Uniforme, s. masculin:un uniforme neufet nonune uniforme neuve.
Union, s. f.: prononcezu-nionet nonu-gnion:l'union fait la force.—Voyezni.
Unir, v. a.—Unir, dans le sens propre, veut la prépositionàou la prépositionavec:unir un mot à un autreouavec un autre. (Acad.)—Au figuré, il ne prend que la prépositionà:Turenne unissait la prudence à la hardiesse; ce jeune homme unit la modestie au mérite.—Son composéréunirveut la prépositionà, lorsqu'il est employé au propre:le cou réunit la tête au corps. Mais au figuré, dans le sens de posséder en même temps,réunirveut que les différents compléments directs soient joints par la conjonctionet:Turenne réunissait la prudence et la hardiesse; ce jeune homme réunit la modestie et le mérite.
Université, s. f.—Il n'y a en France qu'une université proprement dite, et sous ce nom l'on comprend les académies, les facultés (de droit, de médecine, de belles-lettres, etc., établies dans les chefs-lieux des cours impériales ou cours d'appel), les colléges impériaux, les colléges communaux, les pensions et les écoles primaires;—ne dites donc pas:ouvrage adopté par les universités de France, mais,par l'Université de France.
Us, s. m. pl., les règles, la pratique qu'on a coutume de suivre en quelques pays touchant certaines matières; ilestpresque toujours joint au motcoutumes:les us et coutumes.—Prononcezuce.
Usage, s. m.—En parlant des choses qui durent longtemps, employez le motuser:cette étoffe de drap est d'un bon user; il y a des étoffes qui deviennent plus belles à l'user.—Usage, dans ce sens, n'est pas français.
User, v. n.—Ne dites pas:en usez-vous, je n'en use pas: dites,en prenez-vous, prenez-vous du tabac,je n'en prends pas, je ne prends pas de tabac. On peut également se servir du motpriser, qui ne figure pas dans le dictionnaire de l'Académie, mais qu'un usage universel a consacré depuis longtemps:prisez-vous? je ne prise pas.
Ustensile, s. masculin:un ustensile de cuisine.
Usufruit,usufruitier.—Gardez-vous bien d'écrire ou de prononcerusurfruit, usurfruitier:il n'a pas cette terre en propre, il n'en a que l'usufruit, il n'en est que l'usufruitier.
Usurpateur, s. m.—Le féminin correspondant estusurpatrice.
Utérin, ine, s. m.:frères, sœurs utérins, consanguins, germains: voyezgermain.
V.—Il faut conserver à cette lettre sa prononciation naturelle dans les mots terminés enve, commevive, neuve, brève, brave, cave, achève, achèvement, prévenir, il est venu, nous venons, manœuvre, livre, mouvement, bravement, etc., et ne pas direvife, neufe, brèfe, brafe, cafe, achèfe, achèfement, préfenir, il est fenu, nous fenons, manœufre, lifre, moufement, brafement.
2. Il en est de même decheville, écheveau, échevin, achever, etc., qu'il ne faut pas prononcerch'fille, éch'feau, éch'fin, ach'fer;—nous conseillons, pour la facilité de la prononciation, de ne pas élider l'edeche, mais d'y appuyer fortement, jusqu'à ce qu'on soit en état de prononceréch'vin, ach'ver, etc.
3. Un autre défaut propre à certains dialectes wallons, c'est de prononcer commemela syllabe muetteveprécédée d'une syllabe sonore:soumenir, nous menons, prémenir, circonmenir, etc., au lieu desouvenir, nous venons, prévenir, circonvenir.
Va.—Comme va, comment va-t-il?—Voyezaller.
Vacances, s. f. pluriel, temps pendant lequel les études cessent; dans ce sens il ne s'emploie qu'au pluriel:les petites, les grandes vacances; de courtes, de longues vacances.
Vacature.—Ce mot n'est pas français, rendez-le parvacance, temps pendant lequel une place, une dignité, un emploi n'est pas rempli:durant la vacance du Saint-Siège; la vacance d'une abbaye, d'un bénéfice; il y a vacance de la chaire de littérature française à l'université;—on peut également faire usage du motvacation, qui signifiequelquefois vacance, dit l'Académie, en parlant de choses non occupées, des places, des emplois non remplis, vacants:la vacation d'un emploi; un bénéfice en vacation; à la première vacation, ces fonctions seront supprimées.
2.Vacation, se dit ordinairement de chacun des espaces de temps que des personnes publiques (notaires, experts, etc.) emploient à travailler à quelque affaire:on paie tant aux experts par chaque vacation.
Vaciller, v. n.,vacillation, s. f.—Prononcez les deuxllsans les mouiller.
