[299]Commencé le 1eraoût, le siège de Damme dura presque jusqu’à la fin du mois. Il fut interrompu quelque temps par une trêve (Ist. et cr., t. II, p. 365), au cours de laquelle le roi prépara son artillerie. Il en profita aussi pour faire des propositions de paix aux Gantois, qui n’y répondirent pas (Kervyn, t. X, p. 571, et t. XXI, p. 555), se gardant bien de son côté d’entrer en pourparlers avec la petite garnison de 1,200 hommes (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 376).[300]Eustache Deschamps a fait allusion à plusieurs reprises au mauvais temps qu’il dut subir pendant le siège de Damme et en général au séjour peu agréable de la Flandre (Œuvres complètes, t. I, p. 97; t. III, p. 41, et t. IV, p. 284).[301]Meyer parle (fol. 204) d’une épidémie qui décima l’armée. Les Français étaient forcés de s’approvisionner à Bruges (Arch. nat., JJ 135, fol. 105 vo).[302]La petite armée, 100 hommes d’armes et 300 archers, que Jean Bourchier avait amenée avec lui d’Angleterre en venant prendre le gouvernement de la ville de Gand (Rec. Off.,Queen’s Rem.,Army40/11;Issue Rolls209, m. 20; 210, m. 28) et qui, embarquée à Harwich, avait dû, sous la conduite de J. Orewell, passer par la Zélande pour arriver à Gand (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 22), n’était pas suffisante pour fournir des renforts aux Gantois, maîtres de Damme depuis le 17 juillet, «qui villam illam jam noviter ceperunt» (Rec. Off.,French Rolls330, m. 39). Aussi dès cette date Ackerman s’était-il adressé au roi d’Angleterre (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 19, 20; 210, m. 6), qui était alors en Écosse. En l’absence du roi, le conseil n’en décide pas moins de renforcer les garnisons de Gand et de Damme, menacées par le roi de France. Des emprunts sont contractés à cet effet (Ibid.210, m. 2, 23); des hommes et des bateaux sont retenus; des approvisionnements sont ordonnés par Robert Knolles, W. Walworth et Nic. Brembre, maire de Londres (Ibid.209, m. 22, 25, 26; 210, m. 6, 9). Mais des retards se produisent, et Ackerman est forcé d’évacuer Damme.[303]C’est à Gavre qu’Ackerman se réfugie le 27 août (Meyer, fol. 204;Ist. et cr., t. II, p. 365).[304]LaChronographia(t. III, p. 76) parle de 4,000 morts; on trouve ailleurs le chiffre de 600 (Ist. et cr., t. II, p. 365).[305]Le roi entre à Damme le 30 août d’après Meyer (fol. 204), le 28 d’après laChronographiaet leReligieux de Saint-Denis, le 27 d’après laChronique de P. Cochon. La ville, après l’assaut, fut pillée et brûlée; les habitants furent égorgés en partie (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 376-379).[306]Le roi séjourna à Ertvelde du 1erau 10 septembre. Pendant ce temps, ses troupes pillèrent, saccagèrent et brûlèrent tout le pays des Quatre-Métiers. Les forteresses, entre autres celle d’Ertvelde, furent abattues (Meyer, fol. 204;Ist. et cr., t. II, p. 366) et de nombreuses exécutions furent faites sans pouvoir réussir à abaisser l’orgueil des Flamands (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 380-385). Quelques chevaliers français, s’étant avancés jusqu’à Gand, risquèrent d’être noyés par les inondations produites par la destruction des écluses (Chr. des Quatre Valois, p. 312;Chr. de P. Cochon, p. 178).[307]D’Ertvelde, le 7 septembre, le roi écrivit de nouveau aux Gantois pour les engager à faire leur soumission au duc de Bourgogne, leur promettant le pardon et le maintien de leurs franchises (trad. fr. de l’original flamand, publiée par Kervyn, t. X, p. 562-563).[308]Le 3 septembre, pendant son séjour à Ertvelde (Ist. et cr., t. II, p. 352), le roi reçut de la reine de Hongrie, qui cherchait un appui contre Charles de Durazzo, une nombreuse ambassade composée de trois ducs, deux comtes, deux évêques accompagnés de 400 chevaux (Chr. de P. Cochon, p. 178); Meyer parle seulement d’un évêque, d’un duc et de deux comtes (fol. 205). Cette ambassade apportait au jeune prince Louis, frère du roi, la couronne de Hongrie (Ist. et cr., t. II, p. 365) que lui donnait son mariage avec Marie de Hongrie. Voy. plus haut, p.LVI,note 279.[309]C’est le 10 septembre que le roi quitte Ertvelde; il est le 15 à Lille, le 17 à Arras, le 25 à Creil (Séjours, p. 27).[310]Le roi n’arrive à Paris que le 28, ayant passé par Luzarches et Saint-Denis.[311]Un passage assez obscur de laChronique de P. Cochon(p. 178) a fait supposer à M. Jarry (loc. cit., p. 23) que le prince Louis avait quitté Paris le 17 septembre pour se rendre en Hongrie. La chose semblait tout d’abord assez invraisemblable, puisqu’à cette date le roi, qui voulait présider au départ de son frère, n’était pas encore de retour; elle devient inadmissible, si l’on remarque que, le mardi 3 octobre, à Paris le duc de Bourgogne «donne a mangier a mons. de Valois et aux chevaliers de Hongrie» (Itinéraires, p. 181). Il est permis de supposer que le roi, le prince Louis et le duc de Bourgogne, après avoir quitté Paris le 18 octobre sur la nouvelle encore assez vague du mariage de Sigismond et de Marie de Hongrie, firent route ensemble jusqu’à Troyes, où ils restèrent du 29 octobre au 7 novembre, attendant la confirmation de cet événement. Ils étaient de retour à Paris le 23 novembre.[312]Voy. plus haut, p.LVI,note 278.[313]Le princeSigismond(et nonHenri, comme le nomme Froissart) surprit avec 20,000 hommes la reine Élisabeth et sa fille Marie dans un château où elles s’étaient réfugiées et leur arracha une promesse de mariage (Ist. et cr., t. II, p. 366 et 387; Jarry,loc. cit., p. 23).[314]La nouvelle prématurée du mariage de Sigismond et de Marie de Hongrie, qui n’eut toutefois lieu qu’en juin 1386, arriva à la cour de France le 16 octobre 1385 (Chronographia, t. III, p. 77). Voy. plus haut, p.LXII,note 311.[315]LaChronique de P. Cochon(p. 178) fait allusion à l’impression des ambassadeurs hongrois, «qui s’en rallerent... tous courchiez.»[316]On ne s’occupa pas effectivement des nouvelles fiançailles du prince Louis avant le 18 mai 1386, date à laquelle Jean la Personne partit pour Milan à l’effet de négocier cette union (Jarry,loc. cit., p. 29).[317]Le siège de Verteuil commença en août 1385, après celui de Montlieu, comme le prouve une lettre de Bergerac datée du 28 août, demandant aide contre les Anglais au duc de Bourbonqui assiège Verteuil(Jurades de Bergerac, I, 108). Il fut long et dura jusqu’aux premiers jours d’octobre (Guérin,Arch. hist. du Poitou, t. XXI, p. 290, note 1). Cabaret d’Orville a donné de longs détails sur ce siège, où il conte notamment le combat singulier qui eut lieu dans une mine entre Renaud de Montferrand et le duc de Bourbon (Chr. du bon duc Loïs de Bourbon, p. 144-154). Verteuil, avant de tomber entre les mains des Anglais en 1383, appartenait à Geoffroy de la Rochefoucauld, à qui le roi avait promis de le rendre dans le cas où il seraitracheté(Guérin,loc. cit.).[318]Au cours du siège de Verteuil, en octobre 1385, un chevalier, Jean Buffet, et un écuyer, Arnauton des Bordes, auquel le roi venait de rendre le château de Montlieu (voy. plus haut, p.LVIII,note 289) tentèrent une attaque contre le château de Bouteville. Ils furent repoussés; Jean Buffet fut tué et Arnauton de Bordes fait prisonnier avec plusieurs de ses gens (Guérin,loc. cit., p. 254, note 2).[319]Le duc de Bourbon était à Charroux en novembre 1385 (Arch. nat., JJ 128, fol. 52 vo, cité par Guérin,loc. cit., p. 254, note 2).CHAPITRE XXII[320]D’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 366), le roi d’Écosse, après avoir conclu une trêve de trois semaines avec les Anglais, ne fut prêt à entrer en campagne avec Jean de Vienne que le 8 juillet. Son armée comprenait, dit-on, 1,000 lances et 30,000 combattants (Jean de Vienne, p. 191). Le départ pour le Northumberland eut lieu immédiatement.[321]Jean de Montagu, comte de Salisbury, figure dans l’armée de Richard II à la tête de 30 hommes d’armes et de 30 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 22).[322]Nous retrouvons ce Guillaume de Leyburn en 1386, comme témoin, dans un acte de Rymer (t. VII, p. 532).[323]C’est sans doute ce château que leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 366) désigne sous le nom deDovart. Il ne peut s’agir deDunbar, qui était en pays écossais.[324]LeReligieux de Saint-Denisinsiste tout particulièrement sur les cruautés et les déprédations de l’armée française. Ces accusations sont démenties par les historiens anglais (cf.Jean de Vienne, p. 194).[325]Ce château, situé sur la rive gauche du Wantsbeck, est proche de Morpeth.[326]Il y avait huit jours que l’expédition de Jean de Vienne était en route quand on apprit l’arrivée de l’avant-garde anglaise. L’amiral ne put obtenir de ses alliés qu’on livrât bataille, et dut rétrograder.[327]LeReligieux(t. I, p. 368) prétend qu’une fois revenu en Écosse, Jean de Vienne, outré de la mauvaise foi de ses alliés, renonça momentanément à leur concours et, vers la fin du mois de juillet, se mit à courir le pays avec ses gens, en usant de la plus grande prudence.[328]Le roi s’occupe activement de cette campagne d’Écosse: il contracte pour en couvrir les frais différents emprunts envers la municipalité de Londres, les villes, les abbés, les grands seigneurs et les riches particuliers du royaume (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 18, 19, 23, 25, 26; 210, m. 1, 2, 4, 7, 16, 20); il assure la garde des ports de Sandwich et de Rye menacés par l’invasion française (Ibid.209, m. 20;Lord Treas. Rem.,For. Acc.2) et, faisant de nouveau appel à ses sujets, il donne des instructions multiples relatives aux transports, aux chevaux, au fourrage, aux vivres, au vin nécessaires à l’armée (Ibid.,Issue Rolls209, m. 11, 12, 19;Patent Rolls320, m. 3, 6;Lord Treas. Rem.,For. Acc.2). La réunion des vassaux est fixée à Newcastle le 14 juillet (Rymer, t. VII, p. 473-474). De nombreux scribes sont employés nuit et jour à l’expédition des ordres (Ibid.,Issue Rolls209, m. 19). Après avoir échangé des messages avec le duc de Lancastre, qui, parti en avant, se trouve auprès de l’archevêque d’York et du comte de Northumberland (Ibid.209, m. 2, 15, 16), Richard II part, emmenant avec lui son médecin, Jean Middelton, et son porte-étendard, Nic. Saversfeld (Ibid.209, m. 18;Patent Rolls, 321, m. 36).[329]Les chiffres donnés par Froissart dans l’énumération des forces anglaises semblent quelque peu exagérés, si l’on se reporte d’une part à l’état de l’armée tel qu’il fut établi à Durham le 17 juillet, avant l’entrée en Écosse (Estatutz, ordenances et custumes a tenir en l’ost,Bibl. nat., ms. lat. 6049, fol. 28-30), et de l’autre aux renseignements offerts par leRecord Office.[330]Le comte de Cambridge avait à sa solde 200 hommes d’armes et 400 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13).[331]Thomas, comte de Buckingham, connétable d’Angleterre, avait à sa solde 400 hommes d’armes et 800 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 16).