[297]L’évaluation du nombre des hommes composant l’armée angevine varie suivant les chroniqueurs. M. Valois (loc. cit., p. 39, note 1), que nous ne pouvons mieux faire que de suivre pour toute cette période, a relevé des différences allant de 15,000 à 100,000.[298]Pour des raisons multiples, le duc s’immobilisa devant Naples, sans pouvoir empêcher les bandes de Hawkwood de faire leur jonction (31 novembre) avec Charles de la Paix, qui l’amusait en le défiant à des combats personnels, dont la date était éternellement remise (Valois,loc. cit., p. 53-57).[299]L’enchanteur dont parle Froissart était un chevalier nommé Garillo Caracciolo et surnommé leChevalier sauvage. Envoyé par Charles de la Paix pour défier le duc d’Anjou, il fut accusé de pratiques ténébreuses et magiques et brûlé, en dépit de son caractère de messager (Valois,loc. cit., p. 56).[300]Peu de temps auparavant, Jean Fernandez Andeiro avait été fait comte d’Ourem (D. Nuñez, t. II, p. 325).[301]C’est à Arronches que se réunirent les Anglais pour commencer leur chevauchée. L’expédition, forte de 200 chevaliers et de 4,000 hommes de pied, prit d’abord le chemin d’Ouguella et gîta la première nuit à San Salvador da Matança. Ce n’est que le deuxième jour que Lobon fut pris (D. Nuñez, t. II, p. 340).[302]Ville d’Espagne, prov. de Badajoz.—Après la prise du château, où se distingua le bâtard d’Angleterre (F. Lopes, t. IV, p. 448), les Anglais y laissèrent une garnison de 70 hommes (D. Nuñez, t. II, p. 340).[303]Cortijo de Cantaelgallo, ville d’Espagne, prov. de Badajoz.—La mort d’un des leurs fut le signal pour les Anglais d’un massacre général des habitants de la ville, où ils laissèrent 200 hommes de pied et 30 écuyers (D. Nuñez, t. II, 341).[304]Ville d’Espagne, prov. de Badajoz.[305]Sur ce personnage, voy. plus haut, p.XLVIII, note257.[306]Ville de Portugal, prov. d’Alentejo.[307]Le roi Ferdinand, qui était à Vimieiro, vient à Estremoz, puis à Borba, et rejoint le comte de Cambridge à Elvas (D. Nuñez, t. II, p. 341). Lopez de Ayala estime l’armée portugaise à 3,000 hommes d’armes et celle des Anglais à 1,000 hommes d’armes et à 1,000 archers, forces auxquelles s’ajoutait un grand nombre de gens de pied (t. II, p. 157).[308]Le roi de Castille quitte Avila, se rend à Oterdesillas, puis à Simancas, à Zamora, enfin à Badajoz, où il est à la fin de juillet 1382. Il a sous ses ordres 5,000 hommes d’armes, 1,500geneteurset quantité de gens de pied, d’arbalétriers et d’archers (D. Nuñez, t. II, p. 342; Lopez de Ayala, t. II, p. 156-157). Le roi de Castille «entra oudit royaume de Portugal si fort et si puissant de gens d’armes que lesdis roy de Portigal et Anglois furent contrains de faire traictié avecques lui, par lequel traictié ledit roy de Portigal renonça au traictié et aliances qu’il avoit avecques les Anglois» (Ist. et chr. de Flandre, t. II, p. 260).[309]Froissart fait sans doute allusion à la prise de Bruges par les Gantois et aux négociations engagées entre Philippe d’Artevelde et le roi d’Angleterre.[310]Martin, cardinal, fut évêque de Lisbonne du 5 mai 1379 au 6 décembre 1383, date à laquelle il fut tué.[311]Grand chambellan de Castille. Ce personnage est le seul de tous ceux que cite Froissart qui soit officiellement intervenu comme plénipotentiaire dans la signature du traité de paix. Il avait pour collègue castillan Pero Sarmento. Le roi de Portugal était représenté par dom Alvaro Perez de Castro, comte d’Arraiolos, et Gonçalo Vasquez de Azeuedo (Lopez de Ayala, t. II, p. 158; F. Lopes, t. IV, p. 459; D. Nuñez, t. II, p. 345).[312]L’évêque d’Astorga était chancelier de Castille.[313]La principale clause du traité de paix fut les fiançailles de Ferdinand, deuxième fils du roi de Castille, avec l’infante Béatrice, dont le mariage avec le fils du comte de Cambridge était ainsi rompu. Le roi Jean s’engageait à rendre sans rançon les vingt galères prises à la flotte portugaise et à fournir des bateaux pour rapatrier les mercenaires anglais (Lopez de Ayala, t. II, p. 159; D. Nuñez, t. II, p. 345).[314]Les chroniqueurs portugais mentionnent la colère des Anglais de voir signer la paix; ils se disaient trompés (F. Lopes, t. IV, p. 464; D. Nuñez, t. II, p. 348).[315]Mohammed V était monté sur le trône de Grenade en 1354, où il resta jusqu’en 1391, après un interrègne entre 1359 et 1360.[316]Le roi de Tunis était alors Abou-’l-Abbas-Ahmed (1370-1394).[317]Abou-Hammou Mouça II (1359-1386).[318]Le comte de Cambridge avait pris le chemin de Rio Maior pour venir à Santarem; il était à Almada le 1erseptembre 1382, prêt à s’embarquer sur les bateaux castillans (D. Nuñez, t. II, p. 349); mais il ne partit qu’en octobre, après avoir été ravitaillé par Othe de Granson et Jean de Gruyères (Rec. Off., Early Chanc. Rolls327, m. 23;Issue Rolls305, m. 3).—Un chroniqueur nous apprend que, dans l’acte où il s’engageait à renvoyer au roi de Castille ses bateaux, le comte de Cambridge avait pris le titre defils du roy de France et d’Angleterre. Le roi n’accepta pas cette rédaction, à laquelle il fit substituer les mots:fils du roy d’Angleterre(Ist. et chr. de Flandre, t. II, p. 260).[319]Le 27 octobre 1382, le roi Jean de Castille était à Madrid quand il apprit la mort de sa femme, la reine Éléonore d’Aragon (Lopez de Ayala, t. II, p. 160). Cette princesse était fille du roi Pierre IV d’Aragon et avait épousé Jean Ieren 1375.[320]Aussitôt après la mort de la reine de Castille, le roi de Portugal propose au roi Jean de lui donner en mariage sa fille Béatrice, qui, en vertu du traité de paix, devait épouser son second fils Ferdinand. Le roi Jean accepte; l’archevêque de Saint-Jacques reçoit pleins pouvoirs (mars 1383) pour faire annuler les fiançailles ayant eu lieu avec le fils du comte de Cambridge; les dispenses du pape sont obtenues et le mariage, hâté par le roi Ferdinand, qui se sent malade à Salvaterra, est célébré par procureur le 30 avril 1383 (L. de Ayala, t. II, p. 161; F. Lopes, t. II, p. 469; D. Nuñez, t. II, p. 350-351). La nouvelle reine arrive à Elvas le 13 mai 1383 (D. Nuñez, t. II, 359).[321]Ce prince mourut en bas âge.[322]Déjà malade depuis quelque temps, le roi Ferdinand mourut le 22 octobre 1383, à l’âge de cinquante-trois ans passés.[323]Froissart raconte avec plus de détails dans son troisième livre la lutte du roi Jean de Castille, soutenu par la reine régente de Portugal, Éléonore Tellez, contre le frère bâtard du roi Ferdinand, qui devait bientôt porter le nom de Jean Ierde Portugal.[324]Peu de temps avant sa mort, au moment du mariage de sa fille avec le roi de Castille, le roi Ferdinand avait envoyé en Angleterre un écuyer nommé Ruy Cravo, pour s’excuser d’avoir été forcé de renoncer à marier sa fille avec le prince Édouard, fils du comte de Cambridge, et pour protester de son amitié (F. Lopes, t. IV, p. 478; D. Nuñez, t. II, p. 358).[325]Les Gantois ne pouvaient se procurer des vivres qu’à grand’peine «et furent de si près guettiés toute celle saison d’yver et jusques à l’entrée de may que vivres deffailloient en Gand, si que plus n’avoient que mengier» (Ist. et chr., t. II, p. 245).[326]Philippe d’Artevelde avait, en mars 1382, commandé une expédition qui était allée chercher des vivres dans les environs d’Audenarde et de Courtrai (Kervyn, t. X, p. 455).[327]Ce n’est que le 16 avril que les Gantois purent aller à Liège et à Louvain chercher des provisions. Dès le 1erdu mois, ils avaient envoyé à Louvain des députés qui, accompagnés du bourgmestre et de quatre échevins, avaient obtenu de l’évêque des vivres et la promesse de s’entremettre pour eux auprès du comte (Kervyn, t. X, p. 455).[328]Sur François Ackerman, que nous avons déjà cité commerewaertde Gand en 1381 (p.XX, note119), et que nous retrouvons à la tête d’une flotte en 1382 (p.LXXI, note386), voy. dans Kervyn (t. X, p. 454-455, et t. XX, p. 2-5) plusieurs actes duRecord Office. Ce personnage, qui joue dans la suite un rôle important comme amiral de Flandre, est nomméFrancionet qualifié dedux ignobilispar leReligieux de Saint-Dénis(t. I, p. 370); une rédaction desChroniques de Flandre(Ist. et chr., t. II, p. 223-225) le confond avec Jean Yoens et lui attribue en 1379 l’incendie du château du comte de Flandre.[329]Évêque de Liège de 1378 jusqu’à sa mort en 1390. La plupart des manuscrits, et d’après eux Meyer, offrent à tort la leçon Arnould d’Erclé pourJeand’Arkel, prédécesseur d’Arnould de Hornes (1364-1378) sur le siège épiscopal de Liège. Une longue généalogie de la famille Hornes, dans laquelle figure l’évêque de Liège, a été imprimée à Paris en 1722; elle est conservée à la Bibliothèque nationale (Pièces orig., vol. 1533).[330]Belgique, prov. de Brabant.[331]Le palais de Caudenberg «dominait de ses créneaux et de ses tourelles la ville industrielle placée au-dessous» (Kervyn,Étude littéraire sur le XIVesiècle, t. I, p. 93). Le nom de l’hôtel de la duchesse de Brabant est rappelé aujourd’hui par l’église de Saint-Jacques-sur-Caudenberg, située tout près du palais royal.[332]C’est, d’après Meyer (fol. 182 vº), le 6 avril 1382 que le comte résolut d’assiéger la ville de Gand.[333]LesChroniquesne fournissent pas de grands détails sur ces conférences de Tournai, où furent «le conseil des bonnes villes de Flandres, du Franc et de tout le plat pays;» du côté du comte «y furent pluiseurs nobles et gentils hommes dudit pays, et aussi y furent l’evesque du Liége et son conseil, pour traiter de l’acord dudit comte de Flandres et de ceuls de Gand; mais on n’y peut paix trouver» (Ist. et chr., t. II, p. 177). Meyer prétend que l’évêque de Liège arriva à Tournai le 6 avril (fol. 182 rº), mais cette date est démentie par les comptes de Louvain cités par Kervyn (t. X, p. 455), d’après lesquels l’évêque, se rendant à Tournai, n’était encore à Louvain que le 22. Il partit le lendemain pour Bruxelles pour se joindre aux députés du Brabant. Les échevins de Louvain ne purent obtenir un sauf-conduit du comte pour les accompagner (Ibid., p. 456).[334]Sur les familles d’Oupey et d’Hérimez, voy. Kervyn, t. XXII, p. 317-318, et t. XXI, p. 544-547.[335]Le prévôt de Haerlebeke, conseiller et chancelier du comte de Flandre, plus connu sous le nom de prévôt de Saint-Donat de Bruges, se nommait Sohier vander Beke et était un ancien chanoine de Tournai. Malgré le rôle conciliateur que lui prête Froissart (t. IX, p. 211), il n’en avait pas moins été visé personnellement dans le traité de 1379 (t. IX, p.LXXXVI, note 6).[336]Ce passage de Froissart, relatif à de nouveaux troubles de Paris, n’est pas ici à sa place; il se rapporte à la fin d’avril, au moment où le sire de Couci, envoyé en ambassade auprès des Parisiens (voy. plus haut, p.XLV, note247), ne put obtenir d’eux qu’une somme de 12,000 francs pour les besoins du roi. Poussé par les seigneurs, qui désiraient le pillage de la ville et s’y préparaient (Chr. des Quatre Valois, p. 302), Charles VI voulut à ce moment affamer Paris et songea même à donner l’assaut (Chronographia, t. III, p. 32-33). Les conférences de Saint-Denis amenèrent un accord dont Froissart a parlé plus haut (p.153-155).[337]D’après une chronique (Ist. et chr., t. II, p. 204), les Gantois n’étaient que 4,000 «et avoit avec yauls pluiseurs carios qui menoient trebus et espingalles.» D’après Olivier de Dixmude, cité par Kervyn (t. X, p. 458), l’armée de Philippe d’Artevelde s’élevait à 8,000 hommes.[338]Au point du jour, le vendredi 2 mai 1382, les Gantois arrivent ànonneà une lieue de Bruges (Ist. et chr., t. II, p. 246), dans la plaine de Beverhoutsveld, qui a donné son nom à la bataille.[339]Le texte de Froissart porte iciBuxy, mais de la comparaison d’un autre passage où figure cet écuyer, à l’occasion des obsèques du comte de Flandre en 1384 (Kervyn, t. X, p. 282), et d’une pièce d’archives publiée par Kervyn (t. XXI, p. 266), il résulte qu’il s’appelaitBuxeul=Buxeuil. C’est du reste ainsi orthographié qu’il apparaît de nouveau dans Froissart (t. XV, p. 396, 397 et 423).[340]Le nom de ce personnage, qui assiste comme écuyer aux obsèques du comte de Flandre (Kervyn, t. X, p. 282), semble altéré; nous le retrouvons ailleurs (t. X, p. 542, et t. XXI, p. 266) sous les formesLeombiartetLe Ombearde, peut-êtreLombard.[341]D’après une chronique (Ist. et chr., t. II, p. 204), l’armée du comte était forte de 20,000 hommes, sans compter les courtiers, bouchers, poissonniers et vairiers qui étaient du parti du comte, les tisserands et foulons tenant pour les Gantois (Ibid., p. 205). Dans Olivier de Dixmude, ce nombre est réduit à 12,000 hommes. Le comte devait avoir aussi à son service des gens d’armes anglais, que nous voyonsfaire montreen la ville de Bruges le 6 avril 1382 (Arch. du Nord, citées par Le Glay,Chr. rimée, p. 103).[342]La bataille commença à l’heure de vêpres (Ist. et chr., t. II, p. 204); les Brugeois étaient «plains de viandes et de vins» (Ibid., p. 247).[343]Il y eut deux décharges d’artillerie de la part des Gantois; l’une d’elles jeta le comte à bas de son cheval (Ist. et chr., t. II, p. 247).[344]D’après leReligieux de Saint-Denis, (t. I, p. 112), l’armée du comte perdit 5,000 hommes; 6,000, d’après Olivier de Dixmude.[345]Malgré la panique provoquée dans les rangs de ses auxiliaires, le comte voulait quand même assaillir les Gantois, mais «une grant partie de ceulx de ladicte ville de Bruges se tournèrent contre lui et se mirent avecques ses ennemis et en leur ayde» (Ist. et chr., t. II, p. 258).[346]Obligé de fuir et de rentrer à Bruges, le comte n’avait pour l’accompagner que 40 hommes (Meyer, fol. 184 rº).[347]Un nouveau combat eut lieu dans l’intérieur de la ville, où périrent près de 10,000 habitants (Chronographia, t. III, p. 33). LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 118) prétend qu’étant entrés presque sans résistance dans Bruges, sous prétexte d’assister à la procession, les Gantois se ruèrent sur les habitants et en égorgèrent une partie avec les armes qu’ils tenaient cachées.[348]Le comte perdit son sceau dans la déroute, et trois semaines après, à Lille, dut se servir de celui du sire de Ghistelles (7eCartulaire de Flandre, cité par Le Glay dansChr. rimée, p. 104).