U

Le sort pour moi fut un bourreau;Conscrit de l'an mil huit cent seize,J'ai tiré le numéro treizeQui m'envoya sous le drapeau.Sorti des rangs, sans sou ni maille,On me traita de rien qui vaille;Ce qui fait qu'un jour, ayant faim,J'ai mendié sur mon chemin.Condamné, j'ai subi ma peine,Mais de mon sort qu'on se souvienne!Si l'on m'avait tendu la main,Je n'aurais pas tendu la mienne.

Le sort pour moi fut un bourreau;Conscrit de l'an mil huit cent seize,J'ai tiré le numéro treizeQui m'envoya sous le drapeau.Sorti des rangs, sans sou ni maille,On me traita de rien qui vaille;Ce qui fait qu'un jour, ayant faim,J'ai mendié sur mon chemin.Condamné, j'ai subi ma peine,Mais de mon sort qu'on se souvienne!Si l'on m'avait tendu la main,Je n'aurais pas tendu la mienne.

Le sort pour moi fut un bourreau;

Conscrit de l'an mil huit cent seize,

J'ai tiré le numéro treize

Qui m'envoya sous le drapeau.

Sorti des rangs, sans sou ni maille,

On me traita de rien qui vaille;

Ce qui fait qu'un jour, ayant faim,

J'ai mendié sur mon chemin.

Condamné, j'ai subi ma peine,

Mais de mon sort qu'on se souvienne!

Si l'on m'avait tendu la main,

Je n'aurais pas tendu la mienne.

Quelqu'un entrant chez un gourmand qui dînait seul devant une tête de veau, lui dit:--Pardon, Monsieur, je ne croyais pas que vous fussiez en tête-à-tête.

Armand Gouffé a mis ce mot en vers:

N'avez-vous pas connu Beauveau?C'était un gourmand respectable.Un jour il était seul à tableDevant une tête de veau:On annonce madame Hortense:«Ah! parbleu, je suis occupé,Dit Beauveau d'un air d'importance;Revenez quand j'aurai soupé.--Je vois pourquoi monsieur tempête,Reprit la dame sans bouger;Il est fâcheux de dérangerUn aussi joli tête-à-tête.»

N'avez-vous pas connu Beauveau?C'était un gourmand respectable.Un jour il était seul à tableDevant une tête de veau:On annonce madame Hortense:«Ah! parbleu, je suis occupé,Dit Beauveau d'un air d'importance;Revenez quand j'aurai soupé.--Je vois pourquoi monsieur tempête,Reprit la dame sans bouger;Il est fâcheux de dérangerUn aussi joli tête-à-tête.»

N'avez-vous pas connu Beauveau?

C'était un gourmand respectable.

Un jour il était seul à table

Devant une tête de veau:

On annonce madame Hortense:

«Ah! parbleu, je suis occupé,

Dit Beauveau d'un air d'importance;

Revenez quand j'aurai soupé.

--Je vois pourquoi monsieur tempête,

Reprit la dame sans bouger;

Il est fâcheux de déranger

Un aussi joli tête-à-tête.»

--J'ai-t-été à Paris, j'ai-t-été à Bordeaux, j'ai-t-été à Bruxelles, disait un parleur incorrect.--Vous aveztétéune truie, lui répondit quelqu'un, car vous parlez comme un cochon.

Quelle est la lettre la plus anglaise?--LeT.

Un membre de l'Université, d'une excessive rigidité sur les formes grammaticales, était venu passer quelques jours de vacances à Paris. Avant de quitter son hôtel, il vérifiait sa note. La dame du lieu, qui le suivait de l'oeil dans sa lecture, le voit tout à coup soubresauter.--Y aurait-il une erreur, Monsieur?--Comment, Madame, mais une erreur très-grave!... Je lis ici, pour mon déjeuner, une omelette avec un seul T. Mais il en faut deux!...--C'est facile à rectifier, Monsieur. Et la maîtresse d'hôtel écrit en surcharge: Une omelette et deux thés.

Un marchand de thé, à Paris, avait, entre autres annonces, sur sa vitrine, celle-ci, écrite comme les autres en lettres d'or sur une caisse de thé de Chine:Thé impérial. En 1814, un agent de la maladroite police des Bourbons vint lui dire:--Otez cela; il n'y a plus d'empire.--Pardon, Monsieur, dit le marchand, il y a encore l'empire de la Chine, et le thé impérial.

Il fallut toutefois ôter l'annonce.

On ne nous parle que de mètre,Chaque femme frémit du mot.J'entends prononcer kilomètre,Et reste ébahi comme un sot.Le terme de myriamètresMe trouve souvent en défaut;Pour nous entendre comme il faut,Si nous mettions un terme aux mètres!

On ne nous parle que de mètre,Chaque femme frémit du mot.J'entends prononcer kilomètre,Et reste ébahi comme un sot.Le terme de myriamètresMe trouve souvent en défaut;Pour nous entendre comme il faut,Si nous mettions un terme aux mètres!

On ne nous parle que de mètre,

Chaque femme frémit du mot.

