Ta fille était du monde où les plus belles chosesOnt le pire destin,Et Roselle à vécu ce que vivent les roses,L'espace d'un matin.
Ta fille était du monde où les plus belles chosesOnt le pire destin,Et Roselle à vécu ce que vivent les roses,L'espace d'un matin.
Ta fille était du monde où les plus belles choses
Ont le pire destin,
Et Roselle à vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin.
Lorsqu'on imprima ces vers, il paraît que le compositeur lut mal le commencement du troisième, et fit tout simplement un chef-d'œuvre, sans s'en douter, en mettant le vers suivant, qu'on se garda bien de changer:
Et Rose elle à vécu ce que vivent les roses.
Et Rose elle à vécu ce que vivent les roses.
Et Rose elle à vécu ce que vivent les roses.
ROTEUX, lieu qui reçoit l'égoût du fumier.H.-N.
ROUAN (cheval gris-), d'un gris tirant sur le roux.
ROUELLES, roues de charrue.
ROUGE, homme qui a les cheveux roux.H.-N.
ROUGE-BRIÈRE, pomme à cidre, tardive; excellente espèce.H.-N.
ROULÉE, rossée.P.
ROULET, rouleau servant aux travaux des champs pour écraser lesroques.
ROULET, ralement précurseur de la mort.
ROULIÈRE, blouse dont se servent les rouliers et autres personnes.P.
ROUPIEUX, honteux.P.
ROUPILLER, faire le plus léger bruit, soit en parlant, soit en pleurant. On dira à un enfant qui pleure: Si turoupillesencore, je te donne le fouet.
ROUQUELOUSE, espèce de houppelande.
ROUSSI. Voy.Roteux.P.
ROUSSI, légèrement atteint par le feu.
ROUSSI (sentir le), porter l'odeur d'une étoffe qui brûle.
ROUSSIR (se), brûler ses vêtements en les approchant trop du feu.
ROUSSOLÉ, rissolé.
ROUTER, vomir.
ROUVIEU, maladie de la peau, particulière aux chiens.
ROUVREUIL. Voy.Rouvieu.H.-N.
ROUX-VENTS, vents qui, à l'époque de lalune rousse, avril et mai, brûlent les jeunes pousses des plantes qui prennent une couleurrousse. Noël a employé ce mot: «Lesroux-vents, dit-il, décolorent et transforment le bouton de la fleur en pointe de gérofle... et trompent l'espérance du cultivateur» (Premier Essai sur la Seine-Inférieure, p. 224).
RUCHE (que je), subjonctif du verberuer.P.
RUDE, grand, considérable, fort.
RUDEMENT, extrêmement.P.
RUETTE, petite rue.
RUMINER. Voy.Réminer.H.-N.
RUQUE, ruche.
RUQUER, rucher.
S', sa, se.
SACLER, sarcler.
SACRESTI, SACRISTI, juron.
SAFRE, goulu; se dit surtout des chiens.H.-N. B.-N.
SAGOIN, homme malpropre.H.-N. P.M. Corblet considère ce mot comme la contraction desale grouin.
SAI, soif.
SAI, soi.
SALÉ (petit), lard salé.
SALIGAUD. Voy.Sagouin.H.-N.
SALIGOTER (se), se salir.H.-N.
SALINNE, poisson ou viande salés.
SALOPE, femme malpropre.
SALOPIN, enfant malpropre.
SAN, son; devant une consonne.
SANG (tirer du), saigner.
SANRIETTE, sarriette. Cette plante était cultivée dans les jardins dès le commencement duXIVesiècle.
SANS (être de), manquer de. Ex.: Avez-vous des épingles?—Non, je suisde sans.
SANS-CULOTTE, vêtement des petits garçons, qui comprend la veste et le pantalon.
SANSURE, sangsue.H.-N.
SANVRE, sanve; espèce de senevé.H.-N. P.
SAOUL (raide), tout-à-fait ivre jusqu'à la rigidité des membres.H.-N.
SAOULARD, ivrogne de profession.
SAPAS, malpropre.B.-N.
SAQUER, extraire d'un sac, d'un trou, d'une mare, etc.H.-N.Ce mot se rapproche d'une des acceptions de l'espagnolsacar.
SAQUER (se), fuir promptement.H.-N.
SAREAU, espèce de tablier à l'usage des petits enfants.
SAS, ivre, rassasié.H.-N.Saule.
SATANÉ, diabolique.H.-N.
SAUX, saule. Au moyen-âge, le nom de cet arbuste s'écrivait constammentsaux,saulx.
SAVENIAU, verveux; espèce de filet qui sert à prendra le poisson.