[349]Froissart a donné dans saChronique de Flandre(Bibl. nat., ms. fr. 5004, fol. 105 vº-108 rº) une rédaction plus détaillée qui nous apprend que ce fut à un bourgeois de Gand, nommé Renier Campion, que le comte dut son salut. La vieille femme qui le cacha chez elle était la veuve Bruynaert (Kervyn,Hist. de Flandre, t. III, p. 486).[350]Le pillage fut grand (Ist. et chr., t. II, p. 178); d’après Walsingham (t. II, p. 62), 17,000 hommes furent tués dans Bruges.[351]Un assez grand nombre d’habitants quittèrent alors leur ville et se retirèrent à Tournai avec tout ce qu’ils possédaient (Arch. nat., JJ 122, fol. 37 vº).[352]Jean de Baronaige figure déjà, quoique non mentionné par Froissart, parmi les défenseurs d’Audenarde en octobre 1379 (Chr. et ist., t. II, p. 165 et 230).[353]Sur la filiation et les alliances de Thierri d’Anvaing, voy. Kervyn (t. XX, p. 98).[354]Florent de Heule avait été fait chevalier au siège d’Audenarde en octobre 1379 (Ist. et chr., t. II, p. 166).[355]Un des premiers actes de Philippe d’Artevelde fut de mettre de nouveaux fonctionnaires à la tête de la ville (Ist. et chr., t. II, p. 248). LaChronique de Flandredonne le nom de l’épicier-hôtelier, Guillaume le Cat (Bibl. nat., ms. fr. 5004, fol. 110 rº), chez qui Philippe organisa la nouvelle administration de Bruges (voy. aussi Kervyn, t. X, p. 460). Philippe avait fait rassembler hors des murs, à l’abbaye de Sainte-Catherine, tous ceux de Bruges qui acceptaient le nouvel état de choses et leur avait fait jurer fidélité; le reste des habitants avait été tué (Ist. et chr., t. II, p. 205), ce qui ne concorde guère avec l’opinion de Walsingham (t. II, p. 62), qui prétend que les procédés des Gantois furent si humains que, trois jours après la prise de la ville, les marchandises recommençaient à affluer à Gand et les marchés à se rouvrir.[356]Le comte resta caché jusqu’à minuit le samedi (et non le dimanche) et sortit seul et à pied de Bruges (Ist. et chr., t. II, p. 247) «par une fausse porte» (Chr. normande de P. Cochon, p. 170). Il prit aussitôt le chemin de Lille, arriva à Trois-Sœurs, y trouva une jument qui le conduisit jusqu’à Roulers; là il se fit reconnaître «à son hoste duCornet, qui le monta de bon cheval et le mena jusques en Lille, et ses gens siewirent après luy» (Ist. et chr., t. II, p. 248). D’après laChronographia(t. III, p. 33), le comte avait deux compagnons de fuite.[357]«A part les châtellenies de Cassel, de Bourbourg et de Dunkerque, tenues par la dame de Bar, toute la Flandre était perdue pour Clément VII» (Valois,La France et le grand schisme, t. I, p. 261-262).[358]La défaite du comte fut une occasion pour les gens de Louvain et de Liège de resserrer leur alliance avec les Gantois, et d’échanger avec eux des ambassades (Kervyn, t. X, p. 460).[359]Une des rédactions desChroniques de Flandre(Ist. et chr., t. II, p. 205), de même que Meyer (fol. 184 vº), parle detroisportes de Bruges, qui furent détruites dès le 7 mai.[360]Voy.Ist. et chr., t. II, p. 178.[361]Ibid., p. 205.[362]Ces autres villes étaient Damme, l’Écluse, Berghes «et tout le remanant de Flandre» (Ist. et chr., t. II, p. 178 et 248).[363]Philippe d’Artevelde alla à Courtrai, où il était le 11 mai, avant de se rendre à Ypres, où il était le 24. A la fin de mai, il mettait le siège devant Audenarde (Meyer, fol. 185 vº).[364]Une chronique française de la Bibliothèque nationale (fr. 17272, fol. 22 vº) qualifie Jacques d’Artevelde de «brasseur de miel.» C’est ainsi que Froissart s’exprime dans sa première rédaction et dans la rédaction du ms. d’Amiens (t. I, p. 127 et 394); mais, dans la rédaction du ms. de Rome (t. I, p. 394), il le nomme simplementbourgeois. LesGrandes Chroniques(t. V, p. 372) disent qu’il «prist à femme une brasseresse de miel;» même leçon dans laChronographia(t. II, p. 46). Voy. à cet égard Kervyn, t. II, p. 533-539, et t. IV, p. 464-475. Les travaux de M. de Poter sur les Artevelde, dans les publications de l’Académie de Belgique, ont été complétés par M. J. Vuylsteke en 1873 (Eenige Bijzonderheden over de Artevelden).[365]Pour essayer de paralyser le commerce des villes révoltées, le comte signe à Lille, le 15 mai 1382, des lettres par lesquelles il déclare ne plus prendre «sous sa protection et sauve-garde les marchands étrangers étant en Flandre, à cause de la rebellion des habitants de ce pays» (Pièce desArch. du Nord, analysée par Le Glay,Chr. rimée, p. 103). D’après Walsingham (t. II, p. 62), le comte se tint à Saint-Omer pendant le siège d’Audenarde.[366]Gilbert de Leeuwerghem, écuyer, était capitaine d’Audenarde à la date du 8 avril 1382 (Le Glay,Chr. rimée, p. 103). Il devint plus tard chambellan du duc de Bourgogne.[367]Jean de Heule était un des défenseurs d’Audenarde en 1379 (Ist. et chr., t. II, p. 165 et 230).[368]Cet écuyer appartenait sans doute à la famille de Nicolas Zannequin, capitaine des Flamands, tué à la bataille de Cassel.[369]D’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 170), l’armée de Philippe d’Artevelde comptait 300 archers anglais, 40,000 Gantois et un grand nombre de bannis et de condamnés.[370]Nous voyons Tristan de Lambres, écuyer, tenir un écu aux obsèques du comte de Flandre (Kervyn, t. X, p. 282).[371]M. Kervyn veut reconnaître cette grosse pièce de siège «dans le canon gigantesque placé aujourd’hui à Gand,» près du marché du Vendredi (t. X, p. 461).[372]Belgique, prov. de Flandre occidentale, sur la rive gauche de la Lys.[373]Belgique, prov. de Flandre occidentale. La ville d’Helchin «estoit enclavée ou royaume de Franche» (Ist. et chr., t. II, p. 178).[374]LeReligieux de Saint-Denisparle d’un défi que le seigneur d’Heerzele aurait envoyé au comte (t. I, p. 172); il est plus probable d’admettre que ce fut entre Daniel de Halluin et le sire d’Heerzele qu’eut lieu, sous les murs d’Audenarde, une joute dont parle une chronique française (Bibl. nat., fr. 17272, fol. 43 vº et 44 vº).[375]Le roi se trouve à Compiègne du 8 au 11 juillet 1382 (Petit,Séjours de Charles VI, p. 14).[376]Le comte, qui réside à Hesdin au commencement du mois de juin, approuve, à la date du 4, la défense faite par le bailli aux habitants de Termonde de sortir de la ville (Chr. rimée, p. 104). Le 26 août, il paie.VI.livres.II.sols «au Grand Coppin pour les fraiz des justices fais à Hesdin de.III.conspirateurs de Flandres» (Ibid., p. 105).[377]A Bapaume, le comte fait décoller les otages de la ville de Courtrai, qui vient de se rendre aux Gantois; de Douai, il envoie les otages d’Ypres à Bapaume, à Hesdin et ailleurs (Ist. et chr., t. II, p. 206).[378]C’est au mois d’août que fut convoquée à Compiègne l’assemblée des nobles et des prélats (Terrier de Loray,Jean de Vienne, p. 167). Le roi et le duc de Bourgogne s’y trouvaient ensemble le 15 (Petit,Séjours de Charles VI, p. 14, etItinéraires, p. 152).[379]LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 70) raconte d’une autre façon l’origine de l’emblème adopté par Charles VI, qui aurait pris à la chasse un cerf, porteur d’un collier sur lequel étaient gravés les mots:Cæsar hoc mihi donavit. Le récit de Froissart faisant allusion à un cerfvolanta au moins le mérite d’expliquer toutes les particularités de l’animal cher au roi.[380]LaChronographia(t. III, p. 34-35) fait remonter antérieurement (au 24 juin 1382) l’envoi d’une lettre de Philippe d’Artevelde, demandant au roi de France, qu’il appelleson seigneur, de prendre en main le gouvernement des Flandres en lieu et place du comte, s’il ne voulait pas voir le roi d’Angleterre se substituer à lui. Les Flamands ne demandaient du reste qu’à traiter; mais le comte de Flandre et le duc de Bourgogne poussaient au contraire le roi à faire la guerre (Chr. des Quatre Valois, p. 305).[381]Ce messager, qui se nommait Hennequin et avait appris le français à la cour de France, fut accueilli par le duc de Bourgogne avec des insultes (Chronographia, t. III, p. 34), mais fut laissé en liberté, dit leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 172). Froissart semble être plus dans la vérité, quand il avance qu’on le garda plus de six semaines en prison, car cette arrestation fut un des griefs de Philippe d’Artevelde contre le roi (cf. dans notre texte p.261et277).[382]Peu de temps après sa lettre du 24 juin (voy. plus haut, note380), Philippe d’Artevelde avait entamé des négociations avec l’Angleterre, et aux dates des 11 et 15 juillet et du 18 août 1382, nous trouvons la mention de paiements faits soit à un envoyé de Philippe, soit à Richard Hereford, héraut, à Edmond Halstede, Richard Wodehall et George de Ffelbrigg, écuyers, députés vers les Gantois (Rec. Off., Issue Rolls 305, m. 9, 11 et 13). A la date des 19-24 août figure aussi dans les comptes de la ville de Gand l’embarquement des échevins de Gand Michiel Boene et Jan de Hert, et à la date du 13 septembre le départ pour l’Angleterre de Laurent de Maech, de Jan de Jonghe et de Jan uten Broucke (Rekeningen, p. 328-329).[383]Voy. le passage relatif à cet emprunt de 200,000 florins ou 50,000 marcs dans la rédaction du ms. de Rome, t. II, p. 256-257.[384]Philippe d’Artevelde était à Bruges du 4 au 8 septembre 1382; nous le trouvons sous les murs d’Audenarde ou à Edelaere du 12 septembre à la fin de novembre (Rekeningen, p. 328-331).[385]Le récit de Froissart renferme plus d’une erreur et plus d’une confusion dans l’énumération des ambassadeurs flamands. Cette ambassade se composait en effet de 12 membres, dont les noms nous ont été conservés par les lettres de créance qui leur furent données le 14 octobre 1382. C’étaient Willem van Coudenberghe, Willem vanden Pitte, Race vander Voerde, Jan van Waes et Michiel Boene, représentant Gand; Lodewijc de Vos, Jacop de Scoteleere, Jacop de Bruwere et Willem Matten, représentant Bruges; Gillis Tant, Jacop Moanin et Lamsin de Borchgrave, représentant Ypres (Rekeningen, p. 457-459; voy. aussi Gachard,Mémoires de l’Académie de Belgique, t. XXVII, p. 37). Aux cinq envoyés de Gand étaient adjoints Gillis van Wijnvelde, Martin van Erpe et Pieter van Beerevelt (Rekeningen, p. 330).[386]François Ackerman ne pouvait faire partie de l’ambassade, étant à cette époque parti pour la Rochelle à la tête d’une flotte (Rekeningen, p. 345).[387]Mentionné plusieurs fois dans lesRekeningen der Stad Gent(p. 278, 298 et 310).[388]Ce Louis de Vos est peut-être le même que ce bourgeois de Gand, qui, en 1383, à la bataille de Dunkerque, fut fait chevalier (Kervyn, t. X, p. 225).[389]Nous trouvons unJeande Scotelaere mentionné en 1380 dans lesRekeningen(p. 184); mais il est à remarquer que l’envoyé de Bruges se nommaitJacqueset nonJean.[390]Martin vande Water fut le successeur, en 1384, de l’évêque urbaniste de Gand, Jean de West; il ne faisait pas partie de l’ambassade (cf. Kervyn, t. X, p. 463).[391]Le nom de Bruwere, qui appartient ici à un bourgeois de Bruges, est fréquent à Gand (Rekeningen, p. 64, 84 et 97).[392]Ce clerc, dont le nom est supprimé dans la plupart des manuscrits, est appelé Bande Quintin dans l’un (c’est la leçon que nous avons adoptée) et Hewart de Sueskes dans un autre; mais ces noms sont tout à fait fantaisistes. Nous avons consulté à ce sujet M. Julius Vuylsteke, dont la compétence est grande pour tout ce qui regarde l’histoire de Gand. Il nous a gracieusement répondu et sa conclusion est que le personnage en question ne peut être que maître Willem de Coudenberghe, l’un des ambassadeurs. Malgré la valeur de cette autorité, nous croyons qu’il faut plutôt reconnaître dans le clerc de Froissart,parentde Philippe d’Artevelde, Martin van Erpe, neveu de Philippe et plus tard un de ses héritiers, un de ceux qui avaient été adjoints à l’ambassade (voy. p.LXXI, note385). En faisant de ce clerc anonyme le successeur prématuré de l’évêque urbaniste Jean de West, Froissart l’identifiait avec Martin vande Water, qu’il avait déjà mentionné à tort comme accompagnant l’ambassade.[393]Jean de West, évêque urbaniste de Gand, que Froissart semble avoir confondu avec l’échevin Jan van Waes, suivi dans cette erreur par Meyer (fol. 186 vº) et par Kervyn de Lettenhove (Histoire de Flandre, t. III, p. 505), a laissé peu de traces dans l’histoire de Gand. Cet ancien doyen de Tournai, nommé par les Gantois, en haine de la France clémentine, évêque de Tournai à la place de Pierre d’Auxy, avait été pourvu en 1380 de bulles régulières par Urbain VI (Valois,La France et le grand schisme, t. I, p. 261). C’était ungrand clerc, disent les chroniques du temps (Ist. et chr., t. II, p. 175; dom Smet,Rec. des chr. de Fl., t. III, p. 273); il mourut en 1384 et fut enterré dans l’abbaye de Saint-Victor de Waestmunster près de Termonde, revêtu de ses habits pontificaux (Gallia christiana, t. III, col. 229).[394]Les ambassadeurs qui vinrent recevoir leurs instructions de Philippe d’Artevelde étaient à Edelaere du 30 septembre au 2 octobre; ils partirent le 17 (Rekeningen, p. 329-330).[395]CeJeande Caumont semble devoir être nomméRaymond(P. Anselme, t. IV, p. 481). Par contre, nous trouvons un Jean de Caumont, sans doute frère de Nompar de Caumont (Ibid., t. IV, p. 470), écuyer en Flandre et à l’Écluse en 1387 et 1388 (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 622).[396]Perducat d’Albret, que nous voyons le 6 mai 1381 recevoir du roi d’Angleterre la confirmation du don de la ville de Bergerac, qu’il avait reçue précédemment du roi Charles V, se retrouve à la Rochelle, après le 6 mai 1381 (Labroue,Le livre de vie, p. 154) et à Londres lors de l’insurrection de 1381 (voy. plus haut, p.XXXI), reçoit le 6 septembre le don de la baronnie de Caumont et autres lieux (Rec. Off., Privy Seals 472, nº 1901), après avoir reçu le 1erdu même mois les terres du seigneur de Langoiran rebelle (Ibid., 471, nº 1897). Il reçoit le 25 octobre un don d’argent (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 5), le 6 mai 1382, le château de Verteuil-de-Castelmoron (Labroue, p. 159); enfin, le 26 juillet de la même année, 50 livres à valoir sur une somme promise par le roi Édouard. Cette somme de 50 livres est délivrée à «Bertucato de la Brettede dominio Aquitannie, nuper capto de guerra in servicio regis per gentes francigenas, inimicos regis, et pro instante prisonario existenti» (Rec. Off., Issue Rolls 305, m. 12). Sur Perducat d’Albret, alors qu’il était au service de la France, voy. une note de Siméon Luce (t. VII, p.CIV, note 2).