Vade-mecum, s. m., se dit d'une chose que l'on porte commodément et ordinairement avec soi; on dit aussi mais plus rarement,veni-mecum: prononcezvadé-mécome, véni-mécome.
Vagabonder, v. n., errer çà et là; on dit aussivagabonner(Acad.); prononcezvagabond, vagabonder, etc., et nonvakabond, vakabonder.
Vais, 1rep. s. du prés. de l'ind. du v.aller; ne dites pasje m'y vais; je m'en y vais; dites,j'y vais.
Vaisseau, s. m.: voyeznavire.
Val, s. m., vallée; il n'est plus en usage que dans les noms propres:Val-St-Lambert, Val-Benoît, Val-Dieu, le château du Val, l'abbaye du Val, l'église du Val-de-Grâce.—Il a un pluriel qui n'est en usage quedans cette phrase,par monts et par vaux, et dans quelques noms de lieux, commeles vaux de Cernai. (Acad.)
Valet, Laquais, s. m.—Le premier désigne un homme de service; le second, un homme de suite; levaletest pour l'utile, lelaquais, pour le luxe.
Valoir, v. n., faitvalentet nonvaillentà la 3epers. du plur. du prés de l'indic.; de même il faitvailleet nonvaleau prés. du subj.:ils ne valent pas mieux(et nonvaillent)les uns que les autres;il faut que je vaille(et nonvale)bien peu de chose à leurs yeux.—On dit aussivaille que vailleet nonvale qui vale.
2.Valoir mieux, suivi d'un infinitif, rejette toute préposition commeaimer mieux:il vaut mieux attendre(et nond'attendre)un peu.—L'Académie donne l'exemple suivant:il y a beaucoup d'occasions où il vaut mieux se taire que de parler: d'où nous concluons que le second infinitif doit être précédé de la prépositionde.
3. Dans ce sens ne dites pas:il faut mieux, il faudrait mieux, il eût mieux fallu, etc.; dites,il vaut mieux, il vaudrait mieux, il eût mieux valu.
4. Ne dites pas non plus,valoir pluspourvaloir mieux:il vaut mieux(et nonil vaut plus)se taire que de parler trop.
Vanille, s. f.,vanillier, s. m., plante d'Amérique: on mouille les deuxll.
Vapeur, s. f.,vapeur, s. m.—Tout le monde sait ce que c'estla vapeur;—un vapeur, c'est un bateau à vapeur: ce masculin n'est pas encore admis par l'Académie, mais il est employé partout, et ne peut manquer d'être admis un jour.
Vaquer, v. n.,Vaguer, v. n.—Vaquerse dit proprement des emplois, des charges, des dignités, et signifieêtre vacant;—vaguer, c'est errer çà et là, aller de côté et d'autre à l'aventure.
Variation, s. f., signifie changement;—ne dites donc pas:ce marchand d'estampes a une belle et riche variation de gravures; dites,une belle et riche variété.
Vasistas, s. m., petite partie d'une porte ou d'une fenêtre, laquelle peut s'ouvrir et se fermer à volonté; prononcezvazis'tâsse. (Acad.)
Vaste, adj., qui est d'unefort grandeétendue:vastes campagnes, vaste mer, vastes déserts, etc.
2. Ne dites donc pas:vaste jardin, vaste maison à vendre; dites,grand jardin, grande maison...
Vaudeville, s. m., chanson populaire et pièce de théâtre: prononcezvôd'villeet nonvodéville.
Vaux, s. m., pluriel deval: voyezce mot.
Vauxhall, s. m., jardin public: prononcezvokçal(obref). On écrit aussiwauxhall.
Veille, s. f., ne doit pas s'employer comme synonyme deveillée, soirée:aller tous les jours à la veillée(et nonà la veille);les veillées, les soirées sont longues en hiver.
Veine, s. f., canal du sang; prononcezvèneet nonvain-ne.
Vélin, s. m., peau de veau préparée:reliure en vélin, papier vélin:—écrivez et prononcezvélinet nonvelin.
VendangeetVidange: voyezvidange.
Vendition,vendue: ces mots ne sont pas français; c'estventequ'il faut dire:vente de bois, vente de meubles.
Vendre, v. a.—On ditvendre, acheter à bon marchéet non,bon marché; on dit égalementacheter, vendre telle chose dix francs, cent francset non,pour dix francs, pour cent francs.—Prononcezven-dreet nonven-teniven-dère.—Voyezacheter.
