NOTES

NOTESCHAPITRE LXI.[1]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.LXXIIIetLXXIV, p. 95 à 103.[2]D’après Michel de Northburgh, chapelain et confesseur d’Édouard III, qui accompagnait ce prince dans l’expédition de 1346, les Anglais arrivèrent devant Calais le 2 septembre 1346. (Hist. Ed. III, par Robert de Avesbury, p. 140 et 141.) Ainsi le roi d’Angleterre mit le siége devant cette place forte une semaine seulement après sa victoire de Crécy. On nous permettra de citer ici une pièce d’une importance capitale, relative à l’incident le plus décisif de cette dernière bataille, que nous avons connue postérieurement à la publication du troisième volume de notre édition. En novembre 1375, des lettres de rémission furent octroyées à Pierre Coquet, âgé de cinquante ans, de l’Étoile (Somme, arr. Amiens, c. Picquigny), «du fait de la mort des Geneuoizet autres estrangiers qui, après la desordenance qui fu sur la rivière de Somme quant Edwart d’Angleterre nostre adversaire et ses alliez passèrent la Blanche Tache, et au retour du conflict de la bataille de Crecy,trente ans aou environ, avinten plusieurs lieuxou pais de Picardie,pour ce que renommée et voix publique couroit que yceulx Geneuois et estrangiers avoient tray le roy Phelippe nostre ayeul, que Dieu absoille, nostre dit ayeul fesist dès lors general remission et abolicion.... de ce que ou temps dessus ditot aucuns des diz Geneuoys ou autres estrangiers occis, en la ville de l’Estoille sur la dite rivière de Somme, à une lieue de Lonc en Pontieu ou environ où il demouroit et encore demoure, par les habitanz d’icelle. (Arch. nat., sect. hist., JJ107, fº 150, p. 310.)[3]D’après la plupart des manuscrits de Froissart, Jean de Vienne aurait appartenu à une famille de Champagne; mais c’est une erreur: le défenseur de Calais descendait d’une des plus illustres familles de Bourgogne. Jean de Vienne, de la branche des seigneurs de Pagny et de Seignelay, l’un des quatre fils de Jean de Vienne et de Jeanne de Genève, seigneur de Pollans et de Rothelanges, reçut le 14 novembre 1338 une pension sur le trésor royal de cent livres portée à trois cents le 17 septembre 1340 et à six cents en 1348; il mourut à Paris le 4 août 1361 (Anselme,hist. généal., t. VII, p. 806). Il faut bien se garder de confondre le héros du siége de Calais avec Jean de Vienne, amiral de France sous Charles V, de la branche des seigneurs de Rollans, de Clairvaux et de Listenois.[4]Il s’agit sans doute ici de la rivière de Hem qui passe à Guines et vient se jeter dans la mer à Calais.[5]Le pont de Nieuley se trouvait près de remplacement qu’occupe aujourd’hui le fort de Nieuley, au sud-ouest de Calais, dans le voisinage de labasse ville, du côté de Sangatte; il était jeté sur la rivière de Hem.[6]Le siége d’Aiguillon fut levé dès le 20 août (v. t. III de notre édition, sommaire, p.XXXII, note 2 [note 132 de l’édition Gutenberg]); et Philippe de Bourgogne ne mourut que le 22 septembre 1346. Par conséquent si Grimouton de Chambly fut fait prisonnier avant le 26 août, il ne put donner à Gautier de Mauny des nouvelles de la journée de Crécy. Froissart se trompe en attribuant à Philippe le titre de duc de Bourgogne. Philippe, marié en 1338 à Jeanne, comtesse d’Auvergne et de Boulogne, était simplement le fils et l’héritier présomptif du duc Eudes IV qui ne mourut qu’en 1350.[7]Philippe de Chambly, dit Grismouton, était, comme le dit Froissart, un des favoris du duc de Normandie. Par lettres datées d’Arras en août 1347, Jean, duc de Normandie, céda à son amé et féal chevalier Philippe de Chambly, dit Grismouton, frère de son amé et féal Pierre de Chambly, chevalier, moyennant 1000 livres tournois, une rente de 100 livres sur les halles et moulins de Rouen achetée 1000 livres de Pierre de Chambly et donnée par Philippe de Valois à son fils aîné (Arch. nat., sect. hist., JJ68, p. 198, fº 108).[8]Nous apprenons par une lettre de Derby (Robert de Avesbury, p. 143) qu’avant le 20 septembre des gens de la suite de Gautier de Mauny avaient été arrêtés, malgré leur sauf-conduit, à Saint-Jean-d’Angély d’où Gautier lui-même s’était sauvé à grand’peine avec deux compagnons.CHAPITRE LXII.[9]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.LXXV, p. 106 à 108.[10]Le comte de Derby ne se tint pas à Bordeaux, au moins pendant le dernier mois du siége d’Aiguillon. Le 12 août 1346, il partit de la Réole pour Bergerac, et il reçut dans cette ville des messagers du duc de Normandie, qui venaient lui demander une trêve; il ne voulut pas l’accorder, parce qu’il venait d’apprendre le débarquement d’Édouard III en Normandie, et c’est sans doute la nouvelle de ce débarquement qui força le fils du roi de France à lever précipitamment le siége d’Aiguillon. Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 141 et 142.[11]Le 12 septembre 1346, Derby inaugura cette chevauchée en Saintonge par la prise d’Aubeterre (Aubeterre-sur-Dronne, Charente, arr. Barbezieux) suivie de celle de Chateauneuf-sur-Charente (Charente, arr. Cognac). Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 142 et 143.[12]Derby dit dans sa lettre déjà citée qu’il avait seulement mille hommes d’armes.Ibid., p. 242.[13]Peut-être Mirambeau (Charente-Inférieure, arr. Jonzac). D’après Jean le Bel, dont Froissart reproduit ici la narration, en intervertissant l’ordre des faits d’une manière très-malheureuse, Derby prit successivement Taillebourg, Surgères, Aulnay, Saint-Jean-d’Angély, Niort, Saint-Maixent, Lusignan, Vivonne, Montreuil-Bonnin, Poitiers.[14]Aujourd’hui Aulnay-de-Saintonge, Charente-Inférieure, arrond. Saint-Jean-d’Angély.[15]Charente-Inférieure, arr. Rochefort-sur-Mer.[16]Charente-Inférieure, arr. la Rochelle, c. Courçon.[17]Charente-Inférieure, arr. la Rochelle.[18]Mortagne-sur-Gironde, Charente-Inférieure, arr. Saintes, c. Cozes.[19]L’assaut de Lusignan précédé et suivi de la prise de Mortagne et de Taillebourg semblerait indiquer Saint-Germain-de-Lusignan (Charente-Inférieure, arr. et c. Jonzac); mais on voit par la lettre de Derby que le Lusignan qui fut pris par les Anglais est le célèbre Lusignan au Poitou (Vienne, arr. Poitiers).[20]Charente-Inférieure, arr. Saint-Jean-d’Angély, c. Saint-Savinien.[21]La prise de Saint-Jean-d’Angély, qui suivit celle de Saintes (Grandes Chroniques, éd. in-12, t. V, p. 464 et 465), eut lieu vers le 21 septembre 1346; Derby resta huit jours dans cette ville. Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 143.[22]Deux-Sèvres, arr. Niort.[23]Vienne, arr. Poitiers, c. Vouillé. Il n’est question dans la lettre de Derby ni de l’attaque de Niort ni de la prise de Saint-Maixent et de Montreuil-Bonnin. Henri de Lancastre dit seulement qu’en chevauchant de Saint-Jean-d’Angély vers Poitiers, il s’empara du château de Lusignan, l’un des plus forts de France et de Gascogne, et qu’il y laissa une garnison de cent hommes d’armes, sans compter les gens de pied.Ibid.p. 143 et 144.[24]D’après la lettre de Derby, Poitiers tomba au pouvoir des Anglais «le proschein mersquerdy après le Seint Michel», c’est-à-dire le 4 octobre 1346.Ibid., p. 144.[25]L’évêque de Poitiers et quatre barons qui avaient essayé de résister aux envahisseurs, s’étant sauvés à la prise de la ville, les Anglais firent main basse sur tout ce qu’ils trouvèrent. Harbert Bellant, l’un des seize hommes d’armes de la garnison de Poitiers, fut dépouillé de tous ses biens meubles évalués six mille livres. (Arch. nat., sect. hist., JJ81, p. 450.) «.... apparuit episcopum, capitula, collegia et alias gentes ecclesie ville Pictavis, in capcione facta per inimicos nostros de dicta villa, omnia bona que tunc habebant, libros, calices, vestimenta, vasa argentea.... amisisse....» Il résulte d’une enquête faite en 1351 que les parties du diocèse de Poitiers qui souffrirent le plus, tant de la chevauchée de Henri de Lancastre en 1346 que de la peste de 1348, ce furent les archiprêtrés et lieuxde Lisigniaco(Lusignan, Vienne, arr. Poitiers),de Sanxaio(Sanxay, Vienne, arr. Poitiers, c. Lusignan),de Boyno(Bouin, Deux-Sèvres, arr. Melle, c. Chef-Boutonne),de Roffiaco(Rouffiac-d’Aubeterre, Charente, arr. Barbezieux, c. Aubeterre),de Romio(Rom, Deux-Sèvres, arr. Melle, c. Lezay),de Chauniaco(Chaunay, Vienne, arr. Civray, c. Couhé),de Exoduno(Issoudun, Creuse, arr. Aubusson, c. Chénérailles), et partie des archiprêtrés et lieuxde Gencayo(Gençay, Vienne, arr. Civray) et de Melle. JJ80, 778.[26]Derby dit qu’il resta à Poitiers huit jours seulement, après quoi il revint à Saint-Jean-d’Angély d’où est datée la curieuse lettre qui contient le récit de son expédition. Aux conquêtes de Derby mentionnées plus haut, des pièces du Trésor des Chartes nous autorisent à ajouter Tonnay-Charente (JJ76, p. 821), le château de Soubize (JJ81, p. 147), les châtellenies de Loudun (JJ80, p. 577), de Soubize, de Taillebourg (JJ77, p. 34) et la plupart des forteresses de Saintonge, Poitou et Périgord (JJ77, p. 51).[27]Derby était de retour à Londres le 14 janvier 1347, jour où il s’entretint à la Tour avec David Bruce, roi d’Écosse.CHAPITRE LXIII.[28]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.LXXVI, p. 109 à 114.[29]Les Écossais, qui avaient été compris dans la trêve de Malestroit du 18 janvier 1343 comme alliés de la France (Arch. nat., sect. hist., J636, nº 17), furent aussi compris au même titre dans la trêve de Calais du 28 septembre 1347 (J636, nº 21). Dans le poëme de Laurent Minot sur la campagne qui aboutit à la victoire des Anglais à Nevill’s Cross, le poëte prête à David Bruce des paroles où le roi d’Écosse, vaincu et prisonnier, attribue son malheur aux conseils de Philippe de Valois et de Jean son fils.[30]Un clerc du diocèse d’York, nommé Thomas Samson, dans une lettre conservée à la Bibliothèque Bodléienne, à Oxford, qui est relative à la bataille de Durham ou de Nevill’s Cross et contemporaine de cet événement, Thomas Samson, dis-je, fait ainsi le dénombrement des forces écossaises: «baronets, chivalers et gents d’armes noumbrés entour deux mille, et alteres armés envirun vingt mille, et des comunes ou lances, haches et arcs, près de quarante mille.» Kervyn de Lettenhove,Œuvres de Froissart, t. V, p. 489.[31]Old Roxburgh, château aujourd’hui détruit, non loin de Kelso, près du confluent des rivières de Teviot et de Tweed.[32]Aujourd’hui Alnwick, dans le Northumberland, entre Berwick-upon-Tweed et Newcastle-upon-Tyne. Ce fief devint au commencement du quatorzième siècle la propriété de lord Henri de Percy, et prit le nom de cette illustre famille normande, tige des ducs de Northumberland.[33]SurUrcol, voy. le tome I de notre édition, sommaire, p.CLXX, note 1 [note 225 de l'édition Gutenberg].[34]D’après la lettre de Thomas Samson, citée plus haut, l’armée anglaise, composée de mille hommes d’armes, de millehobbiliersou cavaliers armés à la légère, de dix mille archers et de vingt mille gens des communes, fut divisée en trois corps ouéchelles: la première sous les ordres des seigneurs de Percy et de Nevill, la seconde que commandait l’archevêque d’York en personne, la troisième, qui formait l’arrière-garde, sous la conduite du seigneur de Mowbray.[35]La bataille se livra, non dans les environs de Newcastle, comme Froissart semble l’indiquer, mais beaucoup plus au sud et tout près de Durham, en un lieu de la banlieue méridionale de cette ville, appelé Nevill’s Cross:ad crucem Nevyle in campo juxta Durham, dit Robert de Avesbury. Aussi tous les historiens anglais désignent-ils cette bataille sous le nom de bataille de Durham ou de Nevill’s Cross.[36]D’après Thomas Samson,Robertde Avesbury et Knyghton, la bataille de Durham ou de Nevill’s Cross se livra le 17 octobre 1346, veille de Saint-Luc. Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 145.[37]Le château de Copeland ou Coupland, qui appartenait à cet écuyer, est situé dans le comté de Northumberland et le district de Kirk-Newton, sur la rivière de Glen; il a été rebâti par les Wallace au commencement du dix-septième siècle.[38]Aujourd’hui Ogle ou Ogles, dans le comté de Northumberland, au nord de Newcastle et au sud-ouest de Morpeth; on voit encore les ruines du château à motte féodale où Jean de Copeland mit en sûreté sa royale capture.[39]Le comté de Fife, en Écosse, est borné au nord par le golfe de Tay, à l’est par la mer du Nord, au sud par le golfe de Forth, à l’ouest par les comtés de Perth, de Kinross et de Clackmann. Duncan, comte de Fife, ne fut pas tué, comme le dit Froissart, mais seulement fait prisonnier; et ordre fut donné le 8 décembre 1346 de le conduire à la Tour de Londres. Rymer,Fœdera, vol. III, p. 95.[40]L’ancien comté de Buchan formait autrefois une des quatre subdivisions du comté d’Aberdeen; il correspond aux districts actuels de Deer et d’Ellon.[41]Le comté de Sutherland est, comme chacun sait, à la pointe septentrionale de l’Écosse. Walsingham et Boethius disent que le comte de Sutherland fut fait prisonnier.[42]Ancien comté, aujourd’hui district des comtés de Nairn et d’Inverness, en Écosse, à l’ouest du comté d’Elgin ou de Moray. Maurice de Murray, comte de Strathdearn, fut tué à Nevill’s Cross, au témoignage non-seulement de Froissart, mais encore de Robert de Avesbury (p. 14) et de Thomas Samson.[43]La seigneurie de Marr, à laquelle était attaché le titre de comte, est un ancien district du comté d’Aberdeen, en Écosse.[44]Jean de Douglas ne fut pas tué, mais fait prisonnier par Robert de Ogle et Robert Bertram. Rymer, vol. III, p. 95.[45]Ce fut Guillaume Fraser, et non Simon Fraser, qui fut tué à la bataille de Nevill’s Cross. VoyezAnnals of Scotlandby lord Hailes, éd. de 1797, vol. III, p. 108.[46]Alexandre de Ramsey ne fut pas tué, mais fait prisonnier par Jean de Ever. Rymer, vol. III, p. 95.[47]Jean ou John Randolph, comte de Murray, fut tué et non fait prisonnier. Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 145.[48]Il s’agit ici de Patrick, comte de Dunbar et de March. Dunbar, siége d’un comté et forteresse très-importante au moyen âge, est aujourd’hui une ville du comté de Haddington, en Écosse. Patrick de Dunbar, comte de March, ne fut pas tué, mais fait prisonnier par Raoul de Nevill. (Rymer, vol. III, p. 95.)[49]Guillaume de Douglas l’aîné fut en effet fait prisonnier par Guillaume Deincourt. (Rymer, vol. III, p. 95.) Thomas Samson mentionne un autre Guillaume Douglas qu’il appelle «monsir William Douglas le frère» et «monsir Henri Douglas, le frère monsir William» comme ayant été faits prisonniers à Nevill’s Cross.[50]Ce curieux passage ne se trouve que dans la rédaction de Rome.[51]Cette mention de la présence de Philippe de Hainaut à Newcastle pendant que se livrait la bataille de Nevill’s Cross est une erreur que Froissart a empruntée à Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 110). La reine d’Angleterre dut passer la mer vers le 10 septembre, car des lettres de sauvegarde furent délivrées à quatre personnes qui devaient l’accompagner dans son voyage sur le continent, et ces lettres devaient avoir leur effet depuis le 10 septembre jusqu’à Noel 1346. (Rymer,Fœdera, vol. III, p. 90). On conserve d’ailleurs aux archives de Mons une charte qui prouve que le jour même où se livrait la bataille de Nevill’s Cross, c’est-à-dire le 17 octobre 1346, Philippe de Hainaut se trouvait à Ypres avec sa sœur l’impératrice Marguerite.[52]Des lettres de félicitation et de remerciment, datées de la Tour de Londres le 20 octobre 1346, furent adressées à l’occasion de la victoire de Nevill’s Cross par Lionel, régent du royaume en l’absence du roi son père, à Guillaume de la Zouche, archevêque d’York, et à onze seigneurs du nord de l’Angleterre parmi lesquels figure Jean de Copeland. Rymer,Fœodera, vol. III, p. 91 et 92.[53]Le 20 janvier 1347, le roi d’Angleterre assigne à son amé Jean de Copeland, qui lui a livré David Bruce, roi d’Écosse, son prisonnier, cinq cents livres de rente annuelle et perpétuelle sur les ports de Londres et de Berwick et en outre cent livres de rente annuelle et viagère sur le port de Newcastle pour son service de banneret. Rymer,Fœdera, vol. III, p. 102 et 103.[54]Ce n’est pas le comte de Murray tué à la bataille, mais les comtes de Fife et de Menteith qui furent enfermés à la Tour de Londres.CHAPITRE LXIV.[55]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.LXXVII, p. 115 à 118.[56]Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer.[57]Auj. Hames-Boucres, Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c. Guines.[58]Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c. Samer.[59]Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Audruicq.[60]Auj. Bayenghem-lez-Eperlecques, Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Ardres.[61]Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c. Guines.[62]Auj. hameau de Zutkerque, Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Audruicq.[63]Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer. c. Aire-sur-la-Lys.