J'entends prononcer kilomètre,

Et reste ébahi comme un sot.

Le terme de myriamètres

Me trouve souvent en défaut;

Pour nous entendre comme il faut,

Si nous mettions un terme aux mètres!

Dans la parodie deCricri et ses mitrons, plaisante imitation duHenri IIIde M. Dumas, on assomme un personnage, en menaçant de le traiter comme Léonidas jadis aux Thermopyles.

Le pauvre diable demanda grâce, en criant:--Unterme aux piles.

Un poëte, récitant à son jeune fils qui allait se coucher un poëme qui commençait ainsi:

Tyr tomba...

l'enfant s'empressa de se déchausser.

Louis XIV avait une si haute idée du jugement de madame de Maintenon, qu'il lui disait un jour: «On appelle les papes Votre Sainteté; les rois, Votre Majesté; les princes, Votre Sérénité; pour vous, Madame, on devrait vous appeler Votre Solidité.»

M. de L... se trouvait dernièrement dans une petite réunion de membres de l'ex-Constituante.

Pendant la soirée, il s'approcha d'un groupe de dames dont la conversation paraissait très-animée.

--Tenez, Monsieur, dit Mme de C..., justement nous parlions de vous!

--Vraiment! fit le célèbre membre de feu le gouvernement provisoire, je suis bien tombé!

--C'est ce que nous disions, répondit Mme de C...

Dans le vaudeville deM. Vautour, Brunet se trouvait tout de jaune habillé. S'étant caché dans une bibliothèque, il dit en sortant:--Je devais avoir là dedans l'air d'untome jaune.

La voiture de M. de Pontchartrain se rencontra dans un passage étroit avec celle de M. de Clermont-Tonnerre. Le cocher du premier, voulant faire reculer l'autre, crut lui imposer en nommant le seigneur qu'il conduisait. Le second répliqua:--Je me moque de tonpont, de toncharet de tontrain; je mène le Tonnerre, et c'est à toi de reculer.

Une demoiselle Lange, qui avait obtenu un logement au château de Versailles, sachant que Charles X y arrivait, se mit à sa fenêtre avec une pétition qu'elle avait préparée, et quand le roi passa elle lança sa pétition qui tomba sur le visage de Charles X. Le prince dit en riant: «On ne dira pas que cette pétition ne m'a pas touché!» Et il accorda une pension de 1,000 fr.

Quels sont les plus gros pruneaux?

--Les pruneaux d'une lieue et demie de Tours.

Un homme qui était fort pour la bombance, étant à dîner dans un endroit où il se trouva beaucoup de musiciens, on loua l'excellence des instruments; et chacun, suivant son goût, estima le piano, le violon, la flûte, etc. Au moment où on demanda l'avis du parasite:--Ah! Messieurs, dit-il, le bel instrument que le tournebroche!

Dans le temps du premier empire, on avait repris les usages anciens de payer à la Saint-Jean, à la Saint-Martin, à la Saint-Pierre, à la Saint-Laurent, etc. Un homme de mauvaise foi, ayant acheté un cheval à un paysan, lui fit son billet à la Saint-Négo et s'en alla.

Le paysan, le lendemain, montra son billet à ses voisins, leur demandant quel jour ce saint arrivait. Mais personne ne le trouvait dans le calendrier. Le bonhomme se rendit chez son acheteur qui lui rit au nez, en disant je vous paierai au jour dit; cherchez-le.

C'était en Champagne, dans le canton de Méry. L'attrapé alla trouver le juge de paix, qui cita le créateur du billet. Devant sa réponse qu'il paierait au jour de Saint-Négo, le cas était embarrassant. Mais le juge s'en tira.--Vous êtes un coquin, dit-il à l'acheteur; mais vous êtes pris, car il y a un jour où tous les saints sont fêtés. Et il dut payer le jour de la Toussaint.

On a dit que les gens les plus enrhumés de Paris sont les cochers de fiacre, parce qu'ils parcourent la ville en tous sens.

De quelle couleur est un coffre-fort quand on le vide?--Ilest ouvert.

Un enfant qui traduisait du latin de septième, en vacances et sous l'aide de sa mère, était embarrassé devant ces mots:Marcus Tullius Cicero.

--Je ne les trouve pas dans mon dictionnaire, disait-il en s'adressant à la maman.

--Mon enfant, disait-elle,Marcus Tullius Cicero...Marcus, c'est un marchand;Tulliusdoit signifier de la toile... Tu peux mettre: Marchand de toile cirée; et je serais bien surprise si je me trompais.

Un autre enfant, qui se faisait remarquer par une audace intrépide, traduisit ces deux vers de Lucain:

Phoenices primi, si famæ creditur, ausiMansuram rudibus vocem signare figuris.

Phoenices primi, si famæ creditur, ausiMansuram rudibus vocem signare figuris.

Phoenices primi, si famæ creditur, ausi

Mansuram rudibus vocem signare figuris.

par cette phrase narrative:

Les phénix, dans la primeur, ont si faim qu'on croit qu'ils osent manger les rudiments, les volumes, le signet et les figures.

