P.23, l. 30 et p. 24, l. 1: et de plusieurs cités en Lombardie, fist.—Ms. A 17: et plusieurs citez de Lombardie firent. Fº 281 vº.
P.24, l. 3: rouva.—Mss. A 8, 15: fist requerir.—Ms. A 17: fist savoir.Le scribe du ms. A 7, n’ayant pu lire ou ne comprenant pas le motROUVA,l’a laissé en blanc.
P.24, l. 4: parmi tant.—Ms. A 8: parmy ce que.
P.24, l. 6: s’i.—Ms. A 17: lui.
P.24, l. 8: pourquoi.—Ms. A 8: pour ce que.
P.24, l. 9: ne fu... avant.—Mss. A 7, 8, 15 à 17: ne vint mie si tost avant.
P.24, l. 10: souffrir.—Le ms. A 8 ajoute: et endurer.
§478. Quant li princes.—Ms. d’Amiens: Quant chil seigneur d’Engleterre eurent assés atendu et il virent que chil hostaige n’estoient point appareilliet, ne li argens deseure dis pourveus, il prissent congiet au roy de France et s’en rallèrent en Engleterre, et laissièrent le roy Jehan et monsigneur Phelippe, son fil, en le garde de quatre moult vaillans chevaliers pour yaux garder, c’est assavoir le comte de Warvich, monsigneur Regnart de Gobehen, monsigneur Gautier de Mauny et monsigneur Rogier de Biaucamp et de pluisseurs autres gens d’armes souffissans, qui leur faisoient tous les sollas que faire pooient bonnement, et laissoient parler au dit roy, et mengier, soupper et compaignier en tous solas avoecq lui les seigneurs et les chevaliersde France, enssi qu’il leur plaisoit et enssi qu’il le venoient veoir de jour en jour, les ungs apriès les autres. Et menoient chil seigneur d’Engleterre esbanoiier le dit roy, monseigneur Phelippe, son fil, et les autres seigneurs de Franche demy lieuwe loing, fuist à piet ou à cheval, si comme il leur plaisoit, en attendant que li somme de florins dessus ditte fust paiiée et que li seigneur qui devoient entrer en hostaige pour le roy, leur seigneur, fuissent venu.
Si estoit tous li dis paiemens des six cens mil florins pourveus et mis en l’abbeie de Saint Bertin, à Saint Ommer, mès on ne le volloit mies delivrer jusques à tant que li hostaiges fuissent entrés, ensi que couvenenchiet estoit, à bonne cause; car, se li somme de florins fust delivrée et apriès li hostaiges n’y volsissent tout entrer ou on ne se pewist acorder, li ditte somme fust perdue, li pès fuist brisie, et li roys Jehans de France fust remennés en Engleterre comme devant. Fº 124.
P.25, l. 3: dou pays environ.—Ms. A 17: d’environ icelles.
P.25, l. 6: en l’ombre.—Ms. A 8: soubz ombre.
P.25, l. 10: Athegni.—Ms. A 8: Athigny. Fº 223.
P.25, l. 11: il.—Ms. A 8: si.
P.25, l. 15 et 16: si retournoient.—Ms. A 17: et s’en retournèrent. Fº 282.
P.25, l. 20: florins.—Mss. A: frans.
P.25, l. 21: fu.—Le ms. A 8 ajoute: là.
P.26, l. 1 et 2: comment... user.—Ces mots manquent dans les mss. A.
§479. Ensi demora.—Ms. d’Amiens: Ensi demoura li roys de Franche à Callais tout cel estet ensuiwant. Et vinrent si troy fil à le chité d’Amiens: là eut maint parlement de l’un à l’autre. Finablement, il s’acordèrent à entrer en hostagerie pour le roy leur père, voires messires Loeys et messires Jehans. Et leur eut en couvent messires Carles, leurs ainnés frerres, qui celle pais avoit tretie, que il ne cesseroit jamais deviers le roy leur père si les en aroit delivrés. Et pour acroistre leur nom et leur seignourie, on fist monsigneur Loeys, ducq d’Ango et du Mainne, et monsigneur Jehan, duc de Berri et d’Auvergne. Si s’asamblèrent tout chil seigneur, qui ostagier devoient estre, en le bonne ville de Saint Omer. Et quant il furent tout venu, il se traissent moult couvignablementà Callais, et se remoustrèrent, chacuns par lui, au consseil dou roy d’Engleterre. Si jurèrent tout prison et hostagerie pour le roy leur signeur. Et li roys Jehans leur dist que il y entraissent ou nom de Dieu liement et vollentiers, car il les en deliveroit sans damage et sans fret. Vous devés savoir que chacuns sirez estoit si enclins à le pais pour tout le coummun prouffit de crestienneté, et si avoient si grant fianche ou roy Jehan leur signeur, qui leur disoit et proummetoit qu’il les en deliveroit, que tout y entrèrent liement. Che fu le nuit de tous les Sains qu’il passèrent le mer à Callais et arivèrent à Douvres l’an de grasce mil trois cens soissante. Fº 124 vº.
P.26, l. 4: octembre.—Mss. A 8, 15 à 17: octobre. Fº 223.
P.26, l. 7: devoient.—Le ms. A 17 ajoute: venir et.
P.26, l. 11 et 12: de l’une... dou conseil.—Ms. A 17: d’un costé et d’autre du costé. Fº 282 vº.
P.26, l. 15: qui s’appellent chartre.—Ces mots manquent dans les mss. A.
P.26, l. 28: pour tant.—Mss. A 8, 15 à 17: pour ce que.
P.26, l. 30: dient.—Ms. A 8: disoient. Fº 223 vº.
§481. P. 33, l. 7: Quant.—Les §§ 481 et 482 manquent dans le ms. A 17, fº 283 vº.
P.33, l. 10: lisi.—Ms. A 8: lut. Fº 225.
P.33, l. 12: çascun.—Ms. A 8: tous.
P.33, l. 18: ordonné.—Ms. A 8: accordé.
P.33, l. 18: Bretegni.—Ms. A 8: Bretigny.
P.33, l. 28: estoit.—Les mss. A ajoutent: tout appareillié et.Ms. A 7, fº 231 vº.
P.33, l. 31: li consauls.—Ms. A 7: les consaulz.—Ms. A 8: le conseil.
P.34, l. 1: requisent.—Ms. A 8: requist.