[332]Jean Holand avait à sa solde 100 hommes d’armes et 160 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13).[333]Richard, comte d’Arondel, avait à sa solde 6 chevaliers bannerets, 24 chevaliers, 69 écuyers et 150 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13).[334]Le comte de Stafford avait sous ses ordres 120 hommes d’armes et 180 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13).[335]Parmi ces chevaliers citons W. Drayton à la tête de 15 hommes d’armes et de 20 archers; Jean d’Évreux, chevalier banneret, à la tête de 46 hommes d’armes et de 70 archers; Mathieu de Gournai, chevalier banneret, à la tête de 20 hommes d’armes et de 20 archers; Thomas Trivet à la tête de 20 hommes d’armes et de 20 archers, etc. Ajoutons un grand nombre de chevaliers gallois venus exprès pour cette campagne (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 14, 16, 24).[336]Le duc de Lancastre, dont l’engagement était de quarante jours, comptait sous ses ordres 800 hommes d’armes et 1,200 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13, 22).[337]Le comte de Northumberland avait sous ses ordres à Newcastle 600 hommes d’armes et 1,200 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 22, 24).[338]Le comte de Nottingham, maréchal d’Angleterre, avait sous ses ordres 180 hommes d’armes et 150 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13).[339]Raoul(et non pasRichard, comme le nomme Froissart) de Stafford, fils du comte de Stafford, avait sous ses ordres 7 hommes d’armes et 12 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 16).[340]Jean Holand eut ses biens confisqués (Walsingham, t. II, p. 129); il ne fut sauvé du dernier supplice que grâce à l’intervention de la veuve du Prince Noir (Kervyn, t. X, p. 566).[341]Après être passé par York, dont la garnison avait reçu l’ordre de venir au-devant de lui (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 18), le roi d’Angleterre arrivait à Durham le 17 juillet 1385. C’est là qu’il fit proclamer le règlement de l’armée auquel il est fait allusion plus haut, p.LXVI,note 329.[342]A Newcastle, où le roi dut séjourner quelque temps, sont organisés les transports de vivres pour l’Écosse par voie de terre et de mer (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13, 25; 210, m. 10;Patent Rolls321, m. 40, 44).[343]Depuis la Saint-Jean (24 juin 1385), Henri de Percy, fils du comte de Northumberland, avait été chargé de la garde de Berwick avec 60 hommes d’armes et 320 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 7). Dans la chevauchée du roi en Écosse, il commandait à 3 chevaliers bannerets, 36 chevaliers, 310 écuyers et 800 archers (Ibid.210, m. 21).[344]En passant la frontière, Richard envoya à Jean de Vienne une lettre de menaces, à laquelle l’amiral répondit en proposant un combat où 10, 100 ou 500 Français se mesureraient à 30, 300 ou 1,000 Anglais. Le roi refusa (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 384-386) et entra vers le 6 août (Jean de Vienne, p. 200) en Écosse, où il trouva partout la ruine et la famine (Walsingham, t. II, p. 131). A la même date, il créait le comte de Buckingham duc de Glocester et le comte de Cambridge duc d’York (Rymer, t. VII, p. 481-482).[345]N’ayant pu décider ses alliés à combattre, Jean de Vienne se résout à faire une chevauchée en pays anglais. Sachant que l’armée ennemie n’est qu’à quelques milles d’Édimbourg, il passe, le 3 août, une dernière revue de ses troupes (Jean de Vienne, p.CII-CXXXII) et se dirige, à la faveur de la nuit, vers la frontière d’Écosse (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 390).[346]Le domaine très étendu de Mowbray avait comme ville principale Thirsx, placée au nord-ouest d’York.[347]Kervyn (t. XXV, p. 330) a tracé l’itinéraire probable de Jean de Vienne depuis les monts Cheviot jusqu’aux murs d’York et de Carlisle. Avec lui, il nous est difficile d’admettre que l’amiral ait pu s’avancer jusqu’au comté de Stafford. Il n’en avait pas le temps, étant revenu dix jours après à Édimbourg, où il signait, le 15 août, un mandement de paiement de gages (Jean de Vienne, p.CXLV-CXLVI). Froissart a dû confondre le domaine de Clifford avec le comté de Stafford.[348]Influencé par ses souvenirs littéraires, Froissart semble confondre ici avecCaer-Léonla ville deCarlisle, qu’il place en pays de Galles et dont il fait le séjour légendaire du roi Arthur. Remarquons cependant avec M. Longnon, dans son introduction deMéliador(t. I, p.LVII), qu’au moyen âge «la terre de Galles des traditions arthuriennes s’étend, bien au delà du pays de Galles actuel, sur tous les pays demeurés jadis au pouvoir des Bretons.»[349]Le roi fut surpris du départ des Français et entra dans Édimbourg sans coup férir (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 390).[350]Aujourd’hui Perth, sur la Tay. La ville ancienne devait son nom à son église Saint-Jean.[351]Louis de Clifford fut chargé spécialement par le roi, le 12 juin 1385, de la garde de la reine mère durant la campagne d’Écosse (Rymer, t. VII, p. 474); il signa, en mai 1390, une protestation adressée au pape contre les abus de la cour de Rome et fit partie, en 1393, de l’ambassade anglaise chargée de négocier la paix avec la France (Ibid., p. 675 et 739).[352]Kervyn (t. XX, p. 289) parle d’unRaoulde Nevill, gouverneur de Carlisle en 1385;Jeande Nevill fut garde de Carlisle, avec 120 hommes d’armes et 240 archers, du 1eraoût à la fin de septembre 1384 (Rec. Off.,Issue Rolls206, m. 15).[353]David Holegrave, capitaine de Montcontour en 1371 (t. VIII, p. 21), était «l’ung des grans hommes que on peut veoir et des orgueilleux, et portoit deux espées, une seinte et l’autre à l’arçon de la selle» (Chr. du bon duc Loys de Bourbon, p. 85). Cabaret d’Orville le fait mourir en 1370.[354]Dagorisset, que Siméon Luce a le premier identifié avec Adam Chel, capitaine anglais (Froissart, t. VII, p.LIV,note 270; voy. aussi P. Guérin,Arch. hist. du Poitou, t. IV, p. 42, note 1, et t. V, p. 172, note 1), figure dans le roman deMéliador(éd. Longnon, t. I, p.XXXIX) au milieu d’autres personnages dont les noms sont aussi empruntés à l’histoire.[355]A la difficulté du ravitaillement et aux fatigues de la chevauchée était venue s’ajouter une épidémie qui avait éclaté à Édimbourg (Walsingham, t. II, p. 132).[356]Une première fois en cette même année 1385, le duc de Lancastre avait dû, pour éviter d’être arrêté et tué par ordre du roi, se réfugier dans son château de Pomfret. La réconciliation n’avait pu se faire que par l’entremise de la reine mère (Walsingham, t. II, p. 126).[357]Le roi repasse la Tweed le 20 août (Jean de Vienne, p. 200), après avoir établi comme gardiens des marches, à Newcastle et à York, le comte de Northumberland et Jean de Nevill, à la tête de 600 hommes d’armes et de 1,200 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 24), et avoir confié la garde de Roxburgh à Thomas de Percy (Ibid.210, m. 14). Il est à Londres le 9 septembre, préside son Conseil le 11 et convoque le Parlement pour le 17 octobre (Ibid.209, m. 24); il s’occupe de liquider les paiements en retard (Ibid.210, m. 5) et fait remise de ses impôts au comte de Northumberland (Ibid.,Patent Rolls321, m. 10); enfin, il entre en pourparlers avec le roi d’Écosse par l’intermédiaire de ses ambassadeurs Jean de Nevill (Ibid.,Issue Rolls210, m. 15) et Rich. Stury (Ibid.,Lord Treas. Rem.,For. Acc.2).[358]On a vu plus haut (p.LXVIII,note 347) que Jean de Vienne était de retour à Édimbourg le 15 août 1385, une dizaine de jours après son départ.[359]Les querelles entre Français étaient fréquentes aussi (Arch. nat., JJ 136, fol. 31 vo, et 142, fol. 72).[360]LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 390-392) parle d’une intrigue amoureuse de Jean de Vienne avec une cousine du roi d’Écosse qui aurait indisposé les Écossais contre lui et aurait hâté son retour. Comme le fait remarquer le marquis Terrier de Loray (Jean de Vienne, p. 203, en note), le départ de l’amiral fut plutôt retardé que précipité par ses alliés.[361]LaChronique de P. Cochon(p. 176-177), qui consacre quelques lignes à l’expédition d’Écosse, durant laquelle les Français «ne firent guaire de chose, excepté qu’il entrerent en Engleterre et pristrent.IIII.chastiaus,» accuse Olivier de Clisson de n’être pas venu, «par traïson ou aultrement,» au secours de Jean de Vienne. La véritable raison de cette inaction fut la campagne de Flandre et le siège de Damme, qui immobilisa toutes les forces françaises.[362]Vers la fin du mois d’octobre, le 23, le 27, le 28, les revues de départ s’échelonnent à Saint-Johnston (Jean de Vienne, p.CIIet suiv.,CIVetCXXVIII); dès le 1ernovembre, quelques chevaliers sont déjà de retour en France, Sauvage de Villiers, entre autres, qui débarque à Carentan (Ibid., p.CXXXI).[363]Le 16 novembre, l’amiral reçoit quittance des sommes promises au roi et aux chevaliers d’Écosse (Rymer, t. VII, p. 484; cf. plus haut, p.LV,note 274); il part aussitôt après.[364]Dès son retour à Lille, le 5 décembre 1385, l’amiral Jean de Vienne procéda au licenciement de l’armée d’Écosse (Jean de Vienne, p.CXLII).[365]Ce ne fut pas volontairement, mais par suite d’une tempête, qu’un certain nombre de chevaliers français furent jetés sur les côtes danoises, où on les garda prisonniers (Kervyn, t. X, p. 567).[366]Une trêve suivit la campagne d’Écosse. Au printemps de 1386, des négociations en vue de la paix à conclure entre la France et l’Angleterre eurent lieu à Leulinghem, où le roi Richard envoya comme ambassadeurs Gautier Skirlawe, évêque de Coventry, Jean d’Évreux, capitaine de Calais, Michel de la Pole, comte de Suffolk, et autres (Rec. Off.,Queen’s Rem.,Nuncii, bundle 319, nos13, 23, 24;Lord Treas. Rem., For. Acc. 2); elles échouèrent, et les préparatifs de guerre commencèrent à l’Écluse.CHAPITRE XXIII[367]Les premiers pourparlers de paix remontaient au siège de Damme (août 1385), pendant lequel le roi et le duc de Bourgogne avaient adressé aux Gantois des propositions restées sans réponse (Kervyn, t. X, p. 571, et t. XXI, p. 555). Voy. aussi p.LXI,note 307.[368]Meyer (fol. 205) ne laisse pas de dire combien la Flandre était ruinée et désolée.[369]Échevin en 1379, Roger Everwyn le fut de nouveau en 1385 (Rekeningen, p. 441 et 486).[370]Ce personnage que Froissart nomme Jacques d’Ardembourg est appelé Anthoine Zadelaire par une rédaction publiée dans lesIstore et croniques de Flandres(t. II, p. 372).[371]Les lettres du roi et du duc de Bourgogne offrant aux Gantois pardon de leurs offenses et confirmation de leurs privilèges sont datées de Paris, 12 octobre 1385; elles ont été publiées plusieurs fois, en dernier lieu dans lesRekeningen der Stad Gent(1376-1386), p. 486-493.[372]Le jeudi 19, ou mieux le jeudi 26 octobre, en tout cas un des deux jeudis précédant le dimanche 29, jour où furent signées les lettres des Gantois déclarant qu’ils étaient prêts à faire la paix (Rekeningen, p. 494).