- Formalisation des besoins de nos clients,
- Formation de nos clients à nos interfaces de gestion éditoriales de sites internet,
- Procédures de réferencement internet, déclarations administratives (CNIL -Commission nationale de l'informatique et des libertés, etc.),
- Mise en place de partenariats avec des régies publicitaires (Adistar,Adonsale…).
= Pouvez-vous décrire le site web de votre société?
Le site de la société est un site web vitrine, relativement simple. Ce site a pour vocation de présenter la société d'ingénierie, de mentionner quelques-unes de ses réalisations, de proposer des stages…. Une version plus évoluée (Flash 5) devrait voir le jour d'ici quelques mois.
= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?
Je suis gérant de la société et consultant technique. Mon activité se décompose donc:
- en une partie commerciale et relationnelle, pour que notre jeune société soit reconnue et pour que nous puissions par là developper notre production,
- en une partie opérationelle, lors de mon intervention sur des projets techniques.
= En quoi consiste exactement votre activité liée à l'internet?
Mon activité internet est une activité technique de mise en place de systèmes, très souvent interfacés avec des bases de données.
Il m'est par ailleurs nécessaire d'effectuer une veille internet: la connaissance des produits et des pratiques liés à l'internet sont indispensables dans le cadre de mon activité. Je travaille pour cela avec des régies publicitaires, des sociétés qui possèdent une offre complémentaire à la nôtre (hébergement, progiciels internet, graphisme et animation, paiement sécurisé…).
= Comment voyez-vous l'avenir?
Je pense que le développement et la maintenance de systèmes informatiques internet est une activité qui vient dans la continuité des systèmes MVS (multiple virtual storage) et client/serveur. De nouvelles sociétés sont créées pour répondre aux besoins informatiques récents des entreprises, alors que l'activité dans le domaine des vieux systèmes ralentit.
La récession du net touche aujourd'hui en priorité les entreprises nouvelles de business online. Internet n'a pas pour vocation véritable de créer de nouveaux commerces, c'est un moyen de communication, un nouvel outil marketing, la possibilité pour les entreprises d'avoir des franchises à moindre coût, une information accessible par l'ensemble de ses interlocuteurs… Je suis de ceux qui croient que les sociétés d'ingénierie risquent d'être moins touchées par le phénomène "start down" que d'autres dans ce domaine.
= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?
C'est une très bonne chose, mais cet outil présente aujourd'hui deux inconvénients:
- tout d'abord, rien ne remplacera le marque-page, ni l'odeur des bouquins qui sont lus sur la plage dans le sable par toute la famille durant l'été… En bref, l'e-book ne peut remplacer le rapport charnel du lecteur et de son livre;
- de plus, cet instrument est réservé à une classe de personnes qui peuvent financièrement s'en permettre l'acquisition.
L'UMTS (universal mobile telecommunications system) promis devrait permettre un accès mobile en temps réel à l'information, et c'est pour cette raison que ce type de système va probablement fusionner avec les autres systèmes mobiles (téléphonie, Palm…) pour se vulgariser. Il est donc clair qu'il faut se pencher sur le sujet.
*Entretien du 4 mai 2001
= Quoi de neuf depuis notre premier entretien?
L'activité d'Isayas est croissante et les deux pôles (éditeurs + technique) fonctionnent simultanément de manière correcte:
- Theozik.com est alimenté en méthodes musicales de facon progressive. Nous espérons arriver au cap des 800 méthodes pour septembre 2001… Gros challenge.
- Monbebe.net a intégré Karine comme responsable éditoriale.
Les projets de l'agence web sont principalement de nature technique pour une harmonisation des données des entreprises. Nous effectuons des prestations de conseil et de réalisation techniques mettant en oeuvre des bases de données, des systèmes de listes de diffusion/discussion, de l'interfaçage internet/systèmes informatiques des entreprises, du e-learning, du multilinguisme, etc.
Tous les sites internet conçus par nos soins possèdent des interfaces de mise à jour des données destinées aux clients qui n'ont comme connaissances informatiques que celle de la navigation web.
Nous sommes en permanence à la recherche de nouveaux projets:
- dans ce qu'on appelle la "maîtrise d'ouvrage" de systèmes d'information, pour accompagner les entreprises dans leurs démarches informatiques (projets de conseil),
- dans ce qu'on appelle la "maîtrise d'oeuvre", pour réaliser des modules techniques qui s'intègrent dans un processus d'informatisation et de communication.
Actuellement, Isayas n'a pas véritablement réalisé de projet mettant en oeuvre le e-book, et reste encore dans des domaines moins "exotiques" qui sont plus proches des systèmes d'information classiques.
[EN] John Mark Ockerbloom (Pennsylvania)
#Founder of The On-Line Books Page, listing freely-available online books
The On-Line Books Page lists over 12,000 freely-available online books in English. It was founded in 1993 by John Mark Ockerbloom, who the same year started the website of the CMU CS (Carnegie Mellon University Computer Science). In 1998, John graduated from Carnegie Mellon (Pittsburgh, Pennsylvania) with a Ph.D. in computer science. He has now moved to Penn (University of Pennsylvania), where he works with the library and the computer science department doing digital library research and development. The On-Line Books Page also joined Penn's digital library, and John hopes it can be greatly expanded and upgraded while being integrated with other digital library resources.
[Interview 02/09/1998 // Interview 05/08/1999]
*Interview of September 2, 1998
= How did your website begin?
I was the original Webmaster here at CMU CS, and started our local Web in 1993. The local Web included pages pointing to various locally developed resources, and originally The On-Line Books Page was just one of these pages, containing pointers to some books put online by some of the people in our department. (Robert Stockton had made Web versions of some of Project Gutenberg's texts.)
After a while, people started asking about books at other sites, and I noticed that a number of sites (not just Gutenberg, but also Wiretap and some other places) had books online, and that it would be useful to have some listing of all of them, so that you could go to one place to download or view books from all over the Net. So that's how my index got started.
I eventually gave up the webmaster job in 1996, but kept The On-Line Books Page, since by then I'd gotten very interested in the great potential the Net had for making literature available to a wide audience. At this point there are so many books going online that I have a hard time keeping up (and in fact have a large backlog of books to list). But I hope to keep up my online books works in some form or another.
= How do you see the future?
I am very excited about the potential of the Internet as a mass communication medium in the coming years. I'd also like to stay involved, one way or another, in making books available to a wide audience for free via the Net, whether I make this explicitly part of my professional career, or whether I just do it as a spare-time volunteer.
*Interview of August 5, 1999
= What do you think of the debate about copyright on the Web?
I'm not sure which debate you have in mind. But I think it's important for people on the Web to understand that copyright is a social contract that's designed for the public good — where the public includes both authors and readers.
