du pais au dessus dit conte, qui adonc n’en peult avoir aultre chose. Mais le dit conte depuis deffia chiaus de Toulouse et les greva tellement qu’il furent tous joieulx que il luy porrent amender che meffait à se vollenté plainement. Fos515 à 518.

P.173, l. 7: estoit.—Ms. B 3: est. Fº 177 vº.

P.173, l. 11: sus le fiance.—Ms. B 3: pour la seurté.

P.173, l. 11: eut.—Ms. B 3: avoit.

P.173, l. 16: Fougans.—Ms. B 3: Fouganx.—Ms. B 4: Fougians. Fº 164.—Ms. B 5: Fondans. Fº 369.

P.173, l. 17: Rodais.—Ms. B 3: Rodès.

P.174, l. 1: adonc.—Ms. B 3: alors.

P.174, l. 2: toutdis dou pieur.—Ms. B 3: tousjours du pire.

P.174, l. 6: les.—Ms. B 3: leurs.

P.174, l. 8: menroit.—Le ms. B 3 ajoute: par.

§363. P.174, l. 15: Nous nos.—Ms. d’Amiens: Vous avésbien chy dessus oy recorder comment li roys de France hayoit en coer le jone roy de Navare, quel samblant qu’il li moustrast, pour le cause de son connestable. Si avint, assés tost apriès que ceste cevauchie fu faite dou prinche de Gallez en le Langhe d’ock, que li roys de France fu trop mallement dur enfourmés contre lui. Et seurent adonc moult peu de gens dont chilx nouviaux mautalens venoit, mès il fu trop grans et trop mervilleux, et moult cousta puisedi au royaumme de Franche.

Ung jour, en quaresme, environ Pasquez, estoit Carlez, dus de Normendie, ainnés filz dou roy Jehan, ens ou castiel de Roem, et là donnoit à disner le dit roy de Navare, son serourge, le comte de Harcourt, le signeur de Graville et pluisseurs autres. Et y devoit y estre messires Phelippes de Navarre et ossi messires Godeffroit de Harcourt, mès point n’y furent.

Ensi que on seoit à table, li roys Jehans entra en la salle, lui trentime de gens tous arméz et messires Ernoulx d’Audrehen devant lui, qui traist son espée et dist enssi si hault que tout l’oïrent: «Nulz ne se mueve pour cose qu’il voie, ou je le pourfenderai de ceste espée.» Li signeur qui là estoient, quant il virent le roy de Franche venu si aïré, furent moult esbahi.

Adonc se traist li roys de Franche deviers le roy de Navarre, et s’avancha parmi la table et le prist par le kevech de sa cote, et li dist: «Sus, mauvais traistres, tu n’es pas dignes de seoir à la table de mon fil.» Et le tira si roit à lui qu’il li pourfendi jusques en le poitrinne. Là fu pris de sergans d’armez et de machiers li dis roys de Navarre, et boutéz en une cambre en prisson et li comtez de Harcourt d’autre part, et messires Jehans de Graville, et messires Maubués et Collinés de Bleville qui trençoit devant le dit roy de Navarre.

Tantost apriès disner, li roys de Franche fist decoller soudainnement le comte de Harcourt, le signeur de Graville, monsigneur Maubué et ce Colinet, sans entendre à homme, ne à sen fil le duc de Normendie, qui moult en prioit, ne à autrui; et fist de nuit amener moult villainnement le jouene roy de Navarre à Paris et bouter en Castelet, et avoecq lui ung chevalier que on appelloit messire Fricket de Frikans. Fº 101.

P.174, l. 15: soufferons.—Ms. B 3: tairons. Fº 177 vº.

P.174, l. 16: d’aucunes incidenses.—Ms. B 3: d’aucuns incidens.

P.174, l. 23: et par.—Ms. B 3: de. Fº 178.

P.174, l. 29: reprise.—Ms. B 3: prinse.

P.174, l. 30: levèrent.—Mss. B 3, 4: levoient.

P.175, l. 2: se revelèrent.—Ms. B 4: se rebellèrent. Fº 164 vº.—Ms. B 3: se rebella.

P.175, l. 4: à heure.—Ms. B 3: depuis l’eure. Fº 178.

P.175, l. 8: Jakemon.—Ms. B 3: Jaques.

P.175, l. 9: li motion.—Ms. B 3: la commotion.

P.175, l. 14: tel cose.—Ms. B 3: telz succides.

P.175, l. 15: en Harcourt.—Ms. B 3: à Arecourt.

P.175, l. 16: Roem.—Ms. B 3: Rouen.

P.175, l. 26: otretant.—Ms. B 3: autant.—Ms. B 4: autretant. Fº 164 vº.

P.176, l. 2: soudains.—Ms. B 3: boullant.

P.176, l. 6: retint.—Ms. B 3: extima.

P.176, l. 7: voloit.—Le ms. B 3 ajoute: avoir.