[397]La note précédente montre que Perducat d’Albret ne mourut que passé le 26 juillet 1382, au moins près d’un an après avoir été mis en possession de la baronnie de Caumont.[398]Les ambassadeurs flamands étaient porteurs d’instructions que nous résumons d’après le texte qu’en a donné Kervyn (t. X, p. 464-466). Ils demandaient la confirmation des privilèges à eux accordés par les rois d’Angleterre, l’établissement à perpétuité en Flandre de l’estaple de la laine, la protection par une flotte anglaise du commerce que la Flandre entretenait avec la Rochelle et autres villes du continent, le paiement par termes de la somme de 140,000 livres sterling octroyées autrefois aux Flandres par le roi Édouard, enfin l’expulsion hors du territoire anglais des réfugiés flamands. Les ambassadeurs recevaient des présents du roi à la date du 25 octobre 1382 (Rec. Off., Issue Rolls 305, m. 3) et, le 31, Jean Morewell les accompagnait jusqu’à Sandwich (Ibid.), comme il l’avait fait précédemment pour une autre ambassade (Ibid.306, m. 1), et retenait des bateaux pour leur traversée (Ibid.305, m. 3).[399]A la date du 20 décembre 1382, Philippe d’Artevelde recevait du roi d’Angleterre une certaine somme à valoir sur les 100 marcs représentant jusqu’au 14 novembre les arrérages d’une pension viagère de 12 sous par jour à lui accordée autrefois par le roi Édouard III (Rec. Off., Issue Rolls 306, m. 9).[400]Au cours du siège, Philippe manqua de s’emparer de la ville sans coup férir, car les chevaliers, se plaignant de ne pas recevoir leur solde, étaient décidés à abandonner le service du comte. Les bourgeois intervinrent, et grâce à un changeur de Valenciennes, Pierre Rasoir, les choses restèrent en l’état. Voy. de longs détails sur cette négociation dans laChronique de Flandrede Froissart (Bibl. nat., ms. fr. 5004, fol. 138 rº-142 vº). Pendant que les Gantois étaient ainsi occupés par le siège, nous trouvons, à la date du 28 septembre, la mention d’un paiement fait par le comte à un garçon qui aurait mis le feu au logis de Philippe d’Artevelde (Chr. rimée, p. 106). Cette maison n’est sans doute pas celle que son père possédait à Gand place de la Calandre, à côté de l’hôtel de Masmines (Kervyn, t. II, p. 537), et que l’on montrait encore auXVesiècle (Kervyn, t. IV, p. 473).[401]Malgré des avis contraires qui se manifestèrent jusqu’au dernier moment, le roi, influencé par le duc de Bourgogne, qui plaidait la cause de son beau-père (Chr. du bon duc Loys, p. 167), était décidé à intervenir dès le mois d’août; et le 18 il allait à Saint-Denis prendre l’oriflamme qui fut remise à Pierre de Villiers (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 176). Pendant ce temps, la campagne se préparait secrètement etsous l’apparence d’un projet d’expédition en Angleterre. C’est ainsi que la compagnie de Jean de Vienne, rassemblée à Orléans, ne prit qu’à la fin de septembre le chemin du nord (Terrier de Loray,Jean de Vienne, p. 167).[402]L’évêque d’Auxerre, Guillaume d’Estouteville, fut transféré à Lisieux le 18 septembre 1382; son successeur, Ferri Cassinel, fut installé sur son siège avant le 22 octobre 1382.[403]Pierre Aycelin de Montaigu.[404]Gui de Honcourt, chevalier, au service du duc d’Anjou en 1379, gouverneur du bailliage d’Amiens en 1385 (Bibl. nat., Clair.vol. 60, nos14 et 63), était seigneur de Laidain et de Fontaines, conseiller du roi (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 1530) en 1387, et plus tard bailli de Vermandois. Nous l’avons déjà mentionné à Béthune et à Ham en 1380 (t. IX, p.CII).[405]Ces commissaires, auxquels une chronique de Flandre ajoute Enguerran de Hedin (Ist. et chr., t. II, p. 260), arrivaient en octobre à Tournai (Chronographia, t. III, p. 40) et demandaient par deux fois un sauf-conduit à Philippe d’Artevelde pour aller traiter avec lui, mais celui-ci refusa insolemment une première fois de Gand à la date du 10 octobre, une seconde fois d’Edelaere à la date du 14 (Ist. et chr., t. II, p. 261-262). Une autre rédaction note cependant que quelques-uns des commissaires allèrent à Audenarde parlementer avec Philippe (Ibid., p. 207).[406]Jean Bonenfant, bourgeois de Tournai, premier échevin de Saint-Brice en 1379, était marchand de vins (Kervyn, t. XX, p. 357).[407]Sur Jean Piétart, bourgeois de Tournai, tanneur, plusieurs fois mayeur des échevins de Saint-Brice, voy. Kervyn (t. XXII, p. 358-359).[408]Cette lettre du 20 octobre a été publiée par M. J. Vuylsteke dans lesRekeningen der Stad Gent(p. 461-463) d’après un ms. de Gand qui offre quelques variantes avec notre texte et modifie même le sens de toute une phrase; c’est ainsi qu’à la p.276, l. 19-22, au lieu demais il... entre nous(leçon qui se retrouve à peu près semblable dans tous les mss., même ceux de laChronique de Flandre, cf.Bibl. nat., fr. 5004, fol. 145 rº), on lit dans le ms. de Gand:mais il vous samble que, selonc nostre response à vous sur ce envoiée que nous n’avons volenté de entendre à la voye du traitié; sur quoy fermement sachiés que nul traitié n’enquerrés entre vous.[409]Nous ne trouvons ni dans lesSéjours de Charles VIni dans lesItinérairesde M. Petit la mention à cette date du séjour à Péronne du roi ou du duc de Bourgogne.[410]«Pluiseur noble du conseil du roi ne consillèrent mie que li rois entreprinst le fait, pour ce que li Flamenc estoient fort et douté, et pour ce qu’il sambloit à aucuns que li contes n’avoit mie en temps passé obey à la couronne de Franche dont il devoit le conté de Flandres tenir en pairie.» Ce qui décida l’intervention royale fut la promesse que le comte ferait hommage de son comté au roi (Ist. et chr., t. II, p. 207). On feignait du reste de ne prendre aucune décision ferme, et il fut convenu que le roi irait d’abord à Arras «et là se prendroit la conclusion de ce qu’il devroit faire» (Ibid., p. 262).[411]C’est vers la mi-octobre, à Arras, que devaient se réunir les gens d’armes (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 174). LaChronographiafixe le rendez-vous à Corbie et à Péronne pour le 20 octobre (t. III, p. 39).[412]Quoi qu’en dise Froissart, la distribution des vivres fut moins qu’assurée et l’armée royale, ne recevant pas de solde, pilla la province d’Artois, abandonnée aux hommes et aux chevaux (Ist. et chr., t. II, p. 210; cf.Chronographia, t. III, p. 41).[413]C’est de Compiègne que Charles VI partit pour la Flandre; et avant son départ, le 28 octobre, il écrivait une lettre au bailli de Rouen pour presser l’envoi d’une troupe de 100 arbalétriers (Bibl. nat., Portefeuilles Fontanieu, vol. 99-100, fol. 152-156). Les diverses chroniques fournissent des dates différentes pour l’arrivée de Charles VI à Arras. D’après lesSéjours de Charles VI, le roi était les 30 et 31 octobre à Nesle, le 1ernovembre à l’abbaye de Saint-Nicolas d’Arrouaise et le 3 à Arras. Le prince Louis, frère du roi, vint aussi à Arras, mais le conseil décida son éloignement, voulant assurer la succession au trône, au cas où il arriverait malheur au roi (Ist. et chr., t. II, p. 210-211). L’armée royale était forte de 10,000 hommes, sans compter les arbalétriers, les gens de pied, les troupes légères et les valets d’armée (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 188).[414]C’est à l’abbaye de Saint-Nicolas d’Arrouaise, le 1erou le 2 novembre, que le comte de Flandre «fist hommage au roy de toutes les terres qu’il devait tenir du roy et du royaume» (Ist. et chr., t. II, p. 210). Le comte était du reste arrivé à Arras bien avant Charles VI, puisqu’à la date du 26 octobre il donnait quittance en cette ville à Gilles Basin, son panetier, d’une certaine somme empruntée pour lui (Chr. rimée, p. 106).[415]D’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 190), le roi, avant de commencer la campagne, fit sommation de déposer les armes et de rentrer dans le devoir à Philippe d’Artevelde, qui refusa. C’est sans doute une allusion à l’échange de correspondances qui eut lieu précédemment entre Philippe et les commissaires royaux.[416]Nord, arr. de Lille, sur la rive droite de la Lys; la partie belge de la ville est sur la rive gauche.[417]Nord, arr. d’Hazebrouck, sur la Lys.[418]Nord, arr. d’Hazebrouck, au confluent de la Lys et de la Lawe.[419]Nord, arr. d’Hazebrouck, sur la Lys.—Les escarmouches furent nombreuses sur les bords de la Lys (Arch. nat., JJ 126, fol. 144).[420]Belgique, prov. de Flandre occidentale, sur la Lys.[421]Cette escarmouche doit se placer au moment où le roi avait déjà quitté Arras. D’après une chronique française (Bibl. nat., fr. 17272, fol. 43 rº), le Hase de Flandre était accompagné de Henri d’Antoing, maréchal du comte, du seigneur de Brugdam et de Guillaume, bâtard de Poitiers, ayant avec eux 120 hommes d’armes. Ils passèrent la Lys et mirent en fuite les Gantois, qui gardaient le pont de Commines; mais, surpris dans leur sommeil par 8,000 Yprois, ils perdirent 56 hommes d’armes et durent se réfugier à Lille auprès du comte.[422]Sur ce personnage qui, en 1380, devant Péronne, fut fait prisonnier par les Anglais (t. IX, p.CII), voy. Kervyn, t. XXIII, p. 69.[423]Henri de Duffle était fils de Gauthier de Duffle et d’Élisabeth d’Oosterhout (Kervyn, t. XXI, p. 118).
[297]L’évaluation du nombre des hommes composant l’armée angevine varie suivant les chroniqueurs. M. Valois (loc. cit., p. 39, note 1), que nous ne pouvons mieux faire que de suivre pour toute cette période, a relevé des différences allant de 15,000 à 100,000.[298]Pour des raisons multiples, le duc s’immobilisa devant Naples, sans pouvoir empêcher les bandes de Hawkwood de faire leur jonction (31 novembre) avec Charles de la Paix, qui l’amusait en le défiant à des combats personnels, dont la date était éternellement remise (Valois,loc. cit., p. 53-57).[299]L’enchanteur dont parle Froissart était un chevalier nommé Garillo Caracciolo et surnommé leChevalier sauvage. Envoyé par Charles de la Paix pour défier le duc d’Anjou, il fut accusé de pratiques ténébreuses et magiques et brûlé, en dépit de son caractère de messager (Valois,loc. cit., p. 56).[300]Peu de temps auparavant, Jean Fernandez Andeiro avait été fait comte d’Ourem (D. Nuñez, t. II, p. 325).[301]C’est à Arronches que se réunirent les Anglais pour commencer leur chevauchée. L’expédition, forte de 200 chevaliers et de 4,000 hommes de pied, prit d’abord le chemin d’Ouguella et gîta la première nuit à San Salvador da Matança. Ce n’est que le deuxième jour que Lobon fut pris (D. Nuñez, t. II, p. 340).[302]Ville d’Espagne, prov. de Badajoz.—Après la prise du château, où se distingua le bâtard d’Angleterre (F. Lopes, t. IV, p. 448), les Anglais y laissèrent une garnison de 70 hommes (D. Nuñez, t. II, p. 340).[303]Cortijo de Cantaelgallo, ville d’Espagne, prov. de Badajoz.—La mort d’un des leurs fut le signal pour les Anglais d’un massacre général des habitants de la ville, où ils laissèrent 200 hommes de pied et 30 écuyers (D. Nuñez, t. II, 341).[304]Ville d’Espagne, prov. de Badajoz.[305]Sur ce personnage, voy. plus haut, p.XLVIII, note257.[306]Ville de Portugal, prov. d’Alentejo.[307]Le roi Ferdinand, qui était à Vimieiro, vient à Estremoz, puis à Borba, et rejoint le comte de Cambridge à Elvas (D. Nuñez, t. II, p. 341). Lopez de Ayala estime l’armée portugaise à 3,000 hommes d’armes et celle des Anglais à 1,000 hommes d’armes et à 1,000 archers, forces auxquelles s’ajoutait un grand nombre de gens de pied (t. II, p. 157).[308]Le roi de Castille quitte Avila, se rend à Oterdesillas, puis à Simancas, à Zamora, enfin à Badajoz, où il est à la fin de juillet 1382. Il a sous ses ordres 5,000 hommes d’armes, 1,500geneteurset quantité de gens de pied, d’arbalétriers et d’archers (D. Nuñez, t. II, p. 342; Lopez de Ayala, t. II, p. 156-157). Le roi de Castille «entra oudit royaume de Portugal si fort et si puissant de gens d’armes que lesdis roy de Portigal et Anglois furent contrains de faire traictié avecques lui, par lequel traictié ledit roy de Portigal renonça au traictié et aliances qu’il avoit avecques les Anglois» (Ist. et chr. de Flandre, t. II, p. 260).[309]Froissart fait sans doute allusion à la prise de Bruges par les Gantois et aux négociations engagées entre Philippe d’Artevelde et le roi d’Angleterre.[310]Martin, cardinal, fut évêque de Lisbonne du 5 mai 1379 au 6 décembre 1383, date à laquelle il fut tué.[311]Grand chambellan de Castille. Ce personnage est le seul de tous ceux que cite Froissart qui soit officiellement intervenu comme plénipotentiaire dans la signature du traité de paix. Il avait pour collègue castillan Pero Sarmento. Le roi de Portugal était représenté par dom Alvaro Perez de Castro, comte d’Arraiolos, et Gonçalo Vasquez de Azeuedo (Lopez de Ayala, t. II, p. 158; F. Lopes, t. IV, p. 459; D. Nuñez, t. II, p. 345).[312]L’évêque d’Astorga était chancelier de Castille.[313]La principale clause du traité de paix fut les fiançailles de Ferdinand, deuxième fils du roi de Castille, avec l’infante Béatrice, dont le mariage avec le fils du comte de Cambridge était ainsi rompu. Le roi Jean s’engageait à rendre sans rançon les vingt galères prises à la flotte portugaise et à fournir des bateaux pour rapatrier les mercenaires anglais (Lopez de Ayala, t. II, p. 159; D. Nuñez, t. II, p. 345).[314]Les chroniqueurs portugais mentionnent la colère des Anglais de voir signer la paix; ils se disaient trompés (F. Lopes, t. IV, p. 464; D. Nuñez, t. II, p. 348).[315]Mohammed V était monté sur le trône de Grenade en 1354, où il resta jusqu’en 1391, après un interrègne entre 1359 et 1360.[316]Le roi de Tunis était alors Abou-’l-Abbas-Ahmed (1370-1394).[317]Abou-Hammou Mouça II (1359-1386).