P.156, l. 10: ouvrent.—Mss. A 8, 15 à 17: euvrent.
P.156, l. 17 et 18: ensonniier.—Mss. A 8, 15 à 17: embesoingnier.
P.156, l. 18: chiers.—Mss. A 15 à 17: beau.
P.156, l. 19: estat.—Le ms. A 17 ajoute: ne en quel lieu ou place. Fº 321.
P.156, l. 19: desveu.—Ms. A 17: veu deffaillir.
P.156, l. 25: bons.—Ms. A 17: meilleurs.
P.156, l. 29: li uns.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: de nous deux.
P.157, l. 8: ces.—Les mss. A 8, 15 à 17 ajoutent: nouvelles.
§535. Enssi.—Ms. d’Amiens: Ensi ce samedi au matin, qui fu le huitime jour dou mois d’octembre l’an mil trois cens soissante quatre, furent ces batailles ordounnées l’une devant l’autre, en ung biau plain, assés priès d’Auroy en Bretaingne. Si vous di que c’estoit moult belle cose à veoir et à comsiderer, car on y veoit bannières, pennons parés et armoiiés moult ricement de tous costés. Et par especial li Franchois estoient si faiticement et sisouffisamment ordonné, que c’estoit ungs grans deduis dou regarder.
Or vous di que, entroes qu’il ordonnoient et advisoient leurs batailles et leurs besoingnes, li sires de Biaumanoir, ungs grans barons et rices de Bretaingne, aloit de l’un à l’autre, traitant et pourparlant de le pais, car vollentiers l’i euist veut, s’il pewist, et s’en ensonnioit en bonne manière. Et le laissoient li Englès et li Breton de Montfort aller et venir et parlementer à monseigneur Jehan Camdos et au comte de Montfort, pour tant qu’il estoit prisounniers par deviers yaux et qu’il ne se pooit armer. Si mist, che samedi, maint pourpos et tamainte parchon avant, pour venir à pès, mès nulle ne s’en fist. Et tint les batailles en cel estat jusquez à nonne, et prist une souffrance à durer tout le jour et toutte le nuit et l’endemain jusques soleil levant entre les deus hos. Si se retraist chacuns à son logeis bellement et faiticement, et se aisièrent de ce qu’il eurent. Che samedi au soir, yssi li cappittainne d’Auroy hors dou castiel et de le ville à quarante armurez de fer, liquels s’appelloit Henris de Sauternelle, et estoit ungs bons escuiers et qui loyaument s’estoit acquités enviers monsigneur Carlon de Blois de garder le forterèce d’Auroy. Si le rechupt li dis messires Carles moult liement, et li demanda de l’estat dou castiel: «En nom Dieu, monsigneur, dist li escuiers, Dieu merchi, si sommez encorrez bien pourveu pour le tenir deus mois, s’il besoigne.»—«Henry, Henry, respondi messires Carlez, demain, se il plaist à Dieu, serés vous delivrés dou siège ou par accord ou par bataille.»—«Sire, ce dist li escuiers, Dieux y ait part, qui vous doinst victore contre vos ennemis!»
Enssi se passa chilx samedis toutte nuit. Et menèrent li Franchois grant joie et grant revel, et d’autre part ossi fissent li Englès. Et requissent li aucun compaignon et priièrent moult especialment à monsigneur Jehan Camdos qu’il ne volsist mie consentir que nus tretiés ne nulx acors de pès se fesist, car il avoient tout despendu et aleuwet et estoient povre: si volloient par le bataille ou tout parperdre ou recouvrer, et messires Jehans Camdos leur eut en couvent. Fº 135.
P.157, l. 25: plains.—Le ms. A 17 ajoute: les autres, en une grant lande et longue. Fº 321 vº.
P.158, l. 4: de l’un.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: host.
P.158, l. 5: l’i euist veu.—Ms. A 17: il eust veu certain acord entr’eulx.
P.158, l. 23: Sauternelle.--Mss. A 3, 15 à 17: Hauternelle, Hanternelle. Fº 256 vº.—Ms. B 6: Sautrelle. Fº 640.
P.158, l. 25: lanches.—Mss. A 15 à 17: hommes d’armes.
P.158, l. 29: li chastelains.—Mss. A 8, 15 à 17: li escuiers.
P.159, l. 18: à ce Henri.—Ms. A 17: à son escuier.
P.159, l. 19: nuitie.—Mss. A 8, 15 à 17: nuit.
P.159, l. 24: tout aleuet et.—Mss. A 8, 15 à 17: tout le leur.
P.159, l. 25: parperdre ou recouvrer.—Ms. A 17: tout perdre ou tout gainnier ou au moins aucune chose recouvrer. Fº 322.
P.159, l. 25: ou.—Le ms. A 15 ajoute: aucune chose.
P.159, l. 26: en couvent.—Ms. A 15: en couvenant.—Ms. A 17: encouvenancié.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: et le leur promist ainsi.
§536. Quant ce vint.—Ms. d’Amiens: Quant ce vint le diemenche au matin, chacuns en sen host s’appareilla, vesti et arma. Si dist on pluisseurs messes en l’ost le dit monsigneur Carle de Blois, et s’acumenia qui acumeniier vot, et ossi fissent il en l’ost le comte de Montfort. Ung petit après soleil levant, se retraist chacuns en se bataille et en son arroy, enssi qu’il avoient estet le jour devant. Assés tost apriès, revint li sirez de Biaumanoir, qui portoit lez tretiez et qui vollentiers les ewist acordés, s’il peuist, et s’en vint premier à chevauchant deviers monsigneur Jehan Camdos, qui yssi de se bataille et laissa le comte de Montfort, et vint sus les camps contre le dit seigneur de Biaumanoir pour li faire une briefve response et pour son corps garder, car il avoit oy dire et jurer les Englès que, se il venoit plus avant pour tretier ne porter pès ne acort, il l’ociroient.
Siques, si tost que messires Jehans Camdos peut venir jusques à lui, il li dist: «Sire de Biaumanoir, sire de Biaumanoir, je vous avisse que vous ne venés meshui plus avant; car nos gens dient qu’il voellent combattre et qu’il vous ochiront, s’il vous puevent enclore entre yaulx. Et dittes à monsigneur Carle de Blois que messires se voelt combattre et qu’il ne voelt oyr ne entendre à nul tretiet, s’il n’est plainement dus de Bretagne.» Quant li sires de Biaumanoir entendi Camdos enssi parler, si fu mout courouchiez et dist: «Camdos, Camdos, ce n’est mie li entente de monseigneur qu’il n’aitplus grant desir de combattre, et touttez ses gens, que vous n’aiiés, et ont toudis eu. Et che que je m’en sui ensonniiés jusc’à ores, je l’ay fait en espèce de bien et pour tant que je voy, d’un lez et de l’autre, grant fuison de bonne chevalerie de ce pais qui ne se poront combattre que grans meschief n’en viegne; et puisqu’il faut qu’il aviegne, Dieus voeille aidier le droit, car li ungs des deux chiés demourra hui dus de Bretaigne.»
