B

6. Ne dites pas:il est dur avec les pauvres, mais... envers les pauvres.

7. Ne dites pas:vous vous ferez des ennemis avec vos plaisanteries; mais... par vos plaisanteries. (Wall.)

8. Ne dites pas:je suis ami avec lui; dites:je suis son ami. (Wall.)

9. Ne dites pas:voilà les compagnons que je suis venu avec; dites... avec lesquels je suis venu. (Wall.)

10. Ne dites pas:j'ai bien ri avec cet homme, avec cette aventure;—il vit avec le produit de sa ferme;—il est parti avec le premier convoi, avec la diligence;—dites:j'ai bien ri de cet homme, de cette aventure;—il vit du produit de sa ferme;—il est parti par le premier convoi, par la diligence. (Wall.)

11. Ne dites pas:cet élève est entré au séminaire avec une année de philosophie; dites... après une année. (Wall.)

12.Content avec cela; fâché avec cela; dites:je suis content de cela, fâché de cela, ou bien,j'en suis content, j'en suis fâché.

13. Ne dites pas:il est parti avec une pluie battante; dites... par une pluie battante.—On dit également:par le temps qui court.

14. Ne dites pas:il va avec ceci comme avec cela; dites:il en est de ceci comme de cela. (Fland.)

15. Ne dites pas:je ne me mêle pas avec cela, dites... de cela. (Fland.)

16. Ne dites pas:prendre quelqu'un avec le collet; dites... au collet, par le collet. (Fland.)

17.Avec ce temps-là: ne dites pas:vous serez enrhumé avec ce temps-là; dites... par ce temps-là. (Fland.)

18. Ne dites pas:j'ai fait acheter ce livre avec le messager; dites... par le messager. (Fland.)

19. Notez cependant que l'on peut dire indifféremment:déjeuner, dîner, souper d'un pouletouavec un poulet;de radisouavec des radis. (Académie, aux motsmatinetradis.)

20. Prononcezaveket nonavè;avec nous(avèk' nous) et nonavè nous.

Aveine, Avoine.—On dit l'un et l'autre;avoine, (prononcezavo-anne), est plus en usage.

Aveuglement, s. m., cécité.—Aveuglément, (avec accent aigu) adverbe, à l'aveugle ou en aveugle:qui agit aveuglément ne peut pas voir;il est frappé d'aveuglement.—Aveuglement, perte de la vue, ne s'emploie plus aujourd'hui au sens propre; on ditcécité:il a été frappé de cécité par la foudre.

Avis, s. m.—Prononcezaviet nonavicedevant une consonne, etavizedevant une voyelle:avis au public.

Avoir.—Il y a.Évitez de le multiplier, au commencement des mots, à la manière des enfants:il y a Pierre qui m'a frappé; il y a Paul qui m'a poussé, etc.; dites simplement:Pierre m'a frappé, Paul m'a poussé.—Prononcez comme c'est écrit et nonigna, ignia.

2. Ne dites pas:mes frères veulent avoir que cet événement soit arrivé telle année; dites:mes frères prétendent, soutiennent...(Wall.)

3. Ne dites pas:mon maître en a toujours sur moiouà moi; dites:mon maître m'en veut, me gronde toujours. (Wall.)

4. Ne dites pas:j'ai eu ce livre à un tel; dites:d'un tel.

5.Avoir bon.—Voyez le motbon.

6.Avoir, impersonnel, s'emploie mal avec un verbe impersonnel; ne dites pas:il n'y a qu'à pleuvoir, qu'à neiger, etc.; dites:s'il vient à pleuvoir, à neiger. (Wall.)

7. Ne dites pas:quelle heure avons-nous? nous avons trois heures; dites:quelle heure est-il? il est trois heures.—Mais on dira bien:quelle heure avez-vous?pour demander quelle heure il est à votre montre.

8. Ne dites pas:nous avons aujourd'hui le dix; dites:c'est aujourd'hui le dix.

9.Avoir peu de chose à dire chez soi: dites:avoir peu d'autorité, peu de pouvoir. (Wall.)

10. Ne dites pas:je vous redois dix centimes.—Oh! je les aurai bien une autre fois; dites:vous me les donnerez une autre fois.

11. Ne dites pas:l'élève qui n'aura pas eu ses devoirs, sera puni; dites:qui n'aura pas fait, qui n'aura pas apporté ses devoirs.

12.Avoir une chose dans l'œil, pour:voir une chose, est un flandricisme; dites:j'ai l'œil sur lui, là-dessus, je le surveille.