[373]L’histoire des négociations officieuses qui aboutirent à un rapprochement entre le duc de Bourgogne et les Gantois est racontée différemment dans leReligieux de Saint-Deniset dans une relation publiée par Kervyn (Ist. et cr., t. II, p. 372-382). D’après leReligieux(t. I, p. 404-409), ce fut sur les conseils d’un orfèvre que les Gantois, les Yprois et les Brugeois envoyèrent comme ambassadeur auprès du roi un parent du comte de Ghistelle. L’autre relation ne fait pas non plus mention de Jean d’Heyle, et c’est à Lille et non à Tournai que le traité est signé, malgré un essai d’émeute tenté par Ackerman.[374]Les lettres du roi et du duc de Bourgogne furent «leues et exposées ou long en plain marchié devant tout le peuple de laditte ville, lesquelles oyes, la plus grant partie du peuple requist la paix» (Kervyn, t. X, p. 572, et t. XXI, p. 556). Les Gantois répondirent par l’envoi de lettres en date du 29 octobre (Rekeningen, p. 494), où ils acceptaient de traiter.[375]L’ambassade gantoise, chargée de porter au duc de Bourgogne les lettres des Gantois, se composait d’un échevin (Roger Everwyn), du doyen des petits mestiers (Jacques d’Eertbuer) et d’«aucuns autres» (Kervyn, t. X, p. 572), parmi lesquels devait figurer Jean d’Heyle. Cette ambassade alla trouver le duc, non pas à Arras, mais à Troyes, où il séjourna du 29 octobre au 7 novembre.[376]En date du 6 novembre, une trêve est accordée aux Gantois jusqu’au 1erjanvier 1386 (Rekeningen, p. 496-497); à la même date, le roi fixe à Tournai, pour le 7 décembre prochain, la réunion des plénipotentiaires chargés de préparer le traité de paix (Ibid., p. 493-495). Le 24 novembre, un sauf-conduit est accordé aux ambassadeurs gantois pour venir à Tournai (Ibid., p. 498-500).[377]Dans l’énumération des quarante-deux «procureurs generalx et espetialx messaiges,» nommés pour la paix de Tournai, par la communauté de Gand, à la date du 4 décembre 1385 (Rekeningen, p. 500-502), ne figurent ni Ackerman, ni Roger Everwyn, ni Jacques d’Eertbuer.[378]7 décembre.[379]Les 150 personnes qui composaient l’ambassade flamande (Rekeningen, p. 498) étalèrent un luxe inouï qui scandalisa les Français (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 410).[380]Parti le 29 novembre de Paris, le duc de Bourgogne était à Tournai le 7 décembre (Itinéraires, p. 183).[381]Gratifié le 17 janvier 1386 par le duc de Bourgogne d’une pension de 300 francs d’or, Jean de Heyle ne jouit pas longtemps de la faveur de Philippe le Hardi. Resté urbaniste, il fut persécuté pour ses opinions religieuses et mourut en prison (Kervyn, t. XXI, p. 554-555).[382]Aux premières nouvelles, des négociations entamées entre les Gantois et le duc de Bourgogne, les Anglais, qui se préparaient à envoyer des troupes en Flandre, 100 hommes d’armes et 200 archers, sous la direction de Hugues le Despenser (Rec. Off.,Issue Rolls210, m. 3, 7;French Rolls330, m. 34), cessèrent leurs préparatifs (Ibid.,Issue Rolls210, m. 9). Quand le traité fut signé, ces troupes, engagées pour cent jours, allèrent tenir garnison à Berwick (Ibid., m. 7).[383]Le traité de Tournai, signé le 18 décembre 1385 (Rekeningen, p. 505-507), fut longuement discuté. Le duc de Bourgogne, après avoir, dans une lettre datée du mois de décembre (sans indication de jour), pardonné les méfaits et reconnu les privilèges des Gantois (Rekeningen, p. 502-504), avait donné à son plénipotentiaire Jean Canart, évêque d’Arras, de minutieuses instructions, prévoyant les demandes des Gantois et indiquant les réponses à faire. Aux requêtes présentées tout d’abord par les Gantois, les ambassadeurs français firent des objections, dont la plupart s’aplanirent à la discussion du traité (Kervyn, t. X, p. 569-571, 573-578). Malgré le vague de la rédaction du texte, le duc reconnut en fait les franchises et privilèges des villes de Flandre et leur liberté religieuse. «Ainsi fu appaisie le division qui avoit esté entre les Gantois et cheuls de Bruges, d’Yppre et du pays, et par cel acord se tinrent en unitté et en obeïssance au roy et au duc leur seigneur, excepté que point ne voloient croire ne obeïr au pappe Clement» (Ist. et cr., t. II, p. 367).[384]Le texte flamand du traité (Rekeningen, p. 516-517) permet de rectifier quelques noms des signataires mentionnés par Froissart: p. 308, l. 21, au lieu deHornes, il faut rétablirHarnes; l. 29, au lieu deLambres, il faut corrigerBoelaer; l. 32, au lieu deMonkanart, il faut lireBeukemare.[385]Aussitôt la paix signée, le duc de Bourgogne envoya à Gand Claude de Thoulongeon porter le traité de paix, qui fut proclamé le 21 décembre (Ist. et cr., t. II, p. 381-382).[386]Le duc de Bourgogne était à Tournai au moment des fêtes de Noël et s’y trouvait encore le 1erjanvier 1386. A défaut desItinérairesqui offrent une lacune à cette date, le ms. 677 de la bibliothèque de Cambrai nous permet de suivre le duc après son départ de Tournai. Ce ms. contient en effet un dernier chapitre, cité par Buchon (t. II, p. 352) et publié par Kervyn (t. XX, p. 447-451), qui complète l’itinéraire du duc. Celui-ci va de Tournai à Audenarde, où il reste trois jours; de là à Gand (4 janvier) où il est l’objet, ainsi que la duchesse, d’une magnifique réception, au cours de laquelle il jure en l’église Saint-Jean de maintenir les lois, privilèges et franchises de la ville, tandis que les Gantois jurent, de leur côté, d’être bons et loyaux sujets. De là, le duc se rend en pèlerinage à Ardembourg, puis à l’Écluse (où il séjourne trois jours), enfin à Bruges (16 janvier). La narration du voyage du duc de Bourgogne, terminé par son entrée à Bruges, est placée dans le ms. de Cambraiaprèsle meurtre d’Ackerman, qui eut lieu le 22 juillet 1386. C’est ce qui explique que nous ayons cru qu’il s’agissait du voyage à Bruges de novembre 1386 (voy. notre Introduction du t. IX, p.III).[387]On sait (voy. plus loin,p. 472) que les trois derniers paragraphes de notre texte du livre II de Froissart ne se trouvent que dans trois mss. L’un de ces mss., qui appartenait à la bibliothèque de lord Ashburnham et dont nous avons pu noter les variantes d’après une copie des trois paragraphes en question faite autrefois par S. Luce, a été acquis (mai 1899) par la Bibliothèque nationale lors de la mise en vente à Londres, par M. Yate Thomson, d’une partie de l’Appendix Ashburnham. Ce ms. forme, avec deux autres mss. acquis en même temps et contenant, l’un le premier livre, l’autre le troisième livre de Froissart une série de trois volumes qui occupent les nos9604-9606 dans le fonds desNouvelles acquisitions françaisesdu département des manuscrits.[388]Le 22 juillet 1386, jour de la Sainte-Madeleine (Meyer, fol. 208), François Ackerman, qui avait dû se soumettre à une ordonnance du duc de Bourgogne défendant de sortir armé et accompagné de serviteurs armés, était assassiné par Gallehaut, bâtard d’Herzeele (Kervyn, t. XI, p. 366), en revenant de la ducasse de Saint-Pierre (Ist. et cr., t. II, p. 383; cf. aussi le ms. 677 de la bibliothèque de Cambrai, fol. 157 vo-158 vo).VARIANTES[389]C’est par erreur que j’ai dit dans mon introduction du deuxième livre, t. IX, p.IX, lignes 4 et 5, que ces mss. avaient même fin que les mss. A 1, A 2 et A 3.[390]Les variantes du ms. A 3, données pour la fin du livre, sont empruntées à une copie partielle des § 500, 501 et 502 faite autrefois par M. S. Luce à Ashburnham Place.
[299]Commencé le 1eraoût, le siège de Damme dura presque jusqu’à la fin du mois. Il fut interrompu quelque temps par une trêve (Ist. et cr., t. II, p. 365), au cours de laquelle le roi prépara son artillerie. Il en profita aussi pour faire des propositions de paix aux Gantois, qui n’y répondirent pas (Kervyn, t. X, p. 571, et t. XXI, p. 555), se gardant bien de son côté d’entrer en pourparlers avec la petite garnison de 1,200 hommes (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 376).[300]Eustache Deschamps a fait allusion à plusieurs reprises au mauvais temps qu’il dut subir pendant le siège de Damme et en général au séjour peu agréable de la Flandre (Œuvres complètes, t. I, p. 97; t. III, p. 41, et t. IV, p. 284).[301]Meyer parle (fol. 204) d’une épidémie qui décima l’armée. Les Français étaient forcés de s’approvisionner à Bruges (Arch. nat., JJ 135, fol. 105 vo).[302]La petite armée, 100 hommes d’armes et 300 archers, que Jean Bourchier avait amenée avec lui d’Angleterre en venant prendre le gouvernement de la ville de Gand (Rec. Off.,Queen’s Rem.,Army40/11;Issue Rolls209, m. 20; 210, m. 28) et qui, embarquée à Harwich, avait dû, sous la conduite de J. Orewell, passer par la Zélande pour arriver à Gand (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 22), n’était pas suffisante pour fournir des renforts aux Gantois, maîtres de Damme depuis le 17 juillet, «qui villam illam jam noviter ceperunt» (Rec. Off.,French Rolls330, m. 39). Aussi dès cette date Ackerman s’était-il adressé au roi d’Angleterre (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 19, 20; 210, m. 6), qui était alors en Écosse. En l’absence du roi, le conseil n’en décide pas moins de renforcer les garnisons de Gand et de Damme, menacées par le roi de France. Des emprunts sont contractés à cet effet (Ibid.210, m. 2, 23); des hommes et des bateaux sont retenus; des approvisionnements sont ordonnés par Robert Knolles, W. Walworth et Nic. Brembre, maire de Londres (Ibid.209, m. 22, 25, 26; 210, m. 6, 9). Mais des retards se produisent, et Ackerman est forcé d’évacuer Damme.[303]C’est à Gavre qu’Ackerman se réfugie le 27 août (Meyer, fol. 204;Ist. et cr., t. II, p. 365).[304]LaChronographia(t. III, p. 76) parle de 4,000 morts; on trouve ailleurs le chiffre de 600 (Ist. et cr., t. II, p. 365).[305]Le roi entre à Damme le 30 août d’après Meyer (fol. 204), le 28 d’après laChronographiaet leReligieux de Saint-Denis, le 27 d’après laChronique de P. Cochon. La ville, après l’assaut, fut pillée et brûlée; les habitants furent égorgés en partie (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 376-379).[306]Le roi séjourna à Ertvelde du 1erau 10 septembre. Pendant ce temps, ses troupes pillèrent, saccagèrent et brûlèrent tout le pays des Quatre-Métiers. Les forteresses, entre autres celle d’Ertvelde, furent abattues (Meyer, fol. 204;Ist. et cr., t. II, p. 366) et de nombreuses exécutions furent faites sans pouvoir réussir à abaisser l’orgueil des Flamands (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 380-385). Quelques chevaliers français, s’étant avancés jusqu’à Gand, risquèrent d’être noyés par les inondations produites par la destruction des écluses (Chr. des Quatre Valois, p. 312;Chr. de P. Cochon, p. 178).[307]D’Ertvelde, le 7 septembre, le roi écrivit de nouveau aux Gantois pour les engager à faire leur soumission au duc de Bourgogne, leur promettant le pardon et le maintien de leurs franchises (trad. fr. de l’original flamand, publiée par Kervyn, t. X, p. 562-563).