SAVOIR, SAVER, savoir, pouvoir. Ex.: Il nesauraittravailler longtemps sans se reposer.
SCIAU, seau.P.
SCIO, petite scie.
SEC, SÈCHE, SÈQUE. On confond ordinairement ces adjectifs pour le masculin et le féminin.H.-N.
SÉCRAN, maigre.B.-N.
SEIGLERI, champ où l'on a récolté du seigle.
SELLE A LESSIVE, espèce de traiteau sur lequel on bat et on laisse égoûter le linge qui a été lessivé.
SEMEUX. Ce mot désigne: 1º un homme qui sème; 2º l'espèce de nappe qu'il passe en bandoulière pour porter la semence.
SENS (se manger les), s'impatienter fortement.H.-N.
SENTE, sentier.H.-N. P.
SENTU, senti.
SEOIR (se), s'asseoir.H.-N.
SÉQUER, sécher; faire sécher. Ex.: Avez vousséquévotre linge?H.-N.
SECHER, chercher.
SERCIES (lèvres), lèvres gercées.
SÉRIE (faire), travailler le soir à la chandelle.P.
SERRER, placer un objet en lieu sûr.H.-N.
SERTE, temps de l'engagement d'un domestique ou d'une servante.
SERUGIEN, chirurgien.H.-N.
SERVIR, saillir.B.-N.
SÈT, SÉS, sel. Ses; devant une consonne.
SÉYANT, séant.B.-N.
SIEN (le), celui. Ex.;Le sienqui sortira le dernier, fermera la porte.
SIENNE (la), celle.
SIENNES (les), celles.
SIENS (les), ceux.
SIEN A (le), celui de. Ex.: Mon chapeau est plus beau quele sien àton frère.H.-N.
SIÉTEZ-VOUS! asseyez-vous!
SIEU, suif.H.-N.
SI-FAIT, nouvelle affirmation contre une négation. Ex.: J'ai été à Paris.—Non, vous n'y avez pas été.—Si-fait.P.
SIN, son.
SINER, signer.
SINNE, signe. Signature.
SI PEU QUE RIEN, en très-petite quantité.H.-N.
SIROTEUX, qui a la consistance du sirop.H.-N.
SISSITE (faire), s'asseoir; terme enfantin.P.
S'N, son; devant une voyelle.P.
SOEURETTE, petite sœur.P.
SOIFFEUR, qui boit souvent, ivrogne.P.
SOIRANTE (à la), vers le soir.B.-N.
SOLAI, soleil.
SOLDAR, soldat. Le vieux mot français étaitsoudart.
SOLE, pièce de bois qui, dans les maisons en charpente, repose sur la maçonnerie de la base du bâtiment, et dans laquelle sontentenonnéslespotset les colombes.H.-N.
SOLINAGE, maçonnerie qui se trouve sous lasole.
SOMMÉLER, effrayer.H.-N.
SOMMIER, grosse pièce de bois posée horizontalement, sur laquelle sont appuyées les solives.
SONNER MOT (ne), ne rien dire.H.-N.
SORCILÈGE, sortilège.H.-N.
SORTIR DE, venir de. Ex.: Ilsort d'être malade.
SOTTES (avoir les mains), Voy.Gourdes.P.
SOTTISIER, qui dit des paroles obscènes.
SOUAIS (à vos), à vos souhaits! Paroles qu'on adresse aux personnes qui éternuent. Nous pensons que cet usage remonte à une haute antiquité.
SOUDRE (faire), faire partir, lever. Ex.: Il a faitsoudreun lièvre; vient peut-être desurgere.
SOUILLON, femme malpropre; semble venir desuillus.P. H.-N.
SOULARD, ivrogne.P.
SOUPLE, moite.
SOURCIN, nom par lequel on désigne les souris, les mulots, les rats, etc.
SOURIS (cauque), chauve-souris.
SOUS-CHEVRON, arbalêtier. L'Académie écritarbalétrier, ce qui, d'après Napoléon Landais, est un barbarisme, attendu que ce mot vient d'arbalête.H.-N.On dit aussisous-quévron.
SOUTINT, soutenu.H.-N.
SOUVENT, vite. Ex.: Il n'arrive passouvent.
S'S', ses, devant une voyelle.
ST', ce, cette; devant une voyelle.
STE, cette; devant une consonne.
STICHITE, celui-ci.
STILA, celui-là.
STILO, celui-là.P.
SU, ce. Sur.
SUÉE (endurer une), avoir des souffrances aiguës; entendre ce qui est capable de faire suer de peur.B.-N.
SUERIE, action de suer.H.-N.
