Chapter 32

CHAPITRE XVII.[1]Le roi, qui était à Arras depuis le commencement de novembre, n’en partit que le 12 (Petit,Séjours de Charles VI, p. 15).[2]C’est le 15 que Charles VI passa par Lens, et le 17 qu’il séjourna à Seclin, où il avait dû arriver le 16 (Ibid., p. 15). LeReligieux de Saint-Denisne fixe qu’une date approximative:post festum omnium sanctorum.[3]Quelque grande qu’ait pu être l’insistance des ambassadeurs gantois qui avaient quitté Londres vers la fin d’octobre, ce ne fut guère qu’après Roosebeke que commencèrent les préparatifs de l’expédition dirigée contre la France, à laquelle le roi d’Angleterre devait primitivement prendre part en personne (Rec. Off.,Early Chanc. Rolls 327, m. 15). A la date du 13 décembre, des lettres de protection sont données aux futurs compagnons de l’évêque de Norwich (Ibid.,French Rolls 327, m. 16, 17 et 18), et Thomas Seyvill et John Orewell sont chargés de retenir, en Devonshire et en Cornouailles, des bateaux pour le transport des troupes; ils doivent aussi empêcher les bateaux flamands stationnant dans les ports anglais de s’éloigner sans permission spéciale (Ibid.,Issue Rolls 306, m. 8, etQueen’s Rem. 39/27); des armes sont achetées en grand nombre et emmagasinées à la Tour de Londres (Ibid.,Lord Treas. Rem., For. Acc., no2).[4]André, seigneur de Rambures, chevalier, figure, en 1380 et 1381, sous les ordres du seigneur de Sempi. De juillet 1381 à mars 1382, il séjourne à la frontière de Flandre. En 1387, nommé capitaine de tout le pays de West-Flandre, il est chargé de la défense de Gravelines, où nous le retrouvons encore en janvier 1389. En janvier 1395, il n’est plus que capitaine de Gravelines (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 2429).[5]L’estimation totale de l’armée royale varie suivant les chroniqueurs. D’accord avec Pierre Cochon (Chron. norm., p. 171), leReligieux de Saint-Denisl’évalue (t. I, p. 188) à 10,000 hommes d’armes, sans compter les arbalétriers, les gens de pied, les troupes légères et les valets d’armée. Une rédaction desIstore et croniques de Flandres(t. II, p. 262-263) attribue à l’avant-garde 2,000 lances, 500 arbalétriers, 400 archers et 600 valets; à la bataille du roi 3,000 chevaliers et écuyers, 200 arbalétriers et 600 archers; à l’arrière-garde, 1,500 lances et 600 valets.[6]C’est à tort que Froissart donne à ce personnage le nom deGuillaume; il s’agit de Jean VI, fils de Jean V, comte d’Harcourt, et de Blanche de Ponthieu.[7]Le seigneur de Fère-en-Tardenois était Gaucher de Châtillon, que nous retrouvons à Roosebeke et qui, en 1394, vendit à Louis d’Orléans sa seigneurie de Fère (P. Anselme, t. VI, p. 125-126).[8]De retour de la campagne, l’oriflamme fut déposée solennellement sur l’autel dans l’église de Saint-Denis, en vertu d’un vœu fait au moment de livrer bataille (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 232).[9]LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 220) parle d’unRenaudle Baveux, chevalier originaire de la Beauce, mortellement blessé à Roosebeke.[10]Chevalier au service du dauphin de Viennois dès 1355, Jean, dit le Baudrain de la Heuse, assiste, comme maréchal de Mgr le duc de Normandie, au siège de Pont-Audemer au commencement de l’année 1357 (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 1522). Nommé amiral de France, il fait partie d’une expédition qui tente de délivrer le roi Jean en 1360 (Chronographia regum Francorum, t. II, p. 291), et, à la fin de l’année, il s’occupe, conjointement avec Jean le Mercier, à faire évacuer les forteresses occupées par les Anglais (Moranvillé,Ét. sur Jean le Mercier, p. 9 et 202). En 1364, il assiste à la bataille de Cocherel (Chronographia, t. II, p. 307), et en 1365 nous le retrouvons mêlé aux négociations nécessitées par la délivrance du roi Jean. Devenu chambellan du roi, capitaine du château de Touques (1371-1388), il prend part, en 1383, à la chevauchée de Flandre (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 1522).[11]Le Borgne de Montdoucet, écuyer d’écurie, qui, durant la chevauchée de Flandre, a porté la bannière du roi, reçoit, à la date du 25 octobre 1383, la somme de 200 francs d’or (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 2012).[12]Hugues de Châlon, «feal cousin» du roi, fut envoyé, en juillet 1384, avec les ducs de Berri et de Bourgogne, assister au traité «de Boulogne» (Bibl. nat.,Pièces orig.650). Il est à remarquer que le duc de Bourgogne ne figure pas parmi les plénipotentiaires français donnés par Rymer. Voy. plus loin, p.XXXVII,note 171.[13]Lopez de Ayala (Cronicas, t. II (1780), p. 164-165) ajoute trois autres noms à cette liste, dont il fait lui-même partie en qualité de «camerero» du roi.[14]Lundi 17 novembre 1382.[15]LesSéjours de Charles VI(p. 15) donnent comme dates d’arrêt à Lille les 18 et 19 novembre.[16]Abbaye cistercienne, située près de Lille. Marquette est aujourd’hui un village appartenant au canton ouest de Lille.[17]Les Flamands qui défendaient le pont étaient nombreux: 8,000 d’après laChronographia(t. III, p. 41), 9,000 d’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 198), 6,000 d’après une rédaction desIstore et croniques de Flandres(t. II, p. 263); ce texte ajoute qu’il y avait aussi des canons et desribaudequins. Quant à Pierre du Bois, il semble bien qu’il ne se trouvait pas tout d’abord préposé à la garde du pont; il ne vint que le lendemain avec ses renforts pour s’opposer à la marche des Français sur Comines (Ist. et cr., t. II, p. 263).[18]Il s’agit ici de cette rivière qui passe à Lille et se jette dans la Lys à Deulemont, et non à Menin, comme semblerait le faire supposer le passage de Froissart. Le confluent est donc en amont et non en aval de Comines.[19]Hervé (et nonHenri) de Mauni, chevalier, seigneur de Torigni, assiste au siège de Gavrai (1378) et figure à Carentan dans une revue (1erjuin 1381). Il est capitaine ordonné au pays de Basse-Normandie en août 1383 (Bibl. nat.,Clair.vol. 72, no5621); il y est encore le 4 octobre 1387, et porte, dans une quittance du 12 mai 1403, le titre de chambellan du roi et de Mgr le duc d’Orléans (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 1896).[20]Nous retrouvons plus tard en Italie Louis d’Enghien, venu au secours du duc d’Anjou après la campagne de Flandre (Chronographia, t. III, p. 69).[21]Il y eut au pont de Comines, d’après d’autres chroniqueurs, non pas seulement une escarmouche, mais une vraie bataille entre les défenseurs du pont et les premiers chevaliers qui passèrent la rivière. Les Flamands perdirent même à cette attaque 3,000 des leurs; c’est pour venger cet échec que le lendemain Pierre du Bois vint avec des troupes fraîches qui, une seconde fois, durent céder devant les Français (Ist. et cr., t. II, p. 212 et 250).[22]Froissart donne à cette nuit la date du 27 novembre; il s’agit du lundi 17.[23]Les chroniqueurs parlent d’unesorcièrequi accompagnait Pierre du Bois et portait son étendard; elle fut tuée dans ce combat (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 200;Ist. et cr., t. II, p. 263); son nom est différent suivant les textes (cf. Kervyn, t. X, p. 472).[24]Ville située sur la Lys, dont la partie nord appartient à la Belgique (Flandre occidentale, arr. d’Ypres), et la partie sud à la France (Nord, arr. de Lille).—C’est le 21 novembre qu’eut lieu le pillage de cette ville (Ist. et cr., t. II, p. 264).[25]Les «prosecutions» des Bretons surtout furent pénibles pour les Flamands (Ist. et cr., t. II, p. 250). Eustache Deschamps fait allusion aux ravages de ces routiers et n’épargne pas non plus les Bourguignons (Œuvres complètes, p. p. laSociété des anciens textes français, t. I, p. 217-218).[26]Le roi d’Angleterre avait cherché à se faire bienvenir de ces ambassadeurs par de très beaux présents; à la date du 14 février 1383, il payait encore une somme de 60 livres 15 sh. à Nicolas Twiford, orfèvre, pour prix de vases dorés offerts aux envoyés gantois (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 13 et 306, m. 14; cf. aussi précédemment t. X, p.LXXIII, n. 3), qui demandaient en échange de leur alliance que l’estaple des laines fût transférée de Calais en Flandre.[27]C’est le jeudi 20 novembre 1382 que Charles VI traverse la Lys (Ist. et cr., t. II, p. 263;Séjours de Charles VI, p. 15) et non le mardi 18 novembre, comme le dit Froissart.[28]Ce personnage est seulement désigné dans les chroniques comme le «capitaine ordonné par les gens de Gand» (Ist. et cr., t. II, p. 179).[29]La soumission d’Ypres n’eut pas lieu sans coup férir, mais à la suite d’un échec que subirent les habitants du fait d’une avant-garde envoyée à la recherche de vivres (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 202). Le 22 novembre, la ville ouvrit ses portes après avoir arboré la bannière fleurdelysée; elle s’engageait à reconnaître le roi pour son seigneur et à se ranger du parti du pape Clément (Ist. et cr., t. II, p. 264-266).[30]L’émeute parisienne fut une des conséquences du soulèvement de Rouen (voy. plus bas,note 33); «quant cheus de Paris ourent nouvelles que cheulz de Rouen s’estoient revellés, il en ourent grant joye pour ce qu’il avoient commenchié» (Chr. norm. de Pierre Cochon, p. 169).[31]Nicolas le Flamand, marchand drapier, était fournisseur du roi et du duc de Bourgogne (Moranvillé,Ét. sur Jean le Mercier, p. 88, note 1); déjà compromis comme partisan d’Étienne Marcel, il avait obtenu des lettres de rémission.[32]Une lettre de rémission du 28 septembre 1384 est accordée à un homme qui, à Orléans, a pris part à une rébellion «pour contredire les aides ordenées pour le fait de noz guerres» (Arch. nat., JJ 125, fol. 114).[33]C’est en juin 1382, d’après laChronique de Pierre Cochon(p. 168), le 1eraoût, d’après laChronique des Quatre Valois(p. 304), qu’une nouvelle émeute, succédant à celle qui avait pris fin en avril, s’éleva à Rouen à propos des impôts sur les draps et sur les boissons. Elle s’apaisa bientôt grâce à l’intervention du maréchal de Blainville et de Guillaume de Bellengues, capitaine de la ville et chambellan du roi.[34]C’est le 22 novembre que Cassel se rend (Ist. et cr., t. II, p. 264).[35]Poperinghe fut pillée le 22 par les gens du duc de Bourbon, qui tuèrent plus de 4,000 ennemis et emportèrent un grand butin (Cabaret d’Orville,Chron. du bon duc Loys de Bourbon, p. 170).[36]Messines fut pillée le 21 novembre (Ist. et cr., t. II, p. 264).[37]D’après une famille de mss., le roi n’entra pas dans Ypres, et se contenta de camper en face de la ville.[38]Les comptes de la ville de Gand nous apprennent que Philippe d’Artevelde était depuis le 25 octobre à Edelaere, où il était encore le 19 novembre; le 22, il était à Courtrai (De Rekeningen der Stad Gent, p. 334-335). C’est donc à tort qu’un peu plus loin Froissart se demande pourquoi Philippe ne reste pas à Audenarde.[39]Cette recommandation se retrouve aussi dans leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 206).[40]Les chiffres donnés par les différents chroniqueurs varient: 60,000 hommes dans laChronographia(t. III, p. 43); 50,000 à 60,000 dans lePetit Thalamus(p. 406); 40,000 dans laChronique de Pierre Cochon(p. 171), dans laChronique du bon duc Loys de Bourbon(p. 170), dans Eustache Deschamps (t. III, p. 69) et dans une rédaction d’une Chronique de Flandre (Ist. et cr., t. II, p. 267); 30,000 dans une autre version (Ibid.t. II, p. 180), «gens de commugnes et mal ordonnées.»[41]Le duc de Berri était arrivé le 25 (Ist. et cr., t. II, p. 266). La présence à l’armée de Louis, frère du roi, alors comte de Valois, n’est mentionnée que par leReligieux de Saint-Denis. Ce prince avait été renvoyé en Picardie, soit à Péronne (Chronographia, t. III, p. 44, note 1), soit à Mondidier (Ist. et cr., t. II, p. 210-211). Voy. Jarry,la Vie politique de Louis de France, duc d’Orléans, p. 20-21.[42]LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 210) parle de 12 éclaireurs français connaissant le flamand, commandés par Guillaume de Langres.[43]L’armée française était forte de 12,000 hommes (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 210); de 10,000 gens d’armes d’après laChronique de Pierre Cochon(p. 171).[44]Une rédaction desChroniques de Flandre(Ist. et cr., t. II, p. 180-181) énumère dans l’armée du roi: 3 ducs, 21 comtes, 100 doubles chevaliers bannerets, 2,000 autres et 6,000 écuyers.[45]La question du schisme joua dans cette campagne de Flandre un rôle plus grand que les récits des chroniqueurs ne le laissent supposer. C’est ainsi que le comte de Flandre, partisan du pape Urbain, fut toujours tenu à l’écart par les chevaliers français, qui refusèrent de combattre avec ses gens en raison de leur croyance religieuse (Ist. et cr., t. II, p. 215). On avait même défendu de parler flamand dans l’armée royale (Meyer, fol. 188 vo).[46]Ce furent les Bretons et les Picards qui entrèrent les premiers en bataille (Ist. et cr., t. II, p. 180).[47]A ces noms il faut ajouter, d’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 220), ceux de Jean Brides, du seigneur de Bavai et de Renaud (lisezRobert) le Baveux.[48]Meyer (fol. 190 vo) dit que Philippe d’Artevelde fut tué au milieu des siens «cum Jacobo Divite et Johanne Hermanno aliisque tribunis suis.»[49]LaChronique du bon duc Loys de Bourbonsignale le rôle brillant du sire de Couci et du duc de Bourbon (p. 171-174).[50]Les pertes des Flamands furent très nombreuses; elles varient suivant les chroniqueurs: 26,000 hommes (Ist. et cr., t. II, p. 180 et 216); 25,000 (Deschamps, t. III, p. 70;Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 220), sans compter les fuyards; 24,000 (Chr. de Pierre Cochon, p. 172); de 24,000 à 30,000 (Petit Thalamus, p. 406); 20,000 (Chronographia, t. III, p. 45); plus de 18,000 (Chr. des Quatre Valois, p. 306); de 16 à 18,000 (Chr. du bon duc Loys de Bourbon, p. 173).—Les Français furent beaucoup moins éprouvés; leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 220) parle de 7 chevaliers et 44 hommes d’armes; lesChroniques de Flandre(Ist. et cr., t. II, p. 216) donnent le chiffre de 100 hommes, dont 2 ou 3 chevaliers.[51]LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 220) cite, au lieu de ce nom, ceux d’Antoineet deGuide Cousan; ce dernier est seul mentionné dans laChronique du bon duc Loys de Bourbon(p. 172).[52]Après la bataille, le comte de Flandre vint remercier le roi, qui le reçut mal et lui reprocha d’avoir souvent fait alliance avec ses ennemis (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 224-226).[53]On lit dans une chronique de Flandre: «De le desconfiture des Flamens fu le nuyt li fais sceus au siege d’Audenarde par les fuians qui escapperent; dont chil qui le siege tenoient furent tres dolant, et se deslogierent la nuyt moult en grant haste, et laissierent moult de leurs tentes et d’autres coses, et yssirent aucun chevalier et saudoyer d’Audenarde qui, en poursuiant les Flamens, en tuerent et noierent pluiseurs; et li aultre en rallerent a Gant dire la nouvelle» (Ist. et cr., t. II, p. 216).[54]Dès le lendemain de la bataille le roi est à Thourout. C’est là que, le 29 novembre, il reçoit les députés de la ville de Bruges, accompagnés de deux Cordeliers (Ist. et cr., t. II, p. 267).[55]Le 11 juillet 1302, Robert d’Artois, commandant les Français, fut vaincu et tué par les Flamands à la bataille de Courtrai, ainsi qu’un grand nombre de chevaliers dont les éperons furent suspendus comme trophées dans une chapelle de l’église Notre-Dame de Courtrai (Ist. et cr., t. II, p. 218).[56]C’est le 30 novembre, à Thourout, que le roi prit à merci la ville de Bruges, qui reconnaissait le pape Clément et renonçait à l’alliance anglaise, se soumettant à l’autorité du roi et du comte de Flandre. La ville s’engageait de plus à payer en deux termes la somme de 120,000 francs d’or (Extrait duSeptième Cartulaire de France, déposé aux Archives de Lille, publié par Le Glay,Chronique rimée, p. 106-109, et par Kervyn, t. X, p. 484-486).