Adonc s’en retourna il vistement deviers monsigneur Carlon de Blois, et Camdos deviers le comte de Montfort, qui li demanda tantost quel cose li sires de Biaumanoir disoit. Et Camdos respondi tout au contraire, pour li enflammer et courouchier: «Quel cose? Sire, je le vous diray. Messires Carlez de Blois vous mande que sans raison on tretie ne parolle de nulle pès; car il demourra ducs de Bretaingne, et n’y arés riens: ossi nul droit n’y avés de riens avoir, et tout ce vous remoustr[er]a il tantost par force d’armes. Or en regardez que vous en voullés faire, se vous vous voullés combattre.»—«Par me foy, dist li comtes de Montfort, Camdos, oil. Faittez passer avant nos bannières, ou nom de Dieu et de saint Gorge.» Depuis n’y eut riens tretiet ne parlementet entre les deux hos; car li sirez de Biaumanoir revint tantost deviers monseigneur de Blois, et li dist le responce de Camdos telle que vous avez oye. Dont messires Carles tendi ses mains vers le chiel, en regraciant Dieu de le belle gent et de le grande chevalerie qu’il veoit dallés lui, et puis dist: «Passés avant, bannierrez, ou nom de Dieu et de monsigneur saint Yve.» Fº 135 vº.
P.160, l. 1: se acumenia... veult.—Ms. A 8: se commenièrent ceulx qui vouldrent. Fº 257.—Ms. A 15: s’accommunièrent ceulx qui vouldrent. Fº 281 vº.—Ms. A 17: se acommissèrent tous ceuls qui vouldrent.—Le ms. B 6 ajoute: et puis burent un cop et s’armèrent. Et se tirèrent tout sur les camps au devant de leurs ennemis ossy serreement comme on povoit, les lanches contremont et grandes haches forgies à Paris et ailleurs pendant à leur costé. Et s’en vinrent ensy tout à piet en une plache au trait de trois arbalestres près de leurs ennemis. Fº 641.
P.160, l. 8: à .—Mss. A: en.
P.160, l. 10: vei.—Les mss. A 8, 15 à 17 ajoutent: venir.
P.160, l. 21: pri.—Ms. A 15: avise.
P.160, l. 29: le painne.—Mss. A: la place.
P.161, l. 2: s’enfelleni.—Mss. A 8, 15: s’enfelonni.—Ms. A 17: s’afelonnit.
P.161, l. 2: courouciés.—Le ms. A 17 ajoute: et tant que, se il eust esté armé comme monseigneur Chandos estoit, pour certain ilz eussent commencé la bataille. Fº 322 vº.
P.161, l. 3: monsigneur.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: Charles de Blois.
P.161, l. 15: Bretagne.—Les mss. A 8, 15 à 17 ajoutent: aujour d’uy.
P.161, l. 16: le painne.—Mss. A 8, 15 à 17: la place.
P.161, l. 25: si fisent.—Mss. A 8, 15 à 17: se passèrent.
P.161, l. 28: grosse.—Mss. A 8, 15 à 17: orguilleuse.
P.162, l. 2: hui.—Mss. A 8, 15 à 17: au jour d’ui.
P.162, l. 2: font.—Mss. A 6, 8: distrent.—Ms. A 17: le scèvent bien. Fº 323.
P.162, l. 4: banières.—Ms. A 15: et pennons et toutes manières de. Fº 282.
§537. Un petit.—Ms. d’Amiens: Ung petit devant l’eure de primme, s’aprocièrent les batailles. Dont ce fu très belle cose à regarder, si comme je l’oy dire à chiaux qui y furent et qui veu les avoient, car li Franchois estoient ossi serré et ossi joint que on ne pewist mies jetter une pomme que elle ne cheyst sus un bachinet ou sus une lanche. Et portoit chacuns hommes d’armes son glaive droite devant lui, retaillie enssi que de cinq piés, et une hace forte et dure et bien acerée, chacuns sus son col ou sus sen espalle. Et s’en venoient enssi tout bellement le pas, chacuns sirez en son arroi et entre ses gens, et se bannierre ou se pennon devant lui, enfourmés de savoir quel cose il devoit faire. Et, d’autre part, li Englès estoient très bien et très faiticement ordonné.
Si s’asamblèrent premierement li bataille monseigneur Bertran de Claiequin et li Breton de son lés, à le bataille monseigneur Robert Canolle et monseigneur Gautier Huet. Et missent li seigneur de Bretaingne, cil qui estoient d’un lés et de l’autre, les bannierrez des deus dus l’un contre l’autre, et les autres batailles s’asamblèrent enssi l’un contre l’autre. Là eut des premiers encontres grans bouteis des lanches et fort estour et dur. Bien est voirs que li arcier trayrent de coummenchement, mès leurs très ne greva noyent as Franchois, car il estoient trop bien armet et fort et ossi bien pavesciet contre le tret. Si jettèrent cil archier leurs ars jus, qui estoient fort compaignon et legier, et seboutèrent entre ces gens d’armes de leur costé, et puis s’en vinrent à ces Franchois qui portoient ces haces. Si s’aherdoient à yaux de grant vollenté et tolloient as pluisseurs leurs haces, de quoy depuis se combatirent. Là eut fait mainte belle appertise d’armes, mainte luite, mainte prise et mainte rescousse. Et sachiés qui estoit cëus à terre, il estoit fort dou relever, se il n’estoit trop bien aidiés.
La bataille monseigneur Charle de Blois s’adrecha droitement à le bataille le comte de Montfort qui estoit forte et espesse. Dallés monseigneur Carlon de Blois estoient li sires de Lion, messires Carles de Dinant, li viscomtez de Rohem, li sirez de Qui[n]tin, li sirez d’Ansenis et li sires de Rocefort, et chacun sires se bannierre devant lui. Là eut, je vous di, dure bataille et grosse et bien combatue. Et furent chil de Montfort de coummenchement durement reboutet; mès messires Hues de Cavrelée, qui estoit desus èle et qui avoit une belle bataille et de bonne gent, venoit à cel endroit où il veoit ses gens branller, ouvrir ou desclore, et les reboutoit et metoit sus par force d’armes. Et ceste ordounnance leur valli trop grandement; car, si tost qu’il avoit les foullés remis sus et il veoit une autre bataille ouvrir ne branler, il se traioit de celle part, et les recomfortoit par telle mannierre comme il est dit devant. Fos135 vº et 136.
P.162, l. 6: § 537.—Le ms. A 15 ajoute: Mais tantost.
P.162, l. 14: courtes mances.—Ms. A 8: petis manches. Fº 257 vº.—Ms. A 15: à bien court manche.—Ms. A 17: un petit manche.
P.162, l. 17: lui.—Le ms. A 17 ajoute: chascun tout.
P.162, l. 20: assamblèrent.—Le ms. A 15 ajoute: ces batailles. Fº 282.
P.162, l. 21: Claiekin.—Le ms. A 17 ajoute: et de monseigneur Olivier de Mauni son nepveu. Fº 323.
P.162, l. 21: de son lés.—Ms. A 17: de leur costé.
P.162, l. 27 et 28: premiers encontres.—Mss. A 8, 15 à 17: première rencontre.
P.162, l. 29: estour.—Mss. A 8, 15 à 17: estrif.
P.163, l. 5: se aherdirent.—Mss. A 8, 15 à 17: s’adrecèrent.
