On n'a pu rien découvrir encore touchant les commencemens de la monarchie japonaise: elle n'est pas ancienne, et ne pourrait monter plus haut que 1500 ans; néanmoins on n'a que de très-faibles conjectures sur son origine. Il y a apparence que les îles du Japon ont été peuplées par des Tartares et des Chinois.
On ne peut guère douter que les premiers habitans du Japon n'aient eu un chef qui fonda la monarchie, et dont les descendans sont les Daos ou Dairi, qui ont régné jusqu'au seizième siècle, et ont encore une ombre de royauté. Ils se faisaient croire enfans du soleil et devaient être placés après leur mort au rang des dieux Camis. Les gouverneurs des provinces ayant secoué le joug se firent tous rois; on en compte jusqu'à soixante-dix. Aujourd'hui tous ces rois sont soumis et gardent encore leur titre de roi pour honorer la cour de l'empereur.
Tous les Japonais, à la réserve de quelques athées qui croient l'âme mortelle, sont idolâtres et reconnaissent une infinité de dieux. Les plus anciens sont les Camis, qu'on prétend être descendus du soleil. Les sotoques de la Chine sontaussi adorés au Japon; mais, outre ces deux espèces de divinités, il y en a quatre principales qu'un peut regarder comme les dieux du premier ordre. Le plus considérable de tous est Amida, une des plus anciennes idoles de la Chine; le second est Xaca, qui est en même temps le législateur et le fondateur de la religion; les deux autres sont Canou et Gizou, dont on ne raconte que des fables ridicules. Pour ce qui est du culte que les Japonais rendent à leurs idoles, rien n'est plus semblable à celui des chrétiens. Leurs bonzes, ou prêtres, vivent dans une austérité apparente qui leur concilie la vénération des peuples; ils prêchent la morale la plus pure que l'on puisse trouver dans le paganisme. Les Japonais font des processions et brûlent des cierges; ils ont imité les chapelets, les pélerinages, la confession et la pénitence publique.
St.-François Xavier porta l'Évangile au Japon, l'an 1549.
Ansde J.-C.
Le dieu Baal ou Bélus, dont le culte était très-répandu en Orient, mais surtout chez les Assyriens, paraît être le même que Jupiter. L'idole du soleil sous le nom d'Aglibolus, qui est le même que Beelphegor, était très-honorée chez ces peuples, et le culte de la déesse syrienne, appelée aussi Dercéto, Atergatis, Vénus, ou la mère des dieux, s'était introduit chez les Assyriens, de même que chez tous leurs voisins.
Si l'on met les Chinois au premier rang d'ancienneté, il est difficile de ne pas convenir que les Indiens, placés entre la Chine et l'Asie occidentale, qui fut le berceau du genre humain, ne soient au moins aussi anciens que les Chinois; mais le peu de commerce que les Européens avaient autrefois avec les Indiens, a donné occasion à une infinité de fables touchant l'origine de ce peuple. Suivant eux, Bacchus ou Liber, qu'ils assurent être né dans ce pays, a le premier triomphé des Indiens et soumis leurs royaumes. Depuis ce temps, il est sûr que les rois de Perse occupèrent quelque partie de l'Inde. Alexandre-le-Grand, après avoir vaincu Darius, y porta ses armes, et y vainquit en bataille Porus, roi des Indiens. Depuis Alexandre, ces peuples n'ont point été inquiétés par les étrangers, jusqu'à ce que les Portugais, conduits par Vasco de Gama, s'y établirent sur la fin du quinzième siècle. Depuis, les Hollandais y ont beaucoup affaibli les Portugais. Une partie de l'Inde est administrée par le Grand Mogol, roi mahométan.
VoyezMogols.
On remarque chez les Indiens ou Brachmanesdeux espèces d'opinions religieuses: la première est celle des philosophes, et la seconde celle du peuple. Par une suite de cette croyance que Dieu est l'âme du monde, le vulgaire révère tous les grands objets naturels, comme contenant une portion de la divinité. Cette vénération a donné naissance aux intelligences subalternes; mais les prêtres et les philosophes s'accordent à nier l'existence de ces divinités inférieures.