This means that authors should have the right to exclusive use of their creative works for limited times, as is expressed in current copyright law. But it also means that their readers have the right to copy and reuse the work at will once copyright expires. In the US now, there are various efforts to take rights away from readers, by restricting fair use, lengthening copyright terms (even with some proposals to make them perpetual) and extending intellectual property to cover facts separate from creative works (such as found in the "database copyright" proposals). There are even proposals to effectively replace copyright law altogether with potentially much more onerous contract law. I find it much harder to sympathize with MPAA (Motion Picture Association of America) head Jack Valenti's plea to stop copying of copyrighted movies when I know that if he had his way, *no* movie would ever enter the public domain. (Mary Bono mentioned this wish of his in Congress last year.)
If media companies are seen to try to lock up everything that they can get away with, I don't find it surprising that some consumers react by putting on-line anything *they* can get away with. Unfortunately, doing that in turn takes away the legitimate rights of authors.
How to practically solve this? Stakeholders in this debate have to face reality, and recognize that both producers and consumers of works have legitimate interests in their use. If intellectual property is then negotiated by a balance of principles, rather than as the power play it's too often ends up being ("big money vs. rogue pirates") we may be able to come up with some reasonable accommodations.
[FR] John Mark Ockerbloom (Pennsylvanie)
#Fondateur de The On-Line Books Page, répertoire de livres en ligne disponibles gratuitement
The On-Line Books Page répertorie plus de 12.000 textes électroniques d'oeuvres anglophones. John Mark Ockerbloom a débuté ce répertoire en 1993 - en même temps qu'il créait le site web du département d'informatique de l'Université Carnegie Mellon (CMU, Pittsburgh, Pennsylvanie). Il a obtenu son doctorat en informatique dans la même université en 1998. Durant l'été 1999, il rejoint l'Université de Pennsylvanie, où il travaille à la R&D (recherche et développement) de la bibliothèque numérique, au sein du département des bibliothèques et de l'informatique. A la même date, The On-Line Books Page est transférée dans cette bibliothèque numérique.
[Entretien 02/09/1998 // Entretien 05/08/1999]
*Entretien du 2 septembre 1998 (entretien original en anglais)
= Quel est l'historique de votre site web?
J'étais webmestre ici pour la section informatique du CMU (Carnegie Mellon University), et j'ai débuté notre site local en 1993. Il comprenait des pages avec des liens vers des ressources disponibles localement, et à l'origine "The On-Line Books Page" était une de ces pages, avec des liens vers des livres mis en ligne par des collègues de notre département (par exemple Robert Stockton, qui a fait des versions web de certains textes du Project Gutenberg).
Ensuite les gens ont commencé à demander des liens vers des livres disponibles sur d'autres sites. J'ai remarqué que de nombreux sites (et pas seulement le Project Gutenberg ou Wiretap) proposaient des livres en ligne, et qu'il serait utile d'en avoir une liste complète qui permette de télécharger ou de lire des livres où qu'ils soient sur l'internet. C'est ainsi que mon index a débuté. J'ai quitté mes fonctions de webmestre en 1996, mais j'ai gardé "The On-Line Books Page", parce que, entre temps, je m'étais passionné pour l'énorme potentiel qu'a l'internet de rendre la littérature accessible au plus grand nombre. Maintenant il y a tant de livres mis en ligne que j'ai du mal à rester à jour (en fait j'ai beaucoup de retard). Mais je pense pourtant continuer cette activité d'une manière ou d'une autre.
= Comment voyez-vous l'avenir?
Je suis très intéressé par le développement de l'internet en tant que médium de communication de masse dans les prochaines années. J'aimerais aussi rester impliqué d'une manière ou d'une autre dans la mise à disposition gratuite pour tous de livres sur l'internet, que ceci fasse partie intégrante de mon activité professionnelle ou que ceci soit une activité bénévole menée sur mon temps libre.
*Entretien du 5 août 1999 (entretien original en anglais)
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?
Tout dépend de ce que recouvre ce terme "débats". A mon avis, il est important que les internautes comprennent que le copyright est un contrat social conçu pour le bien public - incluant à la fois les auteurs et les lecteurs.
Ceci signifie que les auteurs devraient avoir le droit d'utiliser de manière exclusive et pour un temps limité les oeuvres qu'ils ont créées, comme ceci est spécifié dans la loi actuelle sur le copyright. Mais ceci signifie également que leurs lecteurs ont le droit de copier et de réutiliser ce travail autant qu'ils le veulent à l'expiration de ce copyright. Aux Etats-Unis, on voit maintenant diverses tentatives visant à retirer ces droits aux lecteurs, en limitant les règles relatives à l'utilisation de ces oeuvres, en prolongeant la durée du copyright (y compris avec certaines propositions visant à le rendre permanent) et en étendant la propriété intellectuelle à des travaux distincts des oeuvres de création (comme on en trouve dans les propositions de copyright pour les bases de données). Il existe même des propositions visant à entièrement remplacer la loi sur le copyright par une loi instituant un contrat beaucoup plus lourd. Je trouve beaucoup plus difficile de soutenir la requête de Jack Valenti, directeur de la MPAA (Motion Picture Association of America), qui demande d'arrêter de copier les films sous copyright, quand je sais que, si ceci était accepté, aucun film n'entrerait jamais dans le domaine public (Mary Bono a fait mention des vues de Jack Valenti au Congrès l'année dernière).
Si on voit les sociétés de médias tenter de bloquer tout ce qu'elles peuvent, je ne trouve pas surprenant que certains usagers réagissent en mettant en ligne tout ce qu'ils peuvent. Malheureusement, cette attitude est à son tour contraire aux droits légitimes des auteurs.
Comment résoudre cela pratiquement? Ceux qui ont des enjeux dans ce débat doivent faire face à la réalité, et reconnaître que les producteurs d'oeuvres et leurs usagers ont tous deux des intérêts légitimes dans l'utilisation de celles-ci. Si la propriété intellectuelle était négociée au moyen d'un équilibre des principes plutôt que par le jeu du pouvoir et de l'argent que nous voyons souvent, il serait peut-être possible d'arriver à un compromis raisonnable.
[ES] John Mark Ockerbloom (Pennsylvania)
#Fundador de The On-Line Books Page, un repertorio de libros en línea disponibles gratuitamente
The On-Line Books Page cataloga más de 12.000 libros en inglés disponibles gratuitamente en la Red. Ese directorio fue creado en 1993 por John Mark Ockerbloom - quien creó también el mismo año el sitio web del Departamento de informática de la Universidad Carnegie Mellon (Pittsburgh, Pennsylvania). John obtuvo su doctorado en informática en la misma universidad en 1998. Ahora trabaja en la Universidad de Pensylvania con el departamento de las bibliotecas y de la informática para la investigación y el desarrollo de la biblioteca digital. Ahora que The On-Line Books Page se une también a esta biblioteca digital, John espera que su sitio será desarrollado y mejorado, mientras se integra a los otros recursos de la biblioteca digital.
[Entrevista 02/09/1998 // Entrevista 05/08/1999]
*Entrevista del 2 de septiembre de 1998 (entrevista original en inglés)
= ¿Cuál es la historia de su sitio web?