[57]Walsingham prétend (t. I, p. 81) qu’à la prise de Bruges les biens seuls des marchands anglais furent pillés et confisqués au profit du roi de France.[58]Nous avons déjà eu occasion de parler du différend existant entre la ville de Valenciennes et Thierri de Dixmude, à propos du meurtre de son écuyer Daniel d’Usse (t. X, p.XVIII, note 1); Kervyn a cité de nombreux documents relatifs à cette affaire (t. X, p. 491-494).[59]Dès le 30 novembre, étant à Roulers, le roi écrivit aux Gantois pour leur proposer sa médiation entre eux et le comte de Flandre. On était tellement sûr que cette proposition serait acceptée et que Gand suivrait l’exemple des autres villes, qu’Eustache Deschamps, dans la ballade qu’il composa après la bataille de Roosebeke, escompte déjà cette soumission (Œuvres complètes, t. III, p. 70). La réponse des Gantois, datée du 3 décembre, parvint au roi à Courtrai, où il était entré le 1er. Les Gantois demandaient un sauf-conduit pour trente-deux personnes, ce qui leur fut accordé. Le roi demandait la reconnaissance du pape Clément et une somme de 300,000 francs (Ist. et cr., t. II, p. 269-271). Les négociations eurent lieu à Courtrai du 7 au 17 décembre (Rekeningen, p. 333-334), mais elles traînèrent en longueur, et, chassé par le mauvais temps, Charles VI quitta Courtrai le 18 pour aller à Tournai.[60]Une des causes les plus réelles du retard des Anglais à intervenir dans les affaires de Flandre à cette époque fut la réclamation que faisaient les Gantois d’une somme de 200,000 écus, dont a déjà parlé Froissart (t. X, p. 269). C’est ce que dit très explicitement un passage de notre tome XI qui ne se trouve que dans quelques manuscrits (p. 343). On y lit, en effet, que l’alliance eût été vite conclue «se n’eust esté la somme de deniers qu’ilz demandoyent ausdiz Angloiz.» Les pourparlers n’en continuèrent pas moins, mais, après la bataille de Roosebeke, les négociateurs anglais «furent si esbaïz et si troublez de celle soudaine aventure non esperée, qu’ilz s’en retournerent en Angleterre, sens plus lors proceder sur celle matiere.»[61]François Ackerman retourna, non pas à Gand, comme le dit Froissart, mais en Angleterre où, le 20 janvier 1383, nous voyons l’amiral anglais Jean de la Roche recevoir des instructions «pro certis negociis tangentibus tractatum faciendum cumadmirallo fflote Flandrie,» c’est-à-dire Fr. Ackerman, qui portait ce titre d’amiral de la flotte flamande (Rec. off.,Issue Rolls 199, m. 11, et 306, m. 11).[62]Le pillage et l’incendie de Courtrai furent choses épouvantables, malgré l’intervention du duc de Bourgogne (Chr. du bon duc L. de B., p. 175); presque toute la ville fut détruite (Ist. et cr., t. II, p. 181, etRelig. de Saint-Denis, t. I, p. 230). Par contre, d’après Meyer (fol. 191), la ville se racheta en payant «pro Britonum stipendiis centum et viginti milia francorum aureorum.»[63]C’est le 18 décembre que le roi arriva à Tournai, où il était encore le 28.[64]D’après les actes de soumission des différentes villes, à l’exception de Gand toujours rebelle, la Flandre s’était engagée à suivre l’obédience du pape Clément (Ist. et cr., t. II, p. 217 et 267); les Brugeois seuls semblent s’être soumis à cette obligation (Valois,La France et le grand schisme d’Occident, t. I, p. 361).[65]Les prisonniers, rançonnés à Tournai par le comte de Saint-Pol, pour cause d’adhésion au pape Urbain, furent nombreux (Ist. et cr., t. II, p. 182).[66]Comme il l’avait déjà fait à Courtrai, le 17 décembre, en récompensant Gui de Boncourt (Arch. nat., JJ 122, fol. 11), le roi ne quitta pas Tournai sans faire quelques confiscations, dont profitèrent entre autres, à la date du 24, Guillaume de Mareuil et Guillaume de Neilhac, pour leur conduite à Roosebeke (Ibid., JJ 121, fol. 172).[67]D’après lesSéjours de Ch. VI, le roi était encore le 28 décembre à Tournai et se trouvait le 31 à Péronne, où l’attendait son frère Louis (Ist. et cr., t. II, p. 218); c’est donc le 29 ou le 30 qu’il faut placer son arrivée à Arras.[68]Très attristé par la destruction de Courtrai (Ist. et cr., t. II, p. 218) et par les humiliations nombreuses dont il avait été victime au cours de la campagne, le comte de Flandre n’avait pas attendu la fin du mois pour prendre congé du roi. Une première fois, le 6 décembre, nous le trouvons à Harlebeke, où il récompense le seigneur de Sempi par le don des biens du prévôt de Notre-Dame de Bruges; le 26, il est définitivement de retour à Lille, où nous le voyons octroyer, comme récompenses de services rendus, 10,000 francs au connétable de Clisson, 3,000 à l’amiral Jean de Vienne et à Gui de la Trémoïlle, 1,000 à Enguerran d’Eudin et à Anseau de Salins, et 500 à Gui de Pontallier (Extr. duSeptième cartulaire de Flandre, publié par Le Glay, dansChr. rimée, p. 109-110).CHAPITRE XVIII[69]A Péronne, le 31 décembre 1382, à Noyon, le 1erjanvier 1383, à Compiègne, du 2 au 7 (Séjours de Ch. VI, p. 16), le roi est accueilli par toute la Picardie avec joie et respect (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 232). C’est à Compiègne, le 7 janvier, que l’on retire le grand sceau au chancelier de France, Milon de Dormans, évêque de Beauvais (Ist. et cr., t. II, p. 272), qui ne fut remplacé définitivement que le 10 juillet par Pierre de Giac, aux gages de 2,000 livres par an (Bibl. nat.,Clair.vol. 53, no3999). L’évêque de Laon, Arnaut de Corbie, et MePhilippe de Moulins furent chargés de l’intérim.[70]Le roi est à Senlis, le 8 janvier; il couche le lendemain à Louvres.[71]Pour effrayer les Parisiens, le roi «avoit retenu en Franche grant quantité de gent d’armes qui, avec lui, estoient revenu du pays de Flandres, et les faisoit vivre et gouverner sur les marches près» (Ist. et cr., t. II, p. 219).[72]Le texte de Froissart, tel que nous l’avons corrigé en y introduisantEstrées-Saint-Denis, montre que les troupes s’étaient échelonnées sur le chemin suivi par le roi; une autre partie était descendue entre la Marne et la Seine.[73]Il semble préférable d’adopter ici la leçon de certains mss. qui ajoutententre la rivière de Marne et la rivière de Seine(voy.p. 348).[74]C’est à Saint-Denis, et non au Bourget, que le roi coucha le 10 janvier, veille de son entrée à Paris. Il se rendit solennellement à l’abbaye et remercia Dieu de sa victoire (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 232).[75]LaChronique du bon duc Loys de Bourbon(p. 176) dit que le roi «avoit 18,000 harnois contre lui;» laChronique des Quatre Valois(p. 308) parle seulement de 1,500 h. d’armes «rengiés en ordonnance.»[76]D’après laChronographia(t. III, p. 47), le connétable de France et le maréchal de Sancerre précédèrent le roi de deux jours.[77]Le 10 au soir, le prévôt des marchands vint assurer le roi des bonnes dispositions de la population (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 234). Le lendemain, il venait au-devant du roi avec les échevins et lui souhaitait la bienvenue (Chronographia, t. III, p. 47).[78]Le roi entra le 11 janvier dans Paris avec une nombreuse escorte, 12,000 hommes d’après laChronographia(t. III, p. 47), et alla jusqu’à Notre-Dame (Ist. et cr., t. II, p. 273). S’il fallait croire laChr. du bon duc L. de B.(p. 176-178), le duc de Bourbon serait entré le premier avec 800 hommes d’armes, «pour ce qu’il estoit amé de ceulx de la ville;» il se serait chargé du guet et aurait présidé au désarmement des Parisiens.[79]Les portes furent brûlées et les chaînes portées à Vincennes (Ist. et cr., t. II, p. 274).[80]Aussitôt l’entrée du roi, eurent lieu des arrestations et des exécutions; c’est ainsi que furent emprisonnés, dès le 11, plus de 300 bourgeois (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 236), 1,000 peut-être (Ist. et cr., t. II, p. 219), parmi lesquels Jean des Marès (Ibid., p. 273), Guillaume de Sens, Jean Filleul (Chronographia, t. III, p. 48), Jacques du Châtel, Martin le Double, Jean le Flamand, Jean le Noble et Jean de Vaudetar (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 236; voy. aussi Moranvillé,Étude sur J. le Mercier, p. 88, note 1). Le 12, on décapita deux drapiers, Aubert de Dampierre et Guillaume Rousseau, ainsi qu’un orfèvre, Henri de Pons, tous trois arrêtés avant l’arrivée du roi. Le 24, on décapita huit autres bourgeois; le 31, Jean Maillard, marchand, et six autres notables furent encore exécutés (Ist. et cr., t. II, p. 273-276), malgré les supplications des bourgeoises de Paris, venues, «toutes vestues de noir, pour requerir et avoir pardon et mercy de leurs maris» (Chr. des Quatre Valois, p. 309), et les prières de la duchesse d’Orléans et du recteur de l’Université de Paris (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 238).[81]On reconnut bientôt d’après l’avis de «ceulx des finances qu’il valoit mieulx que le roi fist une composicion pour la despence qu’il ot faite en Flandres que plus proceder oultre en cas criminel» (Chr. du bon duc L. de B., p. 178). Aussi, dès le mois de février, plusieurs inculpés «furent mis a composicion d’argent» (Ist. et cr., t. II, p. 276;Chronographia, t. III, p. 50).[82]Le montant des amendes, tout à fait inestimable, au dire de laChronographia(t. III, p. 50), s’éleva seulement à 200,000 francs d’or d’après Cabaret d’Orville (Chr. du bon duc L. de B., p. 179).[83]C’est le 12 que les maillets et les armures furent rendus (Ist. et cr., t. II, p. 273); ils durent être portés soit au Louvre, soit au Palais: il y en avait assez pour armer 80,000 hommes (Relig. de Saint-Denis, t. 1, p. 238). Le roi de plus, pour prévenir toute nouvelle rébellion, se hâta de mettre en état la bastide Saint-Antoine et construisit celle du Louvre (Ist. et cr., t. II, p. 274).[84]Les impôts rétablis le 20 janvier, furent les 12 deniers par livre de denrées, la gabelle de 20 francs par muid de sel et le huitième pour le vin vendu au détail (Ist. et cr., t. II, p. 275). Une ordonnance royale du 27 janvier (Rec. des ordonn., t. VI, p. 685) supprima de plus la prévôté des marchands, dont le titulaire, Jean de Fleuri, dut rendre les sceaux; ses fonctions furent attribuées au prévôt de Paris. On supprima aussi les quarteniers, cinquanteniers et dizainiers de la ville (Ist. et cr., t. II, p. 276). Voy. l’article de M. L. Mancest Batifol, dans laBibl. de l’Éc. des chartes(t. LII, p. 269-284). Le roi revenait ainsi, et au delà, sur les concessions qu’il avait été obligé d’accorder aux Parisiens après la révolte des Maillotins en 1382; il les punissait en même temps de l’alliance qu’ils avaient voulu se ménager avec les rebelles de Flandre, dont on avait eu la preuve dans une lettre saisie à Courtrai (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 230).[85]Les plaintes sont nombreuses à cette époque contre les routiers revenant des guerres de Flandre et pillant sur leur passage. Nous en trouvons mention à Villedieu (Arch. nat., JJ 145, fol. 169), à Noyon (Ibid., JJ 149, fol. 67 vo), à Crépi-en-Laonnais (Ibid., JJ 150, fol. 150 vo).[86]Arrêté dès le 11 janvier, Jean des Marès fut réclamé, comme clerc, par l’officialité de l’évêque de Paris. Mais les ducs de Berri et de Bourgogne hâtèrent le jugement (Ist. et cr., t. II, p. 276-277), qui fut rendu sans que l’inculpé eût pu être «ouy dans ses excusacions» (Chr. des Quatre Valois, p. 310). Jean des Marès fut décapité le 28 février 1383. Dès le lendemain, le roi, accompagné de ses oncles, convoque dans la cour du Palais les bourgeois de Paris, qui s’y présentent «sans chapperons» (Chr. des Quatre Valois, p. 310). Pierre d’Orgemont leur reproche toutes leurs rébellions passées; le roi leur pardonne, mais vingt d’entre eux, «a prendre à la volonté du roi» (Ibid., p. 311), seront rançonnés (Ist. et cr., t. II, p. 278-280;Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 246-248). Ceux qui n’ont pas répondu à l’appel du roi et ne sont pas rentrés à Paris sont exilés et privés de leurs biens (Chronographia, t. III, p. 51).[87]C’est le 19 janvier que fut exécuté Nicolas le Flamand (Ist. et cr., t. II, p. 275).[88]Rouen fut la première ville de Normandie que le roi voulut châtier après la soumission de Paris. Une commission fut nommée à cet effet, composée de Jean Pastourel, président de la Chambre des comptes et de Jean le Mercier, auxquels on adjoignit l’amiral Jean de Vienne (Relig. de Saint-Denis, t. II, p. 250), qui, à la date du 27 janvier, figure à Paris dans unemontreavec dix-sept chevaliers et quatre-vingt-deux écuyers de sa compagnie (Terrier de Loray,Jean de Vienne, p.CCVI), et, le 3 mars, reçoit 2,000 francs à prendre sur les confiscations faites en Normandie (Ibid., p.LXXV). La commission comprenait en outre Nicolas Painel, Étienne du Moustier et Robert Thoroude (Moranvillé,Ét. sur J. le Mercier, p. 90). Cette commission fit arrêter trois cents notables de la ville, dont une partie furent mis à mort après Pâques (22 mars) et dont le plus grand nombre se rachetèrent. Une somme de 60,000 livres tournois fut de plus exigée des habitants (Ibid., p. 91).—Dans les autres villes de Normandie, notamment à Caen et à Falaise, les mêmes réformateurs «firent de grans justices» (Fragm. d’une chronique inédite, publiés par L. Delisle, 1895, p. 10). En date du 29 avril, une lettre de rémission est accordée à la ville de Caen (Arch. nat., JJ 123, fol. 52 vo) pour lesexcèscommis; en 1382, cette ville avait refusé d’envoyer 30 arbalétriers au roi (Ibid., fol. 47).[89]La révolte des habitants de Reims fut une des premières à éclater; au commencement de la campagne de Flandre, ils arrêtèrent le maréchal de Bourgogne, Gui de Pontallier, qui se rendait dans le nord avec ses hommes d’armes (Kervyn, t. X, p. 474). Au 15 février 1383, le roi nomma, pour informer sur les excès de la province de Reims, des commissaires parmi lesquels se trouvent le comte de Sancerre, Tristan du Bos, maître des requêtes de l’hôtel, Gilles Gallois, général conseiller des aides, Jean de Montaigu et Regnault de la Chapelle, trésorier (Arch. nat., JJ 123, fol. 47 vo).[90]Le roi part de Vincennes le 7 avril, arrive à Chartres, pour s’acquitter d’un vœu de pèlerinage; après son départ, le 26, ont lieu des «assemblées des gens du roi;» le 16, il est à Orléans (Chronographia, t. III, p. 52, note 1). Il fait abattre les portes et détruire les chaînes de la ville; quelques rebelles sont décapités (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 260).[91]Cabaret d’Orville fait allusion au licenciement des hommes d’armes (Chr. du bon duc L. de B., p. 179).[92]Le 11 avril, une nouvelle taxe fut établie pour un an à Paris sur laqueuede vin vendue en gros. Elle était destinée à réparer la ville (Chronographia, t. III, p. 52). LaChronique de Pierre Cochon(p. 170) parle d’une amende de 80,000 livres, dont 12,000 étaient destinées au roi; 8,000 à la ville de Paris; 60,000 aux autres villes.CHAPITRE XIX[93]En janvier 1383, le comte de Flandre, qui hésitait toujours à reconnaître le pape Clément, fit une dernière tentative de rapprochement avec les Gantois, qui ne put aboutir à la paix. Il voulut alors empêcher les Gantois d’agir et leur couper les vivres en occupant les passages de Courtrai, d’Audenarde, de Termonde, de l’Écluse et d’Ardembourg. Les Gantois, secrètement encouragés par le roi d’Angleterre (Meyer, fol. 192 vo), lui répondirent par la prise d’Ardembourg à la fin de janvier (Ist. et cr., t. II, p. 220-221 et 254).[94]Du 1erjanvier à la fin de juillet, treize marchands de Gand et de Bruges sont à Londres pour traiter de l’alliance avec le roi d’Angleterre (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 14; 201, m. 5, 6, 11, 14; 306, m. 15). Au mois de février, nous y trouvons mêlé un clerc de la chancellerie anglaise, Thomas Stanley (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 13, et 306, m. 13). Les Gantois, pour s’assurer la protection des prélats anglais prétendaient que le comte de Flandre était devenu partisan du pape Clément (Ist. et cr., t. II, 292-293, 306-307) et s’offraient à reconnaître le roi Richard pour leur seigneur (Walsingham, t. II, p. 71).