[64]Philippe de Valois fait sans doute allusion à ce siége dans une charte d’avril 1347, où il amortit mille livres de terre en faveur des hôpitaux et maladreries de Béthune «pour ce que nos amez les eschevins, prevost, maieur et comunauté de la ville de Betuneont esté moult domagiet ceste presente annéepour cause de noz guerres et leurs maisons arses.» (Arch. nat., sect. hist., JJ68, p. 168.) D’autres pièces du 27 octobre 1346 (JJ81, p. 944), de janvier 1347 (JJ81, p. 950), de février 1347 (JJ81, p. 945, 946 et 948), de mars 1347 (JJ81, p. 947), de juillet 1347 (JJ68, p. 331 et JJ81, p. 949) contiennent des confirmations ou concessions de priviléges en faveur des habitants de Béthune. La plus importante de ces donations est celle de la ville de la Gorgue (Nord, arr. Hazebrouck, c. Merville) située au nord de Béthune entre cette ville et Armentières (JJ81, p. 948).[65]Louis, III du nom, dit de Male, comte de Flandre, de Nevers et de Rethel, baron de Donzy.[66]Mahieu Legier de Mouy fut le négociateur employé par le roi de France, avant le 10 janvier 1347, pour ses «besoignes secretez ès parties de Brebant». Arch. nat., JJ68, p. 128.[67]Par lettres de janvier 1347 (n. st.) le roi de France autorise le comte de Flandre à aller et venir en Flandre, espérant que «pour la presence de lui en son pais de Flandre les habitans et subgez d’icellui se porteront et auront envers lui comme bons et vrais subgez.... en se retraiant et delaissant de leurs simples et indeues emprises et assemblées.» (Arch. nat., sect. hist., JJ77, p. 42.) Louis de Male fit sa première entrée à Bruges le 23 janvier 1347.Inventaire des Archives de Bruges, in-4º, Bruges, 1871, p. 500.[68]Un contrat, stipulant promesse de mariage et fiançailles entre le comte de Flandre et Isabelle d’Angleterre, fut signé par Louis de Male, à Dunkerque, le 3 mars 1347. Édouard III donnait pour dot à sa fille le comté de Ponthieu et Montreuil, ou en échange vingt-cinq mille livrées de terre, et en outre, comme cadeau de mariage, quatre cent mille deniers d’or à l’écu. L’instrument authentique de ce contrat fut délivré solennellement par le chancelier du comte de Flandre, le 14 mars 1347, à Bergues, comme le dit Froissart, en présence du roi d’Angleterre, du marquis de Juliers, de Guillaume comte de Northampton, de Renaud de Cobham, de Barthélemy de Burghersh et de Jean Darcy le Jeune. Rymer,Fœdera, vol. III, p. 111 et 112.[69]Louis de Male dut s’échapper de Flandre entre le 14 mars et les Pâques suivantes, c’est-à-dire le 1eravril 1347. Le principal instigateur de cette évasion fut un seigneur à la dévotion du roi de France, nommé Marquet du Galleel, chambellan et écuyer du jeune comte. Par lettres datées de Montdidier enmai1347, Philippe de Valois assigne cent livrées de rente à parisis à prendre sur le havage des grains et argent appartenant au havage de Vernon, à son amé et féal Marquet du Galleel, chambellan et écuyer du comte de Flandre, «par le conseil duquel, avecques la très grant loiauté de nostre dit cousin, nostre dit cousin est,en grant peril de son corps et de son estat, venu devers nous et parti d’avec noz anemis et de leur plus grant povoir....» Bibl. nat., dép. des mss.,Chartes royales, t. II, p. 161.[70]Robert de Namur était fils de Jean Ier, comte de Namur, et de Marie d’Artois. Froissart écrivit la première rédaction du premier livre de sesChroniquesà l’instigation et sous le patronage de ce pensionnaire d’Édouard III, personnage à la fois si important et si détesté du roi de France, que le roi d’Angleterre, en concluant les trêves du 28 septembre 1347, du 18 novembre 1348 et du 30 juin 1350, eut soin de stipuler que Robert de Namur y était compris. (Rymer,Fœdera, vol. III, p. 137, 177, 197.) Ce passage sur Robert de Namur, ajouté par Froissart au texte de Jean le Bel, a été retranché dans la seconde rédaction de son premier livre écrite sous le patronage d’un prince de la maison de France, de Gui de Blois.CHAPITRE LXV.[71]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.LXXIX, p. 123 à 126.[72]Cette trêve, conclue le 19 janvier 1343, devait durer jusqu’à la Saint-Michel 1343 et de là en trois ans, c’est-à-dire jusqu’à la Saint-Michel 1346. Voyez le sommaire du t. III de notre édition, p.VIIIetIX.[73]Cette assertion de Froissart est erronée. La trêve de Malestroit fut toujours fort mal observée, comme l’atteste, entre beaucoup d’autres témoignages, la pièce suivante dont on nous saura gré peut-être de donner l’analyse, ne fût-ce qu’à cause de la rareté des actes relatifs à cette période de la vie de Charles de Blois. Par acte donné «en noz tentes devant Guérande» le 18 août 1344, Charles, duc de Bretagne, vicomte de Limoges, sire de Guise et de Mayenne, charge son sénéchal de Dinan, Olivier de Morzelle, de faire une enquête sur une demande d’un marché fixé au dimanche présentée par son amé Alain de Rochefort en faveur de la ville de Ploer (auj. Plouer, Côtes-du-Nord, ar. et c. Dinan). Une réponse favorable à la demande d’Alain de Rochefort, délibérée aux plaids de Dinan, tenus le jeudi après la Saint-Lucas 1344, en présence de Geffroy Lebart, de Robin Braon, de Pierre Leroy, receveur de Dinan, de Trehan Ploret, de Lucas Lebouteiller, de Jean Terbuille, de Jean Leroy, après bans faits par le sergent Olivier Lemée, une réponse favorable, dis-je, est transmise à Charles qui accorde à Alain de Rochefort, en dédommagement de «dommages qu’il sueffre de jour en jour à cause de noz guerres» le marché demandé, par lettres scellées du sceau de sa chancellerie de Guingamp le 25 novembre 1344 et confirmées par le roi de France en février 1346 (n. st.) Arch. nat., sect. hist., JJ68, p. 161, fº 87.[74]Le 10 janvier 1347, Édouard III nomme son amé et féal Thomas de Dagworth lieutenant et capitaine dans le duché de Bretagne. Rymer,Fœdera, vol. III, p. 100.[75]Côtes-du-Nord, ar. Lannion. Froissart, reproduisant une erreur de Jean le Bel (v. p. 124), dit que la forteresse de la Roche-Derrien fut prise par Thomas de Dagworth, ce qui reporterait la date de cet événement à la fin de janvier 1347 au plus tôt; en l’absence d’actes à date certaine, il y a lieu de préférer aux données vagues et incertaines, quand elles ne sont pas inexactes, de Jean le Bel et de Froissart, le récit très-précis et très-circonstancié desGrandes Chroniquesd’après lequel le château de la Roche-Derrien se rendit à Guillaume de Bohun, comte de Northampton, en décembre 1345. Voyez l’édit. de M. P. Paris, in-12, t. V, p. 443 et 444.[76]D’après une lettre adressée en Angleterre par Thomas de Dagworth, qui est, comme nous dirions aujourd’hui, lebulletinde la bataille rédigé par le vainqueur, l’armée de Charles de Blois se composait de douze cents chevaliers et écuyers, de six cents autres gens d’armes, de six cents archers du pays et de deux mille arbalétriers, sans compter les gens de commune. Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 159.[77]D’après lesGrandes Chroniques(t. V, p. 472), ces engins étaient au nombre de neuf, dont un, d’une dimension énorme, lançait des pierres pesant trois cents livres. Du reste, tout le récit de la bataille de la Roche-Derrien dans lesGrandes Chroniques(p. 471 à 478), par l’étendue des développements, par l’abondance des détails et des particularités, par la précision des indications locales qu’il renferme, semble écrit par un témoin oculaire ou du moins sous sa dictée.[78]Il y a tout lieu de penser, selon l’observation de dom François Plaine, que la comtesse de Montfort, qui s’était retirée en Angleterre avec son fils, après la trêve de Malestroit, ne se trouvait pas alors en Bretagne. Voyez la brochure intitulée:De l’autorité de Froissart comme historien des guerres de Bretagne, Nantes, 1871, p. 29 à 31.[79]Dans lebulletinde sa victoire, dont nous avons parlé plus haut, Thomas de Dagworth prétend qu’il n’avait que quatre cents hommes d’armes et trois cents archers, sans compter la garnison de la Roche-Derrien qui vint au secours des Anglais et tomba sur les derrières de l’armée de Charles de Blois, dès que le jour fut levé. L’habile capitaine anglais avait eu soin de donner à ses hommes un mot d’ordre qui leur permit de se reconnaître dans la confusion de cette mêlée de nuit; faute de cette précaution, il arriva aux gens de Charles de Blois de combattre les uns contre les autres, et de faire eux-mêmes la besogne des Anglais. Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 158 à 160.[80]La bataille de la Roche-Derrien se livra le 20 juin 1347, suivant le témoignage de Thomas de Dagworth: «le vingtième jour de juyn, environ le quarter, devaunt le jour.» Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 159.[81]D’après Thomas de Dagworth, six ou sept cents chevaliers et écuyers périrent à la Roche-Derrien. Le capitaine anglais cite, parmi les morts, Alain, vicomte de Rohan, les seigneurs de Laval, de Châteaubriand, de Malestroit, de Quintin, de Rougé, de Derval, le fils et héritier de ce dernier, Raoul de Montfort; et, parmi les prisonniers, Charles de Blois, Gui de Laval, fils du sire de Laval, les seigneurs de Rochefort, de Beaumanoir, de Lohéac, de Tinteniac (Robert de Avesbury, p. 160). Le seigneur de Rougé, qui fut tué à la Roche-Derrien, s’appelait Guillaume. Le 12 mai 1361, Charles de Blois donna la châtellenie dePontcaleucà Bonabbé, seigneur de Rougé et de Derval, «fils de Guillaume, seigneur de Rougé, qui morut à la Roche Derian pour la defense de nostre droit, quant prins fumes de noz ennemis.» (Arch. nat., sect. hist., JJ90, p. 13). Avant de se rendre aux Anglais, Charles de Blois s’était battu comme un lion et avait reçu dix-sept blessures; un écuyer de sa compagnie, fait prisonnier avec son maître, nommé Michel de Chamaire, fut taxé par les Anglais à si forte rançon que, pour la payer, il dut se mettre au service de Foulque de Mathas, chevalier de Saintonge, comme simple archer. JJ85, p. 113.CHAPITRE LXVI.[82]Cf. Jean le Bel,Chroniques, chap.LXXXetLXXXI, p. 127 à 142.[83]Philippe de Valois était à Montdidier le 27 avril 1347 (Bibl. nat., dép. des mss.,Chartes royales, t. III, p. 70; Arch. nat., JJ68, p. 281); il était à Moreuil, entre Montdidier et Amiens, au mois de mai (JJ68, p. 140); il passa la plus grande partie du mois de mai à Amiens (JJ68, p. 167); il quitta cette ville avant la fin de mai, car plusieurs actes qui portent la date de ce mois sont donnés, soit sur les champs entre Beauquesne (Somme, arr. et c. Doullens, entre Amiens et Doullens) et Lucheux, soit à Lucheux (Somme, arr. et c. Doullens, entre Doullens et Arras) JJ68, p.137, 272, 301.[84]Ce curieux passage, où l’on voit si bien les préventions passionnées de Philippe de Valois et de sa noblesse contre l’emploi des villains à la guerre, ne se trouve que dans la rédaction de Rome (p.270 et 271de ce volume). Des trois combats cités, il y en a un au moins où les villains firent très-bonne figure, c’est celui de Caen, dont les bourgeois, d’après les propres paroles d’Édouard III lui-même, «se defenderentmult bien et apertement, si que la melle futtrès fort et lung durant.» Voyez Jules Delpit,Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre, in-4º, 1847, p. 71.[85]Nord, arr. Dunkerque, à l’est de Calais.[86]Aire-sur-la-Lys, Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, au sud-est de Calais et de Saint-Omer, entre Thérouanne à l’ouest et Saint-Venant à l’est. En novembre 1348, Philippe de Valois accorda aux maire, échevins et commune d’Aire, en récompense de leur fidélité, des priviléges confirmés en 1350 par le roi Jean (JJ80, p. 97). En novembre 1353, le roi Jean accorda à la ville d’Aire au comté d’Artois, en considération de ce qu’elle avait souffert pendant les guerres, une foire annuelle durant quatre jours, à partir du lundi avant la Pentecôte (JJ82, p. 151).[87]Pas-de-Calais, arr. Béthune, c. Lillers.[88]Nord, arr. Hazebrouck.[89]Nord, arr. Hazebrouck, c. Merville.[90]Nord, arr. Hazebrouck, c. Merville.[91]Pas-de-Calais, arr. Béthune.[92]Le pays de Laleu, au diocèse d’Arras, était situé à peu près au point de jonction de ce diocèse avec ceux de Saint-Omer, d’Ypres et de Tournai.[93]Philippe de Valois et son fils Jean passèrent à Arras la plus grande partie du mois de juin (JJ68, p. 170, 300, 323); le roi de France était à Hesdin à la fin de ce mois (JJ68, p. 335).[94]Le roi de France reçut sans doute à Arras l’admirable lettre que lui adressa Jean de Vienne dans le courant du mois de juin 1347. Les Anglais interceptèrent une copie de cette lettre le 26 juin, et voici dans quelles circonstances. Le lendemain de la Saint-Jean (25 juin 1347), les comtes de Northampton et de Pembroke surprirent, à la hauteur du Crotoy, une flotte de quarante-quatre vaisseaux français envoyés pour ravitailler Calais et la mirent en déroute. Le 26, à l’aube du jour, les Anglais s’emparèrent d’une embarcation, montée par des Génois, qui essayait de sortir du port du Crotoy. Le Génois qui commandait cette embarcation, n’eut que le temps de jeter à la mer, attachée à une hache, une lettre très-importante adressée par Jean de Vienne, capitaine de Calais, au roi de France, pour lui exposer sa détresse et celle des habitants de Calais; on la retrouva à marée basse. «Sachiés, disait Jean de Vienne, que lyn’ad rieus qui ne soit tut mangé et lez chiens et les chates et lez chivaux si qe de vivere nous ne poions pluis trover en la ville si nous ne mangeons chars des gentz, qar autrefoiz vous avez escript que jeo tendroy la ville taunt que y aueroit à mangier; sy sumes à ces points qe nous n’avoms dount pluis vivere. Si avons pris accord entre nous que,si n’avoms en brief socour, que nous issiroms hors de la ville toutz à champs pour combatre, pour vivre ou pour morir, qar nous avoms meulz à morir as champs honourablement que manger l’un l’autre.» (Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 157 et 158.) Si l’on songe que ces lignes étaient écrites dès le mois de juin et que Calais se rendit seulement le 3 août, on ne saurait trop admirer la résistance vraiment héroïque de Jean de Vienne, de la garnison et des bourgeois de Calais.[95]Philippe de Valois s’arrêta en effet assez longtemps à Hesdin (auj. Vieil-Hesdin, Pas-de-Calais, arr. Saint-Pol-sur-Ternoise, c. le Parcq); car, arrivé dans cette ville dès la fin de juin (JJ68, p. 335), il y était encore le 10 juillet (JJ68, p. 321), il campa ensuite près d’Auchy (auj. Auchy-lès-Hesdin, au nord-est de Hesdin; JJ68, p. 337), et il était devantla Coupele(auj. Coupelle-vieille, Pas-de-Calais, arr. Montreuil-sur-Mer, c. Fruges, entre Hesdin au nord et Fauquembergue an sud) les 17 et 18 juillet (JJ68, p. 288 et 289).[96]Auj. Blangy-sur-Ternoise, Pas-de-Calais, arr. Saint-Pol-sur-Ternoise, c. le Parcq.[97]Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer. Philippe de Valois était campé près de Fauquembergue le 20 juillet (JJ68, p. 316).[98]Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Aire-sur-la-Lys.[99]Alquines est aujourd’hui un village du Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Lumbres. Froissait se sert, en plusieurs passages de ses Chroniques, du motAlequinepour désigner l’ancien pays des Morins. Philippe de Valois était près d’Ausques (auj. Nordausques, Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Ardres, sur la voie romaine de Leulingue, au nord-ouest de Saint-Omer et au sud-est de Guines), le 24 juillet (JJ68, p. 299^2 et 310), le même jour entre Ausques et Tournehem (JJ68, p. 299^2), enfin près de Guines (Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, à trois lieues environ au sud de Calais) le 26 juillet (JJ68, p. 261).[100]Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c. Calais, à 10 kil. de cette ville. Ce que Froissart appelle lemont de Sangatteest une falaise haute de 134 mètres, située entre la mer et de vastes marécages, aujourd’hui desséchés en partie. Puisque Philippe de Valois était encore à Guines le 26, il ne put arriver à Sangatte que le vendredi 27 juillet au plus tôt: c’est du reste la date donnée par Édouard III lui-même dans une lettre rapportée par Robert de Avesbury: «ceo darrein vendredy proschein devant le goul d’aust.»Hist. Ed. III, p. 163.[101]Froissart veut sans doute désigner ici l’antique voie de communication, marquée sur la carte de Cassini commeChemin de Leulingue, ancienne route des Romains, qui aboutit à Sangatte et dont une prolongation va tout droit, comme dit le chroniqueur, de Sangatte à Calais.[102]Guines est au sud de Calais; Marck et Oye sont à l’est de cette ville, du côté de la Flandre.[103]Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c. Calais.[104]Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Audruicq.[105]Le pont de Nieuley devait être situé, comme nous l’avons dit plus haut, non loin de l’emplacement du fort actuel de Nieuley, au sud-ouest de Calais, près de labasse ville, du côté de Sangatte. Ce pont était jeté sur la rivière de Hem qui, des environs d’Ardres où elle prend sa source, passe à Guines et vient se jeter dans la mer à Calais.[106]La rivière de Gravelines est l’Aa.