P.176, l. 8: fors.—Les mss. B 3, 4 ajoutent: que.

P.176, l. 11: sus.—Ms. B 3: contre.

P.176, l. 17: voirs.—Ms. B 3: vray.

P.176, l. 19: estration.—Ms. B 3: lignée.

P.176, l. 21: veurent.—Ms. B 3: vousirent.

P.176, l. 23 et 24: legiers à enfourmer et durs à oster.—Ms. B 3: de legière creance et fort à oster....

P.176, l. 26: fuissent.—Ms. B 3: seroient.

P.176, l. 30: ens ou.—Ms. B 3: dedens le.

P.177, l. 2: l’amour et le vicinage.—Ms. B 3: pour l’amour du voisinage. Fº 178 vº.

P.177, l. 4: Roem.—Ms. B 6: Ung jour de quaresme, environ Pasque florie, l’an mil trois cens cinquante cinq, Charles, aisnés filz du roy de Franche, duc de Normendie, estoit en son castel à Roem et donnoit à disner le roy Charlon de Navare, le conte de Harcourt, le signeur de Graville, et pluiseurs barons et chevaliers de Normendie. Fº 519.

P.177, l. 5 et 6: ne li vorrent mies escondire.—Ms. B 3: ne le voulurent pas escondire. Fº 178 vº.

P.177, l. 6: li.—Ms. B 3: le lui.

P.177, l. 15: se departi.—Ms. B 6 ajoute: secretement de Paris environ à cent hommes d’armes. Fº 519.

P.177, l. 16: à privée mesnie.—Ms. B 3: à peu de gens ses privez.

P.177, l. 18: Roem.—Ms. B 6: armés d’un jaque de noirvelours, ly vingtième, et monta les degrés de le salle là où le disner se fasoit. Sy tos que le roy de Navare le vit entrer dedens, il dist: «Sire, sire, venés boire.» Et osy firent tous ly aultres. Et se levèrent tout contre sa venue, che fu bien raison: amours ne chière nient ment. «Signeurs, ne vous mouvés, et ne soit nulz qui se mueve sur le hart!» Tantost messires Ernouls d’Andrehem saça son espée hors du fourel et dist: «Or y parra qui se mouvra.» Et tantost après che mot, le roy Jehan se lancha au roy de Navare et le prist par le quevèche et le tira parmi le table moult vilainnement et luy dist: «Certes, mauvais traites, or vous couvient morir.»

Le duc de Normendie, son aisné filz, dist: «Ha! chier sires, que es che chou que vous vollés faire! Jà savés vous qu’il est en ma compaignie et en mon ostel.»

Le roy Jehan li commanda qu’il se souffresist, et fist mener moult rudement le roy de Navare en une cambre. Et fist prendre le conte de Harcourt et monseigneur Jehan de Graville et monseigneur Maubué et Colinet de Bleville, ung escuier qui trenchoit devant le roy de Navare et les fist tout quatre decoller. Et prist encore ung moult vaillant chevalier qui estoit au roy de Navare, que on apelloit monseigneur Frichet de Fricamps, mais cestui ne fist il point morir. Et les fist amener en Chastelet à Paris. De ceste prise et de ceste justiche fu le roialme de Franche de rechief encore moult esmervilliés et moult tourblés, car nul ne savoit à dire à quelle cause ne raison le roy l’avoit fait. Fos520 et 521.

P.177, l. 28: vosissent.—Ms. B 3: eussent volu. Fº 178 vº.

P.178, l. 1: contre.—Ms. B 3: envers.

P.178, l. 3: table.—Ms. B 3: bataille.

P.178, l. 5: kevèce.—Ms. B 3: chevesse.—Ms. B 4: koueto. Fº 165.—Ms. B 5: keute. Fº 370.

P.178, l. 5: roit.—Ms. B 3: rudement.

P.178, l. 22: dur.—Ms. B 3: malement.

P.178, l. 22: sur.—Ms. B 3: contre.

P.178, l. 26 et 27: m’en voelle amettre.—Ms. B 3: le me vueille mettre sus.

P.179, l. 4 et 5: Friches de Frichans.—Ms. B 5: Friquet de Friquant. Fº 370.

P.179, l. 16: trahiteur.—Ms. B 3: traittres. Fº 179.

P.179, l. 17: descouveront temprement.—Ms. B 3: descouvrent à present.

P.179, l. 23: estrine.—Ms. B 3: estraine.

P.179, l. 25: vº.—Ms. B 3: voz.

P.179, l. 26: escusance.—Ms. B 3: escusation.

P.179, l. 27 et 28: enflamés.—Ms. B 3: enflambé.

P.179, l. 29: contraire.—Ms. B 3: contrarieté.

P.180, l. 12: à grasce.—Ms. B 3: en grant amour.

P.180, l. 13: le roy des ribaus.—Ms. B3: le bourreau.

P.180, l. 20: cesti.—Ms. B 3: à cellui là.