13. Ne dites pas:voilà une jolie montre; combien vous coûte-t-elle?—Je l'ai eue; dites:on m'en a fait cadeau.

14. Pour l'emploi de l'auxiliaireavoiretêtre, voyez le motauxiliaire.

15.Avoir de quoi, être riche ou dans l'aisance. (Acad.)

16.Vous en aurez, vous serez châtié, maltraité. (Acad.)

17.Je l'aurai, je saurai bien l'avoir, se dit en parlant d'une personne dont on espère se venger; cette manière de parler vieillit. (Acad.)—Voyezravoir.

18.Contre qui en a-t-il, en avez-vous?c'est-à-dire, contre qui est-il, êtes-vous fâché, en colère? On dit aussi:à qui en a-t-il?(Acad.)

19. Maisà qui en a-t-il, à qui en avez-vous, en avez-vous à moi, dans le sens de:à qui parlez-vous, etc., sont des barbarismes.

Avoir l'air.—L'adjectif ou le participe qui suitavoir l'air, s'accorde avecairou avec le sujet de la proposition.—Il s'accorde avecair, si la qualité qu'il exprime peut convenir au motair:la tuile a l'air plus gai que le chaume; cette fille a l'air hardi; cette femme a l'air hardi; cette femme a l'air méprisant: on peut dire d'un air, d'un extérieur, qu'il estgai, hardi,méprisant.—Mais il s'accorde avec le sujet de la proposition, lorsqu'il exprime une qualité qui ne peut convenir au mot air; on dit:elle a l'air contente; ils ont l'air fâchés; cette viande a l'air d'être fraîche; ces légumes n'ont pas l'air d'être cuits. (Acad.) Parce qu'on ne peut pas dire d'un air qu'il estcontent, fâché, frais, cuit.

Avre, Avreront toujours l'along:cadavre, navrer.

Avril, 4emois de l'année: prononcezavrille(lmouillée); prononcez de mêmebaril, péril. Voyezlmouillée.

Ayant, part. prés.—Prononcez,ai-iantet nona-yan: l'yici représente deuxiqu'il faut faire sentir comme dans:royal, moyen, citoyen, etc.

Aye, quej'aye: écrivez avec unisimple: on ne met pas d'ydevant unemuet. Voyezai, aie.

Axiome(osans accent circonflexe), s. m., vérité, maxime évidente par elle-même; prononcezaxiôme(ôlong). Voyezo.

B.—C'est à tort que les wallons prononcent généralement lebdes syllabes enbe, comme unp: dites donc: unesyllabe, unetrombe, iltombe, unebombe, unverbe, unadverbe, labarbe,enjambement; et non: unesyllape, unetrompe, iltompe, unebompe, unverpe, unadverpe, labarpe,enjampement.

Babil, s. m.—Prononcezbabilleen mouillant l'l; prononcez de même les mots suivants:babillage, babillard, babillement, babiller. Voyezlmouillée.

Bac, s. m., ne s'emploie pas pourcabaret; dites:cet homme ne fréquente que les cabarets, les tavernes, les cabarets borgnes.

Bacchus: prononcez l'sfinale. Voyezs.

Bacon de lard, mot wallon; dites,flèche de lard.

Baguer,débaguer, débagage, pour transporter des meubles d'une maison à une autre, ne sont pas français; ditesdéménager. (Wall.)

Bai, Baie, adj., qui est d'un rouge brun:cheval bai; prononcezbéet nonbè.

Baigner: voyezpromener.

Baignoire, s. f.; ditesune baignoireet nonun baignoir.

Baille, n'est pas français; ne dites pas,on fait des bailles quand on a faim; mais,on fait des bâillements, ouon bâille.

2. Ne dites pas,bâiller aux corneilles(regarder bouche béante); ditesbayer, et prononcezbè-ïé.

3. Dansbailler, donner, livrer par convention ou par bail, l'aest bref; dansbâiller, ouvrir involontairement la bouche, l'aest long et marqué d'un accent circonflexe.

Bailli, au fémininbaillive, de l'ancien masculinbaillif;bailleresseest le féminin debailleur(de fonds).

Baïonnette, s. f.—On écrivait anciennementbayonnette.

Baise.—On ne dit pas,donnez une baise à maman; mais,donnez un baiser à maman, embrassez maman.

Baisser, v. n.—Ne dites pas:les jours baissent déjà en juillet; dites,décroissent, diminuent.