[107]D’après la lettre d’Édouard III déjà citée, ce défi ne fut porté que le mardi 31 juillet, après trois jours de négociations infructueuses. «Et puis le marsdi vers le vespre, viendrent certayns graunts et chivalers de part nostre adversarie, à la place du treté, et offrirent à nos gentz la bataille de part nostre adversarie susdit par ensy que noz vousissoms venir hors le marreis, et il nous durroit place convenable pur combatre, quele heure qe nous pleroit, entre cele heure et vendredy à soir proschein suaunt (3 août); et vorroient que quatre chivalers de noz et aultre quatre de lor esleirent place covenable pur l’une partie et pur l’autre.» Le roi d’Angleterre prétend qu’il fit répondre dès le lendemain mercredi 1eraoût à Philippe de Valois qu’il acceptait son défi; Jean le Bel (t. II, p. 130 et 131) et Froissart rapportent le contraire. Il y a lieu de croire, comme l’ont pensé Bréquigny (Mémoires de l’Académie des inscriptions, t. L, p. 611 à 614) et Dacier (p. 346 de son édition de Froissart, note 1) qu’Édouard III dut accepter en principe le défi du roi de France: le point d’honneur chevaleresque exigeait impérieusement cette acceptation qui au fond n’engageait à rien le roi anglais, puisqu’il lui restait mille moyens d’éluder ou de différer le combat, quand on en viendrait à la mise en pratique, à l’exécution. Il semble, à vrai dire, que le défi n’avait guère été porté plus sérieusement par Philippe qu’il ne fut accepté par Édouard; et le roi de France ne proposa sans doute la bataille à son adversaire que pour dérober sa retraite ou du moins se ménager une explication honorable.[108]Ces deux légats étaient Annibal Ceccano, évêque de Frascati, et Étienne Aubert, cardinal prêtre du titre des Saints Jean et Paul. Du reste, Clément VI n’avait pas cessé, depuis le commencement de la guerre, d’intervenir pour la conclusion d’une paix entre les deux rois. Il avait même adressé des reproches assez vifs au roi d’Angleterre, par lettres datées d’Avignon le 15 janvier 1347, au sujet du peu d’égard que ce prince avait eu à la médiation des légats du saint-siége. Voyez Robert de Avesbury, p. 146 à 153 et Rymer, vol. III, p. 100 et 101.[109]Les plénipotentiaires français étaient, d’après la lettre d’Édouard, les ducs de Bourbon et d’Athènes, le chancelier de France (qui était alors Guillaume Flotte, sire de Revel), Gui de Nesle, sire d’Offémont, et Geoffroi de Charny.[110]D’après la lettre d’Édouard, les plénipotentiaires anglais étaient bien ceux indiqués par Froissart; il y faut ajouter seulement le marquis de Juliers et Barthélemy de Burghersh, chambellan du roi anglais. Voyez Robert de Avesbury, p. 164.[111]Édouard dit que Philippe de Valois décampa précipitamment le jeudi (2 août) de grand matin: «.... jeosdi, devaunt le jour.... s’en departi od toutes ses gentz auxi comme disconfit, et hasterent taunt et hasterent tant qu’ils arderent lor tentes et graunt partie de lor herneys à  lor departir; et noz gentz lez pursuerent bien près à la cowe: issint, à l’escrivere de cestes, n’estoient ils mye unqore revenuz....» (Ibid., p. 166). Nous devons dire que la date des actes émanés de Philippe de Valois, au commencement d’août, s’accorde bien avec le témoignage du roi anglais. Plusieurs pièces ont été données devant Calais (JJ68, p. 297) ou près de Sangatte (JJ68, p. 132) «ou mois d’aoust» c’est-à-dire le 1eraoût; mais il résulte de deux actes (JJ68, p. 122 et 283) que,dès le 3 août, le roi de France était à Lumbres (Pas-de-Calais, ar. Saint-Omer, au sud-ouest de cette ville), après avoir passé (JJ68, p. 290) à Ausques (auj. Nordausques, Pas-de-Calais, ar. Saint-Omer, c. Ardres ou Zudausques, c. Lumbres), et que le 7 août il était à Hesdin (JJ68, p. 271) après avoir passé à Fauquembergue (JJ68, p. 292 et 207).[112]Cet épisode du dévouement des six bourgeois de Calais est emprunté à Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 135 et 136). Un savant académicien du dernier siècle, Bréquigny, a élevé des doutes sur l’exactitude du récit de Froissart dans deux dissertations, l’une relative à des recherches sur l’histoire de France faites à Londres (Mémoires de l’Académie des inscriptions, t. XXXVII, p. 538 à 540), l’autre consacrée au siége et à la prise de Calais par Édouard III (Ibid, t. L, p. 618 à 621). Bréquigny se fonde, pour mettre en doute le dévouement d’Eustache de Saint-Pierre et de ses compagnons, sur les quatre actes suivants qu’il avait eu le mérite de découvrir dans les Archives de Londres et de signaler le premier: 1º Une concession à vie faite le 24 août 1347 à Philippe, reine d’Angleterre, des maisons que Jean d’Aire possédait à Calais avec leurs dépendances (Cales. Rol. pat., an. 21 Ed. III, memb. 2);--2º une pension de 40 marcs sterling constituée le 8 octobre 1347 au profit d’Eustache de Saint-Pierre «pro bono servicio nobis pro custodia et bona disposicione ville nostre Calesii impendendo,pro sustentacione sua.... quousque de statu ejusdem Eustacii aliter duxerimus providendum.» (Rymer, vol. III, p. 138.)--3º La restitution faite le 8 octobre 1347 au dit Eustache de Saint-Pierre de quelques-unes des maisons qu’il possédait à Calais et qui avaient été confisquées «dum tamen erga nos et heredes nostros [Eustachius et sui heredes] bene et fideliter se gerant et pro salva custodia et municione dicte ville faciant debite quod debebunt» (Ibid.);--4º la concession faite à Jean de Gerwadby en date du 29 juillet 1351 des biens situés à Calais qui avaient appartenu à Eustache de Saint-Pierre et qui avaient été confisqués après sa mort sur ses héritiers «que per forisfactum heredum ipsius Eustachii, qui adversariis nostris Francie contra nos adherentes existunt, ad manus nostras devenerunt....» (Rot. Franc., an. 25 Ed. III, memb. 5). Bréquigny aurait pu ajouter que le jour même où Édouard restituait à Eustache quelques-uns de ses biens, c’est-à-dire le 8 octobre 1347, il distribuait encore à trois Anglais, à Jean Goldbeter, à Jean Clerc de Londres, à Jean Dalmaigne, des propriétés qui avaient appartenu à ce même Eustache de Saint-Pierre. Il suffit de citer les arguments de Bréquigny pour montrer qu’ils n’infirment nullement le témoignage de Jean le Bel et de Froissart. Eustache de Saint-Pierre, âgé de soixante ans lors de la capitulation, puisque dans un acte de 1335, où il figure comme témoin, il déclare avoir quarante-huit ans, aura voulu mourir dans sa ville natale, dans cette ville qui lui avait inspiré son dévouement: en quoi cela est-il en contradiction avec le récit de Froissart? Voyez l’excellent livre de M. Auguste Lebeau, intitulé:Dissertation sur le dévouement d’Eustache de Saint-Pierre et de ses compagnons en 1347, Calais, 1839, in-12 de 232 pages.[113]Comme l’a fait observer Dacier (p. 354 de son éd. de Froissart, note 1), cette date n’est pas tout à fait exacte: c’est une des nombreuses erreurs empruntées par Froissart à Jean le Bel (t. II, p. 139). La tête de la décollation de Saint-Jean tombe le 29 août, et le roi d’Angleterre, au rapport de Robert de Avesbury (Hist. Ed. III, p. 140) n’arriva devant Calais que le 3 septembre. D’après le même historien (Ibid., p. 166), cette ville se rendit le vendredi 3 août, le lendemain du décampement de Philippe de Valois et de son armée: le siége avait duré par conséquent juste onze mois.[114]«Dominus rex, semper misericors et benignus,captis et retentispaucis de majoribus, communitatem dictæ villæ cum bonis suis omnibus graciose permisit abire, dictamque villam suo retinuit imperio subjugatam.» (Robert de Avesbury, p. 167.) D’après Gilles li Muisis, Édouard III laissa à Calais vingt-deux des plus riches bourgeois «pour rensegnier les hiretages», selon l’expression de Froissart. Eustache de Saint-Pierre était désigné par sa position de fortune et la considération qui l’entourait pour être l’un de ces vingt-deux; ainsi s’expliquent les faveurs,très-relatives, d’Édouard en faveur d’Eustache: «....pro bona dispositione villæ Calesii, quousque de statu ejusdem Eustachii duxerimus providendum.»[115]Cette erreur a été empruntée par Froissart à Jean le Bel (t. II, p. 140). Philippe de Valois, par une ordonnance antérieure au 7 septembre 1347 et qui fut renouvelée en septembre 1349 (Arch. nat., JJ78, p. 162 et 169) fit don de toutes les forfaitures qui viendraient à échoir dans le royaume aux habitants de Calais chassés de leur ville par les Anglais; le 7 septembre 1347, il accorda aux dits habitants, en considération des pertes que leur avaient fait éprouver les ennemis, tous les offices dont la nomination lui appartenait ou au duc de Normandie, son fils aîné (Arch. nat., K187, liasse 2, p. 97; une copie de cette pièce originale: JJ68, p. 245, est datée d’Amiens le 8 septembre). Enfin le 10 septembre suivant, il leur octroya, par une nouvelle ordonnance, un grand nombre de priviléges et franchises qui furent confirmés sous les règnes suivants (Recueil des Ordonnances, t. IV, p. 606 et suivantes). Ces promesses ne restèrent pas à l’état de lettre morte; un grand nombre d’actes authentiques attestent qu’elles furent tenues. En mai 1348, le roi de France donne une maison sise à Provins à Thomas de Hallangues, bourgeois et habitant de Calais (JJ76, p. 10); en septembre 1349, il concède les biens confisqués d’un usurier lombard, sis au bailliage de Vitry, à Colart de Londeners, jadis bourgeois de Calais, «en consideration de ce qu’il a souffert au siège de cette ville» (JJ68, p. 390); le 9 mars 1350, il indemnise Mabille, veuve d’Enguerrand dit Estrecletrop et Marguerite, fille de feu Lenoir, sœurs, lesquelles avaient perdu leurs biens durant le siége de Calais (JJ80, p. 226). En juillet 1351, Jean de Boulogne, comte de Montfort, lieutenant du roi Jean, son neveu ès parties de Picardie et sur les frontières de Flandres, donne à Jean du Fresne le Jeune, fils de Jean du Fresne, à présent prévôt de Montreuil,jadis bourgeois de Calais, des biens sis à Bouvines et en la comté de Guines confisqués sur Gillebert d’Aire qui est allé demeurer à Calais avec les Anglais. JJ82, p. 271.[116]Gui de Boulogne n’eut aucune part à ces trêves qui furent conclues le 28 septembre 1347. Les médiateurs furent les cardinaux Annibal Ceccano et Étienne Aubert. La trêve ne devait durer que quinze jours après la fête de Saint-Jean-Baptiste de l’année 1348, c’est-à-dire environ dix mois, et non pas deux ans, comme l’avance le chroniqueur trompé sans doute par les prolongations accordées à différentes reprises. Froissart se trompe aussi en disant que la Bretagne fut exceptée de ces trêves. (Rymer,Fœdera, vol. III, p. 136 à 138.) Dacier avait déjà rectifié Froissart sur tous ces points. Voyez son édit. de Froissart, p. 356, note 2.[117]C’est Jean de Montgommery, et non Aimeri de Pavie, qui fut nommé capitaine de Calais, avant le départ du roi d’Angleterre, le 8 octobre 1347 (Rymer, vol. III, p. 138). Jean de Montgommery fut remplacé le 1erdécembre de cette même année par Jean de Chivereston (Ibid., p. 142). C’est seulement le 24 avril 1348 qu’Édouard nomme son amé Aimeri de Pavie, non capitaine de Calais, mais capitaine et conduiseur de ses galées et de tous les arbalétriers et mariniers montant les dites galées (Ibid., p. 159). Aimeri de Pavie, chargé sans doute comme capitaine des galées de défendre les approches de Calais du côté de la mer, remplit-il en outre par intérim ou autrement les fonctions de gouverneur de cette ville? On en est réduit sur ce point à des suppositions.[118]Le 12 août 1347, le roi d’Angleterre fit annoncer par tout son royaume qu’il concéderait des maisons, des rentes et ferait toute sorte d’avantages à ceux de ses sujets qui voudraient s’établir à Calais avant le 1erseptembre suivant. V. Rymer, vol. III, p. 130.[119]Le 3 décembre 1347, Édouard confirma les statuts donnés à la ville de Calais en 1317 par Mahaut, comtesse d’Artois. (Rymer, vol. III, p. 142 à 144.) Les dispositions que le roi avait ajoutées à ces statuts dès le 8 octobre 1347 sont relativement libérales. (Ibid., p. 139.) V. Bréquigny,Mém. de l’Académie des Inscriptions, t. 50, p. 623 à 627.[120]Le témoignage de Froissart est contredit par George de Lesnen, médecin de Charles de Blois, et Olivier de Bignon, son valet de chambre, qui déclarent, dans l’enquête faite pour la canonisation de ce prince, que les Anglais le soumirent à une captivité très-dure. V. dom Morice,Hist. de Bretagne, t. II desPreuves, p. 6 et 7.[121]Charles de Blois était fils de Marguerite, et Philippe de Hainaut était fille de Jeanne, toutes deux sœurs de Philippe de Valois.CHAPITRE LXVII.[122]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.LXXXII, p. 143 à 145.[123]Les Écossais étaient cependant compris dans ces trêves comme alliés de la France. V. Arch. Nat., sect. hist., J636, nº 21.[124]Corrèze, arr. Brive, un peu au nord de cette ville, à peu près à égale distance des deux rivières de Corrèze et de Vézère. En 1355, le fils de Guiraud de Ventadour, seigneur de Donzenac, nommé Bernard de Ventadour et châtelain de Beyssac (auj. château de Saint-Augustin, Corrèze, arr. Tulle, c. Corrèze) joua un tour du même genre à Pierrede Mulceone, seigneur de Bar (Corrèze, arr. Tulle, c. Corrèze). Il s’introduisit dans le château de Bar avec seize hommes armés en disant que les Anglais établis à Beaumont (Corrèze, arr. Tulle, c. Seilhac) le poursuivaient et y vola deux mille sommées de blé, soixante lards et six mille cinq cents deniers de bon or à l’ange, aupavillon, à lachaire, à l’agneau, à l’écu(Arch. nat., X2a6, fos416 à 424). Le 15 mars 1362, Guiraud de Ventadour, seigneur de Donzenac, prêta serment de fidélité au roi d’Angleterre représenté par Jean Chandos, vicomte de Saint-Sauveur, lieutenant dudit roi; il s’engagea en outre à faire prêter serment à tous ses tenanciers et à rapporter leurs noms à Chandos ou à son sénéchal. V. Bardonnet,Procès-verbal à Jean Chandos des places françaises abandonnées par le traité de Brétigny, Niort, 1870, in-8, p. 115.[125]Comborn, autrefois siége d’une vicomté, est aujourd’hui un château ruiné de la commune d’Orgnac, Corrèze, arr. Brive, c. Vigeois; ce château est situé sur la rive droite de la Vézère. Le 23 octobre 1363, à Poitiers, en l’église Saint-Maixent, Archambaud,vicomte de Comborn, prêta serment de fidélité, tant en son nom qu’au nom de Marie sa femme, à Édouard, fils aîné du roi d’Angleterre, prince d’Aquitaine et de Galles, duc de Cornouaille et comte de Chester. V. Delpit,Documents français conservés en Angleterre, p. 114.[126]Ce Bacon est peut-être Jean Bacon, écuyer, fils de Guillaume Bacon, seigneur du Molay (Calvados, arr. Bayeux, c. Balleroy), exécuté pour crime de lèse-majesté, au commencement de l’année 1344. Comme les biens de sa famille avaient été confisqués, Jean Bacon put être plus vivement tenté de refaire sa fortune par le brigandage; et la guerre en Limousin entre les partisans de Jeanne de Penthièvre et ceux de Jeanne de Montfort lui en fournissait l’occasion. Comme il faisait cette guerre de partisan au service ou du moins sous le couvert de la maison de Blois, le roi de France le combla de faveurs.[127]Croquart figure en effet le premier sur la liste des quinze gens d’armes qui, réunis à sept chevaliers et à huit écuyers, composaient les trente champions du parti anglais.CHAPITRE LXVIII.[128]Geoffroi de Charny, seigneur de Pierre-Perthuis, de Montfort et de Savoisy, avait servi, en qualité de bachelier, avec six écuyers dans la bataille de Raoul, comte d’Eu, connétable de France, du 9 mars 1339 au 1eroctobre 1340, sur les frontières de Flandre; il était venu de Pierre-Perthuis sous Vézelay (Yonne, arr. Avallon, c. Vézelay;--De Camps, portef. 83, fº 317, à la Bibl. nat.). Le 2 août 1346, Geoffroi promu chevalier était au siége devant Aiguillon où, par acte daté de Port-Sainte-Marie, il donnait quittance de 150 livres sur ses gages et ceux des gens d’armes de sa compagnie (Anselme,hist. généal., t. VIII, p. 202); le 6 janvier 1352, il était chevalier de l’ordre de l’Étoile de la première promotion (Pannier,hist. de Saint-Ouen, p. 95 et 96); le 10 septembre 1352, il était à l’abbaye d’Ardres où il faisait payer 50 livres à Robert de Varennes, capitaine de la bastide de Guines (Anselme,Ibid., p. 203); en octobre 1353, dans un acte où il est qualifié «conseiller du roi», il obtenait l’amortissement de 62 livres 10 sous tournois pour la dotation d’une chapelle ou église collégiale dont il avait projeté la fondation dès 1343 dans son manoir de Lirey (Aube, arr. Troyes, c. Bouilly;--JJ82, p. 28); en juillet 1356 il était gratifié par le roi Jean de deux maisons confisquées sur Joceran de Mâcon et sises à Paris, l’une en face l’église Saint-Eustache, et l’autre à la Ville-l’Évêque, et cette donation était confirmée le 21 novembre 1356, à la requête de Jeanne de Vergy sa veuve, par Charles duc de Normandie, en faveur de Geoffroi de Charny, fils mineur du dit Geoffroi «tué à la bataille livrée dernièrement près de Poitiers.» (Arch. nat., JJ84, p. 671.) Geoffroi de Charny avait été choisi, en effet, le 25 juin 1355, pour porter l’oriflamme, et il se fit tuer à Poitiers en couvrant le roi Jean de son corps. Comme Boucicaut, comme le petit sénéchal d’Eu, comme Jean de Saintré et la plupart des chevaliers de son temps, Geoffroi de Charny était lettré; il est l’auteur d’un ouvrage en prose intitulé: «Demandes pour le tournoy que je, Geoffroi de Charni, fais à haut et puissant prince des chevaliers de Nostre Dame de la Noble Maison.» (Galland,Mém. de l’Acad. des Inscriptions, t. II, p. 739.) M. Léopold Pannier a bien voulu nous signaler en outre dans le ms. nº 25447 du fonds français, à la Bibliothèque nationale, une pièce de vers inédite dont l’auteur est un Geoffroi de Charny.[129]Cette date, confirmée par lesGrandes Chroniques de France(éd. P. Paris, t. V, p. 491) et par Robert de Avesbury (181), est donnée par vingt manuscrits de la première rédaction proprement dite (p. 313) qui sont ici plus exacts que ceux de la première rédaction revisée.

