Écaler, Écosser, Écorcer, Écorcher, Écailler, Peler, Éplucher.—Écaler, signifie ôter l'écaledes noix, des œufs:il faut écaler ces noix, ces œufs.—Écosserse dit particulièrement des pois, des fèves et de quelques autres graines:elle écosse des fèves; vendre des pois écossés.—Écorcerveut dire ôter l'écorcedu bois:on écorce le bois au printemps(le bois écorcé se nommebois pelard.)—Écorcher, c'est ôter la peau d'un animal, le dépouiller:écorcher un cheval; il s'est écorché la main.—Écaillerse dit des poissons dont on ôteles écailles:on n'a pas bien écaillé ce brochet.—Peler, c'est ôter la peau d'un fruit:peler une pomme, une poire; peler des pommes de terre; la peau, que l'on a ôtée de dessus les choses qui se pèlent, se nommepelure.—Éplucher, c'est nettoyer des herbes, des graines, etc., en ôter les ordures et ce qu'il y a de mauvais, de gâté:éplucher des herbes, de la salade, éplucher du riz. Il se dit aussi en parlant des étoffes, des laines, des soies, etc. et signifie en enlever ce qu'il peut y avoir de faux, de mauvais, de reprochable en quelque chose:éplucher des draps, des laines, des soies. (Acad.)—C'est donc une faute de dire,éplucher des pommes de terre, pour,peler des pommes de terre.
Écarter, signifie rejeter les cartes dont on ne veut pas se servir, comme au jeu de piquet;faire les cartesoudonner les cartes, exprime la distribution que l'un des joueurs fait des cartes après les avoirbattues(et mieuxmêlées) et lorsqu'elles ont étécoupées: ne confondez pas ces termes.
Échalasser, mettre des échalas à une houblonnière, à une vigne; ne dites paséchalader.
ÉchangeetChange, sont masculins:vous n'avez pas gagné au change; vous avez fait un échange avantageux.—Prononcezchan-je, échan-jeet nonchan-che, échan-che.
Échapper à, Échapper de.—Échapper àsignifie se soustraire, se dérober à, être préservé de:échapperà la fureur des ennemis, à la tempête, au danger, à la mort.—Échapper de, signifie cesser d'être où l'on était, sortir de:échapper des mains des ennemis, du naufrage, du feu, du danger.
2.Échapperse conjugue avecêtre, lorsqu'il se dit d'une chose dite ou faite par imprudence, par indiscrétion, par mégarde, par négligence:à peine cette parole me fut-elle échappée que je sentis mon imprudence; son secret lui est échappé.—Échapperse conjugue avecavoir, quand il se dit d'une chose qu'on a oublié de dire ou de faire ou qu'on n'a pas remarquée:ce mot, cette date, son nom m'a échappé; cette observation lui a échappé; j'ai eu beau lire attentivement, cette faute m'a échappé.
3.L'échapper belle, c'est éviter heureusement un péril dont on était menacé:tu l'as échappé belle.
Écharde, petit éclat de bois, une épine, un piquant de chardon qui entre dans la chair; ne le confondez pas avecécharpe, bande d'étoffe.
Échasse, n'est guère usité qu'au pluriel; prononcezéchâce(âlong). (Acad.)
Échauffourée, s. f., action téméraire; écrivez et prononcezéchauffouréeet nonéchaffourée.
Èche.Les mots terminés enèchesont marqués d'un accent circonflexe ou d'un accent grave:calèche, flamèche, flèche, mèche, sèche, bêche, dépêche, pêche, prêche, etc.
Échec, s. m.—Faites sentir lec, excepté lorsqu'il s'agit dujeu des échecs:tant d'échecs(échek)ne découragent pas cet auteur;jouer aux échecs(échè).
Écheveau, s. m., assemblage de fils de chanvre, de soie, de laine, repliés en plusieurs tours, afin qu'ils ne se mêlent point: prononcezécheveau, et nonéchefeau.—Échet, pourécheveau, n'est pas français. Voyezcheval.
Échevin.s. m., magistrat municipal: prononcezéchevinet nonej'vinniéchefin; prononcez de mêmeachever, cheville, cheval, etc. Voyezcheval.
Écho, s. m., son réfléchi: prononcezékô(ôlong) et nonéko(obref).
Éclabousser, faire jaillir la boue; ne dites pasesclabousser.
Éclair, est masculin:un éclairet nonune éclair.
Éclairer.—On dit maintenant:éclairer une personne qui descend l'escalier; éclairez monsieur; vous l'éclairez mal; autrefois dans le même sens, on disaitéclairer à. (Acad.)