P.34, l. 3: grossée.—Les mss. B 3, 4 et les mss. A ajoutent: et seellée. Fº 241.
P.34, l. 9: notablement.—Ms. A 8: noblement.
§ 483. P. 47, l. 9: estroit.—Ce mot manque dans les mss. A.
P.47, l. 26: grossée.—Ms. A 17: grossoyée. Fº 287.
P.47, l. 28: s’ensieut.—Mss. A 8, 15: est telle. Fº 228 vº.—Les mss. A 7, 17 ajoutent: ainsi. Fº 234 vº.
§485. P. 50, l. 27: de l’un.—Le ms. A 8 ajoute: roy. Fº 229.
P.50, l. 28: content.—Ms. A 8: contens.—Ms. A 17: comptentes. Fº 288.
P.50, l. 28: voirs.—Ms. A 8: verité.
P.50, l. 31: avoir grant droit.—Mss. A 7, 8: droit à avoir très grant. Fº 235.—Ms. A 17: à avoir très grant droit.
P.51, l. 2: couchier.—Mss. A 8, 15 à 17: touchier.
P.51, l. 3: diffiniement.—Ms. A 8: diffinitivement.
P.51, l. 5: mies.—Ms. A 8: point.—Ms. A 7: pas.
P.51, l. 10: quel part.—Ms. A 8: quelque part.
P.51, l. 14: que donc qu’il.—Ms. A 8: jusques à ce qu’ilz.
P.51, l. 16: briefment passer.—Ms. A 17: brief partir.
P.51, l. 19: volsissent.—Ms. A 8: eussent voulu.
P.51, l. 20: là.—Mss. A 15 à 17: ja.
P.51, l. 23: reus.—Ms. A 17: receuz.
P.51, l. 24: plus longement.—Ms. A 8: plainement.
P.51, l. 27: en devant.—Ms. A 8: par avant
P.51, l. 27 et 28: dont nous parlons.—Ms. A 8: comme nous parlerons.
P.51, l. 31: et.—Ms. A 8: ou.
P.52, l. 7: en dedens.—Ms. A 8: ce pendant.
P.52, l. 13: de [père].—Ms. B 1: de frère. Fº 245.
P.52, l. 19: cose.—Mss. A: matière.—Ms. A 7, Fº 235 vº.
§486. Li rois Jehans.—Ms. d’Amiens: Encorres avoecq tout chou, par le confirmation de le pais, li doy roy s’appelloient frère. Et dounna li roys de Franche à quatre barons d’Engleterre où il eult le plus se grasce, à chacun deus mil frans de revenue par an et bien assignés en France. Et ossi li roys d’Engleterre dounna à quatre barons de Franche otelle revenue en Engleterre, et bien assignés et bien paiiés par an. Et eult messires Jehans Cambdos toutte la terre de Saint Sauveur le Visconte, en Constentin, qui jadis avoit estet à monsigneur Godeffroi de Harcourt, et li confremma et accorda li roys Jehans de Franche à le priierre de son frère, le roy d’Engleterre. Les coses furent adonc si bien couchies et si bien ordounnées, au samblant et à l’avis de l’une partet de l’autre, que on ne quidoit mie que le guerre dewist jammès renouveller.
Si tost que chil seigneur de Franche dessus nommé furent entré en mer pour passer en Engleterre, li roys Jehans, messires Phelippes, ses filx, messires Jaquemes de Bourbon, li comtes d’Eu, li comtes de Dammartin et tout li autre comte et baron de France, qui prisonnier avoient estet en Engleterre avoecq le roy, leur seigneur, s’en partirent quitte et delivre, sans paiier nulle raenchon, non se rançonnet ne s’estoient en devant le pais. Fº 124 vº.
P.52, l. 25: plus grant.—Le ms. B 3 ajoute: affirmation et. Fº 245.—Le ms. B 4 et les mss. A ajoutent: confirmation et. Fº 231 vº.
P.52, l. 26: quoique.—Mss. A: qui.
P.52, l. 26: s’appellassent.—Mss. A 8, 17: s’appelèrent. Fº 229 vº.—Mss. A 7, 15: s’appelloient. Fº 235 vº.
P.52, l. 29: cescun.—Mss. A 7, 15 à 17: à chascun.
P.53, l. 6: terre.—Les mss. A ajoutent: dessus ditte.
P.53, l. 13: possesser.—Ms. A 8: possider. Fº 229 vº.
P.53, l. 20: consaulz.—Ms. A 8: conseilliers.
P.53, l. 22: alloiant.—Ms. A 8: aliant.
P.53, l. 25: mieulz.—Ms. A 17: plus. Fº 289.
P.53, l. 25 et 26: je euch.—Mss. A 7, 17: j’en ay eu.—Ms. A 8: j’ay eu. Fº 230.—Ms. A 15: j’ay depuis eu. Fº 251.
P.53, l. 26: de le cancelerie.—Ces mots manquent dans le ms. A 8.
§487. P. 53, l. 28: si bien.—Le ms. A 17 ajoute: faictes.
P.54, l. 2: se deuist brisier.—Ms. A 7: ne se deust briser. Fº 235 vº.—Ms. A 8: seroit tenue sanz briser. Fº 230.
P.54, l. 6: paisieulement.—Mss. A: paisiblement.
P.54, l. 9: en son.—Ms. A 7: ens ou.—Mss. A 8, 15: ou.—Ms. A 17: dedens le.
P.54, l. 10 et 11: si enfant.—Ms. A 15: ses trois filz.—Ms. A 17: les enffans du dit roy.
P.54, l. 15: vigile.—Ms. A 8: veille. Fº 230.
P.54, l. 18: en istance que pour.—Ms. A 8: en entencion de.
P.54, l. 26: deuement.—Ms. A 8: devotement.
P.54, l. 27: tournèrent.—Ms. A 8: retournèrent.