[1]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.LXXIIIetLXXIV, p. 95 à 103.

[2]D’après Michel de Northburgh, chapelain et confesseur d’Édouard III, qui accompagnait ce prince dans l’expédition de 1346, les Anglais arrivèrent devant Calais le 2 septembre 1346. (Hist. Ed. III, par Robert de Avesbury, p. 140 et 141.) Ainsi le roi d’Angleterre mit le siége devant cette place forte une semaine seulement après sa victoire de Crécy. On nous permettra de citer ici une pièce d’une importance capitale, relative à l’incident le plus décisif de cette dernière bataille, que nous avons connue postérieurement à la publication du troisième volume de notre édition. En novembre 1375, des lettres de rémission furent octroyées à Pierre Coquet, âgé de cinquante ans, de l’Étoile (Somme, arr. Amiens, c. Picquigny), «du fait de la mort des Geneuoizet autres estrangiers qui, après la desordenance qui fu sur la rivière de Somme quant Edwart d’Angleterre nostre adversaire et ses alliez passèrent la Blanche Tache, et au retour du conflict de la bataille de Crecy,trente ans aou environ, avinten plusieurs lieuxou pais de Picardie,pour ce que renommée et voix publique couroit que yceulx Geneuois et estrangiers avoient tray le roy Phelippe nostre ayeul, que Dieu absoille, nostre dit ayeul fesist dès lors general remission et abolicion.... de ce que ou temps dessus ditot aucuns des diz Geneuoys ou autres estrangiers occis, en la ville de l’Estoille sur la dite rivière de Somme, à une lieue de Lonc en Pontieu ou environ où il demouroit et encore demoure, par les habitanz d’icelle. (Arch. nat., sect. hist., JJ107, fº 150, p. 310.)