Lorsque Voltaire donna sa tragédie d'Oreste, on avait mis sur les billets du parterre, on ne sait trop pourquoi, les lettres initiales de ce vers d'Horace:

Omne Tulit Punctum Qui Miscuit Utile Dulci.

O. T. P. Q. M. U. D., ainsi qu'elles se trouvaient écrites dans ce temps sur la toile du théâtre. Les faiseurs de calembours du temps interprétèrent ces initiales par: Oreste, Tragédie Pitoyable Que Monsieur Voltaire Donne.

Après l'avènement de George Ier au trône, le maire de Leicester qui avait toujours supposé queanno Dominisignifiait la reine Anne, ayant entendu son secrétaire lire une ordonnance municipale, s'écria avec chaleur, lorsqu'il en fut àanno Domini.--Pourquoi ne dites-vous pasGeorgio Domini? vous ne savez jamais ce que vous faites!

Un farceur fit un jour marcher le poste du quai Saint-Bernard, en lui annonçant qu'il y avait beaucoup de train au bout du pont. C'étaient des trains de bois.

Du temps de Cromwel, il fut rendu un décret qui défendait de brasser de la bière le samedi, de peur qu'elle netravaillâtle dimanche.

Une femme, qui avait eu déjà douze enfants, venait d'accoucher encore. Un plaisant dit au mari:--A présent vous voilàà votre aise.

--J'ai un habit qui me gêne.--C'est un habit seize.--Comment?--C'est qu'il esttreize et troiset que treize et trois font seize.

Dans le temps du tribunat, on proposait à Brunet de se mettre sur les rangs pour être membre du tribunat.--Je ne veux pas être tribun, répondit-il, parce que ma femme serait tribune, ce qui ne lui plairait pas, et que nos enfants seraient de petits tribunaux, ce qui fait trop de bruit.

Un plaisant voyant passer trois coquettes, à la fois laides et prétentieuses, disait que c'était un trio laid.

On lisait il y a quelques temps dans lesPetites Affiches, ordinairement si sérieuses, cette espèce de facétie:--Un particulier très-connu désire trouver une somme de cinquante mille francs, n'importe en quel endroit; il consentira à la partager avec la personne qui la lui indiquera.

Le lord Colburn avait un domestique aussi expert en balourdises qu'il en fut jamais. Milord l'ayant chargé un jour de porter à un magistrat de sa connaissance un présent, celui-ci, en retour, lui envoya une demi-douzaine de perdrix vivantes, avec une lettre. Ces perdrix s'étant débattues en route, il n'eut rien de plus empressé que de lever le couvercle du panier, mais aussitôt elles prirent leur volée. Tant mieux, s'écria le rustre, que le diable les emporte! Mais à son retour à la maison, son maître ayant décacheté la missive.--Oh! oh! dit-il, je trouve dans la lettre six perdrix.--Est-il bien vrai? s'écria John. Je suis charmé, mon maître, que vous les trouviez dans la lettre, car elles se sont toutes envolées du panier.

Le vicomte de S... aborda un jour M. de Vaines en ces termes:--Est-il vrai, Monsieur, que dans une maison où l'on avait eu la bonté de me trouver de l'esprit, vous avez dit que je n'en avais point?--Il n'y a pas un mot de vrai, répondit M. de Vaines, je n'ai jamais été dans aucune maison où l'on vous trouvât de l'esprit.

Ajoutons ici un petit conte en vers de Capelle:

Dans un moment de grand orage,Sur un frêle et mince bateau,Un petit-maître, passant l'eau,Perdait déjà tout son courage.«Mon ami, dit-il au passeur,Assurément je n'ai pas peur;Mais avez-vous la connaissanceQu'en une telle circonstanceDe ce vent le souffle importunVous ait fait perdre ici quelqu'un?--Du tout. La semaine dernière,Nicolas, mon cousin germain.S'est laissé choir dans la rivière;Je l'ons trouvé le lendemain.»

Dans un moment de grand orage,Sur un frêle et mince bateau,Un petit-maître, passant l'eau,Perdait déjà tout son courage.«Mon ami, dit-il au passeur,Assurément je n'ai pas peur;Mais avez-vous la connaissanceQu'en une telle circonstanceDe ce vent le souffle importunVous ait fait perdre ici quelqu'un?--Du tout. La semaine dernière,Nicolas, mon cousin germain.S'est laissé choir dans la rivière;Je l'ons trouvé le lendemain.»

Dans un moment de grand orage,

Sur un frêle et mince bateau,

Un petit-maître, passant l'eau,

Perdait déjà tout son courage.

«Mon ami, dit-il au passeur,

Assurément je n'ai pas peur;

Mais avez-vous la connaissance

Qu'en une telle circonstance

De ce vent le souffle importun

Vous ait fait perdre ici quelqu'un?

--Du tout. La semaine dernière,

Nicolas, mon cousin germain.

S'est laissé choir dans la rivière;

Je l'ons trouvé le lendemain.»