Era webmaster para el Departamento de informática del CMU (Carnegie Mellon University), y empecé nuestro sitio local en 1993. Comprendía páginas con enlaces hacia recursos disponibles localmente, y al principio The On-Line Books Page era una de estas páginas, con enlaces hacia libros puestos en línea por personas de nuestro departamento (por exemplo Robert Stockton, que hizo versiones web de algunos textos del Proyecto Gutenberg). Después los usuarios empezaron a pedir enlaces hacia libros disponibles en otros sitios. Observé que muchos sitios (y no solamente el Proyecto Gutenberg o Wiretap) proponían libros en línea, y que sería útil tener una lista completa que permita telecargar o leer libros donde se encuentren en la Red. Es así como mi catálogo empezó.
Dejé mi actividad de webmaster en 1996, pero mantuve The On-Line Books Page porque, entretanto, me apasioné por el enorme potencial que tenía Internet para poner la literatura accesible a muchas personas. Ahora hay tantos libros puestos en línea, que me es difícil estar al día (de hecho, tengo mucho retrazo). Pero pienso continuar esta actividad de una manera o de otra.
= ¿Cómo ve Ud. el futuro?
Estoy muy interesado en el desarrollo de Internet como medio de comunicación de masa durante los próximos años. Me gustaría también quedarme implicado de un modo o de otro en la puesta gratuita de libros para todos en Internet, ya sea que forme parte integrante de mi actividad profesional, o que sea una actividad voluntaria durante mi tiempo libre.
*Entrevista del 5 de agosto de 1999 (entrevista original en inglés)
= ¿Que piensa Ud. de los debates relacionados con respecto a los derechos de autor en la Red?
Todo depende de lo que esta palabra "debates" recubra. Pienso que es importante que los internautas entiendan que el copyright es un contrato social concebido para el bien público - incluyendo a ambos, autores y lectores.
Esto significa que los autores deberían tener el derecho de utilizar de manera exclusiva y por un tiempo limitado las obras creadas, como se especifica en la ley actual sobre el copyright. Pero esto significa que, de la misma manera, sus lectores tienen el derecho de copiar y re-utilizar este trabajo tanto como lo deseen a la expiración de este copyright.
En Estados Unidos se ven ahora varios intentos para quitarles estos derechos a los lectores, limitando las reglas relativas a la utilización de estas obras, prolongando la duración del derecho de copiado (con ciertas proposiciones para hacerlo perpetuo) y prorrogando la propiedad intelectual a trabajos distintos de estas obras (como se encuentra ahora en las propuestas de copyright para las bases de datos).
Existen también propuestas que pretenden sustituir de forma entera la ley sobre el copyright con una ley estableciendo un contrato mucho más fuerte. Me parece mucho más díficil sostener la petición de Jack Valenti, director de la MPAA (Motion Picture Association of America), pidiendo dejar de copiar las películas bajo copyright cuando sé que, si esto fuera aceptado, ninguna película pasaría al servicio público (el año pasado, frente al Congreso, Mary Bono habló de las opiniones de Jack Valenti).
Si vemos a las empresas de medios de comunicación tratar de bloquear todo lo que pueden, no me sorprende que algunos usuarios reaccionen poniendo en línea todo lo que pueden. Desgraciadamente, a su turno, esta actitud es contraria a los derechos legítimos de los autores.
¿Cómo resolver eso de manera práctica? Los que están en juego en este debate tienen que hacer frente a la realidad, y reconocer que los productores de obras y sus usuarios tienen ambos intereses legítimos en la utilización de éstas. Si la propiedad intelectual fuera negociada por medio de un equilibrio de principios en lugar del juego del poder y del dinero que vemos a menudo, quizás sería posible lograr un arreglo razonable.
[EN] Caoimhín Ó Donnaíle (Island of Skye, Scotland)
#Maintains European Minority Languages on the main site with information onScottish Gaelic
Maintained on the site of the college Sabhal Mór Ostaig by Caoimhín P. Ó Donnaíle, European Minority Languages is a list of minority languages by alphabetic order and by language family.
[Interview 18/08/1998 // Interview 15/01/2000 // Interview 31/05/2001]
*Interview of August 18, 1998
= How do you see the growth of a multilingual Web?
I see four main points:
- The Internet has contributed and will contribute to the wildfire spread ofEnglish as a world language.
- The Internet can greatly help minority languages, but this will not happen by itself. It will only happen if people want to maintain the language as an aim in itself.
- The Web is very useful for delivering language lessons, and there is a big demand for this.
- The Unicode (ISO 10646) character set standard is very important and will greatly assist in making the Internet more multilingual.
*Interview of January 15, 2000
= What exactly do you do professionally?
I teach computing (through the Gaelic language) at a college on the island of Skye in Scotland. I maintain the college website, which is the main site worldwide with information on Scottish Gaelic.
= What do you think of the debate about copyright on the Web?
I haven't been following the debate, but I think the duration of copyright is far too long. Other than that I think that copyright should be respected in general.
= How do you see the growth of a multilingual Web?
There is a danger that English will take over the world because of the spread of the Internet. However, if people are keen to maintain other languages, then the Internet will help with this.
= What is your best experience with the Internet?
[Private matters.]
= And your worst experience?
I don't have any really bad experiences with the Internet. Just the usual - spam, hackers, but nothing really bad.
*Interview of May 31st, 2001
= What has happened since our last interview?
There has been a great expansion in the use of information technology at the Gaelic-medium college here. Far more computers, more computing staff, flat screens. Students do everything by computer, use Gaelic spell-checking, Gaelic online terminology database. More hits on our web site. More use of sound. Gaelic radio (both Scottish and Irish) now available continuously worldwide via the Internet. Major project has been translation the Opera web-browser into Gaelic - the first software of any size available in Gaelic.
= Do you have anything to add to your previous answers?
I would emphasise the point that as regards the future of endangered languages, the Internet speeds everything up. If people don't care about preserving languages, the Internet and accompanying globalisation will greatly speed their demise. If people do care about preserving them, the Internet will be a tremendous help.
= How much do you still work with paper?
I work with paper a lot, but far less than with computer delivered information. I write about 2.000 e-mails per year, compared to about 100 letters and about 500 phone calls and about 15 faxes.
= Will there still be a place for paper in the future?
Yes, there will still be a place for paper for a long long time to come, but its share will continue to decline compared to computer-delivered information.
= What do you think about e-books?
I don't know much about what e-books are. WWW is the really important thing.
[FR] Caoimhín Ó Donnaíle (Ile de Skye, Ecosse)
#Webmestre du principal site d'information en gaélique écossais, avec une section sur les langues européennes minoritaires
Caoimhín P. Ó Donnaíle est responsable du site de l'Université Sabhal Mór Ostaig (située sur l'île de Skye, en Ecosse), qui se trouve également être le principal site d'information en gaélique écossais. Sur ce site, il tient à jour en anglais et en gaélique European Minority Languages, une liste de langues minoritaires - ou rendues minoritaires - classée par ordre alphabétique et par famille linguistique.