Venimeux,vénéneux, adj.—Vénéneuxne se dit que des plantes, des végétaux:la ciguë est une plante vénéneuse;—venimeuxne se dit que des animaux:la dent de la vipère est fort venimeuse.—Écrivez et prononcezvenimeux, venin, envenimeret nonvénimeux, vénin, envénimer.
Venir, v. n.—Ne dites pas:je ne puis pas venir àson nom; dites,son nom ne me vient pas, je ne puis pas trouver son nom, me rappeler son nom.
2.Venir à rien, ne peut pas s'employer dans le sens dese réduire à rien; ne dites donc pas:cette eau est venue à rien par l'évaporation; mais,cette eau s'est réduite à rien...
3. Ne dites pas:je viens, je sors de monsieur le curé; je vais au juge de paix; dites,je viens, je sors de chez M. le curé; je vais chez le juge de paix. (Fland. et Wall.)
4. Ne dites pas non plus:je vous paierai bientôt.—Bien, cela ne vient pas à huit jours;—dites,ce ne sont pas huit jours qui font l'affaire; ou bien,huit jours de plus ou de moins n'y font rien. (Fland.)
5. Ne dites pas:on vous attend, Monsieur.—Dites que je viens tout de suite; il faut dire:dites que j'y vais tout de suite. (Fland.)
6. Ne dites pas:je l'ai attendu inutilement, il avait pourtant dit de venir; il faut dire... il avait pourtant dit qu'il viendrait. (Fland.)
7. Ne dites pas:cela ne vient pas encore au marché; dites,cela ne se vend pas encore au marché. (Fland.)
8. Ne dites pas:cela vient dans la grammaire à telle page; cette scène vient dans tel acte; dites,cela se trouve dans...(Fland.)
9. Ne dites pas:ce chapeau vient roux; cet homme vient maigre; dites,... devient roux, devient maigre.
10. Ne dites pas:il n'y a pas d'apparence que cette ferme vienne à louer; dites,il n'y a pas d'apparence que cette ferme se loue.
11. Ne dites pas:la semaine qui vient, le mois qui vient, l'année qui vient; dites,la semaine prochaine, le mois prochain, l'année prochaine.—Voyezpassé.
12. Ne dites pas:nous vien-de-rions, vous vien-de-riez, maisnous vien-drions, vous vien-driez.
13. N'employez pasvenirpourprovenir:le papier de Chine vient du mûrier; dites,... provient du mûrier.
Ventre, s. m.—Dites,avoir mal au ventre, avoir des maux de ventreou mieux,des coliques, et nonavoir mal de ventre. Prononcezven-treet nonven-teniven-tère.
Ventriloque, adj. des deux genres et s. m.; il se dit d'une personne ayant la voix sourde et caverneuse:ventroloquen'est pas français.
Vêpres, s. f. plur., office divin qu'on chante après midi;—on ditaller à vêpreset nonaller aux vêpres; ont peut dire également sans article:chanter vêpres en musique; il est à vêpres. Prononcezvê-preset nonvé-pesnivêpères.—Voyezmesse.
Véreux, euse, adj.—Ce mot est français, et se dit au propre des fruits dans lesquels se trouvent des vers, et au figuré d'une personne ou d'une chose suspecte:pomme véreuse, prune véreuse; il y a quelque chose de véreux dans cette affaire; créance véreuse.
Vergettes, s. f. pl., brosse pour les habits; on dit aussiune vergette. (Acad.)
Verglas, s. m., pluie qui se glace sur le sol: on ne prononce pas l's:verglâ.
Vermicelle, ouvermicel, s. m.,violoncelle, s. m.—On prononce aujourd'hui ces mots à la française:vermicelle, violoncelleet nonvermichelle, violonchelle.
Verre, s. m.—Ditesun verre de montreet nonune glace de montre.
Vers, s. m., terme de poésie: prononcezvèreet nonverse.
2.Vers, prép.—Ne dites pas:j'irai vers quatre heures, mais,vers les quatre heures. (Acad.)—Ne dites pas non plus,se retourner sur quelqu'un, mais,vers quelqu'un.—Prononcezvèret nonverse.
3. Prononcezvers Audenaerde(vèr Audenaerde);il est allé je ne sais vers où(ver où). Il en est de même du substantifvers:vers alexandrin(vèr alexandrin).
4. L'sfinale sonne dansAnvers. En France on prononce quelquefoisAnvère; il est muet dansenvers(anvèr),tiers, thiers, travers, universet dans les verbesje sers, je perds, etc.
5. La finaleersse prononceédansAngers, Villiers, Louviers, Noirmoutiers, Tiviers, Tilliers, noms de villes.—Dans tous ces mots l'sne sonne jamais, même devant une voyelle:ver à soieetvers à soiese prononcent égalementvèr à soie.