En 1826, on licencia la 5e compagnie des gardes du corps, qui portait, suivant l'usage, le nom de son capitaine, le duc de Rivière. Lorsqu'on vint lire l'ordonnance aux gardes assemblés, l'un d'entre eux s'écria:--La compagnie de Rivière est la compagnie détruite!

Quelle est la population la plus légère en France?--La population de Tulle.

Dans une diligence, un bon bourgeois demandait à un commis voyageur, qui avait l'air de tout savoir, ce que c'était qu'un Turcoman?--Un Turc au Mans, répondit le farceur, c'est un Turc qui se trouve pour l'instant au chef-lieu du département de la Sarthe.

Pourquoi appelle-t-on l'U une lettre cérémonieuse?--Parce qu'il est toujoursaprès T.

Quelles sont les lettres les plus riches?--Les lettres U P.

Ce mot a plus d'un sens. Lorsque la France acclamait Napoléon III, on a dit qu'il n'y avait là qu'une voix chez nous; l'expression alors voulait dire l'unanimité. Lorsque le duc d'Orléans Philippe-Égalité voulut se faire nommer maire de Paris, il n'eut pour lui, dans sa section, qu'un seul votant. On afficha ces deux vers à sa porte:

Saluez, citoyens, le rival de nos rois,La ville de Paris n'a pour lui qu'une voix.

Saluez, citoyens, le rival de nos rois,La ville de Paris n'a pour lui qu'une voix.

Saluez, citoyens, le rival de nos rois,

La ville de Paris n'a pour lui qu'une voix.

Ce jeu de mots a été répété à propos de quelques aspirants au fauteuil académique.

La reine, chaussée de mules en satin vert uni, demanda au marquis de Bièvre un calembour.--Madame, dit-il, l'uni vertest à vos pieds.

Un écrivain de quelque mérite, mais qui n'a pas pu être reçu bachelier, a cependant publié des livres qui ont fait grand bruit; et comme il produit aussi des calembours, il a mis au-dessous de son portrait ces deux vers:

Quoique je ne sois pas de l'Université,On me voit néanmoins dans l'univers cité.

Quoique je ne sois pas de l'Université,On me voit néanmoins dans l'univers cité.

Quoique je ne sois pas de l'Université,

On me voit néanmoins dans l'univers cité.

Quelle est la lettre qui peut se servir aux lunettes?--C'est une.

Sous la dernière république, leCorsaire, qui en combattait les tendances, a donné ce spirituel article:

«Un cordonnier communiste lisait une feuille rouge lorsqu'une de ses pratiques entra.

--Que lisez-vous donc, monsieur Crépin? dit le chaland.

--Je lis leSocialiste. En voici un qui est l'ami du peuple! Écoutez-moi ça:

--Usage pour usage, propriété pour propriété, voilà l'égal échange. En d'autres termes, pour que l'échange soit égal, il faudrait que le locataire reprît son argent quand le propriétaire reprendrait sa maison; car alors le propriétaire aurait eu l'usage de l'argent du locataire, et le locataire l'usage de la maison du propriétaire; mais quand l'un reprendrait la propriété de sa maison, l'autre reprendrait la propriété de son argent: l'échange serait égal.

Voilà qui n'est pas bête, hein! dit le cordonnier en terminant.

--Non, répondit sa pratique, et cela me fait naître une idée. Il y a trois mois, je vous ai acheté et payé une paire de bottes: vous avez fait usage de mon argent, j'ai fait usage de vos bottes. Rendez-moi mon argent, je vais vous rendre vos bottes: en vertu de l'égal échange, nous serons quittes à ce compte.»

--Oh! je suis bien rusée, disait une femme au marquis de Bièvre.--Ah! Madame, c'est sûrement un R que vous vous donnez.

Instrument de menuisier. On disait d'un de ces utiles industriels qu'il était dans la misère et qu'il gardait dix valets à son service.

En entendant citer un jeune homme qui avait vingt-neuf ans et dont le père n'en avait que cinq, un bon bourgeois ouvrait d'énormes oreilles.

--Comment cela se peut-il?

--Rien de plus simple. Ce sont deux vaniers; le fils a vingt-neuf vans tout faits, le père, en ce moment, n'en a que cinq, ayant vendu les autres.

Qu'y a-t-il de poétique dans la cuisine?--Leveau de ville.

Qu'est-ce que font les vaches à Paris?--Elles font desveaux de ville.

Quel est l'équivalent deDominus?--C'estbiscum.--Comment cela?--C'est qu'on dit souventDominus vobiscum.

Papa Doliban, dit d'Asnières, dans la comédie duSourd, j'avais semé des pommes de terre dans mon jardin, savez-vous ce qui y est venu?--Parbleu! répond Doliban, voilà une belle question! il y est venu des pommes de terre.--Point du tout: il est venu un cochon qui a mangé mes semences.

Mais cette facétie est pillée d'un souvenir historique.