P.163, l. 7: haces.—Le ms. B 6 ajoute: Et en y eurent plus de cinq cens, et che parfist le desconfiture, car il ochioient les Franchois et les Bretons de leurs haches. Fº 647.
P.163, l. 8: faiticement.—Mss. A 8, 15 à 17: hardiement.
P.163, l. 10 et 11: c’estoit fort dou.—Ms. A 15: il ne se povoit.
§538. D’autre part.—Ms. d’Amiens: D’autre part, se combatoient messires Olivier de Clichon, messires Ustasses d’Aubrecicourt, messires Richars Burlé, messires Jehans Bourssiers, messire Mahieux de Gournay, à le bataille le comte d’Auchoire et dou comte de Joni, qui estoit moult grande et moult grosse et bien estoffée de bonne gens. Là eut fait ossi mainte belle appertise d’armes et mainte prise et mainte rescousse. Là se combatoient Franchois et Bretons, d’un lés, mout vaillamment et mout hardiement, des haces qu’il portaient et qu’il tenoient.
Là fu messires Carles de Blois durement bons chevaliers, et qui vaillamment et hardiement se combati et assambla à ses ennemis, et ossi fist ses adversaires le comte de Montfort: chacuns y entendoit enssi que pour lui. Là estoit messires Jehans Camdos, qui y faisoit merveilles d’armes de son corps, car il estoit fors chevaliers et hardis durement; si conssilloit et comfortoit le comte de Montfort en touttes manierrez, et le faisoit passer avant et arester, quant il veoit que tamps estoit.
D’autre part, messires Bertrans de Claiekin, li sires de Tournemine, li sirez d’Avaugor, li sires de Rays, li sires de Lohiac, li sires d’Ansenis et li autre bon chevalier de Bretaingne se combatoient mout vaillamment et y fissent maintes belles apertises d’armes. Et tant se combatirent que touttes ces batailles se requeillirent enssamble, excepté li arrieregarde des Englès, dont messires Hues de Cavrelée estoit souverains. Ceste bataille se tenoit toutdis sus costière, et ne servoit d’autre cose fors de redrechier et mettre en conroy les leurs qui branloient ou qui se desconfissoient.
Entre les autres chevaliers bretons et englès, messires Oliviers de Clichon fu bien veus et avisés qu’il y fist merveillez d’armes de son corps, et tenoit une hache, mès il rompoit ces presses, et ne l’osoit nus aprochier. Et s’enbati telle fois si avant qu’il fu en grant peril, et eut mout affaire de sen corps en le bataille dou comte d’Auchoire et dou comte de Joni, et trouva durement fort encontre sus lui, tant que dou cop d’une hace il fu navrés desous et parmy le visierre de sen bachinet au travers de l’oeil, et l’eut crevet, mès depuis fu il rescous et remis entre ses gensen bon couvenant; et, durement aïrés et enflammés, il se combati et y fist de le main pluisseurs belles appertises d’armes. Là se recouvroient bataillez et bannières, qui une heure estoient tout au bas, et tantost par bien combattre recouvroient et estoient remis sus.
Entre les autres chevaliers, fu messires Jehans Camdos très bons chevaliers, et vaillamment se combati, et tenoit une hace dont il donnoit les horions si grans que nulx ne l’osoit aprochier, car il estoit grans chevaliers et fors et bien fourmés de tous membres: si s’en vint combattre à le bataille le comte d’Auchoire et des Franchois. Et là eut fait maintes belles appertises d’armes. Et, par force de bien combattre, il rompirent et reboutèrent ceste bataille bien avant et le missent à tel meschief que briefment elle fu desconfite et touttez les bannierrez et les pennons de ceste bataille jettés par terre, rompus et deschirés, et li seigneur mis et contourné en grant meschief; car il n’estoient aidiet ne comfortet de nul costé, mès estoient leurs gens tous ensonniiés d’iaux deffendre et combattre. Là crioient chil seigneur et leurs gens qui estoient dallés yaux, leurs ensaignes et leurs cris, dont li aucun estoient oy et reconforté, et li autre, non, enssi que telz besoingnes aviennent et que li cas le requiert.
Touttes fois, li comtes d’Auchoire, par force d’armes, fu durement navrés et pris desoubs le pennon monseigneur Jehan Camdos et fianciés prison, et li comtez de Joni ossi, et mors li sires de Prie, uns grans bannerès de Normendie, et pluisseurs bons chevaliers de Franche et de Normendie. Fº 136.
P.164, l. 6: Joni.—Mss. A 15 à 17: Joingny.
P.164, l. 20 et 21: ressongnies.—Mss. A 8, 15 à 17: redoubtez. Fº 258.
P.164, l. 30 et 31: Gargoulé.—Mss. A 15 à 17: Gargolay. Fº 324.
P.164, l. 31: Malatrait.—Mss. A 15 à 17: Malestroit.
P.164, l. 31: dou Pont.—Mss. A 15 à 17: de Viez Pont.
P.165, l. 8: s’ensonnioit.—Mss. A 8, 15 à 17: s’embesongnoit.
P.165, l. 9: conroy.—Mss. A 15 à 17: arroy.
P.165, l. 19 et 20: en travers.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: du visaige.
P.166, l. 18: en sus.—Mss. A 15 à 17: arrière.
P.166, l. 21: prisons.—Mss. A 8, 15 à 17: prisonnier.
P.166, l. 22: [T]rie.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19: Prier.—Mss. A 8, 9: Pie.—Mss. B et A 7, 15 à 17: Prie.
§539. Encores.—Ms. d’Amiens: Encorres se combatoient les autres batailles moult vaillamment, et se tenoient li baron en bon couvenant. Et touttesfois, à parler loiaument d’armes, il ne tinrent mies si bien leur pas ne leur arroy, enssi qu’il apparut, que fissent li Englès et li Breton dou costé le comte de Montfort; et trop leur valli celle bataille sus elle de messire Hue de Cavrelée. Quant li Englès et li Breton de Montfort virent ouvrir et branler les Franchois, si se confortèrent entre yaux moult grandement. Et demandèrent li pluiseur leurs chevaux que leur garchon tenoient enssus d’iaux. Tantost il furent monté, pourveu de haces et d’espées de Bourdiaux et en grant vollenté de envaïr, d’ochir et de mehaignier leurs ennemis.
Et se parti adonc messires Jehans Camdos à toutte une grosse routte des siens, et s’en vint adrechier sus le bataille monsigneur Bertran de Claiequin, où on faisoit merveillez d’armes, mès elle estoit ja ouverte et pluisseur chevalier et escuier mis en grant meschief. Et encorres furent il plus, quant messires Jehans Camdos et une grosse routte d’Englès s’i embatirent. Là eut donnet tamaint pesant horion de ces haces, maint bachinet fendu et maint homme mort. Touttesfois, messires Bertrans ne li sien ne peurent porter che fès. Si fu là pris messires Bertrans d’un escuier englès desoubs le pennon monsigneur Jehan Camdos et qui estoit de ses gens et de son hostel. Et entendi ensi que messires Jehans Camdos prist et fiancha de sa main un baron de Bretaingne que on appelloit le seigneur de Rays, hardi chevalier durement.