[308]Le 3 septembre, pendant son séjour à Ertvelde (Ist. et cr., t. II, p. 352), le roi reçut de la reine de Hongrie, qui cherchait un appui contre Charles de Durazzo, une nombreuse ambassade composée de trois ducs, deux comtes, deux évêques accompagnés de 400 chevaux (Chr. de P. Cochon, p. 178); Meyer parle seulement d’un évêque, d’un duc et de deux comtes (fol. 205). Cette ambassade apportait au jeune prince Louis, frère du roi, la couronne de Hongrie (Ist. et cr., t. II, p. 365) que lui donnait son mariage avec Marie de Hongrie. Voy. plus haut, p.LVI,note 279.[309]C’est le 10 septembre que le roi quitte Ertvelde; il est le 15 à Lille, le 17 à Arras, le 25 à Creil (Séjours, p. 27).[310]Le roi n’arrive à Paris que le 28, ayant passé par Luzarches et Saint-Denis.[311]Un passage assez obscur de laChronique de P. Cochon(p. 178) a fait supposer à M. Jarry (loc. cit., p. 23) que le prince Louis avait quitté Paris le 17 septembre pour se rendre en Hongrie. La chose semblait tout d’abord assez invraisemblable, puisqu’à cette date le roi, qui voulait présider au départ de son frère, n’était pas encore de retour; elle devient inadmissible, si l’on remarque que, le mardi 3 octobre, à Paris le duc de Bourgogne «donne a mangier a mons. de Valois et aux chevaliers de Hongrie» (Itinéraires, p. 181). Il est permis de supposer que le roi, le prince Louis et le duc de Bourgogne, après avoir quitté Paris le 18 octobre sur la nouvelle encore assez vague du mariage de Sigismond et de Marie de Hongrie, firent route ensemble jusqu’à Troyes, où ils restèrent du 29 octobre au 7 novembre, attendant la confirmation de cet événement. Ils étaient de retour à Paris le 23 novembre.[312]Voy. plus haut, p.LVI,note 278.[313]Le princeSigismond(et nonHenri, comme le nomme Froissart) surprit avec 20,000 hommes la reine Élisabeth et sa fille Marie dans un château où elles s’étaient réfugiées et leur arracha une promesse de mariage (Ist. et cr., t. II, p. 366 et 387; Jarry,loc. cit., p. 23).[314]La nouvelle prématurée du mariage de Sigismond et de Marie de Hongrie, qui n’eut toutefois lieu qu’en juin 1386, arriva à la cour de France le 16 octobre 1385 (Chronographia, t. III, p. 77). Voy. plus haut, p.LXII,note 311.[315]LaChronique de P. Cochon(p. 178) fait allusion à l’impression des ambassadeurs hongrois, «qui s’en rallerent... tous courchiez.»[316]On ne s’occupa pas effectivement des nouvelles fiançailles du prince Louis avant le 18 mai 1386, date à laquelle Jean la Personne partit pour Milan à l’effet de négocier cette union (Jarry,loc. cit., p. 29).[317]Le siège de Verteuil commença en août 1385, après celui de Montlieu, comme le prouve une lettre de Bergerac datée du 28 août, demandant aide contre les Anglais au duc de Bourbonqui assiège Verteuil(Jurades de Bergerac, I, 108). Il fut long et dura jusqu’aux premiers jours d’octobre (Guérin,Arch. hist. du Poitou, t. XXI, p. 290, note 1). Cabaret d’Orville a donné de longs détails sur ce siège, où il conte notamment le combat singulier qui eut lieu dans une mine entre Renaud de Montferrand et le duc de Bourbon (Chr. du bon duc Loïs de Bourbon, p. 144-154). Verteuil, avant de tomber entre les mains des Anglais en 1383, appartenait à Geoffroy de la Rochefoucauld, à qui le roi avait promis de le rendre dans le cas où il seraitracheté(Guérin,loc. cit.).[318]Au cours du siège de Verteuil, en octobre 1385, un chevalier, Jean Buffet, et un écuyer, Arnauton des Bordes, auquel le roi venait de rendre le château de Montlieu (voy. plus haut, p.LVIII,note 289) tentèrent une attaque contre le château de Bouteville. Ils furent repoussés; Jean Buffet fut tué et Arnauton de Bordes fait prisonnier avec plusieurs de ses gens (Guérin,loc. cit., p. 254, note 2).[319]Le duc de Bourbon était à Charroux en novembre 1385 (Arch. nat., JJ 128, fol. 52 vo, cité par Guérin,loc. cit., p. 254, note 2).CHAPITRE XXII[320]D’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 366), le roi d’Écosse, après avoir conclu une trêve de trois semaines avec les Anglais, ne fut prêt à entrer en campagne avec Jean de Vienne que le 8 juillet. Son armée comprenait, dit-on, 1,000 lances et 30,000 combattants (Jean de Vienne, p. 191). Le départ pour le Northumberland eut lieu immédiatement.[321]Jean de Montagu, comte de Salisbury, figure dans l’armée de Richard II à la tête de 30 hommes d’armes et de 30 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 22).[322]Nous retrouvons ce Guillaume de Leyburn en 1386, comme témoin, dans un acte de Rymer (t. VII, p. 532).[323]C’est sans doute ce château que leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 366) désigne sous le nom deDovart. Il ne peut s’agir deDunbar, qui était en pays écossais.[324]LeReligieux de Saint-Denisinsiste tout particulièrement sur les cruautés et les déprédations de l’armée française. Ces accusations sont démenties par les historiens anglais (cf.Jean de Vienne, p. 194).[325]Ce château, situé sur la rive gauche du Wantsbeck, est proche de Morpeth.[326]Il y avait huit jours que l’expédition de Jean de Vienne était en route quand on apprit l’arrivée de l’avant-garde anglaise. L’amiral ne put obtenir de ses alliés qu’on livrât bataille, et dut rétrograder.[327]LeReligieux(t. I, p. 368) prétend qu’une fois revenu en Écosse, Jean de Vienne, outré de la mauvaise foi de ses alliés, renonça momentanément à leur concours et, vers la fin du mois de juillet, se mit à courir le pays avec ses gens, en usant de la plus grande prudence.[328]Le roi s’occupe activement de cette campagne d’Écosse: il contracte pour en couvrir les frais différents emprunts envers la municipalité de Londres, les villes, les abbés, les grands seigneurs et les riches particuliers du royaume (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 18, 19, 23, 25, 26; 210, m. 1, 2, 4, 7, 16, 20); il assure la garde des ports de Sandwich et de Rye menacés par l’invasion française (Ibid.209, m. 20;Lord Treas. Rem.,For. Acc.2) et, faisant de nouveau appel à ses sujets, il donne des instructions multiples relatives aux transports, aux chevaux, au fourrage, aux vivres, au vin nécessaires à l’armée (Ibid.,Issue Rolls209, m. 11, 12, 19;Patent Rolls320, m. 3, 6;Lord Treas. Rem.,For. Acc.2). La réunion des vassaux est fixée à Newcastle le 14 juillet (Rymer, t. VII, p. 473-474). De nombreux scribes sont employés nuit et jour à l’expédition des ordres (Ibid.,Issue Rolls209, m. 19). Après avoir échangé des messages avec le duc de Lancastre, qui, parti en avant, se trouve auprès de l’archevêque d’York et du comte de Northumberland (Ibid.209, m. 2, 15, 16), Richard II part, emmenant avec lui son médecin, Jean Middelton, et son porte-étendard, Nic. Saversfeld (Ibid.209, m. 18;Patent Rolls, 321, m. 36).[329]Les chiffres donnés par Froissart dans l’énumération des forces anglaises semblent quelque peu exagérés, si l’on se reporte d’une part à l’état de l’armée tel qu’il fut établi à Durham le 17 juillet, avant l’entrée en Écosse (Estatutz, ordenances et custumes a tenir en l’ost,Bibl. nat., ms. lat. 6049, fol. 28-30), et de l’autre aux renseignements offerts par leRecord Office.[330]Le comte de Cambridge avait à sa solde 200 hommes d’armes et 400 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13).[331]Thomas, comte de Buckingham, connétable d’Angleterre, avait à sa solde 400 hommes d’armes et 800 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 16).[332]Jean Holand avait à sa solde 100 hommes d’armes et 160 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13).[333]Richard, comte d’Arondel, avait à sa solde 6 chevaliers bannerets, 24 chevaliers, 69 écuyers et 150 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13).[334]Le comte de Stafford avait sous ses ordres 120 hommes d’armes et 180 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13).[335]Parmi ces chevaliers citons W. Drayton à la tête de 15 hommes d’armes et de 20 archers; Jean d’Évreux, chevalier banneret, à la tête de 46 hommes d’armes et de 70 archers; Mathieu de Gournai, chevalier banneret, à la tête de 20 hommes d’armes et de 20 archers; Thomas Trivet à la tête de 20 hommes d’armes et de 20 archers, etc. Ajoutons un grand nombre de chevaliers gallois venus exprès pour cette campagne (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 14, 16, 24).[336]Le duc de Lancastre, dont l’engagement était de quarante jours, comptait sous ses ordres 800 hommes d’armes et 1,200 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13, 22).[337]Le comte de Northumberland avait sous ses ordres à Newcastle 600 hommes d’armes et 1,200 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 22, 24).[338]Le comte de Nottingham, maréchal d’Angleterre, avait sous ses ordres 180 hommes d’armes et 150 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13).[339]Raoul(et non pasRichard, comme le nomme Froissart) de Stafford, fils du comte de Stafford, avait sous ses ordres 7 hommes d’armes et 12 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 16).[340]Jean Holand eut ses biens confisqués (Walsingham, t. II, p. 129); il ne fut sauvé du dernier supplice que grâce à l’intervention de la veuve du Prince Noir (Kervyn, t. X, p. 566).[341]Après être passé par York, dont la garnison avait reçu l’ordre de venir au-devant de lui (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 18), le roi d’Angleterre arrivait à Durham le 17 juillet 1385. C’est là qu’il fit proclamer le règlement de l’armée auquel il est fait allusion plus haut, p.LXVI,note 329.[342]A Newcastle, où le roi dut séjourner quelque temps, sont organisés les transports de vivres pour l’Écosse par voie de terre et de mer (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13, 25; 210, m. 10;Patent Rolls321, m. 40, 44).[343]Depuis la Saint-Jean (24 juin 1385), Henri de Percy, fils du comte de Northumberland, avait été chargé de la garde de Berwick avec 60 hommes d’armes et 320 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 7). Dans la chevauchée du roi en Écosse, il commandait à 3 chevaliers bannerets, 36 chevaliers, 310 écuyers et 800 archers (Ibid.210, m. 21).[344]En passant la frontière, Richard envoya à Jean de Vienne une lettre de menaces, à laquelle l’amiral répondit en proposant un combat où 10, 100 ou 500 Français se mesureraient à 30, 300 ou 1,000 Anglais. Le roi refusa (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 384-386) et entra vers le 6 août (Jean de Vienne, p. 200) en Écosse, où il trouva partout la ruine et la famine (Walsingham, t. II, p. 131). A la même date, il créait le comte de Buckingham duc de Glocester et le comte de Cambridge duc d’York (Rymer, t. VII, p. 481-482).[345]N’ayant pu décider ses alliés à combattre, Jean de Vienne se résout à faire une chevauchée en pays anglais. Sachant que l’armée ennemie n’est qu’à quelques milles d’Édimbourg, il passe, le 3 août, une dernière revue de ses troupes (Jean de Vienne, p.CII-CXXXII) et se dirige, à la faveur de la nuit, vers la frontière d’Écosse (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 390).