Louis XIV faisant la revue de ses gardes françaises et suisses dans la plaine d'Ouille, un paysan, qui avait semé des pois dans son champ, le trouva ce jour-là couvert d'un bataillon de Suisses, qui foulaient aux pieds ses pois. Il se mit aussitôt à crier:--Miracle! Miracle!

--Qu'avez-vous, bonhomme, lui dit un officier, à crier miracle?

Le paysan ne répondit qu'en continuant à crier miracle jusqu'à ce qu'il pût être entendu de Louis XIV, qui le fit approcher et lui demanda pourquoi il criait miracle.--C'est, dit-il, Sire, que j'avais semé des pois sur ce terrain, et qu'il y est venu des Suisses.

Cette saillie fit rire le roi, qui le fit généreusement dédommager.

N'y avait-il pas au baptême du prince impérial une voiture plus légère que celle du nonce?--Oui, celle qui était devant.

Maynard, fils d'un gentilhomme verrier, était fier de sa noblesse. Saint-Amand lui fit cette épigramme:

Votre noblesse est mince,Et ce n'est pas d'un prince,Daphnis, que vous sortez.Gentilhomme de verre,Si vous tombez à terre,Adieu vos qualités.

Votre noblesse est mince,Et ce n'est pas d'un prince,Daphnis, que vous sortez.Gentilhomme de verre,Si vous tombez à terre,Adieu vos qualités.

Votre noblesse est mince,

Et ce n'est pas d'un prince,

Daphnis, que vous sortez.

Gentilhomme de verre,

Si vous tombez à terre,

Adieu vos qualités.

Pourquoi les vitriers sont-ils si chers aux cabaretiers?--Parce qu'ils ont toujours le verre à la main?

Un joyeux compère à qui on citait ce vers de Boileau:

Le vers le mieux rempli, la plus noble penséeNe peut plaire à l'esprit quand l'oreille est blessée.

Le vers le mieux rempli, la plus noble penséeNe peut plaire à l'esprit quand l'oreille est blessée.

Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée

Ne peut plaire à l'esprit quand l'oreille est blessée.

répliqua:--Pour moi, le verre le mieux rempli me plaît toujours.

Un plaisant, au risque de dire un mauvais mot, prétendait que les vers du fromage n'étaient autre chose que des vers à sa louange, parce qu'ils ne s'y viennent loger que quand il est de bonne qualité.

QUELQUES VERS SINGULIERS.

Dans un broc qui, pour l'ordinaire,A Grégoire servait de verre,Une souris un jour tombaEt se noya, la chose est claire.L'ivrogne, en buvant, la goba;Mais en traversant l'oesophage,Elle fit sentir son passage,Et Grégoire en toussant dit: «Hein!Ma petite femme, ma mie,Mettez en perce, je vous prie,Un nouveau tonneau; car ce vinEst arrivé près de sa lie,Je viens d'avaler un pépin.»Banset.

Dans un broc qui, pour l'ordinaire,A Grégoire servait de verre,Une souris un jour tombaEt se noya, la chose est claire.L'ivrogne, en buvant, la goba;Mais en traversant l'oesophage,Elle fit sentir son passage,Et Grégoire en toussant dit: «Hein!Ma petite femme, ma mie,Mettez en perce, je vous prie,Un nouveau tonneau; car ce vinEst arrivé près de sa lie,Je viens d'avaler un pépin.»Banset.

Dans un broc qui, pour l'ordinaire,

A Grégoire servait de verre,

Une souris un jour tomba

Et se noya, la chose est claire.

L'ivrogne, en buvant, la goba;

Mais en traversant l'oesophage,

Elle fit sentir son passage,

Et Grégoire en toussant dit: «Hein!

Ma petite femme, ma mie,

Mettez en perce, je vous prie,

Un nouveau tonneau; car ce vin

Est arrivé près de sa lie,

Je viens d'avaler un pépin.»

Banset.

VIE DE M. CLÉMENT.

Il se lève tranquillement,Déjeune raisonnablement;Dans le Luxembourg fréquemmentPromène son désoeuvrement;Lit la gazette exactement;Quand il a dîné largement,Chez sa voisine ClidamentS'en va causer très-longuement;Revient souper légèrement,Rentre dans son appartement,Dit son pater dévotement,Se déshabille lentement,Se met au lit tout doucement,Et dort bientôt profondément.Ah! le pauvre monsieur Clément!

Il se lève tranquillement,Déjeune raisonnablement;Dans le Luxembourg fréquemmentPromène son désoeuvrement;Lit la gazette exactement;Quand il a dîné largement,Chez sa voisine ClidamentS'en va causer très-longuement;Revient souper légèrement,Rentre dans son appartement,Dit son pater dévotement,Se déshabille lentement,Se met au lit tout doucement,Et dort bientôt profondément.Ah! le pauvre monsieur Clément!

Il se lève tranquillement,

Déjeune raisonnablement;

Dans le Luxembourg fréquemment

Promène son désoeuvrement;

Lit la gazette exactement;

Quand il a dîné largement,

Chez sa voisine Clidament

S'en va causer très-longuement;

Revient souper légèrement,

Rentre dans son appartement,

Dit son pater dévotement,

Se déshabille lentement,

Se met au lit tout doucement,

Et dort bientôt profondément.