SUFFISANCE (manger à sa), selon son appétit.H.-N.
SUGRÉGEON, épautre. Il est souvent question, dans les chartes du moyen-âge, d'une espèce de froment désigné sous le nom de gros blé,grossum bladum(Etudes, etc., par M. L. Delisle, p. 321). Ne serait-il point question ici dusugrégeondont la culture était autrefois assez étendue, à cause de sa rusticité et de sa faculté de réussir dans les plus mauvais terrains? Son nom degros blélui serait peut-être venu surtout de la grosseur de son épi. La variété la plus cultivée devait être letriticum speltade Linnée, lefroment grand épautre.
SUI, suivi.P.
SUIRE, suivre.P.
SUMER, semer.H.-N.
SUPER, boire peu à la fois et en aspirant, à la manière des animaux ruminants, tels que la vache; en anglais,to sup.B.-N.
SUPÉRIEUREMENT, très-bien.
SUR (pour), certainement.
SURCOUPER; se dit d'un animal qui mange la nourriture des autres.
SURE, sureau. Le sureau était une des espèces demort-boisde la forêt d'Eu; on le désignait autrefois sous le nom deseur(Voir notreEssai sur Blangy, p. 63).
SURIAUX, aigreurs.
SURIR, devenir aigre, Ex.: Ce cidresurit.H.-N.
SURQUER; se dit d'un chat qui guette les souris pour les prendre. Selon M. Corblet, ce mot serait une crase desurguetter.
SURQUETTE, souricière.
SURQUETTE (prendre une), marcher sur un terrain spongieux, de manière à faire jaillir l'eau dans les chaussures.
SURSIN. Voy.Sourcin.
SURTAI, sûreté.
SUSON, Susanne.
SYNCOPÉ, stupéfait.H.-N.
T, ton; devant une consonne.
TAC, salamandre.
TACHER QUE, faire en sorte que.
TAGNE, teigne. Cuscute, plante parasite qui pousse dans les prairies artificielles.
TAI, toi.
TAIS! TAIS! TAIS! cri pour appeler les chiens.
TALEURE, tout-à-l'heure.P.
TAMBRE, mince, Ex.: Cette planche est bientambre.
TAMIS (jeu de), jeu de paume.H.-N.
TAMPONNER, frapper à coups de poing.
TAN, ton; devant une consonne.
TANCHER, gronder.
TANDIS, pendant. Ex.: Il a été maladetandislongtemps.
TANNÉ, fatigué.
TANNER, impatienter.P.
TANNER (se), se fatiguer. M. André de Poilly fait dériver ce mot, qu'on prononceténéen Picardie, du grectieuomai, je m'étends. C'est, dit-il, l'effet pour la cause. (Mémoires de la société d'émulation d'Abbeville, année 1844, p. 154).
TANT QU'A CELA, quant à cela.
TANTINET (un), un peu; du latintantillùm ou tantillulùm.H.-N. P.
TANT PIRE, tant pis.
TANT PUS... TANT PUS, plus. Ex.:Tant pus quevous le reprendrez,tant pusil fera mal.
TANT QU'A' MI, A MAI, quant à moi.P.
TANT SEULEMENT, seulement.P.
TANTOUILLER, traîner dans l'eau, la boue, etc.B.-N.
TAPÉE, grande quantité.P. B.-N.
TAPOTER, frapper à petits coups continuellement.P.
TARABUQUER, frapper fort et longtemps.
TARDILLON, volaille éclose à l'arrière-saison; enfant né longtemps après les autres.H.-N.
TARELLE, tarière.
TARINER, marchander, hésiter.
TAS, lieu où l'ontassela récolte des gerbes de blé, d'orge, d'avoine, etc.
TASSERIE. Voy.Tas.
TAUDION, taudis.P.
TAURIAU, taureau. Les Bourguignons appellenttorieune jeune vache qui n'a pas encore porté.
TAURELLIÈRE (vache), qui prend les allures du taureau, tourmente les autres vaches et finit par devenir inféconde.
TAYON, aïeul. En Picardie, on dit aussithéïon, mot que M. de Poilly fait dériver du grectheios, oncle. «En vain, dit-il, objecterait-on, contre la légitimité de cette dérivation, la différence des degrés de parenté, puisque la même différence existe entre le mot latinnepos,petit-fils, et son dérivé françaisnepveu, qui n'est devenu neveu qu'anXVIIesiècle» (Mémoires de la Société d'émulation d'Abbeville, année 1844, page 155).
TÉ, te.
TEIGLER, tousser fréquemment.B.-N.
TEIGUER, tousser, être oppressé.H.-N.
TEMPLE, tempe.H.-N.