Dieu est adoré chez ces peuples sous la figure de Brama, personnage allégorique qui signifie la sagesse divine, et qu'on croit être le même qu'Abraham.
Ils racontent que le Dieu suprême a créé trois dieux inférieurs, Brama, Vishnou et Routren; que Brama s'est incarné pour être le rédempteur des hommes; que Vishnou a paru dans le monde sous neuf formes différentes, et y doit paraître encore sous une nouvelle.
Les Indiens se divisent en six sectes. Ils ont tous un si grand respect pour les vaches, qu'ils se croient bienheureux pourvu qu'ils en aient une queue à la main quand ils meurent.
C'est vers l'an 2000 de la création que les Syriens fondèrent la ville de Damas, première époque de leur histoire. Ils étaient alors gouvernés par de petits rois qui nous sont inconnus.
Vers l'an 2930, David, roi d'Israël, soumet les petits rois qui se partageaient le gouvernement de la Syrie.
AprèsJ.-C.
Pour le culte des anciens Syriens, voyezPhéniciens, ci-après.
Les Phéniciens, descendus de Chanaan, fils de Cham, ont pour premier monument de leur histoire, la ville de Sidon, qu'ils fondèrent vers l'an 2200 de la création.
Vers l'an 2460, Agénor règne en Phénicie.
Vers l'an 2500, Cadmus part de Phénicie et va fonder Thèbes en Béotie.
L'an 2732, fondation de la ville de Tyr.
Le culte des idoles est très-ancien dans ces contrées, qui ont été habitées par les premiers hommes. On ne connaît point d'idoles plus anciennes que les Téraphim de Laban, qui habitait la Mésopotamie. Tharé, père d'Abraham, était idolâtre. Ce culte s'était aussi introduit dans la famille de Jacob, qui détruisit toutes les idoles. Les Moabites adoraient Chamos et Béelzébuth. Les Philistins et les Phéniciens avaient un dieu nommé Dagon, qui tomba devant l'arche sainte apportée dans son temple. La déesse syrienne,dont le culte fut très-répandu, est la même que Dercéto, Atergatis, Vénus ou la déesse Astrate des Phéniciens, appelée dans l'Écriture Astoreth, et dont Salomon adopta le culte. La déesse syrienne était mère de Sémiramis. Les Chaldéens et les Juifs adoraient encore Malachlébus, idole de la lune. Les Arabes sacrifiaient à Alilat, à Urotalt, à la lune et aux démons; ils adoraient la tour Acara, bâtie par leur patriarche Ismaël, fils d'Abraham, de même qu'une grosse pierre carrée qui passait pour être l'image de Vénus.
Les Mésopotamiens étaient autrefois idolâtres, et on le reconnaît en ce que Rachel emporta les idoles de Laban, son père, lorsqu'elle sortit de la Mésopotamie pour suivre Jacob. Ce pays, aujourd'hui soumis aux Persans ou Perses modernes, est peuplé de mahométans; on y trouve aussi un grand nombre de juifs et de chrétiens des églises d'Arménie et d'Abyssinie.
Pour le culte, voyezPhéniciens.
Les Moabites sont descendant de Moab, qui naquit de l'inceste de Loth avec sa fille aînée. Les Moabites refusèrent passage aux Israélites, lorsqu'ils entrèrent dans la terre promise. Depuis, David les vainquit et les rendit tributaires des Juifs. Ils se révoltèrent et furent encore soumis sous le règne de Josaphat; alors l'histoire ne parle plus des Moabites. Le pays qu'ils habitaient est aujourd'hui peuplé de mahométans, de juifs et de chrétiens.
Pour le culte, voyezPhéniciens.
Ces peuples, qui habitaient la Palestine, du côté de l'Égypte, étaient ennemis des Israélites, qu'ils réduisirent souvent en servitude. Ceux-ci se vengèrent de leurs hostilités au temps de Samson, de David, de Saül, d'Héli, etc. Ce peuple n'est connu que dans l'histoire de l'Ancien-Testament.
Pour le culte, voyezPhéniciens.