[95]François Ackerman faisait partie de la mission gantoise et portait toujours le titre d’amiral de Flandre. Il était venu de Londres à Sandwich le 4 février, avec Jean Phelippot et quatre autres députés flamands pour retenir des bateaux destinés à passer en Flandre (Rec. Off.,Issue Rolls306, m. 18). Au 1ermai, il commandait neuf gros bateaux flamands et touchait pour ses gages et ceux de trente-six hommes d’armes, du 25 mars au 25 mai, 52 livres; il touchait de plus pour les gages de ses marins, du 26 mars au 9 mai, 130 livres 13 sols 11 deniers (Ibid., 307, m. 4); il touchait le 8 juillet, pour ses gages du 10 mai au 18 juin, 40 livres; pour ceux de ses marins, 125 livres (Ibid., 201, m. 11). A la date du 8 janvier 1384, Fr. Ackerman,écuyerde Flandre, touche un acompte sur sa pension viagère de 200 florins (Ibid., 203, m. 13).[96]Le comte essaie de se disculper auprès du roi d’Angleterre en lui envoyant des ambassadeurs (Ist. et cr., t. II, p. 306). Il se hâte de se faire remettre (20 février 1383) les chartes de privilèges des villes soumises (Chr. rimée, publiée par Le Glay, p. 112-143).[97]La croisade fut annoncée en plein Parlement, et le 6 décembre 1382 eut lieu la publication des bulles venues de Rome (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 226). Par ces bulles, l’évêque de Norwich, Henri le Dépensier, qui devait porter le titre de député et envoyé spécial du pape Urbain «in cruciata contra antipapam et scismaticos sibi adherentes et favorantes» (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 6), avait pleins pouvoirs d’indulgences et d’excommunications (Walsingham, t. II, p. 71-77). «A ses bulles le pape avait joint l’octroi d’un décime à lever sur l’Église» (Wallon,Richard II, t. I, p. 145).[98]Avant d’entreprendre une nouvelle campagne en Espagne, d’assez longs pourparlers de paix eurent lieu entre le roi d’Angleterre, d’une part, et, de l’autre, le roi de Navarre et celui «qui se dicit regem Hispaniæ.» Les négociations duraient encore en juillet 1383 (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 13, 14; 201, m. 1, 2, 14; 306, m. 14; 307, m. 1;Exch.,Queen’s Remembr.,Nuncii, bundle 319, no8).[99]En date du 13 février, Jean Cabeca de Vaca, évêque de Coïmbre, venu à Londres en ambassade, reçoit des présents du roi (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 13 et 306, m. 14). Quelques jours plus tard, il repart (Ibid.,French Rolls327, m. 14). Le 9 juin, départ d’un nouveau messager du roi de Portugal, Alfonso Ruys, de Cordua (Ibid.,Early Chanc. Rolls327, m. 3).[100]Froissart appelle à tort cet évêqueThomas.[101]D’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 258), l’armée anglaise se composait de 800 hommes d’armes, sans compter les archers et les hommes de pied. LaChronographia(t. III, p. 53) parle de 12,000 hommes; lesChroniques de Flandre(Ist. et cr., t. II, p. 291) de 8,000 combattants. L’évêque de Norwich avait à saretenuepersonnelle 2,500 hommes d’armes et 2,500 archers (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 6).[102]L’évêque de Norwich devait assurer l’entrée en jouissance de leurs revenus aux religieux et aux bénéficiers qui participaient à l’expédition (Valois,La France et le grand schisme d’Occident, t. II, p. 225).[103]Les 17 et 18 mars, des bateaux sont retenus (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 17, et 306, m. 17 et 18;French Rolls327, m. 9) et des armes achetées (Ibid.,Issue Rolls199, m. 16; 306, m. 17); les préparatifs continuent pendant tout le carême (Walsingham, t. II, p. 85), après le mandement que l’évêque a adressé aux clercs.[104]Le 23 avril eut lieu à Londres le conseil du roi (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 16) qui chargea Thomas Credy et William Howelot d’aller à Sandwich surveiller l’embarquement de l’évêque de Norwich (Ibid., 201, m. 16). Ce n’est que le 17 mai que la flotte anglaise toucha Calais (Ist. et cr., t. II, p. 291); aussitôt son arrivée, l’évêque de Norwich envoya à Londres un messager (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 6).[105]Cette date n’est pas acceptable, car on a vu plus haut que l’évêque de Norwich n’est arrivé à Calais que le 17 mai.[106]Jean Vilain, le 10 juillet 1379, avait été retenu au service du roi d’Angleterre (Kervyn, t. IX, p. 516).[107]Le nom de Jean Sporkin figure dans l’Armorial du Héraut Gueldre, tout proche du sire de Vilain (Kervyn, t. XXIII, p. 471).[108]Nord, arr. et cant. de Dunkerque.[109]Jean Drayton fut nommé gardien des trêves avec Guillaume de Beauchamp, capitaine de Calais, pour les parties de Picardie et de Flandre, le 26 janvier 1384 (Rymer, t. VII, p. 420 et 422).[110]Parmi ces troupes figuraient les contingents de Furnes, de Bergues, du Franc de Bruges, d’Ypres, ainsi que les gens d’armes que le comte avait mis en garnison à Dixmude (Ist. et cr., t. II, p. 285 et 307).[111]La bataille eut lieu entre Furnes et Berghes, le 25 mai, jour de la Saint-Urbain, patron du pape reconnu par les Anglais (Ist. et cr., t. II, p. 286 et 291). Les Flamands perdirent de 14,000 à 15,000 des leurs (Chronographia, t. III, p. 53;Chr. des Quatre Valois, p. 311); c’était la Flandre ouverte aux Anglais (Ist. et cr., t. II, p. 293).[112]Avant d’arriver à Bourbourg, les Anglais avaient reçu la soumission des villes de Furnes, de Nieuport et de Bergues, dont Froissart ne parle pas (Ist. et cr., t. II, p. 283 et 286).[113]Nord, arr. de Dunkerque.[114]Jean de Béthune, dit de Loques, sert en Picardie durant l’année 1381 sous les ordres du sire de Couci. Nous le retrouvons à Paris le 17 septembre 1410 recevant ses gages et ceux de six autres chevaliers, douze écuyers et vingt archers (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 326). Il fut tué à Azincourt.[115]Il s’agit sans doute ici de Lancelot de Clari, célèbre par son duel à Calais, en juillet 1383, contre Pierre de Courtenai, que leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 392) et Froissart (Kervyn, t. XIV, p. 49) placent à une autre date; cf. Moranvillé, dansChronographia(t. III, p. 54, n. 2 et 55, n. 3).[116]Jean de Canni figure dans une revue passée à Paris, le 21 septembre 1410 (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 587).[117]Nord, arr. d’Hazebrouck.[118]Les Anglais étaient à Poperinghe, qu’ils pillèrent, le 9 juin 1383 (Ist. et cr., t. II, p. 294). Peut-être est-ce à cette date «deux mois avant que nous allissions au pays de Flandres,» qu’il faut placer l’apparition de routiers anglais devant Blaringham (Arch. nat., JJ 122, fol. 87 vo).[119]Ce fut le 5 juin que l’armée anglaise rejoignit, sous les murs d’Ypres, les Gantois qui l’attendaient au nombre de 2,000 (Ist. et cr., t. II, p. 281-82, 288). Froissart dit, au contraire, que les forces gantoises ne vinrent à Ypres qu’après l’arrivée des Anglais. Le succès des Anglais avait déterminé en Angleterre un nouveau départ de combattants qui rejoignirent sous Ypres le gros de l’armée (Walsingham, t. II, p. 95), ce qui porta les forces de l’armée assiégeante à 30,000 Gantois et 60,000 Anglais.[120]Pierre van der Zipe fut nommé chevalier avec sept autres hommes d’armes pendant le siège de la ville (Ist. et cr., t. II, p. 290 et 320).[121]Le châtelain d’Ypres était Jean d’Outre (Ist. et cr., t. II, p. 290 et 320), qui figure plus tard aux obsèques du comte de Flandre.[122]Les montres où figurent des Bretons sont nombreuses en l’année 1383. Voy.Mémoires pour servir de preuves à l’histoire de Bretagnede dom Morice, t. II, col. 436 et suiv.[123]Le siège d’Ypres ne commença que le 10 juin 1383; les habitants s’y attendaient depuis longtemps et avaient fait des provisions pour quatre mois; ils s’étaient même procuré du salpêtre à Paris. Une première tentative faite par les Anglais, le 10 et le 11 juin à la Bueter-poorte, puis à la Tempel-poorte, ne réussit pas. Les Anglais s’établirent alors dans les faubourgs qui avaient été évacués et occupèrent, le 13, la paroisse Saint-Michel. Les Gantois, leurs alliés, se fortifièrent entre les quartiers Notre-Dame et Saint-Jean, coupèrent les conduites d’eau alimentant la ville et comblèrent les fossés, en se faisant aider de force par les gens du Franc et par les habitants restés dans les faubourgs. Le 24 juin, jour de la Saint-Jean, les ponts sont prêts à livrer passage aux assiégeants, qui sont repoussés après de fortes pertes (Ist. et cr., t. II, p. 288-289, 293-299).[124]LeGallia christiana(t. III, col. 899-900) fait allusion à l’intervention infructueuse de l’évêque de Liège, qui aurait été trouverle roid’Angleterre sous les murs d’Ypres.[125]Craignant l’intervention armée du roi de France, les Gantois avaient essayé, d’un autre côté, de négocier avec lui, sans y réussir (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 266). C’est alors qu’une nouvelle ambassade de sept marchands s’était rendue à Londres, où nous la voyons séjourner du 7 août au 30 décembre 1383 (Rec. Off.,Issue Rolls203, m. 12 et 14).[126]Le duc de Bourgogne fut à Compiègne avec le roi du 9 au 13 août 1383.[127]Dès le mois de juin, Jean de Vienne avait été envoyé dans le nord (Jean de Vienne, p.CCIX-CCX); nous le trouvons à Béthune au service du roi, à la fin du mois (Arch. nat., JJ 123, fol. 104 vo) et en juillet (Bibl. nat.,Clair.vol. 24, no1767). En date du 28 et du 30 juin, la convocation de l’arrière-ban, pour aller au siège d’Ypres, était faite en Normandie (Mus. Brit.,Add. chart.3345 et 6749). L’armée royale devait être réunie à Arras le 22 août (Ist. et cr., t. II, p. 332); les approvisionnements étaient assurés par Nicolas Boulard (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 264).[128]Dans cette expédition, Jean Sans-Terre, bâtard de Flandre, fut fait prisonnier ainsi que Lamsin le Maréchal, et dut payer rançon à la ville d’Ypres (Ist. et cr., t. II, p. 299-300). Quelques mois plus tard (Arras, 22 et 27 novembre 1383), Jean Sans-Terre recevait de son père, le comte de Flandre, les château, maison et fief de Dringham, confisqués sur le rebelle Jean de Scheurvelde, héritier de Jacques de Dringham et les biens confisqués de Robert de Wisen (Chr. rimée, publiée par Le Glay, p. 147).[129]Au mois de juillet, l’évêque de Norwich (l’évêque de Lincoln, d’après une autre rédaction), essaie d’entamer des négociations pour amener les Yprois à ouvrirleursportes. Après une dernière entrevue où figurent quatre prélats, quatre chevaliers et quatre bourgeois envoyés par la ville, les pourparlers sont rompus le 30 juillet et l’évêque excommunie la ville. Aussitôt les attaques des Anglais recommencent: le 3 août, assaut repoussé. Le 5, nouvel assaut, avec des maisons roulantes; victoire des Yprois; Jean de Reym est tué. Le 7, nouvelle escarmouche. Le 8, grosse attaque où les habitants sont encore vainqueurs (Ist. et cr., t. II, p. 289-290, 300-305). C’est à propos d’un de ces assauts que Froissart parle denouveauxchevaliers; dans lesChroniques de Flandre, il est parlé de huit chevaliers (voy. plus haut, p.XXVII,n. 20).[130]Le roi, qui a pris l’oriflamme à Saint-Denis le 2 août (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 266), avant de se rendre à Compiègne, où il séjourne jusqu’au 12, arrive à Arras le 20. Les chroniqueurs varient beaucoup dans l’évaluation de son armée qui est longuement énumérée dans lesChroniques de Flandre(t. II, p. 324-327, 332-334, 342): 200,000 hommes, dont 20,000 chevaliers, dans Meyer (fol. 196 vo); 16,000 chevaliers et écuyers dans leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 262); 22,000 hommes dans laChronographia(t. III, p. 57); 50,000 chevaux dans laChronique de Pierre Cochon(p. 174). Les Anglais avaient 10,000 combattants et 8,000 archers (Chronographia, t. III, p. 58).[131]C’est le 10 août, jour de la Saint-Laurent (le 8 août, d’après Meyer, fol. 196 vo), après neuf semaines de siège, que les Anglais, découragés par leurs échecs successifs et apprenant la venue de l’armée française, abandonnèrent le siège d’Ypres (Ist. et cr., t. II, p. 290-291, 305-306). L’évêque de Norwich voulut alors entrer en Picardie, mais ses officiers refusèrent de l’y suivre. Il se retira alors à Gravelines; ses chevaliers allèrent à Bourbourg (Walsingham, t. II, p. 99-100).[132]Les Gantois furent fort mécontents du départ des Anglais. Ils savaient en effet que l’eau et les vivres commençaient à manquer dans la ville, dont on avait déjà expulsé les bouches inutiles; ils espéraient sous peu un succès, qui devenait douteux, l’armée anglaise partie (Ist. et cr., t. II, p. 290-291).[133]Le roi séjourna à Arras du 20 au 27 août; il y fut rejoint par le comte de Flandre, venu de Lille à Douai, puis à Arras (Ist. et cr., t. II, p. 323; Petit,Itinéraires, p. 159); il avait soupé et gîté le 25 à l’abbaye de Marœil en Artois (Ist. et cr., t. II, p. 324;Itinéraires, p. 159 et 679), qu’il ne faut pas confondre avec Moreuil en Picardie, où il passa le 2 octobre, en revenant en Flandre (Itinéraires, p. 160).[134]Le roi ne passa qu’une nuit, celle du 27, à l’abbaye bénédictine du Mont-Saint-Éloi.[135]C’est, non pas à Aire même, mais au Brouillart et à Gonnay, que le roi séjourna les 28, 29 et 30 août. Le 31 il campa (Itinéraires, p. 159).[136]Le 1erseptembre, le roi était à Arques, tout près de Saint-Omer.[137]Les 2 et 3 septembre, le roi était «aux champs emprès Cassel» (Petit,Itinéraires, p. 160), où avait lieu, le 2 septembre, la montre de l’évêque d’Angers et des gens de sa compagnie (Bibl. nat., coll. Decamps, vol. 84).[138]Après avoir levé le siège d’Ypres, les Anglais s’étaient établis à Cassel. La ville prise par les Français, ils se réfugièrent à Bergues, à Gravelines et à Bourbourg (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 270).[139]Le 4 septembre 1383.—Ravensberghe est une abbaye cistercienne de femmes du diocèse de Saint-Omer, sur le territoire de Watten, près de Bourbourg.[140]Outre Dringham, l’armée française s’empara du fort de Nieulet et d’une autre petite place (Ist. et cr., t. II, p. 327 et 342). D’après les pièces du procès fait aux chefs de l’expédition anglaise à leur retour en Angleterre, le château de Dringham ne fut rendu par son capitaine, Pierre de Cresseingham, qu’après la reddition de Bourbourg (Kervyn, t. X, p. 518).[141]LeReligieux de Saint-Denisdonne Robert Knolles comme capitaine à la ville de Bergues (t. I, p. 270).[142]Les échanges de courriers avaient toujours été nombreux pendant le siège d’Ypres entre la cour de Londres et l’évêque de Norwich, chef de l’expédition anglaise (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 10, 11, 13 et 14). Quand, au mois de septembre, les échecs continuèrent et que les Anglais durent se retirer «pro salvacione eorum vite, ad villas de Burburgh et de Gravenyng,» le départ pour la France du duc de Lancastre et du comte de Buckingham fut décidé (Ibid., 203, m. 14, 18;French Rolls328, m. 15, 23). Le roi même dut faire partie de cette armée de secours (Ibid.,Patent Rolls317, m. 3), qui était convoquée au plus tôt à Sandwich (Ibid.,French Rolls328, m. 18), où des bateaux étaient retenus pour son passage (Ibid.,Issue Rolls201, m. 15;French Rolls328, m. 21); un emprunt avait été contracté auprès de la ville de Londres pour subvenir aux frais de guerre (Ibid.,Patent Rolls317, m. 3). Le retour précipité des chefs anglais fit avorter les projets du roi.[143]Guillaume de Beauchamp, nommé capitaine de Calais, faisait, au 15 septembre 1383, ses préparatifs pour se rendre en France avec le roi (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 14;French Rolls328, m. 21). Il ne partit que le 19 novembre pour se rendre aux conférences de Leulinghem (Ibid.,Exch.,Queen’s Remembr.,Nuncii, bundle 319, no11).[144]Guillaume de Windsor était depuis longtemps capitaine de Cherbourg. Des comptes nécessités par la défense de la ville figurent à son nom en février et juillet 1383 (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 11; 306, m. 15.) Il eut pour successeur comme capitaine de Cherbourg Thomas Holand, comte de Kent (Ibid., 208, m. 13, 15).