[Entretien 18/08/1998 // Entretien 15/01/2000 // Entretien 31/05/2001]
*Entretien du 18 août 1998 (entretien original en anglais)
= Comment voyez-vous l'évolution vers un web multilingue?
Je vois quatre points importants:
- L'internet a contribué et contribuera au développement fulgurant de l'anglais comme langue mondiale.
- L'internet peut grandement aider les langues minoritaires. Ceci ne se fera pas tout seul, mais seulement si les gens choisissent de défendre une langue.
- Le web est très utile pour dispenser des cours de langues, et la demande est importante.
- La norme Unicode (ISO 10646) pour les jeux de caractères est très importante et elle va grandement favoriser le multilinguisme sur le web.
*Entretien du 15 janvier 2000 (entretien original en anglais)
= Quelle est votre activité professionnelle?
J'enseigne l'informatique - en langue gaélique - dans une université située sur l'île de Skye en Ecosse. Je gère le site web de l'établissement qui, à l'échelle internationale, est le principal site d'information sur le gaélique écossais.
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?
Je n'ai pas suivi ces débats, mais je pense que la durée du copyright est beaucoup trop longue. A part cela, je pense que le copyright devrait être respecté en général.
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?
Le développement de l'internet amène le danger de la suprématie de l'anglais. Toutefois, si les gens ont la ferme volonté d'accorder une place à d'autres langues, l'internet permettra de les aider dans cette démarche.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Avoir trouvé des informations utiles dans le cadre de ma vie privée.
= Et votre pire souvenir?
Je n'ai pas de souvenir qui soit vraiment mauvais. Juste le courant: le courrier non sollicité (spam) ou les piratages informatiques.
*Entretien du 31 mai 2001 (entretien original en anglais)
= Quoi de neuf depuis notre dernier entretien?
Il y a eu une forte augmentation de l'utilisation des technologies de l'information dans notre université: beaucoup plus d'ordinateurs, davantage de personnel spécialisé en informatique, des écrans plats. Les étudiants font tout sur ordinateur, ils utilisent un correcteur d'orthographe en gaélique et une base terminologique en ligne en gaélique. Notre site web est beaucoup plus visité. On utilise davantage l'audio. Il est maintenant possible d'écouter la radio en gaélique (écossais et irlandais) en continu sur l'internet partout dans le monde. Une réalisation particulièrement importante a été la traduction en gaélique du logiciel de navigation Opera. C'est la première fois qu'un logiciel de cette taille est disponible en gaélique.
= Avez-vous quelque chose à ajouter à vos réponses des années passées?
J'aimerais insister sur le fait que, en ce qui concerne l'avenir des langues menacées, l'internet accélère les choses dans les deux sens. Si les gens ne se soucient pas de préserver les langues, l'internet et la mondialisation qui l'accompagne accéléreront considérablement la disparition de ces langues. Si les gens se soucient vraiment de les préserver, l'internet constituera une aide irremplaçable.
= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?
Oui, mais beaucoup moins que l'information transmise par voie électronique. J'envoie environ 2.000 courriers électroniques par an, contre 100 lettres imprimées, 500 appels téléphoniques et 15 fax. Le papier sera encore utilisé pendant longtemps, mais son pourcentage par rapport à l'information électronique continuera de baisser.
= Quel est votre sentiment sur le livre électronique?
Je ne sais pas très bien en quoi il consiste. C'est le web qui me paraît la chose vraiment importante.
[FR] Jacques Pataillot (Paris)
#Conseiller en management chez Cap Gemini Ernst & Young
[Entretien 26/01/2000 // Entretien 13/11/2000]
*Entretien du 26 janvier 2000
= En quoi consiste le site web de votre société?
Le site Ernst & Young France a été créé en 1998. Dans un premier temps, il s'agissait simplement d'un site de communication sur notre société et nos activités. Depuis, ce site s'est naturellement enrichi et développé. (Depuis cet entretien, la société a fusionné avec Cap Gemini pour devenir CGEY (Cap Gemini Ernst & Young), ndlr.)
= Quels sont les changements apportés par l'internet dans votre vie professionnelle?
Internet a changé (et change) notre vie professionnelle sous deux aspects:
- accès aux données pour nos consultants, sur les clients, les clients potentiels, etc. Ce sont les aspects communication / information.
- Internet a généré de nouveaux besoins dans les entreprises et, en conséquence, les sociétés de conseil en management ont développé (et développent) des solutions de commerce électronique pour répondre à ces préoccupations. C'est donc un tout nouveau panel d'activités qui est offert aux sociétés de conseil. Cela changera profondément le monde du consulting, et des investissements importants sont en cours pour le développement de ces solutions e-quelque chose.
= Comment voyez-vous l'avenir?
Ma vie de consultant sera, à court terme, également influencée par le développement de services en lignes à travers internet. Pour certaines activités de conseil, des réponses directes peuvent être apportées aux clients réels et potentiels par des spécialistes d'un sujet donné, à travers le web. On évolue vers le conseil en ligne.
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?
A partir du moment où internet, par conception, est un "monde ouvert", le problème des droits d'auteurs est complexe. A mon sens, il y a peu de solutions à ce problème.
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?
Peu de chances, à mon avis, de voir un internet multilingue. Malheureusement le poids de l'anglais est trop fort, et la duplication des textes/informations n'est pas réaliste.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
C'est quand je trouve rapidement l'info que je cherche.
= Et votre pire souvenir?
C'est à l'inverse lorsque je n'en sors pas!
*Entretien du 13 novembre 2000
= Quoi de neuf depuis notre premier entretien?
Nous avons fusionné avec Cap Gemini pour devenir CGEY (Cap Gemini Ernst & Young). De 800 consultants en France, nous sommes passés à 12.000, et 67.000 dans le monde. La mise en place de la nouvelle organisation m'a beaucoup occupé, en plus de mon activité habituelle.
= Utilisez-vous encore des documents papier?
Non. Pratiquement rien en interne pour la gestion, tout est fait à travers l'internet et/ou Lotus notes. Liaison internet également avec les clients pour les offres commerciales, les documents de projets, les mémos… Seuls les contrats restent sur papier. Je reçois peu de courrier extérieur sur papier (qui est d'ailleurs le signe d'un contenu probablement peu intéressant!). Je lis la presse à travers les bases de données. Bien sûr, les journaux au petit déjeuner restent nécessaires! Quant aux livres, c'est vrai, je les utilise toujours.
= Les jours du papier sont-ils comptés?
Dans ce contexte, dans mon métier de consulting, les jours du papier sont comptés. Par contre, dans ma vie personnelle, si j'utilise le courrier électronique pour la correspondance, les livres ne sont pas détrônés, ou en tout cas ils sont moins affectés.
= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?
Je n'ai pas d'expérience e-book. Le plaisir de la lecture commence, pour moi, par une visite et une discussion avec le libraire spécialisé. Il se poursuit par la possession et la conservation du livre.
