Chapter 15

Los proyectos son numerosos para los próximos meses.

= ¿Podría Ud. presentar su actividad profesional?

En (muy) resumido, consiste en desarrollar una societad, FTPress, especializada en la prensa en línea (al menos por el momento, porque todo se mueve tan rápidamente que ya no podría ser el mismo en algunos meses). El concepto de FTPress es realizar medios profesionales especializados cada en un sector económico: la salud, el coche, la imagen digital, los recursos humanos, la logística, etc. Cada medio trata de la economía, de la tecnología, de los aspectos políticos y sociales de un sector modificado por la llegada de las nuevas tecnologías y de Internet. El primer medio fue Internet Actu, creado en el Centro Nacional de la Investigación Científica en febrero de 1996, seguido por Pixel Actu (febrero de 2000) y después eSanté Actu (eSalud Actu, mayo de 2000). Comenzamos por el escrito, pero ahora vamos hacia el multimedia, con emisiones de televisión próximamente. FTPress realiza también medios para terceros.

= ¿Cómo ve Ud. su futuro profesional?

Mi futuro profesional, yo lo veo como un presente profesional. Si Ud. me hubiera hecho esta pregunta hace dos años, le hubiera contestado que, a fuerza de trabajar con Internet (como director de sistemas de información del CNRS) y en lo que concierne el Internet (como director de la publicación LMB Actu), soñaba con crear una empresa Internet. Entonces me pregunté cómo hacerlo. Si Ud. me la hubiera preguntado hace un año, le hubiera contestado que había dado el salto, que los dados estaban lanzados, y que había anunciado mi renuncia de la administración… para crear FTPress. No podía soportar quedarme donde estaba. Me volvía un amargado. Estaba entre crear mi empresa o… tomar un año sabático sin hacer nada. Y hoy estoy de lleno en el asunto. Tengo la impresión de vivir las historias que se leen en la prensa sobre los start-up. El desarollo va tan rápido, que es difícil soportarlo físicamente. Entonces, mi futuro, lo veo en la playa, sin Internet, para descansar con mi mujer ;-)

= ¿Qué piensa Ud. de los debates con respecto a los derechos de autor en la Web?¿Cuáles soluciones prácticas sugeriría?

Estos debates estan fundados. Algunas personas, a menudo ésas que tienen el poder dado por una institución que debería respectar precisamente el derecho de autor, no lo respetan, no dudan en poner su nombre sobre un texto escrito por otro. En FTPress, aplicamos en general el principio de la GPL (licencia pública utilizada como base por Linux) para los programas libres. Nuestros textos son reproducidos gratuitamente en la medida en que no sean hechos con fines comerciales, y desde luego, que el origen sea mencionado. En cuanto a los autores de estos textos, tienen una remuneración normal, con un estatuto de periodístas, y también intereses en la empresa por el juego de bonos de suscripción (stock options). Este interés en los resultados y en el valor de la empresa completa la remuneración tradicional del periodísta para un texto destinado a una publicación determinada. Como contrapartida, FTPress ya no paga más a los autores si el texto es vendido a un tercero (para un uso comercial). Pienso que, en la prensa, es una solución a esta cuestión. Pero es un problema complejo y variado, que no puede encontrar una respuesta única.

= ¿Cómo ve Ud. la evolución hacia un Internet multilingüe?

No sé cómo contestar, salvo una trivialidad, como "Cada uno se quedará con su lenguaje privilegiado, con el inglés como lengua de intercambio". ¿Pero, podemos realmente pensar que toda la población del mundo va a comunicar en todos los sentidos? ¿Quizás? ¿Via sistemas de traducción instantánea, para escrito o al oral? Me cuesta trabajo imaginar que veremos muy pronto instrumentos capaces de traducir las subtilezas del modo de pensar propias de un país: en este caso se debería, no sólo traducir el lenguaje sino de establecer pasarelas de sensibilidad. ¿A menos que la "mundialisación" no nos uniformice todo eso? En resumen, pienso que la buena pregunta es la de un Internet multicultural.

= ¿Cuál es su mejor recuerdo relacionado con Internet?

Cuando sobrepasamos la barra de 10.000 suscritos a LMB Actu, a principios de 1998.

= ¿Y su peor recuerdo?