[318]Le comte de Cambridge avait pris le chemin de Rio Maior pour venir à Santarem; il était à Almada le 1erseptembre 1382, prêt à s’embarquer sur les bateaux castillans (D. Nuñez, t. II, p. 349); mais il ne partit qu’en octobre, après avoir été ravitaillé par Othe de Granson et Jean de Gruyères (Rec. Off., Early Chanc. Rolls327, m. 23;Issue Rolls305, m. 3).—Un chroniqueur nous apprend que, dans l’acte où il s’engageait à renvoyer au roi de Castille ses bateaux, le comte de Cambridge avait pris le titre defils du roy de France et d’Angleterre. Le roi n’accepta pas cette rédaction, à laquelle il fit substituer les mots:fils du roy d’Angleterre(Ist. et chr. de Flandre, t. II, p. 260).[319]Le 27 octobre 1382, le roi Jean de Castille était à Madrid quand il apprit la mort de sa femme, la reine Éléonore d’Aragon (Lopez de Ayala, t. II, p. 160). Cette princesse était fille du roi Pierre IV d’Aragon et avait épousé Jean Ieren 1375.[320]Aussitôt après la mort de la reine de Castille, le roi de Portugal propose au roi Jean de lui donner en mariage sa fille Béatrice, qui, en vertu du traité de paix, devait épouser son second fils Ferdinand. Le roi Jean accepte; l’archevêque de Saint-Jacques reçoit pleins pouvoirs (mars 1383) pour faire annuler les fiançailles ayant eu lieu avec le fils du comte de Cambridge; les dispenses du pape sont obtenues et le mariage, hâté par le roi Ferdinand, qui se sent malade à Salvaterra, est célébré par procureur le 30 avril 1383 (L. de Ayala, t. II, p. 161; F. Lopes, t. II, p. 469; D. Nuñez, t. II, p. 350-351). La nouvelle reine arrive à Elvas le 13 mai 1383 (D. Nuñez, t. II, 359).[321]Ce prince mourut en bas âge.[322]Déjà malade depuis quelque temps, le roi Ferdinand mourut le 22 octobre 1383, à l’âge de cinquante-trois ans passés.[323]Froissart raconte avec plus de détails dans son troisième livre la lutte du roi Jean de Castille, soutenu par la reine régente de Portugal, Éléonore Tellez, contre le frère bâtard du roi Ferdinand, qui devait bientôt porter le nom de Jean Ierde Portugal.[324]Peu de temps avant sa mort, au moment du mariage de sa fille avec le roi de Castille, le roi Ferdinand avait envoyé en Angleterre un écuyer nommé Ruy Cravo, pour s’excuser d’avoir été forcé de renoncer à marier sa fille avec le prince Édouard, fils du comte de Cambridge, et pour protester de son amitié (F. Lopes, t. IV, p. 478; D. Nuñez, t. II, p. 358).[325]Les Gantois ne pouvaient se procurer des vivres qu’à grand’peine «et furent de si près guettiés toute celle saison d’yver et jusques à l’entrée de may que vivres deffailloient en Gand, si que plus n’avoient que mengier» (Ist. et chr., t. II, p. 245).[326]Philippe d’Artevelde avait, en mars 1382, commandé une expédition qui était allée chercher des vivres dans les environs d’Audenarde et de Courtrai (Kervyn, t. X, p. 455).[327]Ce n’est que le 16 avril que les Gantois purent aller à Liège et à Louvain chercher des provisions. Dès le 1erdu mois, ils avaient envoyé à Louvain des députés qui, accompagnés du bourgmestre et de quatre échevins, avaient obtenu de l’évêque des vivres et la promesse de s’entremettre pour eux auprès du comte (Kervyn, t. X, p. 455).[328]Sur François Ackerman, que nous avons déjà cité commerewaertde Gand en 1381 (p.XX, note119), et que nous retrouvons à la tête d’une flotte en 1382 (p.LXXI, note386), voy. dans Kervyn (t. X, p. 454-455, et t. XX, p. 2-5) plusieurs actes duRecord Office. Ce personnage, qui joue dans la suite un rôle important comme amiral de Flandre, est nomméFrancionet qualifié dedux ignobilispar leReligieux de Saint-Dénis(t. I, p. 370); une rédaction desChroniques de Flandre(Ist. et chr., t. II, p. 223-225) le confond avec Jean Yoens et lui attribue en 1379 l’incendie du château du comte de Flandre.[329]Évêque de Liège de 1378 jusqu’à sa mort en 1390. La plupart des manuscrits, et d’après eux Meyer, offrent à tort la leçon Arnould d’Erclé pourJeand’Arkel, prédécesseur d’Arnould de Hornes (1364-1378) sur le siège épiscopal de Liège. Une longue généalogie de la famille Hornes, dans laquelle figure l’évêque de Liège, a été imprimée à Paris en 1722; elle est conservée à la Bibliothèque nationale (Pièces orig., vol. 1533).[330]Belgique, prov. de Brabant.[331]Le palais de Caudenberg «dominait de ses créneaux et de ses tourelles la ville industrielle placée au-dessous» (Kervyn,Étude littéraire sur le XIVesiècle, t. I, p. 93). Le nom de l’hôtel de la duchesse de Brabant est rappelé aujourd’hui par l’église de Saint-Jacques-sur-Caudenberg, située tout près du palais royal.[332]C’est, d’après Meyer (fol. 182 vº), le 6 avril 1382 que le comte résolut d’assiéger la ville de Gand.[333]LesChroniquesne fournissent pas de grands détails sur ces conférences de Tournai, où furent «le conseil des bonnes villes de Flandres, du Franc et de tout le plat pays;» du côté du comte «y furent pluiseurs nobles et gentils hommes dudit pays, et aussi y furent l’evesque du Liége et son conseil, pour traiter de l’acord dudit comte de Flandres et de ceuls de Gand; mais on n’y peut paix trouver» (Ist. et chr., t. II, p. 177). Meyer prétend que l’évêque de Liège arriva à Tournai le 6 avril (fol. 182 rº), mais cette date est démentie par les comptes de Louvain cités par Kervyn (t. X, p. 455), d’après lesquels l’évêque, se rendant à Tournai, n’était encore à Louvain que le 22. Il partit le lendemain pour Bruxelles pour se joindre aux députés du Brabant. Les échevins de Louvain ne purent obtenir un sauf-conduit du comte pour les accompagner (Ibid., p. 456).[334]Sur les familles d’Oupey et d’Hérimez, voy. Kervyn, t. XXII, p. 317-318, et t. XXI, p. 544-547.[335]Le prévôt de Haerlebeke, conseiller et chancelier du comte de Flandre, plus connu sous le nom de prévôt de Saint-Donat de Bruges, se nommait Sohier vander Beke et était un ancien chanoine de Tournai. Malgré le rôle conciliateur que lui prête Froissart (t. IX, p. 211), il n’en avait pas moins été visé personnellement dans le traité de 1379 (t. IX, p.LXXXVI, note 6).[336]Ce passage de Froissart, relatif à de nouveaux troubles de Paris, n’est pas ici à sa place; il se rapporte à la fin d’avril, au moment où le sire de Couci, envoyé en ambassade auprès des Parisiens (voy. plus haut, p.XLV, note247), ne put obtenir d’eux qu’une somme de 12,000 francs pour les besoins du roi. Poussé par les seigneurs, qui désiraient le pillage de la ville et s’y préparaient (Chr. des Quatre Valois, p. 302), Charles VI voulut à ce moment affamer Paris et songea même à donner l’assaut (Chronographia, t. III, p. 32-33). Les conférences de Saint-Denis amenèrent un accord dont Froissart a parlé plus haut (p.153-155).[337]D’après une chronique (Ist. et chr., t. II, p. 204), les Gantois n’étaient que 4,000 «et avoit avec yauls pluiseurs carios qui menoient trebus et espingalles.» D’après Olivier de Dixmude, cité par Kervyn (t. X, p. 458), l’armée de Philippe d’Artevelde s’élevait à 8,000 hommes.[338]Au point du jour, le vendredi 2 mai 1382, les Gantois arrivent ànonneà une lieue de Bruges (Ist. et chr., t. II, p. 246), dans la plaine de Beverhoutsveld, qui a donné son nom à la bataille.[339]Le texte de Froissart porte iciBuxy, mais de la comparaison d’un autre passage où figure cet écuyer, à l’occasion des obsèques du comte de Flandre en 1384 (Kervyn, t. X, p. 282), et d’une pièce d’archives publiée par Kervyn (t. XXI, p. 266), il résulte qu’il s’appelaitBuxeul=Buxeuil. C’est du reste ainsi orthographié qu’il apparaît de nouveau dans Froissart (t. XV, p. 396, 397 et 423).[340]Le nom de ce personnage, qui assiste comme écuyer aux obsèques du comte de Flandre (Kervyn, t. X, p. 282), semble altéré; nous le retrouvons ailleurs (t. X, p. 542, et t. XXI, p. 266) sous les formesLeombiartetLe Ombearde, peut-êtreLombard.[341]D’après une chronique (Ist. et chr., t. II, p. 204), l’armée du comte était forte de 20,000 hommes, sans compter les courtiers, bouchers, poissonniers et vairiers qui étaient du parti du comte, les tisserands et foulons tenant pour les Gantois (Ibid., p. 205). Dans Olivier de Dixmude, ce nombre est réduit à 12,000 hommes. Le comte devait avoir aussi à son service des gens d’armes anglais, que nous voyonsfaire montreen la ville de Bruges le 6 avril 1382 (Arch. du Nord, citées par Le Glay,Chr. rimée, p. 103).[342]La bataille commença à l’heure de vêpres (Ist. et chr., t. II, p. 204); les Brugeois étaient «plains de viandes et de vins» (Ibid., p. 247).[343]Il y eut deux décharges d’artillerie de la part des Gantois; l’une d’elles jeta le comte à bas de son cheval (Ist. et chr., t. II, p. 247).[344]D’après leReligieux de Saint-Denis, (t. I, p. 112), l’armée du comte perdit 5,000 hommes; 6,000, d’après Olivier de Dixmude.[345]Malgré la panique provoquée dans les rangs de ses auxiliaires, le comte voulait quand même assaillir les Gantois, mais «une grant partie de ceulx de ladicte ville de Bruges se tournèrent contre lui et se mirent avecques ses ennemis et en leur ayde» (Ist. et chr., t. II, p. 258).[346]Obligé de fuir et de rentrer à Bruges, le comte n’avait pour l’accompagner que 40 hommes (Meyer, fol. 184 rº).[347]Un nouveau combat eut lieu dans l’intérieur de la ville, où périrent près de 10,000 habitants (Chronographia, t. III, p. 33). LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 118) prétend qu’étant entrés presque sans résistance dans Bruges, sous prétexte d’assister à la procession, les Gantois se ruèrent sur les habitants et en égorgèrent une partie avec les armes qu’ils tenaient cachées.[348]Le comte perdit son sceau dans la déroute, et trois semaines après, à Lille, dut se servir de celui du sire de Ghistelles (7eCartulaire de Flandre, cité par Le Glay dansChr. rimée, p. 104).[349]Froissart a donné dans saChronique de Flandre(Bibl. nat., ms. fr. 5004, fol. 105 vº-108 rº) une rédaction plus détaillée qui nous apprend que ce fut à un bourgeois de Gand, nommé Renier Campion, que le comte dut son salut. La vieille femme qui le cacha chez elle était la veuve Bruynaert (Kervyn,Hist. de Flandre, t. III, p. 486).[350]Le pillage fut grand (Ist. et chr., t. II, p. 178); d’après Walsingham (t. II, p. 62), 17,000 hommes furent tués dans Bruges.[351]Un assez grand nombre d’habitants quittèrent alors leur ville et se retirèrent à Tournai avec tout ce qu’ils possédaient (Arch. nat., JJ 122, fol. 37 vº).[352]Jean de Baronaige figure déjà, quoique non mentionné par Froissart, parmi les défenseurs d’Audenarde en octobre 1379 (Chr. et ist., t. II, p. 165 et 230).[353]Sur la filiation et les alliances de Thierri d’Anvaing, voy. Kervyn (t. XX, p. 98).[354]Florent de Heule avait été fait chevalier au siège d’Audenarde en octobre 1379 (Ist. et chr., t. II, p. 166).[355]Un des premiers actes de Philippe d’Artevelde fut de mettre de nouveaux fonctionnaires à la tête de la ville (Ist. et chr., t. II, p. 248). LaChronique de Flandredonne le nom de l’épicier-hôtelier, Guillaume le Cat (Bibl. nat., ms. fr. 5004, fol. 110 rº), chez qui Philippe organisa la nouvelle administration de Bruges (voy. aussi Kervyn, t. X, p. 460). Philippe avait fait rassembler hors des murs, à l’abbaye de Sainte-Catherine, tous ceux de Bruges qui acceptaient le nouvel état de choses et leur avait fait jurer fidélité; le reste des habitants avait été tué (Ist. et chr., t. II, p. 205), ce qui ne concorde guère avec l’opinion de Walsingham (t. II, p. 62), qui prétend que les procédés des Gantois furent si humains que, trois jours après la prise de la ville, les marchandises recommençaient à affluer à Gand et les marchés à se rouvrir.[356]Le comte resta caché jusqu’à minuit le samedi (et non le dimanche) et sortit seul et à pied de Bruges (Ist. et chr., t. II, p. 247) «par une fausse porte» (Chr. normande de P. Cochon, p. 170). Il prit aussitôt le chemin de Lille, arriva à Trois-Sœurs, y trouva une jument qui le conduisit jusqu’à Roulers; là il se fit reconnaître «à son hoste duCornet, qui le monta de bon cheval et le mena jusques en Lille, et ses gens siewirent après luy» (Ist. et chr., t. II, p. 248). D’après laChronographia(t. III, p. 33), le comte avait deux compagnons de fuite.[357]«A part les châtellenies de Cassel, de Bourbourg et de Dunkerque, tenues par la dame de Bar, toute la Flandre était perdue pour Clément VII» (Valois,La France et le grand schisme, t. I, p. 261-262).[358]La défaite du comte fut une occasion pour les gens de Louvain et de Liège de resserrer leur alliance avec les Gantois, et d’échanger avec eux des ambassades (Kervyn, t. X, p. 460).[359]Une des rédactions desChroniques de Flandre(Ist. et chr., t. II, p. 205), de même que Meyer (fol. 184 vº), parle detroisportes de Bruges, qui furent détruites dès le 7 mai.[360]Voy.Ist. et chr., t. II, p. 178.[361]Ibid., p. 205.[362]Ces autres villes étaient Damme, l’Écluse, Berghes «et tout le remanant de Flandre» (Ist. et chr., t. II, p. 178 et 248).[363]Philippe d’Artevelde alla à Courtrai, où il était le 11 mai, avant de se rendre à Ypres, où il était le 24. A la fin de mai, il mettait le siège devant Audenarde (Meyer, fol. 185 vº).[364]Une chronique française de la Bibliothèque nationale (fr. 17272, fol. 22 vº) qualifie Jacques d’Artevelde de «brasseur de miel.» C’est ainsi que Froissart s’exprime dans sa première rédaction et dans la rédaction du ms. d’Amiens (t. I, p. 127 et 394); mais, dans la rédaction du ms. de Rome (t. I, p. 394), il le nomme simplementbourgeois. LesGrandes Chroniques(t. V, p. 372) disent qu’il «prist à femme une brasseresse de miel;» même leçon dans laChronographia(t. II, p. 46). Voy. à cet égard Kervyn, t. II, p. 533-539, et t. IV, p. 464-475. Les travaux de M. de Poter sur les Artevelde, dans les publications de l’Académie de Belgique, ont été complétés par M. J. Vuylsteke en 1873 (Eenige Bijzonderheden over de Artevelden).[365]Pour essayer de paralyser le commerce des villes révoltées, le comte signe à Lille, le 15 mai 1382, des lettres par lesquelles il déclare ne plus prendre «sous sa protection et sauve-garde les marchands étrangers étant en Flandre, à cause de la rebellion des habitants de ce pays» (Pièce desArch. du Nord, analysée par Le Glay,Chr. rimée, p. 103). D’après Walsingham (t. II, p. 62), le comte se tint à Saint-Omer pendant le siège d’Audenarde.