CHAPITRE XVII.[1]Le roi, qui était à Arras depuis le commencement de novembre, n’en partit que le 12 (Petit,Séjours de Charles VI, p. 15).[2]C’est le 15 que Charles VI passa par Lens, et le 17 qu’il séjourna à Seclin, où il avait dû arriver le 16 (Ibid., p. 15). LeReligieux de Saint-Denisne fixe qu’une date approximative:post festum omnium sanctorum.[3]Quelque grande qu’ait pu être l’insistance des ambassadeurs gantois qui avaient quitté Londres vers la fin d’octobre, ce ne fut guère qu’après Roosebeke que commencèrent les préparatifs de l’expédition dirigée contre la France, à laquelle le roi d’Angleterre devait primitivement prendre part en personne (Rec. Off.,Early Chanc. Rolls 327, m. 15). A la date du 13 décembre, des lettres de protection sont données aux futurs compagnons de l’évêque de Norwich (Ibid.,French Rolls 327, m. 16, 17 et 18), et Thomas Seyvill et John Orewell sont chargés de retenir, en Devonshire et en Cornouailles, des bateaux pour le transport des troupes; ils doivent aussi empêcher les bateaux flamands stationnant dans les ports anglais de s’éloigner sans permission spéciale (Ibid.,Issue Rolls 306, m. 8, etQueen’s Rem. 39/27); des armes sont achetées en grand nombre et emmagasinées à la Tour de Londres (Ibid.,Lord Treas. Rem., For. Acc., no2).[4]André, seigneur de Rambures, chevalier, figure, en 1380 et 1381, sous les ordres du seigneur de Sempi. De juillet 1381 à mars 1382, il séjourne à la frontière de Flandre. En 1387, nommé capitaine de tout le pays de West-Flandre, il est chargé de la défense de Gravelines, où nous le retrouvons encore en janvier 1389. En janvier 1395, il n’est plus que capitaine de Gravelines (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 2429).[5]L’estimation totale de l’armée royale varie suivant les chroniqueurs. D’accord avec Pierre Cochon (Chron. norm., p. 171), leReligieux de Saint-Denisl’évalue (t. I, p. 188) à 10,000 hommes d’armes, sans compter les arbalétriers, les gens de pied, les troupes légères et les valets d’armée. Une rédaction desIstore et croniques de Flandres(t. II, p. 262-263) attribue à l’avant-garde 2,000 lances, 500 arbalétriers, 400 archers et 600 valets; à la bataille du roi 3,000 chevaliers et écuyers, 200 arbalétriers et 600 archers; à l’arrière-garde, 1,500 lances et 600 valets.[6]C’est à tort que Froissart donne à ce personnage le nom deGuillaume; il s’agit de Jean VI, fils de Jean V, comte d’Harcourt, et de Blanche de Ponthieu.[7]Le seigneur de Fère-en-Tardenois était Gaucher de Châtillon, que nous retrouvons à Roosebeke et qui, en 1394, vendit à Louis d’Orléans sa seigneurie de Fère (P. Anselme, t. VI, p. 125-126).[8]De retour de la campagne, l’oriflamme fut déposée solennellement sur l’autel dans l’église de Saint-Denis, en vertu d’un vœu fait au moment de livrer bataille (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 232).[9]LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 220) parle d’unRenaudle Baveux, chevalier originaire de la Beauce, mortellement blessé à Roosebeke.[10]Chevalier au service du dauphin de Viennois dès 1355, Jean, dit le Baudrain de la Heuse, assiste, comme maréchal de Mgr le duc de Normandie, au siège de Pont-Audemer au commencement de l’année 1357 (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 1522). Nommé amiral de France, il fait partie d’une expédition qui tente de délivrer le roi Jean en 1360 (Chronographia regum Francorum, t. II, p. 291), et, à la fin de l’année, il s’occupe, conjointement avec Jean le Mercier, à faire évacuer les forteresses occupées par les Anglais (Moranvillé,Ét. sur Jean le Mercier, p. 9 et 202). En 1364, il assiste à la bataille de Cocherel (Chronographia, t. II, p. 307), et en 1365 nous le retrouvons mêlé aux négociations nécessitées par la délivrance du roi Jean. Devenu chambellan du roi, capitaine du château de Touques (1371-1388), il prend part, en 1383, à la chevauchée de Flandre (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 1522).[11]Le Borgne de Montdoucet, écuyer d’écurie, qui, durant la chevauchée de Flandre, a porté la bannière du roi, reçoit, à la date du 25 octobre 1383, la somme de 200 francs d’or (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 2012).[12]Hugues de Châlon, «feal cousin» du roi, fut envoyé, en juillet 1384, avec les ducs de Berri et de Bourgogne, assister au traité «de Boulogne» (Bibl. nat.,Pièces orig.650). Il est à remarquer que le duc de Bourgogne ne figure pas parmi les plénipotentiaires français donnés par Rymer. Voy. plus loin, p.XXXVII,note 171.[13]Lopez de Ayala (Cronicas, t. II (1780), p. 164-165) ajoute trois autres noms à cette liste, dont il fait lui-même partie en qualité de «camerero» du roi.[14]Lundi 17 novembre 1382.[15]LesSéjours de Charles VI(p. 15) donnent comme dates d’arrêt à Lille les 18 et 19 novembre.[16]Abbaye cistercienne, située près de Lille. Marquette est aujourd’hui un village appartenant au canton ouest de Lille.[17]Les Flamands qui défendaient le pont étaient nombreux: 8,000 d’après laChronographia(t. III, p. 41), 9,000 d’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 198), 6,000 d’après une rédaction desIstore et croniques de Flandres(t. II, p. 263); ce texte ajoute qu’il y avait aussi des canons et desribaudequins. Quant à Pierre du Bois, il semble bien qu’il ne se trouvait pas tout d’abord préposé à la garde du pont; il ne vint que le lendemain avec ses renforts pour s’opposer à la marche des Français sur Comines (Ist. et cr., t. II, p. 263).[18]Il s’agit ici de cette rivière qui passe à Lille et se jette dans la Lys à Deulemont, et non à Menin, comme semblerait le faire supposer le passage de Froissart. Le confluent est donc en amont et non en aval de Comines.[19]Hervé (et nonHenri) de Mauni, chevalier, seigneur de Torigni, assiste au siège de Gavrai (1378) et figure à Carentan dans une revue (1erjuin 1381). Il est capitaine ordonné au pays de Basse-Normandie en août 1383 (Bibl. nat.,Clair.vol. 72, no5621); il y est encore le 4 octobre 1387, et porte, dans une quittance du 12 mai 1403, le titre de chambellan du roi et de Mgr le duc d’Orléans (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 1896).[20]Nous retrouvons plus tard en Italie Louis d’Enghien, venu au secours du duc d’Anjou après la campagne de Flandre (Chronographia, t. III, p. 69).[21]Il y eut au pont de Comines, d’après d’autres chroniqueurs, non pas seulement une escarmouche, mais une vraie bataille entre les défenseurs du pont et les premiers chevaliers qui passèrent la rivière. Les Flamands perdirent même à cette attaque 3,000 des leurs; c’est pour venger cet échec que le lendemain Pierre du Bois vint avec des troupes fraîches qui, une seconde fois, durent céder devant les Français (Ist. et cr., t. II, p. 212 et 250).[22]Froissart donne à cette nuit la date du 27 novembre; il s’agit du lundi 17.[23]Les chroniqueurs parlent d’unesorcièrequi accompagnait Pierre du Bois et portait son étendard; elle fut tuée dans ce combat (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 200;Ist. et cr., t. II, p. 263); son nom est différent suivant les textes (cf. Kervyn, t. X, p. 472).[24]Ville située sur la Lys, dont la partie nord appartient à la Belgique (Flandre occidentale, arr. d’Ypres), et la partie sud à la France (Nord, arr. de Lille).—C’est le 21 novembre qu’eut lieu le pillage de cette ville (Ist. et cr., t. II, p. 264).[25]Les «prosecutions» des Bretons surtout furent pénibles pour les Flamands (Ist. et cr., t. II, p. 250). Eustache Deschamps fait allusion aux ravages de ces routiers et n’épargne pas non plus les Bourguignons (Œuvres complètes, p. p. laSociété des anciens textes français, t. I, p. 217-218).[26]Le roi d’Angleterre avait cherché à se faire bienvenir de ces ambassadeurs par de très beaux présents; à la date du 14 février 1383, il payait encore une somme de 60 livres 15 sh. à Nicolas Twiford, orfèvre, pour prix de vases dorés offerts aux envoyés gantois (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 13 et 306, m. 14; cf. aussi précédemment t. X, p.LXXIII, n. 3), qui demandaient en échange de leur alliance que l’estaple des laines fût transférée de Calais en Flandre.[27]C’est le jeudi 20 novembre 1382 que Charles VI traverse la Lys (Ist. et cr., t. II, p. 263;Séjours de Charles VI, p. 15) et non le mardi 18 novembre, comme le dit Froissart.[28]Ce personnage est seulement désigné dans les chroniques comme le «capitaine ordonné par les gens de Gand» (Ist. et cr., t. II, p. 179).[29]La soumission d’Ypres n’eut pas lieu sans coup férir, mais à la suite d’un échec que subirent les habitants du fait d’une avant-garde envoyée à la recherche de vivres (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 202). Le 22 novembre, la ville ouvrit ses portes après avoir arboré la bannière fleurdelysée; elle s’engageait à reconnaître le roi pour son seigneur et à se ranger du parti du pape Clément (Ist. et cr., t. II, p. 264-266).[30]L’émeute parisienne fut une des conséquences du soulèvement de Rouen (voy. plus bas,note 33); «quant cheus de Paris ourent nouvelles que cheulz de Rouen s’estoient revellés, il en ourent grant joye pour ce qu’il avoient commenchié» (Chr. norm. de Pierre Cochon, p. 169).[31]Nicolas le Flamand, marchand drapier, était fournisseur du roi et du duc de Bourgogne (Moranvillé,Ét. sur Jean le Mercier, p. 88, note 1); déjà compromis comme partisan d’Étienne Marcel, il avait obtenu des lettres de rémission.[32]Une lettre de rémission du 28 septembre 1384 est accordée à un homme qui, à Orléans, a pris part à une rébellion «pour contredire les aides ordenées pour le fait de noz guerres» (Arch. nat., JJ 125, fol. 114).[33]C’est en juin 1382, d’après laChronique de Pierre Cochon(p. 168), le 1eraoût, d’après laChronique des Quatre Valois(p. 304), qu’une nouvelle émeute, succédant à celle qui avait pris fin en avril, s’éleva à Rouen à propos des impôts sur les draps et sur les boissons. Elle s’apaisa bientôt grâce à l’intervention du maréchal de Blainville et de Guillaume de Bellengues, capitaine de la ville et chambellan du roi.[34]C’est le 22 novembre que Cassel se rend (Ist. et cr., t. II, p. 264).[35]Poperinghe fut pillée le 22 par les gens du duc de Bourbon, qui tuèrent plus de 4,000 ennemis et emportèrent un grand butin (Cabaret d’Orville,Chron. du bon duc Loys de Bourbon, p. 170).[36]Messines fut pillée le 21 novembre (Ist. et cr., t. II, p. 264).[37]D’après une famille de mss., le roi n’entra pas dans Ypres, et se contenta de camper en face de la ville.[38]Les comptes de la ville de Gand nous apprennent que Philippe d’Artevelde était depuis le 25 octobre à Edelaere, où il était encore le 19 novembre; le 22, il était à Courtrai (De Rekeningen der Stad Gent, p. 334-335). C’est donc à tort qu’un peu plus loin Froissart se demande pourquoi Philippe ne reste pas à Audenarde.[39]Cette recommandation se retrouve aussi dans leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 206).[40]Les chiffres donnés par les différents chroniqueurs varient: 60,000 hommes dans laChronographia(t. III, p. 43); 50,000 à 60,000 dans lePetit Thalamus(p. 406); 40,000 dans laChronique de Pierre Cochon(p. 171), dans laChronique du bon duc Loys de Bourbon(p. 170), dans Eustache Deschamps (t. III, p. 69) et dans une rédaction d’une Chronique de Flandre (Ist. et cr., t. II, p. 267); 30,000 dans une autre version (Ibid.t. II, p. 180), «gens de commugnes et mal ordonnées.»[41]Le duc de Berri était arrivé le 25 (Ist. et cr., t. II, p. 266). La présence à l’armée de Louis, frère du roi, alors comte de Valois, n’est mentionnée que par leReligieux de Saint-Denis. Ce prince avait été renvoyé en Picardie, soit à Péronne (Chronographia, t. III, p. 44, note 1), soit à Mondidier (Ist. et cr., t. II, p. 210-211). Voy. Jarry,la Vie politique de Louis de France, duc d’Orléans, p. 20-21.[42]LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 210) parle de 12 éclaireurs français connaissant le flamand, commandés par Guillaume de Langres.[43]L’armée française était forte de 12,000 hommes (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 210); de 10,000 gens d’armes d’après laChronique de Pierre Cochon(p. 171).[44]Une rédaction desChroniques de Flandre(Ist. et cr., t. II, p. 180-181) énumère dans l’armée du roi: 3 ducs, 21 comtes, 100 doubles chevaliers bannerets, 2,000 autres et 6,000 écuyers.[45]La question du schisme joua dans cette campagne de Flandre un rôle plus grand que les récits des chroniqueurs ne le laissent supposer. C’est ainsi que le comte de Flandre, partisan du pape Urbain, fut toujours tenu à l’écart par les chevaliers français, qui refusèrent de combattre avec ses gens en raison de leur croyance religieuse (Ist. et cr., t. II, p. 215). On avait même défendu de parler flamand dans l’armée royale (Meyer, fol. 188 vo).[46]Ce furent les Bretons et les Picards qui entrèrent les premiers en bataille (Ist. et cr., t. II, p. 180).[47]A ces noms il faut ajouter, d’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 220), ceux de Jean Brides, du seigneur de Bavai et de Renaud (lisezRobert) le Baveux.[48]Meyer (fol. 190 vo) dit que Philippe d’Artevelde fut tué au milieu des siens «cum Jacobo Divite et Johanne Hermanno aliisque tribunis suis.»[49]LaChronique du bon duc Loys de Bourbonsignale le rôle brillant du sire de Couci et du duc de Bourbon (p. 171-174).[50]Les pertes des Flamands furent très nombreuses; elles varient suivant les chroniqueurs: 26,000 hommes (Ist. et cr., t. II, p. 180 et 216); 25,000 (Deschamps, t. III, p. 70;Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 220), sans compter les fuyards; 24,000 (Chr. de Pierre Cochon, p. 172); de 24,000 à 30,000 (Petit Thalamus, p. 406); 20,000 (Chronographia, t. III, p. 45); plus de 18,000 (Chr. des Quatre Valois, p. 306); de 16 à 18,000 (Chr. du bon duc Loys de Bourbon, p. 173).—Les Français furent beaucoup moins éprouvés; leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 220) parle de 7 chevaliers et 44 hommes d’armes; lesChroniques de Flandre(Ist. et cr., t. II, p. 216) donnent le chiffre de 100 hommes, dont 2 ou 3 chevaliers.[51]LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 220) cite, au lieu de ce nom, ceux d’Antoineet deGuide Cousan; ce dernier est seul mentionné dans laChronique du bon duc Loys de Bourbon(p. 172).[52]Après la bataille, le comte de Flandre vint remercier le roi, qui le reçut mal et lui reprocha d’avoir souvent fait alliance avec ses ennemis (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 224-226).[53]On lit dans une chronique de Flandre: «De le desconfiture des Flamens fu le nuyt li fais sceus au siege d’Audenarde par les fuians qui escapperent; dont chil qui le siege tenoient furent tres dolant, et se deslogierent la nuyt moult en grant haste, et laissierent moult de leurs tentes et d’autres coses, et yssirent aucun chevalier et saudoyer d’Audenarde qui, en poursuiant les Flamens, en tuerent et noierent pluiseurs; et li aultre en rallerent a Gant dire la nouvelle» (Ist. et cr., t. II, p. 216).[54]Dès le lendemain de la bataille le roi est à Thourout. C’est là que, le 29 novembre, il reçoit les députés de la ville de Bruges, accompagnés de deux Cordeliers (Ist. et cr., t. II, p. 267).[55]Le 11 juillet 1302, Robert d’Artois, commandant les Français, fut vaincu et tué par les Flamands à la bataille de Courtrai, ainsi qu’un grand nombre de chevaliers dont les éperons furent suspendus comme trophées dans une chapelle de l’église Notre-Dame de Courtrai (Ist. et cr., t. II, p. 218).[56]C’est le 30 novembre, à Thourout, que le roi prit à merci la ville de Bruges, qui reconnaissait le pape Clément et renonçait à l’alliance anglaise, se soumettant à l’autorité du roi et du comte de Flandre. La ville s’engageait de plus à payer en deux termes la somme de 120,000 francs d’or (Extrait duSeptième Cartulaire de France, déposé aux Archives de Lille, publié par Le Glay,Chronique rimée, p. 106-109, et par Kervyn, t. X, p. 484-486).[57]Walsingham prétend (t. I, p. 81) qu’à la prise de Bruges les biens seuls des marchands anglais furent pillés et confisqués au profit du roi de France.[58]Nous avons déjà eu occasion de parler du différend existant entre la ville de Valenciennes et Thierri de Dixmude, à propos du meurtre de son écuyer Daniel d’Usse (t. X, p.XVIII, note 1); Kervyn a cité de nombreux documents relatifs à cette affaire (t. X, p. 491-494).[59]Dès le 30 novembre, étant à Roulers, le roi écrivit aux Gantois pour leur proposer sa médiation entre eux et le comte de Flandre. On était tellement sûr que cette proposition serait acceptée et que Gand suivrait l’exemple des autres villes, qu’Eustache Deschamps, dans la ballade qu’il composa après la bataille de Roosebeke, escompte déjà cette soumission (Œuvres complètes, t. III, p. 70). La réponse des Gantois, datée du 3 décembre, parvint au roi à Courtrai, où il était entré le 1er. Les Gantois demandaient un sauf-conduit pour trente-deux personnes, ce qui leur fut accordé. Le roi demandait la reconnaissance du pape Clément et une somme de 300,000 francs (Ist. et cr., t. II, p. 269-271). Les négociations eurent lieu à Courtrai du 7 au 17 décembre (Rekeningen, p. 333-334), mais elles traînèrent en longueur, et, chassé par le mauvais temps, Charles VI quitta Courtrai le 18 pour aller à Tournai.[60]Une des causes les plus réelles du retard des Anglais à intervenir dans les affaires de Flandre à cette époque fut la réclamation que faisaient les Gantois d’une somme de 200,000 écus, dont a déjà parlé Froissart (t. X, p. 269). C’est ce que dit très explicitement un passage de notre tome XI qui ne se trouve que dans quelques manuscrits (p. 343). On y lit, en effet, que l’alliance eût été vite conclue «se n’eust esté la somme de deniers qu’ilz demandoyent ausdiz Angloiz.» Les pourparlers n’en continuèrent pas moins, mais, après la bataille de Roosebeke, les négociateurs anglais «furent si esbaïz et si troublez de celle soudaine aventure non esperée, qu’ilz s’en retournerent en Angleterre, sens plus lors proceder sur celle matiere.»[61]François Ackerman retourna, non pas à Gand, comme le dit Froissart, mais en Angleterre où, le 20 janvier 1383, nous voyons l’amiral anglais Jean de la Roche recevoir des instructions «pro certis negociis tangentibus tractatum faciendum cumadmirallo fflote Flandrie,» c’est-à-dire Fr. Ackerman, qui portait ce titre d’amiral de la flotte flamande (Rec. off.,Issue Rolls 199, m. 11, et 306, m. 11).[62]Le pillage et l’incendie de Courtrai furent choses épouvantables, malgré l’intervention du duc de Bourgogne (Chr. du bon duc L. de B., p. 175); presque toute la ville fut détruite (Ist. et cr., t. II, p. 181, etRelig. de Saint-Denis, t. I, p. 230). Par contre, d’après Meyer (fol. 191), la ville se racheta en payant «pro Britonum stipendiis centum et viginti milia francorum aureorum.»[63]C’est le 18 décembre que le roi arriva à Tournai, où il était encore le 28.[64]D’après les actes de soumission des différentes villes, à l’exception de Gand toujours rebelle, la Flandre s’était engagée à suivre l’obédience du pape Clément (Ist. et cr., t. II, p. 217 et 267); les Brugeois seuls semblent s’être soumis à cette obligation (Valois,La France et le grand schisme d’Occident, t. I, p. 361).[65]Les prisonniers, rançonnés à Tournai par le comte de Saint-Pol, pour cause d’adhésion au pape Urbain, furent nombreux (Ist. et cr., t. II, p. 182).[66]Comme il l’avait déjà fait à Courtrai, le 17 décembre, en récompensant Gui de Boncourt (Arch. nat., JJ 122, fol. 11), le roi ne quitta pas Tournai sans faire quelques confiscations, dont profitèrent entre autres, à la date du 24, Guillaume de Mareuil et Guillaume de Neilhac, pour leur conduite à Roosebeke (Ibid., JJ 121, fol. 172).[67]D’après lesSéjours de Ch. VI, le roi était encore le 28 décembre à Tournai et se trouvait le 31 à Péronne, où l’attendait son frère Louis (Ist. et cr., t. II, p. 218); c’est donc le 29 ou le 30 qu’il faut placer son arrivée à Arras.[68]Très attristé par la destruction de Courtrai (Ist. et cr., t. II, p. 218) et par les humiliations nombreuses dont il avait été victime au cours de la campagne, le comte de Flandre n’avait pas attendu la fin du mois pour prendre congé du roi. Une première fois, le 6 décembre, nous le trouvons à Harlebeke, où il récompense le seigneur de Sempi par le don des biens du prévôt de Notre-Dame de Bruges; le 26, il est définitivement de retour à Lille, où nous le voyons octroyer, comme récompenses de services rendus, 10,000 francs au connétable de Clisson, 3,000 à l’amiral Jean de Vienne et à Gui de la Trémoïlle, 1,000 à Enguerran d’Eudin et à Anseau de Salins, et 500 à Gui de Pontallier (Extr. duSeptième cartulaire de Flandre, publié par Le Glay, dansChr. rimée, p. 109-110).CHAPITRE XVIII[69]A Péronne, le 31 décembre 1382, à Noyon, le 1erjanvier 1383, à Compiègne, du 2 au 7 (Séjours de Ch. VI, p. 16), le roi est accueilli par toute la Picardie avec joie et respect (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 232). C’est à Compiègne, le 7 janvier, que l’on retire le grand sceau au chancelier de France, Milon de Dormans, évêque de Beauvais (Ist. et cr., t. II, p. 272), qui ne fut remplacé définitivement que le 10 juillet par Pierre de Giac, aux gages de 2,000 livres par an (Bibl. nat.,Clair.vol. 53, no3999). L’évêque de Laon, Arnaut de Corbie, et MePhilippe de Moulins furent chargés de l’intérim.[70]Le roi est à Senlis, le 8 janvier; il couche le lendemain à Louvres.[71]Pour effrayer les Parisiens, le roi «avoit retenu en Franche grant quantité de gent d’armes qui, avec lui, estoient revenu du pays de Flandres, et les faisoit vivre et gouverner sur les marches près» (Ist. et cr., t. II, p. 219).[72]Le texte de Froissart, tel que nous l’avons corrigé en y introduisantEstrées-Saint-Denis, montre que les troupes s’étaient échelonnées sur le chemin suivi par le roi; une autre partie était descendue entre la Marne et la Seine.[73]Il semble préférable d’adopter ici la leçon de certains mss. qui ajoutententre la rivière de Marne et la rivière de Seine(voy.p. 348).[74]C’est à Saint-Denis, et non au Bourget, que le roi coucha le 10 janvier, veille de son entrée à Paris. Il se rendit solennellement à l’abbaye et remercia Dieu de sa victoire (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 232).[75]LaChronique du bon duc Loys de Bourbon(p. 176) dit que le roi «avoit 18,000 harnois contre lui;» laChronique des Quatre Valois(p. 308) parle seulement de 1,500 h. d’armes «rengiés en ordonnance.»[76]D’après laChronographia(t. III, p. 47), le connétable de France et le maréchal de Sancerre précédèrent le roi de deux jours.[77]Le 10 au soir, le prévôt des marchands vint assurer le roi des bonnes dispositions de la population (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 234). Le lendemain, il venait au-devant du roi avec les échevins et lui souhaitait la bienvenue (Chronographia, t. III, p. 47).[78]Le roi entra le 11 janvier dans Paris avec une nombreuse escorte, 12,000 hommes d’après laChronographia(t. III, p. 47), et alla jusqu’à Notre-Dame (Ist. et cr., t. II, p. 273). S’il fallait croire laChr. du bon duc L. de B.(p. 176-178), le duc de Bourbon serait entré le premier avec 800 hommes d’armes, «pour ce qu’il estoit amé de ceulx de la ville;» il se serait chargé du guet et aurait présidé au désarmement des Parisiens.[79]Les portes furent brûlées et les chaînes portées à Vincennes (Ist. et cr., t. II, p. 274).