Una vez, cuando escribimos una tontería en Internet Actu, y que los mensajes incendiarios de los suscriptores empezaron a llegar en tromba, a menos de diez minutos de haber hecho el envío. Empezamos todos a panicar, porque acabábamos de pasar LMB Actu al privado, y la sociedad FTPress se apoyaba solamente sobre su sucesor, Internet Actu. Una cancelación masiva de los suscriptores, y estaba terminado para nosotros. Pero finalmente, todas estas reacciones nos permitieron empezar la tribuna de los lectores, que fue muy apreciada! A menudo los errores son buenos, a partir del momento en que los reconocemos, y que los anunciamos abiertamente: estos intercambios crean lazos entre los lectores y los autores.

[FR] Christian Vandendorpe (Ottawa)

#Professeur à l'Université d'Ottawa et spécialiste des théories de la lecture

Professeur à l'Université d'Ottawa (Canada) et sémioticien spécialisé dans les théories de la lecture, Christian Vandendorpe est l'auteur d'un essai intitulé Du papyrus à l'hypertexte (La Découverte, Paris, 1999).

*Entretien du 21 mai 2001

= Pouvez-vous vous présenter?

Je suis professeur à l'Université d'Ottawa. Intéressé par la sémiotique (théorie générale des signes et des systèmes de significations linguistiques, ndlr), j'ai fait une thèse sur la lecture de la fable. J'ai découvert l'hypertexte comme outil de rédaction à partir de la réalisation d'une grammaire sur disque compact pour mes étudiants, Communication écrite (Didascom, Kingston, 1999). C'est pour raffiner ma réflexion sur ce nouvel environnement d'écriture et de lecture que j'ai rédigé un essai, Du papyrus à l'hypertexte.

= Comment voyez-vous l'avenir de l'imprimé?

Le papier est un support remarquable: léger, économique, polyvalent, et dont les diverses textures en appellent non seulement au sens de la vue, mais aussi au toucher et à l'odorat. Il a encore de beaux jours devant lui, surtout pour les ouvrages de luxe ou de prestige et que l'on voudra pouvoir manipuler et conserver pour leur valeur en tant qu'objets. Le papier va aussi rester comme support pour des textes d'une certaine ampleur que l'on voudra pouvoir lire à loisir. L'impression sur demande va répondre à cette demande. En même temps, les textes destinés à la lecture courante vont de plus en plus être appréhendés sur des supports numériques. C'est déjà le cas pour le courrier électronique et les activités de lecture sur le web. Mais l'ordinateur n'est pas un support idéal pour la lecture, en raison de la position qu'il impose au lecteur. En outre, la technologie de l'hypertexte encourage une lecture ergative, tournée vers l'action et la recherche de réponses brèves et rapides plutôt que vers la lecture de fiction ou d'essais.

= Comment voyez-vous l'avenir de l'internet?

Cet outil fabuleux qu'est le web peut accélérer les échanges entre les êtres, permettant des collaborations à distance et un épanouissement culturel sans précédent. Mais cet espace est encore fragile. Il risque d'être confisqué par des juridictions nationales. Ou il peut être transformé en une gigantesque machine à sous au moyen de laquelle la quasi-totalité de nos activités entrerait dans le circuit économique et ferait l'objet d'une tarification minutée. On ne peut pas encore prédire dans quel sens il évoluera. Le phénomène Napster a contribué à un début de prise en main par les juges, qui tendent à imposer sur cet espace les conceptions en vigueur dans le monde physique. On pourrait ainsi en étouffer le potentiel d'innovation. Il existe cependant des signes encourageants, notamment dans le développement des liaisons de personne à personne et surtout dans l'immense effort accompli par des millions d'internautes partout au monde pour en faire une zone riche et vivante. Il faut aussi saluer la décision du MIT (Masachusetts Institute of Technology) de placer tout le contenu de ses cours sur le web d'ici dix ans, en le mettant gratuitement à la disposition de tous. Entre les tendances à la privatisation du savoir et celles du partage et de l'ouverture à tous, je crois en fin de compte que c'est cette dernière qui va l'emporter.

= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?