[366]Gilbert de Leeuwerghem, écuyer, était capitaine d’Audenarde à la date du 8 avril 1382 (Le Glay,Chr. rimée, p. 103). Il devint plus tard chambellan du duc de Bourgogne.[367]Jean de Heule était un des défenseurs d’Audenarde en 1379 (Ist. et chr., t. II, p. 165 et 230).[368]Cet écuyer appartenait sans doute à la famille de Nicolas Zannequin, capitaine des Flamands, tué à la bataille de Cassel.[369]D’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 170), l’armée de Philippe d’Artevelde comptait 300 archers anglais, 40,000 Gantois et un grand nombre de bannis et de condamnés.[370]Nous voyons Tristan de Lambres, écuyer, tenir un écu aux obsèques du comte de Flandre (Kervyn, t. X, p. 282).[371]M. Kervyn veut reconnaître cette grosse pièce de siège «dans le canon gigantesque placé aujourd’hui à Gand,» près du marché du Vendredi (t. X, p. 461).[372]Belgique, prov. de Flandre occidentale, sur la rive gauche de la Lys.[373]Belgique, prov. de Flandre occidentale. La ville d’Helchin «estoit enclavée ou royaume de Franche» (Ist. et chr., t. II, p. 178).[374]LeReligieux de Saint-Denisparle d’un défi que le seigneur d’Heerzele aurait envoyé au comte (t. I, p. 172); il est plus probable d’admettre que ce fut entre Daniel de Halluin et le sire d’Heerzele qu’eut lieu, sous les murs d’Audenarde, une joute dont parle une chronique française (Bibl. nat., fr. 17272, fol. 43 vº et 44 vº).[375]Le roi se trouve à Compiègne du 8 au 11 juillet 1382 (Petit,Séjours de Charles VI, p. 14).[376]Le comte, qui réside à Hesdin au commencement du mois de juin, approuve, à la date du 4, la défense faite par le bailli aux habitants de Termonde de sortir de la ville (Chr. rimée, p. 104). Le 26 août, il paie.VI.livres.II.sols «au Grand Coppin pour les fraiz des justices fais à Hesdin de.III.conspirateurs de Flandres» (Ibid., p. 105).[377]A Bapaume, le comte fait décoller les otages de la ville de Courtrai, qui vient de se rendre aux Gantois; de Douai, il envoie les otages d’Ypres à Bapaume, à Hesdin et ailleurs (Ist. et chr., t. II, p. 206).[378]C’est au mois d’août que fut convoquée à Compiègne l’assemblée des nobles et des prélats (Terrier de Loray,Jean de Vienne, p. 167). Le roi et le duc de Bourgogne s’y trouvaient ensemble le 15 (Petit,Séjours de Charles VI, p. 14, etItinéraires, p. 152).[379]LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 70) raconte d’une autre façon l’origine de l’emblème adopté par Charles VI, qui aurait pris à la chasse un cerf, porteur d’un collier sur lequel étaient gravés les mots:Cæsar hoc mihi donavit. Le récit de Froissart faisant allusion à un cerfvolanta au moins le mérite d’expliquer toutes les particularités de l’animal cher au roi.[380]LaChronographia(t. III, p. 34-35) fait remonter antérieurement (au 24 juin 1382) l’envoi d’une lettre de Philippe d’Artevelde, demandant au roi de France, qu’il appelleson seigneur, de prendre en main le gouvernement des Flandres en lieu et place du comte, s’il ne voulait pas voir le roi d’Angleterre se substituer à lui. Les Flamands ne demandaient du reste qu’à traiter; mais le comte de Flandre et le duc de Bourgogne poussaient au contraire le roi à faire la guerre (Chr. des Quatre Valois, p. 305).[381]Ce messager, qui se nommait Hennequin et avait appris le français à la cour de France, fut accueilli par le duc de Bourgogne avec des insultes (Chronographia, t. III, p. 34), mais fut laissé en liberté, dit leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 172). Froissart semble être plus dans la vérité, quand il avance qu’on le garda plus de six semaines en prison, car cette arrestation fut un des griefs de Philippe d’Artevelde contre le roi (cf. dans notre texte p.261et277).[382]Peu de temps après sa lettre du 24 juin (voy. plus haut, note380), Philippe d’Artevelde avait entamé des négociations avec l’Angleterre, et aux dates des 11 et 15 juillet et du 18 août 1382, nous trouvons la mention de paiements faits soit à un envoyé de Philippe, soit à Richard Hereford, héraut, à Edmond Halstede, Richard Wodehall et George de Ffelbrigg, écuyers, députés vers les Gantois (Rec. Off., Issue Rolls 305, m. 9, 11 et 13). A la date des 19-24 août figure aussi dans les comptes de la ville de Gand l’embarquement des échevins de Gand Michiel Boene et Jan de Hert, et à la date du 13 septembre le départ pour l’Angleterre de Laurent de Maech, de Jan de Jonghe et de Jan uten Broucke (Rekeningen, p. 328-329).[383]Voy. le passage relatif à cet emprunt de 200,000 florins ou 50,000 marcs dans la rédaction du ms. de Rome, t. II, p. 256-257.[384]Philippe d’Artevelde était à Bruges du 4 au 8 septembre 1382; nous le trouvons sous les murs d’Audenarde ou à Edelaere du 12 septembre à la fin de novembre (Rekeningen, p. 328-331).[385]Le récit de Froissart renferme plus d’une erreur et plus d’une confusion dans l’énumération des ambassadeurs flamands. Cette ambassade se composait en effet de 12 membres, dont les noms nous ont été conservés par les lettres de créance qui leur furent données le 14 octobre 1382. C’étaient Willem van Coudenberghe, Willem vanden Pitte, Race vander Voerde, Jan van Waes et Michiel Boene, représentant Gand; Lodewijc de Vos, Jacop de Scoteleere, Jacop de Bruwere et Willem Matten, représentant Bruges; Gillis Tant, Jacop Moanin et Lamsin de Borchgrave, représentant Ypres (Rekeningen, p. 457-459; voy. aussi Gachard,Mémoires de l’Académie de Belgique, t. XXVII, p. 37). Aux cinq envoyés de Gand étaient adjoints Gillis van Wijnvelde, Martin van Erpe et Pieter van Beerevelt (Rekeningen, p. 330).[386]François Ackerman ne pouvait faire partie de l’ambassade, étant à cette époque parti pour la Rochelle à la tête d’une flotte (Rekeningen, p. 345).[387]Mentionné plusieurs fois dans lesRekeningen der Stad Gent(p. 278, 298 et 310).[388]Ce Louis de Vos est peut-être le même que ce bourgeois de Gand, qui, en 1383, à la bataille de Dunkerque, fut fait chevalier (Kervyn, t. X, p. 225).[389]Nous trouvons unJeande Scotelaere mentionné en 1380 dans lesRekeningen(p. 184); mais il est à remarquer que l’envoyé de Bruges se nommaitJacqueset nonJean.[390]Martin vande Water fut le successeur, en 1384, de l’évêque urbaniste de Gand, Jean de West; il ne faisait pas partie de l’ambassade (cf. Kervyn, t. X, p. 463).[391]Le nom de Bruwere, qui appartient ici à un bourgeois de Bruges, est fréquent à Gand (Rekeningen, p. 64, 84 et 97).[392]Ce clerc, dont le nom est supprimé dans la plupart des manuscrits, est appelé Bande Quintin dans l’un (c’est la leçon que nous avons adoptée) et Hewart de Sueskes dans un autre; mais ces noms sont tout à fait fantaisistes. Nous avons consulté à ce sujet M. Julius Vuylsteke, dont la compétence est grande pour tout ce qui regarde l’histoire de Gand. Il nous a gracieusement répondu et sa conclusion est que le personnage en question ne peut être que maître Willem de Coudenberghe, l’un des ambassadeurs. Malgré la valeur de cette autorité, nous croyons qu’il faut plutôt reconnaître dans le clerc de Froissart,parentde Philippe d’Artevelde, Martin van Erpe, neveu de Philippe et plus tard un de ses héritiers, un de ceux qui avaient été adjoints à l’ambassade (voy. p.LXXI, note385). En faisant de ce clerc anonyme le successeur prématuré de l’évêque urbaniste Jean de West, Froissart l’identifiait avec Martin vande Water, qu’il avait déjà mentionné à tort comme accompagnant l’ambassade.[393]Jean de West, évêque urbaniste de Gand, que Froissart semble avoir confondu avec l’échevin Jan van Waes, suivi dans cette erreur par Meyer (fol. 186 vº) et par Kervyn de Lettenhove (Histoire de Flandre, t. III, p. 505), a laissé peu de traces dans l’histoire de Gand. Cet ancien doyen de Tournai, nommé par les Gantois, en haine de la France clémentine, évêque de Tournai à la place de Pierre d’Auxy, avait été pourvu en 1380 de bulles régulières par Urbain VI (Valois,La France et le grand schisme, t. I, p. 261). C’était ungrand clerc, disent les chroniques du temps (Ist. et chr., t. II, p. 175; dom Smet,Rec. des chr. de Fl., t. III, p. 273); il mourut en 1384 et fut enterré dans l’abbaye de Saint-Victor de Waestmunster près de Termonde, revêtu de ses habits pontificaux (Gallia christiana, t. III, col. 229).[394]Les ambassadeurs qui vinrent recevoir leurs instructions de Philippe d’Artevelde étaient à Edelaere du 30 septembre au 2 octobre; ils partirent le 17 (Rekeningen, p. 329-330).[395]CeJeande Caumont semble devoir être nomméRaymond(P. Anselme, t. IV, p. 481). Par contre, nous trouvons un Jean de Caumont, sans doute frère de Nompar de Caumont (Ibid., t. IV, p. 470), écuyer en Flandre et à l’Écluse en 1387 et 1388 (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 622).[396]Perducat d’Albret, que nous voyons le 6 mai 1381 recevoir du roi d’Angleterre la confirmation du don de la ville de Bergerac, qu’il avait reçue précédemment du roi Charles V, se retrouve à la Rochelle, après le 6 mai 1381 (Labroue,Le livre de vie, p. 154) et à Londres lors de l’insurrection de 1381 (voy. plus haut, p.XXXI), reçoit le 6 septembre le don de la baronnie de Caumont et autres lieux (Rec. Off., Privy Seals 472, nº 1901), après avoir reçu le 1erdu même mois les terres du seigneur de Langoiran rebelle (Ibid., 471, nº 1897). Il reçoit le 25 octobre un don d’argent (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 5), le 6 mai 1382, le château de Verteuil-de-Castelmoron (Labroue, p. 159); enfin, le 26 juillet de la même année, 50 livres à valoir sur une somme promise par le roi Édouard. Cette somme de 50 livres est délivrée à «Bertucato de la Brettede dominio Aquitannie, nuper capto de guerra in servicio regis per gentes francigenas, inimicos regis, et pro instante prisonario existenti» (Rec. Off., Issue Rolls 305, m. 12). Sur Perducat d’Albret, alors qu’il était au service de la France, voy. une note de Siméon Luce (t. VII, p.CIV, note 2).[397]La note précédente montre que Perducat d’Albret ne mourut que passé le 26 juillet 1382, au moins près d’un an après avoir été mis en possession de la baronnie de Caumont.[398]Les ambassadeurs flamands étaient porteurs d’instructions que nous résumons d’après le texte qu’en a donné Kervyn (t. X, p. 464-466). Ils demandaient la confirmation des privilèges à eux accordés par les rois d’Angleterre, l’établissement à perpétuité en Flandre de l’estaple de la laine, la protection par une flotte anglaise du commerce que la Flandre entretenait avec la Rochelle et autres villes du continent, le paiement par termes de la somme de 140,000 livres sterling octroyées autrefois aux Flandres par le roi Édouard, enfin l’expulsion hors du territoire anglais des réfugiés flamands. Les ambassadeurs recevaient des présents du roi à la date du 25 octobre 1382 (Rec. Off., Issue Rolls 305, m. 3) et, le 31, Jean Morewell les accompagnait jusqu’à Sandwich (Ibid.), comme il l’avait fait précédemment pour une autre ambassade (Ibid.306, m. 1), et retenait des bateaux pour leur traversée (Ibid.305, m. 3).[399]A la date du 20 décembre 1382, Philippe d’Artevelde recevait du roi d’Angleterre une certaine somme à valoir sur les 100 marcs représentant jusqu’au 14 novembre les arrérages d’une pension viagère de 12 sous par jour à lui accordée autrefois par le roi Édouard III (Rec. Off., Issue Rolls 306, m. 9).[400]Au cours du siège, Philippe manqua de s’emparer de la ville sans coup férir, car les chevaliers, se plaignant de ne pas recevoir leur solde, étaient décidés à abandonner le service du comte. Les bourgeois intervinrent, et grâce à un changeur de Valenciennes, Pierre Rasoir, les choses restèrent en l’état. Voy. de longs détails sur cette négociation dans laChronique de Flandrede Froissart (Bibl. nat., ms. fr. 5004, fol. 138 rº-142 vº). Pendant que les Gantois étaient ainsi occupés par le siège, nous trouvons, à la date du 28 septembre, la mention d’un paiement fait par le comte à un garçon qui aurait mis le feu au logis de Philippe d’Artevelde (Chr. rimée, p. 106). Cette maison n’est sans doute pas celle que son père possédait à Gand place de la Calandre, à côté de l’hôtel de Masmines (Kervyn, t. II, p. 537), et que l’on montrait encore auXVesiècle (Kervyn, t. IV, p. 473).[401]Malgré des avis contraires qui se manifestèrent jusqu’au dernier moment, le roi, influencé par le duc de Bourgogne, qui plaidait la cause de son beau-père (Chr. du bon duc Loys, p. 167), était décidé à intervenir dès le mois d’août; et le 18 il allait à Saint-Denis prendre l’oriflamme qui fut remise à Pierre de Villiers (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 176). Pendant ce temps, la campagne se préparait secrètement etsous l’apparence d’un projet d’expédition en Angleterre. C’est ainsi que la compagnie de Jean de Vienne, rassemblée à Orléans, ne prit qu’à la fin de septembre le chemin du nord (Terrier de Loray,Jean de Vienne, p. 167).[402]L’évêque d’Auxerre, Guillaume d’Estouteville, fut transféré à Lisieux le 18 septembre 1382; son successeur, Ferri Cassinel, fut installé sur son siège avant le 22 octobre 1382.[403]Pierre Aycelin de Montaigu.[404]Gui de Honcourt, chevalier, au service du duc d’Anjou en 1379, gouverneur du bailliage d’Amiens en 1385 (Bibl. nat., Clair.vol. 60, nos14 et 63), était seigneur de Laidain et de Fontaines, conseiller du roi (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 1530) en 1387, et plus tard bailli de Vermandois. Nous l’avons déjà mentionné à Béthune et à Ham en 1380 (t. IX, p.CII).[405]Ces commissaires, auxquels une chronique de Flandre ajoute Enguerran de Hedin (Ist. et chr., t. II, p. 260), arrivaient en octobre à Tournai (Chronographia, t. III, p. 40) et demandaient par deux fois un sauf-conduit à Philippe d’Artevelde pour aller traiter avec lui, mais celui-ci refusa insolemment une première fois de Gand à la date du 10 octobre, une seconde fois d’Edelaere à la date du 14 (Ist. et chr., t. II, p. 261-262). Une autre rédaction note cependant que quelques-uns des commissaires allèrent à Audenarde parlementer avec Philippe (Ibid., p. 207).[406]Jean Bonenfant, bourgeois de Tournai, premier échevin de Saint-Brice en 1379, était marchand de vins (Kervyn, t. XX, p. 357).