Ah! le pauvre monsieur Clément!

Autrefois un Romain s'en vint, fort affligé,Raconter à Caton que, la nuit précédente,Son soulier des souris avait été rongé,Chose qui lui semblait tout à fait effrayante.«Mon ami, dit Caton, reprenez vos esprits,Cet accident en soi n'a rien d'épouvantable;Mais si votre soulier eût rongé les souris,Ç'aurait été, sans doute, un prodige effroyable.»

Autrefois un Romain s'en vint, fort affligé,Raconter à Caton que, la nuit précédente,Son soulier des souris avait été rongé,Chose qui lui semblait tout à fait effrayante.«Mon ami, dit Caton, reprenez vos esprits,Cet accident en soi n'a rien d'épouvantable;Mais si votre soulier eût rongé les souris,Ç'aurait été, sans doute, un prodige effroyable.»

Autrefois un Romain s'en vint, fort affligé,

Raconter à Caton que, la nuit précédente,

Son soulier des souris avait été rongé,

Chose qui lui semblait tout à fait effrayante.

«Mon ami, dit Caton, reprenez vos esprits,

Cet accident en soi n'a rien d'épouvantable;

Mais si votre soulier eût rongé les souris,

Ç'aurait été, sans doute, un prodige effroyable.»

Il y avait, sous la régence, à Saint-Eustache, un suisse nommé Mardoche. Il mourut en 1727. Son ami Bombel, petit marchand mercier, voulut lui faire une épitaphe, et il pensa que, pour plus de dignité, elle devait être en vers. Il consulta un écrivain public des Halles, qu'il jugeait capable de l'initier à l'art poétique. Celui-ci, ne voulant pas le fatiguer d'un travail pénible, ne lui donna qu'une règle: c'est qu'il fallait que chaque vers rimât avec son double et que, pour rimer, chaque vers devait se terminer par les trois mêmes dernières lettres.

Bombel se mit à l'oeuvre et produisit l'épitaphe qui suit, et qui a été conservée:

Ci-gît mon ami Mardoche.Il a voulu être enterré à Saint-Eustache.Il y a porté trente-deux ans la hallebarde.Dieu lui fasse miséricorde!Par son amiJ.-D. Bombel. 1727.

Ci-gît mon ami Mardoche.Il a voulu être enterré à Saint-Eustache.Il y a porté trente-deux ans la hallebarde.Dieu lui fasse miséricorde!Par son amiJ.-D. Bombel. 1727.

Ci-gît mon ami Mardoche.

Il a voulu être enterré à Saint-Eustache.

Il y a porté trente-deux ans la hallebarde.

Dieu lui fasse miséricorde!

Par son amiJ.-D. Bombel. 1727.

Une dame de qualité, vieille et sèche, se trouvait à un bal que donnait Henri IV. Elle était vêtue d'une robe verte. Le roi la remarqua et lui dit plaisamment:--Madame, je vois que, pour nous faire honneur, vous avez employé le vert et le sec.

Un jeune homme, qui avait dissipé en peu de temps une fortune considérable, tomba malade et fut saigné. Le médecin trouva le sang vert.

--Il peut bien être vert, répondit le malade, car j'ai mangé tout mon bien enherbe.

A Versailles, on entendit, en 1790, un orateur des groupes dire au peuple:--Voici ce que c'est que le veto. Imaginez-vous qu'au moment où vous mangez votre soupe, un homme vient, de la part du roi, dire:Veto, et voilà que votre soupe n'est plus à vous.

C'est ainsi qu'on instruisait le peuple.

Un dissipateur disait pour se procurer du crédit:--Je vis de mes rentes. Un jour que ses créanciers le trouvèrent ruiné, ils lui reprochèrent de les avoir trompés.--Pas du tout, répondit-il, je vous ai toujours dit que jevidaismes rentes.

Un juge remettait une cause à la huitaine. L'avocat sollicitait pour qu'elle fût entendue tout de suite.

--De quoi s'agit-il donc? dit le magistrat.

--Monseigneur, de six pièces de vin.

--Oh! la cour, en effet, peut aisément vider cela.

Cicéron disait de Caninius Revitius, qui n'avait été consul qu'un seul jour:--Nous avons un consul si vigilant, qu'il n'a pas dormi une seule nuit pendant son consulat.

Dans une chanson de M. Gerbois sur les vins, l'annonce d'un cabaret nouveau contient ces deux couplets:

Vin de Liège pour les enfants,Vin de Meaux pour tous les artistes,Bon vin de Sens pour les savants,Vin d'Asnières pour les copistes.Vin de Pantin pour les danseurs,Pour les coquets vin de Cologne,Vin de Courbevoie aux trompeurs,Et vin d'Avallon pour l'ivrogne.Pour les vieilles, vin de Milan;Vin de Talan à nos poëtes;Pour les poltrons, vin de Cachan;Vin de Constance aux girouettes.Bon vin de Nuits pour les voleurs;Au pauvre homme, vin de Santerre,Du vin de Plaisance aux rieurs;Pour les braves, vin de Tonnerre.