§488. Or est raisons.—Ms. d’Amiens: Or vous voeille noummer tous lez nobles seigneurs de Franche qui furent hostage pour le roy Jehan de Franche et qui vinrent demourer pour lui à Londres: premierement li dus d’Ango, li dus de Berri, li dus d’Orliens, li dus de Bourbon, li comtez d’Allenchon, messires Guis de Blois pour le comte Loeys de Blois son frère, li comtes de Saint Pol, le comte daufin d’Auvergne, le comte de Halcourt, le comte de Porsiien, le comte de Brainne, monsigneur Jehan d’Estampes, monsigneur Engheran signeur de Couchi, le seigneur de Montmorensi, le signeur de Prayaux, le signeur de Clères, le seigneur de Fontenielle, monsigneur Jehan de Lini, castelain de Lille, le signeur de Saint Venant, le signeur d’Englure, le signeur de Trainiel, le signeur de Malevrier, le signeur de Latour, le signeur de Roye, le seigneur de Bourbercq, le signeur d’Andresel et les autres barons dont je nay mies bonnement le memore. Ossi de le bonne cité de Paris, de Thoulouse, de Roem, de Rains, de Lions sus le Rosne, de Bourges en Berri, d’Orliiens, d’Amiens, de Tournay, de Chaalons en Campaingne, de Troies, d’Arras, de Saint Omer, de Lille et de Douai, de chacune de ces cités et de ces villes, deux bourgois. Si passèrent tout le mer ensi que je vous di, et s’en vinrent amaser et amanagier en le chité de Londres, chacuns sires par lui avoecquez ses gens et sen ordounnanche et tinrent bon estat et grant et noble. Et ossi li roys les tenoit liement; et quant il venoient deviers lui, il les festioit et veoit vollentiers et leur demandoit des nouvelles et les laissoit, sus le recreance de leurs fois, aller et venir, chevauchier et esbatre, voller et cachier parmy le royaumme d’Engleterre. Fº 124 vº.
P.55, l. 14: Lini.—Mss. A 8, 15 à 17: Ligny.
P.55, l. 14: Brainne.—Mss. A 8, 15: Brianne.
P.55, l. 18 à 21: d’Auvergne... d’Andresel.—Ces trois lignes manquent dans le ms. A 17, fº 290.
P.55, l. 22: Ossi.—Ms. B 6: et de dix neuf chités et bonnes villes, de chascune deus bourgois, et de Paris quatre. Sy jurèrent tout chil signeur et bourgois solempnellement de aller tenir prison à Londres, en Engleterre, et là où au roy plairoit, jusques adoncqueon les aroit racheté de vingt quatre cens mille francs. Fº 616.
P.55, l. 27: Kem.—Mss. A 8, 15 à 17: Caen. Fº 230 vº.
P.55, l. 28: çascune.—Les mss. A 7, 15 à 17 ajoutent: cité.
P.55, l. 30: amanagier.—Mss. A 15 à 17: amenasgier.
P.55, l. 31: recarga.—Mss. A 7, 8, 15: recharga.—Ms. A 17: charcha.
P.56, l. 1: enjoindi.—Mss. A: enjoingni.
P.56, l. 7: rihote.—Mss. A: riote.
P.56, l. 8 et 9: cachier.—Mss. A: chacier.
P.56, l. 11: ne furent.—Mss. A: n’y furent.
P.56, l. 14: Boulongne.—Les mss. A 1, 17 ajoutent: et estoit party de la ditte ville de Calays.
§489. Li rois.—Ms. d’Amiens: Si vint li rois Jehans à grant compaignie en le bonne ville de Saint Omer, où il fu grandement festiiés et conjoïs, et li dounna on et presenta des biaux presens, puis s’en parti et vint à Teruane et puis à Arras. Là vint li dus de Normendie, ses filx, contre lui, qui le conjoï et requeilli liement, si comme il estoit tenus dou faire. De touttes les gistes, les visitations que li roys fist par son royaumme, me voeil je briefment passer; mès il alla tant de chité en cité, de bonne ville en bonne ville, qu’il fu li Noëlx ainsçois qu’il revenist à Paris; et quant il y rentra, on ne vous poroit mies deviser com noblement et puissanment il y fu rechups, car moult y estoit desirés. Et li donna on des biaux dons et des grans presens, et le vinrent veoir et viseter li prelat et li seigneur de son royaumme. Si les recevoit li rois bellement et sagement, ensi que bien le savoit faire. Fos124 vº et 125.
P.56, l. 21: vint.—Ms. A 17: revint. Fº 290 vº.
P.56, l. 26: le roy.—Ms. A 17: lui.
P.56, l. 27: devisé.—Ms. A 8: raconté. Fº 230 vº.
P.56, l. 27: com.—Ms. A 8: comment.
P.56, l. 28: recueilliés.—Mss. A: recueillis, recueilli.
P.56, l. 28: ce.—Ms. A 8: son.
P.56, l. 30 et 31: biaus... presens.—Ms. A 17: beaulx jouaulx et de grans dons, et fist on de rechief presens.
P.57, l. 3: recevoit.—Ms. A 17: receut moult.
P.57, l. 3 et 4: et bellement... faire.—Ces mots manquent dans les mss. A.
§490. Assés tost.—Ms. d’Amiens: Si envoya li dis roys monsigneur Jakemon de Bourbon, son cousin, en le Langhe d’Ock, pour viseter le pays et mettre en saisinne et en possession desvilles et des castiaux et des pays les gens le roy d’Engleterre, qui y devoient venir, enssi que couvens se portoit...
En ce tamps fu advisé et regardé de par le consseil d’Engleterre, que chils bons chevaliers messires Jehans Cambdos venroit en Acquittaine prendre le possession des cités, des villes et des pays que li roys englès y devoit tenir, car il avoit mis grant painne au concquerir, tant à le bataille de Poitiers comme ailleurs; et si estoit frans et gentilz de corraige et bien acordables à touttez gens d’onneur, sages et advisés durement: pour chou y fu il envoiiés. Si passa le mer messires Jehans Cambdos et vint en Acquittainne en grant arroy, et prist le possession de toutes les terrez devisées et dittez en le cartre de le pès. Et quitta li dis rois de France à tous seigneurs, barons, chevaliers et escuiers, fois, hommaiges et services, et remist tout en le main dou roy d’Engleterre qui y entra, voirs messires Jehans Cambdos procureres pour lui, ossi purement, ossi quittement que li roys Jehans les tenoit: dont moult despleut à chiaux de le Rocelle, de Saint Jehan, de Poito, de Saintonge, que il les couvenoit y estre englès. Ossi fist il à chiaux de Pontieu, ouquel pays li roys englès envoya monsigneur Gerar de Baudresen, qui fu senescaux de Pontieu et le gouvrenna ung grant tamps. Fº 125.
P.57, l. 7: prendre.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: la possession et.
P.57, l. 13: obeir ne yaus rendre.—Ms. A 17: obeyr à eulx ne rendre.