Verse(à), loc. adv.; on ne l'emploie que dans cette phrase:il pleut à verse.
Verso, s. m., la seconde page, le revers d'un feuillet; on le dit par opposition àrecto, la première page du feuillet:vous trouverez ce passage folio 42 verso.
Vésicatoire, s. m., médicament externe: prononcezvézicatoireet nonvécicatoire, visicatoire, virsicatoire.
Vétille, s. f., bagatelle: lesllsont mouillées ainsi que dansvétiller, vétilleux.—Vétille de rienest un pléonasme vicieux.
Vêtir,revêtir, font au prés. de l'ind.:nous vêtons, vous vêtez, ils se vêtent; nous revêtons, vous revêtez, ils revêtent;—vêtissent, revêtissentsont la 3epers. plur. du prés. du subj.
Veto, mot emprunté du latin et qui signifieje m'oppose:le roi a mis le veto, son veto à cette loi;—ce mot ne s'emploie pas au pluriel et se prononcevèto. (Acad.)
Vêtu, Habillé.—Vêtusignifie simplement couvert de vêtements;—habilléajoute à l'idée de vêtu celle d'une certaine recherche, d'un certain goût, d'un certain ordre dans la mise.
Veuille, Veuillez,veux, voulez: voyezvouloir.
Viande, s. f., chair dont on se nourrit:ianest diphthongue.
Vicaire, s. m.: voyezsous-curé.
Vice, dans la composition des mots, reste invariable au pluriel:des vice-amiraux, des vice-présidents.
Vice-versâ, mots latins dont on se sert adverbialement pour signifierréciproquement:il y a des personnes dont la figure attire et le caractère repousse, et vice-versâ.—On prononcevicé. (Acad.)
Vicoter, vivre petitement, subsister avec peine; ce mot n'est pas français; ditesvivoter:il ne fait que vivoter. (Wall.)
Vidange, Vendange, s. f.—Lavidangeest l'action de vider;—lavendangeest la récolte du raisin pour faire le vin.
Vider, v. a.—Vider, c'est faire le vide, c'est rendre vide; ainsi,vider son verre, c'est le boire; c'est donc à tort que quelques personnes emploient ce mot dans le sens deverser; ainsi vous ne direz pas,quand j'aurai débouché la bouteille, je vous en viderai un verre; dites,je vous en verserai un verre. (Wall.)—Vide, viders'écrivent et se prononcentvide, videret nonvuide, vuider.
VieilouVieux, adj. m.,Vieille, adj. f.—Lorsque cet adjectif est employé au masculin après son substantif, on doit toujours se servir devieux. On dit plus ordinairementvieildevant un substantif commençant par une voyelle ou unehmuette; l'Académie pourtant donne les exemples:un vieil hommeetun vieux homme.
2. L'lest mouillée dansvieil, vieilliret dans leurs composés; mais elle ne l'est pas dansvielle, instrument de musique, que l'on prononcevièle.
3.Vieux, signifiant avancé en âge; ne dites pas à un enfant:vous paraissez plus vieux que votre frère, puisque ni l'un ni l'autre ne sont vieux; dites,vous paraissez plus âgé que votre frère.
4. Ne dites pas d'un homme âgé,c'est un vieux; dites,c'est un homme âgé, sur l'âge, un vieillardouun vieil homme.
Vieillard, s. m.,Vieillesse, s. f. (llmouill.)—Ne dites pasvieulard, vieulesse, nivièlard, vièlesse.
Vieillir, v. n.—Il suit les mêmes règles pour le choix des auxiliaires que le verbegrandir: voyezce mot.
Vif, vive, adj.—Je le lui dirai de vive voix(viveet nonvif), veut dire,je le lui dirai en parlant, en employant la parole, c'est-à-dire, je ne le dirai pas par intermédiaire ou personne tierce ou par lettre.—Mais si vous vouliez signifier que vous le diriezfranchement, catégoriquement, formellement, il faut vous servir d'une des expressions suivantes:je le lui dirai nettement, carrément, franchement, sans détours, en face.
Vigne,vigneron:gnest mouillé; ne prononcez donc pasvine, vineron.
Vignoble, s. m., territoire planté de vignes; ce mot est masculin:un riche vignoble.
Vilain, aine, adj., laid, sale, tout ce qui déplaît à la vue.—Un vilain hommeest un homme dont les mœurs, la conduite sont honteuses;un homme vilainest un homme laid, ladre, avare.
Vilenie, s. f., action basse et vile; prononcezvilenîet nonvilénienivilènie.