Écolier: voyezélève.
Écorces, Écosses, de pois, de fèves; ces mots ne sont pas français; ditescosses. Voyezécaler.
Écoute.—Ne dites pas:donner écoute aux médisances; dites,prêter l'oreille aux...; écouter les médisances.
Écran, Paravent.—On se sert del'écranpour garantir de la chaleur du feu;le paravent, garantit contre le vent ou l'air extéreur. Voyezbrise-feu.
Écraser, v. a., aplatir et briser; prononcezécrâser(âlong).
Écrémer, v. a.: voyezcrémer.
Écreper, Écrepure.—Ces mots, fort en usage dans le Hainaut, pour signifierratisser, ratissure, ne sont pas français.
Écrevisse.—Écrivez et prononcezécrevisse, et nonécrévisse, écrèvisse, égrevisse.
Écritoire, Encrier.—L'écritoireest un petit meuble qui contient ou renferme les choses nécessaires pour écrire, encre, papier, plume, canif, etc.; ce mot est féminin:écritoire bien garnie; une écritoire de bureau.—Il ne faut pas confondrel'écritoireavecl'encrier, qui est un petit vase de verre, de porcelaine, de plomb, etc., dans lequel on met uniquement l'encre:encrier de verre, de plomb.
Écrivain.—La signification la plus ordinaire, est celle d'auteur de quelque ouvrage de littérature, et dans ce sens il est toujours masculin, même lorsqu'il se dit d'une femme:cette femme est un écrivain de mérite.Écrivainse dit plus rarement dans le sensd'employé, decommis, d'expéditionnaire, qui tient les écritures.
Écrou, s. m., trou dans lequel entre la vis; ne dites paségrou.
Écrouelles, s. f., humeurs froides; ne dites paségrouelles.
Écrouler(s'): voyezébouler.
Écuelle, s. f., pièce de vaisselle, d'argent, d'étain, de bois, de terre, etc., qui sert le plus communément à mettre du bouillon, du potage; prononcezékwelle(uelfont une seule syllabe) et nonécu-elle; prononcez de mêmeécuellée, (plein une écuelle).
Écumoire, s. f., ustensile qui sert à écumer le bouillon, etc.;écumetten'est pas français.
Éden, s. m., paradis terrestre; prononcezédène.
Éduquer, est un mot populaire; dites donc:cet enfant est bien élevéet nonbien éduqué.
Effendi, s. m., titre des fonctionnaires turcs; prononcezéfindi. Quelques-uns écriventéfendi. (Acad.)
Effets, s. m. pl.—Ne dites pas:vous allez à la promenade, ayez soin de vos effets; dites, ayezsoin de vos habits, de vos vêtements. Leseffetssont les objets, les meubles à l'usage d'une personne:emporter ses effets; il ne se dit pas des vêtements en particulier.
Effort, s. m.—Ne dites pas:il s'est fait un effort dans les reins; dites,il s'est donné un tour de reins.
Égal, e, adj.—Ne dites pas:cela est égal pour moi; cela m'est tout égal; dites,cela m'est égal, parfaitement égal; cela m'importe peu.
2. Ne dites pas:voulez-vous jouer avec moi?—Cela m'est égal; dites,volontiers, comme vous voudrez.
Égaler, Égaliser.—Égalerse dit des personnes et des choses:la mort égale tous les hommes, tous les rangs.—Égaliserne se dit que des choses:égaliser les lots d'un partage, un terrain. (Acad.)
2. Lorsqu'on dit:cinq multiplié par quatre égale vingt, le motégaleest la 3epersonne du présent de l'indicatif du verbeégaleret non unadjectif; en conséquence, il faut écrireégaleet nonégal.
Ége.—Tous les mots terminés enégeportent un accent aigu et non un accent grave, sur l'equi précède leg:barége, collége, cortége, Liége, manége, piége, siége, abrége, assiége, protége, etc.—Cependant il est généralement d'usage de prononcer ces sortes d'écomme s'ils étaient marqués d'un accent grave:barège, collège, cortège, Liège, manège, etc.; et cet usage est fondé sur cette grande loi de la prononciation qui veut qu'une syllabe muette soit précédée d'une syllabe grave. Malgré notre respect pour l'autorité de l'Académie, nous regrettons vivement qu'elle n'ait pas adopté cette dernière orthographe, comme elle l'a fait pour les finales enècheet enêche; nous sommes convaincu qu'elle devra un jour se déjuger, parce que l'usage est plus fort que les règles faites d'autorité.
Éger.—Les verbes enégerconservent l'accent aigu dans tous les temps et dans toutes les personnes.