Les anciens Arabes avaient des princes particuliers qui les gouvernaient, et qui donnaient même à leurs voisins des secours considérables contre leurs ennemis. Les historiens nous apprennent que ces princes furent vaincus par les Égyptiens, par les Perses, et par les rois d'Assyrie. Alexandre-le-Grand soumit aussi les Arabes. Hiérotinus, l'un de leurs rois, eut jusqu'à six cents enfans de diverses femmes. Il se rendit très-puissant dans le temps que les successeurs d'Alexandre se faisaient la guerre. Ceux qui régnèrent après lui se maintinrent en cet état.
Hircan, roi des Juifs, implora le secours d'Arétas, roi des Arabes. Quelque temps après, Aristobule défit Arétas et Hircan.
Abodas succéda à Arétas. C'est contre Silleus, qui régna après lui, qu'Hérode-le-Grand fit la guerre.
A Silleus succéda Enée Aritas, qui fut nommé par Auguste, car déjà les Romains étaient maîtres de ce pays; mais leur conquête ne s'acheva que sous Trajan.
Les Arabes se révoltèrent souvent contre lesRomains et restèrent dans la même position jusqu'au temps de Mahomet.
Ils étaient idolâtres et adoraient le soleil, la lune, les astres, et même des arbres et des serpens. Ils rendaient aussi un culte particulier à la tour d'Alcara ou d'Aquébila, qu'ils disaient avoir été bâtie par Ismaël, fils d'Abraham, leur patriarche, pour lequel ils avaient un très-grand respect, aussi bien que pour sa mère Agar; et, à leur considération, ils se faisaient appeler Agaréniens et Ismaélites. On conjecture que les trois mages, qui vinrent adorer Jésus-Christ, furent les premiers apôtres de l'Arabie.
Ansde J.-C.
Les historiens conviennent que la dignité de calife fut alors éteinte en Asie. Toute l'Arabie, la Perse, l'Asie-mineure et la Syrie passèrent sous la domination des Mogols.
VoyezMogols.
Ansdu monde.
Pour le culte, voyezAssyriens,PhéniciensetGrecs.
C'est vers l'an 2500 du monde que les Phrygiens commencent à paraître dans l'histoire; mais on ne les connaît encore, à cette époque, que par leurs rapports avec les peuples les plus voisins.
Vers 2650, Gordien règne en Phrygie.
L'an 2675, Midas I.
Vers l'an 2702, Gordien II.
Vers l'an 2780, Otréus.
Il s'écoule ensuite six siècles pendant lesquels l'histoire de ce peuple nous est tout-à-fait inconnue.
L'an 3400, Midas II, contemporain d'Ésope, règne en Phrygie.
L'an 3435, la Phrygie est soumise par Crésus, roi de Lydie; les Phrygiens disparaissent de l'histoire.
Pour le culte, voyezAssyriens,PhéniciensetGrecs.
L'an 2500 du monde, la dynastie des Alliades occupe le trône de Lydie.
Pour le culte, voyezAssyriens,PhéniciensetGrecs.
Depuis l'origine jusqu'au temps de la conquête par Alexandre.
Ansdu monde.
A cette époque la Perse est entièrement soumise aux Grecs par Alexandre-le-Grand, qui met fin à la monarchie des Perses. Peu de temps après, à la mort d'Alexandre, la Perse est démembrée, et concourt, comme les autres états de l'Asie, conquis par les Grecs, à la formation de nouveaux royaumes, que se partagent les généraux d'Alexandre. Environ trois siècles après, la Perse, ou les états qui en ont été formés, passent sous la domination des Romains. Ce n'est que deux siècles encore plus tard, vers l'an 200de J.-C., qu'un nouveau royaume de Perse est fondé par la dynastie des Sassanaïdes.
VoyezPerse, deuxième époque.