Le livre électronique va accélérer cette mutation du papier vers le numérique, surtout pour les ouvrages techniques. Mais les développements les plus importants sont encore à venir. Lorsque le procédé de l'encre électronique sera commercialisé sous la forme d'un codex numérique plastifié offrant une parfaite lisibilité en lumière réfléchie, comparable à celle du papier - ce qui devrait être courant vers 2010 ou 2015 -, il ne fait guère de doute que la part du papier dans nos activités de lecture quotidienne descendra à une fraction de ce qu'elle était hier. En effet, ce nouveau support portera à un sommet l'idéal de portabilité qui est à la base même du concept de livre. Tout comme le codex avait déplacé le rouleau de papyrus, qui avait lui-même déplacé la tablette d'argile, le codex numérique déplacera le codex papier, même si ce dernier continuera à survivre pendant quelques décennies, grâce notamment au procédé d'impression sur demande qui sera bientôt accessible dans des librairies spécialisées. Avec sa matrice de quelques douzaines de pages susceptibles de permettre l'affichage de millions de livres, de journaux ou de revues, le codex numérique offrira en effet au lecteur un accès permanent à la bibliothèque universelle. En plus de cette ubiquité et de cette instantanéité, qui répondent à un rêve très ancien, le lecteur ne pourra plus se passer de l'indexabilité totale du texte électronique, qui permet de faire des recherches plein texte et de trouver immédiatement le passage qui l'intéresse. Enfin, le codex numérique permettra la fusion des notes personnelles et de la bibliothèque et accélérera la mutation d'une culture de la réception vers une culture de l'expression personnelle et de l'interaction.

= Quel est votre avis sur les débats relatifs au respect du droit d'auteur sur le web?

En gros, je suis assez favorable aux positions défendues aux États-Unis par l'Electronic Frontier Foundation (EFF). D'abord, il me paraît prématuré de légiférer en cette matière, alors même que nous sommes au milieu d'un changement de civilisation. Il faudrait sans doute revoir les principes philosophiques sur lesquels repose la législation actuelle au lieu de prendre pour acquis qu'ils sont valides, tels quels et sans plus d'examen, dans le nouvel environnement technologique en train de se mettre en place. Plusieurs arguments militent en faveur d'une telle révision. D'abord, l'expérience de la lecture et l'appréhension du texte ne sont pas du même ordre selon qu'elles s'effectuent à partir d'un livre, d'un écran d'ordinateur, d'un livre électronique ou, demain, d'un codex numérique. Il y aurait donc lieu de faire des distinctions au plan du droit de citation ou du droit de lecture. Si, sur un écran, la valeur d'usage du texte n'est pas la même, ni sa pérennité en tant qu'objet, les droits ne devraient pas s'appliquer non plus de la même façon.

Idéalement, l'ensemble de la production intellectuelle devrait être accessible sur le web après dix ans (et même sans aucun délai en ce qui concerne les articles scientifiques). On ne paierait pour lire que si l'on choisissait de faire imprimer un texte donné en format codex dans une librairie agréée ou si l'on choisissait de le télécharger sur son livre électronique ou son codex numérique. Évidemment, le fait qu'un texte soit accessible gratuitement sur le web ne signifierait pas que l'on ait le droit de se l'approprier. La paternité intellectuelle est un droit inaliénable. Et la piraterie resterait un délit: il ne serait pas permis à un éditeur d'éditer à son profit un texte qu'il aurait "trouvé" sur le web.

Un autre argument à considérer est que la nouvelle technologie accélère la globalisation des échanges et que les conditions d'épanouissement de la culture sont en train de changer. On invoque généralement à l'appui du droit d'auteur le fait que l'absence de rétribution des artistes aurait un effet négatif sur la création. Mais est-ce vraiment le cas dans la situation actuelle? On voit en effet des auteurs très créatifs qui ne retirent guère de droits par manque d'une commercialisation adéquate; en revanche, des auteurs qui bénéficient d'une position dominante dans la distribution commerciale amassent des fortunes avec des productions insignifiantes. Le mouvement de globalisation va renforcer à l'extrême cette inégalité. En bref, on peut se demander si, au lieu de favoriser la diversité culturelle, le droit d'auteur ne sert pas principalement à la constitution d'immenses conglomérats de distribution qui imposent des produits standardisés. Au lieu de renforcer ce phénomène de commercialisation de la culture, et de criminaliser les comportements de millions d'usagers, il serait plus intéressant, d'un point de vue culturel, de faire du web une zone franche, à l'égal de la bibliothèque publique, où chacun peut être en contact avec la rumeur du monde, tant et aussi longtemps que l'on ne fait de celle-ci qu'un usage privé.