[346]Le domaine très étendu de Mowbray avait comme ville principale Thirsx, placée au nord-ouest d’York.[347]Kervyn (t. XXV, p. 330) a tracé l’itinéraire probable de Jean de Vienne depuis les monts Cheviot jusqu’aux murs d’York et de Carlisle. Avec lui, il nous est difficile d’admettre que l’amiral ait pu s’avancer jusqu’au comté de Stafford. Il n’en avait pas le temps, étant revenu dix jours après à Édimbourg, où il signait, le 15 août, un mandement de paiement de gages (Jean de Vienne, p.CXLV-CXLVI). Froissart a dû confondre le domaine de Clifford avec le comté de Stafford.[348]Influencé par ses souvenirs littéraires, Froissart semble confondre ici avecCaer-Léonla ville deCarlisle, qu’il place en pays de Galles et dont il fait le séjour légendaire du roi Arthur. Remarquons cependant avec M. Longnon, dans son introduction deMéliador(t. I, p.LVII), qu’au moyen âge «la terre de Galles des traditions arthuriennes s’étend, bien au delà du pays de Galles actuel, sur tous les pays demeurés jadis au pouvoir des Bretons.»[349]Le roi fut surpris du départ des Français et entra dans Édimbourg sans coup férir (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 390).[350]Aujourd’hui Perth, sur la Tay. La ville ancienne devait son nom à son église Saint-Jean.[351]Louis de Clifford fut chargé spécialement par le roi, le 12 juin 1385, de la garde de la reine mère durant la campagne d’Écosse (Rymer, t. VII, p. 474); il signa, en mai 1390, une protestation adressée au pape contre les abus de la cour de Rome et fit partie, en 1393, de l’ambassade anglaise chargée de négocier la paix avec la France (Ibid., p. 675 et 739).[352]Kervyn (t. XX, p. 289) parle d’unRaoulde Nevill, gouverneur de Carlisle en 1385;Jeande Nevill fut garde de Carlisle, avec 120 hommes d’armes et 240 archers, du 1eraoût à la fin de septembre 1384 (Rec. Off.,Issue Rolls206, m. 15).[353]David Holegrave, capitaine de Montcontour en 1371 (t. VIII, p. 21), était «l’ung des grans hommes que on peut veoir et des orgueilleux, et portoit deux espées, une seinte et l’autre à l’arçon de la selle» (Chr. du bon duc Loys de Bourbon, p. 85). Cabaret d’Orville le fait mourir en 1370.[354]Dagorisset, que Siméon Luce a le premier identifié avec Adam Chel, capitaine anglais (Froissart, t. VII, p.LIV,note 270; voy. aussi P. Guérin,Arch. hist. du Poitou, t. IV, p. 42, note 1, et t. V, p. 172, note 1), figure dans le roman deMéliador(éd. Longnon, t. I, p.XXXIX) au milieu d’autres personnages dont les noms sont aussi empruntés à l’histoire.[355]A la difficulté du ravitaillement et aux fatigues de la chevauchée était venue s’ajouter une épidémie qui avait éclaté à Édimbourg (Walsingham, t. II, p. 132).[356]Une première fois en cette même année 1385, le duc de Lancastre avait dû, pour éviter d’être arrêté et tué par ordre du roi, se réfugier dans son château de Pomfret. La réconciliation n’avait pu se faire que par l’entremise de la reine mère (Walsingham, t. II, p. 126).[357]Le roi repasse la Tweed le 20 août (Jean de Vienne, p. 200), après avoir établi comme gardiens des marches, à Newcastle et à York, le comte de Northumberland et Jean de Nevill, à la tête de 600 hommes d’armes et de 1,200 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 24), et avoir confié la garde de Roxburgh à Thomas de Percy (Ibid.210, m. 14). Il est à Londres le 9 septembre, préside son Conseil le 11 et convoque le Parlement pour le 17 octobre (Ibid.209, m. 24); il s’occupe de liquider les paiements en retard (Ibid.210, m. 5) et fait remise de ses impôts au comte de Northumberland (Ibid.,Patent Rolls321, m. 10); enfin, il entre en pourparlers avec le roi d’Écosse par l’intermédiaire de ses ambassadeurs Jean de Nevill (Ibid.,Issue Rolls210, m. 15) et Rich. Stury (Ibid.,Lord Treas. Rem.,For. Acc.2).[358]On a vu plus haut (p.LXVIII,note 347) que Jean de Vienne était de retour à Édimbourg le 15 août 1385, une dizaine de jours après son départ.[359]Les querelles entre Français étaient fréquentes aussi (Arch. nat., JJ 136, fol. 31 vo, et 142, fol. 72).[360]LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 390-392) parle d’une intrigue amoureuse de Jean de Vienne avec une cousine du roi d’Écosse qui aurait indisposé les Écossais contre lui et aurait hâté son retour. Comme le fait remarquer le marquis Terrier de Loray (Jean de Vienne, p. 203, en note), le départ de l’amiral fut plutôt retardé que précipité par ses alliés.[361]LaChronique de P. Cochon(p. 176-177), qui consacre quelques lignes à l’expédition d’Écosse, durant laquelle les Français «ne firent guaire de chose, excepté qu’il entrerent en Engleterre et pristrent.IIII.chastiaus,» accuse Olivier de Clisson de n’être pas venu, «par traïson ou aultrement,» au secours de Jean de Vienne. La véritable raison de cette inaction fut la campagne de Flandre et le siège de Damme, qui immobilisa toutes les forces françaises.[362]Vers la fin du mois d’octobre, le 23, le 27, le 28, les revues de départ s’échelonnent à Saint-Johnston (Jean de Vienne, p.CIIet suiv.,CIVetCXXVIII); dès le 1ernovembre, quelques chevaliers sont déjà de retour en France, Sauvage de Villiers, entre autres, qui débarque à Carentan (Ibid., p.CXXXI).[363]Le 16 novembre, l’amiral reçoit quittance des sommes promises au roi et aux chevaliers d’Écosse (Rymer, t. VII, p. 484; cf. plus haut, p.LV,note 274); il part aussitôt après.[364]Dès son retour à Lille, le 5 décembre 1385, l’amiral Jean de Vienne procéda au licenciement de l’armée d’Écosse (Jean de Vienne, p.CXLII).[365]Ce ne fut pas volontairement, mais par suite d’une tempête, qu’un certain nombre de chevaliers français furent jetés sur les côtes danoises, où on les garda prisonniers (Kervyn, t. X, p. 567).[366]Une trêve suivit la campagne d’Écosse. Au printemps de 1386, des négociations en vue de la paix à conclure entre la France et l’Angleterre eurent lieu à Leulinghem, où le roi Richard envoya comme ambassadeurs Gautier Skirlawe, évêque de Coventry, Jean d’Évreux, capitaine de Calais, Michel de la Pole, comte de Suffolk, et autres (Rec. Off.,Queen’s Rem.,Nuncii, bundle 319, nos13, 23, 24;Lord Treas. Rem., For. Acc. 2); elles échouèrent, et les préparatifs de guerre commencèrent à l’Écluse.CHAPITRE XXIII[367]Les premiers pourparlers de paix remontaient au siège de Damme (août 1385), pendant lequel le roi et le duc de Bourgogne avaient adressé aux Gantois des propositions restées sans réponse (Kervyn, t. X, p. 571, et t. XXI, p. 555). Voy. aussi p.LXI,note 307.[368]Meyer (fol. 205) ne laisse pas de dire combien la Flandre était ruinée et désolée.[369]Échevin en 1379, Roger Everwyn le fut de nouveau en 1385 (Rekeningen, p. 441 et 486).[370]Ce personnage que Froissart nomme Jacques d’Ardembourg est appelé Anthoine Zadelaire par une rédaction publiée dans lesIstore et croniques de Flandres(t. II, p. 372).[371]Les lettres du roi et du duc de Bourgogne offrant aux Gantois pardon de leurs offenses et confirmation de leurs privilèges sont datées de Paris, 12 octobre 1385; elles ont été publiées plusieurs fois, en dernier lieu dans lesRekeningen der Stad Gent(1376-1386), p. 486-493.[372]Le jeudi 19, ou mieux le jeudi 26 octobre, en tout cas un des deux jeudis précédant le dimanche 29, jour où furent signées les lettres des Gantois déclarant qu’ils étaient prêts à faire la paix (Rekeningen, p. 494).[373]L’histoire des négociations officieuses qui aboutirent à un rapprochement entre le duc de Bourgogne et les Gantois est racontée différemment dans leReligieux de Saint-Deniset dans une relation publiée par Kervyn (Ist. et cr., t. II, p. 372-382). D’après leReligieux(t. I, p. 404-409), ce fut sur les conseils d’un orfèvre que les Gantois, les Yprois et les Brugeois envoyèrent comme ambassadeur auprès du roi un parent du comte de Ghistelle. L’autre relation ne fait pas non plus mention de Jean d’Heyle, et c’est à Lille et non à Tournai que le traité est signé, malgré un essai d’émeute tenté par Ackerman.[374]Les lettres du roi et du duc de Bourgogne furent «leues et exposées ou long en plain marchié devant tout le peuple de laditte ville, lesquelles oyes, la plus grant partie du peuple requist la paix» (Kervyn, t. X, p. 572, et t. XXI, p. 556). Les Gantois répondirent par l’envoi de lettres en date du 29 octobre (Rekeningen, p. 494), où ils acceptaient de traiter.[375]L’ambassade gantoise, chargée de porter au duc de Bourgogne les lettres des Gantois, se composait d’un échevin (Roger Everwyn), du doyen des petits mestiers (Jacques d’Eertbuer) et d’«aucuns autres» (Kervyn, t. X, p. 572), parmi lesquels devait figurer Jean d’Heyle. Cette ambassade alla trouver le duc, non pas à Arras, mais à Troyes, où il séjourna du 29 octobre au 7 novembre.[376]En date du 6 novembre, une trêve est accordée aux Gantois jusqu’au 1erjanvier 1386 (Rekeningen, p. 496-497); à la même date, le roi fixe à Tournai, pour le 7 décembre prochain, la réunion des plénipotentiaires chargés de préparer le traité de paix (Ibid., p. 493-495). Le 24 novembre, un sauf-conduit est accordé aux ambassadeurs gantois pour venir à Tournai (Ibid., p. 498-500).[377]Dans l’énumération des quarante-deux «procureurs generalx et espetialx messaiges,» nommés pour la paix de Tournai, par la communauté de Gand, à la date du 4 décembre 1385 (Rekeningen, p. 500-502), ne figurent ni Ackerman, ni Roger Everwyn, ni Jacques d’Eertbuer.[378]7 décembre.[379]Les 150 personnes qui composaient l’ambassade flamande (Rekeningen, p. 498) étalèrent un luxe inouï qui scandalisa les Français (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 410).[380]Parti le 29 novembre de Paris, le duc de Bourgogne était à Tournai le 7 décembre (Itinéraires, p. 183).[381]Gratifié le 17 janvier 1386 par le duc de Bourgogne d’une pension de 300 francs d’or, Jean de Heyle ne jouit pas longtemps de la faveur de Philippe le Hardi. Resté urbaniste, il fut persécuté pour ses opinions religieuses et mourut en prison (Kervyn, t. XXI, p. 554-555).[382]Aux premières nouvelles, des négociations entamées entre les Gantois et le duc de Bourgogne, les Anglais, qui se préparaient à envoyer des troupes en Flandre, 100 hommes d’armes et 200 archers, sous la direction de Hugues le Despenser (Rec. Off.,Issue Rolls210, m. 3, 7;French Rolls330, m. 34), cessèrent leurs préparatifs (Ibid.,Issue Rolls210, m. 9). Quand le traité fut signé, ces troupes, engagées pour cent jours, allèrent tenir garnison à Berwick (Ibid., m. 7).[383]Le traité de Tournai, signé le 18 décembre 1385 (Rekeningen, p. 505-507), fut longuement discuté. Le duc de Bourgogne, après avoir, dans une lettre datée du mois de décembre (sans indication de jour), pardonné les méfaits et reconnu les privilèges des Gantois (Rekeningen, p. 502-504), avait donné à son plénipotentiaire Jean Canart, évêque d’Arras, de minutieuses instructions, prévoyant les demandes des Gantois et indiquant les réponses à faire. Aux requêtes présentées tout d’abord par les Gantois, les ambassadeurs français firent des objections, dont la plupart s’aplanirent à la discussion du traité (Kervyn, t. X, p. 569-571, 573-578). Malgré le vague de la rédaction du texte, le duc reconnut en fait les franchises et privilèges des villes de Flandre et leur liberté religieuse. «Ainsi fu appaisie le division qui avoit esté entre les Gantois et cheuls de Bruges, d’Yppre et du pays, et par cel acord se tinrent en unitté et en obeïssance au roy et au duc leur seigneur, excepté que point ne voloient croire ne obeïr au pappe Clement» (Ist. et cr., t. II, p. 367).