P.180, l. 22: baselaire.—Ms. B 3: badelaire.

§364. P.180, l. 29: Ces nouvelles.—Ms. d’Amiens: Encorres estoit li roys de France à Roem quant ces nouvelles vinrent à monsigneur Phelippe de Navarre et à monsigneur Godefroy de Harcourt, qui furent mout courouchiés de ceste avenue, et envoiièrent tantost deffiier le roy de Franche. Et li manda li dis messires Phelippes de Navarre ensi que il se gardast bien que il ne fesist morir son frère, et que jammais n’aroit paix à lui, et que point ne penssast à avoir les villez et castiaux de Normendie que il tenoit, ensi que il avoit euv la terre au comte de Ghinnez que il avoit fait morir sans raison, car nulz n’en aroit. Fº 101 vº.

P.180, l. 30 et 31: Godefroi de Harcourt.—Le ms. B 5 ajoute: oncle du dit conte de Harcourt. Fº 370.

P.181, l. 12: amettre de.—Mss. B 3, 5: mettre à. Fº 179 vº.

P.181, l. 13 et 14: aucunement.—Mss. B 3, 4, 5: villainement.

P.181, l. 16: sons.—Mss. B 3, 4: sommes. Fº 179 vº.

P.181, l. 20: ne au nostre.—Ms. B 5: ne autre. Fº 370 vº.

P.181, l. 30: cinq.—Ms. B 3: six.

§365. P.182, l. 1: pensieus.—Ms. B 3: pensif. Fº 179 vº.

P.182, l. 5 et 6: brisièrent son aïr.—Ms. B 3: refrenèrent son yre.

P.182, l. 6: se.—Ms. B 3: son.

P.182, l. 7 et 8: retorroit.—Ms. B 3: retiendroit.—Ms. B 4: roteroit. Fº 166.

P.182, l. 8: la.—Ms. B 3: sa.

P.182, l. 13: l’oir.—Ms. B 3: l’eritier.

P.182, l. 14: Sakenville.—Ms. B 3: Saqueville.—Ms. B 4: Sakeville, fº 166.—Ms. B 5: Staukeville. Fº 370 vº.

P.182, l. 16: passa.—Ms. B 3: portoit. Fº 179 vº.—Ms. B 4: porta. Fº 166.

P.182, l. 25: malaises.—Ms. B 3: meschief.

P.183, l. 5: et sur lui.... gardes.—Ms. B 3: et mis en bonnes et seures gardes.

P.183, l. 9: entroublier.—Ms. B 3: mettre en obly.

§366. P.183, l. 11: Tantost.—Ms. d’Amiens: Tantost apriès ces deffaultez, messires Phelippe de Navarre et messires Ghodeffroix de Harcourt fissent grant guerre et forte en Normendie, et saisirent tous les castiaux que li roys de Navarre y tenoit, et y missent gens de par yaux; et puis passèrent le mer et vinrent en Engleterre compter leur fait au roy d’Engleterre, et fissent grans allianchez à lui, et li rois à yaux. Et fu adonc ordonnés li dus de Lancastres que il passeroit le mer à une quantité de gens d’armes et d’archiers et venroit ariver en Constentin; et se metteroient enssamble li Englès et li Navarrois, et feroient guerre aspre et dure au royaumme de France, en contrevengant lez despis que on avoit fais au dit roy de Navare et au comte de Harcourt. Si retournèrent li dit seigneur de Normendie à Saint Sauveur le Viscomte, et fissent encore en Normendie pluisseurs alianches as autres seigneurs de leur linaige. Fº 101 vº.

P.183, l. 13: pourveirent.—Ms. B 3: pourveurent. Fº 179 vº.

P.183, l. 15: sus entente.—Ms. B 3: en entencion.

P.183, l. 17: Harcourt.—Ms. B 6: biel chevalier, lequel estoit adonc chevalier et compains au duc de Normendie et ly uns des plus privés qu’il euist. Fº 521.

P.183, l. 19: dalés.—Ms. B 3: avec. Fº 180.

P.183, l. 20: encoupés.—Ms. B 3: encoulpez.

P.183, l. 26 et 27: leur.... blasmes.—Ms. B 3: leur venoit à grant deshonneur.

P.183, l. 29: lui traire.—Ms. B 3: se tirer. Fº 180.—Ms. B 4: lui retraire. Fº 166 vº.

P.184, l. 4: sus.—Ms. B 3: contre. Fº 180.

P.184, l. 7 et 8: denrée.—Ms. B 6: et prist les enfans du dit conte de Harcourt; trois jone filz demoret en estoient. Fº 522.

P.185, l. 1: li uns.—Ms. B 3: les uns. Fº 180.

P.185, l. 2: li aultres.—Ms. B 3: les autres.

P.185, l. 13 et 14: ce present.—Ms. B 3: cest offre.

P.185, l. 29: tiroient.—Ms. B 3: traictoient. Fº 180 vº.