Balance, s. f., machine à peser, s'emploie au singulier:cette balance n'est pas justeet nonces balances.

Balier, Baliure, Balieur, pourbalayer, balayure, balayeur, sont des expressions vicieuses; prononcezbalai-ier, balai-iure, balai-ieur.

Balziner, pour lambiner, lanterner, muser, est wallon.

Banal, ale, adj., trivial; il fait au plur. masc.banaux:un compliment banal, des fours banaux.

Baptême, s. m.—Lepne se prononce pas:batême; prononcez de mêmeBaptiste, baptismal, baptistaire, baptistère, baptiser, débaptiser(changer de nom). Voyezp.

Barbarisme, s. m.—Il ne faut pas le confondre avec le solécisme. Il y a plusieurs sortes de barbarisme: ainsi un mot forgé, altéré ou détourné du sens que l'usage lui donne;—un adverbe employé comme une préposition;—des prépositions, des conjonctions ou d'autres mots employés ou omis mal à propos;—un nom employé à un genre ou à un nombre que l'usage lui refuse;—un verbe présenté sous une forme qui n'est pas autorisée par l'usage, par ex.:il soye, il aye, pouril soit, il ait, sont autant de barbarismes. Prononcezbarbaris'-meet nonbarbarissenibarbarim'se.—Voyezsolécisme.

Barbe.—On dit très-bien:faire sa barbe, se faire la barbe, se faire faire la barbe, comme on ditse raser la barbeou simplementse raser. (Acad.)

Barboter, n'est pas français; ditesgrommeler, marmoter.

Barette.—Faire barette, expression vicieuse, connue des écoliers; dites,faire l'école buissonnière.

Baril, s. m.: prononcezbari.

Baromètre, s. masculin; ditesun baromè-treet nonbaromettenibaronette.

Barres, jeu d'écolier, est un substantiffémininqui ne s'emploie qu'aupluriel:jouer aux barres.—On ne prononce qu'unerainsi que dansbarrer, barreau, barrette, barricade, barricader, barrière, barrique.

Barthélemiet nonBarthélémi, niBartholomi, Bartholomé; on écrit aussiBarthélemy.—Voyezy.

Bartiau.—Ne dites pas:cet élève a fait aujourd'hui le bartiau; dites,... a fait l'école buissonnière, a manqué l'école:bartiauest un mot wallon du Hainaut.

Bas.—Ne dites pas:j'ai vu cet acteur bas de la scène, mais,je l'ai vu hors de la scène, à la ville.

2. Ne dites pas:il est tombé, il s'est jeté, il a sauté en bas de son cheval, de l'échelle, de l'arbre, etc.; dites,à bas de son cheval.

3. Ne dites pas:descendre en bas, monter en haut; dites simplementdescendre, monter. Voyezhaut.

4. Ne dites pas:cette maison n'est bonne qu'à mettre bas; dites,qu'à mettre à bas.

5. Ne dites pas:j'ai mis bas ce grand garçon; dites,je l'ai renversé, je l'ai terrassé.

6. Ne dites pas:j'ai tiré l'oiseau basouen bas(au tir à l'arc ou à l'arbalète); dites,j'ai abattu l'oiseau.

7. Ne dites pas:tirez la clef basouen bas de la serrure; dites,tirezouôtez la clef de la serrure.

8. Ne dites pas:le tonneau est basouen bas, pour signifier qu'il est vide ou presque vide; dites,le vin, la bière, etc.est bas, pour exprimer que le tonneau estvide; et dites,le vin, la bière, etc.est au bas, pour signifier que le tonneau estpresque vide.

Bassin, Bourse.—Lebassinse dit du plat où l'on reçoit les offrandes à la messe, ainsi que du petit vase dont on se sert pour aller à la quête à l'église.—Laboursesert également pour la quête et se dit d'un petit sac attaché au bout d'un manche.

Bât, s. m., selle de bêtes de somme; prononcezbâ(âlong);—mais l'aest bref dansil bat, 3epers. du prés. de l'ind. du v.battre.

Bateau, Tableau: prononcezbatô, tablô(abref) et nonbâtô, tâblô.

Bâtisse, s. f., construction d'un bâtiment quant à la maçonnerie; prononcezbâtisse(âlong) et nonbatissenibatize; prononcez de mêmebâtir, bâtiment, bâton(âlong).

Batiste, s. f., toile de lin très-fine;Baptiste, nom propre: prononcezbatis-teet nonbatisse.

Bâtonnade, n'est pas français; ditesbastonnade.