TENDON DE VEAU, tendrons.
TERGER, tarder; ordinairement employé avec une négation. Ex.: Il netergerapas à venir.P.
TERLUIRE, briller; deter lucere, luire trois fois.
TÉROITE, truite.
TÉROUIE, truie.
TERQUE, brai; espèce de goudron.
TERQUÉ, sali, crotté.
TERQUER, faire une croix, avec duterque, sur la porte des étables, dans la pensée de préserver les bestiaux des maladies contagieuses et épidémiques.
TERTOUS, tous; sans exceptions.B.-N. P.
TÉS, tes; devant une consonne.
TÈSI (être), avoir l'estomac plein.
TÉTARD, arbreétêté.H.-N.
TÈTE, téton.
TÈTE D'ORILLER, taie d'oreiller.H.-N.
TÉTE, tête.
TÉTOS, tétons.
TEURDRE, tordre.
THÉRÈSE, espèce de capuchon que les femmes portent sur la tête, quand elles assistent aux inhumations et pendant le temps que dure leur deuil. Ce nom semble indiquer clairement son origine et doit signifier l'espèce de voile dont les Carmélites déchaussées se couvrent la tête, à la manière de sainte Thérèse, qui fit approuver cet ordre, dont elle fut la fondatrice, en 1562.
TI? particule interrogative ajoutée au verbe. Ex.: J'irai-ti? Viendra-ti?
TIA! TIA! TIA! pour appeler les cochons.H.-N.
TIERSON, demi-partie dudemi-gros. Letiersonne devrait contenir que deux muids; mais, grâce à sa forme plate, il porte un grand préjudice aux cultivateurs sur la mesure réelle.
THIERS, pieu auquel on attache les chevaux et les vaches pour les faire pâturer dans les champs.H.-N.
TIGNACHE. Voy.Crignache.B.-N.
TIGNEUX, teigneux.P.
TIN, ton.P.
TINCHER. Voy.Tancher.
TINETTE, petit coffre dans lequel on met du sel on du lard salé.
TINS, glas, coups de cloche isolés. Pour annoncer la mort d'un homme, on sonne neuf ou treizetins; pour la mort d'une femme, on n'en sonne que sept ou onze.
TINT, tenu. Voy.Mal saintN...
TINTERELLE, petite cloche.B.-N.
TIOT, TIOTE, petit, petite.P.
TIPONNER, habiller un enfant avec soin.B.-N.
TIQUER, avoir une toux sèche et brève.
TIQUETÉ, marqué de petites taches.P.
TIRANDER, tirailler.P.
TIREUX, tiroir.
TIRÉ (en avoir du premier), avoir les prémices de quelque chose.H.-N.
TIRLARIGO (boire à), boire avec excès. Ce proverbe remonte auXIIIesiècle. A cette époque, Eude Rigaud, archevêque de Rouen, fit don à sa cathédrale d'une cloche qui était si difficile à mettre en branle, qu'il dut s'engager à fournir à boire aux sonneurs. C'est de là que nous vient le proverbe:Boire à tire la Rigaud(Voir notreEssai sur Londinières, page 237).
TITI, enfant; terme enfantin.
TITONNER. Voy.Tiponner.
TIU! TIU! TIU! pour appeler les vaches.
T'N, ton, ta; devant une voyelle.
TOCSON, fille grossière et malpropre.B.-N.
TOINE, TOINOT, Antoine.
TOINETTE, Antoinette.
TOLIR, enlever; du latintollere.P.
TOMBE (faire une), faire une chute.H.-N.
TOMBER DU HAUT MAL, avoir des attaques d'épilepsie.B.-N.
TOMBES (les). On entend par là les arbres fruitiers quitombentpar suite de coups de vent; on les laisse ordinairement au fermier, qui est tenu de les remplacer par de bonnesentes.
TONDELIER, tonnelier.H.-N.
TONDRE, amadou.
TOQUANT (homme),entêté.
TOQUART, qui porte à la tête. Ex.: Ce cidre esttoquart.
TOQUER (se), se heurter la tête.B.-N.
TOQUET, bonnet rond que les femmes mettent le matin. Voy.Kalipète.B.-N. P.
TORCHE. Voy.Maniquet.
TORCHER, mettre latorchesur le cheval.
TORCHON (Marie), femme malpropre.P.
TORQUE. Voy.Torche. Lien en foin qui se fait en tordant les liges de l'herbe sur elles-mêmes.
TORQUER. Voy.Torcher. Essuyer.
TORQUETTE, petite branche à laquelle sont réunis, en assez grand nombre, soit des cerises, soit des pois, soit d'autres fruits.