P.186, l. 3: conjoissemens.—Ms. B 3: conjonctions. Fº 180 vº.

P.186, l. 5: conseil.—Ms. B 6: Et fu adonc ordonné et acordé que le duc de Lencastre passerait la mer à cinq cens hommes d’armes et quinze cens archiés et s’en yroit en Normendie avecq les dessus diz seigneurs pour faire guerre au roy de Franche. A ches parolles entendy et fist faire ung mandement et delivra au duc de Lenclastre son cousin cinq cens hommes d’armes et quinze cens archiés. Et là estoient avecques luy d’Engleterre le conte de la Marche, le conte de Pennebourc, messire Jehan le visconte de Biaumont, messire Gautiet de Mauny, le sire de Moubray, le sire de Ros, le sire de Fil Watier, messire Jehan Boursier, messire Jehan de Vanthone et pluiseurs aultres chevaliers et escuiers. Sy montèrent en mer et vinrent ariver en Normandie en Coustantin sur le pooir de messire Godefroy de Harcourt. Sy commenchèrent bien avant en Normendie, et ardoient villes et maisons, et firent moult forte guerre envers l’Assension l’an mil trois cens cinquante six. Fº 523.

§367. P.186, l. 11: Depuis.—Ms. d’Amiens: Entroes se pourvei li dus de Lancastre de gens d’armes et d’archiers, et avoit en se route quatre cens hommez d’armes et huit cens archiers. Là estoient avoecq lui d’Engleterre li comtez de le Marche, li comtes de Pennebruc, messires Jehans, viscomtez de Biaumont, messires Baucestre, messires Jehan de Lantonne et pluisseur aultre. Si montèrent en mer à ung port d’Engleterre que on dist Wincesée, et arivèrent en Normendie et droit à Chierebourc.

Là estoient messires Phelippes de Navarre, messires Godefroix de Harcourt et bien mil hommez d’armes. Si se conjoïrent cil seigneur grandement quant il se trouvèrent, et rafresquirent là quatre jours. Entroes il se appareillièrent et envoiièrent leurs coureurs devant; si coummenchièrent à faire une forte guerre, et vinrent ces gens d’armes faire frontière à Ewruez.

Quant li roys Jehans de France eut entendu que li dus de Lancastre estoit arivés en Normendie, et là venu sus le conduit à monseigneur Phelippe de Navarre et à monseigneur Godeffroide Harcourt, et avoient jà leurs gens chevauchiet et ars et destruit dou pays de Normendie environ Kem et en l’evesquié d’Ewrues, si y vot pourveir de remède, et fist tantost et sans delay ung très especial et grant mandement à estre à Biauvais et à Poissi sus Sainne, et que nuls ne s’escusast sus se honneur et à perdre corps et avoir; car il volloit cevaucier sus les Englèz et les Navarois qu’il tenoit pour ennemis, et yaux combattre.

Au mandement dou roy obeirent tout chevalier et escuier, ce fil bien raisons; et montèrent amont viers Biauvais, où li mandement se faisoient, d’Artois, de Vermendois, de Cambresis, de Flandrez, de Haynnau et de Pikardie. D’autre part, il revenoient de Campagne, de Barrois, de Lorainne, de Braibant et de Bourgoingne.

Meysmement li roys se parti de Paris cointousement avoecq ses marescaux, monsigneur Ernoul d’Andrehen et monsigneur Bouchicau, et s’en vint à Mantez sus Sainne pour mieux moustrer que la besoingne li touchoit. Et envoya adonc le roy de Navarre, que il avoit fait tenir en prison dedens Castelet à Paris, à Crievecoeur en Cambresis, une très forte place, et le delivra as bonnes gardes et leur recarga sus leur honneur.

Quant le roy de France eut tous ses gens assambléz, si en eut bien soissante mil, ungs c’autrez, et estoit en grant vollenté de trouver sez ennemis et d’iaux combattre. Si se mist as camps efforciement au lés deviers Ewruez, car on li dist que li annemis chevauçoient et avoient jà passé Vrenuel et Vrenon.

Quant li dus de Lancastre et li autre entendirent cez nouvelles, que li roys de Franche venoit sus yaux quoitousement et avoit en se routte plus de soissante mil hommes as armez, si se avisèrent et consillièrent enssamble, et dissent entr’iaux qu’il n’estoient mies fors assés pour atendre tel numbre de gens d’armes que li rois menoit; si se retraissent tout bellement deviers Constentin. Et les pourssuiwirent li roys et li Franchois par trois jours, et venoient toudis au soir là où il avoient disné. Fos101 vº et 102.

P.186, l. 12: dus.—Les mss. B 3 à 5 ajoutent: Henri.

P.186, l. 20: recueilla.—Ms. B 3: recueillit. Fº 180 vº.—Mss. B 4: requella. Fº 167.

P.186, l. 22 et 23: et devers.—Ms. B 3: pour venir.

P.187, l. 9: Gauville.—Ms. B 3: Graville. Fº 180 vº.