Ville(à la),en Ville.—A la villesignifiedans la ville, par opposition à la campagne;il a passé l'été dans son château, il va revenir à la ville.—En villese prend par opposition à la maison qu'on habite:vous êtes venu pour me voir, j'étais en ville, c'est-à-dire, je n'étais pas chez moi.
2. Ne dites donc pas:il est venu en ville, il a son bureau en ville; dites,à la ville.
Villers, nom propre.—En France, on prononceVilèreet en BelgiqueVilé.—Villerseest donc une prononciation qui ne se justifie aucunement et quiressemble plutôt à du flamand qu'à du français ou à du wallon.
Vin, s. m.—On dit mieux,du vin de Bordeaux, de Bourgogne, du Rhin, etc., quedu Bordeaux, du Bourgogne, du Rhin.—On ne dit pasdu vin de pays, maisdu vin du pays.—Voyezcru.
Vingt, adj. num.—Prononcezvindevant une consonne, excepté si le mot qui suitvingtest lui-même un nom de nombre:vingt-deux, vingt-trois(vinte-deux, vinte-trois).
2.Vingt et un: prononcezvinté-unet nonvinté-iun.—Voyezcent.
Violoncelle, s. m.: voyezvermicelle.
Virus, s. m., t. de médecine, venin, agent de contagion; prononcezviruce.
Vis, s., pièce de bois ou de métal, cannelée en spirale; ce mot est féminin et se prononcevice:une forte vis.—Prononcez de mêmetournevis.
Vis-à-vis, loc. prép.—Quoique la plupart des grammairiens condamnent cette expression employée dans le sens deenvers, à l'égard, nous ne pouvons pas nous ranger à leur avis, attendu qu'un usage, à peu près universel aujourd'hui, nous paraît l'avoir suffisamment consacrée. Nous dirons donc indifféremment et sans scrupule:il est fier vis-à-vis de ses inférieurs ou envers ses inférieurs; il a été ingrat vis-à-vis de moiouenvers moi.
Visite, s. f.—Rendre visite à quelqu'un, c'est l'aller visiter, etrendre à quelqu'un sa visite, c'est faire à quelqu'un une visite après en avoir reçu une de lui. (Acad.)
Vite, adj., des deux genres, qui se meut, qui court avec célérité, avec grande promptitude; il ne se dit que des animaux et de certaines choses dont le mouvement est rapide:cheval vite, fort vite, comme levent; mouvement très-vite; il a le pouls fort vite; un copiste qui a la main fort vite. (Acad.)
2. Les flamands font en général un usage trop fréquent de l'adjectifvite:vous êtes trop vite;—il faut dans ce cas employer l'adverbe et le joindre à un autre verbe que le verbeêtre: par exemple,vous allez trop vite, vous me pressez trop, etc.
3. Ainsi ne dites pas:vous avez été trop vite à parler; dites,vous avez parlé trop viteouvous avez été trop prompt à parler, trop empressé à parler.
4.Vite, adv., avec vitesse.—Dépêchez-vous viteest un pléonasme vicieux.—Vitement, adv., vite:aller vitement, courez vitement:—il est familier. (Acad.)
Vitre, s., pièce de verre qui se met à une fenêtre:carreau de vitre; il manque là une vitre; ce mot est féminin.—Prononcezvitreet nonvitenivitère.
Vitrine, s. f., ne figure pas dans le dictionnaire de l'Académie; selon Bescherelle, il se dit, dans quelques provinces, du vitrage d'une boutique.
Vitriol, s.—Ce mot est masculin:du vitriol blanc.
Vivat, s. m., acclamation, applaudissement; il est invariable au pluriel:des vivat.—Prononcezvivate. (Acad.)
Vivre, v. n.—Ne dites pas:cette propriété me rapporte assez pour vivre; dites,pour me faire vivre. (Wall.)
2. Ne dites pas:vivre sur ses rentes, il vit avec des pommes de terre, maisvivre de ses rentes, il vit de pommes de terre. (Wall.)
3.Vivre, s. m., nourriture:le vivre et le vêtement. (Acad.) On l'emploie surtout au pluriel, et alors il signifie toutes les choses dont une personne peut se nourrir:les vivres sont fort chers dans cette ville; de bons vivres, des vivres frais.
4. L'iest long dans le substantifvivre, tandis qu'il est bref dans le verbevivre.
VlàouV'là, mauvaise construction devoilà.
Voie(en).—Cette expression qui est toute wallonne et quelquefois aussi flamande, se traduit de différentes manières suivant le verbe auquel elle est jointe.
2.Aller en voie, s'en aller, se retirer, s'ôter, s'éloigner:ôtez-vous de mon soleil; allons-nous-en d'ici.
3.Balayer en voie, balayer:balayez ces ordures.