TOTONNER, jouer des grosses noix, des œufs rouges, du pain d'épice, au moyen d'une boule polygone, sur chaque côté de laquelle se trouve un numéro jusqu'au nombre 12.
TOTOS. Voy.Tétos; terme enfantin.
TOTTE, morceau de toile dans lequel on enveloppe du sucre et de la mie de pain pour le donner à sucer aux petits enfants et les empêcher de pleurer.
TOUBAC, tabac.P.
TOUFFLETTE, houppe.
TOUILLER, mêler, remuer, délayer dans un vase.P.
TOULAID, homme très-laid.
TOUPINER, tourner à la même place et n'avancer à rien, comme unetoupie.
TOURGNIOLE, mal au doigt; espèce de panaris.
TOURNÉE, volée de coups.P.
TOURNURE, mauvaise excuse.P.
TOURTILLER, tortiller.H.-N.En parlant de quelqu'un qui mange beaucoup, on dit aussi: Iltourtillebien.
TOUSSAILIER, tousser presque continuellement.
TOUSSOTER, avoir une toux faible et fréquente.
TOUT n', non plus; non.
TOUT DRAIT, tout droit, sans se détourner.P.Justement.
TOUT-PARTOUT, partout; de tous côtés.
TOUT-PLEIN, beaucoup.P.On dit aussi:Tout fin plein.
TOUZER, couper, tondre. Ex.: Demain, outouserala haie et les moutons.B.-N.Un titre de 1403 porte qu'on payaitung denier pour touser cinq brebiz.
TOUZERIE, tonte des montons.
TOUZEUX, celui qui touze.
TOUYAU, extrémité de la queue du chou, qui touche à la pomme.
TRACER (se). V.Rayer(se).
TRACHER, chercher avec attention.P.
TRACHER SA VIE, mendier.H.-N.
TRACIER, espèce debacu, dont les traits sont formés de petites chaines de fer.
TRAIL, cylindre sur lequel s'enroule une corde pour tirer de l'eau d'un puits ou de la marne d'une marnière. Ce mot viendrait-il detrahere, attirer?
TRAIN (être en), être ivre.
TRAIN DE (être en), être occupé à. Ex.: Il esten train defaucher.
TRAITE. V.Moisse.
TRAN-TRAN. Voy.Potin.
TRAS, trace. Voy.Frais.
TRASQUER, traquer, marcher dans l'eau sans précaution.
TRAYONS,tettesde la vache, par lesquelles ontraitle lait.
TRÈFLERI, terre sur laquelle on vient de récolter du trèfle.H.-N.
TRÉMAIS, travaux des champs qui se font au printemps, tels que labour, semence et hersage de l'avoine, de l'orge, des pois, etc. Ce mot vient du latintrimestriaoutrimestris, semences qui viennent en trois mois.
TREMBLEMENT (un), une grande quantité. Ex.: Cette année, il y aun tremblementde noix.H.-N.
TREMBLERIE, frisson.H.-N.
TREMPETTE, pain que l'on fait tremper dans le cidre ou dans le vin.H.-N.
TREMPETTE DES MARIÉS. Il est encore assez d'usage, dans les campagnes, de donner une trempette aux nouveaux mariés au moment de se coucher. Cet usage a une origine religieuse, et on le trouve encore mentionné dans les rituels duXVIIesiècle (Manuale Ecclesiæ Rothomagensis, édition de 1640). Après la messe de mariage, on apportait au prêtre une coupe remplie de vin et deux petits morceaux de pain; il bénissait le tout, puis, trempant le pain dans le vin, il le distribuait aux époux. Le soir, il se rendait au domicile des mariés pour la bénédiction du lit nuptial; ensuite il bénissait encore du pain et du vin, comme le matin, et le présentait aux nouveaux mariés, au moment de se mettre au lit (Journal de Neufchâtel, année 1849, nº 50). A Beauvais, il existe encore un usage tout-à-fait analogue, connu sous le nom demouillettes. Au repas de noce, on présente aux époux un vase de vin dans lequel le marié trempe un morceau de pain dont il prend la première bouchée et donne la seconde à sa femme. «Ils boivent ensuite dans la même coupe, dit M. Tremblay, en signe de communauté de bien et de mal» (Notice sur Beauvais; cité par M. l'abbé Corblet,Glossaire du patois picard, page 542).
TRÉSALLE. Se dit du linge que l'humidité couvre de petits points noirs ou rougeâtres.H.-N.
TRESSAUT, soubresaut.
TRESSAUTER, faire untressaut.B.-N.
TRÉTINS, bottes de paille formées de petites tiges de blé produites par legluage.P.