P.187, l. 9 et 10: Carbeniaus.—Ms. B 3: Carbonneau.—Ms. B 4: Carbonniaux.—Ms. B 5: Carboniau. Fº 371.

P.187, l. 12: Foudrigais.—Ms. B 3: Foudrigas.

P.187, l. 12: de Segure.—Ms. B 3: de Seure.

P.187, l. 13: François.—Ms. B 4: Franchois. Fº 167.

P.187, l. 18: Aquegni.—Ms. B 3: Aquegnyes.

P.187, l. 20: essil.—Ms. B 3: exil.

P.187, l. 22: qui n’en attendoit.—Ms. B 3: qui ne doubtoit.

P.187, l. 23: jetté.—Ms. B 3: mis.

P.188, l. 7: Vrenon.—Mss. B 3, 4: Vernon. Fº 181.

P.188, l. 9: Vrenuel.—Ms. B 3: Vernueil.

P.188, l. 16 et 17: aprendre dou couvenant.—Ms. B 3: savoir des nouvelles. Fº 181.

P.188, l. 18: entours.—Ms. B 3: autour de.—Ms. B 4: entour. Fº 167 vº.

P.188, l. 25: ou droit esclos.—Ms. B 3: tout ès flotz.

P.189, l. 9: aigrement.—Ms. B 3: hastivement.

P.189, l. 13: comparer.—Ms. B 3: comprer.

P.189, l. 16: l’Aigle.—Ms. B 3: l’Agle.

P.189, l. 24: en uns biaus plains.—Ms. B 3: en ung beau plain.

P.190, l. 2: trop.—Ms. B 3: très.

P.190, l. 24: Carbeniaus.—Ms. B3: Carbonneau.

P.190, l. 25: de Segure.—Ms. B 3: de Seure.

P.190, l. 25: Foudrigais.—Ms. B 4: Soudrigans. Fº 168.

P.190, l. 26: de Spargne.—Ms. B 3: d’Espaigne. Fº 181 vº.

P.190, l. 26: Fallemont.—Ms. B 4: Sallemont. Fº 168.

P.190, l. 28: Radigos.—Ms. B 4: Rodiges.

P.191, l. 18: très.—Ms. B 3: dès. Fº 181 vº.

§368. P.191, l. 24: Li rois.—Ms. d’Amiens: Quant li roys de Franche vei que nuls n’en aroit et qu’il fuioient devant lui, si laissa le cache et s’en vint mettre le siège devant le ville et le chité d’Ewruez. A Ewrues a ville, chité et castiel, qui pour le tens se tenoit dou roy de Navarre. Et en estoit chappittainne ungs chevaliers de Navare, qui s’appelloit messires Jehans Carbeniaux, apers hommes d’armes durement. Si assega li roys de France enssi Ewruez et y fist pluisseurs grans assaux et fors, et constraindi moult chiaux de le ville.

En ce tamps que li siègez se tenoit devant Ewruez, chevauchoit en le Basse Normendie, environ Pontourson, messiresRobers Canollez, qui jà estoit mout renoumméz, et tenoit grant route et tiroit à venir deviers le duch de Lancastre pour renforchier leur armée, et avoit bien trois cens combatans englès, allemans et gascons, qui li aidoient à gueriier. Quant il entendi que li dus de Lancastre estoit retrès, et messires Phelippes de Navare, si se retraist ossi et s’en vint asegier, entre Bretaingne et Normendie, un castiel que on appelloit Danfronth.

Li roys Jehans de Franche, qui se tenoit devant Ewruez, fist tant que cil de le ville d’Ewruez li ouvrirent leurs portez, et entrèrent ses gens dedens, mès pour ce n’eurent il mies le chité ne le castiel; car les gens d’armes navarois se retraissent layens et se deffendirent mieux que devaut, et s’i tinrent depuis moult longement, tant qu’il coummenchièrent moult à afoiblir de pourveances. Quant il virent qu’il ne seroient reconforté de nul costé, et que li roys de France ne se partiroit point de là, si les aroit, si coummenchièrent à tretiier deviers les marescaux. Et se portèrent tretiet enssi que il se partiroient, cil qui partir se voroient, le leur devant yaux, et non plus ne autrement, et se trairoient quel part qu’il voroient. Li roys de Franche, qui là se tenoit à grant frait, leur acorda, car encorrez y avoit fuisson de castiaux à prendre, dont se partirent messires Jehans Carbeniaux et li Navarroix, et se traissent tout dedens le fort castiel de Bretoeil. Et li roys de Franche fist prendre le possession de Ewrues par ses marescaux. Fº 102.

P.191, l. 27: devant.—Mss. B 3, 4: devers. Fº 181 vº.

P.191, l. 27: d’Evrues.—Mss. B 4, 5: d’Ewrues. Fº 168.

P.192, l. 2: le poursieute.—Ms. B 3: la poursuite.