Égnime, Égnimatique: écrivez et prononcezénigh-me, énigh-matique(gdur).
Égoïste.—Prononcezégoïs-te, et nonégoïce; prononcez de mêmecatéchis-te, sophis-te, pos-te, Égyp-te, pis-te, cul-te, cuis-tre, fich-tre, mons-tre, ellip-se, éclip-se, etc.—Voyezstetfinales.
Égratigner.—Dites,le chat a égratigné cet enfant, et non,a gratté; dites également,égratignureet nongratte.
Éhonté,—On dit aussidéhonté. (Acad.) Voyezce dernier mot.
Élaguer, Émonder.—Élaguerun arbre, en retrancher les branches superflues et nuisibles, soit à son développement, soit à la nourriture des branches fécondes.—Émonderun arbre, le rendre propre et agréable à la vue, par la soustraction de tout ce qui le gâte et le défigure.
Élancer, Élancement: voyezlancer,lancement.
Élève, Disciple, Écolier, Étudiant.—Unélèvereçoit les leçons de la bouche même du maître; il se dit aussi cependant des enfants et des jeunes gens qui fréquentent une école, un collége ou qui y vivent en pension.—Ledisciplesuit les doctrines d'un savant mort ou vivant:les disciples de Socrate, les disciples de N. S. J.-C., les disciples de St.-Simon.—L'écolierétudie dans une école, un collége ou une pension:il y a des écoliers qui sont mauvais élèves, et qui ne sont jamais disciples des grands écrivains.—L'étudiantsuit les cours d'une université ou d'une école publique:un étudiant en droit, en médecine.
Élever, Lever.—Onlève, en dressant ce qui est couché, en haussant; dites donc,levez les mains, les yeux au cielet nonélevez...Onélève, en plaçant dans un lieu ou dans un rang plus éminent:élever sa pensée vers le ciel.
Élixir, liqueur spiritueuse, est masculin:excellent élixir; ne dites pasélexir.
Elles, pluriel deelle:elles sont bavardes; prononcezelleset nonelses.
2. Ne dites pas,elle l'est si bonne, maiselle est si bonne.
Embarbouiller, n'est pas français; ditesbarbouiller.
Embarlificoter, Emberlificoter, sont des expressions absurdes.
Embarras.—Ne dites pas:cet homme fait bien son embarrasoude ses embarrasouses embarras; pour signifier qu'il se donne de grands airs, qu'il fait l'important; il faut dire:cet homme fait de l'embarras, oufait l'important.
2. Ne dites pas avec les wallons:ce n'est pas l'embarras, mais je voudrais bien le voir; dites,malgré cela, quoi qu'il en soit, je voudrais...Prononcezambarâ(âlong).
Emberlucoquer(s'), v. a. et pron., se coiffer d'une opinion, s'en préoccuper tellement qu'on en juge aussi mal que si on avait la berlue; ne dites pasemberticoquer.
Embêter.—Ce mot est bas et populaire; on peut le rendre parennuyer, fatiguer, tuer, impatienter, scier, scier le dos:cela m'ennuie; vous m'impatientez par vos discours; il me scie; cette affaire me scie le dos.
Emblaver.—Ne dites pas:vous emblavez toute la table; dites,vous embarrassez...
Emblève, rivière: voyezAmblève.
Embonpoint, s. m.—Ce mot est un de ceux où, par exception,nse trouve devantp.
Embouchoir, s. m., terme de bottier; c'est un instrument de bois en forme de jambe dont on se sert pour élargir les bottes, ou pour empêcher qu'elles ne se retrécissent; on dit plus communémentembauchoir. (Acad.)
Embouler.—Un écheveau de fil emboulé, barbar.; dites,mêlé;emboulern'est pas français.
Embrasement, s. m., grand incendie; prononcezembrazement; unembrassementest l'action d'embrasser et se prononceembracement.
Embrouillamini, s. m., désordre, confusion; ce mot n'est pas français; ditesbrouillamini.
Embûches, s. f. pl.: voyeztendre.
Éminent, Imminent,péril éminent, péril imminent.—Éminentdonne l'idée d'un mal, d'un péril qu'on peut regarder comme très-grand, mais dont on a le temps d'examiner la grandeur; etimminentdonne l'idée d'un mal, d'un péril qu'on peut regarder comme présent et où le hasard nous engage; l'un s'envisage avec crainte; l'autre, avec effroi. On dira d'unmalheureux qui doit expier son crime sur l'échafaud, qu'il est dans un périléminent; mais d'un criminel qu'on mène au supplice ou d'un homme surpris par les voleurs, on dira qu'il est dans un périlimminent.