= Comment définissez-vous le cyberespace?
Comme l'"économie connectée" (de l'anglais "connected economy") où tous les agents sont reliés électroniquement pour les échanges d'information.
= Et la société de l'information?
C'est un vieux concept, dont on parlait déjà en 1975! Seules les technologies ont changé.
[EN] Jacques Pataillot (Paris)
#Management Consultant with the firm Cap Gemini Ernst & Young
*Interview of January 26, 2000 (original interview in French)
= Can you tell us about your company's website?
The Ernst & Young France website was created in 1998. It started out as just an advertisement for the firm and its activities and grew naturally from there.
= How did using the Internet change your professional life?
The Internet changed (and changes) our professional life in two ways:
- It provides our consultants with data about present and possible clients.These are the communication/information aspects.
- The Internet has generated new needs among firms, so management consultancies have and are developing e-commerce solutions such as eprocurement, efulfilment, etc. A whole new range of activities is available. This will revolutionise the world of consulting and major investments are being made to develop such e-solutions.
= How do you see the future?
In the short term, as consultants, we'll also be affected by the growth of online services through the Internet. For some consulting, subject matter experts can answer clients and possible clients through the Web. We're moving towards online consulting.
= What do you think of the debate about copyright on the Web?
The Internet was conceived as an "open world", so copyright is a tricky probem.I can't see much of a solution.
= How do you see the growth of a multilingual Web?
Unfortunately, a multilingual Internet is quite unlikely. English is too strong, and the duplication of texts and data isn't feasible.
= What is your best experience with the Internet?
When I can quickly find the information I'm looking for.
= And your worst experience?
The opposite situation — getting lost when I'm looking for something.
[ES] Jacques Pataillot (Paris)
#Consultor en Management en la firma Cap Gemini Ernst & Young
*Entrevista del 26 de Enero de 2000 (entrevista original en francés)
= ¿Podría Ud. presentar el sitio web de su firma?
La dirección Ernst & Young Francia fue creada en 1998. Al principio, se trataba simplemente de una dirección de comunicación sobre nuestra empresa y nuestras actividades. Desde entonces, se ha desarrollado y enriquecido naturalmente.
= ¿Cuáles son los cambios obtenidos por Internet en su vida profesional?
Internet ha cambiado (y sigue cambiando) nuestra vida profesionnal en dos aspectos:
- Acceso al saber para nuestros consultores y sobre lo que concierne a nuestros clientes, las perpectivas u objetivos, etc. Es lo que llamamos los aspectos comunicación/ información.
- Internet ha generado nuevas necesidades en las empresas y, por consecuencia, las sociedades de consultoría en gestión han desarrollado (y siguen desarrollando) soluciones de comercio electrónico para responder a esas preocupaciones: por ejemplo la intervención, la realización, etc. Por eso, es un panel de actividades completamente nuevo que se ofrece a las sociedades de consultoría. Eso va a cambiar de manera profunda el mundo de la consultoría y se están haciendo grandes inversiones para desarrollar tales soluciones.
= ¿Cómo ve Ud. el futuro?
Nuestra vida de consultor será, a corto plazo, también influenciada por el desarrollo de los servicios en línea vía Internet. Para algunas actividades de consultoría se pueden dar respuestas directas a los clientes/ perspectivas por medio de expertos en la materia, vía la Red. Evolucionamos hacia la consultoría en línea.
= ¿Qué piensa Ud. de los debates con respecto a los derechos de autor en la Red?
A partir del momento en que Internet es un "mundo abierto", por concepción, el problema de los derechos de autor es muy complejo. En mi opinión, hay pocas soluciones para este problema.
= ¿Cómo ve Ud. la evolución hacia un Internet multilingüe?
Creo que hay pocas posibilidades de ver un día un internet multilingüe.Desafortunadamente, el peso del inglés es demasiado fuerte y la duplicación detextos/ informaciones no es realista.= ¿Cuál es su mejor recuerdo relacionado con Internet?
Es cuando encuentro rápidamente la información que estoy buscando.
= ¿Y su peor recuerdo?
Al revés, cuando estoy perdido!
[FR] Nicolas Pewny (Annecy)
#Créateur des éditions du Choucas
"Vous aimez les livres? l'art? la photo? la littérature? les polars? Vous êtes au bon endroit. Bienvenue!" (extrait du site web) Les éditions du Choucas ont malheureusement cessé leur activité en mars 2001. Une disparition de plus à déplorer chez les petits éditeurs indépendants. Fort de son expérience dans le domaine de la librairie, de l'édition, de l'internet et du numérique, Nicolas Pewny met maintenant ses compétences au service d'autres organismes.
[Entretien 08/06/1998 // Entretien 29/07/1999 // Entretien 30/07/2000 //Entretien 14/06/2001]
*Entretien du 8 juin 1998
= Quel est l'historique de votre site web?
Le site des éditions du Choucas (fondées en 1992, ndlr) a été créé fin novembre 1996. Lorsque je me suis rendu compte des possibilités que l'internet pouvait nous offrir, je me suis juré que nous aurions un site le plus vite possible. Un petit problème: nous n'avions pas de budget pour le faire réaliser. Alors, au prix d'un grand nombre de nuits sans sommeil, j'ai créé ce site moi-même et l'ai fait référencer (ce n'est pas le plus mince travail). Le site a alors évolué en même temps que mes connaissances (encore relativement modestes) en la matière et s'est agrandi, et il a commencé à être un peu connu même hors de France et d'Europe.
= Quel est l'apport de l'internet dans votre vie professionnelle?
Le changement que l'internet a apporté dans notre vie professionnelle est considérable. Nous sommes une petite maison d'édition installée en province. L'internet nous a fait connaître rapidement sur une échelle que je ne soupçonnais pas. Même les médias "classiques" nous ont ouvert un peu leurs portes grâce à notre site. Les manuscrits affluent par le courrier électronique. Ainsi nous avons édité deux auteurs québécois. Beaucoup de livres se réalisent (corrections, illustrations, envoi des documents à l'imprimeur) par ce moyen. Dès le début de l'existence du site, nous avons reçu des demandes de pays ou nous ne sommes pas (encore) représentés: Etats-Unis, Japon, Amérique latine, Mexique, malgré notre volonté de ne pas devenir un site commercial mais un site d'information et à connotation culturelle (nous n'avons pas de système de paiement sécurisé, etc., nous avons juste référencé sur une page les libraires qui vendent en ligne).
= Comment voyez-vous l'avenir?
J'aurais tendance à répondre par deux questions: pouvez-vous me dire comment va évoluer l'internet Comment vont évoluer les utilisateurs? Nous voudrions bien rester aussi peu commercial que possible et augmenter l'interactivité et le contact avec les visiteurs du site. Y réussirons-nous? Nous avons déjà reçu des propositions qui vont dans un sens opposé. Nous les avons mis en veille. Mais si l'évolution va dans ce sens, pourrons-nous résister, ou trouver une voie moyenne? Honnêtement, je n'en sais rien.