TRETOUS. Voy.Tertous.P.Maître Jehan Clopinel, qui écrivait vers la fin duXIIIesiècle, dit, en parlant des hommes primitifs:
Trestouspareils estre souloient,Ne rien propre avoir ne vouloient.
Trestouspareils estre souloient,Ne rien propre avoir ne vouloient.
Trestouspareils estre souloient,
Ne rien propre avoir ne vouloient.
TREU, trou.P.
TREUER, trouer.P.
TREULER, faire un vent en point d'orgue.
TREULIER, quitreulesouvent.
TRIBOUILLER, troubler.B.-N.
TRIBOULER. Voy.Chabouler.B.-N.
TRICON, brelan.
TRICON (avoir), avoir trois cartes semblables; par exemple: trois dix, trois valets, etc.
TRIFOUILLER, remuer tout en cherchant une chose.P.Tromper au jeu.
TRICOTER, donner des coups de bâton.
TRIMBALLER, porter ou traîner un objet ça et là.H.-N.Sonner les cloches sans mesure et sans règle. AnXVIesiècle, le Parlement de Rouen supprima toutes les tavernes; il fut seulement permis d'aller chercher du vin pour le boire en famille. Voici ce que dit à ce sujet un petit livre de l'époque:
Si un voisin avec son familierSe veut esbattre, ainsy que de raison,Il est contraint de boire en sa maisonEt d'envoyer quérir du vin au pot.Par ce moyen, en tout tems et saison,Femme et enfant ont leur part à l'escot.
Si un voisin avec son familierSe veut esbattre, ainsy que de raison,Il est contraint de boire en sa maisonEt d'envoyer quérir du vin au pot.Par ce moyen, en tout tems et saison,Femme et enfant ont leur part à l'escot.
Si un voisin avec son familier
Se veut esbattre, ainsy que de raison,
Il est contraint de boire en sa maison
Et d'envoyer quérir du vin au pot.
Par ce moyen, en tout tems et saison,
Femme et enfant ont leur part à l'escot.
Mais cet état de choses n'était guère commode pour les buveurs, et le Parlement vint à leur secours en inventant une taverne ambulante qui allait de porte en porte, d'atelier en atelier,mais à très-courtes stations, colporter des rafraîchissements. «Jusqu'alors, dit C. Nodier, le peuple était allé chercher le divertissement dans les tavernes.... Les tavernes obtinrent permission d'aller chercher le peuple.» L'on donna à ces cabarets ambulants le nom detriballeoutrimballe(Voir leJournal de Rouen, 21 mai 1852).
TRINGUE, tringle.
TRIOLÉE, grand nombre. Ex.: Quelletrioléede pauvres!
TRIPAILLES, intestins d'un animal.
TRIPÉE, entrailles d'un animal qui servent à préparer lestripes.
TRIPETTE (ne pas valoir). Se dit d'une chose qui ne vaut rien. Ex.: Il ne vaut pastripette.
TRIPOT, marché. Échange.B.-N.Ménage, cuisine.P.
TRIPOTER, faire le ménage.P.
TRIPOTIER, qui se mêle de petites intrigues, de petits marchés, etc.H.-N.
TRIQUE, gros bâton de voyage.
TROIS-PIEDS, trépied.
TROITE, truite.
TROMPE, erreur.B.-N.
TRONCHE, tronc d'arbre.P.
TROQUE, échange. Ex. Faisons unetroque.
TROTTE, distance, course plus ou moins longue. Ex.: D'ici à Rouen, il y a une bonnetrotte.H.-N.
TROTTERIE, place où l'on faittrotterles chevaux, dans les foires, avant de les vendre.
TROTTINER, marcher à petits pas précipités.P.
TROU (boire comme un), boire continuellement.H.-N.
TROU (faire un), boire un petit verre d'eau-de-vie entre deux services.H.-N.
TROUIE, truie.
TROVER, trouver.P.
TRUC (avoir le), être habile, ingénieux, habitué à faire une chose.P. B.-N.
TRUPER (ne pas), ne pas demeurer longtemps au même lieu. Ex.: Il n'a pastrupéchez sa mère.
T'S', tes; devant une voyelle.
TU AUTEM (connaître le), être au courant d'une chose. Voici l'explication de ce proverbe, donnée par Verville: Les leçons de l'Église finissent toutes par les mots:Tu autem,Domine,miserere nostri; et, comme dans les communautés ecclésiastiques, la coutume est que le supérieur, à la fin du repas, frappe légèrement sur la table, en disant:Tu autem, etc., pour avertir le lecteur qu'il est temps de terminer,—si celui-ci finit immédiatement, on dit qu'il connaît leTu autem,—s'il continue encore sa lecture, on dit alors qu'il n'entend pas leTu autem(Moyen de parvenir, chap. 60).