Apriès ceste grosse bataille des Bretons rompue, li bataille fu enssi que desconfite, et perdirent li autre tout leur arroy et se missent en fuite, qui mieux mieux chacuns, exceté li vaillant chevalier et escuier de Bretaingne, qui ne volloient mies laissier leur signeur, monsigneur Carlon de Blois, mès avoient plus chier à morir que reprochiet leur fust fuitte. Si se combatirent, chacuns desoubz se bannierre et se pennon, depuis moult vaillamment et très asprement, et se rekeillirent en pluisseurs lieux et par tropiaux chil bon chevalier et escuier de Bretaingne, qui estoient avoecq monseigneur Carlon de Blois, et qui, par forced’armes, volloient recouvrer le meschief qu’il leur apparroit; mès il ne peurent.
Là fu messires Carles de Blois et chil qui dallés lui estoient, enclos d’une grosse routte d’Englès qui tout se tiroient de celle part pour aidier le bannierre monsigneur Carle à desrompre et desconfire. Si i eut fait mainte belle appertise d’armes, et mout vaillamment se combatirent messires Carles de Blois et chil qui dallés lui estoient. Et ne l’eurent mies li Englès d’avantaige, mès il estoient trop mieus parti à ce donc que li Franchois ne fuissent. Là fu ochis, en bon couvenant et le viaire sus ses ennemis, messire Carlles de Blois, et dallés lui et sus son corps ungs siens filx bastars qui s’appelloit messires Jehans de Blois, et pluisseurs autres chevaliers et escuiers qui ne volloient mies laissier leur mestre et leur seigneur, mès avoient plus chier à morir.
Depuis que les bannierres monseigneur Carle de Blois furent atierées, n’y eut riens retenu, mès furent les desconfitures moult grandes de tous costés sus les Franchois et les Bretons. Et se missent tous li Englès à cheval, et coummenchièrent à cachier et à encauchier leurs ennemis. Là eult, quant à le cache et à le fuitte, grant mortalité, grant ocision et grant desconfiture, et tamaint bon chevalier et escuier pris et mis en grant mescief. Là fu toutte li fleur de le bonne chevalerie de Bretaigne, pour le temps et pour le journée, morte ou prise; car peu de chevaliers ne d’escuiers d’onneur escapèrent, qu’il ne fuissent mort ou pris.
Et par especial des banerès de Bretaingne y furent mort messires Carles de Dignant, li sires de Lion, li sires d’Ansenis, li sirez d’Avaugor, li sires de Lohiach, li sires de Gargoulé, li sires de Malatrait et li sires dou Pont; et pris: li viscomtes de Rohem, li sires de Lion, li sires de Rochefort, li sires de Rays, li sires de Rieus, li sires de Tournemine, messires Henris de Malatrait, messires Oliviers de Mauni et pluisseur autre bon chevalier et escuier de Bretaingne et grant signeur; et ossi dou royaumme de France, maint bon chevalier et escuier: li comtes d’Auchoire premierement, li comtes de Joni et tamaint autre qui y estoient venu desous le comfort monsigneur Bertran de Claiequin, qui y fu pris ossi.
Briefment à parler, ceste desconfiture fu moult grande et mout grosse, et grant fuisson de bonnes gens y eut mors, tant sus lescamps comme en le cache, car elle dura huit grans lieuwes et tout le jour jusques à le nuit. Si poés bien croire que là en dedens y avinrent pluisseur mescief, et y eut maint chevalier et maint escuier mort et pris. Ceste bataille, qui fu assés priès d’Auroi en Bretaingne, fu l’an de grasce Nostre Seigneur mil trois cens soissante quatre, par un dimenche en octembre, le jour Saint Denis et Saint Gislain. Fº 136 vº.
P.166, l. 27: couvenant.—Mss. A 8, 15 à 17: couvine. Fº 258 vº.
P.166, l. 29: li Englès et li Breton.—Ms. A 17: les Bretons et Anglois. Fº 324 vº.
P.167, l. 1: li Englès et li Breton.—Ms. A 17: les Bretons et Anglois.
P.167, l. 7: des siens.—Mss. A 8, 15 à 17: de ses gens.
P.167, l. 8: Claiekin.—Le ms. A 17 ajoute: et de monseigneur Olivier de Mauni son nepveu. Fº 325.
P.167, l. 13: tamaint.—Mss. A 8, 15 à 17: maint.
P.167, l. 18: desous.—Le ms. A 17 ajoute: la bannière ou.
P.167, l. 20: un.—Le ms. A 15 ajoute: grant. Fº 283 vº.
P.167, l. 22: durement.—Le ms. A 15 ajoute: et qui moult longuement se combatit à monseigneur Jehan Chandos.
P.167, l. 24: que.—Ms. A 17: comme du tout.
P.167, l. 30: fuite.—Le ms. A 15 ajoute: vilaine.—Le ms. A 17: vilaine ne honteuse.
P.167, l. 32: très asprement.—Ms. A 17: appertement.
P.168, l. 13: Blois.—Les mss. A 11 à 14 ajoutent: qui tua celui qui tué avoit monseigneur Charle de Blois.
P.168, l. 21: fin.—Les mss. A 8, 15 à 17 ajoutent: de bataille et.
P.168, l. 31: Gargoulé.—Mss. A 15 à 17: Cargolay.—Ms. A 7: Guergorlay.
P.168, l. 32: dou Pont.—Ms. A 15: de Vielpont.
P.169, l. 4: Tournemine.—Le ms. A 2 ajoute: le conte de Tonnoirre.—Mss. A 1, 3 à 6, 8: le conte de Tonnoirre.
P.169, l. 5: Mauni.—Le ms. A 15 ajoute: fort chevalier et hardi durement.
P.169, l. 5 et 6: Riville.—Ms. A 17: Regneville.
P.169, l. 6: Friauville.—Ms. A 8: Frauville. Fº 259.—Mss. A 15 à 17: Frianville.
P.169, l. 6: d’Ainneval.—Mss. A 1 à 8: Rainneval.—Mss. A 15 à 17: Rayneval.
P.169, l. 9: le.—Le ms. A 15 ajoute: vaillant.
P.169, l. 12 et 13: en le cache.—Ms. A 8: sur la place. Fº 259 vº.
P.169, l. 13: huit.—Le ms. A 8 ajoute: grosses.
P.169, l. 14: Rennes.—Mss. A 11 à 14: Vannes.
P.169, l. 13 à 22: cache... octembre.—Ms. B 6: Et dura la chache huit lieues jusques ens ès portes de la chité de Rennes, car ly Englès montèrent à cheval qui les poursievirent jusques au vespre. Et là eult messire Jehan Candos, par l’aide de ses gens, pour trois cens mille frans de bons prisonniers; car il eult messire Bertran de Claykin, le conte d’Auchoire, le conte de Joni et plus de quarante chevaliers. Ceste belle aventure avint au conte Jehan de Montfort en Bretaigne, assés priès du castiel d’Auroy, en l’an de grace mil trois cens soissante quatre, le lundy devant le Saint Mikiel. Fº 648.
P.169, l. 20: d’Auroy.—Ms. A 17: du noble chasteau d’Aurroy que le vaillant roy Artur fist jadis faire et fonder. Fº 325.