P.192, l. 6: avant.—Mss. B 3, 4: devant.

P.192, l. 10: assés.—Le ms. B 3 ajoute: de nouvelle.

P.192, l. 15: apressé.—Ms. B 3: oppressez.—Ms. B 4: appressés. Fº 168.

P.192, l. 18: le.—Ms. B 4: les.

P.192, l. 18: si.... prist.—Ms. B 3: conseillé de les prendre à mercy.

P.193, l. 1: apressé.—Ms. B 3: oppressez. Fº 182.

P.193, l. 8: Carbiniel.—Mss. B 3, 4: de Carbonnel.

P.193, l. 9: Guillaume de Gauville.—Ms. B 6: Et trop bien le garda et le deffendy messire Carbeniaus, et ossy messire Pière de Sakenville, qui y sourvint à tout quarante lanches. Encores estoit le duc de Lenclastre, messire Phelippe de Navare etmessires Godefrois de Harcourt, en Normendie; et gerrioient le pais vers Pontoise et devers Bretaigne, et y firent en ce tamps moult de damaige. D’aultre part, avoit une grant guerre sur le pais de Bretaigne, entre Auvergne et Limosin, qui se commença à monter, que on appelloit Robert Canolle, et gerrioit et rançonnoit durement le pais. Fº 528.

P.193, l. 9: Gauville.—Ms. B 3: Graville. Fº 182.

P.193, l. 9: sist.—Ms. B 3: demoura.

P.193, l. 14: sauvement traire.—Ms. B 3: aller à sauveté.

P.193, l. 26: reut.—Ms. B 3: reeut.

P.193, l. 28: Gauville.—Ms. B 3: Graville.

§369. P.193, l. 30: Apriès.—Ms. d’Amiens: Et puis alla (le roi Jean) par devant le castiel de Routtez; se n’y furent que six jours quant il se rendirent. Et de là endroit li roys de Franche et ses gens vinrent devant le fort castiel de Bretuel; si le assegièrent de tous costéz, car on le poet bien faire pour tant qu’il siet à plainne terre. Si y fist li roys de France amener des grans enghiens de le chité de Roem, et les fist lever devant le forterèche. Et jettoient chil enghien jour et nuit au dit castiel et moult le grevèrent, mèz cil qui dedens estoient, se tinrent comme vaillans gens.

Dou dit castiel de Bretuel estoit souverains et cappittainnes, de par le roy de Navarre, uns très bons escuiers navarois qui s’appelloit Sansses Lopins. Chilz tint, deffendi et garda la fortrèce contre lez Franchois plus de sept sepmainnez. En ce terme et priès chacun jour y avoit pluisseurs assaux et moult d’escarmuches et des grans appertisses d’armes faittes. Et furent tout empli li fossé de environ le fortrèce, de bos et de velourdez que on y fist par les villains dou pays amenner et chariier rés à rés de la terre. Et quant on eut cela fait, on fist lever et carpenter ung grant escaufaut et amener à roez jusquez as murs dou dit castel; et avoit dedens deux cens qui se vinrent combattre main à main à chiaux de dens. Là veoit on tout le jour grans appertisses d’armes. Finablement, chil de dens trouvèrent voie et enghien, par quoy chilz escauffaux fu tous desrous; et y eut perdu de chiaux de dedens pluisseurs bonnes gens d’armez, dont che fu dammaigez. Si les laissa on ester de cel assaut, et lez constraindi on d’autrez enghiens qui jettoient pierres et mangonniaux nuit et jour à le dite fortrèce. Fº 102.

P.194, l. 1: par devant.—Ms. B 3: par devers.

P.194, l. 2: siège.—Ms. B 6: Dou dit castiel de Bretuel estoit souverain capitaine de par le roy de Navare ung très bon escuiers navarois, qui s’apelloit Sanses Lopins. Chil deffendy et garda le fortresse plus de douze sepmaines. Fº 525.

P.194, l. 4: plentiveus.—Ms. B 3: plantureux. Fº 182.—Ms. B 4: plentureux. Fº 168 vº.

P.194, l. 11: livrées.—Mss. B 3, 4: livres.

P.194, l. 12: homs.—Ms. B 3: vassal et homme subget.

P.194, l. 14: dan.—Ms. B 3: damp.

P.194, l. 15: Chastille.—Mss. B 3, 4: Castille.

P.194, l. 17: saus.—Ms. B 3: saultz.—Ms. B 4: sauls.

P.194, l. 20: soutillier.—Ms. B 3: subtilizer.

P.194, l. 23: yaus.—Ms. B 3: à leurs adversaires.

P.194, l.28: berfroit.—Ms. B 3: beufroit.—Ms. B 4: bierefroit.—Ms. B 5: beffroy. Fº 372 vº.

P.195, l. 1: cat.—Ms. B 3: chat.

P.195, l. 2: Entrues.—Ms. B 3: Cependent. Fº 182 vº.

P.195, l. 5: reverser.—Ms. B 3: renverser.