TUER (se). Se dit du vin ou du cidre qui perd promptement sa couleur et son goût, par suite de son contact avec l'air, quand il est tiré.H.-N.
TUET, extrémité extérieure d'une cheminée.
TUNBER, tomber.H.-N.
TUNBES. Voy.Tombes.
TURELURE! nenni!
TURIAU. Voy.Condos.
TURLUPINER, tourmenter, inquiéter.P.
TURNE, taudis. Maison sale et peu solide.H.-N.
TUTAYER, tutoyer.
TUTER, aspirer un liquide par la bouche, à la manière des porcs, ou bien au moyen d'une paille.H.-N.
TUYOTER, disposer en tuyaux; expression de lingère.H.-N.
UNI (homme tout), simple dans ses manières et sans cérémonie.P.
UNNE, une.
UROPE, Europe. On supprime généralement l'Edans les noms commençant par la diphtongueEU; ainsi:Eugène,Euphrasie, etc., se prononcent:Ugène,Uphrasie, etc. En approchant de la Picardie, il en est de même quand cette diphtongue se trouve à la fin d'un mot. On dit:Adiu,fu,blu, etc., pour:Adieu,feu,bleu, etc.
USAI, usé.
USAGE (avoir de l'), avoir l'usage du monde.
USAGE (d'un bon), d'un bon user.
USANCE, détérioration qui résulte de l'usage, pour les instruments aratoires. Ex.: Cette ferme est bonne, mais il y a beaucoup d'usance.
USURE. Voy.Usance.
VA! Exclamation qu'on ajoute à la fin d'une phrase, en diverses circonstances. Ex.: Iras-tu à la promenade?—Je ne sais pas,va!
VACABOND, polisson; insolent.
VAGAND, qui va de côté et d'autre et ne travaille pas. Paresseux.
VAICHE (que je), subjonctif du verbe voir.
VAIE, voie. Employé en parlant des dents d'une scie qu'on dispose de manière à ouvrir une voie plus ou moins large dans le bois.H.-N.
VAILLANT (homme), qui travaille avec courage.P.
VALET-D'AOUT, domestique qu'on prend à son service, pendant un mois ou deux, pour travailler à la moisson.
VANNET, vanneau.
VANTARD, homme qui se vante sans cesse.H.-N.
VAPAIL, pièce de bois, en forme de volée, à laquelle on attache lesbaculsou lestraciersdes deux derniers chevaux d'un chariot.
VAQUE, vache.P.
VAQUER, vacher.
VAQUETTE, petite vache.P.
VAQUETTES (faire des), laisser de la boisson au fond de son verre, ce qui répugne à certaines personnes, dans les fermes où plusieurs domestiques boivent alternativement dans la même coupe.
VAROQUE, gros bâton qui sert à enrouler lahached'un chariot ou d'une charrette autour dupouliot, afin de serrer les gerbes sur la voiture.
VAROQUER, serrer au moyen duvaroque.
VAROUILLER (se), se salir, se vautrer dans la boue comme unvérou.
VARPOT, petit bourbier.
VASTRIGUER, courir de côté et d'autre.
VATE, boue; malpropreté. Ex.: Donnez de la litière aux porcs; ils sont dans lavate.
VATON. Voy.Varoque.B.-N.
VATONNER. VoyezVaroquer.B.-N.
VAUDOISE, trombe.
VAUDRÉE, gros balai de branches de genet, dont on se sert pour balayer le four, avant d'enfourner le pain.B.-N.
VAULE, gaule; longue perche qui sert pour abattre les pommes.B.-N. P.
VAULETTES, gaulettes qu'on attache sur les chevrons pour recevoir les couvertures en paille.
VAVITTE, diarrhée.B.-N.
VESCHE, vesce. Dans un compte du 23 mars 1466, il est mention d'une dépense deviij sous,pour vj boisseaux de veche.
VEILLATIF (homme), vigilant.B.-N.
VELTE, mesure de sept litres et demi; ce qui fait quatrepots.
VENT (prendre), prendre haleine.P.
VENT (perdre), perdre haleine.B.-N.
VÊPRES, guêpes.
VER, voir.
VÉRARD, vérat.
VERBIAGE, bavardage.H.-N.
VERDIER, bruant jaune.
VERDOT, gros fausset qui se met au bas des tonneaux.
VÉRETTE (vache), noire et blanche.
VERGÉE, quatrième partie de l'acre.
VERGETTE, petite verge de fer.