Battante, dans le sens devolet, n'est pas français:fermez les voletset nonles battantes.

Beau,belle, adj.—Ne dites pas:c'était beau pour voir; dites,c'était beau à voir. (Fland.)

Beaucoup, adv.—Ne dites pas:il y avait beaucoup de peuple au sermon: dites,beaucoup de monde.

2.Beaucoup, dans le sens de plusieurs, ne s'emploie seul que quand il est précédé d'un déterminatif; on dit,nous sommes beaucoup, il y en a beaucoup; mais on ne dira point,beaucoup ont pensé, c'est-à-dire,beaucoup de personnes ont pensé; dans ce cas, il doit toujours être suivi degens, personnes.

3.Beaucoupest précédé de la prépositiondequand il est après l'adjectif; ainsi on dit:il est beaucoup plus grand, etil est plus grand de beaucoup.—Prononcezbôcouet nonbocounibôcoupe; lepse prononce devant une voyelle ou unehmuette:on l'a beaucoup admiré.

Beaufays, village à deux lieues de Liége: prononcezBeaufa-ïîet nonBeaufai-î, par la raison qu'il faut conserver aux noms propres leur prononciation indigène ou de la localité.

Bécasse, oiseau: prononcezbécaceet nonbégace.

Béchée, s. f.—Ce mot n'est pas français; il faut dire,becquéeoubéquée:cet oiseau donne la becquée à ses petits; on dit de mêmebecqueteroubéqueter.

Béelzébut,Belzébut, Belzébuth, le diable: prononcezBelzébute.

Bègue.—Ne dites pas:cet enfant bègue, maiscet enfant bégaye;bègue, est subst. et adj.

Belge: prononcezBel-geet nonBel-che.

Benpourbien; ne dites pas:ce jardin est ben joli; mais,bien joli.

Bénir, v. a.—Bénira deux participes passés:bénit, béniteetbéni, bénie. Le premier se dit de certaineschoses sur lesquelles la bénédiction du prêtre a été donnée avec les cérémonies prescrites:pain bénit, eau bénite, maison bénite, crucifix bénit, image, médaille bénite;les drapeaux ont été bénits.—Le second participe a toutes les autres significations de son verbe, et s'emploie surtout en parlant des personnes:un peuple béni de Dieu;l'Ange dit à la Sainte-Vierge: vous êtes bénie entre toutes les femmes(Acad.);toutes les nations de la terre ont été bénies en Jésus-Christ(comblées de biens, de bénédictions par J.-C.)

Berce, pourberceau, n'est pas français.

Berlue, s. f., éblouissement passager; prononcezberlûet nonberlu-we.

2. Ne dites pas:cet homme a la brelue, maisla berlue.

Bernique, est français:je croyais le trouver chez lui, mais bernique!

Berriquesest un mot wallon qu'il faut traduire parbesiclesoulunettes.

Besoin.—Prononcezbezo-inet nonbezo-an.

2. Ne dites pas:je n'ai rien besoin, je l'ai besoin; dites,je n'ai besoin de rien, j'en ai besoin. (Fland.)

3. Ne dites pas:voulez-vous que je vous aide?—Ce n'est pas besoin; dites,c'est inutile, ce n'est pas nécessaire. (Fland.)

4. Ne dites pas non plus:je n'en ai pas de besoin; dites,je n'en ai pas besoin.

Beurre, s. m.—On dit unemottede beurre (et nontartine), pour signifier un morceau de beurre arrangé en forme de petit pain.

Beurré, s. m., sorte de poire fondante:beurré blanc.

2.Beurrée, s. f., tranche de pain recouverte de beurre; on dit aussitartine.

Bey, gouverneur turc: prononcezbè.

Bibliophile, Bibliomane.—Lebibliomaneest celui qui a la passion, la fureur de posséder des livres, non pas tant pour s'instruire que pour en repaîtresa vue et se féliciter de les avoir. La bibliomanie est l'excès ou l'aberration de la bibliophilie.—Lebibliophileest celui qui aime sagement et honorablement les livres, qui a du goût pour les bons ouvrages et qui sait les discerner d'avec les mauvais. Les qualités du bibliophile et du bibliographe se confondent; mais quelquefois les bibliophiles les plus instruits et les plus raisonnables tombent dans la bibliomanie.

Bien, s. et adv.—Voyez le motrienpour la prononciation debien.

Bienfaisance, Bienfaisant.—Prononcez, mais n'écrivez pas,bienfesance, bienfesant.