Ils n'avaient ni statues, ni temples, ni autels. Ils montaient sur les plus hautes montagnes pour sacrifier à Jupiter ou le ciel, et aux élémens. Ils appelaient le soleil Mithras, et ils lui immolaient des victimes humaines. Le culte de Mithras fut très-célèbre; il se répandit chez les Romains et même chez les Gaulois. Il fallait passer par quatre-vingt sortes de supplices pour mériter l'initiation aux mystères de Mithras. Leurs mages ou prêtres, dont le plus ancien est Zoroastre, blâment ceux qui font des idoles et qui admettent des dieux de l'un et de l'autre sexe. Ils admettaient un bon principe, Jupiter ou Oromaze, et un mauvais principe, Pluton ou Arimane; Mithras tenait le milieu. Les deux principes devaient se faire la guerre pendant six mille ans; à la fin, le mauvais principe serait vaincu, et alors les hommes seraient heureux et n'auraient plus besoin de manger.
Depuis la fondation du second empire par Artaxerxes, chef de la dynastie des Sassanaïdes, jusqu'au temps de la conquête de la Perse par les Arabes mahométans.
Ansde J.-C.
A cette époque, un grand nombre de Perses s'étaient soumis au christianisme; les autres étaient ou juifs, ou idolâtres du culte des Romains; mais le mahométisme se répandit dans leur pays, et donna bientôt l'exclusion aux autres cultes. La Perse n'était plus un état général et indépendant; elle était sous la domination des califes, et gouvernée par plusieurs familles souveraines, dont les chefs prirent d'abord le titre de califes, et ensuite celui de sultans. Cet état de choses continua jusqu'au temps où Ismaël Sophi, mahométan, de la secte d'Ali, ayant vaincu les Turcomans et les autres familles qui commandaient en Perse, y fonda le nouvel empire.
VoyezPerse, troisième époque, ouPerse moderne.
(Perse moderne.)
Ismaël Sophi, mahométan de la secte d'Ali, ayant vaincu les Turcomans et les autres familles musulmanes souveraines qui gouvernaient en Perse, y fonde l'empire de la Perse moderne, l'an 1499 de J.-C.
Ansde J.-C.
Ansde J.-C.
Pour le culte, voyezPerse, première époque.
Après la mort d'Alexandre-le-Grand, les états que ce prince possédait en Asie furent divisés, et formèrent des états nouveaux. La Cappadoce, érigée en royaume, échut à Ariarathe, qui monta sur le trône l'an 3677 du monde.
L'an 17 de J.-C., la Cappadoce est soumise aux Romains, sous Tibère. Fin du royaume de Cappadoce.
Pour le culte, voyezGrèce de la première époque,etPerse de la première époque.
Pour le culte, voyezCappadoce.
La Bithynie, d'abord gouvernée par Antigone, après la mort d'Alexandre-le-Grand, jusqu'au temps de la bataille d'Ipsus, fut ensuite donnée à Zipoctes, qui en devint roi, l'an 3683 du monde.
Pour le culte, voyezCappadoce.
Le royaume de Pergame, formé de l'une des parties de la succession d'Alexandre-le-Grand, eut pour premier roi Philetærus, l'an 3709 du monde.
Pour le culte, voyezCappadoce.
Ansde J.-C.
Pour le culte, voyezCappadoce.
La Galatie paraît avoir été comprise dans la formation du royaume de Bithynie, après la mort d'Alexandre-le-Grand; cependant l'histoire nous apprend que vers l'an 3700 du monde, des Gaulois d'Illyrie, ayant porté leurs établissemens jusqu'en Asie, furent accueillis par Nicomède, roi des Galates, qui en fit passer un grand nombre dans ses armées.
L'an 3895, la Galatie est dépendante et tributaire des Romains.
Vers l'an 3900, Déjotar règne en Galatie.
Vers l'an 3950, les Romains mettent fin au royaume de Galatie, où régnait alors Amyntas.
Pour le culte, voyezCappadoce.
Les Bactriens furent soumis de très-bonne heure à des rois. Zoroastre régna en Bactriane, et fut contemporain de Ninus, qui lui fit la guerre et lui enleva son pays. La Bactriane fut subjuguée d'abord par les Assyriens, et ensuite par les Perses, sous Cyrus. Elle tomba après cela sous la puissance des Macédoniens, et resta entre les mains des successeurs de Seleucus Nicator, jusqu'au règne d'Antiochus Theos, lorsque Théodote, de gouverneur de cette province, en devint roi, l'an 300 avant J.-C. (environ l'an 3680 du monde). Ses descendans possédèrent le royaume de Bactriane jusqu'au temps où les Parthes en conquirent une partie, laissant le reste aux Scythes, qui possédaient encore la Bactriane sous les empereurs Adrien, Antonin-le-Pieux et Valérien, et qui furent enfin chassés par les Huns, lesquels régnaient en Bactriane, du temps de Ladislas IV, roi de Hongrie. Aujourd'hui la Bactriane, sous le nom de Korasan, forme l'une des provinces de la Perse moderne.