Emmalgame, Emmouracher, Ennuiter: écrivez et prononcezamalgame, amouracher, anuiter.
Emmancher, mettre un manche; ne dites pasamancher.
Emment(terminaisons en); se prononcenta-mentet nonan-ment:prudemment, ardemment.
Emmurailler, Murailler, entourer de murs, ne sont pas français; ditesmurerouentourer, fermer de murs.
Émoluments, s. m. pl.: voyezgage.
Émoucherla chandelle.—Ditesmoucher la chandelle;émoucherveut dire chasser les mouches.
Émouchettes, Épinces.—On ne dit ni l'un ni l'autre dans le sens depinces, mouchettes(ce dernier ne s'emploie qu'au pluriel).
Émoudre, v. a., aiguiser sur une meule:émoudre des couteaux, des ciseaux; les verbesémouler, remoulerne sont pas français.—Cependant on dit également bienémouleuretrémouleur, pour désigner celui qui fait profession d'émoudre, de rémoudre, d'aiguiser les couteaux, les ciseaux. (Acad.)
Empêche, n'est pas français; ditesempêchement.
Empêché, Occupé.—Il ne faut point confondre ces deux mots:empêchése dit d'une personne qui a de l'embarras, un empêchement;occupése dit d'une personne qui a de l'occupation, qui travaille à quelque chose; ne dites donc pas:j'ai été ce matin voir mon ami, il était empêché à rendre ses comptes; la servante est empêchée à faire le dîner; il faut dire,il était occupé à rendre ses comptes; la servante est occupée à faire le dîner. Mais l'on dira bien:s'il me vient une visite, dites que je suis empêché, c'est-à-dire,que j'ai de l'empêchement.
Empêcher.—Ne dites pas:Victor voulait se battre, je l'ai empêché; dites,je l'en ai empêché.
2. Ne dites pas non plus:je lui empêcherai bien de sortir; dites,je l'empêcherai bien de sortir.
3.Empêcher quelque chose à quelqu'un, est une locution vicieuse; il faut dire,empêcher quelqu'un de faire quelque chose.
Empereur, s. m.: prononcezemp'reur, et nonempèreurniempéreur.
Emplâtre, est masculin:appliquer un emplâtre; quel emplâtre que cet homme-là!prononcezemplâ-treet nonemplâ-te, niemplâ-tère.
Emplette, est féminin et ne se dit que d'un achat de petits meubles ou de certaines marchandises vendues en détail: on fait emplette d'une boîte, d'un couteau et non d'une maison, de cent kilogrammes de café.
Employé.—Ne dites pas:le voilà ruiné, c'est bien employé; dites,il le mérite bien; il a ce qu'il mérite; c'est bien fait; il paie sa faute.
Empocheter, mettre en poche; ditesempocher:à mesure qu'il gagne de l'argent au jeu, il l'empoche.
Empois, colle d'amidon, est masculin:de l'empois épais.
Emporter, v. a.—Ne dites pas:cet élève a emporté tous les prix de sa classe; dites,a remporté...
Empresser(s'), prend la prép.àdevant un infinitif, lorsqu'il signifie, agir avec une ardeur inquiète, se donner du mouvement pour réussir:celui qui paraît le plus empressé à nous plaire, est plus occupé de lui que de nous. Il prendde, lorsqu'il veut dire simplementse hâter:s'empresser de parler; je m'empresserai de l'avertir.
Emprunter.—Il prendàetdedevant le nom de la personne qui prête, lorsqu'il signifie, demander et recevoir en prêt:emprunter de l'argent à quelqu'unoude quelqu'un; emprunter une pensée à un auteur ou d'un auteur; emprunter un mot au latinoudu latin. Cependant, dans le sens detirer, recevoir, devoir à, il prend toujoursde:ce raisonnement emprunte(tire)de la circonstance présente une nouvelle force; la lune emprunte(reçoit)sa lumière du soleil. Voyezprêter.
En.—Ne dites pas:en Féronstrée, en Vinave-d'Ile, mais,dans la rue Féronstrée, dans la rue Vinave-d'Ile.
2. Ne dites pas:je n'en ai qu'un de canif; dites,je n'ai qu'un canif;enest de trop.
3. Ne dites pas:avoir part en l'amitié de quelqu'un, mais,à l'amitié de quelqu'un.
4. Ne dites pas:une robe garnie en argent, en or, en dentelle, mais,une robe garnie d'argent, d'or, de dentelle. On dit au contraire,une montre en or, une chaîne en argent, une fourchette en argentet nonune montre d'or, une chaîne, une fourchette d'argent.