P.57, l. 14: quoique.—Ms. A 8: combien que. Fº 231.
P.57, l. 15: venoit.—Mss. A 7, 17: sembloit. Fº 236 vº.
P.57, l. 15: grant.—Le ms. A 8 ajoute: dommage et.
P.57, l. 17: le conte.—Ms. A 8: de la conté.
P.57, l. 19 et 20: le signeur de Taride.—Ces mots manquent dans les mss. A.
P.58, l. 1: Jakemon.—Mss. A 8, 15 à 17: Jaques.
P.58, l. 21 et 22: que donc que il fuissent.—Mss. A 8, 15 à 17: que ce qu’ilz feussent.
P.58, l. 24: escusances.—Ms. A 8: excusacions.
P.58, l. 27 et 28: enfrainte et brisie.—Ms. A 17: en France brisée.
P.58, l. 28: par lequel coupe.—Ms. A 17: laquelle chose.
P.58, l. 30 et 31: moustrances.—Ms. B 3: remoustrances.Fº 246 vº.—Mss. A 8, 15 à 17: paroles.—Le ms. A 7 ajoute: ne paroles.
P.58, l. 32: à trop grant dur.—Ms. B 3: bien enviz.
P.58, l. 32: dur.—Mss. A: dureté.
P.58, l. 32: disent.—Ms. A 8: disoient.
P.59, l. 1: aourrons.—Mss. A 7, 8, 15: aourerons.—Ms. A 17: adourerons.
P.59, l. 2: lèvres.—Ms. A 17: mains.
P.59, l. 2 et 3: li coers ne s’en mouvera.—Mss. A: les cuers ne s’en mouveront.
P.59, l. 23 et 24: onques... de li.—Ms. B 3: et mieulx que chevalier qu’on sceust trouver de son temps.
P.59, l. 24: mieus de li.—Ms. A 8: ne y sceut mieulx estre de lui. Fº 231 vº.—Mss. A 15 à 17: ne fist mieulx de lui. Fº 253.
§491. Entrues.—Ms. d’Amiens: Assés tost apriès le revenue dou roy Jehan, envoyea li roys englès souffissans hommes de par lui ou royaumme de Franche pour faire wuidier et partir des garnisons touttes mannierres d’Englès qui les tenoient. Et leur commandèrent li dit coummis, de par le roy englès, que, sus à perdre le royaumme d’Engleterre et lez vies, s’on les y tenoit, il se partesissent des fors et des castiaux et remesissent en le main dou roy de Franche et de ses gens. Ceste ordonnanche fu moult griefs pour les pluisseurs qui avoient apris à pillier et à rober, et qui estoient tout amonté et fet de le guerre, et qui, en devant çou, estoient povre garchon et varlet. Si leur ressambla que, s’il retournoient, il ne saroient vivre seloncq l’usaige dont il estoient parti, dont li pluisseur ne veurent mies si tost obeir, et fissent moult de maux ens ou royaumme de Franche, si comme vous orés chy apriès. Et chil qui obeissoient, vendoient les fors qu’il tenoient, as gens dou pays d’environ. Bien est voirs que li chevalier et bon escuier, gentil homme d’Engleterre, obeirent et partirent des villes et des fors qu’il tenoient; mais il avoit Alemans, Flammens, Braibenchons, Haynuiers, Bretons, Bourghignons, mauvais Franchois, Normans, Pickars et Englès de basse venue, qui s’estoient amonté de le gherre et qui n’avoient riens à perdre, fors chou qu’il tenoient. Chil parseverèrent en leur mauvaistié et dissent qu’il les couvenoit vivre. Si se queillièrent et assamblèrent de diviers lieux, et gueriièrent le royaumme ossifort que devant: dont meismement moult desplaisi au roy d’Engleterre...
En ce tamps estoit li grande Compaigne en Bourgoingne et en Campagne, que on clammoit les Tart Venus, et avoient gaegniet de force le fort castel de Genville et si grant tresor que on avoit dedens assamblés et mis en garde sus le fianche dou fort castiel, que on ne le pooit numbrer, et fu environ le Noël, l’an mil trois cens soissante. De quoy li compaignon qui avoient tout celui pays gastet et exilliet, ars et desrobet, departirent entre eux leur gaaing et leur pillage en grant reviel, et dissent entr’iaux qu’il ne cesseroient jammès de guerriier, car, sans ce, il ne saroient vivre. Si entrèrent en Bourgoingne et y fissent moult de maux, car il avoient de leur acord aucuns chevaliers et escuiers dou pays qui les menoient et conduisoient. Si se tinrent ung grant temps environ Digon et Biaune, et robèrent tout celui pays, car nuls n’alloit au devant; et prirent le bonne ville de Givri en Biaunois et le robèrent et essillièrent toutte, et se tinrent là ung grant temps et entours Vregy, pour le cause dou cras pays. Et toudis acroissoit leurs nombres; car cil qui se partoient des fortrèches et qui leur mestre donnoient congiet, se traioient tout de ceste part. Si furent bien dedens le quaresme quinze mil combatans. Si fissent et eslisirent entr’iaux pluisseurs cappitainnes à qui il obeissoient et se tenoient dou tout.
Si vous en voeil noummer les aucuns: li plus grans mestres entre yaux estoit uns chevaliers de Gascoingne, qui s’appelloit messire Segins de Batefol. Chils avoit de se routte bien deus mil combatans. Si estoient touttes cappitainnes et meneurs des autres, Talebart et Talebardon, Guios dou Pin, Espiote, le Petit Meschin, Batillier, Hannekin Franchois, le bourcq Camus, le bourcq de Bretoeil, le bourcq de l’Espare, Lamit, Naudon de Bagerant, Hagre l’Escot, Albrest, Bourduelle, Carsuelle, Briquet, Ammenion de l’Ortighe, Garsiot dou Castiel et pluisseur autre. Si s’avisèrent ces compaignons, environ le my quaremme, qu’il se trairoient viers Avignon et venroient veoir le pappe et les cardinaux. Si le senefièrent enssi li uns à l’autre par routez et par compagnies, et se devoient tous trouver en Bourgoingne, entre Lions sus le Rosne et Mascons, sus le rivière dou Sone et en ce bon cras pays. Fº 125.
P.59, l. 27 et 28: de trettié et de pais.—Ms. A 8: et traittié de paix. Fº 231 vº.