§540. Apriès.—Ms. d’Amiens: Apriès le grant desconfiture, si comme vous avés oy, et le place toutte delivrée, li chief des seigneurs englès et bretons d’un lés retournèrent et n’entendirent plus au cachier, mès en laissièrent couvenir leurs gens. Si se traissent d’un lés li comtes de Montfort, messires Jehans Camdos, messires Robers Canolles, messires Ustasses d’Aubrecicourt, messires Mahieux de Gournay, messires Gautiers Hués, messires Hues de Cavrelée, messires Jehans Bourssier et li autre chevalier. Et s’en vinrent ombriier desoubs une longhe haye, un petit enssus de là où li bataille avoit estet, et missent touttes leurs bannierres et pennons en celle haie, pour leurs gens requeillier et radrechier. Et coummenchièrent leur menestrel à corner et à piper, et li signeur se desarmèrent et esventèrent ung petit, car moult avoient chaut pour le traveil de combattre et de cachier. Et burent li aucun qui avoient vin en bouteilles et en flascons. Entroes qu’il estoient en cel estat, li sires de Clichon revint, se bannierre devant lui, qui le plus avoit poursieuwois ses ennemis. A painnes s’en estoit il pous partir, tant avoit estet aïrés et enflammés sus yaulx. Et ramenèrent ses gens grant fuisonde prisonniers et par especial son oncle le viscomte de Rohem. Si se traist erramment li dis messires Oliviers de Clichon deviers le comte de Montfort, qu’il tenoit pour seigneur et pour chief, et descendi à piet avoecq les autres.
A ce donc ne savoient il riens encorres que messires Carles de Blois fust mors; mes il avoient envoiiet leurs hiraux par le campaingne regarder as ungs et as autres, et pour triier les seigneurs hors des autres et savoir liquel y estoient mort. Si fu là raporté au comte de Montfort, et dist ensi li chevaliers qui l’en raporta les nouvelles: «Monseigneur, loés Dieu et regraciés de le belle journée que vous avés, car messires Carles de Blois, vostres adverssaires, est demourés mors sur les camps.» Et quant li comtes de Montfort l’entendi, si dist qu’il volloit venir de ceste part et [le] veoir ossi bien mort que vif. Si vint là où messires Carles gisoit, et vinrent avoecq lui pluisseur des seigneurs et chevaliers qui là estoient. Si le trouvèrent environnet de grant fuisson de mors, chevaliers et escuiers, et une hace desoubs lui, dont il s’estoit combatus, et ossi de ses ennemis englès et bretons mors aucuns. Se le fist li comtes de Montfort retourner le viaire dessus, car il gisoit en dens. Et quant il le vit ou viaire, si fu tous penssieux et prist à larmiier et dist: «Ha! monseigneur Carle, monseigneur Carle, biaus cousins, com par vostre opinion maintenir sont grant meschief avenu en Bretaigne! Se Dieux m’aït, il me desplaist que je vous treuve enssi, se estre pewist autrement.» Adonc le tira arière messires Jehans Camdos et li dist: «Sire, sire, partons de chy et regraciiés Dieu de le belle aventure que vous avés; car, sans le mort de cesti, ne poyés vous venir à l’iretaige de Bretaingne.» Adonc ordounna là li comtes de Montfort que il fust tantost mis en un sarqu et aportés à Rennes, et il fu fait presentement si comme il le coumanda. Fos136 vº et 137.
P.170, l. 1: Tanton.—Mss. A 1 à 6, 15, 18, 19: Tancon.
P.170, l. 2: aultre.—Le ms. A 17 ajoute: seigneurs et chevaliers. Fº 326.
P.170, l. 2: ombriier.—Ms. A 17: umbraier.
P.170, l. 2 et 3: dou lonch d’une.—Ms. A 6: delez une. Fº 258 vº.—Mss. A 8, 15 à 17: devant une.
P.170, l. 12: l’iretage.—Ms. A 15: le bel hiretaige.—Ms. A 17: le noble heritaige.
P.170, l. 20: plus de gré.—Mss. A: plus grant gré.
P.170, l. 21: En.—Ms. A 15: A.—Ms. A 17: Entre.
P.170, l. 22: enflamés.—Le ms. A 17 ajoute: d’ire et de mautalent.
P.170, l. 24: partir.—Le ms. B 6 ajoute: et voelt on dire que en chest jour de se propre main il en ochist et abaty plus de soixante. Fº 649.
P.170, l. 25: se retraist.—Mss. A 7, 8, 15 à 17: se traisent.
P.171, l. 1: chercié.—Mss. A 8, 15 à 17: cerchié.
P.171, l. 11: d’une.—Ms. A 8: à . Fº 260.
P.171, l. 20: regracions.—Ms. B 4 et mss. A: regraciés.
P.171, l. 21: avés.—Le ms. A 15 ajoute: qu’il vous a hui donnée—Le ms. A 17 ajoute: aujourd’ui eue.
P.171, l. 21: poiés.—Mss. A: poviez.
P.171, l. 28: en.—Mss. A: ou pays de.
P.171, l. 29: maint grant et biel.—Ms. A 8: pluseurs.—Ms. A 15: pluseurs beaus.—Ms. A 17: moult de beaus.
P.171, l. 29: miracle.—Le ms. B 6 ajoute: et cante on de luy ensy que d’un martir, car il morut vaillanment en defendant et gardant son hiretaige. Fos649 et 650.
§541. Apriès.—Ms. d’Amiens: Apriès ceste ordounnanche et que tout li mort furent desvesti et que leurs gens furent repairiet de le cache, il se traissent vers leurs logis dont au matin il s’estoient parti. Si se desarmèrent et aisièrent de chou qu’il eurent, il avoient assés de quoy, et entendirent à leurs prisonniers et fissent appareillier les navrés et les blechiez; et les leurs meysmement qui estoient navret et blechiet, fissent il remettre à point. Quant ce vint le lundi au matin, li comtes de Montfort fist assavoir sus le pays et à chiaux de Rennes et des villes environ, qu’il leur dounnoit trieuwez troix jours, pour ensepvelir les mors et venir querre les corps des gentilz hommes: laquelle ordounnanche on le tint à belle et à bonne, et se tint par devant Auroy et dist que point ne s’en partiroit, se l’aroit.
Ces nouvellez s’espardirent en pluisseurs lieux et en pluisseurs pays, coumment li comtez de Montfort, par le consseil et confort des Englès, avoit obtenu le place contre monseigneur Carlon de Blois, et li mort et desconfi, et mort et pris toutte le fleur de Bretaingne. Si en avoient messires Jehans Camdos et messires Oliviers de Clichon grant huée. Et disoit li coumune renoumée que par leur fait, avoecques le reconfort de l’arrieregardemonseigneur Hue de Cavrelée, avoit estet la besoingne achievée. De ces nouvellez furent tout li amit et li comfortant monseigneur Carlon de Blois courouchiet, che fu bien raisons, et tout cil de par le comte de Montfort, resjoy...