[3]D’après la plupart des manuscrits de Froissart, Jean de Vienne aurait appartenu à une famille de Champagne; mais c’est une erreur: le défenseur de Calais descendait d’une des plus illustres familles de Bourgogne. Jean de Vienne, de la branche des seigneurs de Pagny et de Seignelay, l’un des quatre fils de Jean de Vienne et de Jeanne de Genève, seigneur de Pollans et de Rothelanges, reçut le 14 novembre 1338 une pension sur le trésor royal de cent livres portée à trois cents le 17 septembre 1340 et à six cents en 1348; il mourut à Paris le 4 août 1361 (Anselme,hist. généal., t. VII, p. 806). Il faut bien se garder de confondre le héros du siége de Calais avec Jean de Vienne, amiral de France sous Charles V, de la branche des seigneurs de Rollans, de Clairvaux et de Listenois.

[4]Il s’agit sans doute ici de la rivière de Hem qui passe à Guines et vient se jeter dans la mer à Calais.

[5]Le pont de Nieuley se trouvait près de remplacement qu’occupe aujourd’hui le fort de Nieuley, au sud-ouest de Calais, dans le voisinage de labasse ville, du côté de Sangatte; il était jeté sur la rivière de Hem.

[6]Le siége d’Aiguillon fut levé dès le 20 août (v. t. III de notre édition, sommaire, p.XXXII, note 2 [note 132 de l’édition Gutenberg]); et Philippe de Bourgogne ne mourut que le 22 septembre 1346. Par conséquent si Grimouton de Chambly fut fait prisonnier avant le 26 août, il ne put donner à Gautier de Mauny des nouvelles de la journée de Crécy. Froissart se trompe en attribuant à Philippe le titre de duc de Bourgogne. Philippe, marié en 1338 à Jeanne, comtesse d’Auvergne et de Boulogne, était simplement le fils et l’héritier présomptif du duc Eudes IV qui ne mourut qu’en 1350.

[7]Philippe de Chambly, dit Grismouton, était, comme le dit Froissart, un des favoris du duc de Normandie. Par lettres datées d’Arras en août 1347, Jean, duc de Normandie, céda à son amé et féal chevalier Philippe de Chambly, dit Grismouton, frère de son amé et féal Pierre de Chambly, chevalier, moyennant 1000 livres tournois, une rente de 100 livres sur les halles et moulins de Rouen achetée 1000 livres de Pierre de Chambly et donnée par Philippe de Valois à son fils aîné (Arch. nat., sect. hist., JJ68, p. 198, fº 108).

[8]Nous apprenons par une lettre de Derby (Robert de Avesbury, p. 143) qu’avant le 20 septembre des gens de la suite de Gautier de Mauny avaient été arrêtés, malgré leur sauf-conduit, à Saint-Jean-d’Angély d’où Gautier lui-même s’était sauvé à grand’peine avec deux compagnons.

[9]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.LXXV, p. 106 à 108.

[10]Le comte de Derby ne se tint pas à Bordeaux, au moins pendant le dernier mois du siége d’Aiguillon. Le 12 août 1346, il partit de la Réole pour Bergerac, et il reçut dans cette ville des messagers du duc de Normandie, qui venaient lui demander une trêve; il ne voulut pas l’accorder, parce qu’il venait d’apprendre le débarquement d’Édouard III en Normandie, et c’est sans doute la nouvelle de ce débarquement qui força le fils du roi de France à lever précipitamment le siége d’Aiguillon. Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 141 et 142.

[11]Le 12 septembre 1346, Derby inaugura cette chevauchée en Saintonge par la prise d’Aubeterre (Aubeterre-sur-Dronne, Charente, arr. Barbezieux) suivie de celle de Chateauneuf-sur-Charente (Charente, arr. Cognac). Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 142 et 143.

[12]Derby dit dans sa lettre déjà citée qu’il avait seulement mille hommes d’armes.Ibid., p. 242.

[13]Peut-être Mirambeau (Charente-Inférieure, arr. Jonzac). D’après Jean le Bel, dont Froissart reproduit ici la narration, en intervertissant l’ordre des faits d’une manière très-malheureuse, Derby prit successivement Taillebourg, Surgères, Aulnay, Saint-Jean-d’Angély, Niort, Saint-Maixent, Lusignan, Vivonne, Montreuil-Bonnin, Poitiers.

[14]Aujourd’hui Aulnay-de-Saintonge, Charente-Inférieure, arrond. Saint-Jean-d’Angély.

[15]Charente-Inférieure, arr. Rochefort-sur-Mer.

[16]Charente-Inférieure, arr. la Rochelle, c. Courçon.

[17]Charente-Inférieure, arr. la Rochelle.

[18]Mortagne-sur-Gironde, Charente-Inférieure, arr. Saintes, c. Cozes.

[19]L’assaut de Lusignan précédé et suivi de la prise de Mortagne et de Taillebourg semblerait indiquer Saint-Germain-de-Lusignan (Charente-Inférieure, arr. et c. Jonzac); mais on voit par la lettre de Derby que le Lusignan qui fut pris par les Anglais est le célèbre Lusignan au Poitou (Vienne, arr. Poitiers).

[20]Charente-Inférieure, arr. Saint-Jean-d’Angély, c. Saint-Savinien.

[21]La prise de Saint-Jean-d’Angély, qui suivit celle de Saintes (Grandes Chroniques, éd. in-12, t. V, p. 464 et 465), eut lieu vers le 21 septembre 1346; Derby resta huit jours dans cette ville. Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 143.

[22]Deux-Sèvres, arr. Niort.

[23]Vienne, arr. Poitiers, c. Vouillé. Il n’est question dans la lettre de Derby ni de l’attaque de Niort ni de la prise de Saint-Maixent et de Montreuil-Bonnin. Henri de Lancastre dit seulement qu’en chevauchant de Saint-Jean-d’Angély vers Poitiers, il s’empara du château de Lusignan, l’un des plus forts de France et de Gascogne, et qu’il y laissa une garnison de cent hommes d’armes, sans compter les gens de pied.Ibid.p. 143 et 144.

[24]D’après la lettre de Derby, Poitiers tomba au pouvoir des Anglais «le proschein mersquerdy après le Seint Michel», c’est-à-dire le 4 octobre 1346.Ibid., p. 144.

[25]L’évêque de Poitiers et quatre barons qui avaient essayé de résister aux envahisseurs, s’étant sauvés à la prise de la ville, les Anglais firent main basse sur tout ce qu’ils trouvèrent. Harbert Bellant, l’un des seize hommes d’armes de la garnison de Poitiers, fut dépouillé de tous ses biens meubles évalués six mille livres. (Arch. nat., sect. hist., JJ81, p. 450.) «.... apparuit episcopum, capitula, collegia et alias gentes ecclesie ville Pictavis, in capcione facta per inimicos nostros de dicta villa, omnia bona que tunc habebant, libros, calices, vestimenta, vasa argentea.... amisisse....» Il résulte d’une enquête faite en 1351 que les parties du diocèse de Poitiers qui souffrirent le plus, tant de la chevauchée de Henri de Lancastre en 1346 que de la peste de 1348, ce furent les archiprêtrés et lieuxde Lisigniaco(Lusignan, Vienne, arr. Poitiers),de Sanxaio(Sanxay, Vienne, arr. Poitiers, c. Lusignan),de Boyno(Bouin, Deux-Sèvres, arr. Melle, c. Chef-Boutonne),de Roffiaco(Rouffiac-d’Aubeterre, Charente, arr. Barbezieux, c. Aubeterre),de Romio(Rom, Deux-Sèvres, arr. Melle, c. Lezay),de Chauniaco(Chaunay, Vienne, arr. Civray, c. Couhé),de Exoduno(Issoudun, Creuse, arr. Aubusson, c. Chénérailles), et partie des archiprêtrés et lieuxde Gencayo(Gençay, Vienne, arr. Civray) et de Melle. JJ80, 778.

[26]Derby dit qu’il resta à Poitiers huit jours seulement, après quoi il revint à Saint-Jean-d’Angély d’où est datée la curieuse lettre qui contient le récit de son expédition. Aux conquêtes de Derby mentionnées plus haut, des pièces du Trésor des Chartes nous autorisent à ajouter Tonnay-Charente (JJ76, p. 821), le château de Soubize (JJ81, p. 147), les châtellenies de Loudun (JJ80, p. 577), de Soubize, de Taillebourg (JJ77, p. 34) et la plupart des forteresses de Saintonge, Poitou et Périgord (JJ77, p. 51).

[27]Derby était de retour à Londres le 14 janvier 1347, jour où il s’entretint à la Tour avec David Bruce, roi d’Écosse.

[28]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.LXXVI, p. 109 à 114.

[29]Les Écossais, qui avaient été compris dans la trêve de Malestroit du 18 janvier 1343 comme alliés de la France (Arch. nat., sect. hist., J636, nº 17), furent aussi compris au même titre dans la trêve de Calais du 28 septembre 1347 (J636, nº 21). Dans le poëme de Laurent Minot sur la campagne qui aboutit à la victoire des Anglais à Nevill’s Cross, le poëte prête à David Bruce des paroles où le roi d’Écosse, vaincu et prisonnier, attribue son malheur aux conseils de Philippe de Valois et de Jean son fils.

[30]Un clerc du diocèse d’York, nommé Thomas Samson, dans une lettre conservée à la Bibliothèque Bodléienne, à Oxford, qui est relative à la bataille de Durham ou de Nevill’s Cross et contemporaine de cet événement, Thomas Samson, dis-je, fait ainsi le dénombrement des forces écossaises: «baronets, chivalers et gents d’armes noumbrés entour deux mille, et alteres armés envirun vingt mille, et des comunes ou lances, haches et arcs, près de quarante mille.» Kervyn de Lettenhove,Œuvres de Froissart, t. V, p. 489.

[31]Old Roxburgh, château aujourd’hui détruit, non loin de Kelso, près du confluent des rivières de Teviot et de Tweed.

[32]Aujourd’hui Alnwick, dans le Northumberland, entre Berwick-upon-Tweed et Newcastle-upon-Tyne. Ce fief devint au commencement du quatorzième siècle la propriété de lord Henri de Percy, et prit le nom de cette illustre famille normande, tige des ducs de Northumberland.

[33]SurUrcol, voy. le tome I de notre édition, sommaire, p.CLXX, note 1 [note 225 de l'édition Gutenberg].

[34]D’après la lettre de Thomas Samson, citée plus haut, l’armée anglaise, composée de mille hommes d’armes, de millehobbiliersou cavaliers armés à la légère, de dix mille archers et de vingt mille gens des communes, fut divisée en trois corps ouéchelles: la première sous les ordres des seigneurs de Percy et de Nevill, la seconde que commandait l’archevêque d’York en personne, la troisième, qui formait l’arrière-garde, sous la conduite du seigneur de Mowbray.

[35]La bataille se livra, non dans les environs de Newcastle, comme Froissart semble l’indiquer, mais beaucoup plus au sud et tout près de Durham, en un lieu de la banlieue méridionale de cette ville, appelé Nevill’s Cross:ad crucem Nevyle in campo juxta Durham, dit Robert de Avesbury. Aussi tous les historiens anglais désignent-ils cette bataille sous le nom de bataille de Durham ou de Nevill’s Cross.

[36]D’après Thomas Samson,Robertde Avesbury et Knyghton, la bataille de Durham ou de Nevill’s Cross se livra le 17 octobre 1346, veille de Saint-Luc. Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 145.

[37]Le château de Copeland ou Coupland, qui appartenait à cet écuyer, est situé dans le comté de Northumberland et le district de Kirk-Newton, sur la rivière de Glen; il a été rebâti par les Wallace au commencement du dix-septième siècle.

[38]Aujourd’hui Ogle ou Ogles, dans le comté de Northumberland, au nord de Newcastle et au sud-ouest de Morpeth; on voit encore les ruines du château à motte féodale où Jean de Copeland mit en sûreté sa royale capture.

[39]Le comté de Fife, en Écosse, est borné au nord par le golfe de Tay, à l’est par la mer du Nord, au sud par le golfe de Forth, à l’ouest par les comtés de Perth, de Kinross et de Clackmann. Duncan, comte de Fife, ne fut pas tué, comme le dit Froissart, mais seulement fait prisonnier; et ordre fut donné le 8 décembre 1346 de le conduire à la Tour de Londres. Rymer,Fœdera, vol. III, p. 95.

[40]L’ancien comté de Buchan formait autrefois une des quatre subdivisions du comté d’Aberdeen; il correspond aux districts actuels de Deer et d’Ellon.