4.Chasser en voie, chasser:la nuit nous chassa.
5.Couper en voie, couper, retrancher, élaguer:il faut couper plusieurs branches à cet arbre.
6.Courir en voie, s'enfuir, s'échapper, se sauver.
7.Envoyer en voie, envoyer, renvoyer, envoyer promener:il m'impatientait à tel point, que j'ai fini par l'envoyer promener.
8.Être en voie, être parti, être sorti, être en voyage, être absent, n'être plus.
9.Gratter en voie, gratter, enlever, ôter, emporter, effacer.
10.Jeter en voie, jeter:c'est un homme d'ordre qui ne jette rien.
11.Mener en voie, emmener:emmener cet homme, je vous prie.
12.Mettre en voie, ôter, ranger, mettre ailleurs, mettre dehors, renvoyer.
13.Porter en voie, emporter.
14.Pousser en voie, pousser de côté, dehors.
15.Tirer en voie, ôter:il y a trop de bois dans le feu, ôtez-en la moitié.
16.Voler en voie, s'envoler:il n'y a plus que le nid, les oiseaux s'en sont envolés.
Voilà, prép.—Ne dites pas:voilà où que nous en étions; voilà oùsque, où est-ce que nous en étions; dites,voilà où nous en étions.
Voile, s., est féminin, quand il signifie une pièce de toile très-forte que l'on attache aux mâts des navires, bateaux, etc., pour recevoir le vent:il avait tendu ses voiles.—Dans les autres acceptions,voileest masculin.
Voir, v. a.,Regarder, v. a.—Voir, c'est recevoir les images des objets;regarder, c'est voir avec attention, c'est fixer ses regards sur un objet;—les yeux s'ouvrent pourvoir; ils se tournent pourregarder.—Faute de faire cette distinction, les personnes qui traduisent du flamand, disent,je vois sur vous, au lieu de,je vous regarde.
2.Voir après.—Ne dites pas:on est allé voir après le médecin; dites,on est allé chercher le médecin. (Wall.)
3.Se voir avec.—Ne dites pas:il ne se voit plus avec ses parents; dites,il ne voit plus ses parents. (Wall.)
4.Voir pâle, pour,être pâle, est un flandricisme:il a donc été malade, car il est bien pâle, et nonil voit bien pâle.
5. Ne dites pas:je l'ai vu et parlé; dites,je l'ai vu et lui ai parlé:—parlerest un verbe neutre.
6. Ne dites pas avec les petits marchands:voyez voir, regarder voir:—dites simplement,voyez, regarder.
7.En voir, pour, souffrir, avoir de l'embarras, avoir se donner du mal, est un vrai wallonnisme; ne dites donc pas:il en a vu beaucoup dans sa maladie; il en a bien vu pour gagner son procès; dites,il a souffert beaucoup dans sa maladie; il s'est donné bien du mal pour gagner son procès.
8.En voir de grises, pour,souffrir, est également un expression wallonne.
9. Il en faut dire autant devoir quelqu'un volontierspour,aimer, estimer quelqu'un.
10.Voir goutte, n'y voir goutte: voyezgoutte.
Voire, adv., signifie,même:tout le monde était de cet avis, voire monsieur un tel qui n'est jamais de l'avis de personne.—On le joint souvent au motmême:ce remède est inutile, voire même pernicieux.—Voire, dans ce sens, s'écrit avec unefinal. (Acad.)
Voisin,voisinage: ne prononcez paswoisin, woisinage.
Voix, s. f.—Je le lui dirai de vive voix: voyezvif.
Volage; adj., qui est changeant et léger:cœur volage; la jeunesse est volage. (Acad.)—Mais il ne s'emploie pas dans le sens de:étourdi, dissipé, inattentif; ne dites donc point:ce petit garçon ne peut rien apprendre, il est trop volage; dites,il est trop étourdi, outrop dissipé, outrop inattentif, selon le sens.
Vole, s. f., terme du jeu de cartes pour indiquer que l'un des deux joueurs fait toutes les mains:il a fait la vole.—Ne dites pasvolte.
Volée, s. f.—Ne dites pas:on lui a administré une volée; dites,une volée de coups, une volée de coups de bâton(c'est-à-dire,un grand nombre de coups).
Volontaire, adj., indocile, rétif, entêté, qui prétend faire ce qu'il veut; c'est donc à tort que certaines personnes emploient ce mot comme synonyme desoumis, docile, de bonne volonté.
Volume, Tome: voyeztome.