VER-GOUTTE (à), à tâtons.
VERGUES (bouquet de), verges pour fesser les enfants.
VERGUIE. Voy.Vergée.
VERMINNE, rats et souris.B.-N.Terme injurieux.
VERPOT. Voy.Varpot.
VÉROLE, variole.H.-N.
VÉROT, ver de terre.H.-N.
VÉROU, vérat.
VÉROUILLER, donner un léger labour.B.-N.Remuer la superficie de la terre, comme unvérouqui fouille.
VERRE (un petit), un verre d'eau-de-vie. Ex.: Payez-vousun petit verre, ce matin?
VERRINE, verre de montre, d'horloge, de petite boîte, etc.B.-N.
VERTES-BONNES, prunes de Reine-Claude.H.-N.
VÉSÉE, force. Ex.: Il n'a pas plus devéséequ'un enfant.H.-N.
VÉSILLANT, alerte, remuant.
VÉSON, quivésonne.
VÉSONNER, se remuer beaucoup et faire peu de besogne.
VESSARD, qui vesse.
VESTON, petite veste.
VÊTU-DE-SOIE. Voy.Gentilhomme.
VEUCHE, vesce.
VEULE, qui n'a pas de consistance; facile à remuer. Ex.: Ce fourrage estveule.P. B.-N.
VEUVE (homme), veuf.
VIAGE, voyage. Fols.B.-N.
VIAU, veau.P.
VIENT (semaine, année qui), semaine, année prochaine.
VIÉTOU! VIÉTOU! VIÉTOU! pour appeler les vaches:viens tôt.
VIEUILLE, trombe de poussière. Vieille.
VIÈVE, Geneviève.
VILANNER, faire souffrir. Ex.: Mon soulier mevilanne.
VILLOTE, veillote.H.-N.
VINDICATION, vengeance; du latin vindicare.P.
VINT, venu.H.-N.
VIONDIR. Se dit du bruit produit par le vent, une toupie, une balle, etc.
VIPILLON, goupillon.B.-N.
VIS-A-VIS DE, envers. Ex.: Il a eu bien des tortsvis-à-visde ses parents.
VIS-A-VIS (au) en face.H.-N.
V'LIN, venin.
V'LO, voilà.P.
V'LO! V'LO! V'LO! pour appeler les veaux.
VO, vôtre.P.
VOICHE (que je). Subjonctif des verbes voir etALLER.
VOIN, regain.B.-N.
VOIRAI (je), je verrai; tuvoiras, tu verras, etc.
VOS, vous.
VOT', votre.
VOUDER, enrouler; mettre en peloton. Se dit aussi d'un gourmand qui mange avec avidité.
VOUI, oui.
VOYONS-VOIR, voyons.
VRAC (à), en masse.B.-N.
VRAI-DA! très-vrai.
VRÈPES, guêpes.
WERTAGES. On désigne ainsi la récolte de la vesce et des pois mêlés.
WOINGNARD, quiwoingne.
WOINGNER, pleurnicher; pleurer sans raison; crier. On a donné aux habitants d'une partie de l'Alihermont le sobriquet dewoignons, parce que leurs barrièreswoignent, quand on les ouvre. Les mauvaises langues prétendent que ces barrièresintelligentesannoncent ainsi l'arrivée des visiteurs, afin qu'on ait le temps de mettre le verrou et de se cacher, si les personnes ne plaisent point.
WOUAIRAS, pois et vesce récoltés séparément.
Y, il, ils, elles. Ex.: Y s'aiment commequiensetcats.
YIARD, liard.P.
Cette lettre sert souvent à former une liaison incorrecte entre deux mots, dont l'une finit par une consonne, et l'autre commence par une voyelle, ce qu'on appelle ordinairement unvelours. Voici l'origine de cette dénomination, qui nous donnera en même temps celle des cuirs: Un jeune homme se trouvait au spectacle auprès de deux dames. Tout-à-coup, il trouve un éventail sous sa main:—Cet éventail n'est-il pas à vous? dit-il à la première dame.—Non, Monsieur; il n'est point-z-à moi.—Alors, il est à vous? dit-il, en le présentant à la seconde dame.—Il n'est pas-t-à moi.—Il n'est point-z-à vous... Il n'est pas-t-à vous... Ma foi! je ne sais pas-t-à qu'est-ce.
Cette plaisanterie a donné lieu au motPAS-T-A QU'EST-CE, et l'on est convenu d'appelerveloursles fausses liaisons formées par la lettre Z, et de donner le nom decuirsà celles qui sont faites à l'aide de la lettre T (Les Omnibus du langage, 8meédit., page 48).
ZIUS, yeux.