[41]Le comté de Sutherland est, comme chacun sait, à la pointe septentrionale de l’Écosse. Walsingham et Boethius disent que le comte de Sutherland fut fait prisonnier.

[42]Ancien comté, aujourd’hui district des comtés de Nairn et d’Inverness, en Écosse, à l’ouest du comté d’Elgin ou de Moray. Maurice de Murray, comte de Strathdearn, fut tué à Nevill’s Cross, au témoignage non-seulement de Froissart, mais encore de Robert de Avesbury (p. 14) et de Thomas Samson.

[43]La seigneurie de Marr, à laquelle était attaché le titre de comte, est un ancien district du comté d’Aberdeen, en Écosse.

[44]Jean de Douglas ne fut pas tué, mais fait prisonnier par Robert de Ogle et Robert Bertram. Rymer, vol. III, p. 95.

[45]Ce fut Guillaume Fraser, et non Simon Fraser, qui fut tué à la bataille de Nevill’s Cross. VoyezAnnals of Scotlandby lord Hailes, éd. de 1797, vol. III, p. 108.

[46]Alexandre de Ramsey ne fut pas tué, mais fait prisonnier par Jean de Ever. Rymer, vol. III, p. 95.

[47]Jean ou John Randolph, comte de Murray, fut tué et non fait prisonnier. Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 145.

[48]Il s’agit ici de Patrick, comte de Dunbar et de March. Dunbar, siége d’un comté et forteresse très-importante au moyen âge, est aujourd’hui une ville du comté de Haddington, en Écosse. Patrick de Dunbar, comte de March, ne fut pas tué, mais fait prisonnier par Raoul de Nevill. (Rymer, vol. III, p. 95.)

[49]Guillaume de Douglas l’aîné fut en effet fait prisonnier par Guillaume Deincourt. (Rymer, vol. III, p. 95.) Thomas Samson mentionne un autre Guillaume Douglas qu’il appelle «monsir William Douglas le frère» et «monsir Henri Douglas, le frère monsir William» comme ayant été faits prisonniers à Nevill’s Cross.

[50]Ce curieux passage ne se trouve que dans la rédaction de Rome.

[51]Cette mention de la présence de Philippe de Hainaut à Newcastle pendant que se livrait la bataille de Nevill’s Cross est une erreur que Froissart a empruntée à Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 110). La reine d’Angleterre dut passer la mer vers le 10 septembre, car des lettres de sauvegarde furent délivrées à quatre personnes qui devaient l’accompagner dans son voyage sur le continent, et ces lettres devaient avoir leur effet depuis le 10 septembre jusqu’à Noel 1346. (Rymer,Fœdera, vol. III, p. 90). On conserve d’ailleurs aux archives de Mons une charte qui prouve que le jour même où se livrait la bataille de Nevill’s Cross, c’est-à-dire le 17 octobre 1346, Philippe de Hainaut se trouvait à Ypres avec sa sœur l’impératrice Marguerite.

[52]Des lettres de félicitation et de remerciment, datées de la Tour de Londres le 20 octobre 1346, furent adressées à l’occasion de la victoire de Nevill’s Cross par Lionel, régent du royaume en l’absence du roi son père, à Guillaume de la Zouche, archevêque d’York, et à onze seigneurs du nord de l’Angleterre parmi lesquels figure Jean de Copeland. Rymer,Fœodera, vol. III, p. 91 et 92.

[53]Le 20 janvier 1347, le roi d’Angleterre assigne à son amé Jean de Copeland, qui lui a livré David Bruce, roi d’Écosse, son prisonnier, cinq cents livres de rente annuelle et perpétuelle sur les ports de Londres et de Berwick et en outre cent livres de rente annuelle et viagère sur le port de Newcastle pour son service de banneret. Rymer,Fœdera, vol. III, p. 102 et 103.

[54]Ce n’est pas le comte de Murray tué à la bataille, mais les comtes de Fife et de Menteith qui furent enfermés à la Tour de Londres.

[55]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.LXXVII, p. 115 à 118.

[56]Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer.

[57]Auj. Hames-Boucres, Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c. Guines.

[58]Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c. Samer.

[59]Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Audruicq.

[60]Auj. Bayenghem-lez-Eperlecques, Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Ardres.

[61]Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c. Guines.

[62]Auj. hameau de Zutkerque, Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Audruicq.

[63]Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer. c. Aire-sur-la-Lys.

[64]Philippe de Valois fait sans doute allusion à ce siége dans une charte d’avril 1347, où il amortit mille livres de terre en faveur des hôpitaux et maladreries de Béthune «pour ce que nos amez les eschevins, prevost, maieur et comunauté de la ville de Betuneont esté moult domagiet ceste presente annéepour cause de noz guerres et leurs maisons arses.» (Arch. nat., sect. hist., JJ68, p. 168.) D’autres pièces du 27 octobre 1346 (JJ81, p. 944), de janvier 1347 (JJ81, p. 950), de février 1347 (JJ81, p. 945, 946 et 948), de mars 1347 (JJ81, p. 947), de juillet 1347 (JJ68, p. 331 et JJ81, p. 949) contiennent des confirmations ou concessions de priviléges en faveur des habitants de Béthune. La plus importante de ces donations est celle de la ville de la Gorgue (Nord, arr. Hazebrouck, c. Merville) située au nord de Béthune entre cette ville et Armentières (JJ81, p. 948).

[65]Louis, III du nom, dit de Male, comte de Flandre, de Nevers et de Rethel, baron de Donzy.

[66]Mahieu Legier de Mouy fut le négociateur employé par le roi de France, avant le 10 janvier 1347, pour ses «besoignes secretez ès parties de Brebant». Arch. nat., JJ68, p. 128.

[67]Par lettres de janvier 1347 (n. st.) le roi de France autorise le comte de Flandre à aller et venir en Flandre, espérant que «pour la presence de lui en son pais de Flandre les habitans et subgez d’icellui se porteront et auront envers lui comme bons et vrais subgez.... en se retraiant et delaissant de leurs simples et indeues emprises et assemblées.» (Arch. nat., sect. hist., JJ77, p. 42.) Louis de Male fit sa première entrée à Bruges le 23 janvier 1347.Inventaire des Archives de Bruges, in-4º, Bruges, 1871, p. 500.

[68]Un contrat, stipulant promesse de mariage et fiançailles entre le comte de Flandre et Isabelle d’Angleterre, fut signé par Louis de Male, à Dunkerque, le 3 mars 1347. Édouard III donnait pour dot à sa fille le comté de Ponthieu et Montreuil, ou en échange vingt-cinq mille livrées de terre, et en outre, comme cadeau de mariage, quatre cent mille deniers d’or à l’écu. L’instrument authentique de ce contrat fut délivré solennellement par le chancelier du comte de Flandre, le 14 mars 1347, à Bergues, comme le dit Froissart, en présence du roi d’Angleterre, du marquis de Juliers, de Guillaume comte de Northampton, de Renaud de Cobham, de Barthélemy de Burghersh et de Jean Darcy le Jeune. Rymer,Fœdera, vol. III, p. 111 et 112.

[69]Louis de Male dut s’échapper de Flandre entre le 14 mars et les Pâques suivantes, c’est-à-dire le 1eravril 1347. Le principal instigateur de cette évasion fut un seigneur à la dévotion du roi de France, nommé Marquet du Galleel, chambellan et écuyer du jeune comte. Par lettres datées de Montdidier enmai1347, Philippe de Valois assigne cent livrées de rente à parisis à prendre sur le havage des grains et argent appartenant au havage de Vernon, à son amé et féal Marquet du Galleel, chambellan et écuyer du comte de Flandre, «par le conseil duquel, avecques la très grant loiauté de nostre dit cousin, nostre dit cousin est,en grant peril de son corps et de son estat, venu devers nous et parti d’avec noz anemis et de leur plus grant povoir....» Bibl. nat., dép. des mss.,Chartes royales, t. II, p. 161.

[70]Robert de Namur était fils de Jean Ier, comte de Namur, et de Marie d’Artois. Froissart écrivit la première rédaction du premier livre de sesChroniquesà l’instigation et sous le patronage de ce pensionnaire d’Édouard III, personnage à la fois si important et si détesté du roi de France, que le roi d’Angleterre, en concluant les trêves du 28 septembre 1347, du 18 novembre 1348 et du 30 juin 1350, eut soin de stipuler que Robert de Namur y était compris. (Rymer,Fœdera, vol. III, p. 137, 177, 197.) Ce passage sur Robert de Namur, ajouté par Froissart au texte de Jean le Bel, a été retranché dans la seconde rédaction de son premier livre écrite sous le patronage d’un prince de la maison de France, de Gui de Blois.

[71]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.LXXIX, p. 123 à 126.

[72]Cette trêve, conclue le 19 janvier 1343, devait durer jusqu’à la Saint-Michel 1343 et de là en trois ans, c’est-à-dire jusqu’à la Saint-Michel 1346. Voyez le sommaire du t. III de notre édition, p.VIIIetIX.

[73]Cette assertion de Froissart est erronée. La trêve de Malestroit fut toujours fort mal observée, comme l’atteste, entre beaucoup d’autres témoignages, la pièce suivante dont on nous saura gré peut-être de donner l’analyse, ne fût-ce qu’à cause de la rareté des actes relatifs à cette période de la vie de Charles de Blois. Par acte donné «en noz tentes devant Guérande» le 18 août 1344, Charles, duc de Bretagne, vicomte de Limoges, sire de Guise et de Mayenne, charge son sénéchal de Dinan, Olivier de Morzelle, de faire une enquête sur une demande d’un marché fixé au dimanche présentée par son amé Alain de Rochefort en faveur de la ville de Ploer (auj. Plouer, Côtes-du-Nord, ar. et c. Dinan). Une réponse favorable à la demande d’Alain de Rochefort, délibérée aux plaids de Dinan, tenus le jeudi après la Saint-Lucas 1344, en présence de Geffroy Lebart, de Robin Braon, de Pierre Leroy, receveur de Dinan, de Trehan Ploret, de Lucas Lebouteiller, de Jean Terbuille, de Jean Leroy, après bans faits par le sergent Olivier Lemée, une réponse favorable, dis-je, est transmise à Charles qui accorde à Alain de Rochefort, en dédommagement de «dommages qu’il sueffre de jour en jour à cause de noz guerres» le marché demandé, par lettres scellées du sceau de sa chancellerie de Guingamp le 25 novembre 1344 et confirmées par le roi de France en février 1346 (n. st.) Arch. nat., sect. hist., JJ68, p. 161, fº 87.

[74]Le 10 janvier 1347, Édouard III nomme son amé et féal Thomas de Dagworth lieutenant et capitaine dans le duché de Bretagne. Rymer,Fœdera, vol. III, p. 100.

[75]Côtes-du-Nord, ar. Lannion. Froissart, reproduisant une erreur de Jean le Bel (v. p. 124), dit que la forteresse de la Roche-Derrien fut prise par Thomas de Dagworth, ce qui reporterait la date de cet événement à la fin de janvier 1347 au plus tôt; en l’absence d’actes à date certaine, il y a lieu de préférer aux données vagues et incertaines, quand elles ne sont pas inexactes, de Jean le Bel et de Froissart, le récit très-précis et très-circonstancié desGrandes Chroniquesd’après lequel le château de la Roche-Derrien se rendit à Guillaume de Bohun, comte de Northampton, en décembre 1345. Voyez l’édit. de M. P. Paris, in-12, t. V, p. 443 et 444.

[76]D’après une lettre adressée en Angleterre par Thomas de Dagworth, qui est, comme nous dirions aujourd’hui, lebulletinde la bataille rédigé par le vainqueur, l’armée de Charles de Blois se composait de douze cents chevaliers et écuyers, de six cents autres gens d’armes, de six cents archers du pays et de deux mille arbalétriers, sans compter les gens de commune. Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 159.

[77]D’après lesGrandes Chroniques(t. V, p. 472), ces engins étaient au nombre de neuf, dont un, d’une dimension énorme, lançait des pierres pesant trois cents livres. Du reste, tout le récit de la bataille de la Roche-Derrien dans lesGrandes Chroniques(p. 471 à 478), par l’étendue des développements, par l’abondance des détails et des particularités, par la précision des indications locales qu’il renferme, semble écrit par un témoin oculaire ou du moins sous sa dictée.

[78]Il y a tout lieu de penser, selon l’observation de dom François Plaine, que la comtesse de Montfort, qui s’était retirée en Angleterre avec son fils, après la trêve de Malestroit, ne se trouvait pas alors en Bretagne. Voyez la brochure intitulée:De l’autorité de Froissart comme historien des guerres de Bretagne, Nantes, 1871, p. 29 à 31.

[79]Dans lebulletinde sa victoire, dont nous avons parlé plus haut, Thomas de Dagworth prétend qu’il n’avait que quatre cents hommes d’armes et trois cents archers, sans compter la garnison de la Roche-Derrien qui vint au secours des Anglais et tomba sur les derrières de l’armée de Charles de Blois, dès que le jour fut levé. L’habile capitaine anglais avait eu soin de donner à ses hommes un mot d’ordre qui leur permit de se reconnaître dans la confusion de cette mêlée de nuit; faute de cette précaution, il arriva aux gens de Charles de Blois de combattre les uns contre les autres, et de faire eux-mêmes la besogne des Anglais. Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 158 à 160.

[80]La bataille de la Roche-Derrien se livra le 20 juin 1347, suivant le témoignage de Thomas de Dagworth: «le vingtième jour de juyn, environ le quarter, devaunt le jour.» Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 159.