Biez, s. m.—Ce mot ne se dit que du canal d'un moulin; dans toute autre acception il faut se servir du motcanal.

Bijoutière.—C'est à tort qu'on désigne sous ce nom unemodisteoumonteuse de modes.

Bileux, n'est pas français, dites,bilieux:cet homme est d'un tempérament bilieux.

Bille, s. f. (llmouillées), boule d'ivoire pour jouer au billard.—Petites boules de pierre ou de marbre qui servent à des jeux d'enfants; on dit quelquefois aussigobille(Bescherelle). Voyezchique.

Billet, s. m.—Billet de faire partou simplementbillet de part, billet, lettre, ordinairement imprimée, par laquelle on annonce un mariage, une naissance, un décès, qui intéresse celui qui écrit; prononcezbillet, llmouillées. Voyezmortuaire.

Bis,bise, adj., brun; prononcezbi:du pain bis.

2.Bis, interj., encore une fois; prononcezbice.

Bisbille, s. f. (llmouillées), querelle sur des riens; ne dites pasbisbisse.

Biser, dans le sens de faire de la bise, n'est pas français; dites doncil fait de la bise, nous avons vent du Nordet nonil bise.

Bisquer, v. n., pester, être de mauvaise humeur, être vexé; ce mot figure dans les dictionnaires, mais il est populaire.

Bissextile, adj.: prononcezbis-sex-tileet nonbizextile, bizectile, bisek.

BivacouBivouac, s. m., garde en plein air; prononcezbivaque; il en est de même debivaquer, bivouaquer.

Blague, s. f., est un petit sachet où les fumeurs mettent le tabac.

Blaguer, Blagueur, Blague, sont des expressions triviales et populaires; remplacez-les parhâbler, hâbleur, hâblerie.

Blamer, dans le sens deflamber, jeter de la flamme, n'est pas français; c'est un mot wallon.

Blanc.—Ce mot n'est jamais synonyme depâle; ne dites donc pas d'un convalescent qu'il est encore bienblanc, qu'il estblanc-mort; dites, qu'il est encore bienpâle, qu'il estpâle comme un mort. (Wall.)

2. Ne dites pas non plus:il est blanc comme un lait, comme un satin; dites,il est blanc comme lait, comme du lait, comme le lait; comme satin, comme du satin, comme le satin.

BlanchisserieouBlancherie(et nonblanchierie), le lieu où l'on blanchit la toile ou la cire.

Blette, adj. sans masculin:poire blette, poire molle qui n'est pas encore gâtée.

Bloc, s. m.—On prononce lecfinal, quand le mot est isolé ou à la fin d'une phrase ou lorsqu'il est suivi d'un mot commençant par une voyelle ou unehmuette:acheter toutes les marchandises en bloc(bloque),un bloc(blo)de marbre. Voyezc.

Blocus, s. m., action de cerner une place; prononcezblocuce. Voyezs finale.

Blouser, v. act., tromper;se blouser, se tromper: ces termes sont populaires et familiers.

Bluet, s. m., (on écrit plus rarementbleuet), espèce de fleur bleue qui croît dans les blés; on l'appelle aussibarbeau: prononcezbluè, bleuèet nonblu-wet, etc.

Boa, s. m., grand serpent; prononcezbo-aen deux syllabes.

Bœuf, s. m., quadrupède ruminant; prononcezbeu-fe; on prononce au plurielbeû, ainsi quebœuf gras(beû gras),bœuf salé(beû salé); dansnerf-de-bœufon ne prononce l'fque dansbœuf; il en est de même deœuf(eufe) etœufs(eû).

Boire.—On dit,prendre du café, du thé, du chocolat; on dit égalementprendreet nonboire une médecine. Voyezcafé.

Boîte, s. f., pour ventouse, est wallon; ne dites donc pas:on lui a mis six boîtes à la jambe, mais,six ventouses.

2. Il s'emploie absolument pourtabatière:une belle boîte; prononcezboateet nonboèteniboéte.

Bon, adj.,avoir bon, est un grossier wallonnisme; ne dites donc pas:on a si bon, pendant l'hiver, auprès du feu; dites,on est si bien, il fait si bon...

2. Ne dites pas:mon camarade a bon de me tourmenter; dites,mon camarade prend plaisir, a du plaisir, s'amuse à...

3. Ne dites pas:comme je ne suis pas assez riche, je ne pourrais pas faire cette énorme dépense, c'est bon pour vous; dites,c'est bon à vous.