Bien est voirs que li roys Carles de Franche fu mout courouchiés de le desconfiture qui fu devant Auroy et bien y eut cause, car ses royaummes en fu grandement afoiblis, et par especial il regreta grandement le mort de monseigneur Carlon de Blois, son cousin, le prise de monseigneur Bertran de Claiequin, le mort et le prise des bons chevaliers qui là avoient estet. Si envoiea tantost li roys le duc d’Ango, son frère, deviers les marches de Bretaingne, pour recomforter et conssillier le pays, qui moult estoit desolés et esbahis, et par especial celle qui s’appelloit duçoise et hiretière de Bretaingne; car elle veoit son marit monseigneur Carle de Blois mort et ses deus fils emprisonnés en Engleterre, Jehan et Ghui. Si vint li dus d’Ango, qui avoit sa fille à femme, par deviers lui, et le recomforta et consseilla che qu’il peult, et li proummist qu’il se feroit cause et chiés de le guerre contre le comte de Montfort. Encorres avoit la damme un petit fil qui estoit appellés Henris, c’estoit tous ses recomfors; mès quant la damme examinoit bien touttes ses besoingnes, elle se veoit bien en dur parti. Si ploroit et regretoit ses amis, et bien avoit cause, enssi comme vous orés chy apriès. Fº 137 rº et vº.
P.171, l. 31: que.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: tous.
P.172, l. 3: eurent.—Mss. A 15 à 17: avoient.
P.172, l. 14: le.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: fort.
P.172, l. 15: d’Auroy.—Le ms. A 15 ajoute: que le roy Artur fist jadis faire et fonder. Fº 285.
P.172, l. 19: par le... Englès.—Les mss. A ajoutent ces mots qui manquent dans le ms. B 1.
P.172, l. 22: fleur.—Les mss. A 1 à 6, 8, 15 à 17 ajoutent: de la chevalerie.
P.172, l. 27: li Breton.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: et les Anglois.
P.172, l. 30: li rois.—Le ms. A 17 ajoute: Charles. Fº 327.
P.173, l. 2: chevalier.—Les mss. A 8, 15 à 17 ajoutent: et escuiers.
P.173, l. 28: Douvres.—Le ms. B 6 ajoute: et vinrent si à point que le roy d’Engleterre et ses trois filz, le duc de Clarenche, le duc de Lenclastre, le conte de Canterbruge, estoient à Douves pour festier le conte Loys de Flandres qui là estoit arivés pour le cause de ung mariage aidier à parfaire, qui estoit commenchiet entre monsigneur Aimmon, conte de Cantbruge, et le fille du conte de Flandres. Fº 651.
P.173, l. 30: hiraut.—Les mss. B 3, 4 et les mss. A ajoutent: et li donna le nom de Windesore et moult grant pourfit.
P.173, l. 32: je fui.—Le ms. A 17 ajoute: depuis moult suffisanment informé.
§542. Il est bien voirs.—Ms. d’Amiens: Si escripsi li comtes de Montfort ceste avenue en pluisseurs lieux et par especial au roy Edouwart d’Engleterre, qu’il tenoit et appelloit père, car il avoit euv sa fille en mariaige. Si vinrent ces nouvelles au dit roy au cinqime jour de le bataille à Douvres. Et emporta lettres de creanche ungs varlès poursiewans armes, qui avoit estet à le bataille et que li roys englès fist tantost hiraut, et li dounna le nom de Windesore, et moult grant prouffit: par lequel hiraut noummet Windesore je fui enfourmés de ceste bataille et de l’ordounnanche, si comme vous avés oy chy dessus recorder, car j’estoie à Douvres au jour qu’il y vint et que les nouvellez y furent premierement sceuwes. Et le cause pourquoy li roys englès estoit adonc là et grant fuison des seigneurs d’Engleterre, je le vous diray.
En ce tamps que chilx hiraux Windesore ariva là à Douvres, estoit là venus li roys d’Engleterre, avoecq lui li dus de Lancastre et messires Aimmons, comtes de Cambruge, si doi fil, et grant fuison de seigneurs d’Engleterre, telz que le comte d’Arondel, le comte de Salebrin, le comte de Herfort, le jone comte de Pennebrucq, le jone comte de le Marce, monseigneur Gautier de Mauny, le seigneur Despenssier, le seigneur de le Ware, monseigneur Ricart de Pennebruge, monseigneur Alain de Boukesele, monseigneur Richart Sturi, le seigneur de Ferières, monseigneur Thummas de Grantson et pluisseurs autres seigneurs, barons et chevaliers, pour festiier le comte Loeys de Flandres, je vous diray cause pourquoy.
A che donc assés nouvellement avoit estet tretiez li mariaiges de monseigneur Ainmon, comte de Cantbruge, filz au roy d’Engleterre, et de madamme Marie, fille au comte Loeys de Flandres, qui estoit veve dou jone duc de Bourgoingne, si comme chy dessus est registré. Si estoient là assamblé cil seigneur pourordounner mariaige et assigner ce que chacuns devoit avoir. Li roys d’Engleterre donnoit à son fil le comté de Pontieu, le comté de Ghines, le terre de Melch et de Oye, et telz drois qu’il entendoit à avoir en le comté de Haynnau, de Hollande et de Zellandez, qu’il ne faisoit mies adonc petis, de par madamme la roynne Phelippe, sa femme, qui fille avoit estet au comte de Haynnau, enssi que vous savés. Si furent là chil seigneur d’Engleterre et de Flandres en grans reviaux et en grans esbatemens l’espasse de quatre jours, et y eut grans disners et biaux et bien ordounnés. Et leur vinrent ces nouvelles certaines de Bretaingne, dont ils furent mout resjoy, especialment li roys englès et li comtes de Flandres, li roys englès pour ce qu’il avoit toudis fait chief et partie de ceste gerre avoecq le comte de Montfort, liquelx comtes avoit eu sa fille espousée, et li comtes de Flandrez, pour tant que il est cousins germains au comte de Montfort.
Apriès ces festes et ces reviaux qui furent à Douvres, prist li comtes Loeis de Flandres congiet au roy et as barons d’Engleterre, et rapassa le mer et vint à Calais. Si le raconvoiièrent li dus de Lancastre et li comtes de Cantbruges et les en mena li comtes de Flandres avoecq lui en Flandres pour jewer et esbattre, et furent à Yppre, à Brughes et à Ghand, et partout si bien venu et si bien recheu. Endementroes ordounna li roys englès grans messaiges pour envoiier deviers le pappe Urbain [cinqime[483]] pour dispensser che mariaige, car il estoient moult prochain de linaige; car autrement sans dispenssations n’avoit li comtes de Flandres acordé sa fille au roy d’Engleterre. Or nous soufferons nous à parler de ceste matère, et revenrons au comte de Montfort et dirons coumment il persevera.
P.174, l. 7: devant.—Le ms. A 17 ajoute: de la ditte bataille d’Aurroy.
P.174, l. 17: conseil.—Le ms. A 17 ajoute: qui illecques se tenoient, lesquelz le reçurent moult grandement et moult honorablement, ainsi qu’il appartenoit à un tel prince et si grant seigneur. Fº 327 vº.
P.174, l. 18: l’avoit.—Mss. B 3, A 1 à 6, 8 à 14, 18 à 23: l’avoient.
P.174, l. 20: besongne.—Ms. A 17: grant bataille.
P.174, l. 26 à 28: Et donna... pourfit.—Ces lignes manquent dans les mss. B 3, B 4 et dans les mss. A.
P.174, l. 30: trois.—Ms. A 17: quatre ou cinq.
P.175, l. 3: Aymons.—Le ms. A 17 ajoute: son frère.