[384]Le texte flamand du traité (Rekeningen, p. 516-517) permet de rectifier quelques noms des signataires mentionnés par Froissart: p. 308, l. 21, au lieu deHornes, il faut rétablirHarnes; l. 29, au lieu deLambres, il faut corrigerBoelaer; l. 32, au lieu deMonkanart, il faut lireBeukemare.[385]Aussitôt la paix signée, le duc de Bourgogne envoya à Gand Claude de Thoulongeon porter le traité de paix, qui fut proclamé le 21 décembre (Ist. et cr., t. II, p. 381-382).[386]Le duc de Bourgogne était à Tournai au moment des fêtes de Noël et s’y trouvait encore le 1erjanvier 1386. A défaut desItinérairesqui offrent une lacune à cette date, le ms. 677 de la bibliothèque de Cambrai nous permet de suivre le duc après son départ de Tournai. Ce ms. contient en effet un dernier chapitre, cité par Buchon (t. II, p. 352) et publié par Kervyn (t. XX, p. 447-451), qui complète l’itinéraire du duc. Celui-ci va de Tournai à Audenarde, où il reste trois jours; de là à Gand (4 janvier) où il est l’objet, ainsi que la duchesse, d’une magnifique réception, au cours de laquelle il jure en l’église Saint-Jean de maintenir les lois, privilèges et franchises de la ville, tandis que les Gantois jurent, de leur côté, d’être bons et loyaux sujets. De là, le duc se rend en pèlerinage à Ardembourg, puis à l’Écluse (où il séjourne trois jours), enfin à Bruges (16 janvier). La narration du voyage du duc de Bourgogne, terminé par son entrée à Bruges, est placée dans le ms. de Cambraiaprèsle meurtre d’Ackerman, qui eut lieu le 22 juillet 1386. C’est ce qui explique que nous ayons cru qu’il s’agissait du voyage à Bruges de novembre 1386 (voy. notre Introduction du t. IX, p.III).[387]On sait (voy. plus loin,p. 472) que les trois derniers paragraphes de notre texte du livre II de Froissart ne se trouvent que dans trois mss. L’un de ces mss., qui appartenait à la bibliothèque de lord Ashburnham et dont nous avons pu noter les variantes d’après une copie des trois paragraphes en question faite autrefois par S. Luce, a été acquis (mai 1899) par la Bibliothèque nationale lors de la mise en vente à Londres, par M. Yate Thomson, d’une partie de l’Appendix Ashburnham. Ce ms. forme, avec deux autres mss. acquis en même temps et contenant, l’un le premier livre, l’autre le troisième livre de Froissart une série de trois volumes qui occupent les nos9604-9606 dans le fonds desNouvelles acquisitions françaisesdu département des manuscrits.[388]Le 22 juillet 1386, jour de la Sainte-Madeleine (Meyer, fol. 208), François Ackerman, qui avait dû se soumettre à une ordonnance du duc de Bourgogne défendant de sortir armé et accompagné de serviteurs armés, était assassiné par Gallehaut, bâtard d’Herzeele (Kervyn, t. XI, p. 366), en revenant de la ducasse de Saint-Pierre (Ist. et cr., t. II, p. 383; cf. aussi le ms. 677 de la bibliothèque de Cambrai, fol. 157 vo-158 vo).VARIANTES[389]C’est par erreur que j’ai dit dans mon introduction du deuxième livre, t. IX, p.IX, lignes 4 et 5, que ces mss. avaient même fin que les mss. A 1, A 2 et A 3.[390]Les variantes du ms. A 3, données pour la fin du livre, sont empruntées à une copie partielle des § 500, 501 et 502 faite autrefois par M. S. Luce à Ashburnham Place.
[299]Commencé le 1eraoût, le siège de Damme dura presque jusqu’à la fin du mois. Il fut interrompu quelque temps par une trêve (Ist. et cr., t. II, p. 365), au cours de laquelle le roi prépara son artillerie. Il en profita aussi pour faire des propositions de paix aux Gantois, qui n’y répondirent pas (Kervyn, t. X, p. 571, et t. XXI, p. 555), se gardant bien de son côté d’entrer en pourparlers avec la petite garnison de 1,200 hommes (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 376).
[300]Eustache Deschamps a fait allusion à plusieurs reprises au mauvais temps qu’il dut subir pendant le siège de Damme et en général au séjour peu agréable de la Flandre (Œuvres complètes, t. I, p. 97; t. III, p. 41, et t. IV, p. 284).
[301]Meyer parle (fol. 204) d’une épidémie qui décima l’armée. Les Français étaient forcés de s’approvisionner à Bruges (Arch. nat., JJ 135, fol. 105 vo).
[302]La petite armée, 100 hommes d’armes et 300 archers, que Jean Bourchier avait amenée avec lui d’Angleterre en venant prendre le gouvernement de la ville de Gand (Rec. Off.,Queen’s Rem.,Army40/11;Issue Rolls209, m. 20; 210, m. 28) et qui, embarquée à Harwich, avait dû, sous la conduite de J. Orewell, passer par la Zélande pour arriver à Gand (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 22), n’était pas suffisante pour fournir des renforts aux Gantois, maîtres de Damme depuis le 17 juillet, «qui villam illam jam noviter ceperunt» (Rec. Off.,French Rolls330, m. 39). Aussi dès cette date Ackerman s’était-il adressé au roi d’Angleterre (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 19, 20; 210, m. 6), qui était alors en Écosse. En l’absence du roi, le conseil n’en décide pas moins de renforcer les garnisons de Gand et de Damme, menacées par le roi de France. Des emprunts sont contractés à cet effet (Ibid.210, m. 2, 23); des hommes et des bateaux sont retenus; des approvisionnements sont ordonnés par Robert Knolles, W. Walworth et Nic. Brembre, maire de Londres (Ibid.209, m. 22, 25, 26; 210, m. 6, 9). Mais des retards se produisent, et Ackerman est forcé d’évacuer Damme.
[303]C’est à Gavre qu’Ackerman se réfugie le 27 août (Meyer, fol. 204;Ist. et cr., t. II, p. 365).
[304]LaChronographia(t. III, p. 76) parle de 4,000 morts; on trouve ailleurs le chiffre de 600 (Ist. et cr., t. II, p. 365).
[305]Le roi entre à Damme le 30 août d’après Meyer (fol. 204), le 28 d’après laChronographiaet leReligieux de Saint-Denis, le 27 d’après laChronique de P. Cochon. La ville, après l’assaut, fut pillée et brûlée; les habitants furent égorgés en partie (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 376-379).
[306]Le roi séjourna à Ertvelde du 1erau 10 septembre. Pendant ce temps, ses troupes pillèrent, saccagèrent et brûlèrent tout le pays des Quatre-Métiers. Les forteresses, entre autres celle d’Ertvelde, furent abattues (Meyer, fol. 204;Ist. et cr., t. II, p. 366) et de nombreuses exécutions furent faites sans pouvoir réussir à abaisser l’orgueil des Flamands (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 380-385). Quelques chevaliers français, s’étant avancés jusqu’à Gand, risquèrent d’être noyés par les inondations produites par la destruction des écluses (Chr. des Quatre Valois, p. 312;Chr. de P. Cochon, p. 178).
[307]D’Ertvelde, le 7 septembre, le roi écrivit de nouveau aux Gantois pour les engager à faire leur soumission au duc de Bourgogne, leur promettant le pardon et le maintien de leurs franchises (trad. fr. de l’original flamand, publiée par Kervyn, t. X, p. 562-563).
[308]Le 3 septembre, pendant son séjour à Ertvelde (Ist. et cr., t. II, p. 352), le roi reçut de la reine de Hongrie, qui cherchait un appui contre Charles de Durazzo, une nombreuse ambassade composée de trois ducs, deux comtes, deux évêques accompagnés de 400 chevaux (Chr. de P. Cochon, p. 178); Meyer parle seulement d’un évêque, d’un duc et de deux comtes (fol. 205). Cette ambassade apportait au jeune prince Louis, frère du roi, la couronne de Hongrie (Ist. et cr., t. II, p. 365) que lui donnait son mariage avec Marie de Hongrie. Voy. plus haut, p.LVI,note 279.
[309]C’est le 10 septembre que le roi quitte Ertvelde; il est le 15 à Lille, le 17 à Arras, le 25 à Creil (Séjours, p. 27).
[310]Le roi n’arrive à Paris que le 28, ayant passé par Luzarches et Saint-Denis.
[311]Un passage assez obscur de laChronique de P. Cochon(p. 178) a fait supposer à M. Jarry (loc. cit., p. 23) que le prince Louis avait quitté Paris le 17 septembre pour se rendre en Hongrie. La chose semblait tout d’abord assez invraisemblable, puisqu’à cette date le roi, qui voulait présider au départ de son frère, n’était pas encore de retour; elle devient inadmissible, si l’on remarque que, le mardi 3 octobre, à Paris le duc de Bourgogne «donne a mangier a mons. de Valois et aux chevaliers de Hongrie» (Itinéraires, p. 181). Il est permis de supposer que le roi, le prince Louis et le duc de Bourgogne, après avoir quitté Paris le 18 octobre sur la nouvelle encore assez vague du mariage de Sigismond et de Marie de Hongrie, firent route ensemble jusqu’à Troyes, où ils restèrent du 29 octobre au 7 novembre, attendant la confirmation de cet événement. Ils étaient de retour à Paris le 23 novembre.
[312]Voy. plus haut, p.LVI,note 278.
[313]Le princeSigismond(et nonHenri, comme le nomme Froissart) surprit avec 20,000 hommes la reine Élisabeth et sa fille Marie dans un château où elles s’étaient réfugiées et leur arracha une promesse de mariage (Ist. et cr., t. II, p. 366 et 387; Jarry,loc. cit., p. 23).
[314]La nouvelle prématurée du mariage de Sigismond et de Marie de Hongrie, qui n’eut toutefois lieu qu’en juin 1386, arriva à la cour de France le 16 octobre 1385 (Chronographia, t. III, p. 77). Voy. plus haut, p.LXII,note 311.
[315]LaChronique de P. Cochon(p. 178) fait allusion à l’impression des ambassadeurs hongrois, «qui s’en rallerent... tous courchiez.»
[316]On ne s’occupa pas effectivement des nouvelles fiançailles du prince Louis avant le 18 mai 1386, date à laquelle Jean la Personne partit pour Milan à l’effet de négocier cette union (Jarry,loc. cit., p. 29).
[317]Le siège de Verteuil commença en août 1385, après celui de Montlieu, comme le prouve une lettre de Bergerac datée du 28 août, demandant aide contre les Anglais au duc de Bourbonqui assiège Verteuil(Jurades de Bergerac, I, 108). Il fut long et dura jusqu’aux premiers jours d’octobre (Guérin,Arch. hist. du Poitou, t. XXI, p. 290, note 1). Cabaret d’Orville a donné de longs détails sur ce siège, où il conte notamment le combat singulier qui eut lieu dans une mine entre Renaud de Montferrand et le duc de Bourbon (Chr. du bon duc Loïs de Bourbon, p. 144-154). Verteuil, avant de tomber entre les mains des Anglais en 1383, appartenait à Geoffroy de la Rochefoucauld, à qui le roi avait promis de le rendre dans le cas où il seraitracheté(Guérin,loc. cit.).
[318]Au cours du siège de Verteuil, en octobre 1385, un chevalier, Jean Buffet, et un écuyer, Arnauton des Bordes, auquel le roi venait de rendre le château de Montlieu (voy. plus haut, p.LVIII,note 289) tentèrent une attaque contre le château de Bouteville. Ils furent repoussés; Jean Buffet fut tué et Arnauton de Bordes fait prisonnier avec plusieurs de ses gens (Guérin,loc. cit., p. 254, note 2).