P.195, l. 5 et 6: estrain.—Ms. B 3: paille.

P.195, l. 10: bierefroi—Ms. B 3: beufroy.

P.195, l. 19: cel berfroi.—Ms. B 4: ce biaufroy. Fº 169.

P.195, l. 29 et p. 196, l. 10: Et de.... cose.—Toute cette fin du§ 369manque dans le ms. B 5.

P.195, l. 28: ensonniièrent.—Ms. B 3: mirent en neccessité.

P.195, l. 30: ou toit.—Ms. B 3: au cuyr.—Ms. B 4: ou cuier.

P.196, l. 8: à tous lés.—Ms. B 3: de tous coustés.

§370. P.196, l. 11: En ce temps.—Ms. d’Amiens: Li prinches de Galles se tenoit en le chité de Bourdiaux et eut desir de chevauchier en Franche si avant que de passer le rivierre de Loire, et de venir en Normendie deviers son cousin le duc de Lancastre, qui faisoit la guerre pour les Navarrois, car bien estoit informés et segnefiés que il avoit grans aliances entre le roy son père et monseigneur Phelippe de Navarre. Si fist tout le temps ses pourveancez de touttez coses. Et quant li Sains Jehans aprocha, que li bleds sont sur le meurir et qu’il fait boin hostoiier, il se parti de Bourdiaux à belle compaignie de gens d’armes,trois mille armures de fier, chevaliers et escuiers, tant d’Engleterre comme de Gascoingne, car d’estraigniers y eut petit, et estoient quatre mille archiers et six mille brigans de piet.

Or vous voeil compter les plus grant partie des seigneurs qui en ceste chevauchie furent, et premierement d’Engleterre: li comtez de Warvich, li comtes de Sufforch (chil estoient li doy marescal de l’hoost), et puis li comtes de Sallebrin et li comtes d’Askesufforch, messires Renaux de Gobehen, messires Richars de Stamfort, messires Jehans Camdos, messires Bietremieux de Broues, messires Edouars Despenssiers, messires Estievenes de Gouseigon, li sires de le Warre, messirez Jamez d’Audelée, messires Pières d’Audelée, ses frèrez, messires Guillaume Fil Warine, li sirez de Bercler, li sires de Basset, li sires de Willebi; Gascons: li sires de Labret, lui quatrime de frèrez, messires Ernaut, messires Ainmemon, et Bemardet li mainnés, li sirez de Pumiers, lui tiers de frèrez, messires Jehans, messires Helies et messires Ainmemons, li sirez de Chaummont, li sirez de l’Espare, li sirez de Muchident, messires Jehans de Grailli, cappittainnes de Beus, messires Aimeris de Tarse, li sirez de Rosem, li sirez de Landuras, li sirez de Courton. Et encorres y furent d’Engleterre messires Thummas de Felleton et Guillaummes, ses frères, et li sirez de Braseton. Et se y furent li sires de Salich et messires Danniaux Pasèle; et de Haynnau: messires Ustasses d’Aubrechicourt et messires Jehans de Ghistellez. Encorrez y eut pluisseurs chevaliers et escuiers que je ne puis mies tout noummer. Si se departirent de le chité de Bourdiaux à grant arroy, et avoient très grant charroy et grosses pourveanches de tout ce que il besongnoit à gens d’armes. Et chevauçoient li seigneur à l’aise de leurs cevaux trois ou quatre lieuwez par jour tant seullement, et entrèrent en ce bon pays d’Aginois et s’adrechièrent pour venir vers Rochemadour et en Limozin, ardant et essillant le pays. Et quant il trouvoient une crasse marce, il y sejournoient trois jours ou quatre, tant qu’il estoient tout rafresci et leurs chevaux. Et puis si chevauchoient plus avant et envoioient leurs coureurs courir et fourer le pays entours yaulx bien souvent dix lieuwez de large à deux costés. Et quant il trouvoient bien à fourer, il demoroient deux jours ou troix et ramenoient en leur host grant proie de touttez bestes, dont il estoient bien servi; et largement trouvoient de vins plus qu’il ne leur besongnast, dont il faisoient grant essil. Ensi chevaucièrent tant par leurs journéesqu’il entrèrent en Limozin; si trouvèrent le pays bon et gras, car, en devant ce, il n’y avoit euv point de guerre.

Ces nouvellez vinrent au roy de France, qui se tenoit devant Evrues, coumment li Englèz li ardoient et essilloient son pays. Si en fu durement courouchiéz, et se hasta moult d’assaillir et constraindre ciaux du castiel d’Evruez, affin que plus tost il pewist chevauchier contre ses ennemis. Tant lez appressa li roys Jehans, que messires Jehans Carbiniaux, cappitaines d’Evrues, rendi le dit castiel parmy che qu’il s’en pooit partir, lui et li sien, sauvement et sans peril, et portèrent tout ce qui leur estoit. A ce tretié s’acorda li roys Jehans plus legierement pour ce qu’il volloit chevauchier ailleurs; si prist le fort castiel d’Evrues et envoya dedens son marescal monseigneur Ernoul d’Audrehen pour ent prendre le saisinne, et mist ung chevalier à cappittainne de par lui, de Kaus, qui s’appelloit messire Tournebus. Et puis deffist son siège et s’en revint à Roem, et ne donna à nullui congiet, car il volloit ses gens emploiier d’autre part. Si ne sejourna gairez à Roem, mèz s’en vint à Paris. Fº 102 vº.