[80]Aussitôt l’entrée du roi, eurent lieu des arrestations et des exécutions; c’est ainsi que furent emprisonnés, dès le 11, plus de 300 bourgeois (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 236), 1,000 peut-être (Ist. et cr., t. II, p. 219), parmi lesquels Jean des Marès (Ibid., p. 273), Guillaume de Sens, Jean Filleul (Chronographia, t. III, p. 48), Jacques du Châtel, Martin le Double, Jean le Flamand, Jean le Noble et Jean de Vaudetar (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 236; voy. aussi Moranvillé,Étude sur J. le Mercier, p. 88, note 1). Le 12, on décapita deux drapiers, Aubert de Dampierre et Guillaume Rousseau, ainsi qu’un orfèvre, Henri de Pons, tous trois arrêtés avant l’arrivée du roi. Le 24, on décapita huit autres bourgeois; le 31, Jean Maillard, marchand, et six autres notables furent encore exécutés (Ist. et cr., t. II, p. 273-276), malgré les supplications des bourgeoises de Paris, venues, «toutes vestues de noir, pour requerir et avoir pardon et mercy de leurs maris» (Chr. des Quatre Valois, p. 309), et les prières de la duchesse d’Orléans et du recteur de l’Université de Paris (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 238).[81]On reconnut bientôt d’après l’avis de «ceulx des finances qu’il valoit mieulx que le roi fist une composicion pour la despence qu’il ot faite en Flandres que plus proceder oultre en cas criminel» (Chr. du bon duc L. de B., p. 178). Aussi, dès le mois de février, plusieurs inculpés «furent mis a composicion d’argent» (Ist. et cr., t. II, p. 276;Chronographia, t. III, p. 50).[82]Le montant des amendes, tout à fait inestimable, au dire de laChronographia(t. III, p. 50), s’éleva seulement à 200,000 francs d’or d’après Cabaret d’Orville (Chr. du bon duc L. de B., p. 179).[83]C’est le 12 que les maillets et les armures furent rendus (Ist. et cr., t. II, p. 273); ils durent être portés soit au Louvre, soit au Palais: il y en avait assez pour armer 80,000 hommes (Relig. de Saint-Denis, t. 1, p. 238). Le roi de plus, pour prévenir toute nouvelle rébellion, se hâta de mettre en état la bastide Saint-Antoine et construisit celle du Louvre (Ist. et cr., t. II, p. 274).[84]Les impôts rétablis le 20 janvier, furent les 12 deniers par livre de denrées, la gabelle de 20 francs par muid de sel et le huitième pour le vin vendu au détail (Ist. et cr., t. II, p. 275). Une ordonnance royale du 27 janvier (Rec. des ordonn., t. VI, p. 685) supprima de plus la prévôté des marchands, dont le titulaire, Jean de Fleuri, dut rendre les sceaux; ses fonctions furent attribuées au prévôt de Paris. On supprima aussi les quarteniers, cinquanteniers et dizainiers de la ville (Ist. et cr., t. II, p. 276). Voy. l’article de M. L. Mancest Batifol, dans laBibl. de l’Éc. des chartes(t. LII, p. 269-284). Le roi revenait ainsi, et au delà, sur les concessions qu’il avait été obligé d’accorder aux Parisiens après la révolte des Maillotins en 1382; il les punissait en même temps de l’alliance qu’ils avaient voulu se ménager avec les rebelles de Flandre, dont on avait eu la preuve dans une lettre saisie à Courtrai (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 230).[85]Les plaintes sont nombreuses à cette époque contre les routiers revenant des guerres de Flandre et pillant sur leur passage. Nous en trouvons mention à Villedieu (Arch. nat., JJ 145, fol. 169), à Noyon (Ibid., JJ 149, fol. 67 vo), à Crépi-en-Laonnais (Ibid., JJ 150, fol. 150 vo).[86]Arrêté dès le 11 janvier, Jean des Marès fut réclamé, comme clerc, par l’officialité de l’évêque de Paris. Mais les ducs de Berri et de Bourgogne hâtèrent le jugement (Ist. et cr., t. II, p. 276-277), qui fut rendu sans que l’inculpé eût pu être «ouy dans ses excusacions» (Chr. des Quatre Valois, p. 310). Jean des Marès fut décapité le 28 février 1383. Dès le lendemain, le roi, accompagné de ses oncles, convoque dans la cour du Palais les bourgeois de Paris, qui s’y présentent «sans chapperons» (Chr. des Quatre Valois, p. 310). Pierre d’Orgemont leur reproche toutes leurs rébellions passées; le roi leur pardonne, mais vingt d’entre eux, «a prendre à la volonté du roi» (Ibid., p. 311), seront rançonnés (Ist. et cr., t. II, p. 278-280;Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 246-248). Ceux qui n’ont pas répondu à l’appel du roi et ne sont pas rentrés à Paris sont exilés et privés de leurs biens (Chronographia, t. III, p. 51).[87]C’est le 19 janvier que fut exécuté Nicolas le Flamand (Ist. et cr., t. II, p. 275).[88]Rouen fut la première ville de Normandie que le roi voulut châtier après la soumission de Paris. Une commission fut nommée à cet effet, composée de Jean Pastourel, président de la Chambre des comptes et de Jean le Mercier, auxquels on adjoignit l’amiral Jean de Vienne (Relig. de Saint-Denis, t. II, p. 250), qui, à la date du 27 janvier, figure à Paris dans unemontreavec dix-sept chevaliers et quatre-vingt-deux écuyers de sa compagnie (Terrier de Loray,Jean de Vienne, p.CCVI), et, le 3 mars, reçoit 2,000 francs à prendre sur les confiscations faites en Normandie (Ibid., p.LXXV). La commission comprenait en outre Nicolas Painel, Étienne du Moustier et Robert Thoroude (Moranvillé,Ét. sur J. le Mercier, p. 90). Cette commission fit arrêter trois cents notables de la ville, dont une partie furent mis à mort après Pâques (22 mars) et dont le plus grand nombre se rachetèrent. Une somme de 60,000 livres tournois fut de plus exigée des habitants (Ibid., p. 91).—Dans les autres villes de Normandie, notamment à Caen et à Falaise, les mêmes réformateurs «firent de grans justices» (Fragm. d’une chronique inédite, publiés par L. Delisle, 1895, p. 10). En date du 29 avril, une lettre de rémission est accordée à la ville de Caen (Arch. nat., JJ 123, fol. 52 vo) pour lesexcèscommis; en 1382, cette ville avait refusé d’envoyer 30 arbalétriers au roi (Ibid., fol. 47).[89]La révolte des habitants de Reims fut une des premières à éclater; au commencement de la campagne de Flandre, ils arrêtèrent le maréchal de Bourgogne, Gui de Pontallier, qui se rendait dans le nord avec ses hommes d’armes (Kervyn, t. X, p. 474). Au 15 février 1383, le roi nomma, pour informer sur les excès de la province de Reims, des commissaires parmi lesquels se trouvent le comte de Sancerre, Tristan du Bos, maître des requêtes de l’hôtel, Gilles Gallois, général conseiller des aides, Jean de Montaigu et Regnault de la Chapelle, trésorier (Arch. nat., JJ 123, fol. 47 vo).[90]Le roi part de Vincennes le 7 avril, arrive à Chartres, pour s’acquitter d’un vœu de pèlerinage; après son départ, le 26, ont lieu des «assemblées des gens du roi;» le 16, il est à Orléans (Chronographia, t. III, p. 52, note 1). Il fait abattre les portes et détruire les chaînes de la ville; quelques rebelles sont décapités (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 260).[91]Cabaret d’Orville fait allusion au licenciement des hommes d’armes (Chr. du bon duc L. de B., p. 179).[92]Le 11 avril, une nouvelle taxe fut établie pour un an à Paris sur laqueuede vin vendue en gros. Elle était destinée à réparer la ville (Chronographia, t. III, p. 52). LaChronique de Pierre Cochon(p. 170) parle d’une amende de 80,000 livres, dont 12,000 étaient destinées au roi; 8,000 à la ville de Paris; 60,000 aux autres villes.CHAPITRE XIX[93]En janvier 1383, le comte de Flandre, qui hésitait toujours à reconnaître le pape Clément, fit une dernière tentative de rapprochement avec les Gantois, qui ne put aboutir à la paix. Il voulut alors empêcher les Gantois d’agir et leur couper les vivres en occupant les passages de Courtrai, d’Audenarde, de Termonde, de l’Écluse et d’Ardembourg. Les Gantois, secrètement encouragés par le roi d’Angleterre (Meyer, fol. 192 vo), lui répondirent par la prise d’Ardembourg à la fin de janvier (Ist. et cr., t. II, p. 220-221 et 254).[94]Du 1erjanvier à la fin de juillet, treize marchands de Gand et de Bruges sont à Londres pour traiter de l’alliance avec le roi d’Angleterre (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 14; 201, m. 5, 6, 11, 14; 306, m. 15). Au mois de février, nous y trouvons mêlé un clerc de la chancellerie anglaise, Thomas Stanley (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 13, et 306, m. 13). Les Gantois, pour s’assurer la protection des prélats anglais prétendaient que le comte de Flandre était devenu partisan du pape Clément (Ist. et cr., t. II, 292-293, 306-307) et s’offraient à reconnaître le roi Richard pour leur seigneur (Walsingham, t. II, p. 71).[95]François Ackerman faisait partie de la mission gantoise et portait toujours le titre d’amiral de Flandre. Il était venu de Londres à Sandwich le 4 février, avec Jean Phelippot et quatre autres députés flamands pour retenir des bateaux destinés à passer en Flandre (Rec. Off.,Issue Rolls306, m. 18). Au 1ermai, il commandait neuf gros bateaux flamands et touchait pour ses gages et ceux de trente-six hommes d’armes, du 25 mars au 25 mai, 52 livres; il touchait de plus pour les gages de ses marins, du 26 mars au 9 mai, 130 livres 13 sols 11 deniers (Ibid., 307, m. 4); il touchait le 8 juillet, pour ses gages du 10 mai au 18 juin, 40 livres; pour ceux de ses marins, 125 livres (Ibid., 201, m. 11). A la date du 8 janvier 1384, Fr. Ackerman,écuyerde Flandre, touche un acompte sur sa pension viagère de 200 florins (Ibid., 203, m. 13).[96]Le comte essaie de se disculper auprès du roi d’Angleterre en lui envoyant des ambassadeurs (Ist. et cr., t. II, p. 306). Il se hâte de se faire remettre (20 février 1383) les chartes de privilèges des villes soumises (Chr. rimée, publiée par Le Glay, p. 112-143).[97]La croisade fut annoncée en plein Parlement, et le 6 décembre 1382 eut lieu la publication des bulles venues de Rome (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 226). Par ces bulles, l’évêque de Norwich, Henri le Dépensier, qui devait porter le titre de député et envoyé spécial du pape Urbain «in cruciata contra antipapam et scismaticos sibi adherentes et favorantes» (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 6), avait pleins pouvoirs d’indulgences et d’excommunications (Walsingham, t. II, p. 71-77). «A ses bulles le pape avait joint l’octroi d’un décime à lever sur l’Église» (Wallon,Richard II, t. I, p. 145).[98]Avant d’entreprendre une nouvelle campagne en Espagne, d’assez longs pourparlers de paix eurent lieu entre le roi d’Angleterre, d’une part, et, de l’autre, le roi de Navarre et celui «qui se dicit regem Hispaniæ.» Les négociations duraient encore en juillet 1383 (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 13, 14; 201, m. 1, 2, 14; 306, m. 14; 307, m. 1;Exch.,Queen’s Remembr.,Nuncii, bundle 319, no8).[99]En date du 13 février, Jean Cabeca de Vaca, évêque de Coïmbre, venu à Londres en ambassade, reçoit des présents du roi (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 13 et 306, m. 14). Quelques jours plus tard, il repart (Ibid.,French Rolls327, m. 14). Le 9 juin, départ d’un nouveau messager du roi de Portugal, Alfonso Ruys, de Cordua (Ibid.,Early Chanc. Rolls327, m. 3).[100]Froissart appelle à tort cet évêqueThomas.[101]D’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 258), l’armée anglaise se composait de 800 hommes d’armes, sans compter les archers et les hommes de pied. LaChronographia(t. III, p. 53) parle de 12,000 hommes; lesChroniques de Flandre(Ist. et cr., t. II, p. 291) de 8,000 combattants. L’évêque de Norwich avait à saretenuepersonnelle 2,500 hommes d’armes et 2,500 archers (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 6).[102]L’évêque de Norwich devait assurer l’entrée en jouissance de leurs revenus aux religieux et aux bénéficiers qui participaient à l’expédition (Valois,La France et le grand schisme d’Occident, t. II, p. 225).[103]Les 17 et 18 mars, des bateaux sont retenus (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 17, et 306, m. 17 et 18;French Rolls327, m. 9) et des armes achetées (Ibid.,Issue Rolls199, m. 16; 306, m. 17); les préparatifs continuent pendant tout le carême (Walsingham, t. II, p. 85), après le mandement que l’évêque a adressé aux clercs.[104]Le 23 avril eut lieu à Londres le conseil du roi (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 16) qui chargea Thomas Credy et William Howelot d’aller à Sandwich surveiller l’embarquement de l’évêque de Norwich (Ibid., 201, m. 16). Ce n’est que le 17 mai que la flotte anglaise toucha Calais (Ist. et cr., t. II, p. 291); aussitôt son arrivée, l’évêque de Norwich envoya à Londres un messager (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 6).[105]Cette date n’est pas acceptable, car on a vu plus haut que l’évêque de Norwich n’est arrivé à Calais que le 17 mai.[106]Jean Vilain, le 10 juillet 1379, avait été retenu au service du roi d’Angleterre (Kervyn, t. IX, p. 516).[107]Le nom de Jean Sporkin figure dans l’Armorial du Héraut Gueldre, tout proche du sire de Vilain (Kervyn, t. XXIII, p. 471).[108]Nord, arr. et cant. de Dunkerque.[109]Jean Drayton fut nommé gardien des trêves avec Guillaume de Beauchamp, capitaine de Calais, pour les parties de Picardie et de Flandre, le 26 janvier 1384 (Rymer, t. VII, p. 420 et 422).[110]Parmi ces troupes figuraient les contingents de Furnes, de Bergues, du Franc de Bruges, d’Ypres, ainsi que les gens d’armes que le comte avait mis en garnison à Dixmude (Ist. et cr., t. II, p. 285 et 307).[111]La bataille eut lieu entre Furnes et Berghes, le 25 mai, jour de la Saint-Urbain, patron du pape reconnu par les Anglais (Ist. et cr., t. II, p. 286 et 291). Les Flamands perdirent de 14,000 à 15,000 des leurs (Chronographia, t. III, p. 53;Chr. des Quatre Valois, p. 311); c’était la Flandre ouverte aux Anglais (Ist. et cr., t. II, p. 293).[112]Avant d’arriver à Bourbourg, les Anglais avaient reçu la soumission des villes de Furnes, de Nieuport et de Bergues, dont Froissart ne parle pas (Ist. et cr., t. II, p. 283 et 286).[113]Nord, arr. de Dunkerque.[114]Jean de Béthune, dit de Loques, sert en Picardie durant l’année 1381 sous les ordres du sire de Couci. Nous le retrouvons à Paris le 17 septembre 1410 recevant ses gages et ceux de six autres chevaliers, douze écuyers et vingt archers (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 326). Il fut tué à Azincourt.[115]Il s’agit sans doute ici de Lancelot de Clari, célèbre par son duel à Calais, en juillet 1383, contre Pierre de Courtenai, que leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 392) et Froissart (Kervyn, t. XIV, p. 49) placent à une autre date; cf. Moranvillé, dansChronographia(t. III, p. 54, n. 2 et 55, n. 3).[116]Jean de Canni figure dans une revue passée à Paris, le 21 septembre 1410 (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 587).[117]Nord, arr. d’Hazebrouck.[118]Les Anglais étaient à Poperinghe, qu’ils pillèrent, le 9 juin 1383 (Ist. et cr., t. II, p. 294). Peut-être est-ce à cette date «deux mois avant que nous allissions au pays de Flandres,» qu’il faut placer l’apparition de routiers anglais devant Blaringham (Arch. nat., JJ 122, fol. 87 vo).[119]Ce fut le 5 juin que l’armée anglaise rejoignit, sous les murs d’Ypres, les Gantois qui l’attendaient au nombre de 2,000 (Ist. et cr., t. II, p. 281-82, 288). Froissart dit, au contraire, que les forces gantoises ne vinrent à Ypres qu’après l’arrivée des Anglais. Le succès des Anglais avait déterminé en Angleterre un nouveau départ de combattants qui rejoignirent sous Ypres le gros de l’armée (Walsingham, t. II, p. 95), ce qui porta les forces de l’armée assiégeante à 30,000 Gantois et 60,000 Anglais.[120]Pierre van der Zipe fut nommé chevalier avec sept autres hommes d’armes pendant le siège de la ville (Ist. et cr., t. II, p. 290 et 320).[121]Le châtelain d’Ypres était Jean d’Outre (Ist. et cr., t. II, p. 290 et 320), qui figure plus tard aux obsèques du comte de Flandre.[122]Les montres où figurent des Bretons sont nombreuses en l’année 1383. Voy.Mémoires pour servir de preuves à l’histoire de Bretagnede dom Morice, t. II, col. 436 et suiv.[123]Le siège d’Ypres ne commença que le 10 juin 1383; les habitants s’y attendaient depuis longtemps et avaient fait des provisions pour quatre mois; ils s’étaient même procuré du salpêtre à Paris. Une première tentative faite par les Anglais, le 10 et le 11 juin à la Bueter-poorte, puis à la Tempel-poorte, ne réussit pas. Les Anglais s’établirent alors dans les faubourgs qui avaient été évacués et occupèrent, le 13, la paroisse Saint-Michel. Les Gantois, leurs alliés, se fortifièrent entre les quartiers Notre-Dame et Saint-Jean, coupèrent les conduites d’eau alimentant la ville et comblèrent les fossés, en se faisant aider de force par les gens du Franc et par les habitants restés dans les faubourgs. Le 24 juin, jour de la Saint-Jean, les ponts sont prêts à livrer passage aux assiégeants, qui sont repoussés après de fortes pertes (Ist. et cr., t. II, p. 288-289, 293-299).[124]LeGallia christiana(t. III, col. 899-900) fait allusion à l’intervention infructueuse de l’évêque de Liège, qui aurait été trouverle roid’Angleterre sous les murs d’Ypres.[125]Craignant l’intervention armée du roi de France, les Gantois avaient essayé, d’un autre côté, de négocier avec lui, sans y réussir (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 266). C’est alors qu’une nouvelle ambassade de sept marchands s’était rendue à Londres, où nous la voyons séjourner du 7 août au 30 décembre 1383 (Rec. Off.,Issue Rolls203, m. 12 et 14).[126]Le duc de Bourgogne fut à Compiègne avec le roi du 9 au 13 août 1383.[127]Dès le mois de juin, Jean de Vienne avait été envoyé dans le nord (Jean de Vienne, p.CCIX-CCX); nous le trouvons à Béthune au service du roi, à la fin du mois (Arch. nat., JJ 123, fol. 104 vo) et en juillet (Bibl. nat.,Clair.vol. 24, no1767). En date du 28 et du 30 juin, la convocation de l’arrière-ban, pour aller au siège d’Ypres, était faite en Normandie (Mus. Brit.,Add. chart.3345 et 6749). L’armée royale devait être réunie à Arras le 22 août (Ist. et cr., t. II, p. 332); les approvisionnements étaient assurés par Nicolas Boulard (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 264).[128]Dans cette expédition, Jean Sans-Terre, bâtard de Flandre, fut fait prisonnier ainsi que Lamsin le Maréchal, et dut payer rançon à la ville d’Ypres (Ist. et cr., t. II, p. 299-300). Quelques mois plus tard (Arras, 22 et 27 novembre 1383), Jean Sans-Terre recevait de son père, le comte de Flandre, les château, maison et fief de Dringham, confisqués sur le rebelle Jean de Scheurvelde, héritier de Jacques de Dringham et les biens confisqués de Robert de Wisen (Chr. rimée, publiée par Le Glay, p. 147).[129]Au mois de juillet, l’évêque de Norwich (l’évêque de Lincoln, d’après une autre rédaction), essaie d’entamer des négociations pour amener les Yprois à ouvrirleursportes. Après une dernière entrevue où figurent quatre prélats, quatre chevaliers et quatre bourgeois envoyés par la ville, les pourparlers sont rompus le 30 juillet et l’évêque excommunie la ville. Aussitôt les attaques des Anglais recommencent: le 3 août, assaut repoussé. Le 5, nouvel assaut, avec des maisons roulantes; victoire des Yprois; Jean de Reym est tué. Le 7, nouvelle escarmouche. Le 8, grosse attaque où les habitants sont encore vainqueurs (Ist. et cr., t. II, p. 289-290, 300-305). C’est à propos d’un de ces assauts que Froissart parle denouveauxchevaliers; dans lesChroniques de Flandre, il est parlé de huit chevaliers (voy. plus haut, p.XXVII,n. 20).[130]Le roi, qui a pris l’oriflamme à Saint-Denis le 2 août (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 266), avant de se rendre à Compiègne, où il séjourne jusqu’au 12, arrive à Arras le 20. Les chroniqueurs varient beaucoup dans l’évaluation de son armée qui est longuement énumérée dans lesChroniques de Flandre(t. II, p. 324-327, 332-334, 342): 200,000 hommes, dont 20,000 chevaliers, dans Meyer (fol. 196 vo); 16,000 chevaliers et écuyers dans leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 262); 22,000 hommes dans laChronographia(t. III, p. 57); 50,000 chevaux dans laChronique de Pierre Cochon(p. 174). Les Anglais avaient 10,000 combattants et 8,000 archers (Chronographia, t. III, p. 58).[131]C’est le 10 août, jour de la Saint-Laurent (le 8 août, d’après Meyer, fol. 196 vo), après neuf semaines de siège, que les Anglais, découragés par leurs échecs successifs et apprenant la venue de l’armée française, abandonnèrent le siège d’Ypres (Ist. et cr., t. II, p. 290-291, 305-306). L’évêque de Norwich voulut alors entrer en Picardie, mais ses officiers refusèrent de l’y suivre. Il se retira alors à Gravelines; ses chevaliers allèrent à Bourbourg (Walsingham, t. II, p. 99-100).[132]Les Gantois furent fort mécontents du départ des Anglais. Ils savaient en effet que l’eau et les vivres commençaient à manquer dans la ville, dont on avait déjà expulsé les bouches inutiles; ils espéraient sous peu un succès, qui devenait douteux, l’armée anglaise partie (Ist. et cr., t. II, p. 290-291).[133]Le roi séjourna à Arras du 20 au 27 août; il y fut rejoint par le comte de Flandre, venu de Lille à Douai, puis à Arras (Ist. et cr., t. II, p. 323; Petit,Itinéraires, p. 159); il avait soupé et gîté le 25 à l’abbaye de Marœil en Artois (Ist. et cr., t. II, p. 324;Itinéraires, p. 159 et 679), qu’il ne faut pas confondre avec Moreuil en Picardie, où il passa le 2 octobre, en revenant en Flandre (Itinéraires, p. 160).[134]Le roi ne passa qu’une nuit, celle du 27, à l’abbaye bénédictine du Mont-Saint-Éloi.[135]C’est, non pas à Aire même, mais au Brouillart et à Gonnay, que le roi séjourna les 28, 29 et 30 août. Le 31 il campa (Itinéraires, p. 159).[136]Le 1erseptembre, le roi était à Arques, tout près de Saint-Omer.[137]Les 2 et 3 septembre, le roi était «aux champs emprès Cassel» (Petit,Itinéraires, p. 160), où avait lieu, le 2 septembre, la montre de l’évêque d’Angers et des gens de sa compagnie (Bibl. nat., coll. Decamps, vol. 84).[138]Après avoir levé le siège d’Ypres, les Anglais s’étaient établis à Cassel. La ville prise par les Français, ils se réfugièrent à Bergues, à Gravelines et à Bourbourg (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 270).[139]Le 4 septembre 1383.—Ravensberghe est une abbaye cistercienne de femmes du diocèse de Saint-Omer, sur le territoire de Watten, près de Bourbourg.[140]Outre Dringham, l’armée française s’empara du fort de Nieulet et d’une autre petite place (Ist. et cr., t. II, p. 327 et 342). D’après les pièces du procès fait aux chefs de l’expédition anglaise à leur retour en Angleterre, le château de Dringham ne fut rendu par son capitaine, Pierre de Cresseingham, qu’après la reddition de Bourbourg (Kervyn, t. X, p. 518).[141]LeReligieux de Saint-Denisdonne Robert Knolles comme capitaine à la ville de Bergues (t. I, p. 270).[142]Les échanges de courriers avaient toujours été nombreux pendant le siège d’Ypres entre la cour de Londres et l’évêque de Norwich, chef de l’expédition anglaise (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 10, 11, 13 et 14). Quand, au mois de septembre, les échecs continuèrent et que les Anglais durent se retirer «pro salvacione eorum vite, ad villas de Burburgh et de Gravenyng,» le départ pour la France du duc de Lancastre et du comte de Buckingham fut décidé (Ibid., 203, m. 14, 18;French Rolls328, m. 15, 23). Le roi même dut faire partie de cette armée de secours (Ibid.,Patent Rolls317, m. 3), qui était convoquée au plus tôt à Sandwich (Ibid.,French Rolls328, m. 18), où des bateaux étaient retenus pour son passage (Ibid.,Issue Rolls201, m. 15;French Rolls328, m. 21); un emprunt avait été contracté auprès de la ville de Londres pour subvenir aux frais de guerre (Ibid.,Patent Rolls317, m. 3). Le retour précipité des chefs anglais fit avorter les projets du roi.[143]Guillaume de Beauchamp, nommé capitaine de Calais, faisait, au 15 septembre 1383, ses préparatifs pour se rendre en France avec le roi (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 14;French Rolls328, m. 21). Il ne partit que le 19 novembre pour se rendre aux conférences de Leulinghem (Ibid.,Exch.,Queen’s Remembr.,Nuncii, bundle 319, no11).[144]Guillaume de Windsor était depuis longtemps capitaine de Cherbourg. Des comptes nécessités par la défense de la ville figurent à son nom en février et juillet 1383 (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 11; 306, m. 15.) Il eut pour successeur comme capitaine de Cherbourg Thomas Holand, comte de Kent (Ibid., 208, m. 13, 15).