4.Pour le bon, pour de bon, expressions usitées chez les enfants, surtout au jeu, sont des wallonnismes et doivent être remplacées partout de bonou un équivalent, comme,pour quelque chose; on dit égalementpour rireoupour riendans le sens contraire.

5. Ne dites pas:ce commerçant a bon à vivre; mais,vit bien, vit à l'aise, est dans l'aisance. (Wall.)

6.Tout de bon, sérieusement, est français:jusqu'ici il plaisantait, mais à présent il se fâche tout de bon, et nonpour de bon, pour le bon, etc.

7.Bon pour: ne dites pasce fruit est bon pour manger; mais,à manger; ne dites pas non plus:cette église est belle pour voir; mais,à voir: ce sont là des flandricismes.

8. Ne dites pas:j'ai bon trois sousoutrois sous de bon, pour indiquer que vous avez donné trois sous de trop, et que l'on vous doit trois sous; dites,il me revient trois sous. (Fland.)

9. Ne dites pas:le dites-vous en bon?dites,le dites-vous sérieusement?(Fland.)

10. On dit:il est bon de faire, de direetil fait bon faire, dire:il est bon de savoir modérer ses désirs;il fait bon marcher, se promener, étudier, etc.

Bonheur, s. m.—Il n'a point de pluriel à moins qu'on ne l'emploie comme synonymed'événement heureux:il lui est arrivé plusieurs bonheurs en un jour. (Acad.)

Bonhommes.—Ne dites pas:M. est un marchand de bonhommes; dites,M. est un marchand de jouets, un bimbelotier.

Boni, s. m., t. de finances; au plurielbonis.

Bonne d'enfant.—Ne dites pasgarde-d'enfantnigarde-enfant.

Bonnet, s. m., vêtement de tête:bonnetteest wallon.

Bonté, s. f.—Ayez la bonté de vous asseoir, est une formule comique de politesse; dites,asseyez-vous, je vous prie.

Bordeaux, n. pr. de ville: écrivez et prononcezBordeauxet nonBourdeaux.

Borgne, adj. et s., fait au fémininborgne; borgnesseest un terme bas et injurieux qui se dit d'une femme ou d'une fille borgne;borgnetten'est pas français.

Bosseler.—Ne dites pas:j'ai bosselé ma lampe en la laissant tomber; dites,j'ai bossué...Bossuersignifiefaire des bossesà un métal;bosselersignifie travailler en bosse.

Bouc, s. m.: prononcezbouque.

Boucan, s. m., tapage, vacarme; ce mot est français.

Bouche.—Ne dites pas:je le lui dirai de bouche; mais,de vive voix, ouen face, sans détours, nettement.

2. Ne dites pas:il a toujours la pipe en bouche; dites,à la bouche. Voyezmain.

3. D'après les exemples que donne l'Académie, on peut dire laboucheou lagueuled'un barbeau, etc. En parlant des bêtes de somme et de trait, on dit labouched'un âne, d'un bœuf, d'un chameau, d'un cheval, d'un éléphant; on dit aussi labouched'une carpe, d'une grenouille, d'un saumon; le motgueules'applique particulièrement aux animaux carnassiers. Voyezgueule.

Bouchon, s. m.—Ne dites pas,un bouchonde cheminée; mais,un devantde cheminée.

Boucle, s. f.: prononcez et écrivezbou-cleet nonbou-que, blou-queniboukèle.

Bouger.—Ce verbe est neutre et ne peut avoir de régime; ne dites donc pas:il se bouge; mais,il bouge;—ne vous bougez pas de là; mais,ne bougez point de là;—bougez-vous; mais,ôtez-vous, retirez-vous, faites place;—vous bougez tout; mais,vous touchez à tout, vous dérangez tout.—Ainsibouger quelque choseetse bougersont des barbarismes.

Bouilleaupourbouleau.—Ne dites pasun balai de bouilleau, mais, debouleau.

Boulancer.—Ne dites pas:il m'a boulancé, pouril m'a rudoyé, bousculé. (Wall.)

Boulet, s. m.—Ne dites pas,un boulet de neige, maisune boule, une pelote de neige; se battre à coup de pelotes de neige. Voyezbriquette.

Boulette, dans le sens de balourdise, bévue, étourderie, est français, mais il est familier. Voyezhochet.

Boulevard, s. m.—Autrefois on écrivaitboulevart.

BoulietBoulie.—Écrivez et prononcezbouillietbouillie, en mouillant lesll.

