Charmante, mais stupide… Stupide, mais charmante… Une figure dépourvue de toute expression, mais ravissante. Je pense à cessistersde music-hall, aux visages aussiimpersonnelsque celui de Zompette, mais à qui nous sommes reconnaissants, maquillés qu’ils sont par les lumières de la rampe comme Zompette par le reflet du feuillage, de flatter un instant nos yeux.
Je pense encore aux dernières phrases de la préface que Pierre Louÿs consacra à la biographie de sa fictive Bilitis, laquelle avait chanté et dansé sa vie, et plu aussi longtemps que sa frêle personnalité compta aux registres de ce bas monde.
Le printemps ! Les mouches abondaient, tous les insectes s’étaient réveillés, les grillons allaient prendre leur costume nuptial, le dieu archer crépitait lumineusement de toutes ses flèches contre le vase de vieux rouen. Et Zompette, sourde aux appels de la lumière et de l’amour, persistait à ne point surgir de son abri entre sable et mousse…
Comme mon congé allait finir, je me décidai à enlever la mousse avec précaution… Il n’y avait plus, sur le sable clair, qu’un petit squelette aplati, minutieusement intact, mais curieusement réductible en poudre menue, dès que mes doigts voulurent le toucher.
Je vidai le contenu du vase de vieux rouen sur le balcon.
Le vent y laissa le sable et emporta dans sa danse les restes de Zompette.
FIN