[1]Le roi, qui était à Arras depuis le commencement de novembre, n’en partit que le 12 (Petit,Séjours de Charles VI, p. 15).

[2]C’est le 15 que Charles VI passa par Lens, et le 17 qu’il séjourna à Seclin, où il avait dû arriver le 16 (Ibid., p. 15). LeReligieux de Saint-Denisne fixe qu’une date approximative:post festum omnium sanctorum.

[3]Quelque grande qu’ait pu être l’insistance des ambassadeurs gantois qui avaient quitté Londres vers la fin d’octobre, ce ne fut guère qu’après Roosebeke que commencèrent les préparatifs de l’expédition dirigée contre la France, à laquelle le roi d’Angleterre devait primitivement prendre part en personne (Rec. Off.,Early Chanc. Rolls 327, m. 15). A la date du 13 décembre, des lettres de protection sont données aux futurs compagnons de l’évêque de Norwich (Ibid.,French Rolls 327, m. 16, 17 et 18), et Thomas Seyvill et John Orewell sont chargés de retenir, en Devonshire et en Cornouailles, des bateaux pour le transport des troupes; ils doivent aussi empêcher les bateaux flamands stationnant dans les ports anglais de s’éloigner sans permission spéciale (Ibid.,Issue Rolls 306, m. 8, etQueen’s Rem. 39/27); des armes sont achetées en grand nombre et emmagasinées à la Tour de Londres (Ibid.,Lord Treas. Rem., For. Acc., no2).

[4]André, seigneur de Rambures, chevalier, figure, en 1380 et 1381, sous les ordres du seigneur de Sempi. De juillet 1381 à mars 1382, il séjourne à la frontière de Flandre. En 1387, nommé capitaine de tout le pays de West-Flandre, il est chargé de la défense de Gravelines, où nous le retrouvons encore en janvier 1389. En janvier 1395, il n’est plus que capitaine de Gravelines (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 2429).

[5]L’estimation totale de l’armée royale varie suivant les chroniqueurs. D’accord avec Pierre Cochon (Chron. norm., p. 171), leReligieux de Saint-Denisl’évalue (t. I, p. 188) à 10,000 hommes d’armes, sans compter les arbalétriers, les gens de pied, les troupes légères et les valets d’armée. Une rédaction desIstore et croniques de Flandres(t. II, p. 262-263) attribue à l’avant-garde 2,000 lances, 500 arbalétriers, 400 archers et 600 valets; à la bataille du roi 3,000 chevaliers et écuyers, 200 arbalétriers et 600 archers; à l’arrière-garde, 1,500 lances et 600 valets.

[6]C’est à tort que Froissart donne à ce personnage le nom deGuillaume; il s’agit de Jean VI, fils de Jean V, comte d’Harcourt, et de Blanche de Ponthieu.

[7]Le seigneur de Fère-en-Tardenois était Gaucher de Châtillon, que nous retrouvons à Roosebeke et qui, en 1394, vendit à Louis d’Orléans sa seigneurie de Fère (P. Anselme, t. VI, p. 125-126).

[8]De retour de la campagne, l’oriflamme fut déposée solennellement sur l’autel dans l’église de Saint-Denis, en vertu d’un vœu fait au moment de livrer bataille (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 232).

[9]LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 220) parle d’unRenaudle Baveux, chevalier originaire de la Beauce, mortellement blessé à Roosebeke.

[10]Chevalier au service du dauphin de Viennois dès 1355, Jean, dit le Baudrain de la Heuse, assiste, comme maréchal de Mgr le duc de Normandie, au siège de Pont-Audemer au commencement de l’année 1357 (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 1522). Nommé amiral de France, il fait partie d’une expédition qui tente de délivrer le roi Jean en 1360 (Chronographia regum Francorum, t. II, p. 291), et, à la fin de l’année, il s’occupe, conjointement avec Jean le Mercier, à faire évacuer les forteresses occupées par les Anglais (Moranvillé,Ét. sur Jean le Mercier, p. 9 et 202). En 1364, il assiste à la bataille de Cocherel (Chronographia, t. II, p. 307), et en 1365 nous le retrouvons mêlé aux négociations nécessitées par la délivrance du roi Jean. Devenu chambellan du roi, capitaine du château de Touques (1371-1388), il prend part, en 1383, à la chevauchée de Flandre (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 1522).

[11]Le Borgne de Montdoucet, écuyer d’écurie, qui, durant la chevauchée de Flandre, a porté la bannière du roi, reçoit, à la date du 25 octobre 1383, la somme de 200 francs d’or (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 2012).

[12]Hugues de Châlon, «feal cousin» du roi, fut envoyé, en juillet 1384, avec les ducs de Berri et de Bourgogne, assister au traité «de Boulogne» (Bibl. nat.,Pièces orig.650). Il est à remarquer que le duc de Bourgogne ne figure pas parmi les plénipotentiaires français donnés par Rymer. Voy. plus loin, p.XXXVII,note 171.

[13]Lopez de Ayala (Cronicas, t. II (1780), p. 164-165) ajoute trois autres noms à cette liste, dont il fait lui-même partie en qualité de «camerero» du roi.

[14]Lundi 17 novembre 1382.

[15]LesSéjours de Charles VI(p. 15) donnent comme dates d’arrêt à Lille les 18 et 19 novembre.

[16]Abbaye cistercienne, située près de Lille. Marquette est aujourd’hui un village appartenant au canton ouest de Lille.

[17]Les Flamands qui défendaient le pont étaient nombreux: 8,000 d’après laChronographia(t. III, p. 41), 9,000 d’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 198), 6,000 d’après une rédaction desIstore et croniques de Flandres(t. II, p. 263); ce texte ajoute qu’il y avait aussi des canons et desribaudequins. Quant à Pierre du Bois, il semble bien qu’il ne se trouvait pas tout d’abord préposé à la garde du pont; il ne vint que le lendemain avec ses renforts pour s’opposer à la marche des Français sur Comines (Ist. et cr., t. II, p. 263).

[18]Il s’agit ici de cette rivière qui passe à Lille et se jette dans la Lys à Deulemont, et non à Menin, comme semblerait le faire supposer le passage de Froissart. Le confluent est donc en amont et non en aval de Comines.

[19]Hervé (et nonHenri) de Mauni, chevalier, seigneur de Torigni, assiste au siège de Gavrai (1378) et figure à Carentan dans une revue (1erjuin 1381). Il est capitaine ordonné au pays de Basse-Normandie en août 1383 (Bibl. nat.,Clair.vol. 72, no5621); il y est encore le 4 octobre 1387, et porte, dans une quittance du 12 mai 1403, le titre de chambellan du roi et de Mgr le duc d’Orléans (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 1896).

[20]Nous retrouvons plus tard en Italie Louis d’Enghien, venu au secours du duc d’Anjou après la campagne de Flandre (Chronographia, t. III, p. 69).

[21]Il y eut au pont de Comines, d’après d’autres chroniqueurs, non pas seulement une escarmouche, mais une vraie bataille entre les défenseurs du pont et les premiers chevaliers qui passèrent la rivière. Les Flamands perdirent même à cette attaque 3,000 des leurs; c’est pour venger cet échec que le lendemain Pierre du Bois vint avec des troupes fraîches qui, une seconde fois, durent céder devant les Français (Ist. et cr., t. II, p. 212 et 250).

[22]Froissart donne à cette nuit la date du 27 novembre; il s’agit du lundi 17.

[23]Les chroniqueurs parlent d’unesorcièrequi accompagnait Pierre du Bois et portait son étendard; elle fut tuée dans ce combat (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 200;Ist. et cr., t. II, p. 263); son nom est différent suivant les textes (cf. Kervyn, t. X, p. 472).

[24]Ville située sur la Lys, dont la partie nord appartient à la Belgique (Flandre occidentale, arr. d’Ypres), et la partie sud à la France (Nord, arr. de Lille).—C’est le 21 novembre qu’eut lieu le pillage de cette ville (Ist. et cr., t. II, p. 264).

[25]Les «prosecutions» des Bretons surtout furent pénibles pour les Flamands (Ist. et cr., t. II, p. 250). Eustache Deschamps fait allusion aux ravages de ces routiers et n’épargne pas non plus les Bourguignons (Œuvres complètes, p. p. laSociété des anciens textes français, t. I, p. 217-218).

[26]Le roi d’Angleterre avait cherché à se faire bienvenir de ces ambassadeurs par de très beaux présents; à la date du 14 février 1383, il payait encore une somme de 60 livres 15 sh. à Nicolas Twiford, orfèvre, pour prix de vases dorés offerts aux envoyés gantois (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 13 et 306, m. 14; cf. aussi précédemment t. X, p.LXXIII, n. 3), qui demandaient en échange de leur alliance que l’estaple des laines fût transférée de Calais en Flandre.

[27]C’est le jeudi 20 novembre 1382 que Charles VI traverse la Lys (Ist. et cr., t. II, p. 263;Séjours de Charles VI, p. 15) et non le mardi 18 novembre, comme le dit Froissart.

[28]Ce personnage est seulement désigné dans les chroniques comme le «capitaine ordonné par les gens de Gand» (Ist. et cr., t. II, p. 179).

[29]La soumission d’Ypres n’eut pas lieu sans coup férir, mais à la suite d’un échec que subirent les habitants du fait d’une avant-garde envoyée à la recherche de vivres (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 202). Le 22 novembre, la ville ouvrit ses portes après avoir arboré la bannière fleurdelysée; elle s’engageait à reconnaître le roi pour son seigneur et à se ranger du parti du pape Clément (Ist. et cr., t. II, p. 264-266).

[30]L’émeute parisienne fut une des conséquences du soulèvement de Rouen (voy. plus bas,note 33); «quant cheus de Paris ourent nouvelles que cheulz de Rouen s’estoient revellés, il en ourent grant joye pour ce qu’il avoient commenchié» (Chr. norm. de Pierre Cochon, p. 169).

[31]Nicolas le Flamand, marchand drapier, était fournisseur du roi et du duc de Bourgogne (Moranvillé,Ét. sur Jean le Mercier, p. 88, note 1); déjà compromis comme partisan d’Étienne Marcel, il avait obtenu des lettres de rémission.

[32]Une lettre de rémission du 28 septembre 1384 est accordée à un homme qui, à Orléans, a pris part à une rébellion «pour contredire les aides ordenées pour le fait de noz guerres» (Arch. nat., JJ 125, fol. 114).

[33]C’est en juin 1382, d’après laChronique de Pierre Cochon(p. 168), le 1eraoût, d’après laChronique des Quatre Valois(p. 304), qu’une nouvelle émeute, succédant à celle qui avait pris fin en avril, s’éleva à Rouen à propos des impôts sur les draps et sur les boissons. Elle s’apaisa bientôt grâce à l’intervention du maréchal de Blainville et de Guillaume de Bellengues, capitaine de la ville et chambellan du roi.

[34]C’est le 22 novembre que Cassel se rend (Ist. et cr., t. II, p. 264).

[35]Poperinghe fut pillée le 22 par les gens du duc de Bourbon, qui tuèrent plus de 4,000 ennemis et emportèrent un grand butin (Cabaret d’Orville,Chron. du bon duc Loys de Bourbon, p. 170).

[36]Messines fut pillée le 21 novembre (Ist. et cr., t. II, p. 264).

[37]D’après une famille de mss., le roi n’entra pas dans Ypres, et se contenta de camper en face de la ville.

[38]Les comptes de la ville de Gand nous apprennent que Philippe d’Artevelde était depuis le 25 octobre à Edelaere, où il était encore le 19 novembre; le 22, il était à Courtrai (De Rekeningen der Stad Gent, p. 334-335). C’est donc à tort qu’un peu plus loin Froissart se demande pourquoi Philippe ne reste pas à Audenarde.

[39]Cette recommandation se retrouve aussi dans leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 206).

[40]Les chiffres donnés par les différents chroniqueurs varient: 60,000 hommes dans laChronographia(t. III, p. 43); 50,000 à 60,000 dans lePetit Thalamus(p. 406); 40,000 dans laChronique de Pierre Cochon(p. 171), dans laChronique du bon duc Loys de Bourbon(p. 170), dans Eustache Deschamps (t. III, p. 69) et dans une rédaction d’une Chronique de Flandre (Ist. et cr., t. II, p. 267); 30,000 dans une autre version (Ibid.t. II, p. 180), «gens de commugnes et mal ordonnées.»

[41]Le duc de Berri était arrivé le 25 (Ist. et cr., t. II, p. 266). La présence à l’armée de Louis, frère du roi, alors comte de Valois, n’est mentionnée que par leReligieux de Saint-Denis. Ce prince avait été renvoyé en Picardie, soit à Péronne (Chronographia, t. III, p. 44, note 1), soit à Mondidier (Ist. et cr., t. II, p. 210-211). Voy. Jarry,la Vie politique de Louis de France, duc d’Orléans, p. 20-21.

[42]LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 210) parle de 12 éclaireurs français connaissant le flamand, commandés par Guillaume de Langres.

[43]L’armée française était forte de 12,000 hommes (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 210); de 10,000 gens d’armes d’après laChronique de Pierre Cochon(p. 171).

[44]Une rédaction desChroniques de Flandre(Ist. et cr., t. II, p. 180-181) énumère dans l’armée du roi: 3 ducs, 21 comtes, 100 doubles chevaliers bannerets, 2,000 autres et 6,000 écuyers.