5. On diten l'honneuret nonà l'honneur:on fait à la paroisse une neuvaine en l'honneur de St Roch; j'ai donné un dîner en l'honneur de Pierre.
6. Ne dites pas:je n'irai pas à Verviers en semaine; dites,dans la semaine. (Fland.)
7. Ne dites pas:les oignons sont bons en salade; dites,dans la salade, à moins que vous ne vouliez indiquer une salade faite aux oignons.
8. Ne dites pas:fait en l'hôtel de ville; dites,fait à l'hôtel de villeoudans l'hôtel de ville. On dit cependant bien,fait en séanceouen la séance de...
9. Ne dites pas:je l'ai rencontré en bourse, en foire; dites,à la bourse, à la foire. (Fland.)
10. Ne dites pas:cet enfant est toujours en rue; dites,dans la rue.
11. Ne dites pas:il a toujours la pipe en bouche, une canne en main; dites,à la bouche, à la main.
12. Ne dites pas:il s'ensuit de là, j'en conclus de là; dites,il s'ensuit, j'en conclusou bien,il suit de là, je conclus de là.
13. Ne dites pas:je m'en vais voir; dites,je vais voir;enest de trop. Ne dites pas non plus:je me suis en allé; dites,je m'en suis allé.
14. Plusieurs grammairiens prétendent qu'il faut remplacerson, sa, ses, leur, leurspar l'articlele, la, leset le prononenlorsque l'objet possesseur et l'objet possédé se trouvent dans des propositions différentes; d'après eux, il faudrait dire:j'ai parcouru la ville de Liége, les rues en sont belles; et ce serait une faute de dire:j'ai parcouru..., ses rues sont belles.—M. l'abbé Péters (Grammaire, no325) a fait bonne justice de cette prétendue règle, et a démontré, par des exemples tirés des meilleurs auteurs, que l'on peut, dans ce cas, faire usage de l'adjectif possessif.
15.En agir: voyezagir.
Encatharré, n'est pas français; ditesenrhumé.
Encensoir, est masculin:un encensoir d'argent.
Enchifrené, enrhumé du cerveau;enchifrènement, rhume de cerveau; ne dites pas,enchiferné, enchifernement.
Enclos, s. m., enceinte, espace clos: prononcezanclô(ôlong.)
Encoignure, s. f., angle de deux murs; on prononce et plusieurs écriventencognure(Acad.):on a placé une armoire dans cette encoignure.
Encombre, embarras, est masculin; prononcezencom-breet nonencom-peniencombère.
Encore pas, est un barbarisme; ditespas encore:avez-vous déjeuné? pas encore(et nonencore pas).
2. Ne dites pas:cela m'est encore arrivé; je l'ai encore vu; dites,cela m'est déjà arrivé, je l'ai déjà vu:encoren'a pas le sens dedéjà.
3. Ne dites pas:cette personne est encore aimable; dites,cette personne est assez aimable.
4. Ne dites pas:il est encore toujours au lit; dites,il est encore au lit.
5. Ne dites pas:j'entendis hier quelqu'un, et encore un homme d'esprit, qui soutenait cette erreur; dites,et même un homme d'esprit.
Encourir.—Ne dites pas:je m'encours à l'école; je m'encours pour ne pas être aperçu; dites,je cours à l'école; je m'enfuis pour ne pas être aperçu.
En débit, n'est pas français; ditesen détail:ce marchand vend en gros et en détail.
Endêver, avoir grand dépit de quelque chose:il endêve de cela; faire endêver quelqu'un: il est familier.
Endormir, est français dans le sens d'engourdir:cette attitude forcée m'a endormi la jambe; avoir un bras endormi.
Endroit, signifie le beau côté d'une étoffe, celui qui est opposé àl'envers:voilà l'endroit de ce drap; quel est l'endroit?
2.A l'endroit de quelqu'un, ne signifie pas,vis-à-vis de quelqu'un, mais,à son égard, envers lui: cette manière de parler à vieilli. (Acad.)
En exprès, A l'exprès, Par exprès: voyezexprès.
Enfant, est masculin:cette fille est un enfant gâté; cette mère a perdu tous ses enfants(toutes filles); il est quelquefois féminin au singulier en parlant d'une très-jeune fille:c'est une belle enfant; la pauvre enfant. (Acad.) Il est encore féminin: 1olorsque, employé comme terme d'amitié, il se dit d'une fille ou d'une femme:ma chère enfant, ne craignez rien; 2odans cette phrase:c'est une bonne enfant, c'est-à-dire, une personne, fille ou femme, d'un caractère doux et facile. (M. l'abbéPéters).