L'histoire de ces peuples errans et barbares n'est pas assez connue pour qu'on en donne une chronologie; ils n'ont eu d'ailleurs que fort peu de rapports avec leurs voisins; et il est probable que ces peuples nomades n'écrivaient pas leur histoire. Nous allons dire cependant ce qui est connu de leur culte.
Les Scythes honoraient la déesse Vesta plus que tous les autres dieux. Ils adoraient Jupiter, et la Terre son épouse, Apollon, Vénus, Hercule, Mars et le dieu Zamolxis. Ceux qu'on appelle Scythes royaux adoraient encore Neptune sous le nom de Thamimasades. Ils immolaient des chevaux. Ils bâtissaient des temples à Mars, avec des sarmens, et mettaient au-dessus une vieille épée qui passait pour la statue de ce dieu; ils lui immolaient le centième de leurs captifs pris en guerre. Leurs autres dieux n'avaient ni temples, ni autels, ni idoles.
Le royaume de Jérusalem est formé des conquêtes des Chrétiens croisés, en Palestine, en Syrie et en Égypte.
L'an 1212 de J.-C., les Mogols, nation tartare, qui avaient déjà envahi le nord de la Chine, un siècle auparavant, viennent fonder un empire à côté de celui des Califes, sous le gouvernement de Témudchin ou Gengis-khan.
Alors l'empire des Mogols en occident se partage et s'affaiblit, jusqu'au temps de l'expulsion de la Chine, l'an 1368. Tamerlan règne à cette époque, et les Mogols reprennent un peu de lustre, qu'ils perdent ensuite vers la fin du 15esiècle.
L'an 1495, Babur fonde le nouvel empire de l'Indostan ou du grand Mogol, sur les ruines de l'ancien; mais l'an 1717, ce grand empire est envahi et presque détruit pas les Anglais.
Les Mogols sont pour la plupart du culte mahométan; quelques-uns sont encore idolâtres, du culte des Indiens.
L'an 1281 de J.-C. les Turcs de la ligne ottomane et de la secte d'Omar, ayant vaincu les Turcs-Karismiens venus de Perse, qui occupaient l'Asie-mineure, y élèvent l'empire turc ou ottoman, dont le siège fut transporté d'Asie en Europe, après la prise de Constantinople sur les Grecs, l'an 1458; c'est jusqu'à cette époque qu'on va conduire ici la chronologie de ce peuple. Pour la suite, voyezTurcs en Europe.
Ansde J.-C.
Tous les Tartares prétendent être issus de Turk, fils aîné de Japhet. Quoique depuis Gengis-khan, qui soumit toute la Tartarie, ils aient été connus sous le nom de Tartares ou Mogols, ils conservent encore entre eux le nom de Turcs, prétendant même qu'aucune autre nation n'a droit de le porter.
Les peuples de la grande Tartarie furent réunis sous une seule domination à la fin du douzième siècle de J.-C. par Gengis-khan, chef des Mogols. Cette monarchie fut divisée après sa mort; et, environ deux cents ans plus tard, Timur ou Tamerlan, qui descendait comme Gengis-khan des premiers princes mogols, réunit la plus grande partie de la Tartarie. Ses descendans régnent dans l'Indostan, et nous sont connus sous le nom de Mogols; mais ceux de Gengis-khan commandent encore aux différentes branches des peuples de la grande et de la petite Tartarie.