[407]Sur Jean Piétart, bourgeois de Tournai, tanneur, plusieurs fois mayeur des échevins de Saint-Brice, voy. Kervyn (t. XXII, p. 358-359).[408]Cette lettre du 20 octobre a été publiée par M. J. Vuylsteke dans lesRekeningen der Stad Gent(p. 461-463) d’après un ms. de Gand qui offre quelques variantes avec notre texte et modifie même le sens de toute une phrase; c’est ainsi qu’à la p.276, l. 19-22, au lieu demais il... entre nous(leçon qui se retrouve à peu près semblable dans tous les mss., même ceux de laChronique de Flandre, cf.Bibl. nat., fr. 5004, fol. 145 rº), on lit dans le ms. de Gand:mais il vous samble que, selonc nostre response à vous sur ce envoiée que nous n’avons volenté de entendre à la voye du traitié; sur quoy fermement sachiés que nul traitié n’enquerrés entre vous.[409]Nous ne trouvons ni dans lesSéjours de Charles VIni dans lesItinérairesde M. Petit la mention à cette date du séjour à Péronne du roi ou du duc de Bourgogne.[410]«Pluiseur noble du conseil du roi ne consillèrent mie que li rois entreprinst le fait, pour ce que li Flamenc estoient fort et douté, et pour ce qu’il sambloit à aucuns que li contes n’avoit mie en temps passé obey à la couronne de Franche dont il devoit le conté de Flandres tenir en pairie.» Ce qui décida l’intervention royale fut la promesse que le comte ferait hommage de son comté au roi (Ist. et chr., t. II, p. 207). On feignait du reste de ne prendre aucune décision ferme, et il fut convenu que le roi irait d’abord à Arras «et là se prendroit la conclusion de ce qu’il devroit faire» (Ibid., p. 262).[411]C’est vers la mi-octobre, à Arras, que devaient se réunir les gens d’armes (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 174). LaChronographiafixe le rendez-vous à Corbie et à Péronne pour le 20 octobre (t. III, p. 39).[412]Quoi qu’en dise Froissart, la distribution des vivres fut moins qu’assurée et l’armée royale, ne recevant pas de solde, pilla la province d’Artois, abandonnée aux hommes et aux chevaux (Ist. et chr., t. II, p. 210; cf.Chronographia, t. III, p. 41).[413]C’est de Compiègne que Charles VI partit pour la Flandre; et avant son départ, le 28 octobre, il écrivait une lettre au bailli de Rouen pour presser l’envoi d’une troupe de 100 arbalétriers (Bibl. nat., Portefeuilles Fontanieu, vol. 99-100, fol. 152-156). Les diverses chroniques fournissent des dates différentes pour l’arrivée de Charles VI à Arras. D’après lesSéjours de Charles VI, le roi était les 30 et 31 octobre à Nesle, le 1ernovembre à l’abbaye de Saint-Nicolas d’Arrouaise et le 3 à Arras. Le prince Louis, frère du roi, vint aussi à Arras, mais le conseil décida son éloignement, voulant assurer la succession au trône, au cas où il arriverait malheur au roi (Ist. et chr., t. II, p. 210-211). L’armée royale était forte de 10,000 hommes, sans compter les arbalétriers, les gens de pied, les troupes légères et les valets d’armée (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 188).[414]C’est à l’abbaye de Saint-Nicolas d’Arrouaise, le 1erou le 2 novembre, que le comte de Flandre «fist hommage au roy de toutes les terres qu’il devait tenir du roy et du royaume» (Ist. et chr., t. II, p. 210). Le comte était du reste arrivé à Arras bien avant Charles VI, puisqu’à la date du 26 octobre il donnait quittance en cette ville à Gilles Basin, son panetier, d’une certaine somme empruntée pour lui (Chr. rimée, p. 106).[415]D’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 190), le roi, avant de commencer la campagne, fit sommation de déposer les armes et de rentrer dans le devoir à Philippe d’Artevelde, qui refusa. C’est sans doute une allusion à l’échange de correspondances qui eut lieu précédemment entre Philippe et les commissaires royaux.[416]Nord, arr. de Lille, sur la rive droite de la Lys; la partie belge de la ville est sur la rive gauche.[417]Nord, arr. d’Hazebrouck, sur la Lys.[418]Nord, arr. d’Hazebrouck, au confluent de la Lys et de la Lawe.[419]Nord, arr. d’Hazebrouck, sur la Lys.—Les escarmouches furent nombreuses sur les bords de la Lys (Arch. nat., JJ 126, fol. 144).[420]Belgique, prov. de Flandre occidentale, sur la Lys.[421]Cette escarmouche doit se placer au moment où le roi avait déjà quitté Arras. D’après une chronique française (Bibl. nat., fr. 17272, fol. 43 rº), le Hase de Flandre était accompagné de Henri d’Antoing, maréchal du comte, du seigneur de Brugdam et de Guillaume, bâtard de Poitiers, ayant avec eux 120 hommes d’armes. Ils passèrent la Lys et mirent en fuite les Gantois, qui gardaient le pont de Commines; mais, surpris dans leur sommeil par 8,000 Yprois, ils perdirent 56 hommes d’armes et durent se réfugier à Lille auprès du comte.[422]Sur ce personnage qui, en 1380, devant Péronne, fut fait prisonnier par les Anglais (t. IX, p.CII), voy. Kervyn, t. XXIII, p. 69.[423]Henri de Duffle était fils de Gauthier de Duffle et d’Élisabeth d’Oosterhout (Kervyn, t. XXI, p. 118).
[297]L’évaluation du nombre des hommes composant l’armée angevine varie suivant les chroniqueurs. M. Valois (loc. cit., p. 39, note 1), que nous ne pouvons mieux faire que de suivre pour toute cette période, a relevé des différences allant de 15,000 à 100,000.
[298]Pour des raisons multiples, le duc s’immobilisa devant Naples, sans pouvoir empêcher les bandes de Hawkwood de faire leur jonction (31 novembre) avec Charles de la Paix, qui l’amusait en le défiant à des combats personnels, dont la date était éternellement remise (Valois,loc. cit., p. 53-57).
[299]L’enchanteur dont parle Froissart était un chevalier nommé Garillo Caracciolo et surnommé leChevalier sauvage. Envoyé par Charles de la Paix pour défier le duc d’Anjou, il fut accusé de pratiques ténébreuses et magiques et brûlé, en dépit de son caractère de messager (Valois,loc. cit., p. 56).
[300]Peu de temps auparavant, Jean Fernandez Andeiro avait été fait comte d’Ourem (D. Nuñez, t. II, p. 325).
[301]C’est à Arronches que se réunirent les Anglais pour commencer leur chevauchée. L’expédition, forte de 200 chevaliers et de 4,000 hommes de pied, prit d’abord le chemin d’Ouguella et gîta la première nuit à San Salvador da Matança. Ce n’est que le deuxième jour que Lobon fut pris (D. Nuñez, t. II, p. 340).
[302]Ville d’Espagne, prov. de Badajoz.—Après la prise du château, où se distingua le bâtard d’Angleterre (F. Lopes, t. IV, p. 448), les Anglais y laissèrent une garnison de 70 hommes (D. Nuñez, t. II, p. 340).
[303]Cortijo de Cantaelgallo, ville d’Espagne, prov. de Badajoz.—La mort d’un des leurs fut le signal pour les Anglais d’un massacre général des habitants de la ville, où ils laissèrent 200 hommes de pied et 30 écuyers (D. Nuñez, t. II, 341).
[304]Ville d’Espagne, prov. de Badajoz.
[305]Sur ce personnage, voy. plus haut, p.XLVIII, note257.
[306]Ville de Portugal, prov. d’Alentejo.
[307]Le roi Ferdinand, qui était à Vimieiro, vient à Estremoz, puis à Borba, et rejoint le comte de Cambridge à Elvas (D. Nuñez, t. II, p. 341). Lopez de Ayala estime l’armée portugaise à 3,000 hommes d’armes et celle des Anglais à 1,000 hommes d’armes et à 1,000 archers, forces auxquelles s’ajoutait un grand nombre de gens de pied (t. II, p. 157).
[308]Le roi de Castille quitte Avila, se rend à Oterdesillas, puis à Simancas, à Zamora, enfin à Badajoz, où il est à la fin de juillet 1382. Il a sous ses ordres 5,000 hommes d’armes, 1,500geneteurset quantité de gens de pied, d’arbalétriers et d’archers (D. Nuñez, t. II, p. 342; Lopez de Ayala, t. II, p. 156-157). Le roi de Castille «entra oudit royaume de Portugal si fort et si puissant de gens d’armes que lesdis roy de Portigal et Anglois furent contrains de faire traictié avecques lui, par lequel traictié ledit roy de Portigal renonça au traictié et aliances qu’il avoit avecques les Anglois» (Ist. et chr. de Flandre, t. II, p. 260).
[309]Froissart fait sans doute allusion à la prise de Bruges par les Gantois et aux négociations engagées entre Philippe d’Artevelde et le roi d’Angleterre.
[310]Martin, cardinal, fut évêque de Lisbonne du 5 mai 1379 au 6 décembre 1383, date à laquelle il fut tué.
[311]Grand chambellan de Castille. Ce personnage est le seul de tous ceux que cite Froissart qui soit officiellement intervenu comme plénipotentiaire dans la signature du traité de paix. Il avait pour collègue castillan Pero Sarmento. Le roi de Portugal était représenté par dom Alvaro Perez de Castro, comte d’Arraiolos, et Gonçalo Vasquez de Azeuedo (Lopez de Ayala, t. II, p. 158; F. Lopes, t. IV, p. 459; D. Nuñez, t. II, p. 345).
[312]L’évêque d’Astorga était chancelier de Castille.
[313]La principale clause du traité de paix fut les fiançailles de Ferdinand, deuxième fils du roi de Castille, avec l’infante Béatrice, dont le mariage avec le fils du comte de Cambridge était ainsi rompu. Le roi Jean s’engageait à rendre sans rançon les vingt galères prises à la flotte portugaise et à fournir des bateaux pour rapatrier les mercenaires anglais (Lopez de Ayala, t. II, p. 159; D. Nuñez, t. II, p. 345).
[314]Les chroniqueurs portugais mentionnent la colère des Anglais de voir signer la paix; ils se disaient trompés (F. Lopes, t. IV, p. 464; D. Nuñez, t. II, p. 348).
[315]Mohammed V était monté sur le trône de Grenade en 1354, où il resta jusqu’en 1391, après un interrègne entre 1359 et 1360.
[316]Le roi de Tunis était alors Abou-’l-Abbas-Ahmed (1370-1394).
[317]Abou-Hammou Mouça II (1359-1386).
[318]Le comte de Cambridge avait pris le chemin de Rio Maior pour venir à Santarem; il était à Almada le 1erseptembre 1382, prêt à s’embarquer sur les bateaux castillans (D. Nuñez, t. II, p. 349); mais il ne partit qu’en octobre, après avoir été ravitaillé par Othe de Granson et Jean de Gruyères (Rec. Off., Early Chanc. Rolls327, m. 23;Issue Rolls305, m. 3).—Un chroniqueur nous apprend que, dans l’acte où il s’engageait à renvoyer au roi de Castille ses bateaux, le comte de Cambridge avait pris le titre defils du roy de France et d’Angleterre. Le roi n’accepta pas cette rédaction, à laquelle il fit substituer les mots:fils du roy d’Angleterre(Ist. et chr. de Flandre, t. II, p. 260).
[319]Le 27 octobre 1382, le roi Jean de Castille était à Madrid quand il apprit la mort de sa femme, la reine Éléonore d’Aragon (Lopez de Ayala, t. II, p. 160). Cette princesse était fille du roi Pierre IV d’Aragon et avait épousé Jean Ieren 1375.
[320]Aussitôt après la mort de la reine de Castille, le roi de Portugal propose au roi Jean de lui donner en mariage sa fille Béatrice, qui, en vertu du traité de paix, devait épouser son second fils Ferdinand. Le roi Jean accepte; l’archevêque de Saint-Jacques reçoit pleins pouvoirs (mars 1383) pour faire annuler les fiançailles ayant eu lieu avec le fils du comte de Cambridge; les dispenses du pape sont obtenues et le mariage, hâté par le roi Ferdinand, qui se sent malade à Salvaterra, est célébré par procureur le 30 avril 1383 (L. de Ayala, t. II, p. 161; F. Lopes, t. II, p. 469; D. Nuñez, t. II, p. 350-351). La nouvelle reine arrive à Elvas le 13 mai 1383 (D. Nuñez, t. II, 359).
[321]Ce prince mourut en bas âge.
[322]Déjà malade depuis quelque temps, le roi Ferdinand mourut le 22 octobre 1383, à l’âge de cinquante-trois ans passés.
[323]Froissart raconte avec plus de détails dans son troisième livre la lutte du roi Jean de Castille, soutenu par la reine régente de Portugal, Éléonore Tellez, contre le frère bâtard du roi Ferdinand, qui devait bientôt porter le nom de Jean Ierde Portugal.
[324]Peu de temps avant sa mort, au moment du mariage de sa fille avec le roi de Castille, le roi Ferdinand avait envoyé en Angleterre un écuyer nommé Ruy Cravo, pour s’excuser d’avoir été forcé de renoncer à marier sa fille avec le prince Édouard, fils du comte de Cambridge, et pour protester de son amitié (F. Lopes, t. IV, p. 478; D. Nuñez, t. II, p. 358).
[325]Les Gantois ne pouvaient se procurer des vivres qu’à grand’peine «et furent de si près guettiés toute celle saison d’yver et jusques à l’entrée de may que vivres deffailloient en Gand, si que plus n’avoient que mengier» (Ist. et chr., t. II, p. 245).
[326]Philippe d’Artevelde avait, en mars 1382, commandé une expédition qui était allée chercher des vivres dans les environs d’Audenarde et de Courtrai (Kervyn, t. X, p. 455).
[327]Ce n’est que le 16 avril que les Gantois purent aller à Liège et à Louvain chercher des provisions. Dès le 1erdu mois, ils avaient envoyé à Louvain des députés qui, accompagnés du bourgmestre et de quatre échevins, avaient obtenu de l’évêque des vivres et la promesse de s’entremettre pour eux auprès du comte (Kervyn, t. X, p. 455).
[328]Sur François Ackerman, que nous avons déjà cité commerewaertde Gand en 1381 (p.XX, note119), et que nous retrouvons à la tête d’une flotte en 1382 (p.LXXI, note386), voy. dans Kervyn (t. X, p. 454-455, et t. XX, p. 2-5) plusieurs actes duRecord Office. Ce personnage, qui joue dans la suite un rôle important comme amiral de Flandre, est nomméFrancionet qualifié dedux ignobilispar leReligieux de Saint-Dénis(t. I, p. 370); une rédaction desChroniques de Flandre(Ist. et chr., t. II, p. 223-225) le confond avec Jean Yoens et lui attribue en 1379 l’incendie du château du comte de Flandre.
[329]Évêque de Liège de 1378 jusqu’à sa mort en 1390. La plupart des manuscrits, et d’après eux Meyer, offrent à tort la leçon Arnould d’Erclé pourJeand’Arkel, prédécesseur d’Arnould de Hornes (1364-1378) sur le siège épiscopal de Liège. Une longue généalogie de la famille Hornes, dans laquelle figure l’évêque de Liège, a été imprimée à Paris en 1722; elle est conservée à la Bibliothèque nationale (Pièces orig., vol. 1533).
[330]Belgique, prov. de Brabant.
[331]Le palais de Caudenberg «dominait de ses créneaux et de ses tourelles la ville industrielle placée au-dessous» (Kervyn,Étude littéraire sur le XIVesiècle, t. I, p. 93). Le nom de l’hôtel de la duchesse de Brabant est rappelé aujourd’hui par l’église de Saint-Jacques-sur-Caudenberg, située tout près du palais royal.
[332]C’est, d’après Meyer (fol. 182 vº), le 6 avril 1382 que le comte résolut d’assiéger la ville de Gand.