*Entretien du 29 juillet 1999
= Pouvez-vous décrire votre site web?
Il y a bientôt trois ans (déjà…) que nous avons créé notre site web (fin novembre 1996, ndlr). "Vous aimez les livres? l'art? la photo? la littérature? les polars? Vous êtes au bon endroit. Bienvenue!" C'est avec ces mots que nous accueillons les visiteurs de notre site où nous tentons de faire partager nos coups de coeur et nos passions. Tous nos titres récents y sont présentés, on peut contacter nos auteurs, participer à un jeu-concours, consulter le début - parfois le texte intégral - des nouveautés. Le texte intégral? Oui, nous croyons à la survie du livre dans son format classique parallèlement au format électronique. Le livre, ce n'est pas seulement un texte. C'est aussi un objet que l'on aime toucher, montrer, emmener en voyage, prêter… Nous pensons que le fait de pouvoir consulter le texte incite à se procurer le livre (si on a aimé bien sûr).
= Quelle est votre activité sur le réseau?
La maintenance et les mises à jour du site, le courrier électronique, etc. sont devenus pour moi une tâche quotidienne s'ajoutant aux autres: mise en page des textes, correction, création des couvertures, rapport avec les auteurs, avec les médias, suivi de la distribution-diffusion, etc. Car comme dans d'autres petites maisons d'édition nous faisons tout nous-mêmes (sauf l'impression). A la suite de la mise en ligne de Corrida, l'exposition virtuelle Lorca-Puig, et plus récemment du site pour la recherche de sponsors pour Mon copain de Pékin, un livre de photographies dédié à Pékin, il semblerait que nous soyons amenés à créer des sites ayant un rapport avec l'art et/ou le livre.
= Quoi de neuf depuis notre premier entretien?
A part les réalisations citées plus haut, nous avons acquis un nom de domaine choucas.com - l'ancienne URL teaser.fr/choucas reste cependant toujours valable. Nous avons mis le début de chaque livre en format PDF et pour quelques livres le texte intégral en ligne. Un jeu-concours qui remporte un certain succès a aussi été mis en place. On peut gagner le livre de son choix. Beaucoup de nos visiteurs nous reprochaient de ne pouvoir acheter en ligne sur notre site. Après pas mal d'hésitations nous avons choisi Alapage pour la qualité de son service et pour la fiabilité de leur base de données. Néanmoins la page des librairies en ligne est toujours sur notre site si l'on préfère acheter ailleurs. Nous avons déjà quelques interviews d'auteurs disponibles en RealAudio sur une de nos pages. Nous allons essayer d'en faire d'autres avec de la vidéo. Enfin une alternative du site en DHTML, Javascript, Flash, existe. Nous la mettrons parallèlement en ligne à l'automne (1999).
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?
Je me demande s'il faut un droit particulier pour le web. Les lois existent déjà. Et les contrevenants existaient bien avant la popularisation de l'internet. Enfin, si ces débats plaisent au ministère de la Culture… Le soutien à la publication, à la distribution, à l'existence du livre me semblent plus importants, si l'on veut éviter que l'édition, dans le futur, ne soit l'apanage de deux ou trois grands groupes. Évidemment cette action-là est moins médiatique.
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?
Chaque langue possède son génie propre. La difficulté, c'est de ne pas le perdre en route.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Un message enthousiaste d'un prêtre bouddhiste du Tibet qui a adoré l'expositionLorca.
= Et votre pire souvenir?
Un orage tandis que j'envoyais l'image de la couverture à un auteur. Plus rien… le néant. Plus d'ordinateur. Heureusement que je sauvegarde tout au fur et à mesure. Chez l'auteur tout a "sauté" aussi, et il n'y avait pas d'orage. Dans la présentation du livre Sanguine sur Toile (d'Alain Bron), on lit: "Les images ne sont pas si sages. On peut s'en servir pour agir, voire pour tuer…" Le contexte m'avait fait ressentir une peur instinctive, jusqu'à ce que la logique reprenne le dessus.
*Entretien du 30 juillet 2000
= Quoi de neuf depuis notre dernier entretien?
Notre activité d'éditeur s'est comme prévu enrichie d'activités liées à l'internet.
Nous venons de mettre en ligne la version française d'un site de montagne et de vacances. D'autres sites sont en cours de réalisation et nous intervenons souvent en tant que consultants (référencements, veille concurrentielle, design, etc.).
Nous avons trois titres en format électronique disponibles en partenariat avec 00h00.com: Perles noires (ouvrage collectif), Les Banquiers du temps, de Daniel Ichbiah, et Sanguine sur toile, d'Alain Bron (Prix du Lions Club International 2000). D'autres devraient suivre.
Bientôt trois autres titres en partenariat avec MobiPocket seront disponibles en format MobiPocket Reader compatible Palm OS, Psion, Windows CE: Un, et autres mécomptes, de Daniel Bouillot, On achève bien les cadavres, de Fred Belin, et Loto Meurtrier, de François Quentin (Prix Edmond Locard 1999).
= Utilisez-vous encore des documents papier?
Nous en utilisons bien sûr. Le livre papier, lorsque l'impression avec les techniques modernes sera meilleur marché, devrait devenir l'allié du livre électronique.
= Les jours du papier sont-ils comptés?
Cela dépend de quel domaine il s'agit. Je pense que le temps des dictionnaires et encyclopédies et autres ouvages de références techniques et scientifiques "papier" est compté. Pour les romans ou les beaux livres, cela dépend de l'évolution des deux supports.
= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?
Je pense qu'on est loin des formats et des techniques définitifs. Beaucoup de recherches sont en cours, et un format et un support idéal verront certainement le jour sous peu.
= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et mal-voyants?
Je n'ai pas de suggestion particulière à formuler. Sauf peut-être que l'on donne plus de moyens pour une meilleure accessibilité. Cela vaut pour l'accès à l'internet en général, d'ailleurs.
= Comment définissez-vous le cyberespace?
Je reprendrai volontiers une phrase d'Alain Bron, ami et auteur de Sanguine sur Toile (publié en 1999 par les éditions du Choucas): "un formidable réservoir de réponses quand on cherche une information et de questions quand on n'en cherche pas. C'est ainsi que l'imaginaire peut se développer (Ma correspondante en Nouvelle-Zélande est-elle jolie? L'important, c'est qu'elle ait de l'esprit.)"
= Et la société de l'information?
Une société qui pourrait apporter beaucoup, si l'on empêche qu'elle ne rime trop avec "consommation" et tout ce qui accompagne ce mot. Mais il est déjà trop tard peut-être…
*Entretien du 14 juin 2001
= Quoi de neuf depuis notre dernier entretien?
Je disais en réponse à une de vos questions: "Je me demande s'il faut un droit particulier pour le web. Les lois existent déjà. Et les contrevenants existaient bien avant la popularisation de l'internet. Enfin, si ces débats plaisent au ministère de la Culture… Le soutien à la publication, à la distribution, à l'existence du livre me semblent plus importants, si l'on veut éviter que l'édition, dans le futur, ne soit l'apanage de deux ou trois grands groupes. Evidemment c'est moins médiatique."