De tous les peuples de l'Afrique, les Égyptiens et les Carthaginois sont les seuls qui aient figuré dans l'histoire; on ne pourra donc ici s'occuper, ni des peuples de l'Afrique intérieure, ni de ceux des côtes de l'Océan atlantique et de la mer des Indes. On ne dira rien non plus des états de Maroc, d'Alger et de Tunis, sous la domination du grand-seigneur de Constantinople, et qu'on ne doit pas regarder comme des gouvernemens absolument indépendans; les noms de leurs princes ou gouverneurs sont donc sans intérêt pour l'histoire. Les peuples de l'Abyssinie et de la Nubie, quoique chrétiens de l'église dite d'Abyssinie, sont peu connus sous le rapport de leur chronologie, par le défaut de communication avec les Européens; on croit devoir aussi s'abstenir d'en parler.
Depuis la fondation du royaume Égypte jusqu'au temps de la conquête des Perses, sous Cambyse.
Ansde J.-C.
Les Égyptiens reconnaissaient un Dieu immortel nommé Kneph. Ils admettaient deux principes, l'un du bien, l'autre du mal. Le bon principe se composait de trois personnes: le père ou Osiris, la mère ou Isis, et le fils ou Orus. Le mauvais principe était Typhon. Osiris et Isis naquirent du Soleil et de Rhéa. Tandis qu'ils étaient encore dans le sein de leur mère, ils s'unirent et procréèrent le dieu Orus. Typhon ne naquit point; il perça les flancs de Rhéa par un violent effort. Ils racontaient la mort d'Osiris, la guerre d'Orus contre Typhon, et la défaite de celui-ci.
Les Égyptiens faisaient présider des divinités aux planètes, aux élémens, aux bêtes et aux plantes. Chaque divinité avait ses temples, ses statues et ses prêtres. Ils sacrifiaient différens animaux. Leurs philosophes avaient sur la nature divine une science sublime et cachée, qu'ils ne montraient au peuple que sous l'enveloppe de fables et d'allégories.
Depuis Cambyse jusqu'au temps de la conquête de l'Égypte par les Romains.
VoyezÉgypte, premièreettroisième époque, etRoyaume de Jérusalem.
L'Égypte, conquise par les Perses, l'an 3459, resta sous leur dépendance, comme province de leur empire, jusqu'à l'an 3570, qu'elle fut délivrée par Amirléus, auquel succéda Acoris, et à celui-ci Nectabénus. Sous ce troisième et dernier roi, l'an 3634, l'Égypte fut de nouveau conquise par les Perses. L'an 3653, elle fut conquise par Alexandre-le-Grand sur les Perses; et enfin, l'an 3677, au partage de la succession d'Alexandre, elle reprit une forme de gouvernement indépendant et monarchique, sons les Ptolémée.
Ansde J.-C.
VoyezÉgypte, troisième époque.
Depuis la conquête de l'Égypte par les Romains jusqu'à nos jours.
L'an 3954 du monde, l'Égypte, conquise par les Romains, devient une des provinces de leur empire; elle est administrée par des gouverneurs jusqu'au temps de la division de l'Empire, l'an 395 de J.-C.
Alors elle se trouve dans le partage d'Arcadius (voyezEmpire romain), et entre dans la composition de l'empire d'Orient.
L'an 640, les Arabes mahométans font la conquête de l'Égypte et s'y établissent.
L'an 868, l'Égypte, entièrement convertie au culte mahométan, s'affranchit de l'autorité des califes d'Asie, et se crée des califes ou souverains indépendans. Elle est d'abord gouvernée par la dynastie des Tulunides, à laquelle succèdent les Fatimites, l'an 969.
L'an 1099, les Chrétiens croisés fondent le royaume de Jérusalem, dans lequel entre une partie de l'Égypte.
L'an 1190, Saladin recouvre l'Égypte sur les Chrétiens, et met fin au royaume de Jérusalem. L'an 1220, les Mamelucks succèdent, en Égypte, aux Fatimites.
L'an 1517, l'Égypte est conquise par les Turcs ottomans; elle est, depuis ce temps, dépendante de leur empire et administrée par des pachas ou vice-rois.
Les Éthiopiens, suivant l'Ancien-Testament, sont descendus de Chus, fils de Cham, et petit-fils de Noé. Ces peuples, de bonne heure soumis à la domination des Égyptiens dont l'empire s'était formé à côté d'eux, n'ont aucune espèce de chronologie; on peut donner cependant une idée de leur religion.
