(Chanté sous ta tente, entre Aflou et Tagguin, par le cavalier Mohamed ould Abd-el-Kader Ben-Ziane.)
Je te salue, frère au cœur purO dernier visiteur, tu entres sous ma tente…C’est à toi que je dirai, à toi seul, toute la vérité.J’ai passé la porte où tous passeront :Les bergers et les aghas, les caïds et les mendiants.Je ne te mentirai pas sur le seuil :Dans la maison de l’autre mondeOn laisse après soi la ruse.J’ai cru en l’amitié des frères du même sein,En l’amour des enfants issus de ma chair ;J’ai cru aux richesses sous une tente large ;J’ai voulu l’abondance des repasEt la splendeur des vêtements.J’ai recherché la vitesse et l’ardeur des étalons,Et la force du bras qui honore l’homme,Et la pudeur qui couronne le front de la femme.Mais l’heure est venueEt l’ange de ma mort s’est approché :Je me suis couché et je te salue,O laveur des morts, seul ami qui me reste !Mon corps aura de toi la dernière caresse,Par toi je connaîtrai le linceulQui sera pour moi le vêtement blanc de l’éternité.Quand on m’aura donné l’asile de la tombe,Quand les cœurs musulmansAuront prié sur moi la dernière prière,On m’oubliera bientôt, on oubliera mon nom,Car mon nom était fait pour la vie.O laveur des morts, après deux ansVa demander aux épines qui poussent sur ma tombeQuelles sont les larmes amies qui l’arrosent,Quelles sont les lamentations qui charment le vent.Elles te diront : la pluie du cielEt le chant des oiseaux qui meurent aussi,La pluie du ciel et le chant des oiseauxA la gloire de Celui qui ne meurt pas !…
Je te salue, frère au cœur purO dernier visiteur, tu entres sous ma tente…C’est à toi que je dirai, à toi seul, toute la vérité.J’ai passé la porte où tous passeront :Les bergers et les aghas, les caïds et les mendiants.Je ne te mentirai pas sur le seuil :Dans la maison de l’autre mondeOn laisse après soi la ruse.J’ai cru en l’amitié des frères du même sein,En l’amour des enfants issus de ma chair ;J’ai cru aux richesses sous une tente large ;J’ai voulu l’abondance des repasEt la splendeur des vêtements.J’ai recherché la vitesse et l’ardeur des étalons,Et la force du bras qui honore l’homme,Et la pudeur qui couronne le front de la femme.Mais l’heure est venueEt l’ange de ma mort s’est approché :Je me suis couché et je te salue,O laveur des morts, seul ami qui me reste !Mon corps aura de toi la dernière caresse,Par toi je connaîtrai le linceulQui sera pour moi le vêtement blanc de l’éternité.Quand on m’aura donné l’asile de la tombe,Quand les cœurs musulmansAuront prié sur moi la dernière prière,On m’oubliera bientôt, on oubliera mon nom,Car mon nom était fait pour la vie.O laveur des morts, après deux ansVa demander aux épines qui poussent sur ma tombeQuelles sont les larmes amies qui l’arrosent,Quelles sont les lamentations qui charment le vent.Elles te diront : la pluie du cielEt le chant des oiseaux qui meurent aussi,La pluie du ciel et le chant des oiseauxA la gloire de Celui qui ne meurt pas !…
Je te salue, frère au cœur pur
O dernier visiteur, tu entres sous ma tente…
C’est à toi que je dirai, à toi seul, toute la vérité.
J’ai passé la porte où tous passeront :
Les bergers et les aghas, les caïds et les mendiants.
Je ne te mentirai pas sur le seuil :
Dans la maison de l’autre monde
On laisse après soi la ruse.
J’ai cru en l’amitié des frères du même sein,
En l’amour des enfants issus de ma chair ;
J’ai cru aux richesses sous une tente large ;
J’ai voulu l’abondance des repas
Et la splendeur des vêtements.
J’ai recherché la vitesse et l’ardeur des étalons,
Et la force du bras qui honore l’homme,
Et la pudeur qui couronne le front de la femme.
Mais l’heure est venue
Et l’ange de ma mort s’est approché :
Je me suis couché et je te salue,
O laveur des morts, seul ami qui me reste !
Mon corps aura de toi la dernière caresse,
Par toi je connaîtrai le linceul
Qui sera pour moi le vêtement blanc de l’éternité.
Quand on m’aura donné l’asile de la tombe,
Quand les cœurs musulmans
Auront prié sur moi la dernière prière,
On m’oubliera bientôt, on oubliera mon nom,
Car mon nom était fait pour la vie.
O laveur des morts, après deux ans
Va demander aux épines qui poussent sur ma tombe
Quelles sont les larmes amies qui l’arrosent,
Quelles sont les lamentations qui charment le vent.
Elles te diront : la pluie du ciel
Et le chant des oiseaux qui meurent aussi,
La pluie du ciel et le chant des oiseaux
A la gloire de Celui qui ne meurt pas !…