[81]D’après Thomas de Dagworth, six ou sept cents chevaliers et écuyers périrent à la Roche-Derrien. Le capitaine anglais cite, parmi les morts, Alain, vicomte de Rohan, les seigneurs de Laval, de Châteaubriand, de Malestroit, de Quintin, de Rougé, de Derval, le fils et héritier de ce dernier, Raoul de Montfort; et, parmi les prisonniers, Charles de Blois, Gui de Laval, fils du sire de Laval, les seigneurs de Rochefort, de Beaumanoir, de Lohéac, de Tinteniac (Robert de Avesbury, p. 160). Le seigneur de Rougé, qui fut tué à la Roche-Derrien, s’appelait Guillaume. Le 12 mai 1361, Charles de Blois donna la châtellenie dePontcaleucà Bonabbé, seigneur de Rougé et de Derval, «fils de Guillaume, seigneur de Rougé, qui morut à la Roche Derian pour la defense de nostre droit, quant prins fumes de noz ennemis.» (Arch. nat., sect. hist., JJ90, p. 13). Avant de se rendre aux Anglais, Charles de Blois s’était battu comme un lion et avait reçu dix-sept blessures; un écuyer de sa compagnie, fait prisonnier avec son maître, nommé Michel de Chamaire, fut taxé par les Anglais à si forte rançon que, pour la payer, il dut se mettre au service de Foulque de Mathas, chevalier de Saintonge, comme simple archer. JJ85, p. 113.

[82]Cf. Jean le Bel,Chroniques, chap.LXXXetLXXXI, p. 127 à 142.

[83]Philippe de Valois était à Montdidier le 27 avril 1347 (Bibl. nat., dép. des mss.,Chartes royales, t. III, p. 70; Arch. nat., JJ68, p. 281); il était à Moreuil, entre Montdidier et Amiens, au mois de mai (JJ68, p. 140); il passa la plus grande partie du mois de mai à Amiens (JJ68, p. 167); il quitta cette ville avant la fin de mai, car plusieurs actes qui portent la date de ce mois sont donnés, soit sur les champs entre Beauquesne (Somme, arr. et c. Doullens, entre Amiens et Doullens) et Lucheux, soit à Lucheux (Somme, arr. et c. Doullens, entre Doullens et Arras) JJ68, p.137, 272, 301.

[84]Ce curieux passage, où l’on voit si bien les préventions passionnées de Philippe de Valois et de sa noblesse contre l’emploi des villains à la guerre, ne se trouve que dans la rédaction de Rome (p.270 et 271de ce volume). Des trois combats cités, il y en a un au moins où les villains firent très-bonne figure, c’est celui de Caen, dont les bourgeois, d’après les propres paroles d’Édouard III lui-même, «se defenderentmult bien et apertement, si que la melle futtrès fort et lung durant.» Voyez Jules Delpit,Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre, in-4º, 1847, p. 71.

[85]Nord, arr. Dunkerque, à l’est de Calais.

[86]Aire-sur-la-Lys, Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, au sud-est de Calais et de Saint-Omer, entre Thérouanne à l’ouest et Saint-Venant à l’est. En novembre 1348, Philippe de Valois accorda aux maire, échevins et commune d’Aire, en récompense de leur fidélité, des priviléges confirmés en 1350 par le roi Jean (JJ80, p. 97). En novembre 1353, le roi Jean accorda à la ville d’Aire au comté d’Artois, en considération de ce qu’elle avait souffert pendant les guerres, une foire annuelle durant quatre jours, à partir du lundi avant la Pentecôte (JJ82, p. 151).

[87]Pas-de-Calais, arr. Béthune, c. Lillers.

[88]Nord, arr. Hazebrouck.

[89]Nord, arr. Hazebrouck, c. Merville.

[90]Nord, arr. Hazebrouck, c. Merville.

[91]Pas-de-Calais, arr. Béthune.

[92]Le pays de Laleu, au diocèse d’Arras, était situé à peu près au point de jonction de ce diocèse avec ceux de Saint-Omer, d’Ypres et de Tournai.

[93]Philippe de Valois et son fils Jean passèrent à Arras la plus grande partie du mois de juin (JJ68, p. 170, 300, 323); le roi de France était à Hesdin à la fin de ce mois (JJ68, p. 335).

[94]Le roi de France reçut sans doute à Arras l’admirable lettre que lui adressa Jean de Vienne dans le courant du mois de juin 1347. Les Anglais interceptèrent une copie de cette lettre le 26 juin, et voici dans quelles circonstances. Le lendemain de la Saint-Jean (25 juin 1347), les comtes de Northampton et de Pembroke surprirent, à la hauteur du Crotoy, une flotte de quarante-quatre vaisseaux français envoyés pour ravitailler Calais et la mirent en déroute. Le 26, à l’aube du jour, les Anglais s’emparèrent d’une embarcation, montée par des Génois, qui essayait de sortir du port du Crotoy. Le Génois qui commandait cette embarcation, n’eut que le temps de jeter à la mer, attachée à une hache, une lettre très-importante adressée par Jean de Vienne, capitaine de Calais, au roi de France, pour lui exposer sa détresse et celle des habitants de Calais; on la retrouva à marée basse. «Sachiés, disait Jean de Vienne, que lyn’ad rieus qui ne soit tut mangé et lez chiens et les chates et lez chivaux si qe de vivere nous ne poions pluis trover en la ville si nous ne mangeons chars des gentz, qar autrefoiz vous avez escript que jeo tendroy la ville taunt que y aueroit à mangier; sy sumes à ces points qe nous n’avoms dount pluis vivere. Si avons pris accord entre nous que,si n’avoms en brief socour, que nous issiroms hors de la ville toutz à champs pour combatre, pour vivre ou pour morir, qar nous avoms meulz à morir as champs honourablement que manger l’un l’autre.» (Robert de Avesbury,Hist. Ed. III, p. 157 et 158.) Si l’on songe que ces lignes étaient écrites dès le mois de juin et que Calais se rendit seulement le 3 août, on ne saurait trop admirer la résistance vraiment héroïque de Jean de Vienne, de la garnison et des bourgeois de Calais.

[95]Philippe de Valois s’arrêta en effet assez longtemps à Hesdin (auj. Vieil-Hesdin, Pas-de-Calais, arr. Saint-Pol-sur-Ternoise, c. le Parcq); car, arrivé dans cette ville dès la fin de juin (JJ68, p. 335), il y était encore le 10 juillet (JJ68, p. 321), il campa ensuite près d’Auchy (auj. Auchy-lès-Hesdin, au nord-est de Hesdin; JJ68, p. 337), et il était devantla Coupele(auj. Coupelle-vieille, Pas-de-Calais, arr. Montreuil-sur-Mer, c. Fruges, entre Hesdin au nord et Fauquembergue an sud) les 17 et 18 juillet (JJ68, p. 288 et 289).

[96]Auj. Blangy-sur-Ternoise, Pas-de-Calais, arr. Saint-Pol-sur-Ternoise, c. le Parcq.

[97]Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer. Philippe de Valois était campé près de Fauquembergue le 20 juillet (JJ68, p. 316).

[98]Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Aire-sur-la-Lys.

[99]Alquines est aujourd’hui un village du Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Lumbres. Froissait se sert, en plusieurs passages de ses Chroniques, du motAlequinepour désigner l’ancien pays des Morins. Philippe de Valois était près d’Ausques (auj. Nordausques, Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Ardres, sur la voie romaine de Leulingue, au nord-ouest de Saint-Omer et au sud-est de Guines), le 24 juillet (JJ68, p. 299^2 et 310), le même jour entre Ausques et Tournehem (JJ68, p. 299^2), enfin près de Guines (Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, à trois lieues environ au sud de Calais) le 26 juillet (JJ68, p. 261).

[100]Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c. Calais, à 10 kil. de cette ville. Ce que Froissart appelle lemont de Sangatteest une falaise haute de 134 mètres, située entre la mer et de vastes marécages, aujourd’hui desséchés en partie. Puisque Philippe de Valois était encore à Guines le 26, il ne put arriver à Sangatte que le vendredi 27 juillet au plus tôt: c’est du reste la date donnée par Édouard III lui-même dans une lettre rapportée par Robert de Avesbury: «ceo darrein vendredy proschein devant le goul d’aust.»Hist. Ed. III, p. 163.

[101]Froissart veut sans doute désigner ici l’antique voie de communication, marquée sur la carte de Cassini commeChemin de Leulingue, ancienne route des Romains, qui aboutit à Sangatte et dont une prolongation va tout droit, comme dit le chroniqueur, de Sangatte à Calais.

[102]Guines est au sud de Calais; Marck et Oye sont à l’est de cette ville, du côté de la Flandre.

[103]Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c. Calais.

[104]Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Audruicq.

[105]Le pont de Nieuley devait être situé, comme nous l’avons dit plus haut, non loin de l’emplacement du fort actuel de Nieuley, au sud-ouest de Calais, près de labasse ville, du côté de Sangatte. Ce pont était jeté sur la rivière de Hem qui, des environs d’Ardres où elle prend sa source, passe à Guines et vient se jeter dans la mer à Calais.

[106]La rivière de Gravelines est l’Aa.

[107]D’après la lettre d’Édouard III déjà citée, ce défi ne fut porté que le mardi 31 juillet, après trois jours de négociations infructueuses. «Et puis le marsdi vers le vespre, viendrent certayns graunts et chivalers de part nostre adversarie, à la place du treté, et offrirent à nos gentz la bataille de part nostre adversarie susdit par ensy que noz vousissoms venir hors le marreis, et il nous durroit place convenable pur combatre, quele heure qe nous pleroit, entre cele heure et vendredy à soir proschein suaunt (3 août); et vorroient que quatre chivalers de noz et aultre quatre de lor esleirent place covenable pur l’une partie et pur l’autre.» Le roi d’Angleterre prétend qu’il fit répondre dès le lendemain mercredi 1eraoût à Philippe de Valois qu’il acceptait son défi; Jean le Bel (t. II, p. 130 et 131) et Froissart rapportent le contraire. Il y a lieu de croire, comme l’ont pensé Bréquigny (Mémoires de l’Académie des inscriptions, t. L, p. 611 à 614) et Dacier (p. 346 de son édition de Froissart, note 1) qu’Édouard III dut accepter en principe le défi du roi de France: le point d’honneur chevaleresque exigeait impérieusement cette acceptation qui au fond n’engageait à rien le roi anglais, puisqu’il lui restait mille moyens d’éluder ou de différer le combat, quand on en viendrait à la mise en pratique, à l’exécution. Il semble, à vrai dire, que le défi n’avait guère été porté plus sérieusement par Philippe qu’il ne fut accepté par Édouard; et le roi de France ne proposa sans doute la bataille à son adversaire que pour dérober sa retraite ou du moins se ménager une explication honorable.

[108]Ces deux légats étaient Annibal Ceccano, évêque de Frascati, et Étienne Aubert, cardinal prêtre du titre des Saints Jean et Paul. Du reste, Clément VI n’avait pas cessé, depuis le commencement de la guerre, d’intervenir pour la conclusion d’une paix entre les deux rois. Il avait même adressé des reproches assez vifs au roi d’Angleterre, par lettres datées d’Avignon le 15 janvier 1347, au sujet du peu d’égard que ce prince avait eu à la médiation des légats du saint-siége. Voyez Robert de Avesbury, p. 146 à 153 et Rymer, vol. III, p. 100 et 101.

[109]Les plénipotentiaires français étaient, d’après la lettre d’Édouard, les ducs de Bourbon et d’Athènes, le chancelier de France (qui était alors Guillaume Flotte, sire de Revel), Gui de Nesle, sire d’Offémont, et Geoffroi de Charny.

[110]D’après la lettre d’Édouard, les plénipotentiaires anglais étaient bien ceux indiqués par Froissart; il y faut ajouter seulement le marquis de Juliers et Barthélemy de Burghersh, chambellan du roi anglais. Voyez Robert de Avesbury, p. 164.

[111]Édouard dit que Philippe de Valois décampa précipitamment le jeudi (2 août) de grand matin: «.... jeosdi, devaunt le jour.... s’en departi od toutes ses gentz auxi comme disconfit, et hasterent taunt et hasterent tant qu’ils arderent lor tentes et graunt partie de lor herneys à  lor departir; et noz gentz lez pursuerent bien près à la cowe: issint, à l’escrivere de cestes, n’estoient ils mye unqore revenuz....» (Ibid., p. 166). Nous devons dire que la date des actes émanés de Philippe de Valois, au commencement d’août, s’accorde bien avec le témoignage du roi anglais. Plusieurs pièces ont été données devant Calais (JJ68, p. 297) ou près de Sangatte (JJ68, p. 132) «ou mois d’aoust» c’est-à-dire le 1eraoût; mais il résulte de deux actes (JJ68, p. 122 et 283) que,dès le 3 août, le roi de France était à Lumbres (Pas-de-Calais, ar. Saint-Omer, au sud-ouest de cette ville), après avoir passé (JJ68, p. 290) à Ausques (auj. Nordausques, Pas-de-Calais, ar. Saint-Omer, c. Ardres ou Zudausques, c. Lumbres), et que le 7 août il était à Hesdin (JJ68, p. 271) après avoir passé à Fauquembergue (JJ68, p. 292 et 207).