Vos, adj. poss. pl.—C'est un grossier wallonnisme de dire:ah! vos bavards! ah! vos menteurs!Il faut prendre une autre tournure et dire, par exemple:ah! bavards que vous êtes, menteurs que vous êtes!—Prononcezvô, nô(ôlong) et nonvo, no(obref).
Votre, adj. poss.; voyeznotreetnos.
2. Ne commencez pas une lettre par ces mots:j'ai reçu la vôtre; dites,j'ai reçu votre lettre, parce quele mien, le nôtre, etc., supposent un substantif exprimé précédemment.
Voui, particule d'affirm.; ditesoui.
Vouloir, v. a., faitveulentà la 3epers. plur. du prés. de l'indic., et il faut bien se garder de prononcerveuillentcomme au subjonctif:il y a des enfants qui veulent être menés par la crainte.
2.Veuille, veuillez, veux, voulez, sont les deux impératifs de vouloir:—veuilleetveuillezsont moins énergiques, moins absolus queveux, voulez;—veuille, (etveuillez) signifie, aie la bonté, la complaisance;—veux(etvoulez) signifie, aie la force, le courage, le caractère:veux bien et tu arriveras; voulez une bonne fois et vous remporterez la victoire; veuillez m'écrire et je vous répondrai.
3. Lorsqu'on consulte quelqu'un sur ce que l'on doit faire, il est ridicule de dire:veux-je faire telle chose?il faut dire,dois-je faire, faut-il faire telle chose, voulez-vous que je fasse telle chose:—faut-il vous aider?
4. Après le conditionnel,je voudrais, nous voudrions, j'aurais voulu, etc., employez l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif et non le conditionnel:je voudrais que vous vinssiez tel jour; j'aurais voulu que vous eussiez fait telle chose, et non,que vous viendriez, que vous auriez fait...
5. Ne dites pas:faites comme vous voulez, ce sera toujours bien; dites,faites comme vous voudrez...: le futur est plus poli en ce qu'il laisse une plus grande latitude.
6. Ne dites pas:voulons-nous faire une promenade?dites,voulez-vous faire une promenade?—Il va sans dire que celui qui propose est toujours censévouloir.—Voyezplaire.
7. Ne dites pas:retirez-vous, je ne vous veux pas: dites,je ne veux pas de vous.
Vous.—Ne dites pas:partez sur-le-champ pour vous revenir de bonne heure; dites,... pour revenir de bonne heure.
Voyage,voyelle: prononcezvoi-iage, voi-ielleet nonvoi-age, voi-ellenivo-iage, vo-ielle.
Vrai, pas vrai?pour dire,n'ai-je pas raison?—cette phrase est vicieuse; dites,n'est-il pas vrai?
Vuit, mauvaise prononciation du mothuit.
WagonouWaggon, s. m., sorte de voiture employée au chemin de fer: prononcezouagon; plusieurs prononcent et écriventvagon.
Wallon, onne, s. et adj.—Prononcezoualon.
Wallonnisme, s. m.: voyezidiotisme.
Whig, s. m., nom d'un parti politique en Angleterre:les whigs sont opposés aux torys.—Prononcezouigue.
Wiskey, s. m., sorte d'eau-de-vie de grain: on prononceouiski.
Wiski, s. m., sorte de cabriolet léger et très-élevé: prononcezouiski.
Whist, s. m., sorte de jeu de carte: on prononceouisteet nonouisse.—Quelques-uns disentwisk, qu'on prononceouiske. (Acad.)
X.—On doit beaucoup exercer les enfants wallons à bien prononcer cette lettre; nous avons toujours remarqué en effet qu'ils en viennent difficilement à bout; et cela se conçoit très-bien quand on pense que cette lettre ne figure généralement dans le wallon que sous la forme d'unesou d'unk.
Xh.—Dans certains noms propres d'hommes ou de lieux de notre pays l'hest précédée d'unex, laquelle rend l'aspiration plus forte:Xhovémont, Xhavée, Xhoris, Xhendremael, Fexhe, Xhardé, Xheneumont, etc.—Il faut conserver à ces mots la prononciation reçue dans le pays, en aspirant fortement l'het en ne tenant aucun compte de l'x.—Les étrangers et certains gallomanes s'obstinent maladroitement à vouloir prononcer ces mots à la française et disent imperturbablementXovément, Xavée, Xoris, Xendremael, Fexe, etc. ouCovèmont, Cavée, Coris, Quendremael, Fèke... C'est manquer à la grande règle de prononciation, qui veut que l'on conserve aux noms étrangers leur prononciation locale.
