Voilà que les potaches se réclament de la loi du repos hebdomadaire, pour éviter la retenue du dimanche, et je trouve qu’ils ont parfaitement raison, non seulement parce que c’est la loi, mais parce que la retenue est un supplice imbécile et le seul qu’on ne devrait pas avoir même l’idée d’appliquer à un enfant. Pour avoir parlé mal à propos ou pour avoir négligé d’apprendre ses leçons, un enfant n’en a pas moins besoin de se reposer, de jouer, de prendre l’air. Son crime n’est pas de ceux qui réclament la prison et les travaux forcés. Celui qui se plaint fut condamné à passer ses après-midi du dimanche, de deux heures à six heures, à copier on ne sait quoi, mais ce n’est pas là l’important, à rester assis, voilà le point grave, pendant que ses camarades se promenaient, se livraient à un de ces sports qui, pour être imbéciles, n’en sont pas moins salutaires. Vraiment, j’aimerais mieux le système anglais. Oui, les verges : cela vaut beaucoup mieux pour un enfant que la prison. Si l’on ne veut pas en venir là, il faudrait du moins trouver quelque chose de moins néfaste que la retenue, de moins absurde que le pensum. Comme je n’ai pas précisément l’imagination pénitentiaire, ce n’est pas moi qui me chargerai de trouver le châtiment propice aux indisciplinés et aux paresseux. Je crois bien qu’à la place de leurs maîtres, je ne les punirais pas du tout. J’ai vu employer ce système et, si étonnant que cela paraisse, il donnait de bons résultats, du moins pour les paresseux. Un enfant dont on ne s’occupe pas, même que l’on néglige absolument, que l’on feint de ne pas même voir, que l’on considère vraiment comme inexistant, ne tarde pas à être humilié d’un tel traitement et il fait quelques efforts. Il est vrai que cela dépend un peu des caractères. Il y a des paresseux absolus et qui jouissent de leur paresse. Mais les retenues et le pensum ont-ils donc la vertu de faire aimer le travail ? Je ne le crois pas.