Surtout, il faut craindre les effets pervers d'une juridiction "dure" en matière de droits d'auteur. Pour en gérer l'application, les empires commerciaux vont exiger la mise en place de mécanismes de traçabilité des oeuvres qui transformeront le web, et donc notre principal instrument d'accès à la culture, en un immense réseau grillagé où seront entièrement placées sous contrôle non seulement nos habitudes de consommation, mais aussi nos habitudes de lecture. Une perspective qui fait peur et qui marquerait la fin de la bibliothèque.

= Comment définissez-vous le cyberespace?

C'est le nouveau territoire de la culture, un espace qui pourrait jouer le rôle de l'Agora dans la Grèce ancienne, mais à un niveau planétaire.

[EN] Robert Ware (Colorado)

#Creator of OneLook Dictionaries, a fast finder of words in 650 dictionaries

*Interview of September 2, 1998

= How do you see the growth of a multilingual Web?

On the personal side, I was almost entirely in contact with people who spoke one language and did not have much incentive to expand language abilities. Being in contact with the entire world has a way of changing that. And changing it for the better! I have been slow to start including non-English dictionaries (partly because I am monolingual). But you will now find a few included.

An interesting thing happened earlier and I think I learned something from it.

In 1994, I was working for a college and trying to install a software package on a particular type of computer. I located a person who was working on the same problem and we began exchanging email. Suddenly, it hit me… the software was written only 30 miles away but I was getting help from a person half way around the world. Distance and geography no longer mattered!

OK, this is great! But what is it leading to? I am only able to communicate in English but, fortunately, the other person could use English as well as German which was his mother tongue. The Internet has removed one barrier (distance) but with that comes the barrier of language.

It seems that the Internet is moving people in two quite different directions at the same time. The Internet (initially based on English) is connecting people all around the world. This is further promoting a common language for people to use for communication. But it is also creating contact between people of different languages and creates a greater interest in multilingualism. A common language is great but in no way replaces this need.

So the Internet promotes both a common language and multilingualism. The good news is that it helps provide solutions. The increased interest and need is creating incentives for people around the world to create improved language courses and other assistance and the Internet is providing fast and inexpensive opportunities to make them available.

[FR] Robert Ware (Colorado)

#Créateur de OneLook Dictionaries, un moteur permettant une recherche rapide dans 650 dictionnaires

Créé par Robert Ware, OneLook Dictionaries est un moteur de recherche puisant dans les quelque 3 millions de mots de 750 dictionnaires (chiffres 2001) traitant de sujets divers (affaires, argot, généralités, informatique et internet, médecine, religion, sciences, sports, technologie, etc.) dans diverses langues (en anglais, français, allemand, italien et espagnol). Son correspondant français est Dicorama.

*Entretien du 2 septembre 1998 (entretien original en anglais)

= Comment voyez-vous l'évolution vers un web multilingue?

A titre personnel, je suis presque uniquement en contact avec des gens qui ne pratiquent qu'une langue et ne sont pas très motivés pour développer leurs aptitudes linguistiques. Etre en contact avec le monde entier change cette approche des choses. Et la change en mieux! J'ai été long à inclure des dictionnaires non anglophones (en partie parce que je suis monolingue). Mais vous en trouverez maintenant quelques-uns.

Un fait intéressant s'est produit dans le passé qui a été très instructif pour moi.

En 1994, je travaillais pour un établissement scolaire et j'essayais d'installer un logiciel sur un modèle d'ordinateur particulier. J'ai trouvé une personne qui était en train de travailler sur le même problème, et nous avons commencé à échanger des courriers électroniques. Soudain, cela m'a frappé… Le logiciel avait été écrit à 40 km de là, mais c'était une personne située de l'autre côté de la planète qui m'aidait. Les distances et les considérations géographiques n'importaient plus!

En effet c'est épatant, mais à quoi cela nous mène-t-il? Je ne puis communiquer qu'en anglais mais, heureusement, mon correspondant pouvait utiliser aussi bien l'anglais que l'allemand qui était sa langue maternelle. L'internet a supprimé une barrière, celle de la distance, mais il subsiste la barrière de la langue, bien réelle.