[112]Cet épisode du dévouement des six bourgeois de Calais est emprunté à Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 135 et 136). Un savant académicien du dernier siècle, Bréquigny, a élevé des doutes sur l’exactitude du récit de Froissart dans deux dissertations, l’une relative à des recherches sur l’histoire de France faites à Londres (Mémoires de l’Académie des inscriptions, t. XXXVII, p. 538 à 540), l’autre consacrée au siége et à la prise de Calais par Édouard III (Ibid, t. L, p. 618 à 621). Bréquigny se fonde, pour mettre en doute le dévouement d’Eustache de Saint-Pierre et de ses compagnons, sur les quatre actes suivants qu’il avait eu le mérite de découvrir dans les Archives de Londres et de signaler le premier: 1º Une concession à vie faite le 24 août 1347 à Philippe, reine d’Angleterre, des maisons que Jean d’Aire possédait à Calais avec leurs dépendances (Cales. Rol. pat., an. 21 Ed. III, memb. 2);--2º une pension de 40 marcs sterling constituée le 8 octobre 1347 au profit d’Eustache de Saint-Pierre «pro bono servicio nobis pro custodia et bona disposicione ville nostre Calesii impendendo,pro sustentacione sua.... quousque de statu ejusdem Eustacii aliter duxerimus providendum.» (Rymer, vol. III, p. 138.)--3º La restitution faite le 8 octobre 1347 au dit Eustache de Saint-Pierre de quelques-unes des maisons qu’il possédait à Calais et qui avaient été confisquées «dum tamen erga nos et heredes nostros [Eustachius et sui heredes] bene et fideliter se gerant et pro salva custodia et municione dicte ville faciant debite quod debebunt» (Ibid.);--4º la concession faite à Jean de Gerwadby en date du 29 juillet 1351 des biens situés à Calais qui avaient appartenu à Eustache de Saint-Pierre et qui avaient été confisqués après sa mort sur ses héritiers «que per forisfactum heredum ipsius Eustachii, qui adversariis nostris Francie contra nos adherentes existunt, ad manus nostras devenerunt....» (Rot. Franc., an. 25 Ed. III, memb. 5). Bréquigny aurait pu ajouter que le jour même où Édouard restituait à Eustache quelques-uns de ses biens, c’est-à-dire le 8 octobre 1347, il distribuait encore à trois Anglais, à Jean Goldbeter, à Jean Clerc de Londres, à Jean Dalmaigne, des propriétés qui avaient appartenu à ce même Eustache de Saint-Pierre. Il suffit de citer les arguments de Bréquigny pour montrer qu’ils n’infirment nullement le témoignage de Jean le Bel et de Froissart. Eustache de Saint-Pierre, âgé de soixante ans lors de la capitulation, puisque dans un acte de 1335, où il figure comme témoin, il déclare avoir quarante-huit ans, aura voulu mourir dans sa ville natale, dans cette ville qui lui avait inspiré son dévouement: en quoi cela est-il en contradiction avec le récit de Froissart? Voyez l’excellent livre de M. Auguste Lebeau, intitulé:Dissertation sur le dévouement d’Eustache de Saint-Pierre et de ses compagnons en 1347, Calais, 1839, in-12 de 232 pages.

[113]Comme l’a fait observer Dacier (p. 354 de son éd. de Froissart, note 1), cette date n’est pas tout à fait exacte: c’est une des nombreuses erreurs empruntées par Froissart à Jean le Bel (t. II, p. 139). La tête de la décollation de Saint-Jean tombe le 29 août, et le roi d’Angleterre, au rapport de Robert de Avesbury (Hist. Ed. III, p. 140) n’arriva devant Calais que le 3 septembre. D’après le même historien (Ibid., p. 166), cette ville se rendit le vendredi 3 août, le lendemain du décampement de Philippe de Valois et de son armée: le siége avait duré par conséquent juste onze mois.

[114]«Dominus rex, semper misericors et benignus,captis et retentispaucis de majoribus, communitatem dictæ villæ cum bonis suis omnibus graciose permisit abire, dictamque villam suo retinuit imperio subjugatam.» (Robert de Avesbury, p. 167.) D’après Gilles li Muisis, Édouard III laissa à Calais vingt-deux des plus riches bourgeois «pour rensegnier les hiretages», selon l’expression de Froissart. Eustache de Saint-Pierre était désigné par sa position de fortune et la considération qui l’entourait pour être l’un de ces vingt-deux; ainsi s’expliquent les faveurs,très-relatives, d’Édouard en faveur d’Eustache: «....pro bona dispositione villæ Calesii, quousque de statu ejusdem Eustachii duxerimus providendum.»

[115]Cette erreur a été empruntée par Froissart à Jean le Bel (t. II, p. 140). Philippe de Valois, par une ordonnance antérieure au 7 septembre 1347 et qui fut renouvelée en septembre 1349 (Arch. nat., JJ78, p. 162 et 169) fit don de toutes les forfaitures qui viendraient à échoir dans le royaume aux habitants de Calais chassés de leur ville par les Anglais; le 7 septembre 1347, il accorda aux dits habitants, en considération des pertes que leur avaient fait éprouver les ennemis, tous les offices dont la nomination lui appartenait ou au duc de Normandie, son fils aîné (Arch. nat., K187, liasse 2, p. 97; une copie de cette pièce originale: JJ68, p. 245, est datée d’Amiens le 8 septembre). Enfin le 10 septembre suivant, il leur octroya, par une nouvelle ordonnance, un grand nombre de priviléges et franchises qui furent confirmés sous les règnes suivants (Recueil des Ordonnances, t. IV, p. 606 et suivantes). Ces promesses ne restèrent pas à l’état de lettre morte; un grand nombre d’actes authentiques attestent qu’elles furent tenues. En mai 1348, le roi de France donne une maison sise à Provins à Thomas de Hallangues, bourgeois et habitant de Calais (JJ76, p. 10); en septembre 1349, il concède les biens confisqués d’un usurier lombard, sis au bailliage de Vitry, à Colart de Londeners, jadis bourgeois de Calais, «en consideration de ce qu’il a souffert au siège de cette ville» (JJ68, p. 390); le 9 mars 1350, il indemnise Mabille, veuve d’Enguerrand dit Estrecletrop et Marguerite, fille de feu Lenoir, sœurs, lesquelles avaient perdu leurs biens durant le siége de Calais (JJ80, p. 226). En juillet 1351, Jean de Boulogne, comte de Montfort, lieutenant du roi Jean, son neveu ès parties de Picardie et sur les frontières de Flandres, donne à Jean du Fresne le Jeune, fils de Jean du Fresne, à présent prévôt de Montreuil,jadis bourgeois de Calais, des biens sis à Bouvines et en la comté de Guines confisqués sur Gillebert d’Aire qui est allé demeurer à Calais avec les Anglais. JJ82, p. 271.

[116]Gui de Boulogne n’eut aucune part à ces trêves qui furent conclues le 28 septembre 1347. Les médiateurs furent les cardinaux Annibal Ceccano et Étienne Aubert. La trêve ne devait durer que quinze jours après la fête de Saint-Jean-Baptiste de l’année 1348, c’est-à-dire environ dix mois, et non pas deux ans, comme l’avance le chroniqueur trompé sans doute par les prolongations accordées à différentes reprises. Froissart se trompe aussi en disant que la Bretagne fut exceptée de ces trêves. (Rymer,Fœdera, vol. III, p. 136 à 138.) Dacier avait déjà rectifié Froissart sur tous ces points. Voyez son édit. de Froissart, p. 356, note 2.

[117]C’est Jean de Montgommery, et non Aimeri de Pavie, qui fut nommé capitaine de Calais, avant le départ du roi d’Angleterre, le 8 octobre 1347 (Rymer, vol. III, p. 138). Jean de Montgommery fut remplacé le 1erdécembre de cette même année par Jean de Chivereston (Ibid., p. 142). C’est seulement le 24 avril 1348 qu’Édouard nomme son amé Aimeri de Pavie, non capitaine de Calais, mais capitaine et conduiseur de ses galées et de tous les arbalétriers et mariniers montant les dites galées (Ibid., p. 159). Aimeri de Pavie, chargé sans doute comme capitaine des galées de défendre les approches de Calais du côté de la mer, remplit-il en outre par intérim ou autrement les fonctions de gouverneur de cette ville? On en est réduit sur ce point à des suppositions.

[118]Le 12 août 1347, le roi d’Angleterre fit annoncer par tout son royaume qu’il concéderait des maisons, des rentes et ferait toute sorte d’avantages à ceux de ses sujets qui voudraient s’établir à Calais avant le 1erseptembre suivant. V. Rymer, vol. III, p. 130.

[119]Le 3 décembre 1347, Édouard confirma les statuts donnés à la ville de Calais en 1317 par Mahaut, comtesse d’Artois. (Rymer, vol. III, p. 142 à 144.) Les dispositions que le roi avait ajoutées à ces statuts dès le 8 octobre 1347 sont relativement libérales. (Ibid., p. 139.) V. Bréquigny,Mém. de l’Académie des Inscriptions, t. 50, p. 623 à 627.

[120]Le témoignage de Froissart est contredit par George de Lesnen, médecin de Charles de Blois, et Olivier de Bignon, son valet de chambre, qui déclarent, dans l’enquête faite pour la canonisation de ce prince, que les Anglais le soumirent à une captivité très-dure. V. dom Morice,Hist. de Bretagne, t. II desPreuves, p. 6 et 7.

[121]Charles de Blois était fils de Marguerite, et Philippe de Hainaut était fille de Jeanne, toutes deux sœurs de Philippe de Valois.

[122]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.LXXXII, p. 143 à 145.

[123]Les Écossais étaient cependant compris dans ces trêves comme alliés de la France. V. Arch. Nat., sect. hist., J636, nº 21.

[124]Corrèze, arr. Brive, un peu au nord de cette ville, à peu près à égale distance des deux rivières de Corrèze et de Vézère. En 1355, le fils de Guiraud de Ventadour, seigneur de Donzenac, nommé Bernard de Ventadour et châtelain de Beyssac (auj. château de Saint-Augustin, Corrèze, arr. Tulle, c. Corrèze) joua un tour du même genre à Pierrede Mulceone, seigneur de Bar (Corrèze, arr. Tulle, c. Corrèze). Il s’introduisit dans le château de Bar avec seize hommes armés en disant que les Anglais établis à Beaumont (Corrèze, arr. Tulle, c. Seilhac) le poursuivaient et y vola deux mille sommées de blé, soixante lards et six mille cinq cents deniers de bon or à l’ange, aupavillon, à lachaire, à l’agneau, à l’écu(Arch. nat., X2a6, fos416 à 424). Le 15 mars 1362, Guiraud de Ventadour, seigneur de Donzenac, prêta serment de fidélité au roi d’Angleterre représenté par Jean Chandos, vicomte de Saint-Sauveur, lieutenant dudit roi; il s’engagea en outre à faire prêter serment à tous ses tenanciers et à rapporter leurs noms à Chandos ou à son sénéchal. V. Bardonnet,Procès-verbal à Jean Chandos des places françaises abandonnées par le traité de Brétigny, Niort, 1870, in-8, p. 115.

[125]Comborn, autrefois siége d’une vicomté, est aujourd’hui un château ruiné de la commune d’Orgnac, Corrèze, arr. Brive, c. Vigeois; ce château est situé sur la rive droite de la Vézère. Le 23 octobre 1363, à Poitiers, en l’église Saint-Maixent, Archambaud,vicomte de Comborn, prêta serment de fidélité, tant en son nom qu’au nom de Marie sa femme, à Édouard, fils aîné du roi d’Angleterre, prince d’Aquitaine et de Galles, duc de Cornouaille et comte de Chester. V. Delpit,Documents français conservés en Angleterre, p. 114.

[126]Ce Bacon est peut-être Jean Bacon, écuyer, fils de Guillaume Bacon, seigneur du Molay (Calvados, arr. Bayeux, c. Balleroy), exécuté pour crime de lèse-majesté, au commencement de l’année 1344. Comme les biens de sa famille avaient été confisqués, Jean Bacon put être plus vivement tenté de refaire sa fortune par le brigandage; et la guerre en Limousin entre les partisans de Jeanne de Penthièvre et ceux de Jeanne de Montfort lui en fournissait l’occasion. Comme il faisait cette guerre de partisan au service ou du moins sous le couvert de la maison de Blois, le roi de France le combla de faveurs.

[127]Croquart figure en effet le premier sur la liste des quinze gens d’armes qui, réunis à sept chevaliers et à huit écuyers, composaient les trente champions du parti anglais.

[128]Geoffroi de Charny, seigneur de Pierre-Perthuis, de Montfort et de Savoisy, avait servi, en qualité de bachelier, avec six écuyers dans la bataille de Raoul, comte d’Eu, connétable de France, du 9 mars 1339 au 1eroctobre 1340, sur les frontières de Flandre; il était venu de Pierre-Perthuis sous Vézelay (Yonne, arr. Avallon, c. Vézelay;--De Camps, portef. 83, fº 317, à la Bibl. nat.). Le 2 août 1346, Geoffroi promu chevalier était au siége devant Aiguillon où, par acte daté de Port-Sainte-Marie, il donnait quittance de 150 livres sur ses gages et ceux des gens d’armes de sa compagnie (Anselme,hist. généal., t. VIII, p. 202); le 6 janvier 1352, il était chevalier de l’ordre de l’Étoile de la première promotion (Pannier,hist. de Saint-Ouen, p. 95 et 96); le 10 septembre 1352, il était à l’abbaye d’Ardres où il faisait payer 50 livres à Robert de Varennes, capitaine de la bastide de Guines (Anselme,Ibid., p. 203); en octobre 1353, dans un acte où il est qualifié «conseiller du roi», il obtenait l’amortissement de 62 livres 10 sous tournois pour la dotation d’une chapelle ou église collégiale dont il avait projeté la fondation dès 1343 dans son manoir de Lirey (Aube, arr. Troyes, c. Bouilly;--JJ82, p. 28); en juillet 1356 il était gratifié par le roi Jean de deux maisons confisquées sur Joceran de Mâcon et sises à Paris, l’une en face l’église Saint-Eustache, et l’autre à la Ville-l’Évêque, et cette donation était confirmée le 21 novembre 1356, à la requête de Jeanne de Vergy sa veuve, par Charles duc de Normandie, en faveur de Geoffroi de Charny, fils mineur du dit Geoffroi «tué à la bataille livrée dernièrement près de Poitiers.» (Arch. nat., JJ84, p. 671.) Geoffroi de Charny avait été choisi, en effet, le 25 juin 1355, pour porter l’oriflamme, et il se fit tuer à Poitiers en couvrant le roi Jean de son corps. Comme Boucicaut, comme le petit sénéchal d’Eu, comme Jean de Saintré et la plupart des chevaliers de son temps, Geoffroi de Charny était lettré; il est l’auteur d’un ouvrage en prose intitulé: «Demandes pour le tournoy que je, Geoffroi de Charni, fais à haut et puissant prince des chevaliers de Nostre Dame de la Noble Maison.» (Galland,Mém. de l’Acad. des Inscriptions, t. II, p. 739.) M. Léopold Pannier a bien voulu nous signaler en outre dans le ms. nº 25447 du fonds français, à la Bibliothèque nationale, une pièce de vers inédite dont l’auteur est un Geoffroi de Charny.

[129]Cette date, confirmée par lesGrandes Chroniques de France(éd. P. Paris, t. V, p. 491) et par Robert de Avesbury (181), est donnée par vingt manuscrits de la première rédaction proprement dite (p. 313) qui sont ici plus exacts que ceux de la première rédaction revisée.


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