Et ainsi, comme si je le prévoyais, notre distributeur a déposé son bilan. Et malheureusement les éditions du Choucas (ainsi que d'autres éditeurs) ont cessé leur activité éditoriale. Je maintiens gracieusement le site web pour témoignage de mon savoir-faire d'éditeur on- et off-line. L'incompétence des différents ministres de la Culture et la nullité de ce ministère me sidèrent. Une sorte de "franc-maçonnerie" au sens large du terme: il est catastrophique de ne pas en faire partie et - à mon avis - désastreux pour son éthique personnelle d'en faire partie. Ces gens n'oeuvrent que pour eux-mêmes avec les deniers des contribuables…
Enfin je ne regrette pas ces dix années de lutte de satisfactions et de malheurs passés aux éditions du Choucas. J'ai connu des auteurs intéressants dont certains sont devenus des amis… Maintenant je fais des publications et des sites internet pour d'autres. En ce moment pour une ONG (organisation non gouvernementale) internationale caritative; je suis ravi de participer (modestement) à leur activité à but non lucratif. Enfin on ne parle plus de profit ou de manque à gagner, c'est reposant.
[FR] Hervé Ponsot (Toulouse)
#Webmestre du site web des éditions du Cerf, spécialisées en théologie
*Entretien du 8 juin 1998
= En quoi consiste le site web du Cerf?
Pour les éditions du Cerf dont je m'occupe sur le plan internet, le site existe en lien avec les éditions, mais marginalement quand même: le serveur se trouve en dehors du Cerf, et il est géré par une personne extérieure au Cerf, moi-même. Bref, il s'agit plutôt d'un service rendu, dont on ne peut dire qu'il ait bouleversé la maison Cerf. Il reste que, par la grâce de Dieu, de plus en plus de consultants arrivent sur ce site, et que des commandes me sont adressées de plus en plus régulièrement, sans que nous les ayons cherchées, puisque le site a été créé en priorité pour rendre service aux chercheurs, et secondairement pour faire de la publicité pour la maison et renouveler son image…
Mais j'ai constaté, et beaucoup de personnes m'ont confirmé, que les sites de service pouvaient se révéler rentables, parfois plus facilement et plus rapidement que les sites commerciaux: l'exemple le plus connu est fourni par les sites de recherche sur internet. La suite envisagée pour le site Cerf ne devrait pas fondamentalement changer par rapport à ce qui se passe aujourd'hui: rendre service aux chercheurs, faire connaître la maison en lui donnant une image dynamique. Nous pensons certes un jour faire du site, ou d'un site voisin, un site commercial: mais la maison ne peut se permettre, compte tenu de sa faible surface financière, d'être leader en ce domaine; les pas seront donc comptés et très prudents.
[FR] Olivier Pujol (Paris)
#PDG de la société Cytale et promoteur du Cybook, livre électronique
Conçu par la société Cytale, le Cybook est le premier livre électronique européen à être mis sur le marché (date exacte de commercialisation: 23 janvier 2001). Il a les caractéristiques suivantes: 21 x 16 cm, 1 kg, un écran couleur 10 pouces, tactile, rétro-éclairé, à cristaux liquides (LCD), avec une résolution de 600*800, quatre boutons de commande, une mémoire de 32 Mo permettant de stocker 15.000 pages de texte, soit 30 livres de 500 pages, une batterie lithium-ion d'une autonomie de 5 h, un modem 56 K intégré avec un connecteur son, un port infrarouge, des extensions pour carte PCMCIA et port USB permettant de brancher des périphériques, et enfin un prix: 867 euros. Il suffit d'une prise téléphonique pour connecter le Cybook à l'internet et télécharger des livres à partir de la librairie électronique située sur le site de Cytale, qui a conclu des partenariats avec plusieurs éditeurs et sociétés de presse et qui espère constituer rapidement un catalogue de plusieurs milliers de titres.
*Entretien du 2 décembre 2000
= Pouvez-vous vous présenter?
Olivier Pujol, PDG de Cytale, lecteur frénétique, et internaute. J'ai croisé il y a deux ans le chemin balbutiant d'un projet extraordinaire, le livre électronique. Depuis ce jour, je suis devenu le promoteur impénitent de ce nouveau mode d'accès à l'écrit, à la lecture, et au bonheur de lire. La lecture numérique se développe enfin, grâce à cet objet merveilleux: bibliothèque, librairie nomade, livre "adaptable", et aussi moyen d'accès à tous les sites littéraires (ou non), et à toutes les nouvelles formes de la littérature, car c'est également une fenêtre sur le web. Et ceci n'aurait pu exister sans internet!
= Pouvez-vous décrire l'activité de Cytale?
Conception et commercialisation d'un livre électronique, conception, développement et gestion d'un site internet de diffusion de livres numériques, préparation et formatage de livres numériques.
= Pouvez-vous décrire son site web?
- Le premier site - "institutionnel" - a été créé en octobre 1999, à destination des professionnels et des investisseurs.
- Le deuxième site (relookage du premier) a été créé en mai 2000, pour tester un look différent.
- Le troisième site - "libraire" - est en cours de réalisation.
= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?
Développer la lecture numérique en France, Europe, et plus.
= Comment voyez-vous l'avenir?
L'utilisation d'internet pour le transport de contenu est un secteur de développement majeur. La société a pour vocation de développer une base de contenu en provenance d'éditeurs, et de les diffuser vers des supports de lecture sécurisés.
= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?
Oui.
= Les jours du papier sont-ils comptés?
Les jours du papier ne sont pas comptés. Le support papier est parfaitement adapté à certains usages: la lecture numérique sur ordinateur n'est pas pratique, et ce pour de nombreuses raisons. Elle ne s'est d'ailleurs pas développée du tout depuis dix ans.
Par ailleurs, le papier n'est pas seulement un support "obligé". C'est également un matériau noble, agréable, avec des qualités propres (toucher, odeur, flexibilité) qui font que son usage n'est en rien menacé (il s'impose même parfois dans des secteurs inattendus comme la confection!).
Le livre électronique, permettant la lecture numérique, ne concurrence pas le papier. C'est un complément de lecture, qui ouvre de nouvelles perspectives pour la diffusion de l'écrit et des oeuvres mêlant le mot et d'autres médias (image, son, image animée…).
Les projections montrent une stabilité de l'usage du papier pour la lecture, mais une croissance de l'industrie de l'édition, tirée par la lecture numérique, et le livre électronique (de la même façon que la musique numérique a permis aux mélomanes d'accéder plus facilement à la musique, la lecture numérique supprime, pour les jeunes générations commme pour les autres, beaucoup de freins à l'accès à l'écrit).
= Quelles sont vos suggestions pour un meilleur respect du droit d'auteur sur le web?
Utiliser des balladeurs dédiés et sécurisés pour la musique, et des livres électroniques sécurisés pour la lecture.