[333]LesChroniquesne fournissent pas de grands détails sur ces conférences de Tournai, où furent «le conseil des bonnes villes de Flandres, du Franc et de tout le plat pays;» du côté du comte «y furent pluiseurs nobles et gentils hommes dudit pays, et aussi y furent l’evesque du Liége et son conseil, pour traiter de l’acord dudit comte de Flandres et de ceuls de Gand; mais on n’y peut paix trouver» (Ist. et chr., t. II, p. 177). Meyer prétend que l’évêque de Liège arriva à Tournai le 6 avril (fol. 182 rº), mais cette date est démentie par les comptes de Louvain cités par Kervyn (t. X, p. 455), d’après lesquels l’évêque, se rendant à Tournai, n’était encore à Louvain que le 22. Il partit le lendemain pour Bruxelles pour se joindre aux députés du Brabant. Les échevins de Louvain ne purent obtenir un sauf-conduit du comte pour les accompagner (Ibid., p. 456).
[334]Sur les familles d’Oupey et d’Hérimez, voy. Kervyn, t. XXII, p. 317-318, et t. XXI, p. 544-547.
[335]Le prévôt de Haerlebeke, conseiller et chancelier du comte de Flandre, plus connu sous le nom de prévôt de Saint-Donat de Bruges, se nommait Sohier vander Beke et était un ancien chanoine de Tournai. Malgré le rôle conciliateur que lui prête Froissart (t. IX, p. 211), il n’en avait pas moins été visé personnellement dans le traité de 1379 (t. IX, p.LXXXVI, note 6).
[336]Ce passage de Froissart, relatif à de nouveaux troubles de Paris, n’est pas ici à sa place; il se rapporte à la fin d’avril, au moment où le sire de Couci, envoyé en ambassade auprès des Parisiens (voy. plus haut, p.XLV, note247), ne put obtenir d’eux qu’une somme de 12,000 francs pour les besoins du roi. Poussé par les seigneurs, qui désiraient le pillage de la ville et s’y préparaient (Chr. des Quatre Valois, p. 302), Charles VI voulut à ce moment affamer Paris et songea même à donner l’assaut (Chronographia, t. III, p. 32-33). Les conférences de Saint-Denis amenèrent un accord dont Froissart a parlé plus haut (p.153-155).
[337]D’après une chronique (Ist. et chr., t. II, p. 204), les Gantois n’étaient que 4,000 «et avoit avec yauls pluiseurs carios qui menoient trebus et espingalles.» D’après Olivier de Dixmude, cité par Kervyn (t. X, p. 458), l’armée de Philippe d’Artevelde s’élevait à 8,000 hommes.
[338]Au point du jour, le vendredi 2 mai 1382, les Gantois arrivent ànonneà une lieue de Bruges (Ist. et chr., t. II, p. 246), dans la plaine de Beverhoutsveld, qui a donné son nom à la bataille.
[339]Le texte de Froissart porte iciBuxy, mais de la comparaison d’un autre passage où figure cet écuyer, à l’occasion des obsèques du comte de Flandre en 1384 (Kervyn, t. X, p. 282), et d’une pièce d’archives publiée par Kervyn (t. XXI, p. 266), il résulte qu’il s’appelaitBuxeul=Buxeuil. C’est du reste ainsi orthographié qu’il apparaît de nouveau dans Froissart (t. XV, p. 396, 397 et 423).
[340]Le nom de ce personnage, qui assiste comme écuyer aux obsèques du comte de Flandre (Kervyn, t. X, p. 282), semble altéré; nous le retrouvons ailleurs (t. X, p. 542, et t. XXI, p. 266) sous les formesLeombiartetLe Ombearde, peut-êtreLombard.
[341]D’après une chronique (Ist. et chr., t. II, p. 204), l’armée du comte était forte de 20,000 hommes, sans compter les courtiers, bouchers, poissonniers et vairiers qui étaient du parti du comte, les tisserands et foulons tenant pour les Gantois (Ibid., p. 205). Dans Olivier de Dixmude, ce nombre est réduit à 12,000 hommes. Le comte devait avoir aussi à son service des gens d’armes anglais, que nous voyonsfaire montreen la ville de Bruges le 6 avril 1382 (Arch. du Nord, citées par Le Glay,Chr. rimée, p. 103).
[342]La bataille commença à l’heure de vêpres (Ist. et chr., t. II, p. 204); les Brugeois étaient «plains de viandes et de vins» (Ibid., p. 247).
[343]Il y eut deux décharges d’artillerie de la part des Gantois; l’une d’elles jeta le comte à bas de son cheval (Ist. et chr., t. II, p. 247).
[344]D’après leReligieux de Saint-Denis, (t. I, p. 112), l’armée du comte perdit 5,000 hommes; 6,000, d’après Olivier de Dixmude.
[345]Malgré la panique provoquée dans les rangs de ses auxiliaires, le comte voulait quand même assaillir les Gantois, mais «une grant partie de ceulx de ladicte ville de Bruges se tournèrent contre lui et se mirent avecques ses ennemis et en leur ayde» (Ist. et chr., t. II, p. 258).
[346]Obligé de fuir et de rentrer à Bruges, le comte n’avait pour l’accompagner que 40 hommes (Meyer, fol. 184 rº).
[347]Un nouveau combat eut lieu dans l’intérieur de la ville, où périrent près de 10,000 habitants (Chronographia, t. III, p. 33). LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 118) prétend qu’étant entrés presque sans résistance dans Bruges, sous prétexte d’assister à la procession, les Gantois se ruèrent sur les habitants et en égorgèrent une partie avec les armes qu’ils tenaient cachées.
[348]Le comte perdit son sceau dans la déroute, et trois semaines après, à Lille, dut se servir de celui du sire de Ghistelles (7eCartulaire de Flandre, cité par Le Glay dansChr. rimée, p. 104).
[349]Froissart a donné dans saChronique de Flandre(Bibl. nat., ms. fr. 5004, fol. 105 vº-108 rº) une rédaction plus détaillée qui nous apprend que ce fut à un bourgeois de Gand, nommé Renier Campion, que le comte dut son salut. La vieille femme qui le cacha chez elle était la veuve Bruynaert (Kervyn,Hist. de Flandre, t. III, p. 486).
[350]Le pillage fut grand (Ist. et chr., t. II, p. 178); d’après Walsingham (t. II, p. 62), 17,000 hommes furent tués dans Bruges.
[351]Un assez grand nombre d’habitants quittèrent alors leur ville et se retirèrent à Tournai avec tout ce qu’ils possédaient (Arch. nat., JJ 122, fol. 37 vº).
[352]Jean de Baronaige figure déjà, quoique non mentionné par Froissart, parmi les défenseurs d’Audenarde en octobre 1379 (Chr. et ist., t. II, p. 165 et 230).
[353]Sur la filiation et les alliances de Thierri d’Anvaing, voy. Kervyn (t. XX, p. 98).
[354]Florent de Heule avait été fait chevalier au siège d’Audenarde en octobre 1379 (Ist. et chr., t. II, p. 166).
[355]Un des premiers actes de Philippe d’Artevelde fut de mettre de nouveaux fonctionnaires à la tête de la ville (Ist. et chr., t. II, p. 248). LaChronique de Flandredonne le nom de l’épicier-hôtelier, Guillaume le Cat (Bibl. nat., ms. fr. 5004, fol. 110 rº), chez qui Philippe organisa la nouvelle administration de Bruges (voy. aussi Kervyn, t. X, p. 460). Philippe avait fait rassembler hors des murs, à l’abbaye de Sainte-Catherine, tous ceux de Bruges qui acceptaient le nouvel état de choses et leur avait fait jurer fidélité; le reste des habitants avait été tué (Ist. et chr., t. II, p. 205), ce qui ne concorde guère avec l’opinion de Walsingham (t. II, p. 62), qui prétend que les procédés des Gantois furent si humains que, trois jours après la prise de la ville, les marchandises recommençaient à affluer à Gand et les marchés à se rouvrir.
[356]Le comte resta caché jusqu’à minuit le samedi (et non le dimanche) et sortit seul et à pied de Bruges (Ist. et chr., t. II, p. 247) «par une fausse porte» (Chr. normande de P. Cochon, p. 170). Il prit aussitôt le chemin de Lille, arriva à Trois-Sœurs, y trouva une jument qui le conduisit jusqu’à Roulers; là il se fit reconnaître «à son hoste duCornet, qui le monta de bon cheval et le mena jusques en Lille, et ses gens siewirent après luy» (Ist. et chr., t. II, p. 248). D’après laChronographia(t. III, p. 33), le comte avait deux compagnons de fuite.
[357]«A part les châtellenies de Cassel, de Bourbourg et de Dunkerque, tenues par la dame de Bar, toute la Flandre était perdue pour Clément VII» (Valois,La France et le grand schisme, t. I, p. 261-262).
[358]La défaite du comte fut une occasion pour les gens de Louvain et de Liège de resserrer leur alliance avec les Gantois, et d’échanger avec eux des ambassades (Kervyn, t. X, p. 460).
[359]Une des rédactions desChroniques de Flandre(Ist. et chr., t. II, p. 205), de même que Meyer (fol. 184 vº), parle detroisportes de Bruges, qui furent détruites dès le 7 mai.
[360]Voy.Ist. et chr., t. II, p. 178.
[361]Ibid., p. 205.
[362]Ces autres villes étaient Damme, l’Écluse, Berghes «et tout le remanant de Flandre» (Ist. et chr., t. II, p. 178 et 248).
[363]Philippe d’Artevelde alla à Courtrai, où il était le 11 mai, avant de se rendre à Ypres, où il était le 24. A la fin de mai, il mettait le siège devant Audenarde (Meyer, fol. 185 vº).
[364]Une chronique française de la Bibliothèque nationale (fr. 17272, fol. 22 vº) qualifie Jacques d’Artevelde de «brasseur de miel.» C’est ainsi que Froissart s’exprime dans sa première rédaction et dans la rédaction du ms. d’Amiens (t. I, p. 127 et 394); mais, dans la rédaction du ms. de Rome (t. I, p. 394), il le nomme simplementbourgeois. LesGrandes Chroniques(t. V, p. 372) disent qu’il «prist à femme une brasseresse de miel;» même leçon dans laChronographia(t. II, p. 46). Voy. à cet égard Kervyn, t. II, p. 533-539, et t. IV, p. 464-475. Les travaux de M. de Poter sur les Artevelde, dans les publications de l’Académie de Belgique, ont été complétés par M. J. Vuylsteke en 1873 (Eenige Bijzonderheden over de Artevelden).
[365]Pour essayer de paralyser le commerce des villes révoltées, le comte signe à Lille, le 15 mai 1382, des lettres par lesquelles il déclare ne plus prendre «sous sa protection et sauve-garde les marchands étrangers étant en Flandre, à cause de la rebellion des habitants de ce pays» (Pièce desArch. du Nord, analysée par Le Glay,Chr. rimée, p. 103). D’après Walsingham (t. II, p. 62), le comte se tint à Saint-Omer pendant le siège d’Audenarde.
[366]Gilbert de Leeuwerghem, écuyer, était capitaine d’Audenarde à la date du 8 avril 1382 (Le Glay,Chr. rimée, p. 103). Il devint plus tard chambellan du duc de Bourgogne.
[367]Jean de Heule était un des défenseurs d’Audenarde en 1379 (Ist. et chr., t. II, p. 165 et 230).
[368]Cet écuyer appartenait sans doute à la famille de Nicolas Zannequin, capitaine des Flamands, tué à la bataille de Cassel.
[369]D’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 170), l’armée de Philippe d’Artevelde comptait 300 archers anglais, 40,000 Gantois et un grand nombre de bannis et de condamnés.
[370]Nous voyons Tristan de Lambres, écuyer, tenir un écu aux obsèques du comte de Flandre (Kervyn, t. X, p. 282).
[371]M. Kervyn veut reconnaître cette grosse pièce de siège «dans le canon gigantesque placé aujourd’hui à Gand,» près du marché du Vendredi (t. X, p. 461).
[372]Belgique, prov. de Flandre occidentale, sur la rive gauche de la Lys.
[373]Belgique, prov. de Flandre occidentale. La ville d’Helchin «estoit enclavée ou royaume de Franche» (Ist. et chr., t. II, p. 178).
[374]LeReligieux de Saint-Denisparle d’un défi que le seigneur d’Heerzele aurait envoyé au comte (t. I, p. 172); il est plus probable d’admettre que ce fut entre Daniel de Halluin et le sire d’Heerzele qu’eut lieu, sous les murs d’Audenarde, une joute dont parle une chronique française (Bibl. nat., fr. 17272, fol. 43 vº et 44 vº).
[375]Le roi se trouve à Compiègne du 8 au 11 juillet 1382 (Petit,Séjours de Charles VI, p. 14).
[376]Le comte, qui réside à Hesdin au commencement du mois de juin, approuve, à la date du 4, la défense faite par le bailli aux habitants de Termonde de sortir de la ville (Chr. rimée, p. 104). Le 26 août, il paie.VI.livres.II.sols «au Grand Coppin pour les fraiz des justices fais à Hesdin de.III.conspirateurs de Flandres» (Ibid., p. 105).
[377]A Bapaume, le comte fait décoller les otages de la ville de Courtrai, qui vient de se rendre aux Gantois; de Douai, il envoie les otages d’Ypres à Bapaume, à Hesdin et ailleurs (Ist. et chr., t. II, p. 206).
[378]C’est au mois d’août que fut convoquée à Compiègne l’assemblée des nobles et des prélats (Terrier de Loray,Jean de Vienne, p. 167). Le roi et le duc de Bourgogne s’y trouvaient ensemble le 15 (Petit,Séjours de Charles VI, p. 14, etItinéraires, p. 152).
[379]LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 70) raconte d’une autre façon l’origine de l’emblème adopté par Charles VI, qui aurait pris à la chasse un cerf, porteur d’un collier sur lequel étaient gravés les mots:Cæsar hoc mihi donavit. Le récit de Froissart faisant allusion à un cerfvolanta au moins le mérite d’expliquer toutes les particularités de l’animal cher au roi.
[380]LaChronographia(t. III, p. 34-35) fait remonter antérieurement (au 24 juin 1382) l’envoi d’une lettre de Philippe d’Artevelde, demandant au roi de France, qu’il appelleson seigneur, de prendre en main le gouvernement des Flandres en lieu et place du comte, s’il ne voulait pas voir le roi d’Angleterre se substituer à lui. Les Flamands ne demandaient du reste qu’à traiter; mais le comte de Flandre et le duc de Bourgogne poussaient au contraire le roi à faire la guerre (Chr. des Quatre Valois, p. 305).
[381]Ce messager, qui se nommait Hennequin et avait appris le français à la cour de France, fut accueilli par le duc de Bourgogne avec des insultes (Chronographia, t. III, p. 34), mais fut laissé en liberté, dit leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 172). Froissart semble être plus dans la vérité, quand il avance qu’on le garda plus de six semaines en prison, car cette arrestation fut un des griefs de Philippe d’Artevelde contre le roi (cf. dans notre texte p.261et277).
[382]Peu de temps après sa lettre du 24 juin (voy. plus haut, note380), Philippe d’Artevelde avait entamé des négociations avec l’Angleterre, et aux dates des 11 et 15 juillet et du 18 août 1382, nous trouvons la mention de paiements faits soit à un envoyé de Philippe, soit à Richard Hereford, héraut, à Edmond Halstede, Richard Wodehall et George de Ffelbrigg, écuyers, députés vers les Gantois (Rec. Off., Issue Rolls 305, m. 9, 11 et 13). A la date des 19-24 août figure aussi dans les comptes de la ville de Gand l’embarquement des échevins de Gand Michiel Boene et Jan de Hert, et à la date du 13 septembre le départ pour l’Angleterre de Laurent de Maech, de Jan de Jonghe et de Jan uten Broucke (Rekeningen, p. 328-329).
[383]Voy. le passage relatif à cet emprunt de 200,000 florins ou 50,000 marcs dans la rédaction du ms. de Rome, t. II, p. 256-257.
[384]Philippe d’Artevelde était à Bruges du 4 au 8 septembre 1382; nous le trouvons sous les murs d’Audenarde ou à Edelaere du 12 septembre à la fin de novembre (Rekeningen, p. 328-331).