P.175, l. 6: Bruges.—Le ms. B 6 ajoute: et à Gand et en pluiseurs bonnes villes et s’y tinrent bien ung mois, et puis s’en retournèrent en Engleterre. Fº 652.
§543. Li contes.—Ms. d’Amiens: Apriès le bataille et le grant desconfiture qui fu devant Auroy, où toutte li fleur de Bretaingne fu morte et prise, li comtes de Montfort se tint à son siège, et dist qu’il ne s’en partiroit jusques à tant qu’il l’aroit. Et envoiea dire à chiaux dou castiel que, se il se volloient rendre bellement à lui et recepvoir à seigneur, il leur pardonroit son mautalent et les lairoit joïr et possesser de tout chou qu’il avoient en le fortrèche. Chil d’Auroy se conssillièrent et regardèrent coumment leurs sirez estoit mors, et tout li baron de Bretaingne de leur costé, mort et pris, meysmement pris leur capittainne, Henris de le Sauternelle, et grant fuisson de bons compaignons qui le fortrèce avoient aidiet à deffendre et à garder en avant. Si ne veoient nul apparant de comfort de nul costé, siques, tout examinet et consideré le bien et le mal, il se rendirent et rechurent le comte de Montfort à seigneur et à souverain. Et entra li dis comtes en le ville et ou castiel d’Auroy à grant solempnité, et li fissent tout feaulté et houmage.
Quant il eut pris le possession dou castiel et de toutte le terre, il eut consseil qu’il se trairoit devant le bonne ville de Jugon à touttes ses hos, et pria affectueusement à monseigneur Jehan Cambdos qu’il volsist demourer avoecq lui; car de son consseil et de sen ayde avoit il grant mestier. Messires Jehans Camdos li otria, et ossi fissent tout li Englès pour l’amour de lui. Si s’en vinrent li comtes de Montfort et touttes ses hos devant Jugon et l’environnèrent tout autour, et dissent qu’il ne s’en partiroit, si l’aroient. Et ordonnèrent li seigneur d’Engleterre qu’il ne ranchonneroient nuls de leurs prisonniers jusques à tant que leur guerre seroit achievée. Si furent envoiiet messires Bertran de Claiequin, li comtes d’Auchoire, li comtes de Joni, li sirez de Rays, li sires de Rieus, li sirez de Tournemine et bien soissante chevaliers tous prisounniers, à monseigneur Jehan Camdos et à ses gens, en Poito, et espars en pluisseurs lieux, les ungs à Plasac, les autres à Niort,les autres à Pons ou à Saintes ou à Lusegnon ou en le Rocelle ou à Saint Jehan l’Angelier. Enssi fissent tout li autre de leurs prisonniers, mes il leur faisoient courtoise prison et les recreoient sus leurs fois bellement sans tenir enfremés, ne loiier en fers ne en buies, et toudis se tenoit li sièges devant Jugon.
Quant chil de Jugon virent le puissanche et l’effort dou comte de Montfort et que nul ayde ne leur apparoit, si n’eurent mies consseil d’iaux longement tenir, mès se rendirent, et tinrent le dit comte à seigneur et li fissent feaulté et hoummaige. Si entra li dis comtez en le [ville de Jugon] et souverains: enssi se faisoit il noummer et escripre. Et remua tous offisciiers et y mist gens à sen ordounnanche, et puis se parti de Jugon. Quant il s’i furent rafresci environ cinq jours, il s’en vinrent devant le bonne ville de Dignant. Là mist il grant siège et qui dura bien avant en l’ivier, car la ville est forte et estoit adonc bien garnie. Et ossi li dus d’Ango leur mandoit qu’il les recomforteroit sans faulte. Ceste esperanche les fist tenir moult longement et endurer et souffrir tamaint assault. Finablement, quant il virent qu’il n’aroient point de secours et que leurs pourveanches amenrissoient, il se composèrent et acordèrent as tretiés dou comte de Montfort. Et se rendirent par composition que, se dedens deux mois en avant, plus fors de lui apparoit en Bretaigne, qui le boutast huers par forche d’armes ou autrement, de le partie monseigneur Carlon de Blois à qui il avoient fait feaulté et houmaige, il estoient quitte et absols de leur tretiet; autrement, les deux mois acomplis, il le tenoient à duch et à seigneur.
Li comtes de Montfort leur acorda vollentiers, et envoiea douze hommes de le ville de Dignant, tous des plus riches, qui furent cran et hostaiges pour aemplir ces couvens, en le cité de Vennes, et puis chevaucha avant et vint droit devant le ville et le cité de Campercorrentin. Et i ariva toutte sen host où il avoit plus de quinze mil hommes, et tous les jours li croissoient gens qui li venoient d’Engleterre et d’autres pays, qui queroient et demandoient les armes, et il ne les savoient bonnement où avoir fors en Bretaingne. Enssi asega li comtes de Montfort le chité de Campercorrentin, qui est moult belle et mout forte. Et y avoit adonc très bonne gens et qui bien s’aquitèrent de le garder, car li sièges y fu mout longement, et petit y fissent de leur prouffit, tant qu’il y sissent, en assallant et en escarmuchant chiaux de dedens. Fos137 vº et 138.
P.175, l. 10: Auroy.—Ms. A 17: le fort chasteau d’Auroy que le vaillant roy Artur fit faire et fonder jadis. Fº 328.
P.175, l. 13: de le Sauternèle.—Mss. A 6, 8, 15 à 17: de Sautemelle.
P.175, l. 14: et toute le fleur.—Ms. B 6: et plus de quarante. Fº 650.
P.175, l. 24: le.—Le ms. A 17 ajoute: belle.
P.175, l. 30: vinrent.—Mss. A: vint.
P.176, l. 1: trois.—Ms. A 15: quatre. Fº 286.
P.176, l. 6: herriier.—Mss. A 15 à 17: harier.
P.176, l. 11: chemina.—Mss. A: chevaucha.
P.176, l. 11 et 12: Dignant.—Mss. A 15 à 17: Dinan.
P.176, l. 14 à 16: li dus... faire.—Ms. A 17: le duc Charles de Blois si leur avoit moult bien dit que ilz se tenissent ainsi comme bonnes gens devoient faire.
P.176, l. 16 et 17: conforteroit.—Ms. A 17 ajoute: tantost.
P.176, l. 17: fist.—Le ms. A 17 ajoute: longuement.
P.177, l. 4: nesun.—Mss. A: nul.
P.177, l. 10: le pays de Bretagne.—Ms. A 15: le bon pais de Bretaingne.—Ms. A 17: tout le demourant du bon pais de Bretaingne.