[45]La question du schisme joua dans cette campagne de Flandre un rôle plus grand que les récits des chroniqueurs ne le laissent supposer. C’est ainsi que le comte de Flandre, partisan du pape Urbain, fut toujours tenu à l’écart par les chevaliers français, qui refusèrent de combattre avec ses gens en raison de leur croyance religieuse (Ist. et cr., t. II, p. 215). On avait même défendu de parler flamand dans l’armée royale (Meyer, fol. 188 vo).

[46]Ce furent les Bretons et les Picards qui entrèrent les premiers en bataille (Ist. et cr., t. II, p. 180).

[47]A ces noms il faut ajouter, d’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 220), ceux de Jean Brides, du seigneur de Bavai et de Renaud (lisezRobert) le Baveux.

[48]Meyer (fol. 190 vo) dit que Philippe d’Artevelde fut tué au milieu des siens «cum Jacobo Divite et Johanne Hermanno aliisque tribunis suis.»

[49]LaChronique du bon duc Loys de Bourbonsignale le rôle brillant du sire de Couci et du duc de Bourbon (p. 171-174).

[50]Les pertes des Flamands furent très nombreuses; elles varient suivant les chroniqueurs: 26,000 hommes (Ist. et cr., t. II, p. 180 et 216); 25,000 (Deschamps, t. III, p. 70;Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 220), sans compter les fuyards; 24,000 (Chr. de Pierre Cochon, p. 172); de 24,000 à 30,000 (Petit Thalamus, p. 406); 20,000 (Chronographia, t. III, p. 45); plus de 18,000 (Chr. des Quatre Valois, p. 306); de 16 à 18,000 (Chr. du bon duc Loys de Bourbon, p. 173).—Les Français furent beaucoup moins éprouvés; leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 220) parle de 7 chevaliers et 44 hommes d’armes; lesChroniques de Flandre(Ist. et cr., t. II, p. 216) donnent le chiffre de 100 hommes, dont 2 ou 3 chevaliers.

[51]LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 220) cite, au lieu de ce nom, ceux d’Antoineet deGuide Cousan; ce dernier est seul mentionné dans laChronique du bon duc Loys de Bourbon(p. 172).

[52]Après la bataille, le comte de Flandre vint remercier le roi, qui le reçut mal et lui reprocha d’avoir souvent fait alliance avec ses ennemis (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 224-226).

[53]On lit dans une chronique de Flandre: «De le desconfiture des Flamens fu le nuyt li fais sceus au siege d’Audenarde par les fuians qui escapperent; dont chil qui le siege tenoient furent tres dolant, et se deslogierent la nuyt moult en grant haste, et laissierent moult de leurs tentes et d’autres coses, et yssirent aucun chevalier et saudoyer d’Audenarde qui, en poursuiant les Flamens, en tuerent et noierent pluiseurs; et li aultre en rallerent a Gant dire la nouvelle» (Ist. et cr., t. II, p. 216).

[54]Dès le lendemain de la bataille le roi est à Thourout. C’est là que, le 29 novembre, il reçoit les députés de la ville de Bruges, accompagnés de deux Cordeliers (Ist. et cr., t. II, p. 267).

[55]Le 11 juillet 1302, Robert d’Artois, commandant les Français, fut vaincu et tué par les Flamands à la bataille de Courtrai, ainsi qu’un grand nombre de chevaliers dont les éperons furent suspendus comme trophées dans une chapelle de l’église Notre-Dame de Courtrai (Ist. et cr., t. II, p. 218).

[56]C’est le 30 novembre, à Thourout, que le roi prit à merci la ville de Bruges, qui reconnaissait le pape Clément et renonçait à l’alliance anglaise, se soumettant à l’autorité du roi et du comte de Flandre. La ville s’engageait de plus à payer en deux termes la somme de 120,000 francs d’or (Extrait duSeptième Cartulaire de France, déposé aux Archives de Lille, publié par Le Glay,Chronique rimée, p. 106-109, et par Kervyn, t. X, p. 484-486).

[57]Walsingham prétend (t. I, p. 81) qu’à la prise de Bruges les biens seuls des marchands anglais furent pillés et confisqués au profit du roi de France.

[58]Nous avons déjà eu occasion de parler du différend existant entre la ville de Valenciennes et Thierri de Dixmude, à propos du meurtre de son écuyer Daniel d’Usse (t. X, p.XVIII, note 1); Kervyn a cité de nombreux documents relatifs à cette affaire (t. X, p. 491-494).

[59]Dès le 30 novembre, étant à Roulers, le roi écrivit aux Gantois pour leur proposer sa médiation entre eux et le comte de Flandre. On était tellement sûr que cette proposition serait acceptée et que Gand suivrait l’exemple des autres villes, qu’Eustache Deschamps, dans la ballade qu’il composa après la bataille de Roosebeke, escompte déjà cette soumission (Œuvres complètes, t. III, p. 70). La réponse des Gantois, datée du 3 décembre, parvint au roi à Courtrai, où il était entré le 1er. Les Gantois demandaient un sauf-conduit pour trente-deux personnes, ce qui leur fut accordé. Le roi demandait la reconnaissance du pape Clément et une somme de 300,000 francs (Ist. et cr., t. II, p. 269-271). Les négociations eurent lieu à Courtrai du 7 au 17 décembre (Rekeningen, p. 333-334), mais elles traînèrent en longueur, et, chassé par le mauvais temps, Charles VI quitta Courtrai le 18 pour aller à Tournai.

[60]Une des causes les plus réelles du retard des Anglais à intervenir dans les affaires de Flandre à cette époque fut la réclamation que faisaient les Gantois d’une somme de 200,000 écus, dont a déjà parlé Froissart (t. X, p. 269). C’est ce que dit très explicitement un passage de notre tome XI qui ne se trouve que dans quelques manuscrits (p. 343). On y lit, en effet, que l’alliance eût été vite conclue «se n’eust esté la somme de deniers qu’ilz demandoyent ausdiz Angloiz.» Les pourparlers n’en continuèrent pas moins, mais, après la bataille de Roosebeke, les négociateurs anglais «furent si esbaïz et si troublez de celle soudaine aventure non esperée, qu’ilz s’en retournerent en Angleterre, sens plus lors proceder sur celle matiere.»

[61]François Ackerman retourna, non pas à Gand, comme le dit Froissart, mais en Angleterre où, le 20 janvier 1383, nous voyons l’amiral anglais Jean de la Roche recevoir des instructions «pro certis negociis tangentibus tractatum faciendum cumadmirallo fflote Flandrie,» c’est-à-dire Fr. Ackerman, qui portait ce titre d’amiral de la flotte flamande (Rec. off.,Issue Rolls 199, m. 11, et 306, m. 11).

[62]Le pillage et l’incendie de Courtrai furent choses épouvantables, malgré l’intervention du duc de Bourgogne (Chr. du bon duc L. de B., p. 175); presque toute la ville fut détruite (Ist. et cr., t. II, p. 181, etRelig. de Saint-Denis, t. I, p. 230). Par contre, d’après Meyer (fol. 191), la ville se racheta en payant «pro Britonum stipendiis centum et viginti milia francorum aureorum.»

[63]C’est le 18 décembre que le roi arriva à Tournai, où il était encore le 28.

[64]D’après les actes de soumission des différentes villes, à l’exception de Gand toujours rebelle, la Flandre s’était engagée à suivre l’obédience du pape Clément (Ist. et cr., t. II, p. 217 et 267); les Brugeois seuls semblent s’être soumis à cette obligation (Valois,La France et le grand schisme d’Occident, t. I, p. 361).

[65]Les prisonniers, rançonnés à Tournai par le comte de Saint-Pol, pour cause d’adhésion au pape Urbain, furent nombreux (Ist. et cr., t. II, p. 182).

[66]Comme il l’avait déjà fait à Courtrai, le 17 décembre, en récompensant Gui de Boncourt (Arch. nat., JJ 122, fol. 11), le roi ne quitta pas Tournai sans faire quelques confiscations, dont profitèrent entre autres, à la date du 24, Guillaume de Mareuil et Guillaume de Neilhac, pour leur conduite à Roosebeke (Ibid., JJ 121, fol. 172).

[67]D’après lesSéjours de Ch. VI, le roi était encore le 28 décembre à Tournai et se trouvait le 31 à Péronne, où l’attendait son frère Louis (Ist. et cr., t. II, p. 218); c’est donc le 29 ou le 30 qu’il faut placer son arrivée à Arras.

[68]Très attristé par la destruction de Courtrai (Ist. et cr., t. II, p. 218) et par les humiliations nombreuses dont il avait été victime au cours de la campagne, le comte de Flandre n’avait pas attendu la fin du mois pour prendre congé du roi. Une première fois, le 6 décembre, nous le trouvons à Harlebeke, où il récompense le seigneur de Sempi par le don des biens du prévôt de Notre-Dame de Bruges; le 26, il est définitivement de retour à Lille, où nous le voyons octroyer, comme récompenses de services rendus, 10,000 francs au connétable de Clisson, 3,000 à l’amiral Jean de Vienne et à Gui de la Trémoïlle, 1,000 à Enguerran d’Eudin et à Anseau de Salins, et 500 à Gui de Pontallier (Extr. duSeptième cartulaire de Flandre, publié par Le Glay, dansChr. rimée, p. 109-110).

[69]A Péronne, le 31 décembre 1382, à Noyon, le 1erjanvier 1383, à Compiègne, du 2 au 7 (Séjours de Ch. VI, p. 16), le roi est accueilli par toute la Picardie avec joie et respect (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 232). C’est à Compiègne, le 7 janvier, que l’on retire le grand sceau au chancelier de France, Milon de Dormans, évêque de Beauvais (Ist. et cr., t. II, p. 272), qui ne fut remplacé définitivement que le 10 juillet par Pierre de Giac, aux gages de 2,000 livres par an (Bibl. nat.,Clair.vol. 53, no3999). L’évêque de Laon, Arnaut de Corbie, et MePhilippe de Moulins furent chargés de l’intérim.

[70]Le roi est à Senlis, le 8 janvier; il couche le lendemain à Louvres.

[71]Pour effrayer les Parisiens, le roi «avoit retenu en Franche grant quantité de gent d’armes qui, avec lui, estoient revenu du pays de Flandres, et les faisoit vivre et gouverner sur les marches près» (Ist. et cr., t. II, p. 219).

[72]Le texte de Froissart, tel que nous l’avons corrigé en y introduisantEstrées-Saint-Denis, montre que les troupes s’étaient échelonnées sur le chemin suivi par le roi; une autre partie était descendue entre la Marne et la Seine.

[73]Il semble préférable d’adopter ici la leçon de certains mss. qui ajoutententre la rivière de Marne et la rivière de Seine(voy.p. 348).

[74]C’est à Saint-Denis, et non au Bourget, que le roi coucha le 10 janvier, veille de son entrée à Paris. Il se rendit solennellement à l’abbaye et remercia Dieu de sa victoire (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 232).

[75]LaChronique du bon duc Loys de Bourbon(p. 176) dit que le roi «avoit 18,000 harnois contre lui;» laChronique des Quatre Valois(p. 308) parle seulement de 1,500 h. d’armes «rengiés en ordonnance.»

[76]D’après laChronographia(t. III, p. 47), le connétable de France et le maréchal de Sancerre précédèrent le roi de deux jours.

[77]Le 10 au soir, le prévôt des marchands vint assurer le roi des bonnes dispositions de la population (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 234). Le lendemain, il venait au-devant du roi avec les échevins et lui souhaitait la bienvenue (Chronographia, t. III, p. 47).

[78]Le roi entra le 11 janvier dans Paris avec une nombreuse escorte, 12,000 hommes d’après laChronographia(t. III, p. 47), et alla jusqu’à Notre-Dame (Ist. et cr., t. II, p. 273). S’il fallait croire laChr. du bon duc L. de B.(p. 176-178), le duc de Bourbon serait entré le premier avec 800 hommes d’armes, «pour ce qu’il estoit amé de ceulx de la ville;» il se serait chargé du guet et aurait présidé au désarmement des Parisiens.

[79]Les portes furent brûlées et les chaînes portées à Vincennes (Ist. et cr., t. II, p. 274).

[80]Aussitôt l’entrée du roi, eurent lieu des arrestations et des exécutions; c’est ainsi que furent emprisonnés, dès le 11, plus de 300 bourgeois (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 236), 1,000 peut-être (Ist. et cr., t. II, p. 219), parmi lesquels Jean des Marès (Ibid., p. 273), Guillaume de Sens, Jean Filleul (Chronographia, t. III, p. 48), Jacques du Châtel, Martin le Double, Jean le Flamand, Jean le Noble et Jean de Vaudetar (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 236; voy. aussi Moranvillé,Étude sur J. le Mercier, p. 88, note 1). Le 12, on décapita deux drapiers, Aubert de Dampierre et Guillaume Rousseau, ainsi qu’un orfèvre, Henri de Pons, tous trois arrêtés avant l’arrivée du roi. Le 24, on décapita huit autres bourgeois; le 31, Jean Maillard, marchand, et six autres notables furent encore exécutés (Ist. et cr., t. II, p. 273-276), malgré les supplications des bourgeoises de Paris, venues, «toutes vestues de noir, pour requerir et avoir pardon et mercy de leurs maris» (Chr. des Quatre Valois, p. 309), et les prières de la duchesse d’Orléans et du recteur de l’Université de Paris (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 238).

[81]On reconnut bientôt d’après l’avis de «ceulx des finances qu’il valoit mieulx que le roi fist une composicion pour la despence qu’il ot faite en Flandres que plus proceder oultre en cas criminel» (Chr. du bon duc L. de B., p. 178). Aussi, dès le mois de février, plusieurs inculpés «furent mis a composicion d’argent» (Ist. et cr., t. II, p. 276;Chronographia, t. III, p. 50).

[82]Le montant des amendes, tout à fait inestimable, au dire de laChronographia(t. III, p. 50), s’éleva seulement à 200,000 francs d’or d’après Cabaret d’Orville (Chr. du bon duc L. de B., p. 179).

[83]C’est le 12 que les maillets et les armures furent rendus (Ist. et cr., t. II, p. 273); ils durent être portés soit au Louvre, soit au Palais: il y en avait assez pour armer 80,000 hommes (Relig. de Saint-Denis, t. 1, p. 238). Le roi de plus, pour prévenir toute nouvelle rébellion, se hâta de mettre en état la bastide Saint-Antoine et construisit celle du Louvre (Ist. et cr., t. II, p. 274).

[84]Les impôts rétablis le 20 janvier, furent les 12 deniers par livre de denrées, la gabelle de 20 francs par muid de sel et le huitième pour le vin vendu au détail (Ist. et cr., t. II, p. 275). Une ordonnance royale du 27 janvier (Rec. des ordonn., t. VI, p. 685) supprima de plus la prévôté des marchands, dont le titulaire, Jean de Fleuri, dut rendre les sceaux; ses fonctions furent attribuées au prévôt de Paris. On supprima aussi les quarteniers, cinquanteniers et dizainiers de la ville (Ist. et cr., t. II, p. 276). Voy. l’article de M. L. Mancest Batifol, dans laBibl. de l’Éc. des chartes(t. LII, p. 269-284). Le roi revenait ainsi, et au delà, sur les concessions qu’il avait été obligé d’accorder aux Parisiens après la révolte des Maillotins en 1382; il les punissait en même temps de l’alliance qu’ils avaient voulu se ménager avec les rebelles de Flandre, dont on avait eu la preuve dans une lettre saisie à Courtrai (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 230).

[85]Les plaintes sont nombreuses à cette époque contre les routiers revenant des guerres de Flandre et pillant sur leur passage. Nous en trouvons mention à Villedieu (Arch. nat., JJ 145, fol. 169), à Noyon (Ibid., JJ 149, fol. 67 vo), à Crépi-en-Laonnais (Ibid., JJ 150, fol. 150 vo).

[86]Arrêté dès le 11 janvier, Jean des Marès fut réclamé, comme clerc, par l’officialité de l’évêque de Paris. Mais les ducs de Berri et de Bourgogne hâtèrent le jugement (Ist. et cr., t. II, p. 276-277), qui fut rendu sans que l’inculpé eût pu être «ouy dans ses excusacions» (Chr. des Quatre Valois, p. 310). Jean des Marès fut décapité le 28 février 1383. Dès le lendemain, le roi, accompagné de ses oncles, convoque dans la cour du Palais les bourgeois de Paris, qui s’y présentent «sans chapperons» (Chr. des Quatre Valois, p. 310). Pierre d’Orgemont leur reproche toutes leurs rébellions passées; le roi leur pardonne, mais vingt d’entre eux, «a prendre à la volonté du roi» (Ibid., p. 311), seront rançonnés (Ist. et cr., t. II, p. 278-280;Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 246-248). Ceux qui n’ont pas répondu à l’appel du roi et ne sont pas rentrés à Paris sont exilés et privés de leurs biens (Chronographia, t. III, p. 51).

[87]C’est le 19 janvier que fut exécuté Nicolas le Flamand (Ist. et cr., t. II, p. 275).

[88]Rouen fut la première ville de Normandie que le roi voulut châtier après la soumission de Paris. Une commission fut nommée à cet effet, composée de Jean Pastourel, président de la Chambre des comptes et de Jean le Mercier, auxquels on adjoignit l’amiral Jean de Vienne (Relig. de Saint-Denis, t. II, p. 250), qui, à la date du 27 janvier, figure à Paris dans unemontreavec dix-sept chevaliers et quatre-vingt-deux écuyers de sa compagnie (Terrier de Loray,Jean de Vienne, p.CCVI), et, le 3 mars, reçoit 2,000 francs à prendre sur les confiscations faites en Normandie (Ibid., p.LXXV). La commission comprenait en outre Nicolas Painel, Étienne du Moustier et Robert Thoroude (Moranvillé,Ét. sur J. le Mercier, p. 90). Cette commission fit arrêter trois cents notables de la ville, dont une partie furent mis à mort après Pâques (22 mars) et dont le plus grand nombre se rachetèrent. Une somme de 60,000 livres tournois fut de plus exigée des habitants (Ibid., p. 91).—Dans les autres villes de Normandie, notamment à Caen et à Falaise, les mêmes réformateurs «firent de grans justices» (Fragm. d’une chronique inédite, publiés par L. Delisle, 1895, p. 10). En date du 29 avril, une lettre de rémission est accordée à la ville de Caen (Arch. nat., JJ 123, fol. 52 vo) pour lesexcèscommis; en 1382, cette ville avait refusé d’envoyer 30 arbalétriers au roi (Ibid., fol. 47).

[89]La révolte des habitants de Reims fut une des premières à éclater; au commencement de la campagne de Flandre, ils arrêtèrent le maréchal de Bourgogne, Gui de Pontallier, qui se rendait dans le nord avec ses hommes d’armes (Kervyn, t. X, p. 474). Au 15 février 1383, le roi nomma, pour informer sur les excès de la province de Reims, des commissaires parmi lesquels se trouvent le comte de Sancerre, Tristan du Bos, maître des requêtes de l’hôtel, Gilles Gallois, général conseiller des aides, Jean de Montaigu et Regnault de la Chapelle, trésorier (Arch. nat., JJ 123, fol. 47 vo).

[90]Le roi part de Vincennes le 7 avril, arrive à Chartres, pour s’acquitter d’un vœu de pèlerinage; après son départ, le 26, ont lieu des «assemblées des gens du roi;» le 16, il est à Orléans (Chronographia, t. III, p. 52, note 1). Il fait abattre les portes et détruire les chaînes de la ville; quelques rebelles sont décapités (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 260).