Or avint que li sirez de Montegny en Ostrevant, qui s’appelloit Robers, li et uns siens escuiers qui se noummoit Jakemez de Winclez allèrent un jour à heure de relevée esbattre sus ces terréez autour dou castiel pour adviser et regarder le fortrèce. Si allèrent trop follement, car il furent apercheu de ciaux de le garnison; si yssirent hors aucuns compaignons par une posterne qui ouvroit sus lez fossés. Là furent assailli li sirez de Montegny et sez escuiers, et combatu tellement que pris li sirez et mors li escuiers: de laquelle prise li roys Jehans fu durement courouchiés, mès amender ne le peult tant qu’à ceste fois. Ne demoura gairez de tamps apriès que chil de dedens eurent consseil d’iaux rendre, sauve leurs viez et le leur, car il virent bien qu’il ne seroient secouru ne comforté de nul costé. Si tretiièrent deviers le roy Jehan si doucement qu’il lez prist à merchy, et se partirent sans dammaige du corps, mès il n’enportèrent riens dou leur, et si rendirent tous leurs prisonniers: parmy ce rendaige fu li sirez de Montegny delivrés. Enssi eult li roys Jehans le fort castel de Bretuel, que li Navarois avoient tenu contre li moult vaillamment. Si emprist li dis roys le saisinne et possession, et le fist remparer et y mist gens et gardez de par lui, et puis se retraist devers le chité de Chartrez et touttes ses hoos pour yaux rafrescir. Or parlerons dou prince de Galles, et d’un grant esploit d’armez ethaute emprise qu’il fist en celle saison sus le royaumme de France. Fº 102.

P.196, l. 12: se departi.—Ms. B 6: Le prinche de Galles se tenoit à Bourdiau et eult desir de chevauchier en Franche et sy avant, che disoit, que de passer la rivière de Loire et venir en Normendie devers son cousin le duc de Lenclastre et monseigneur Phelippe de Navare, pour aydier à reconquerre les castiaulx perdus que le roy Jehan avoit pris sur l’irtaige du roy de Navare. Sur celle entente et en celle meisme saison que le roy de Franche avoit mis le siège devant Bretuel, environ le Saint Jehan Baptiste l’an mil trois cens cinquante six que les blés et les avaines sont meurs à camps et qu’il fait bon ostoiier pour hommes et pour chevaulx, sy party le dit prinche de Bourdiaus à belle compaignie de gens d’armes, trois mille lanches de chevaliers et d’escuiers de Gascongne et de Engleterre et quatre mille archiés et cinq mille bidaus et brigans de piet.

Or vous voel jou nommer la plus grant partie des signeurs qui en che voiaige furent, et prumiers: d’Engleterre, le conte de Wervich, le conte de Sallebry, le conte de Sufort, le conte d’Asquesouffort, messire Renaus de Gobehem, messire Richart de Stanfort, messire Jehan Candos, messire Bertran de Bruch, le droit sire Despensier, messire Edouart, messire Estiène de Gonsenton, messire Gillame Fil Warine, messire James, messire Pières d’Audelée, le sire de le Ware, le sire de Willeby, le sire de Berclo, messire Thomas et messire Guillaume de Fellton, le sire de Brasertons; et de cheulx de Gascongne: le sire de Labret, luy quatrième de frères, messire Ernault, messire Amemons et Bernaudet le maisné, le sire de Pumiers, luy troisième de frères, messire Jehan, messire Helies et messire Ammemons, le sire de Caumont, le sire de Lespare, messire Jehan de Grailly le capital de Beus, messire Aimery de Tharse, le sire de Muchident, le sire de Condon, le sire de Salich, messire Daniaus Pasèle; et deus chevaliers de Haynau: messire Eustasses d’Aubrechicourt, messire Jehan de Ghistellez, et pluiseurs aultres chevaliers que escuiers, que je ne puis mies tous nommer. Et se partirent de Bourdiaus en grant arroy et en bonne conduite. Et estoient marisal de l’ost le conte de Wervich et le conte de Suffort, et avoient très grant caroy et très belles pourveanches. Si chevauchèrent chil signeurs et leur ost à petite[s] journées à l’aise de leurs chevaulx, et s’esploitèrent tant qu’il entrèrent en Berry, où il trouvèrent bon paiset cras; se s’y arestèrent et sy commenchièrent à faire moult de desroy. Fos528 à 530.


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