Ils pratiquent la circoncision et croient qu'il y a un dieu immortel qui est l'auteur de toutes choses, et un dieu immortel qui n'a point de nom et qui est inconnu. Il y a parmi eux un grand nombre de Chrétiens schismatiques de l'église dite d'Abyssinie; on prétend qu'ils ont reçu la foi de saint Philippe, apôtre.
Ceux de la zone torride passent pour athées; ils haïssent le soleil et lui donnent des malédictions parce qu'il les brûle. D'autres adorent Hercule, Pan et Isis, et bâtissent des temples à ces divinités.
La religion des Carthaginois était la même que celle de Tyr et de Sidon. Ils avaient appris des Phéniciens, leurs pères, le culte de Saturne, auquel ils sacrifiaient leurs propres enfans. L'empereur Tibère défendit ce culte sanglant, et fit pendre les prêtres devant les temples.
La patronne de Carthage était Junon, qui y avait déposé ses armes et son char, ce qui fit appeler cette ville Junonia. Ils adoraient encore Uranie ou la lune, Cybèle, Jupiter, Neptune, Mars, Hercule, Apollon, son fils Esculape, né d'une femme de leur pays, et la plupart des autres divinités grecques.
Il y avait aussi des divinités propres au pays, comme Didon ou Elissa, Anna Perenna sa sœur.
Amilcar et Annibal furent aussi honorés du titre de dieu.
Les peuples de ces contrées avaient, au temps de leur découverte par les Européens, des gouvernemens, des lois et des religions; mais on n'a trouvé chez eux aucune chronique qui puisse servir à leur histoire. Ils reconnaissaient presque tous un Dieu créateur, et l'immortalité de l'âme; la plupart croyaient à la résurrection universelle, au bon et au mauvais principe, et sacrifiaient au soleil des animaux et des captifs. Quelques-uns étaient circoncis, pratiquaient la confession et autres exercices des Chrétiens, et l'on croit qu'ils avaient une idée confuse du déluge. Il y avait au Mexique des temples magnifiques. Les prêtres, qui étaient aussi médecins et prophètes, pratiquaient la magie et les évocations; ceux de la Virginie possédaient une langue savante qui n'était entendue que du sacerdoce. Dans le cours du seizième siècle, les Européens, ayant fondé des établissemens dans ces pays, y ont porté le Christianisme; cependant il y a une foule de peuplades indigènes et errantes qui sont encore dans l'idolâtrie; on les évalue à 500,000 pour l'hémisphère nord.
On a découvert chez les peuples de cet hémisphère, des gouvernemens et des religions, comme chez ceux de l'hémisphère nord, avec les mêmes pratiques, les mêmes institutions sacerdotales, et la même croyance à l'immortalité. Les peuples du Pérou avaient bâti au soleil des temples magnifiques; leurs prêtres, appelés Incas, et successeurs de Manco-capac, leur législateur, fils du soleil, avaient des cordes nouées qui leur tenaient lieu d'écriture. Les Européens qui se sont établis dans ces contrées, au seizième siècle, y ont porté le christianisme. On évalue à 400,000 âmes les peuplades errantes de l'hémisphère sud, qui sont encore dans l'idolâtrie.
On comprend, sous le titre d'Océanie, les îles de la mer du nord, celles de l'Océan atlantique, de la mer des Indes et du grand Océan. Les îles de l'Océan atlantique sont au pouvoir des Européens, et le Christianisme y est professé; le Mahométisme a été répandu dans la plupart des îles de la mer des Indes, et les peuples des îles voisines de la Chine et du Japon ont le culte de ces deux pays. Les peuples qui habitent les autres terres de l'Océanie, nous sont très-peu connus, et vivent encore dans l'idolâtrie.
(Avant le Déluge.)
Alliance de la race de Seth et de celle de Caïn, son frère, d'où naissent les Géans.
(Après le Déluge.)
Sous le gouvernement des Juges.
Les tribus restées fidèles sous Roboam, ont formé le royaume de Juda.
Sous la présidence des Princes ou des Pontifes de la lignée de Juda.
Ansde J.-C.