P.59, l. 28: commis.—Le ms. A 15 ajoute: et ordonnez. Fº 253.—Le ms. A 17 ajoute: et depputez. Fº 291 vº.
P.60, l. 3: sus à perdre.—Ms. B 3: à peine de perdre. Fº 246 vº.—Ms. A 7: sus paine à perdre. Fº 237.—Mss. A 8, 15 à 17: sur peine de perdre.
P.60, l. 12 et 13: d’estragnes nations.—Ms. A 17: d’estrangiers.
P.60, l. 17: des.—Mss. A: par les.
P.60, l. 17: au.—Ms. A 15: à.—Ms. A 17: et.
P.60, l. 20: oultre.—Ms. A 17: contre.
P.60, l. 25: à pillier.—Ms. A 17: et à pillagier.
P.60, l. 26 et 27: pourfitable.—Ms. B 6: car telz aloit à dix ou à vingt chevaulx que, se il fust à son ostel, il n’aroit point puissanche de luy monter. Fº 617.
P.60, l. 28: cueilloient.—Mss. A 8, 15 à 17: recueilloient.
P.61, l. 4: prisent.—Le ms. B 6 ajoute: en chel yvier. Fº 618.
P.61, l. 5: Genville.—Ms. A 8: Joinville.
P.61, l. 12: Vredun.—Mss. A: Verdun.
P.61, l. 14: vendirent.—Ms. A 8: rendirent.
P.61, l. 17: Bourgongne.—Ms. B 6: sy en avoit ossy grant route et grant flote en Bourgongne, que on nommoit les Tart Venus. Fº 618.
P.61, l. 24: Givri.—Ms. A 8: Gyvré. Fº 232.—Ms. A 17: Givrey.
P.61, l. 26: Vregi.—Mss. A: Vergi, Vergy.
P.61, l. 30: quinze mil.—Mss. A 2 à 6, 18, 19: seize mil.—Ms. B 6: trente mille. Fº 618.
P.62, l. 4: Segins.—Mss. A: Seghins, Seguins, Seguin.
P, 62, l. 6: Espiote.—Ms. A 15: Lespiote.
P.62, l. 7: Batillier.—Ms. A 15: Bataillé, breton. Fº 253 vº.
P.62, l. 7: Hanekin.—Mss. A: Hennequin.
P.62, l. 9: Lamit.—Le ms. A 15 ajoute: Maleteire, Hamée, Lescot, bretons.
P.62, l. 10: Bourduelle.—Ms. A 7: Borduelle.—Ms. A 8: Berduelle.—Ms. A 15: Bourdille.—Ms. A 17: Bourdouelle.
P.62, l. 12: dou Chastiel.—Le ms. A 15 ajoute: breton.
§492. Li rois.—Ms. d’Amiens: Li roys de Franche entendi ces nouvelles que cez Compaingnes mouteplioient enssi, qui gastoient et essilloient son royaumme. Si en fu durement courouchiés, car il li fut dit et remoustré par grant especialité que ils feroient plus de maux et de villains fès ou royaumme de Franche, enssi que ja faisoient, que li guerre des Englès n’ewist fait. Si eult avis et conseil li rois de France que d’envoiier contre yaux et combattre. Si en escripsi li roys de France especialment et souverainnement deviers son consseil monseigneur Jaquemon de Bourbon, qui se tenoit adonc à Montpellier, et avoit mis nouvellement monseigneur Jehan Camdos en le possession de toutte la ducé d’Acquittainne, si comme chi dessus est contenu. Et li mandoit li dis rois qu’il se feeist chiez contre ces Compaignes et presist tant de gens d’armes de tous costés qu’il fuist fort assés pour yaux combattre. Quant messires Jaquemes de Bourbon entendi ces nouvelles, il s’avalla deviers Avignon et puis deviers Lion sus le Rosne, pour venir au devant contre ces malles gens qui faisoient tous les maus dou monde là où il converssoient. Et pria et manda li dis messires Jaquemes tous les seigneurs, barons, chevaliers et escuiers de là entours. Chacuns y obei vollentiers pour aidier à destruire ces Compaingnes. Fº 125.
P.62, l. 21: Compagnes.—Ms. A 17: compaignons.
P.63, l. 9: vers Avignon.—Mss. A 1 et 2, 4 à 6: dever la cité d’Angiers.—Ms. A 3: devers la cité d’Agen.
P.63, l. 14: maies gens.—Ms. A 17: gens mauvaiz. Fº 292 vº.
P.63, l. 27: Forès.—Ms. A 8: Foix. Fº 232 vº.
P.63, l. 30: Renaulz.—Ms. A 8: Raoul.
P.63, l. 31: la conté.—Ms. A 8: la contesse.
P.64, l. 3: bellement.—Mss. A 8, 15: liement.—Ms. A 17: doulcement.
P.64, l. 5 et 6: car... part.—Ms. A 17: contre les Compaignes.
§493. Quant ces routes.—Ms. d’Amiens: Quant ces Compaignes entendirent ce, qui se tenoient vers Mascon et vers Chaalons et vers Tournus et en le terre le seigneur de Biaugeu, que li Franchois s’asambloient pour yaux combattre, si se traissent les cappitainnes tous enssamble et eurent avis et consseil comment il se maintenroient. Si nombrèrent entr’iaux leurs gens et leursrouttes, et regardèrent qu’il estoient environ seize mil combatans, uns c’autres. Si dissent enssi entre yaux: «Nous nous meterons as camps et atenderons l’aventure, et combaterons ces Franchois qui s’asamblent contre nous. Se fortune donne que nous les poons desconfire, nous serons tout riche homme et recouvrerons, tant par bons prisonniers que nous prenderons, que par ce que nous serons si doubté et cremus en ce pays et là où nous vorrons aller, que nus ne s’osera mettre contre nous; et, se nous sommes desconffi, nous serons paiiés de nos gages.»
Chilx pourpos fu entre yaux tenus: ils se deslogièrent et montèrent amont deviers les montaignes pour entrer en le comté de Forès, en ce bon cras pays, et s’en vinrent deviers Chierleu, qui est de le comté de Mascons, et assaillirent un jour toutte jour la ditte ville, mais il ne le peurent gaegnier. Puis passèrent oultre et chevauchièrent vers Montbrigon en Forès, gastant le pays, ranchonnant gens et villes à grant fuison et conquerant vivrez à grant plenté; car li pays y est bons et cras et durement plentiveux. Ad ce donc estoit messires Jaquemes de Bourbon en le comté de Forès, car il le tenoit en bail et en gouvernement pour la cause de ses nepveux, enffans dou comte de Forrès qui estoit nouvellement trespassés, qui avoit eu sa serour à femme, laquelle damme vivoit encorres.