Y.—Nous pensons que d'ici à peu de temps l'ydoit disparaître de tous les motsfrançaisoù il peut être remplacé parisans nuire à la prononciation. Ainsi on écrit aujourd'huiTournai, Courtrai, Remi, faïence, païen, etc., de préférence àTournay, Courtray, Remy, fayence, payen.—Nous conviendrons pourtant que pourBarthélemi, les auteurs abandonnent plus difficilement la vieille orthographe, et que plusieurs continuent à écrireBarthélemy.—Quant à nous, il nous paraît que, pour rester logique, il faut également faire disparaître cetyet écrireBarthélemi.
2. Ne dites pas:mène-moi-z-y; promène-toi-z-y en attendant; dites,mène-moi dans ce lieu, dans cet endroitouveuille m'y mener;—promène-toi làoudans ce lieu.
3. Aujourd'hui on ne met plus de tréma sur l'y.
Yacht, s. m., petit bâtiment à voiles et à rames, qui sert pour la promenade. Prononceziake, et l'yest aspiré:les yachts sont forts communs en Hollande et en Angleterre(lè-yaqueset nonlè z'iaques.) (Acad.)
Yankee, s. et adj., sobriquet des Américains: prononcezian'ki.
Yatagan, s. m., sorte de poignard turc: l'yest aspiré.
Yeux, s. m. pl.:entre quatre-z-yeux: voyezquatre.
2.Œil bleu, yeux bleus, pour,œil poché, yeux pochés, est une expression flamande.
3.Yeux: prononcezieuet nonjeu.
Yole, s. f., sorte de petit canot léger: prononceziole(iaspiré).
Z.—Évitez de prononcer la finalezouzecommece: prononcezgaz, on-ze, dou-ze, trei-ze, etc., et nongace, once, douce, treice.
Zéro, s. m.—On dit souventzéro en chiffre, pour dire un homme, une chose sans valeur; c'est une faute et il faut dire:zéro sans chiffres.
Zest, interj., pour se moquer:il se vante de faire telle chose, zest!—Prononcez let,zesteet nonzesse.
2.Zest, s. m.—Il n'est usité que dans cette locution proverbiale et familière;être entre le zist et le zest, qui se dit d'une personne fort incertaine sur le parti qu'elle doit prendre ou d'une chose qui n'est ni bonne ni mauvaise.—Prononcez letdanszistet danszest. (Acad.)
3.Zeste, s. m.—Espèce de cloison, de séparation membraneuse qui divise en quatre l'intérieur d'une noix:le zeste d'une noix.
Zigzag, s. m., ligne formant des angles aigus; le pluriel estzigzags.—Prononcez lesgdurs.
Zinc, s. m., métal d'un blanc bleuâtre;—zinguer, couvrir dezinc;—zingueur, ouvrier qui travaille le zinc:—on dit également, mais moins souvent quoique plus régulièrement,zinquer, zinqueur.
Zizanie, s. f., ivraie, mauvaise graine qui vient parmi le bon grain; il n'est plus en usage au propre. Au figuré, il signifie désunion, mésintelligence:ils étaient bien unis, quelqu'un a semé la zizanie parmi eux, entre eux.—Écrivez et prononcezzizanieet nonsizanie.
Zollverein, association douanière en Allemagne: prononcez,tsol-fe-reine(à l'allemande) et mieuxzol-verène.
Zone, s. f., (osans accent circonflexe), chacune des cinq divisions de la terre, entres les pôles. Prononcezzône(ôlong).
Zoologie, s. f., science qui a pour objet les animaux.—Ne dites pas:avez-vous été voir la zoologie d'Anvers?dites,le jardin zoologique.—Quant à cette dernière expression,jardin zoologique, nous ne voyons pas, malgré l'opinion de certains grammairiens, ce qu'elle peut avoir de répréhensible; ne dit-on pasjardin botanique?—Au reste, par quel autre mot voudrait-on la remplacer:jardin botanique, jardin des plantes, jardin-ménagerie, jardin-muséum? Mais unjardin botaniquea pour objet la culture des plantes, exclusivement, comme son nom l'indique;—unjardin des plantesn'est qu'un jardin botanique, si l'on s'en tient à la valeur des termes; et si lejardin des plantes de Parisest en même temps unjardin zoologique, ce n'est pas à coup sûr sa dénomination qui nous l'apprend;—un jardin-muséum? mais quelmuséumrenferme-t-il? on ferait bien de le dire;—quant àjardin-ménagerie, nous n'avons rien à en dire, quoique pourtant, de tous les mots précédents, c'est celui qui nous paraît rendre le mieux la chose; mais après tout, ce terme nous semble peu convenable et d'une composition peu heureuse, outre qu'il n'est nullement prouvé qu'il ait été mieux accueilli et qu'il soit d'un plus fréquent usage quejardin zoologique.
FIN.