Bouloire, s. f., vaisseau de métal pour faire bouillir l'eau; écrivez et prononcezbouilloire.

Bouquette, mot wallon, en françaiscrêpe, s. f., sorte de petite omelette faite avec de la farine desarrazin:à Liége, on mange des crêpes à Noël; et non,des bouquettes;j'ai acheté de la farine de sarrazin; et non,de la farine de bouquette.

2. Ne dites pas:jeu de bouquette, mais,jeu d'osselets:jouer aux osselets.

Bourg, s. m., gros village: prononcezbour-ke. Cependant on ne fait pas entendre legdebourgà la fin des mots:Limbourg, Cobourg, faubourg, que l'on prononceLimbour, Cobour, faubour.

Bourgmestre, s. m.—On prononcebourgue-mestre(Acad.), et nonbourkmaître, bourkmaîse, bourgue-maître, bourguemaisse.

Bourse, s. f.—Ne dites pas:je suis allé en bourse; dites,à la bourse. Voyezbassin.

Bouteille(llmouillées, et nonboutèle).—Ne dites pas:le médecin m'a prescrit cette bouteille; mais,cette médecine, cette drogue, cette potion.

Boutique, s. f.—Ne dites pas:mon père fait boutique; dites,tient boutique, a un magasin, fait commerce. (Wall.)

2. Ne dites pas:mon domestique soigne les chevaux et fait en même temps à la boutique; dites,et sert à la boutique, s'occupe de la boutique. (Wall.)

3. Ne dites pas non plus:ce négociant fait dans les draps, dans les épiceries; dites,vend les draps, les épiceries, fait le commerce de draps, etc. (Wall.)

Bouton, s. m.—Le bouton d'une serrure, d'un verrou, est la partie saillante et arrondie à l'aide de laquelle on pousse et on tire le pêne d'une serrure ou un verrou; on dit dans un sens analogue,le bouton d'un tiroir, d'un couvercle, etc. (Acad.)Le bouton d'une porteest la pièce de fer ou de cuivre qui est ordinairement de forme ronde ou ovale, et qui sert à tirer une porte à soi ou à l'ouvrir:tournez le bouton. (Acad.)

BoyardouBoïard, seigneur russe; prononcezbo-ï-ard.

Brader, n'est pas français; rendez ce mot par,perdre, prodiguer, gâcher, vendre à trop bas prix, selon le sens:il vend sa marchandise à trop bas prix, il la gâche.

Brahme,Brahmane, Brahmanisme, Brahmanique; prononcezbrâ-me, brâ-mane, etc., sans faire sentir l'h.

Braire, v. n., ne se dit que du cri peu harmonieux de l'âne; c'est donc à tort que les wallons le disent des personnes.

Bras, s. m.—Ne dites pas:elle tenait son enfant dans les bras; dites,dans ses bras.

BrâsouBrai, pour signifier l'orge préparée pour faire de la bière, n'est pas français; dites,malt:en Angleterre, l'impôt sur le malt est considérable. (Acad.) Ladrècheest le marc (le résidu) de l'orge qui a été ainsi employée.

Brasse.—Ne dites pas:il m'a pris à brasse-corps et m'a renversé; dites,à bras-le-corps.

Brasserie, s. f., lieu où l'on fait la bière; ne dites pasbrassine.

Brave, adj.—Un homme brave, est un homme qui a de la bravoure, du courage;un brave hommeest un homme honnête, bon, obligeant; il est familier dans ce dernier cas.

2.—Brave, subst., se dit uniquement d'un homme qui a de la bravoure; vous ne direz donc pas à un écolier:faites vos devoirs comme un brave; dites,comme un sage, comme un bon écolier, ou bien,faites sagement, tranquillement vos devoirs;brave, dans cette acception est tout-à-fait wallon.

Breloque(battre la).—Cette locution vicieuse est fort usitée, surtout dans le Hainaut, pour signifierradoter.

Brevet, s. m.,Breveter; prononcez comme c'est écrit et non,brévet, bréveternibrefeter.

Brichauder, Briscader.—Ces mots ne sont pas français; c'estgaspiller, prodiguer, qu'il faut dire.

Brick, s. m., petit navire armé; prononcezbri-ke; on écrit aussi, mais moins souvent,brig.

Brièveté, s. f.: prononcezbriè-ve-téet nonbrié-fe-té. Voyezv.

Brigadier, s. m.—Prononcez l'abref et nonbrigâdier; prononcez de mêmesaladieret les autres mots de la même terminaison.