Les mesures de protection des droits développées pour l'ordinateur sont systématiquement détournées un jour ou l'autre, et ce, universellement. Une solution de piratage trouvée à un bout de la planète peut être instantanément mise à la disposition de tous, et à portée d'un simple clic. Le PC connecté sur internet aura beaucoup de mal à être sécurisé valablement dans un avenir proche.
Une autre solution serait d'imposer une "police planétaire du web", avec accès égal à tous les pays, et à tous les ordinateurs personnels. C'est orwellien, et un peu inquiétant, mais heureusement peu facile à mettre en place.
= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure répartition des langues sur le web?
Le concept même de répartition des langues est absurde. Par sa nature ouverte, le web est déjà aujourd'hui le meilleur outil de propagation et donc de préservation de langues qui, sans le web, pourraient être menacées d'extinction. La seule solution pour qu'une langue accroisse sa présence sur le web est que ses promoteurs aient vraiment envie de se bouger!
Il faut se souvenir que l'imprimerie avait été accusée de sonner le glas de toutes les langues autres que le latin! La réalité a été que l'imprimerie, en permettant à toutes les langues de se transmettre plus facilement, a provoqué la mort du latin.
Une suggestion? Les moteurs de recherche multilingues et les traducteurs automatiques.
= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et malvoyants?
Le développement des moteurs de type BrailleSurf associés à de la synthèse vocale, et le respect par les concepteurs de sites de quelques règles (documentation des images, ou association de commentaires textuels à certaines applications telles que les animations flash). Dès que notre site atteindra un niveau opérationnel suffisant, il sera entièrement adapté à cet effet (voir les directives du gouvernement dans ce sens).
= Comment définissez-vous le cyberespace?
J'ai beaucoup de mal à le définir. C'est un fourre-tout qui englobe des machines électroniques interconnectées et des sources d'informations.
= Et la société de l'information?
Une société où l'accès à l'information, l'information elle-même et la capacité à bien utiliser l'information sont des biens plus précieux que les biens matériels. Il faut noter que l'information a toujours été un avantage professionnel considérable. Il fut un temps où un avantage concurrentiel pouvait exister sur un territoire limité, et être protégé pour un temps long, par le secret, ou l'ignorance des autres. Les voyages, la mondialisation des échanges, la performance de la logistique ont énormément affaibli la notion de protection "géographique" d'un avantage concurrentiel. La société de l'information est une société où la protection de l'information est presque impossible, et où son usage devient donc la valeur essentielle.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Pas de "meilleur souvenir". Découvrir instantanément une réponse à une question qui m'aurait demandé des heures de recherche il y a quelques années est un "meilleur souvenir" quotidien, et recevoir un mail d'un ami brésilien ou hongrois en est un autre.
= Et votre pire souvenir?
De tomber systématiquement sur des sites pornos ou de pédophilie en faisant certaines requêtes anodines.
[FR] Anissa Rachef (Londres)
#Bibliothécaire et professeur de français langue étrangère à l'Institut français de Londres
L'Institut français de Londres est un organisme officiel français destiné à faire connaître la langue et la culture françaises dans la capitale britannique. 5.000 étudiants environ suivent les cours de langue chaque année, ce qui fait de cet institut l'un des plus importants instituts français au monde. Le centre culturel inclut une bibliothèque multimédia, un cinéma, une salle de conférence et un restaurant. Le site web de l'Institut est mis en ligne en 1998, et les pages consacrées à la médiathèque en 2000.
*Entretien du 22 avril 2001
= Pouvez-vous vous présenter?
Je suis bibliothécaire à la médiathèque de l'Institut français de Londres. Je suis chargée du catalogage du fonds documentaire qui est constitué de livres, de vidéos, de disques compacts et de disques optiques ainsi que de périodiques. Avant mon installation à Londres, soit de 1980 à 1983, j'ai travaillé à la bibliothèque universitaire d'Alger en qualité d'attachée de recherche. C'est d'Alger et en deux ans que j'ai préparé le DSB (diplôme supérieur des bibliothèques), diplôme de conservateur assimilé à celui de l'ENSB de Lyon (Ecole nationale supérieure des bibliothèques, devenue ensuite l'ENSSIB - Ecole nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques). Recrutée selon un statut local depuis septembre 1987 à l'Institut français de Londres, j'y exerce le métier de bibliothécaire au sein d'une équipe de huit membres. Par ailleurs, titulaire d'un diplôme de FLE (français langue étrangère), j'assure des heures d'enseignement de français dans le même institut.
= Pouvez-vous décrire l'activité de la médiathèque?
La médiathèque de l'Institut français de Londres fut inaugurée en mai 1996 (ainsi que la connexion à l'internet pour le personnel et les usagers, ndlr). L'objectif est double: servir un public s'intéressant à la culture et la langue françaises et "recruter" un public allophone en mettant à disposition des produits d'appel tels que vidéos documentaires, livres audio, CD-Rom. La mise en place récente d'un espace multimédia sert aussi à fidéliser les usagers. L'installation d'un service d'information rapide a pour fonction de répondre dans un temps minimum à toutes sortes de questions posées via courrier électronique, ou par fax. Ce service exploite les nouvelles technologies pour des recherches très spécialisées. Nous élaborons également des dossiers de presse destinés aux étudiants et professeurs préparant des examens de niveau secondaire.
= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?
Je m'occupe essentiellement de catalogage, d'indexation et de cotation. Je suis chargée également du service de prêt inter-bibliothèques. J'anime des ateliers in situ de catalogage UNIMARC (MARC: machine readable catalogue) ainsi que des ateliers d'indexation RAMEAU (répertoire d'autorités matières encyclopédique et alphabétique unifié). J'élabore ponctuellement des aménagements de vedettes matières propres à notre catalogue.
= En quoi consiste exactement votre activité liée à l'internet?
J'utilise internet pour des besoins de base. Recherches bibliographiques, commande de livres, courrier professionnel, prêt inter-bibliothèques. C'est grâce à internet que la consultation de catalogues collectifs, tels SUDOC (Système universitaire de documentation) et OCLC (Online Computer Library Center), a été possible. C'est ainsi que que j'ai pu mettre en place un service de fourniture de documents extérieurs à la médiathèque. Des ouvrages peuvent désormais être acheminés vers la médiathèque pour des usagers ou bien à destination des bibliothèques anglaises.
= Utilisez-vous encore des documents papier?
Le papier est encore présent dans la médiathèque. Cependant l'introduction de documents électroniques, tels que le CD-Rom du Monde par exemple, a permis une épuration de la collection papier.
= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?
C'est assez révolutionnaire, avec un gain de place considérable. Je trouve cela très futuriste.
= Comment définissez-vous la société de l'information?
Actuellement l'information est le produit que la société consomme le plus.
[EN] Peter Raggett (Paris)
#Head of the Centre for Documentation and Information (CDI) of the OECD(Organisation for Economic and Co-operation Development)