Il semble que l'internet propulse simultanément les gens dans deux directions différentes. L'internet, anglophone à l'origine, relie les gens dans le monde entier. Par là même il favorise une langue commune pour communiquer. Mais il crée aussi des contacts entre des personnes de langues différentes et permet ainsi le développement d'un intérêt plus grand pour le multilinguisme. Si une langue commune est appréciable, elle ne remplace en aucun cas cette nécessité.

L'internet favorise ainsi à la fois une langue commune et le multilinguisme, et ceci est un facteur qui aide à trouver des solutions. L'intérêt croissant pour les langues et le besoin qu'on en a stimulent de par le monde la création de cours de langues et d'instruments d'aide linguistique, et l'internet fournit la possibilité de les rendre disponibles rapidement et à bon marché.

[FR] Russon Wooldridge (Toronto)

#Professeur au département d'études françaises de l'Université de Toronto et créateur de ressources littéraires librement accessibles en ligne

Professeur au département d'études françaises de l'Université de Toronto, Russon Wooldridge est créateur de sites dans le domaine des études françaises (voir son site professionnel, notamment "Summary of electronic publications"), dont le Net des études françaises. Il est également éditeur en ligne (revue, actes de colloques) et chercheur (histoire de la langue, évolution des médias du papier et du web).

[Entretien 08/02/2001 // Entretien 15/05/2001]

*Entretien du 8 février 2001

= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?

Aider les étudiants à vivre en français (cours de langue de première année du 1er cycle d'études, par exemple), à perfectionner leurs compétences linguistiques (cours de traduction de quatrième année du 1er cycle, par exemple), à approfondir leur connaissance de domaines spécifiques du savoir exprimés en français (cours et thèses de 2e et 3e cycles) et, à tous les niveaux, à se servir des outils appropriés. Mes activités de recherche, autrefois menées dans une tour d'ivoire, se font maintenant presque uniquement par des collaborations locales ou à distance.

= En quoi consiste exactement votre activité liée à l'internet?

Pour moi, c'est presque la même question. Tout mon enseignement exploite au maximum les ressources d'internet (le web et le courriel): les deux lieux communs d'un cours sont la salle de classe et le site du cours, sur lequel je mets tous les matériaux des cours. Je mets toutes les données de mes recherches des vingt dernières années sur le web (réédition de livres, articles, textes intégraux de dictionnaires anciens en bases de données interactives, de traités du 16e siècle, etc.). Je publie des actes de colloques, j'édite un journal, je collabore avec des collègues français, mettant en ligne à Toronto ce qu'ils ne peuvent pas publier en ligne chez eux. En mai 2000 j'ai organisé à Toronto un colloque international sur "Les études françaises valorisées par les nouvelles technologies". Tout cela se trouve sur mon site.

= Comment voyez-vous l'avenir?

Je me rends compte que sans internet mes activités seraient bien moindres, ou du moins très différentes de ce qu'elles sont actuellement. Donc je ne vois pas l'avenir sans. Mais il est crucial que ceux qui croient à la libre diffusion des connaissances veillent à ce que le savoir ne soit pas bouffé, pour être vendu, par les intérêts commerciaux. Ce qui se passe dans l'édition du livre en France, où on n'offre guère plus en librairie que des manuels scolaires ou pour concours (c'est ce qui s'est passé en linguistique, par exemple), doit être évité sur le web. Ce n'est pas vers les amazon.com qu'on se tourne pour trouver la science désintéressée. Sur mon site, je refuse toute sponsorisation.

= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?

J'imprime de moins en moins. Alors qu'il y a trois ans je distribuais encore beaucoup de papier à mes étudiants, depuis quelque temps je mets tout sur le web et c'est à eux d'imprimer, s'ils le souhaitent! Je n'envoie plus de papier à mes correspondants; je leur écris par courriel et, si j'ai un document à leur transmettre, je l'envoie en fichier attaché en format html. Je n'écris plus pour le papier mais uniquement pour le web. Je prends toujours plaisir, quand même, à lire un roman relié ou un journal sur papier, bien que je consulte régulièrement la presse en ligne.

= Les jours du papier sont-ils comptés?