[91]Cabaret d’Orville fait allusion au licenciement des hommes d’armes (Chr. du bon duc L. de B., p. 179).

[92]Le 11 avril, une nouvelle taxe fut établie pour un an à Paris sur laqueuede vin vendue en gros. Elle était destinée à réparer la ville (Chronographia, t. III, p. 52). LaChronique de Pierre Cochon(p. 170) parle d’une amende de 80,000 livres, dont 12,000 étaient destinées au roi; 8,000 à la ville de Paris; 60,000 aux autres villes.

[93]En janvier 1383, le comte de Flandre, qui hésitait toujours à reconnaître le pape Clément, fit une dernière tentative de rapprochement avec les Gantois, qui ne put aboutir à la paix. Il voulut alors empêcher les Gantois d’agir et leur couper les vivres en occupant les passages de Courtrai, d’Audenarde, de Termonde, de l’Écluse et d’Ardembourg. Les Gantois, secrètement encouragés par le roi d’Angleterre (Meyer, fol. 192 vo), lui répondirent par la prise d’Ardembourg à la fin de janvier (Ist. et cr., t. II, p. 220-221 et 254).

[94]Du 1erjanvier à la fin de juillet, treize marchands de Gand et de Bruges sont à Londres pour traiter de l’alliance avec le roi d’Angleterre (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 14; 201, m. 5, 6, 11, 14; 306, m. 15). Au mois de février, nous y trouvons mêlé un clerc de la chancellerie anglaise, Thomas Stanley (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 13, et 306, m. 13). Les Gantois, pour s’assurer la protection des prélats anglais prétendaient que le comte de Flandre était devenu partisan du pape Clément (Ist. et cr., t. II, 292-293, 306-307) et s’offraient à reconnaître le roi Richard pour leur seigneur (Walsingham, t. II, p. 71).

[95]François Ackerman faisait partie de la mission gantoise et portait toujours le titre d’amiral de Flandre. Il était venu de Londres à Sandwich le 4 février, avec Jean Phelippot et quatre autres députés flamands pour retenir des bateaux destinés à passer en Flandre (Rec. Off.,Issue Rolls306, m. 18). Au 1ermai, il commandait neuf gros bateaux flamands et touchait pour ses gages et ceux de trente-six hommes d’armes, du 25 mars au 25 mai, 52 livres; il touchait de plus pour les gages de ses marins, du 26 mars au 9 mai, 130 livres 13 sols 11 deniers (Ibid., 307, m. 4); il touchait le 8 juillet, pour ses gages du 10 mai au 18 juin, 40 livres; pour ceux de ses marins, 125 livres (Ibid., 201, m. 11). A la date du 8 janvier 1384, Fr. Ackerman,écuyerde Flandre, touche un acompte sur sa pension viagère de 200 florins (Ibid., 203, m. 13).

[96]Le comte essaie de se disculper auprès du roi d’Angleterre en lui envoyant des ambassadeurs (Ist. et cr., t. II, p. 306). Il se hâte de se faire remettre (20 février 1383) les chartes de privilèges des villes soumises (Chr. rimée, publiée par Le Glay, p. 112-143).

[97]La croisade fut annoncée en plein Parlement, et le 6 décembre 1382 eut lieu la publication des bulles venues de Rome (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 226). Par ces bulles, l’évêque de Norwich, Henri le Dépensier, qui devait porter le titre de député et envoyé spécial du pape Urbain «in cruciata contra antipapam et scismaticos sibi adherentes et favorantes» (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 6), avait pleins pouvoirs d’indulgences et d’excommunications (Walsingham, t. II, p. 71-77). «A ses bulles le pape avait joint l’octroi d’un décime à lever sur l’Église» (Wallon,Richard II, t. I, p. 145).

[98]Avant d’entreprendre une nouvelle campagne en Espagne, d’assez longs pourparlers de paix eurent lieu entre le roi d’Angleterre, d’une part, et, de l’autre, le roi de Navarre et celui «qui se dicit regem Hispaniæ.» Les négociations duraient encore en juillet 1383 (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 13, 14; 201, m. 1, 2, 14; 306, m. 14; 307, m. 1;Exch.,Queen’s Remembr.,Nuncii, bundle 319, no8).

[99]En date du 13 février, Jean Cabeca de Vaca, évêque de Coïmbre, venu à Londres en ambassade, reçoit des présents du roi (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 13 et 306, m. 14). Quelques jours plus tard, il repart (Ibid.,French Rolls327, m. 14). Le 9 juin, départ d’un nouveau messager du roi de Portugal, Alfonso Ruys, de Cordua (Ibid.,Early Chanc. Rolls327, m. 3).

[100]Froissart appelle à tort cet évêqueThomas.

[101]D’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 258), l’armée anglaise se composait de 800 hommes d’armes, sans compter les archers et les hommes de pied. LaChronographia(t. III, p. 53) parle de 12,000 hommes; lesChroniques de Flandre(Ist. et cr., t. II, p. 291) de 8,000 combattants. L’évêque de Norwich avait à saretenuepersonnelle 2,500 hommes d’armes et 2,500 archers (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 6).

[102]L’évêque de Norwich devait assurer l’entrée en jouissance de leurs revenus aux religieux et aux bénéficiers qui participaient à l’expédition (Valois,La France et le grand schisme d’Occident, t. II, p. 225).

[103]Les 17 et 18 mars, des bateaux sont retenus (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 17, et 306, m. 17 et 18;French Rolls327, m. 9) et des armes achetées (Ibid.,Issue Rolls199, m. 16; 306, m. 17); les préparatifs continuent pendant tout le carême (Walsingham, t. II, p. 85), après le mandement que l’évêque a adressé aux clercs.

[104]Le 23 avril eut lieu à Londres le conseil du roi (Rec. Off.,Issue Rolls199, m. 16) qui chargea Thomas Credy et William Howelot d’aller à Sandwich surveiller l’embarquement de l’évêque de Norwich (Ibid., 201, m. 16). Ce n’est que le 17 mai que la flotte anglaise toucha Calais (Ist. et cr., t. II, p. 291); aussitôt son arrivée, l’évêque de Norwich envoya à Londres un messager (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 6).

[105]Cette date n’est pas acceptable, car on a vu plus haut que l’évêque de Norwich n’est arrivé à Calais que le 17 mai.

[106]Jean Vilain, le 10 juillet 1379, avait été retenu au service du roi d’Angleterre (Kervyn, t. IX, p. 516).

[107]Le nom de Jean Sporkin figure dans l’Armorial du Héraut Gueldre, tout proche du sire de Vilain (Kervyn, t. XXIII, p. 471).

[108]Nord, arr. et cant. de Dunkerque.

[109]Jean Drayton fut nommé gardien des trêves avec Guillaume de Beauchamp, capitaine de Calais, pour les parties de Picardie et de Flandre, le 26 janvier 1384 (Rymer, t. VII, p. 420 et 422).

[110]Parmi ces troupes figuraient les contingents de Furnes, de Bergues, du Franc de Bruges, d’Ypres, ainsi que les gens d’armes que le comte avait mis en garnison à Dixmude (Ist. et cr., t. II, p. 285 et 307).

[111]La bataille eut lieu entre Furnes et Berghes, le 25 mai, jour de la Saint-Urbain, patron du pape reconnu par les Anglais (Ist. et cr., t. II, p. 286 et 291). Les Flamands perdirent de 14,000 à 15,000 des leurs (Chronographia, t. III, p. 53;Chr. des Quatre Valois, p. 311); c’était la Flandre ouverte aux Anglais (Ist. et cr., t. II, p. 293).

[112]Avant d’arriver à Bourbourg, les Anglais avaient reçu la soumission des villes de Furnes, de Nieuport et de Bergues, dont Froissart ne parle pas (Ist. et cr., t. II, p. 283 et 286).

[113]Nord, arr. de Dunkerque.

[114]Jean de Béthune, dit de Loques, sert en Picardie durant l’année 1381 sous les ordres du sire de Couci. Nous le retrouvons à Paris le 17 septembre 1410 recevant ses gages et ceux de six autres chevaliers, douze écuyers et vingt archers (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 326). Il fut tué à Azincourt.

[115]Il s’agit sans doute ici de Lancelot de Clari, célèbre par son duel à Calais, en juillet 1383, contre Pierre de Courtenai, que leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 392) et Froissart (Kervyn, t. XIV, p. 49) placent à une autre date; cf. Moranvillé, dansChronographia(t. III, p. 54, n. 2 et 55, n. 3).

[116]Jean de Canni figure dans une revue passée à Paris, le 21 septembre 1410 (Bibl. nat.,Pièces orig.vol. 587).

[117]Nord, arr. d’Hazebrouck.

[118]Les Anglais étaient à Poperinghe, qu’ils pillèrent, le 9 juin 1383 (Ist. et cr., t. II, p. 294). Peut-être est-ce à cette date «deux mois avant que nous allissions au pays de Flandres,» qu’il faut placer l’apparition de routiers anglais devant Blaringham (Arch. nat., JJ 122, fol. 87 vo).

[119]Ce fut le 5 juin que l’armée anglaise rejoignit, sous les murs d’Ypres, les Gantois qui l’attendaient au nombre de 2,000 (Ist. et cr., t. II, p. 281-82, 288). Froissart dit, au contraire, que les forces gantoises ne vinrent à Ypres qu’après l’arrivée des Anglais. Le succès des Anglais avait déterminé en Angleterre un nouveau départ de combattants qui rejoignirent sous Ypres le gros de l’armée (Walsingham, t. II, p. 95), ce qui porta les forces de l’armée assiégeante à 30,000 Gantois et 60,000 Anglais.

[120]Pierre van der Zipe fut nommé chevalier avec sept autres hommes d’armes pendant le siège de la ville (Ist. et cr., t. II, p. 290 et 320).

[121]Le châtelain d’Ypres était Jean d’Outre (Ist. et cr., t. II, p. 290 et 320), qui figure plus tard aux obsèques du comte de Flandre.

[122]Les montres où figurent des Bretons sont nombreuses en l’année 1383. Voy.Mémoires pour servir de preuves à l’histoire de Bretagnede dom Morice, t. II, col. 436 et suiv.

[123]Le siège d’Ypres ne commença que le 10 juin 1383; les habitants s’y attendaient depuis longtemps et avaient fait des provisions pour quatre mois; ils s’étaient même procuré du salpêtre à Paris. Une première tentative faite par les Anglais, le 10 et le 11 juin à la Bueter-poorte, puis à la Tempel-poorte, ne réussit pas. Les Anglais s’établirent alors dans les faubourgs qui avaient été évacués et occupèrent, le 13, la paroisse Saint-Michel. Les Gantois, leurs alliés, se fortifièrent entre les quartiers Notre-Dame et Saint-Jean, coupèrent les conduites d’eau alimentant la ville et comblèrent les fossés, en se faisant aider de force par les gens du Franc et par les habitants restés dans les faubourgs. Le 24 juin, jour de la Saint-Jean, les ponts sont prêts à livrer passage aux assiégeants, qui sont repoussés après de fortes pertes (Ist. et cr., t. II, p. 288-289, 293-299).

[124]LeGallia christiana(t. III, col. 899-900) fait allusion à l’intervention infructueuse de l’évêque de Liège, qui aurait été trouverle roid’Angleterre sous les murs d’Ypres.

[125]Craignant l’intervention armée du roi de France, les Gantois avaient essayé, d’un autre côté, de négocier avec lui, sans y réussir (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 266). C’est alors qu’une nouvelle ambassade de sept marchands s’était rendue à Londres, où nous la voyons séjourner du 7 août au 30 décembre 1383 (Rec. Off.,Issue Rolls203, m. 12 et 14).

[126]Le duc de Bourgogne fut à Compiègne avec le roi du 9 au 13 août 1383.

[127]Dès le mois de juin, Jean de Vienne avait été envoyé dans le nord (Jean de Vienne, p.CCIX-CCX); nous le trouvons à Béthune au service du roi, à la fin du mois (Arch. nat., JJ 123, fol. 104 vo) et en juillet (Bibl. nat.,Clair.vol. 24, no1767). En date du 28 et du 30 juin, la convocation de l’arrière-ban, pour aller au siège d’Ypres, était faite en Normandie (Mus. Brit.,Add. chart.3345 et 6749). L’armée royale devait être réunie à Arras le 22 août (Ist. et cr., t. II, p. 332); les approvisionnements étaient assurés par Nicolas Boulard (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 264).

[128]Dans cette expédition, Jean Sans-Terre, bâtard de Flandre, fut fait prisonnier ainsi que Lamsin le Maréchal, et dut payer rançon à la ville d’Ypres (Ist. et cr., t. II, p. 299-300). Quelques mois plus tard (Arras, 22 et 27 novembre 1383), Jean Sans-Terre recevait de son père, le comte de Flandre, les château, maison et fief de Dringham, confisqués sur le rebelle Jean de Scheurvelde, héritier de Jacques de Dringham et les biens confisqués de Robert de Wisen (Chr. rimée, publiée par Le Glay, p. 147).

[129]Au mois de juillet, l’évêque de Norwich (l’évêque de Lincoln, d’après une autre rédaction), essaie d’entamer des négociations pour amener les Yprois à ouvrirleursportes. Après une dernière entrevue où figurent quatre prélats, quatre chevaliers et quatre bourgeois envoyés par la ville, les pourparlers sont rompus le 30 juillet et l’évêque excommunie la ville. Aussitôt les attaques des Anglais recommencent: le 3 août, assaut repoussé. Le 5, nouvel assaut, avec des maisons roulantes; victoire des Yprois; Jean de Reym est tué. Le 7, nouvelle escarmouche. Le 8, grosse attaque où les habitants sont encore vainqueurs (Ist. et cr., t. II, p. 289-290, 300-305). C’est à propos d’un de ces assauts que Froissart parle denouveauxchevaliers; dans lesChroniques de Flandre, il est parlé de huit chevaliers (voy. plus haut, p.XXVII,n. 20).

[130]Le roi, qui a pris l’oriflamme à Saint-Denis le 2 août (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 266), avant de se rendre à Compiègne, où il séjourne jusqu’au 12, arrive à Arras le 20. Les chroniqueurs varient beaucoup dans l’évaluation de son armée qui est longuement énumérée dans lesChroniques de Flandre(t. II, p. 324-327, 332-334, 342): 200,000 hommes, dont 20,000 chevaliers, dans Meyer (fol. 196 vo); 16,000 chevaliers et écuyers dans leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 262); 22,000 hommes dans laChronographia(t. III, p. 57); 50,000 chevaux dans laChronique de Pierre Cochon(p. 174). Les Anglais avaient 10,000 combattants et 8,000 archers (Chronographia, t. III, p. 58).

[131]C’est le 10 août, jour de la Saint-Laurent (le 8 août, d’après Meyer, fol. 196 vo), après neuf semaines de siège, que les Anglais, découragés par leurs échecs successifs et apprenant la venue de l’armée française, abandonnèrent le siège d’Ypres (Ist. et cr., t. II, p. 290-291, 305-306). L’évêque de Norwich voulut alors entrer en Picardie, mais ses officiers refusèrent de l’y suivre. Il se retira alors à Gravelines; ses chevaliers allèrent à Bourbourg (Walsingham, t. II, p. 99-100).

[132]Les Gantois furent fort mécontents du départ des Anglais. Ils savaient en effet que l’eau et les vivres commençaient à manquer dans la ville, dont on avait déjà expulsé les bouches inutiles; ils espéraient sous peu un succès, qui devenait douteux, l’armée anglaise partie (Ist. et cr., t. II, p. 290-291).

[133]Le roi séjourna à Arras du 20 au 27 août; il y fut rejoint par le comte de Flandre, venu de Lille à Douai, puis à Arras (Ist. et cr., t. II, p. 323; Petit,Itinéraires, p. 159); il avait soupé et gîté le 25 à l’abbaye de Marœil en Artois (Ist. et cr., t. II, p. 324;Itinéraires, p. 159 et 679), qu’il ne faut pas confondre avec Moreuil en Picardie, où il passa le 2 octobre, en revenant en Flandre (Itinéraires, p. 160).

[134]Le roi ne passa qu’une nuit, celle du 27, à l’abbaye bénédictine du Mont-Saint-Éloi.

[135]C’est, non pas à Aire même, mais au Brouillart et à Gonnay, que le roi séjourna les 28, 29 et 30 août. Le 31 il campa (Itinéraires, p. 159).

[136]Le 1erseptembre, le roi était à Arques, tout près de Saint-Omer.

[137]Les 2 et 3 septembre, le roi était «aux champs emprès Cassel» (Petit,Itinéraires, p. 160), où avait lieu, le 2 septembre, la montre de l’évêque d’Angers et des gens de sa compagnie (Bibl. nat., coll. Decamps, vol. 84).

[138]Après avoir levé le siège d’Ypres, les Anglais s’étaient établis à Cassel. La ville prise par les Français, ils se réfugièrent à Bergues, à Gravelines et à Bourbourg (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 270).

[139]Le 4 septembre 1383.—Ravensberghe est une abbaye cistercienne de femmes du diocèse de Saint-Omer, sur le territoire de Watten, près de Bourbourg.

[140]Outre Dringham, l’armée française s’empara du fort de Nieulet et d’une autre petite place (Ist. et cr., t. II, p. 327 et 342). D’après les pièces du procès fait aux chefs de l’expédition anglaise à leur retour en Angleterre, le château de Dringham ne fut rendu par son capitaine, Pierre de Cresseingham, qu’après la reddition de Bourbourg (Kervyn, t. X, p. 518).

[141]LeReligieux de Saint-Denisdonne Robert Knolles comme capitaine à la ville de Bergues (t. I, p. 270).

[142]Les échanges de courriers avaient toujours été nombreux pendant le siège d’Ypres entre la cour de Londres et l’évêque de Norwich, chef de l’expédition anglaise (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 10, 11, 13 et 14). Quand, au mois de septembre, les échecs continuèrent et que les Anglais durent se retirer «pro salvacione eorum vite, ad villas de Burburgh et de Gravenyng,» le départ pour la France du duc de Lancastre et du comte de Buckingham fut décidé (Ibid., 203, m. 14, 18;French Rolls328, m. 15, 23). Le roi même dut faire partie de cette armée de secours (Ibid.,Patent Rolls317, m. 3), qui était convoquée au plus tôt à Sandwich (Ibid.,French Rolls328, m. 18), où des bateaux étaient retenus pour son passage (Ibid.,Issue Rolls201, m. 15;French Rolls328, m. 21); un emprunt avait été contracté auprès de la ville de Londres pour subvenir aux frais de guerre (Ibid.,Patent Rolls317, m. 3). Le retour précipité des chefs anglais fit avorter les projets du roi.

[143]Guillaume de Beauchamp, nommé capitaine de Calais, faisait, au 15 septembre 1383, ses préparatifs pour se rendre en France avec le roi (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 14;French Rolls328, m. 21). Il ne partit que le 19 novembre pour se rendre aux conférences de Leulinghem (Ibid.,Exch.,Queen’s Remembr.,Nuncii, bundle 319, no11).

[144]Guillaume de Windsor était depuis longtemps capitaine de Cherbourg. Des comptes nécessités par la défense de la ville figurent à son nom en février et juillet 1383 (Rec. Off.,Issue Rolls201, m. 11; 306, m. 15.) Il eut pour successeur comme capitaine de Cherbourg Thomas Holand, comte de Kent (Ibid., 208, m. 13, 15).


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