Brillant, adj.—Un brillant éclatest un pléonasme vicieux, car tout éclat est nécessairement brillant.

Bris, s. m., terme de palais, fracture, rupture; prononcez l's,bri-ce. (Acad.)

Brise-feu, s. m.; ne dites pasun brise-feu; ditesun écran.

Broc, s. m., grand vase pour le vin; prononcezbrô; lecne se prononce qu'en poésie et dans la locutionde bric et de broc. Voyezc final.

Brosse, pourbalai, n'est pas français.

Brosseter, nettoyer avec la brosse, n'est pas français: ditesbrosser. (Wall.)

Brouet, s. m., bouillon au lait et au sucre; prononcezbrou-è(deux syllabes) et nonbroènibrou-wet.

Brouette, s. f.; prononcezbrou-etteet nonbrou-wette.

2.Faire brouette, terme du jeu de quilles, ne rien abattre, est une expression wallonne; dites,faire chou blanc.

BroiementouBroîment, s. m., action de broyer: prononcezbroi-mentet nonbroy-ï-ment.

Brou, s. m., enveloppe verte des noix, des amandes et des fruits à coquille; ce mot ne s'emploie pas au pluriel.Écalesignifie la même chose, et se dit en outre: 1o, de certains légumes:écales de pois, écales de fèves; 2o, de la couverture solide de l'œuf, qui porte aussi le nom decoqueet decoquille:j'ai brisé l'écale, la coque, la coquille de mon œuf. Maiscalen'est français dans aucune de ces acceptions:cales de noix, est donc une faute grossière; écrivez et prononcezécaleet nonécaille.—Cale, s. f., se dit d'un morceau de bois, de pierre, etc. qu'on place sous un objet quelconque pour le mettre de niveau ou lui donner de l'assiette.

Brouillamini, s. m., désordre, confusion:embrouillaminin'est pas français.

Brouillard(papier); voyezbuvardettache.

Brouillasser, n'est pas français; dites,il fait, il y a du brouillard, il bruine.

Brouilleur.—Ne dites pas d'un mauvais écrivain,c'est un brouilleur de papier; dites,... un barbouilleur.

Bru, s. f.—On dit ordinairementbelle fille.

Bruit, s. m.—Voyezmener.

Brûler(avec un accent circonflexe), employé impersonnellement, est un flandricisme:on sonne le tocsin, il brûle quelque part; dites,il y a un incendie; ne dites pas non plus:il a brûlé cette nuit; mais,il y a eu un incendie cette nuit.

2. Ne dites pas:mon feu brûle bien, ma lampe brûle bien; dites,mon feu flambe bien, ma lampe éclaire bien.

3.Brûler du café, pourrôtir, griller, torréfier du café, est une expression wallonne et flamande tout àla fois.Brûler du café, signifie:consumer du café par le feu; or ce n'est pas là ce qu'on veut dire quand on emploie cette locution; dites doncgriller, rôtirdu café et mieuxtorréfierqui nous paraît le mot propre;torréfactionest l'action de torréfier.

Brûle-bout: voyezprofit.

Brut, adj.—On prononce let:du sucre brut(brute).

Bruxelles, ville capitale de la Belgique; prononcezBrucè-les, d'après le flamandBrussel, et nonBruk-celles; ne dites pasBruxelaireniBrusselaire; c'estBruxellois(Bru-cellois) qu'il faut dire.

Bu, ne s'emploie pas avec l'auxiliaireêtreen parlant des personnes; ne dites donc pas d'un homme ivre:il est bu, maisil a bu, il est gris, il est ivre, il a une pointe, une petite pointe de vin, de liqueur.

Bûche de bois, est un pléonasme vicieux; dites simplement,bûche, pièce de gros bois de chauffage; on dira pourtantune bûche de bois de hêtre, de bois flotté.

2. On dittirer à la bûchette, à la courte paille; et non,à la bûche.

Buée, s. f., ancien mot français, aujourd'hui inusité; diteslessive.

Buffleteries, s. f., tout ce qui dans l'équipement militaire, est fait d'une peau préparée à la manière de la peau de buffle; écrivez et prononcezbuffleteries, et nonbuffeteries.

Bure, puits de mines, est duféminin:cette bure est profonde.

Bureau.—Ne dites pas:mon père écrit sur un bureau; mais,dans un bureau.

Busculer, n'est pas français; ditesbousculer.

Buse.—Ne dites pas:la buseoules buses du poêle, maisle tuyauoules tuyaux du poêle;busedans ce sens est un mot wallon.


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