§544. Entrues.—Ms. d’Amiens: Or avint enssi, entroes que on seoit devant Campercorrentin, que li roys de Franche avoit eus pluisseurs conssaux, pourpos et ymaginations depuis le bataille d’Auroy et le mort son cousin monseigneur Carle de Blois, je vous diray sus quel estat. Li conssaux dou roy de Franche regardoient que li comtez de Montfort avoit mort et desconffit celi qui se tenoit et escripsoit dus de Bretaingne, et que tous li pays avoit ossi ou li plus et tenoit à seigneur, et avoecq lui tous les barons, chevaliers et escuiers de Bretaingne, et estoit maintenant durement fors ens ou pays, car il avoit l’acord et l’ayde des Englès qui lui faisoient sa guerre, et prendoit villes, chités et castiaux en Bretaingne, et estoit bien tailliés dou prendre, car nulx n’aloit au devant: lesquelles villes, chités et castiaux vorroit tenir par concquès et mettre hors du demainne, ressort et hoummaige de Franche. Dont, pour ce peril escieuwer, il fu regardé et avisé en Franche et remoustré au roy Carle finablement qu’il n’avoit que faire de gueriier contre le comte deMontfort pour la duché de Bretaingne, ne de perdre le serviche et l’oummaige d’un si grant pays comme Bretaingne est; car telle estoit li entention dou comte de Montfort que, se il le conqueroit par forche, il le voroit tenir à tousjours mès sans houmage et sans resort. Ossi il avoit et tenoit bonne pais au roy d’Engleterre: si ne pooit y estre que haynne, mautalens et dissentions ne s’esmeuissent entre leurs gens, ens en cas que chacuns voroit faire partie pour son amy, enssi que devant avoit esté; et, se fortune avoit comforté et eslevet le comte de Montfort, on li souffresist.
Si furent tretiet de pès mis avant, et regardé quelx gens s’en ensonnieroient. Or m’est advis que li arcevesques de Rains, li sires de Craan et messires Boucicaux, marescaux de Franche, en furent cargiet de par le roy et le consseil de Franche. Et vinrent chil seigneur en Bretaingne deviers le comte de Montfort, monseigneur Jehan Camdos et les autres de son consseil, qui se tenoient à siège devant Campercorrentin, et li remoustrèrent bellement et sagement sus quel estat li roys de France les envoyeoit là et coumment c’estoit li vollentés dou roy de Franche que li comtes de Montfort demourast dus de Bretaingne à perpetuelité, parmi tant qu’il le tenist en foy et en hoummage dou dit roy, enssi que li autre duc en avant l’ont tenu de le courounne de Franche. Avoecq tout ce, messires Oliviers de Clichon devoit ravoir toutte se terre entierement, et tout chil qui de l’acort le comte de Montfort avoient esté, et leur estoient pardounné tout mautalent. Chilx tretiés se coummencha à entamer, mès il ne fu mies si tost conclus, quoyque li comtez de Montfort y entendesist vollentiers; car il avoit si grans alianches au roy englès, qu’il n’en vot riens faire sans son acord, et lui segnefia tout l’estat dou tretiet, et li envoiea par deux de ses chevaliers où il avoit moult grant fianche. Quant li roys d’Engleterre l’entendi, se s’i acorda assés legierement et le loa bien au comte de Montfort qu’il le fesist. Se retournèrent li chevalier qui envoieyet avoient estet en Engleterre, et dissent à leur seigneur tout ce que li roys englès en avoit respondut.
Si fu assés tost apriès li pais acordée et confremmée devant Campercorrentin. Et entra li comtes de Montfort en le ditte chité comme dus, et fu en avant tenus et noummés dus de Bretaingne, et rechupt les fois et les hoummaiges des gentils hommes de Bretaingne, barons, chevaliers et escuiers, et de touttela ducé entirement. Et s’en parti la femme monseigneur Carle de Blois et vint à Paris, et eut, par l’ordounnanche de le pès environ vingt mil florins bien assignés par an en Bretaingne, une comté et terre c’on dist de Pentèvre. Et dubt, avoecques tout chou, li comtes de Montfort mettre grant painne à le delivrance de ses cousins, les enfans monseigneur Carle de Blois, qui estoient prisonnier en Engleterre. Et, se li comtes de Montfort, noumés dus de Bretaingne, moroit sans avoir hoir de loial mariaige, la duché devoit retourner as hoirs monseigneur Carlon de Blois. Enssi vint li comtes Jehans de Montfort à l’iretaige de Bretaingne pour quoy il avoit tant gueriiet, et li comtes ses pères et madamme sa mère et messires [Oliviers] de Clichon ossi. Et tout li autre chevalier et escuier ossi qui avoient estet de son acord, tout leur fu rendu et restitué, et encorres grans nombre d’argens pour leur arrierages. Fº 138.
P.177, l. 12 et 13: abstraint.—Ms. A 8: estraindi. Fº 251 vº.—Mss. A 15 à 17: contraingnit, contraingnoit.
P.177, l. 28: taions.—Mss. A 8, 15 à 17: ayeul.
P.178, l. 22: moiiens.—Mss. A: messages.
P.181, l. 1: laiier.—Mss. A 8, 15 à 17: laissier.
P.181, l. 16: de.—Le ms. A 17 ajoute: la noble conté de.
P.181, l. 17: frans.—Ms. B 6: florins. Fº 656.
§545. Avoech.—Ms. d’Amiens: Assés tost apriès, se maria li dus de Bretaingne à l’ainnée fille madamme la princesse de Galles, que elle avoit eue de monseigneur Thummas de Hollandes.
Si se coummenchièrent li baron, li chevalier et li escuier, qui avoient estet pris à le bataille d’Auroy, à ranchounner et a yaulx delivrer petit à petit; mès messires Bertrans de Claiequin ne le fu mies si trestost, car on lui demandoit plus de cent mille frans. Toutteffois, quant il se mist à finanche, messires Jehans Camdos en eult cent mille tous appareilliés.
Encorres avint, en cel yvier que li paix de Bretaingne fu ordonné[e] et confremmée, de quoy tous li pays looit Dieu à jointes mains, car il avoient eu et porté le guerre le tierme de vingt trois ans continuelx, que li roynne Jehanne, ante au roy de Navare, et li roynne Blanche, soer au dit roy, et li captaus de Beus, qui estoit prisounniers à Paris, enssi que vous savés, avoecq aucuns bons seigneurs de Franche, s’ensonniièrent de lepais entre le roy de Franche et le roy de Navare. Si fu tant pourparlée et demenée que elle se fist. Et fu li captaus de Beus quittes de se prison, et demourèrent au roy de Franche Mantes et Meulent. Si eut li rois de Navarre, par le composition de le pais, soissante mil francs, et messires Loeys de Navarre, quarante mil, pour aucuns castiaux qu’il avoit en Normendie, qu’il vendi et rendi au roy de Franche. Et se parti assés tost apriès pour aller ent à Naples et pour espouser le fille à le roynne de Napples. Si se mist li dis messires Loeis de Navare hors dou royaumme de Franche en grant aroy, mès il mourut sus le voiaige. Dieux en ait l’ame, car il fu moult gentil et courtois chevaliers. Fº 138.
P.182, l. 23: Nemouses.—Mss. A: Nemox, Nemoux.
P.183, l. 6: virgonda.—Ms. A 8: vergoingna. Fº 262 vº.
P.183, l. 9: chevalier.—Mss. A 8, 15 à 17: escuier.
P.183, l. 14: li rois.—Le ms. A 17 ajoute: de France.
P.183, l. 14 et 15: aultres chastiaus en Normendie.—Ms. B 6: aultres hiretaiges et le baronnie de Montpellier qui depuis luy fu retollue. Fº 657.
P.183, l. 19: France.—Le ms. A 17 ajoute: son cousin.
P.183, l. 20: florins.—Mss. A: frans.
P.183, l. 22: dame.—Mss. A: royne.