2. Ne dites pas:j'ai levé cet enfant, mais,je suis parrain, marraine de cet enfant, ou,je l'ai tenu sur les fonts baptismaux.
Enfantise, n'est pas français; ditesenfantillage.
Enfiler, dans le sens detromper, enjôler, est tout-à-fait populaire.
Enfin.—Évitez de multiplier cette expression dans une narration; ne l'employez pas non plus quand vous êtes gêné pour vous rappeler ou dire quelque chose:enfin.... enfin...: dans ces sortes de cas,enfinn'a pas de sens.
Enflammation, Enflammable, ne sont pas français; il faut direinflammation, inflammable.
Enforcir, v. a., rendre plus fort:la bonne nourriture a enforci ce cheval; enforcir un mur. Il ne se dit guère en parlant des personnes.
2. Il s'emploie aussi avec le pronom et signifie, devenir plus fort:il s'enforcira; ce vin s'enforcit à la gelée.—Il s'emploie comme neutre dans le même sens:ce cheval enforcit tous les jours. (Acad.)
Enfuir(s'): prononcezenfu-iret nonenfou-ir;enfouir, c'est cacher sous terre. Voyezui.
Engager, S'engager, devant un infinitif, demandent la prépositionà:je l'ai engagé à dîner; il s'est engagé à venir nous voir.
Engeler, n'est pas français; ditesgeler:je suis gelé de froid; le vin gèle; la Meuse est gelée. Prononcezgeleret nongèler.
Engelure, s. f., est français:avoir des engelures aux pieds, aux mains; ses engelures lui démangent beaucoup.
Engouer, embarrasser le gosier: prononcezengou-er, et nonengou-wer.—Engouement, état engoué, passion: prononcez,engoûment, (oûlong) et nonengou-wement.
Engrais, s. m.—Dites,mettre des bœufs, des moutons à l'engraiset non,en graissenisur graisse.
Engraisser, Graisser.—Ces verbes correspondent respectivement aux substantifsengraisetgraisse; on doit donc dire:engraisser une terre, un animal; cette personne a beaucoup engraissé depuis un an;—et en se servant du verbegraisser:graisser des bottes, des souliers; graisser les roues d'une voiture; graisser son linge, ses habits.
Engrener,engrenage, engrenure; prononcezengrener, engrenage, engrenure, et nonengrèner, engrènage, engrènure.
Engueuler, n'est pas français; on peut le rendre parhuer, accabler, poursuivre de huées, d'injures:il se fit huer de tout le monde; la canaille le poursuivit de ses huées.
Énigme, est féminin: prononcezénigh-me(gdur) et nonénime, enih'me, énihe, énik.
En imposer: voyezimposer.
Enivrer,enivrant, enivrement: prononcezan-nivrer, an-nivrant, an-nivrement, et nonénivrer, énivrant, énivrement.
Enjeu, ce qu'on met au jeu pour commencer à jouer; ne dites pasmettre au pot; dites,faire l'enjeu.
Enjoué,enjouement: prononcezenjou-é, enjoû-ment(oûlong) et nonenjou-wé, enjou-wement.
Ennemi: prononcezènemi, et nonain-nemi.
Ennoblir, v. a.: voyezanoblir.
Ennui,ennuyer, ennuyant, ennuyeux: prononcezan-nui(uidiphthongue et nonoui);an-nuyer, an-nuyant, en-nuyeux.
Ennuyant, Ennuyeux.—Ennuyant, qui chagrine, qui importune ou qui contrarie actuellement, dans le moment même:quelle soirée ennuyante; quel temps ennuyant!
2.Ennuyeux, euse, signifie, qui a la qualité d'ennuyer, qui est propre à ennuyer, qui ennuie habituellement:temps ennuyeux, livre ennuyeux; cet homme est bien ennuyeux.
Enorgueillir, rendre, devenir orgueilleux; prononcezan-norgheuilliret nonénorgheuillir, niénorgheillir.
Enregistrer, Enregistrement: prononcezenregis'tré, enregis'tremanet nonenrégis'tré, enrégistrement.
Enrouer, Enrouement: prononcezenrou-er, enroûment, (oûlong) et nonenrou-wer, enrou-wement. Voyezrauque.
Enrouiller, est français; mais ou dit plus ordinairementrouiller(llmouillées). (Acad.):l'humidité enrouilleet mieux,rouille le fer.
Enseigne, est masculin, lorsqu'il désigne un grade:un enseigne de vaisseau; il est féminin, quand il désigne l'emblème d'un commerçant:une belle enseigne.