[385]Le récit de Froissart renferme plus d’une erreur et plus d’une confusion dans l’énumération des ambassadeurs flamands. Cette ambassade se composait en effet de 12 membres, dont les noms nous ont été conservés par les lettres de créance qui leur furent données le 14 octobre 1382. C’étaient Willem van Coudenberghe, Willem vanden Pitte, Race vander Voerde, Jan van Waes et Michiel Boene, représentant Gand; Lodewijc de Vos, Jacop de Scoteleere, Jacop de Bruwere et Willem Matten, représentant Bruges; Gillis Tant, Jacop Moanin et Lamsin de Borchgrave, représentant Ypres (Rekeningen, p. 457-459; voy. aussi Gachard,Mémoires de l’Académie de Belgique, t. XXVII, p. 37). Aux cinq envoyés de Gand étaient adjoints Gillis van Wijnvelde, Martin van Erpe et Pieter van Beerevelt (Rekeningen, p. 330).
[386]François Ackerman ne pouvait faire partie de l’ambassade, étant à cette époque parti pour la Rochelle à la tête d’une flotte (Rekeningen, p. 345).
[387]Mentionné plusieurs fois dans lesRekeningen der Stad Gent(p. 278, 298 et 310).
[388]Ce Louis de Vos est peut-être le même que ce bourgeois de Gand, qui, en 1383, à la bataille de Dunkerque, fut fait chevalier (Kervyn, t. X, p. 225).
[389]Nous trouvons unJeande Scotelaere mentionné en 1380 dans lesRekeningen(p. 184); mais il est à remarquer que l’envoyé de Bruges se nommaitJacqueset nonJean.
[390]Martin vande Water fut le successeur, en 1384, de l’évêque urbaniste de Gand, Jean de West; il ne faisait pas partie de l’ambassade (cf. Kervyn, t. X, p. 463).
[391]Le nom de Bruwere, qui appartient ici à un bourgeois de Bruges, est fréquent à Gand (Rekeningen, p. 64, 84 et 97).
[392]Ce clerc, dont le nom est supprimé dans la plupart des manuscrits, est appelé Bande Quintin dans l’un (c’est la leçon que nous avons adoptée) et Hewart de Sueskes dans un autre; mais ces noms sont tout à fait fantaisistes. Nous avons consulté à ce sujet M. Julius Vuylsteke, dont la compétence est grande pour tout ce qui regarde l’histoire de Gand. Il nous a gracieusement répondu et sa conclusion est que le personnage en question ne peut être que maître Willem de Coudenberghe, l’un des ambassadeurs. Malgré la valeur de cette autorité, nous croyons qu’il faut plutôt reconnaître dans le clerc de Froissart,parentde Philippe d’Artevelde, Martin van Erpe, neveu de Philippe et plus tard un de ses héritiers, un de ceux qui avaient été adjoints à l’ambassade (voy. p.LXXI, note385). En faisant de ce clerc anonyme le successeur prématuré de l’évêque urbaniste Jean de West, Froissart l’identifiait avec Martin vande Water, qu’il avait déjà mentionné à tort comme accompagnant l’ambassade.
[393]Jean de West, évêque urbaniste de Gand, que Froissart semble avoir confondu avec l’échevin Jan van Waes, suivi dans cette erreur par Meyer (fol. 186 vº) et par Kervyn de Lettenhove (Histoire de Flandre, t. III, p. 505), a laissé peu de traces dans l’histoire de Gand. Cet ancien doyen de Tournai, nommé par les Gantois, en haine de la France clémentine, évêque de Tournai à la place de Pierre d’Auxy, avait été pourvu en 1380 de bulles régulières par Urbain VI (Valois,La France et le grand schisme, t. I, p. 261). C’était ungrand clerc, disent les chroniques du temps (Ist. et chr., t. II, p. 175; dom Smet,Rec. des chr. de Fl., t. III, p. 273); il mourut en 1384 et fut enterré dans l’abbaye de Saint-Victor de Waestmunster près de Termonde, revêtu de ses habits pontificaux (Gallia christiana, t. III, col. 229).
[394]Les ambassadeurs qui vinrent recevoir leurs instructions de Philippe d’Artevelde étaient à Edelaere du 30 septembre au 2 octobre; ils partirent le 17 (Rekeningen, p. 329-330).
[395]CeJeande Caumont semble devoir être nomméRaymond(P. Anselme, t. IV, p. 481). Par contre, nous trouvons un Jean de Caumont, sans doute frère de Nompar de Caumont (Ibid., t. IV, p. 470), écuyer en Flandre et à l’Écluse en 1387 et 1388 (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 622).
[396]Perducat d’Albret, que nous voyons le 6 mai 1381 recevoir du roi d’Angleterre la confirmation du don de la ville de Bergerac, qu’il avait reçue précédemment du roi Charles V, se retrouve à la Rochelle, après le 6 mai 1381 (Labroue,Le livre de vie, p. 154) et à Londres lors de l’insurrection de 1381 (voy. plus haut, p.XXXI), reçoit le 6 septembre le don de la baronnie de Caumont et autres lieux (Rec. Off., Privy Seals 472, nº 1901), après avoir reçu le 1erdu même mois les terres du seigneur de Langoiran rebelle (Ibid., 471, nº 1897). Il reçoit le 25 octobre un don d’argent (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 5), le 6 mai 1382, le château de Verteuil-de-Castelmoron (Labroue, p. 159); enfin, le 26 juillet de la même année, 50 livres à valoir sur une somme promise par le roi Édouard. Cette somme de 50 livres est délivrée à «Bertucato de la Brettede dominio Aquitannie, nuper capto de guerra in servicio regis per gentes francigenas, inimicos regis, et pro instante prisonario existenti» (Rec. Off., Issue Rolls 305, m. 12). Sur Perducat d’Albret, alors qu’il était au service de la France, voy. une note de Siméon Luce (t. VII, p.CIV, note 2).
[397]La note précédente montre que Perducat d’Albret ne mourut que passé le 26 juillet 1382, au moins près d’un an après avoir été mis en possession de la baronnie de Caumont.
[398]Les ambassadeurs flamands étaient porteurs d’instructions que nous résumons d’après le texte qu’en a donné Kervyn (t. X, p. 464-466). Ils demandaient la confirmation des privilèges à eux accordés par les rois d’Angleterre, l’établissement à perpétuité en Flandre de l’estaple de la laine, la protection par une flotte anglaise du commerce que la Flandre entretenait avec la Rochelle et autres villes du continent, le paiement par termes de la somme de 140,000 livres sterling octroyées autrefois aux Flandres par le roi Édouard, enfin l’expulsion hors du territoire anglais des réfugiés flamands. Les ambassadeurs recevaient des présents du roi à la date du 25 octobre 1382 (Rec. Off., Issue Rolls 305, m. 3) et, le 31, Jean Morewell les accompagnait jusqu’à Sandwich (Ibid.), comme il l’avait fait précédemment pour une autre ambassade (Ibid.306, m. 1), et retenait des bateaux pour leur traversée (Ibid.305, m. 3).
[399]A la date du 20 décembre 1382, Philippe d’Artevelde recevait du roi d’Angleterre une certaine somme à valoir sur les 100 marcs représentant jusqu’au 14 novembre les arrérages d’une pension viagère de 12 sous par jour à lui accordée autrefois par le roi Édouard III (Rec. Off., Issue Rolls 306, m. 9).
[400]Au cours du siège, Philippe manqua de s’emparer de la ville sans coup férir, car les chevaliers, se plaignant de ne pas recevoir leur solde, étaient décidés à abandonner le service du comte. Les bourgeois intervinrent, et grâce à un changeur de Valenciennes, Pierre Rasoir, les choses restèrent en l’état. Voy. de longs détails sur cette négociation dans laChronique de Flandrede Froissart (Bibl. nat., ms. fr. 5004, fol. 138 rº-142 vº). Pendant que les Gantois étaient ainsi occupés par le siège, nous trouvons, à la date du 28 septembre, la mention d’un paiement fait par le comte à un garçon qui aurait mis le feu au logis de Philippe d’Artevelde (Chr. rimée, p. 106). Cette maison n’est sans doute pas celle que son père possédait à Gand place de la Calandre, à côté de l’hôtel de Masmines (Kervyn, t. II, p. 537), et que l’on montrait encore auXVesiècle (Kervyn, t. IV, p. 473).
[401]Malgré des avis contraires qui se manifestèrent jusqu’au dernier moment, le roi, influencé par le duc de Bourgogne, qui plaidait la cause de son beau-père (Chr. du bon duc Loys, p. 167), était décidé à intervenir dès le mois d’août; et le 18 il allait à Saint-Denis prendre l’oriflamme qui fut remise à Pierre de Villiers (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 176). Pendant ce temps, la campagne se préparait secrètement etsous l’apparence d’un projet d’expédition en Angleterre. C’est ainsi que la compagnie de Jean de Vienne, rassemblée à Orléans, ne prit qu’à la fin de septembre le chemin du nord (Terrier de Loray,Jean de Vienne, p. 167).
[402]L’évêque d’Auxerre, Guillaume d’Estouteville, fut transféré à Lisieux le 18 septembre 1382; son successeur, Ferri Cassinel, fut installé sur son siège avant le 22 octobre 1382.
[403]Pierre Aycelin de Montaigu.
[404]Gui de Honcourt, chevalier, au service du duc d’Anjou en 1379, gouverneur du bailliage d’Amiens en 1385 (Bibl. nat., Clair.vol. 60, nos14 et 63), était seigneur de Laidain et de Fontaines, conseiller du roi (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 1530) en 1387, et plus tard bailli de Vermandois. Nous l’avons déjà mentionné à Béthune et à Ham en 1380 (t. IX, p.CII).
[405]Ces commissaires, auxquels une chronique de Flandre ajoute Enguerran de Hedin (Ist. et chr., t. II, p. 260), arrivaient en octobre à Tournai (Chronographia, t. III, p. 40) et demandaient par deux fois un sauf-conduit à Philippe d’Artevelde pour aller traiter avec lui, mais celui-ci refusa insolemment une première fois de Gand à la date du 10 octobre, une seconde fois d’Edelaere à la date du 14 (Ist. et chr., t. II, p. 261-262). Une autre rédaction note cependant que quelques-uns des commissaires allèrent à Audenarde parlementer avec Philippe (Ibid., p. 207).
[406]Jean Bonenfant, bourgeois de Tournai, premier échevin de Saint-Brice en 1379, était marchand de vins (Kervyn, t. XX, p. 357).
[407]Sur Jean Piétart, bourgeois de Tournai, tanneur, plusieurs fois mayeur des échevins de Saint-Brice, voy. Kervyn (t. XXII, p. 358-359).
[408]Cette lettre du 20 octobre a été publiée par M. J. Vuylsteke dans lesRekeningen der Stad Gent(p. 461-463) d’après un ms. de Gand qui offre quelques variantes avec notre texte et modifie même le sens de toute une phrase; c’est ainsi qu’à la p.276, l. 19-22, au lieu demais il... entre nous(leçon qui se retrouve à peu près semblable dans tous les mss., même ceux de laChronique de Flandre, cf.Bibl. nat., fr. 5004, fol. 145 rº), on lit dans le ms. de Gand:mais il vous samble que, selonc nostre response à vous sur ce envoiée que nous n’avons volenté de entendre à la voye du traitié; sur quoy fermement sachiés que nul traitié n’enquerrés entre vous.
[409]Nous ne trouvons ni dans lesSéjours de Charles VIni dans lesItinérairesde M. Petit la mention à cette date du séjour à Péronne du roi ou du duc de Bourgogne.
[410]«Pluiseur noble du conseil du roi ne consillèrent mie que li rois entreprinst le fait, pour ce que li Flamenc estoient fort et douté, et pour ce qu’il sambloit à aucuns que li contes n’avoit mie en temps passé obey à la couronne de Franche dont il devoit le conté de Flandres tenir en pairie.» Ce qui décida l’intervention royale fut la promesse que le comte ferait hommage de son comté au roi (Ist. et chr., t. II, p. 207). On feignait du reste de ne prendre aucune décision ferme, et il fut convenu que le roi irait d’abord à Arras «et là se prendroit la conclusion de ce qu’il devroit faire» (Ibid., p. 262).
[411]C’est vers la mi-octobre, à Arras, que devaient se réunir les gens d’armes (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 174). LaChronographiafixe le rendez-vous à Corbie et à Péronne pour le 20 octobre (t. III, p. 39).
[412]Quoi qu’en dise Froissart, la distribution des vivres fut moins qu’assurée et l’armée royale, ne recevant pas de solde, pilla la province d’Artois, abandonnée aux hommes et aux chevaux (Ist. et chr., t. II, p. 210; cf.Chronographia, t. III, p. 41).
[413]C’est de Compiègne que Charles VI partit pour la Flandre; et avant son départ, le 28 octobre, il écrivait une lettre au bailli de Rouen pour presser l’envoi d’une troupe de 100 arbalétriers (Bibl. nat., Portefeuilles Fontanieu, vol. 99-100, fol. 152-156). Les diverses chroniques fournissent des dates différentes pour l’arrivée de Charles VI à Arras. D’après lesSéjours de Charles VI, le roi était les 30 et 31 octobre à Nesle, le 1ernovembre à l’abbaye de Saint-Nicolas d’Arrouaise et le 3 à Arras. Le prince Louis, frère du roi, vint aussi à Arras, mais le conseil décida son éloignement, voulant assurer la succession au trône, au cas où il arriverait malheur au roi (Ist. et chr., t. II, p. 210-211). L’armée royale était forte de 10,000 hommes, sans compter les arbalétriers, les gens de pied, les troupes légères et les valets d’armée (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 188).
[414]C’est à l’abbaye de Saint-Nicolas d’Arrouaise, le 1erou le 2 novembre, que le comte de Flandre «fist hommage au roy de toutes les terres qu’il devait tenir du roy et du royaume» (Ist. et chr., t. II, p. 210). Le comte était du reste arrivé à Arras bien avant Charles VI, puisqu’à la date du 26 octobre il donnait quittance en cette ville à Gilles Basin, son panetier, d’une certaine somme empruntée pour lui (Chr. rimée, p. 106).
[415]D’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 190), le roi, avant de commencer la campagne, fit sommation de déposer les armes et de rentrer dans le devoir à Philippe d’Artevelde, qui refusa. C’est sans doute une allusion à l’échange de correspondances qui eut lieu précédemment entre Philippe et les commissaires royaux.
[416]Nord, arr. de Lille, sur la rive droite de la Lys; la partie belge de la ville est sur la rive gauche.
[417]Nord, arr. d’Hazebrouck, sur la Lys.
[418]Nord, arr. d’Hazebrouck, au confluent de la Lys et de la Lawe.
[419]Nord, arr. d’Hazebrouck, sur la Lys.—Les escarmouches furent nombreuses sur les bords de la Lys (Arch. nat., JJ 126, fol. 144).
[420]Belgique, prov. de Flandre occidentale, sur la Lys.
[421]Cette escarmouche doit se placer au moment où le roi avait déjà quitté Arras. D’après une chronique française (Bibl. nat., fr. 17272, fol. 43 rº), le Hase de Flandre était accompagné de Henri d’Antoing, maréchal du comte, du seigneur de Brugdam et de Guillaume, bâtard de Poitiers, ayant avec eux 120 hommes d’armes. Ils passèrent la Lys et mirent en fuite les Gantois, qui gardaient le pont de Commines; mais, surpris dans leur sommeil par 8,000 Yprois, ils perdirent 56 hommes d’armes et durent se réfugier à Lille auprès du comte.
[422]Sur ce personnage qui, en 1380, devant Péronne, fut fait prisonnier par les Anglais (t. IX, p.CII), voy. Kervyn, t. XXIII, p. 69.
[423]Henri de Duffle était fils de Gauthier de Duffle et d’Élisabeth d’Oosterhout (Kervyn, t. XXI, p. 118).