Si estoit li dis messires Jakemes durement courouchiés sus ces Compaignes, parce qu’il gastoient et essilloient enssi le pays de sa soer et de ses nepveux, et fist ung très grant mandement auquel vinrent li Arceprestres à bien deux cens lanches, li sires de Grantsi, messires Jehans de Chaalons, messires Robers de Biaugeu, li sires de Villars et de Roussellon, li sires de Tournon, li viscontes d’Uzès, messires Ansseaux de Sallins, messires Jehans de Vianne, messire Hughes de Vianne, messires Jaquemes de Vianne, messires Guillaummes de Toraisse, messires Jehans de Rie, messires Jehans de Montmartin, li sires de Montmorillon, li sires de Gonssaut, li sires de Calençon, messires Henri de Montagut et grant fuison de bons chevaliers et escuiers de Bourgongne, de Savoie, de le daufinet de Vianne, d’Auviergne et des marches là environ, tant à le priière et mandement messire Jaqueme de Bourbon que pour ruer ces Compaingnes jus, qui enssi roboient et essilloient le pays sans title de nulle gherre, fors que par pillage et roberie. Fº 125 vº.
P.64, l. 9: en.—Ms. A 17: entour.
P.64, l. 15: uns c’autres.—Ms. A 8: que uns, que autres. Fº 232 vº.
P.65, l. 6: maulz.—Ms. A 17: dommaiges.
P.65, l. 8: cheminoient.—Mss. A: chevauchoient.
P.65, l. 12: trois.—Le ms. B 3 ajoute: petites. Fº 247 vº.
P.65, l. 12: liewes.—Les mss. A 7, 15 à 17 ajoutent: près.
§494. Ces gens.—Ms. d’Amiens: Ces gens d’armes assamblés avoecq monseigneur Jaqueme de Bourbon, qui se tenoient à Lion sus le Ronne et là entours, entendirent que les Compaingnes aprochoient [d’iaux] durement et avoient pris le ville et le castiel de Brinay, à trois lieuwes de Lyons, et encorres des autres fors, et gastoient et essilloient tout le pays. Si despleurent moult ces nouvelles à monsigneur Jaquemon de Bourbon et à tous les autres. Si partirent hors de Lions touttes gens d’armes et se missent as camps et prissent le chemin par deviers les ennemis, et envoiièrent leurs coureurs devant pour savoir où il se tenoient. Chil chevauchièrent si avant qu’il trouvèrent les Compaignes rengies et ordounné[es] sus une montaingne. Or vous di que mal[i]cieuzement ces Compaingnes avoient ordonné leur affaire, car il avoient enssi d’iaus repus ou fons d’une montaingne une grosse bataille, et de toutte le mendre et les pis armés il avoient fait moustre et visaige. Dont li coureur des Franchois raportèrent enssi à leurs maistres et seigneurs qu’il avoient veu les Compaignes rengiez et ordounnées sus un terne, et bien aviset; mès, tout conssideret, ils n’estoient non plus [o]u de six mil et cinq cens ou sept mil hommes, et encorres en estoit li droite moitiés moult mal armés.
Quant messires Jacquemes de Bourbon oy che raport, si dist à l’Archeprestre: «Archeprestre, vous m’aviés dit qu’il estoient bien quinze mil combattans, et vous oés tout le contraire.»—«Sire, respondi li Arceprestres, encorres n’en i quide jou mies mains, et s’il n’y sont, c’est tout pour nous. Si regardés que vous vollés faire.»—«En nom Dieu, dit messires Jaquemes de Bourbon, nous les yrons combattre ou nom de Dieu et de saint Gorge.» Là fist arester sus les camps li dis messires Jaquemes de Bourbon touttez ses gens et ses bannierres, en chacune avoit six mil hommes. Et là fist son ainnet fil chevalier, monsigneur Pierre de Bourbon, et son nepveult le jonne comte de Forrez et pluisseurs autres jonnes chevaliers. Et estaubli monsigneur l’Arceprestre en le première bataille, et puis fist chevauchier bannierrez et pignons areement etordonneement avant par deviers les ennemis. Si n’eurent gairez alet quant il les virent et trouvèrent, et s’enbatirent en un plain où, par desus en le montaingne, li bataille des Compaingnes estoit, dont je parloie maintenant.
Si trestost que chil seigneur de Franche virent le bataille de ces malles gens qui estoit rengie et ordounnée sus le tierne d’encoste yaulx, si n’en fissent que gaber et dissent: «On devoit bien faire si grande assamblée de gens d’armes pour telx gens; toutte li mendre de nos bataillez lez deveroit desconffire.» Lors regardèrent comment il poroient venir jusques à yaux, car grant desir avoient dou combattre. Il leur couvenoit costoiier celle montaingne et passer par dessous assés priès des Compaingnes, s’il volloient venir sus ung estault et ung grant pendant qui ouvroit le chemin de le montaingne. Si prissent li Franchois che chemin, et par especial li bataille l’Arceprestre et monsigneur Jehan de Chaalon et monsigneur Robert de Biaugeu.
Enssi qu’il chevauchoient pour venir à leur avantage, les Compaingnes qui estoient ou terne dessus yaux, [estoient avisées de leur fait]. Il n’en y avoit nulx, quelx qu’il fust, grans ne petis, armés ou desarmés, qui ne fuist pourveus de caillues ou kokus, car la terre où il estoient en estoit toutte plainne. Dont, si trestost qu’il virent venir leurs ennemis, ils s’eslargirent et coummenchièrent à jetter de ces pierrez si dur et si roit sus ces gens d’armes, que nulz n’osoit aller avant s’il ne volloit estre tous confroissiés, et moult de bons chevaliers et escuiers, par leur jet, missent à grant meschief, car chil cailliel agut ou cornut effrondroient bachinès ou cappiaux de fier, con fort qu’il fuissent. Avoec tout chou, en jettant il juppoient, et huioient si hault et si cler quil sambloit proprement que tout li diauble d’infier y fuissent.