Vin de Liège pour les enfants,Vin de Meaux pour tous les artistes,Bon vin de Sens pour les savants,Vin d'Asnières pour les copistes.Vin de Pantin pour les danseurs,Pour les coquets vin de Cologne,Vin de Courbevoie aux trompeurs,Et vin d'Avallon pour l'ivrogne.Pour les vieilles, vin de Milan;Vin de Talan à nos poëtes;Pour les poltrons, vin de Cachan;Vin de Constance aux girouettes.Bon vin de Nuits pour les voleurs;Au pauvre homme, vin de Santerre,Du vin de Plaisance aux rieurs;Pour les braves, vin de Tonnerre.

Vin de Liège pour les enfants,

Vin de Meaux pour tous les artistes,

Bon vin de Sens pour les savants,

Vin d'Asnières pour les copistes.

Vin de Pantin pour les danseurs,

Pour les coquets vin de Cologne,

Vin de Courbevoie aux trompeurs,

Et vin d'Avallon pour l'ivrogne.

Pour les vieilles, vin de Milan;

Vin de Talan à nos poëtes;

Pour les poltrons, vin de Cachan;

Vin de Constance aux girouettes.

Bon vin de Nuits pour les voleurs;

Au pauvre homme, vin de Santerre,

Du vin de Plaisance aux rieurs;

Pour les braves, vin de Tonnerre.

Les paysans se proposent cette énigme: Vingt cent mille ânes dans un pré et cent vingt dans un autre.

Ce qui s'explique en écrivant: Vincent mit l'âne dans un pré et s'en vint dans un autre.

Savez-vous, disait quelqu'un à Désaugiers, que les Autrichiens sont maîtres de Mâcon?--Hélas! oui; et cela devait être.--Pourquoi?--Parce que l'ennemi a attaqué avec des pièces de vingt-quatre, et les habitants n'avaient que des pièces de vin pour se défendre.

Nom d'un impôt au dernier siècle.

Une veuve qui avait dix-neuf enfants, et qui n'était pas en état de payer l'impôt annuel dû au roi, lui présenta un placet conçu en ces termes:

«Sire, j'ai donnédix-neufsujets à l'État; je supplie votre Majesté de vouloir bien m'exempter duvingtième.»

Si vous êtes embarrassé pour faire un vaudeville, prenez la voiture de Saint-Maur.--Et puis?--Et puis, vous trouverezVincennesen chemin.

C'est vieux. Aujourd'hui on prend le chemin de fer.

Le duc d'Orléans, régent, demandait à Lagrange-Chancel, l'auteur desPhilippiques, pourquoi il faisait de sa plume un instrument de scandale:--Monseigneur, répondit celui-ci, il faut bien que je vive.--Je n'en vois pas la nécessité, répliqua le prince.

Beauzée, le grammairien, était malade. Un homme qui louchait lui demanda:--Comment vous portez-vous?--Comme vous voyez, repartit l'inexorable savant.

Un officier présentait à Henri IV un placet dans lequel il exposait qu'ayant reçu un grand nombre de blessures à son service, il avait besoin de ses secours. Le roi, après avoir lu le placet, dit:--Nous verrons.--Il ne tient qu'à vous de voir à l'instant, dit le pétitionnaire en ouvrant son justaucorps et sa chemise, et en montrant les cicatrices dont il était couvert.

Un entrepreneur de roulage envoya un de ses commis lui acheter des lettres de voiture. Le commis entra chez un libraire, qui lui répondit que lesLettres de Voituren'étaient plus dans le commerce, mais qu'il pouvait lui offrir celles de madame de Sévigné.

Le comte Molé disait d'une femme qui chantait avec beaucoup de suavité:--C'est une voix douce comme du lait. Quelqu'un reprit:--C'est donc la voie lactée.

On demande aussi, dans le même but:--Quelle est la voie la plus haute?--Et on répond, c'est la voie lactée.

A la fin d'un dîner où le dessert était mince, on disait du chanteur célèbre qui le donnait:--Cet homme fait de sa voix tout ce qu'il veut.--Qu'il nous en fasse donc unbiscuit de sa voix, dit un convive.

Le baron Vollant fut un jour présenté à l'empereur Napoléon Ier. C'était dans un bon moment.--Ah! ah! Monsieur le baron Vollant, se prit à dire Napoléon; un beau nom pour un ordonnateur!--Sire, répondit gravement M. Vollant, il y a deux L à mon nom.--Eh bien! Monsieur, c'est une raison pour mieux voler.

On demandait à Alexandre Dumas:--Que pensez-vous des communistes icariens? Il répondit:--Les communistes icariens sont les disciples d'un certainGrecqui a vouluvoler.

Un tailleur avait fait peindre au-dessus de sa porte une paire de ciseaux armés de deux ailes déployées, et fait écrire au basAux ciseaux volants.--Voilà, dit un plaisant, ce que l'on peut appeler une enseigne parlante.