Enseigner.—Ne dites pas:cet enfant a été bien enseigné; dites,bien instruit; prononcezensei-gner, ensei-gnant, ensei-gnement, et nonenseign'ner, enseign'nant, enseign'nement.—Voyezgn.
2.Enseigner, dans le sens d'indiquer, faire connaître quelque chose que ce soit, est français:enseignez-moi sa maison, enseignez-nous le chemin.
Enserrer, dans le sens deenfermer, enclore, est vieux; ne dites pas:j'ai enserré le chien; dites,... enfermé. (Acad.) Mais on dit bien,enserrer des fleurs, c'est-à-dire, les mettre en serre.
Ensevelir: prononcezencev'liret nonencèv'lirniensèvélir.
En sorte.—Ne dites pas:il a fait si bien en sorte qu'on lui a pardonné; dites,il a fait si bien qu'on lui a pardonné.
Ensuite, suivi de la prép.de, ne s'emploie guère que dans ces deux phrases:ensuite de cela, ensuite de quoi(Acad.), et dans ce cas il est préposition.
Ensuivre(s'), v. essent. pron.—Il ne se dit qu'à la 3epers. tant du sing. que du pluriel, et s'emploie le plus souvent impersonnellement:il s'ensuit que vous aviez tort. L'Académie ne donne qu'un seul exemple de ce verbe à un temps composé et c'est une phrase de barreau:le tribunal cassa la procédure et tout ce qui s'était ensuivi. Dans le langage ordinaire, on met généralement le verbeêtreentre la prépositionenet le participesuivi:il s'en est suivi de grands maux; et tout ce qui s'en est suivi.
2.Il s'ensuitveut l'indicatif après lui;il ne s'ensuit pas, veut le subjonctif.
3.Il s'ensuit de cela, est un pléonasme vicieux; dites,il s'ensuitou bienil suit de cela.
Entendre.—Entendre la raillerie, c'est avoir le talent de railler:peu de personnes entendent la fine et innocente raillerie.—Entendre raillerie, c'est ne point s'offenser d'une raillerie:vous entendez très-bien raillerie, quand d'autres que moi vous font la guerre sur vos petits défauts.
2. Ne dites pas:j'ai entendu de mon voisin que Paul vient de mourir; dites,j'ai appris de...; j'ai ouï dire, j'ai entendu dire...(Fland.) Prononcezenten-dreet nonenten-tenienten-trenientendère.
3.S'entend(et nonc'entend, nisentant) a à peu près le même sens quec'est-à-dire, je veux dire, bien entendu:vous aurez tous une récompense, s'entend, ceux qui l'auront méritée.
En-tête, ce qui s'écrit au-dessus d'une lettre, d'un tableau; ce mot est français et masculin:écrire un en-tête à un tableau; écrire des en-têtes de lettres. (Bescherelle.)
Entièreté, n'est pas français; dites,la totalité, le tout, le montant:il paya le montant, le total de la dépenseoutoute la dépense.—Prononcezenti-eret nonentchi-er, Voyezti.
Entre.—L'efinal deentrene s'élide que dans la composition des mots devant une voyelle; on écritentre eux, entre elles, entre autresetentr'actes, s'entr'aider, s'entr'aimer, s'entr'égorger, entr'ouvrir, etc. Si le mot suivant commence par une consonne, on réunit les deux mots par un trait, d'union:s'entre-déchirer, s'entre-nuire, etc. On écrit cependant en un seul mot:s'entremettre, s'entretenir, s'entrevoir.
2.Entre les deux, médiocrement; dites,entre-deux:fait-il froid? entre-deux.
3.Entre, Parmi.—Entre signifieau milieu de; c'est pour cela qu'en général il ne se dit que de deux objets ou de deux sortes d'objets:entre eux deux; entre la crainte et l'espérance; entre les hommes et les animaux.—Parmisignifiedans le nombre de, et c'est pour cette raison qu'il ne s'emploie qu'avec un pluriel indéfini signifiant plus de deux ou avec un collectif:parmi eux, parmi les élèves, parmi le peuple.—Cependantentrese dit quelquefois pourparmi:entre les merveilles de la nature; il fut trouvé entre les morts; la sainte Vierge Marie est bénie entre toutes les femmes. (Acad.)
Entrefaites, s. f., ne s'emploie guère qu'au pluriel et dans ces locutions adverbiales;sur ces entrefaites, dans ces entrefaites, pendant ce temps-là. On dit cependant quelquefois au singulier:dans l'entrefaite, dans cette entrefaite. (Acad.)
Entreprendre(s').—Ne dites pas:il vient de s'entreprendre avec son ami; dites,il vient d'avoir querelleoude se quereller avec son ami.