Adonc vint leur grosse bataille qui bien estoit rengie et ordounnée, et où toutte li fleur de leurs gens d’armes estoient: messires Segins de Batefol, Petit Mescin, Naudon de Bagerant, le bourcq Camus, Espiote, Batillier, le bourcq de l’Espare, Lamit, Guiot dou Pin, le bourch de Bretuel et pluisseur aultre, tout appert compaignon as armes et fors et durs guerieurs. Evous vinrent sus costé à le seniestre main sus ces Franchois, en escriant leur cri et leurs ensengnes, et crioient: «Aye Dieux, aye as Compaingnes!» Là coummenchièrent il à entrer entre lez Franchois et à ruer jus de cours de chevaux et de cops de glaivez et mettre àgrant meschief; car, avoecq tout chou, chil qui estoient en le montaingne, jettoient si ouniement et si vertueusement pierres et caillaus, que li Franchois ne pooient aller avant ne reculler, mès estoient si entrepris de tous lés qu’il ne se pooient aidier.
Là fu très bons chevaliers li Arceprestrez, et moult vassaument se combati, et chil de se route; mès finablement se bataille fu toutte rompue, se bannierre jettée par terre, et chils qui le portoit, mors, et plus d’iaux vingt cinq dallés lui. Et fu li Archeprestres abatus et fianchiez prisons, avoec ce, durement navrés. Là furent pris messires Jehans de Chaalons, messires Robiers de Biaugeu, li sirez de Roussellon, messires Gerars de Salière, li viscomtes d’Uzès; et ochis, li sires de Tournon et li sirez de Montmorillon et pluisseur chevalier et escuier de Bourgoingne, d’Auvergne et des marches de là environ. Là fu navrés à mort chilz gentilz chevaliers, dont ce fu pités et grans dammaigez, messires Jaquemez de Bourbon et fu raportez à Lions, et messire Pierre de Bourbon, ses aisnés fils, ossi navrez à mort, et li jonnes comtes de Forès, ses nepveulx, ossi ochis, et tamaint bon chevalier et escuier de leur route.
Briefment li Franchois furent tout desconfis, et obtinrent les Compaingnes le journée, et prissent ou ochirent à leur vollenté les plus grans de l’ost, dont il eurent puis tamainte bonne raenchon, et moult en adammagièrent le royaumme de France à cel lés, si comme vous orés chi apriès. Ceste bataille fu assés priès de Brinay, à trois lieuwez de Lion sus le Rosne, l’an mil trois cens soissante et un, le douzième jour d’avril. Fº 126.
P.65, l. 17: se tenoit.—Ms. B 4 et mss. A: se tenoient. Fº 234 vº.
P.65, l. 19: pris.—Les mss. A ajoutent: et conquis de force.
P.65, l. 19: le ville.—Les mss. B 3, 4 et les mss. A ajoutent: et le chastel.
P.65, l. 23: gouvrenance.—Mss. A: gouvernement.
P.65, l. 26 et 27: et chevaucièrent... ennemis.—Ces mots manquent dans les mss. A.
P.65, l. 28 et 29: pour... trouveroient.—Mss. A 15 à 17: pour savoir et advisier combien vrayement ilz estoient ne que ilz trouveroyent.Ms. A 17, fº 293 vº.
P.65, l. 28: savoir.—Les mss. A 7 et 8 ajoutent: et aviser vraiement. Fº 238.
P.65, l. 31: envoiiet.—Ce mot manque dans les mss. A.
P.66, l. 2 et 3: les mieus à harnas.—Ms. A 8: les mieulx armez et enharnechiez. Fº 233.
P.66, l. 4: aviset.—Ms. A 8: appensé. Fº 233.
P.66, l. 4 et 5: euissent bien.—Mss. A: eussent bien eus.
P.66, l. 5: volsissent.—Ms. A 8: s’ilz eussent voulu. Fº 233.
P.66, l. 10: veu.—Ms. A 8: veues.
P.66, l. 11: avisé.—Ms. A 8: avisées.
P.67, l. 7: Viane.—Mss. A 8, 15 à 17: Vienne.
P.67, l. 7: vicontes.—Cette bonne leçon ne se trouve que dans le ms. A 8.
P.67, l. 9: pour.—Les mss. A 7, 8, 15 à 17 ajoutent: leur.
P.67, l. 14 et 15: plus de quinze cens.—Ms. A 17: quinze cens.
P.67, l. 17: couvenant.—Ms. A 8: couvine.
P.67, l. 20: mil.—Ms. A 17: dix mil.
P.67, l. 22: manière.—Mss. A: avantage.
P.68, l. 1: com.—Ms. A 8: tant. Fº 233 vº.
P.68, l. 4: com.—Ms. A 8: tant.
P.68, l. 8: ses.—Mss. A: son.
P.68, l. 10: que il n’ouvrèrent.—Ms. A 17: qui moururent. Fº 294 vº.
P.68, l. 15: se tenoient.—Mss. A 1 à 6, 8, 17: estoient.
P.68, l. 16: eslongiés.—Ms. A 8: esloingniez.
P.68, l. 24: ressongnast.—Ms. B 3: craignist. Fº 248 vº
P.69, l. 2: escriant.—Les mss. A ajoutent: tout.
P.69, l. 3: reversèrent.—Ms. A 8: renversèrent.
P.69, l. 4: riflic.—Mss. B 3, A 1 à 6: rifflis.—Ms. A 7: rifllich. Fº 239.—Ms. A 8: riffleis.—Ms. A 17: riffles. Fº 295.
P.69, l. 9 et 10: entrepris.—Ms. B 3: pressé.
P.69, l. 11: prisonnier.—Mss. B 4 et A: prison.
P.69, l. 13 et 14: besongne.—Le ms. A 6 ajoute: dont vous oyez compter. Fº 238 vº.—Les mss. A 7, 8, 15 ajoutent: dont vous oez parler.—Le ms. A 17 ajoute: que vous oyez compter.
P.69, l. 14: eurent.—Le ms. A 7 ajoute: là.—Le ms. A 8 ajoute: pour lors.
P.69, l. 14: pieur.—Ms. A 17: pis.
P.69, l. 18: vicontes.—Cette bonne leçon est fournie par les mss. A 8, 15; tous les autres manuscrits donnent: conte.
P.69, l. 20: dur.—Mss. A 6, 7, 15 à 17: paine.—Ms. A 8: durté.