[319]Le duc de Bourbon était à Charroux en novembre 1385 (Arch. nat., JJ 128, fol. 52 vo, cité par Guérin,loc. cit., p. 254, note 2).
[320]D’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 366), le roi d’Écosse, après avoir conclu une trêve de trois semaines avec les Anglais, ne fut prêt à entrer en campagne avec Jean de Vienne que le 8 juillet. Son armée comprenait, dit-on, 1,000 lances et 30,000 combattants (Jean de Vienne, p. 191). Le départ pour le Northumberland eut lieu immédiatement.
[321]Jean de Montagu, comte de Salisbury, figure dans l’armée de Richard II à la tête de 30 hommes d’armes et de 30 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 22).
[322]Nous retrouvons ce Guillaume de Leyburn en 1386, comme témoin, dans un acte de Rymer (t. VII, p. 532).
[323]C’est sans doute ce château que leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 366) désigne sous le nom deDovart. Il ne peut s’agir deDunbar, qui était en pays écossais.
[324]LeReligieux de Saint-Denisinsiste tout particulièrement sur les cruautés et les déprédations de l’armée française. Ces accusations sont démenties par les historiens anglais (cf.Jean de Vienne, p. 194).
[325]Ce château, situé sur la rive gauche du Wantsbeck, est proche de Morpeth.
[326]Il y avait huit jours que l’expédition de Jean de Vienne était en route quand on apprit l’arrivée de l’avant-garde anglaise. L’amiral ne put obtenir de ses alliés qu’on livrât bataille, et dut rétrograder.
[327]LeReligieux(t. I, p. 368) prétend qu’une fois revenu en Écosse, Jean de Vienne, outré de la mauvaise foi de ses alliés, renonça momentanément à leur concours et, vers la fin du mois de juillet, se mit à courir le pays avec ses gens, en usant de la plus grande prudence.
[328]Le roi s’occupe activement de cette campagne d’Écosse: il contracte pour en couvrir les frais différents emprunts envers la municipalité de Londres, les villes, les abbés, les grands seigneurs et les riches particuliers du royaume (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 18, 19, 23, 25, 26; 210, m. 1, 2, 4, 7, 16, 20); il assure la garde des ports de Sandwich et de Rye menacés par l’invasion française (Ibid.209, m. 20;Lord Treas. Rem.,For. Acc.2) et, faisant de nouveau appel à ses sujets, il donne des instructions multiples relatives aux transports, aux chevaux, au fourrage, aux vivres, au vin nécessaires à l’armée (Ibid.,Issue Rolls209, m. 11, 12, 19;Patent Rolls320, m. 3, 6;Lord Treas. Rem.,For. Acc.2). La réunion des vassaux est fixée à Newcastle le 14 juillet (Rymer, t. VII, p. 473-474). De nombreux scribes sont employés nuit et jour à l’expédition des ordres (Ibid.,Issue Rolls209, m. 19). Après avoir échangé des messages avec le duc de Lancastre, qui, parti en avant, se trouve auprès de l’archevêque d’York et du comte de Northumberland (Ibid.209, m. 2, 15, 16), Richard II part, emmenant avec lui son médecin, Jean Middelton, et son porte-étendard, Nic. Saversfeld (Ibid.209, m. 18;Patent Rolls, 321, m. 36).
[329]Les chiffres donnés par Froissart dans l’énumération des forces anglaises semblent quelque peu exagérés, si l’on se reporte d’une part à l’état de l’armée tel qu’il fut établi à Durham le 17 juillet, avant l’entrée en Écosse (Estatutz, ordenances et custumes a tenir en l’ost,Bibl. nat., ms. lat. 6049, fol. 28-30), et de l’autre aux renseignements offerts par leRecord Office.
[330]Le comte de Cambridge avait à sa solde 200 hommes d’armes et 400 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13).
[331]Thomas, comte de Buckingham, connétable d’Angleterre, avait à sa solde 400 hommes d’armes et 800 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 16).
[332]Jean Holand avait à sa solde 100 hommes d’armes et 160 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13).
[333]Richard, comte d’Arondel, avait à sa solde 6 chevaliers bannerets, 24 chevaliers, 69 écuyers et 150 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13).
[334]Le comte de Stafford avait sous ses ordres 120 hommes d’armes et 180 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13).
[335]Parmi ces chevaliers citons W. Drayton à la tête de 15 hommes d’armes et de 20 archers; Jean d’Évreux, chevalier banneret, à la tête de 46 hommes d’armes et de 70 archers; Mathieu de Gournai, chevalier banneret, à la tête de 20 hommes d’armes et de 20 archers; Thomas Trivet à la tête de 20 hommes d’armes et de 20 archers, etc. Ajoutons un grand nombre de chevaliers gallois venus exprès pour cette campagne (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 14, 16, 24).
[336]Le duc de Lancastre, dont l’engagement était de quarante jours, comptait sous ses ordres 800 hommes d’armes et 1,200 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13, 22).
[337]Le comte de Northumberland avait sous ses ordres à Newcastle 600 hommes d’armes et 1,200 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 22, 24).
[338]Le comte de Nottingham, maréchal d’Angleterre, avait sous ses ordres 180 hommes d’armes et 150 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13).
[339]Raoul(et non pasRichard, comme le nomme Froissart) de Stafford, fils du comte de Stafford, avait sous ses ordres 7 hommes d’armes et 12 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 16).
[340]Jean Holand eut ses biens confisqués (Walsingham, t. II, p. 129); il ne fut sauvé du dernier supplice que grâce à l’intervention de la veuve du Prince Noir (Kervyn, t. X, p. 566).
[341]Après être passé par York, dont la garnison avait reçu l’ordre de venir au-devant de lui (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 18), le roi d’Angleterre arrivait à Durham le 17 juillet 1385. C’est là qu’il fit proclamer le règlement de l’armée auquel il est fait allusion plus haut, p.LXVI,note 329.
[342]A Newcastle, où le roi dut séjourner quelque temps, sont organisés les transports de vivres pour l’Écosse par voie de terre et de mer (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 13, 25; 210, m. 10;Patent Rolls321, m. 40, 44).
[343]Depuis la Saint-Jean (24 juin 1385), Henri de Percy, fils du comte de Northumberland, avait été chargé de la garde de Berwick avec 60 hommes d’armes et 320 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 7). Dans la chevauchée du roi en Écosse, il commandait à 3 chevaliers bannerets, 36 chevaliers, 310 écuyers et 800 archers (Ibid.210, m. 21).
[344]En passant la frontière, Richard envoya à Jean de Vienne une lettre de menaces, à laquelle l’amiral répondit en proposant un combat où 10, 100 ou 500 Français se mesureraient à 30, 300 ou 1,000 Anglais. Le roi refusa (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 384-386) et entra vers le 6 août (Jean de Vienne, p. 200) en Écosse, où il trouva partout la ruine et la famine (Walsingham, t. II, p. 131). A la même date, il créait le comte de Buckingham duc de Glocester et le comte de Cambridge duc d’York (Rymer, t. VII, p. 481-482).
[345]N’ayant pu décider ses alliés à combattre, Jean de Vienne se résout à faire une chevauchée en pays anglais. Sachant que l’armée ennemie n’est qu’à quelques milles d’Édimbourg, il passe, le 3 août, une dernière revue de ses troupes (Jean de Vienne, p.CII-CXXXII) et se dirige, à la faveur de la nuit, vers la frontière d’Écosse (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 390).
[346]Le domaine très étendu de Mowbray avait comme ville principale Thirsx, placée au nord-ouest d’York.
[347]Kervyn (t. XXV, p. 330) a tracé l’itinéraire probable de Jean de Vienne depuis les monts Cheviot jusqu’aux murs d’York et de Carlisle. Avec lui, il nous est difficile d’admettre que l’amiral ait pu s’avancer jusqu’au comté de Stafford. Il n’en avait pas le temps, étant revenu dix jours après à Édimbourg, où il signait, le 15 août, un mandement de paiement de gages (Jean de Vienne, p.CXLV-CXLVI). Froissart a dû confondre le domaine de Clifford avec le comté de Stafford.
[348]Influencé par ses souvenirs littéraires, Froissart semble confondre ici avecCaer-Léonla ville deCarlisle, qu’il place en pays de Galles et dont il fait le séjour légendaire du roi Arthur. Remarquons cependant avec M. Longnon, dans son introduction deMéliador(t. I, p.LVII), qu’au moyen âge «la terre de Galles des traditions arthuriennes s’étend, bien au delà du pays de Galles actuel, sur tous les pays demeurés jadis au pouvoir des Bretons.»
[349]Le roi fut surpris du départ des Français et entra dans Édimbourg sans coup férir (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 390).
[350]Aujourd’hui Perth, sur la Tay. La ville ancienne devait son nom à son église Saint-Jean.
[351]Louis de Clifford fut chargé spécialement par le roi, le 12 juin 1385, de la garde de la reine mère durant la campagne d’Écosse (Rymer, t. VII, p. 474); il signa, en mai 1390, une protestation adressée au pape contre les abus de la cour de Rome et fit partie, en 1393, de l’ambassade anglaise chargée de négocier la paix avec la France (Ibid., p. 675 et 739).
[352]Kervyn (t. XX, p. 289) parle d’unRaoulde Nevill, gouverneur de Carlisle en 1385;Jeande Nevill fut garde de Carlisle, avec 120 hommes d’armes et 240 archers, du 1eraoût à la fin de septembre 1384 (Rec. Off.,Issue Rolls206, m. 15).
[353]David Holegrave, capitaine de Montcontour en 1371 (t. VIII, p. 21), était «l’ung des grans hommes que on peut veoir et des orgueilleux, et portoit deux espées, une seinte et l’autre à l’arçon de la selle» (Chr. du bon duc Loys de Bourbon, p. 85). Cabaret d’Orville le fait mourir en 1370.
[354]Dagorisset, que Siméon Luce a le premier identifié avec Adam Chel, capitaine anglais (Froissart, t. VII, p.LIV,note 270; voy. aussi P. Guérin,Arch. hist. du Poitou, t. IV, p. 42, note 1, et t. V, p. 172, note 1), figure dans le roman deMéliador(éd. Longnon, t. I, p.XXXIX) au milieu d’autres personnages dont les noms sont aussi empruntés à l’histoire.
[355]A la difficulté du ravitaillement et aux fatigues de la chevauchée était venue s’ajouter une épidémie qui avait éclaté à Édimbourg (Walsingham, t. II, p. 132).
[356]Une première fois en cette même année 1385, le duc de Lancastre avait dû, pour éviter d’être arrêté et tué par ordre du roi, se réfugier dans son château de Pomfret. La réconciliation n’avait pu se faire que par l’entremise de la reine mère (Walsingham, t. II, p. 126).
[357]Le roi repasse la Tweed le 20 août (Jean de Vienne, p. 200), après avoir établi comme gardiens des marches, à Newcastle et à York, le comte de Northumberland et Jean de Nevill, à la tête de 600 hommes d’armes et de 1,200 archers (Rec. Off.,Issue Rolls209, m. 24), et avoir confié la garde de Roxburgh à Thomas de Percy (Ibid.210, m. 14). Il est à Londres le 9 septembre, préside son Conseil le 11 et convoque le Parlement pour le 17 octobre (Ibid.209, m. 24); il s’occupe de liquider les paiements en retard (Ibid.210, m. 5) et fait remise de ses impôts au comte de Northumberland (Ibid.,Patent Rolls321, m. 10); enfin, il entre en pourparlers avec le roi d’Écosse par l’intermédiaire de ses ambassadeurs Jean de Nevill (Ibid.,Issue Rolls210, m. 15) et Rich. Stury (Ibid.,Lord Treas. Rem.,For. Acc.2).
[358]On a vu plus haut (p.LXVIII,note 347) que Jean de Vienne était de retour à Édimbourg le 15 août 1385, une dizaine de jours après son départ.
[359]Les querelles entre Français étaient fréquentes aussi (Arch. nat., JJ 136, fol. 31 vo, et 142, fol. 72).