Dans une petite ville de Normandie, il y avait un juge en très-mauvaise odeur, et qui passait pour le plus grand voleur de son pays. Un jour qu'il donnait à manger, il fit venir un traiteur et lui demanda, entre autres mets, des canards de rivière.

Le traiteur s'excusa sur ce que la saison n'était pas encore assez avancée.

--Quoi, lui dit le juge, il y a deux jours que j'en ai vu une compagnie de deux douzaines qui volaient!

--Cela se peut, Monsieur, mais vous savez que tous ceux qui volent ne sont pas pris.

En sortant de la représentation d'une de ses pièces qui avait été sifflée, Piron fit le quatrain suivant:

Piron prend un vol trop hautPour les badauds du parterre;Ce n'est qu'unvol terre à terreQu'il leur faut.

Piron prend un vol trop hautPour les badauds du parterre;Ce n'est qu'unvol terre à terreQu'il leur faut.

Piron prend un vol trop haut

Pour les badauds du parterre;

Ce n'est qu'unvol terre à terre

Qu'il leur faut.

Un jeune homme du Mans ne trouvait rien de bon à Paris. Les spectacles, les monuments publics, les moeurs, les usages, tout le choquait.--Vive la ville du Mans! disait-il à un Parisien, voilà un vrai pays de Cocagne!--Monsieur lui dit le Parisien, vous êtesvrai Manceau.

Expliquez-moi, je vous prie, dit un jour Louis XV à M. de Vergennes, la différence qu'il y a entre un Whigh et un Tory, en Angleterre.

La différence n'est que dans le nom, reprit le ministre: les Torys sont Wighs, quand ils ont besoin de places, et les Wighs sont Torys, quand ils les ont obtenues.

C'est la lettre de l'alphabet qui ressemble le plus aux flots agités, parce qu'elle est toujourssous le V.

Un vieil avare, pour attacher à son service un laquais qui ne vivait chez lui que trop frugalement, avait fait ce testament: «Je donne et lègue au domestique qui me fermera les yeux douze cents livres tournois et mon domaine de Varac.»

Le maître mourut enfin. Le domestique demanda aux héritiers la délivrance du legs qu'il lui avait fait. Un d'eux voulut voir le testament. En lisant ces mots, qui me fermerales yeux, il s'écria avec joie:--La donation est nulle.

--Et pourquoi donc, Monsieur?

--Mon ami, mon oncle était borgne. Tu n'as donc pu lui fermerles yeux.

Un officier étranger ne put s'empêcher, dans une visite qu'il fit au roi de Prusse, Frédéric II, à Sans-Souci, de lui marquer sa surprise de ce qu'il voyait le portrait de l'empereur d'Allemagne dans tous les appartements du château, et il demanda à Sa Majesté pour quelle raison il faisait cet honneur à son ennemi naturel. Ah! dit le roi, l'empereur est un jeune souverain, actif et entreprenant, j'ai cru nécessaire d'avoir toujours les yeux sur lui.

On ditfaire les yeux douxà une dame pour exprimer qu'on en est épris. Une dame, qui avait le regard rude, se trouvant dans une compagnie, un jeune homme demanda à son voisin qui elle était.--C'est, dit-il, la marquise de T., à qui le duc de *** a fait les yeux doux.--Il a bien mal réussi, dit le jeune homme.

Un dilettante s'extasiait, au Café de Paris, sur la beauté de la charmante Henriette Sontag, qui venait de débuter aux Bouffes. Un monsieur, qui avait écouté l'enthousiaste, se hasarda à dire que mademoiselle Sontag était en effet très-jolie, mais qu'elle avait un oeil plus petit que l'autre.--Un oeil plus petit! s'écria le sontagolâtre, vous ne l'avez pas vue, elle en a au contraire un plus grand.

Dans un dîner modeste à ses confrères, un bon curé servait deux canards.--Ce sont là de vos paroissiens, dit un des convives.--Et ce ne sont pas les moins ailés, répliqua un spirituel abbé.

Un Gascon fit un jour un mémoire à présenter au conseil des Cinq Cents; il l'avait énoncé ainsi: «Mémoire au conseil des 500,000.» Un de ses amis, auquel il en fit part, lui représenta qu'il avait mis trois zéros de trop:--Sandis, dit le Gascon, je n'en mettrai jamais autant qu'il y en a.

On aura peut-être peine à croire que ce soit contre La Bruyère, qui ne fut admis au fauteuil académique qu'avec la plus grande difficulté, que fut composé le quatrain suivant:

Quand La Bruyère se présente,Pourquoi faut-il crier haro?Pour faire un nombre de quaranteNe fallait-il pas un zéro?

Quand La Bruyère se présente,Pourquoi faut-il crier haro?Pour faire un nombre de quaranteNe fallait-il pas un zéro?

Quand La Bruyère se présente,

Pourquoi faut-il crier haro?

Pour faire un nombre de quarante

Ne fallait-il pas un zéro?

FIN.

PARIS.--IMP. J. CLAYE, RUE SAINT-BENOIT, 7.


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