2. On dit très-bien pourtant:entreprendre quelqu'un, c'est-à-dire, se mettre à le poursuivre, à le tourmenter, à le persécuter, à le railler:si j'entreprends cet homme-là, je lui ferai voir du pays.
Entrer, prend l'auxiliaireêtre;je suis entré; nous sommes entrés.
2. On peut dire par hypallage:ce chapeau n'entre pas dans ma tête; enfoncer son chapeau dans sa tête; ces bas n'entrent pas dans mes jambes. (Acad.)
Entretemps, est un substantif et non un adverbe: ne dites donc pas:écrivez votre lettre, entretemps je lirai; dites,dans l'entre-temps je lirai.
2. Ce mot est peu usité et ne se dit pas au pluriel. (Acad.);entre-tempss'écrit avec un trait d'union.
Envenimer, infecter de venin, aigrir; prononcezenvenimeret nonenvènimer, m'envénimer.
Envergure, s. f., étendue des ailes; ne dites pasenverjure.
Envers, prép., à l'égard: voyezvis-à-vis. Prononcezenvers eux, (envèreux) et nonenvèrz'eu.
Envier, Porter envie.—Envier, se dit des choses et quelquefois des personnes:je ne lui envie point son bonheur; tout le monde l'envie(Acad.);les gens en place sont ordinairement enviés(id.)—Porter envie, ne se dit que des personnes:Caïn portait envie à Abel.
Environsix ou huit, est un pléonasme; carenvironetouont la même signification; dites,six ou huit, ou bienenviron six à huit.
En voie: voyezvoie.
Envoyer.—Ne dites pas:j'ai envoyé ce ballot avec la diligence; dites,par la diligence.
Épais, adj., fait au fémininépaisseet nonépaise.
Épargner: voyeréviter.
Épaule, s. f.: prononcezépôle(ôlong).
Épeautre, espèce de blé, est masculin.
Épellation, s. f., action d'épeler; prononcezépèl'lation.
Éperon, (et nonépron), s. f., fer pour piquer le cheval; prononcezép'ronet nonépéronniépèron.
Épidémie, Contagion.—Épidémie, désigne une maladie qui se communique par l'air;contagion, une maladie qu'on gagne par le contact:jusqu'à présent les médecins sont partagés sur la question de savoir si le choléra est épidémique ou contagieux.
Épiderme, première peau, estmasculin.
Épincette, n'est pas français; ditespincettes.
Épine, Noble épine, pour signifier un arbrisseau à fleurs blanches, n'est pas français; ditesaubépine.
Épion, Épionner, sont des barbarismes; ditesespion, espionner.
Épisode, action incidente liée à l'action principale, estmasculin:un triste épisode; prononcezépizo-de, et nonépizo-te.
Épitaphe, inscription de tombeau, estféminin:une glorieuse épitaphe.
Éplucher: voyezécaler.
Époux, s. m.—Dans la conversation, il est contraire au bon usage de dire:mon époux, son époux; mon épouse, son épouse; sa dame, sa demoiselle; dites,mon mari, son mari; ma femme, sa femme; ma fille, sa fille. Ces motsépoux, épouse, dame, demoiselle, ne peuvent être précédés de l'adjectif possessif, sans trahir, chez les personnes qui les emploient ainsi, une éducation peu relevée.
Équateur, Équation: prononcezécouateur, écouation.
Équerre, est féminin:une fausse équerre.
Équestre,équiangle, équidique, équidistant, équilatéral, équilatère, équimultiple, équipollence, équiries, équitation: prononcezécues-tre, écui-angle, écuidique, écuitation,...et non,ekestre, ekiangle, ekidique, ekitation,...niécouestre, écouiangle, écouidique, écouitation....
2. On ne saurait trop s'attacher dans la prononciation à bien distinguerui, uesdeoui, oues; beaucoup de personnes, ne soupçonnant pas même cette différence, prononcent généralement et impertubablement lesuicomme desoui, et font, par exempleenfouir(se cacher sous terre) de s'enfuir(prendre la fuite): voyezaiguiseretui.
Équinoxe,équinoxial, équerre, équivaloir, équivalent; prononcezékinoxe, ékère, ékivaloir, etc.
Erfinal.—Dans le discours soutenu, et surtout dans les vers, l'rfinale dans l'infinitif des verbes enerse lie avec la voyelle du mot suivant;erse prononce alorsèreet nonére:aimer à jouer; folâtrer et rire. Dans la conversation, ces sortes de liaisons seraient affectées et ridicules. (Hennebert.)