[360]LeReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 390-392) parle d’une intrigue amoureuse de Jean de Vienne avec une cousine du roi d’Écosse qui aurait indisposé les Écossais contre lui et aurait hâté son retour. Comme le fait remarquer le marquis Terrier de Loray (Jean de Vienne, p. 203, en note), le départ de l’amiral fut plutôt retardé que précipité par ses alliés.
[361]LaChronique de P. Cochon(p. 176-177), qui consacre quelques lignes à l’expédition d’Écosse, durant laquelle les Français «ne firent guaire de chose, excepté qu’il entrerent en Engleterre et pristrent.IIII.chastiaus,» accuse Olivier de Clisson de n’être pas venu, «par traïson ou aultrement,» au secours de Jean de Vienne. La véritable raison de cette inaction fut la campagne de Flandre et le siège de Damme, qui immobilisa toutes les forces françaises.
[362]Vers la fin du mois d’octobre, le 23, le 27, le 28, les revues de départ s’échelonnent à Saint-Johnston (Jean de Vienne, p.CIIet suiv.,CIVetCXXVIII); dès le 1ernovembre, quelques chevaliers sont déjà de retour en France, Sauvage de Villiers, entre autres, qui débarque à Carentan (Ibid., p.CXXXI).
[363]Le 16 novembre, l’amiral reçoit quittance des sommes promises au roi et aux chevaliers d’Écosse (Rymer, t. VII, p. 484; cf. plus haut, p.LV,note 274); il part aussitôt après.
[364]Dès son retour à Lille, le 5 décembre 1385, l’amiral Jean de Vienne procéda au licenciement de l’armée d’Écosse (Jean de Vienne, p.CXLII).
[365]Ce ne fut pas volontairement, mais par suite d’une tempête, qu’un certain nombre de chevaliers français furent jetés sur les côtes danoises, où on les garda prisonniers (Kervyn, t. X, p. 567).
[366]Une trêve suivit la campagne d’Écosse. Au printemps de 1386, des négociations en vue de la paix à conclure entre la France et l’Angleterre eurent lieu à Leulinghem, où le roi Richard envoya comme ambassadeurs Gautier Skirlawe, évêque de Coventry, Jean d’Évreux, capitaine de Calais, Michel de la Pole, comte de Suffolk, et autres (Rec. Off.,Queen’s Rem.,Nuncii, bundle 319, nos13, 23, 24;Lord Treas. Rem., For. Acc. 2); elles échouèrent, et les préparatifs de guerre commencèrent à l’Écluse.
[367]Les premiers pourparlers de paix remontaient au siège de Damme (août 1385), pendant lequel le roi et le duc de Bourgogne avaient adressé aux Gantois des propositions restées sans réponse (Kervyn, t. X, p. 571, et t. XXI, p. 555). Voy. aussi p.LXI,note 307.
[368]Meyer (fol. 205) ne laisse pas de dire combien la Flandre était ruinée et désolée.
[369]Échevin en 1379, Roger Everwyn le fut de nouveau en 1385 (Rekeningen, p. 441 et 486).
[370]Ce personnage que Froissart nomme Jacques d’Ardembourg est appelé Anthoine Zadelaire par une rédaction publiée dans lesIstore et croniques de Flandres(t. II, p. 372).
[371]Les lettres du roi et du duc de Bourgogne offrant aux Gantois pardon de leurs offenses et confirmation de leurs privilèges sont datées de Paris, 12 octobre 1385; elles ont été publiées plusieurs fois, en dernier lieu dans lesRekeningen der Stad Gent(1376-1386), p. 486-493.
[372]Le jeudi 19, ou mieux le jeudi 26 octobre, en tout cas un des deux jeudis précédant le dimanche 29, jour où furent signées les lettres des Gantois déclarant qu’ils étaient prêts à faire la paix (Rekeningen, p. 494).
[373]L’histoire des négociations officieuses qui aboutirent à un rapprochement entre le duc de Bourgogne et les Gantois est racontée différemment dans leReligieux de Saint-Deniset dans une relation publiée par Kervyn (Ist. et cr., t. II, p. 372-382). D’après leReligieux(t. I, p. 404-409), ce fut sur les conseils d’un orfèvre que les Gantois, les Yprois et les Brugeois envoyèrent comme ambassadeur auprès du roi un parent du comte de Ghistelle. L’autre relation ne fait pas non plus mention de Jean d’Heyle, et c’est à Lille et non à Tournai que le traité est signé, malgré un essai d’émeute tenté par Ackerman.
[374]Les lettres du roi et du duc de Bourgogne furent «leues et exposées ou long en plain marchié devant tout le peuple de laditte ville, lesquelles oyes, la plus grant partie du peuple requist la paix» (Kervyn, t. X, p. 572, et t. XXI, p. 556). Les Gantois répondirent par l’envoi de lettres en date du 29 octobre (Rekeningen, p. 494), où ils acceptaient de traiter.
[375]L’ambassade gantoise, chargée de porter au duc de Bourgogne les lettres des Gantois, se composait d’un échevin (Roger Everwyn), du doyen des petits mestiers (Jacques d’Eertbuer) et d’«aucuns autres» (Kervyn, t. X, p. 572), parmi lesquels devait figurer Jean d’Heyle. Cette ambassade alla trouver le duc, non pas à Arras, mais à Troyes, où il séjourna du 29 octobre au 7 novembre.
[376]En date du 6 novembre, une trêve est accordée aux Gantois jusqu’au 1erjanvier 1386 (Rekeningen, p. 496-497); à la même date, le roi fixe à Tournai, pour le 7 décembre prochain, la réunion des plénipotentiaires chargés de préparer le traité de paix (Ibid., p. 493-495). Le 24 novembre, un sauf-conduit est accordé aux ambassadeurs gantois pour venir à Tournai (Ibid., p. 498-500).
[377]Dans l’énumération des quarante-deux «procureurs generalx et espetialx messaiges,» nommés pour la paix de Tournai, par la communauté de Gand, à la date du 4 décembre 1385 (Rekeningen, p. 500-502), ne figurent ni Ackerman, ni Roger Everwyn, ni Jacques d’Eertbuer.
[378]7 décembre.
[379]Les 150 personnes qui composaient l’ambassade flamande (Rekeningen, p. 498) étalèrent un luxe inouï qui scandalisa les Français (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 410).
[380]Parti le 29 novembre de Paris, le duc de Bourgogne était à Tournai le 7 décembre (Itinéraires, p. 183).
[381]Gratifié le 17 janvier 1386 par le duc de Bourgogne d’une pension de 300 francs d’or, Jean de Heyle ne jouit pas longtemps de la faveur de Philippe le Hardi. Resté urbaniste, il fut persécuté pour ses opinions religieuses et mourut en prison (Kervyn, t. XXI, p. 554-555).
[382]Aux premières nouvelles, des négociations entamées entre les Gantois et le duc de Bourgogne, les Anglais, qui se préparaient à envoyer des troupes en Flandre, 100 hommes d’armes et 200 archers, sous la direction de Hugues le Despenser (Rec. Off.,Issue Rolls210, m. 3, 7;French Rolls330, m. 34), cessèrent leurs préparatifs (Ibid.,Issue Rolls210, m. 9). Quand le traité fut signé, ces troupes, engagées pour cent jours, allèrent tenir garnison à Berwick (Ibid., m. 7).
[383]Le traité de Tournai, signé le 18 décembre 1385 (Rekeningen, p. 505-507), fut longuement discuté. Le duc de Bourgogne, après avoir, dans une lettre datée du mois de décembre (sans indication de jour), pardonné les méfaits et reconnu les privilèges des Gantois (Rekeningen, p. 502-504), avait donné à son plénipotentiaire Jean Canart, évêque d’Arras, de minutieuses instructions, prévoyant les demandes des Gantois et indiquant les réponses à faire. Aux requêtes présentées tout d’abord par les Gantois, les ambassadeurs français firent des objections, dont la plupart s’aplanirent à la discussion du traité (Kervyn, t. X, p. 569-571, 573-578). Malgré le vague de la rédaction du texte, le duc reconnut en fait les franchises et privilèges des villes de Flandre et leur liberté religieuse. «Ainsi fu appaisie le division qui avoit esté entre les Gantois et cheuls de Bruges, d’Yppre et du pays, et par cel acord se tinrent en unitté et en obeïssance au roy et au duc leur seigneur, excepté que point ne voloient croire ne obeïr au pappe Clement» (Ist. et cr., t. II, p. 367).
[384]Le texte flamand du traité (Rekeningen, p. 516-517) permet de rectifier quelques noms des signataires mentionnés par Froissart: p. 308, l. 21, au lieu deHornes, il faut rétablirHarnes; l. 29, au lieu deLambres, il faut corrigerBoelaer; l. 32, au lieu deMonkanart, il faut lireBeukemare.
[385]Aussitôt la paix signée, le duc de Bourgogne envoya à Gand Claude de Thoulongeon porter le traité de paix, qui fut proclamé le 21 décembre (Ist. et cr., t. II, p. 381-382).
[386]Le duc de Bourgogne était à Tournai au moment des fêtes de Noël et s’y trouvait encore le 1erjanvier 1386. A défaut desItinérairesqui offrent une lacune à cette date, le ms. 677 de la bibliothèque de Cambrai nous permet de suivre le duc après son départ de Tournai. Ce ms. contient en effet un dernier chapitre, cité par Buchon (t. II, p. 352) et publié par Kervyn (t. XX, p. 447-451), qui complète l’itinéraire du duc. Celui-ci va de Tournai à Audenarde, où il reste trois jours; de là à Gand (4 janvier) où il est l’objet, ainsi que la duchesse, d’une magnifique réception, au cours de laquelle il jure en l’église Saint-Jean de maintenir les lois, privilèges et franchises de la ville, tandis que les Gantois jurent, de leur côté, d’être bons et loyaux sujets. De là, le duc se rend en pèlerinage à Ardembourg, puis à l’Écluse (où il séjourne trois jours), enfin à Bruges (16 janvier). La narration du voyage du duc de Bourgogne, terminé par son entrée à Bruges, est placée dans le ms. de Cambraiaprèsle meurtre d’Ackerman, qui eut lieu le 22 juillet 1386. C’est ce qui explique que nous ayons cru qu’il s’agissait du voyage à Bruges de novembre 1386 (voy. notre Introduction du t. IX, p.III).
[387]On sait (voy. plus loin,p. 472) que les trois derniers paragraphes de notre texte du livre II de Froissart ne se trouvent que dans trois mss. L’un de ces mss., qui appartenait à la bibliothèque de lord Ashburnham et dont nous avons pu noter les variantes d’après une copie des trois paragraphes en question faite autrefois par S. Luce, a été acquis (mai 1899) par la Bibliothèque nationale lors de la mise en vente à Londres, par M. Yate Thomson, d’une partie de l’Appendix Ashburnham. Ce ms. forme, avec deux autres mss. acquis en même temps et contenant, l’un le premier livre, l’autre le troisième livre de Froissart une série de trois volumes qui occupent les nos9604-9606 dans le fonds desNouvelles acquisitions françaisesdu département des manuscrits.
[388]Le 22 juillet 1386, jour de la Sainte-Madeleine (Meyer, fol. 208), François Ackerman, qui avait dû se soumettre à une ordonnance du duc de Bourgogne défendant de sortir armé et accompagné de serviteurs armés, était assassiné par Gallehaut, bâtard d’Herzeele (Kervyn, t. XI, p. 366), en revenant de la ducasse de Saint-Pierre (Ist. et cr., t. II, p. 383; cf. aussi le ms. 677 de la bibliothèque de Cambrai, fol. 157 vo-158 vo).
[389]C’est par erreur que j’ai dit dans mon introduction du deuxième livre, t. IX, p.IX, lignes 4 et 5, que ces mss. avaient même fin que les mss. A 1, A 2 et A 3.
[390]Les variantes du ms. A 3, données pour la fin du livre, sont empruntées à une copie partielle des § 500, 501 et 502 faite autrefois par M. S. Luce à Ashburnham Place.