P.68, l. 29 à p. 69, l. 25: Et avoient... Pasques.—Ms. B 6: Entre ches compaignons avoit bien mille lanches de ossy bonnes gens et ossy bien montés et armés que on peuist estre, qui encores estoient tous fret et tout nouvieaulx. Quant la prumière bataille de l’Archepestre fu rompue, et s’en vinrent autour de celle montaigne as cours de chevaulx ferir sur costé sur ches gens d’armes, et en ruèrent jus des prumiers venans plus de cinq cens. Là eult grant bataille et forte. Et trop vaillanment s’i portèrent ches Compaignes, et demora la plache pour euls, et y prirent plus de mille bons prisonniers. Et furent pris ly Archeprestre, le sire de Tournon messire Robert, messire Lois de Bieaugeu, le sire de Calençon, messire Renault de Forès, messire Gerart de Salière, le sire de Benay, le sire de Roussillon, le sire de Groulée, messire Jehan de Chalon et pluiseurs aultres, et mors messire Pierres de Bourbon et le jone conte de Forès, et navrés à mort, dont che fu pitié et damaige, messire Jaques de Bourbon, et fu raportés à grant meschief à Lions. Ensy obtinrnet ches Compaignes la plache et leur demora le journée, qui fu l’an mil trois cens soissante et un, le dix huitième jour en avril. Fº 622.
§495. Trop furent.—Ms. d’Amiens: Apriès ceste bataille de Brinay, où chil qui y furent pour combattre ces Compaingnes, rechurent si grant dammaige que tout y furent mort ou pris ou en partie, les Compaignes menèrent bien le tamps à leur vollenté en celi pays, car nus n’alloit à l’encontre, mès chevauchoient partout où qu’il voulloient, et gastoient et ranchonnoient tout le pays. Si s’en vint messires Seghins de Batefol demourer et sejourner à Anse, une ville sus le Sone, à une lieuwe de Lions, et le fist fortement remparer et fortefiier. Et tenoit ou dit fort ou là environ, en petis fors qu’il avoient pris, bien trois mille combatans qui ranchonnoient tout le pays, le terre le seigneur de Biaugeu, le comté de Mascons, le comté de Forès, le basse Bourgoingne, l’arceveskiet de Lions et une partie de l’Auvergne.
Or avint, apriès chou, que ces Compaignes eurent rués jus ces gens d’armes, si comme vous advés oy, et qu’il eurent departi leur butin et leur conquest et ranchonnet leurs prisonniers, ils’espardirent et s’avallèrent deviers le chité d’Auvignon, ardant et essillant le pays partout là où il passoient, pour yaux faire plus cremir, et prendoient villes et fors et les assailloient et les ranchonnoient as vivres et as pourveanches, quant il leur besongnoit, ou à grant somme de florins, quant il avoient pourveanches assés. Si entendirent que, au Pont Saint Esperit, à sept lieuwez d’Auvignon, il y avoit grant avoir et grant tresor dou pays d’environ qui là estoit rassamblés et mis sus le fianche de le fortrèche. Si regardèrent entre yaux, se il pooient prendre le Pont Saint Esperit, il leur vauroit trop, car il seroient mestre et signeur dou Rosne et de ciaux d’Auvignon.
Si estudiièrent tant et jettèrent leur advis que, à chou que j’ay depuis oy recorder, Batillier, Guiot dou Pin, Lamit, Petit Meschin, le bourch Cammus, Espiote et le bourc de l’Espare, chevauchièrent et leur routes une nuit toutte nuit bien quinze lieuwez, et vinrent sus le point du jour à le ville dou Pont Saint Esperit, et l’esciellèrent et le prissent et tous ceux et touttes celles qui dedens estoient: dont che fu grans pités, car il y ochirent tamaint preudomme et violèrent tamainte damme et dammoiselle. Et y concquisent si grant avoir que sans nombre et grandes pourveanches pour vivre ung an ou deux, et pooient courir, s’il leur plaisoit et ensi qu’il faisoient, ung jour en l’Empire, l’autre en Franche, car li ville dou Pont Saint Esperit siert à deus royaummes. Si se ravalèrent et rassamblèrent là tout li compaignon, et couroient tous les jours jusquez as portez d’Auvignon, de quoy li pappes et tout li cardinal estoient en grant angouisse et en grant paour. Et avoient ces Compaingnes dou Pont Saint Esperit fait un cappitainne souverain entre lez autres, c’estoit messires Seghins de Batefol, et s’escripsoit en ses lettres et se faisoit adonc coummunement appeler: amis à Dieu et ennemis à tout le monde. Fº 126 rº et vº.
P.69, l. 29: fremesist.—Mss. A 8, 15: fremist. Fº 234.
P.70, l. 2: moult.—Le ms. A 8 ajoute: esbahis et.
P.70, l. 2: effraé.—Mss. A 1 à 6, 17: esbahis.
P.70, l. 6: et destourbé de le navrure.—Ms. A 8: de la destourbe.
P.70, l. 8: bellement.—Ms. A 8: doucement.
P.70, l. 9: estoit.—Ms. A 8: estoient.
P.70, l. 10: siècle.—Le ms. A 6 ajoute: en l’autre.
P.70, l. 12: nient.—Ms. A 6: mye.—Mss. A 8, 15 à 17: guerres.
P.70, l. 12 et 13: puissedi.—Mss. A 6, 17: après.—Mss. A 8, 15: depuis.
P.70, l. 21: comme en.—Les mss. A ajoutent: raençons de.
P.70, l. 30: part.—Mss. A 6, 7, 15: route.—Mss. A 8, 17: compagnie.
P.71, l. 1: remparer.—Mss. A 8, 17: reparer.
P.71, l. 2: environ celle marce.—Mss. B 3, 4 et mss. A: là environ sus celle marche.
P.71, l. 4: le Sonne.—Ms. B 1: le Loire.
P.71, l. 6 et 7: Marcelli.—Ms. A 15: Marsilly. Fº 256 vº.
P.71, l. 9 et 10: Bernardet.—Mss. A: Bernart.
P.71, l. 10: Lamit.—Ms. A 15: La Mite, Maleterre, breton. Fº 256 vº.
P.71, l. 11: Lespare.—Le ms. A 15 ajoute: Bataillié.
P.71, l. 15: en ce contour.—Ms. A 8: entour.
P.71, l. 28 et 29: li compagnon.—Ms. A 8: les Compaignes.
P.71, l. 30: vaurroit.—Ms. A 8: vaudroit.