Dangereux de jouer aux prophètes! Le sort de l'imprimé dépendra peut-être plus de facteurs écolo-économiques que de facteurs humains ou sociaux. Que peut faire en général le goût ou l'habitude face aux forces économiques? On peut constater que le coût du papier va en augmentant, que le nombre d'arbres va en diminuant, que la pollution croît tous les jours, qu'un ordinateur utilise de moins en moins d'électricité avec chaque nouveau modèle. La fabrication du papier est-elle, sera-t-elle, plus ou moins polluante et consommatrice de sources naturelles que la fabrication de l'électricité?

= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?

Il est certain que le livre électronique devient de plus en plus attrayant avec les progrès techniques, tout comme les jeux électroniques. Je dois avouer que je ne m'intéresse de près ni aux livres électroniques, ni aux jeux électroniques. Je lis en ligne pour mon travail, mais je préfère quitter mon ordinateur quand il s'agit de lire pour le plaisir.

= Quel est votre avis sur les débats relatifs au respect du droit d'auteur sur le web?

C'est une question importante, qui est loin d'être résolue. Je préfère parler de la propriété intellectuelle. On a le modèle du livre imprimé: si un auteur universitaire publie un livre sur papier, son institution n'en réclame pas la propriété, alors qu'il arrive qu'un livre publié sur un serveur institutionnel soit considéré comme appartenant à l'institution en question, ce qui est, à mon avis, injuste. A part cela, tout ce que l'auteur peut faire est de mettre un copyright à son nom sur les textes qu'il a écrits et qu'il publie en ligne et puis compter sur sa réputation pour que ses lecteurs "sérieux" en sachent la provenance. Le piratage a toujours existé: Voltaire voyait ses livres publiés anonymement en Hollande au 18e siècle, par exemple.

= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et malvoyants?

Je n'ai pas de compétence pour répondre à cette question. La technologie trouvera sûrement un moyen de rendre l'accès possible par chacun des cinq sens, l'odorat y compris.

= Comment définissez-vous le cyberespace?

Je travaille dans la même université que Marshall McLuhan autrefois (nos carrières se sont un moment croisées). Le "village global" qu'il entrevoyait à l'époque de la radio et de la télévision est devenu une réalité dans l'ère d'internet. Mais un village sans classes sociales (il n'y a pas de châtelain).

= Et la société de l'information?

Si on veut parler de "société" il ne peut pas être question d'une opposition "haves" vs. "have-nots" (munis vs. démunis), sauf dans la mesure où l'accès à l'information est plus ou moins libre ou limité d'un point de vue technologique ou économique, voire politique. Par exemple, l'accès à l'information en ligne est plus libre au Canada qu'en France, plus libre en France qu'en Algérie, etc. Internet est potentiellement un moyen pour que chacun puisse s'approprier son propre contrôle de l'information, qui n'est plus diffusée par les seuls canaux dirigistes, comme l'Edition ou l'Université, entre autres.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

Une lettre que j'ai reçue par courriel à propos de mon site sur le Dictionnaire de l'Académie française. Je la cite intégralement:

"Sujet: 'Bravo! mais encore un effort' / Bonjour, Je m'appelle Sophie, j'ai 10 ans, et je suis contente de trouver un dictionnaire sur internet. Mais je voudrais tout trouver, j'ai un exposé à faire sur la Fête du travail (1er mai) et ma requête n'a pas abouti… L'on voudrait tout trouver… Merci encore. Sophie"

= Et votre pire souvenir?

Voyons… (j'ai tendance à évacuer les mauvais souvenirs). Je pense ne pas avoir vraiment de "pire souvenir" en fait. Disons plutôt quelques déceptions quand je donne à X, Y et Z (et à d'autres) et que X, Y et Z ne donnent rien en retour. Je connais pas mal de "chercheurs" carriéristes. Stoïque et un peu cynique, j'observe d'un oeil désabusé, mais quand même dégoûté, le détournement mercantile de matériaux créés en premier lieu dans le but de les mettre librement en ligne (un cas particulier est documenté sur le site du projet d'informatisation du Dictionnaire de l'Académie française). La nature humaine est partout la même: la soif de pouvoir chez certains vs. le partage et le pouvoir individuel.

*Entretien du 15 mai 2001

= Quoi de neuf depuis notre dernier entretien?

Un pas de plus vers l'autonomisation de l'usager comme créateur de ressources en ligne: la dernière version de TACTweb, récemment installée sur un serveur de l'Université de Toronto, permet dorénavant de construire des bases interactives importantes comme les dictionnaires de la Renaissance (Estienne et Nicot; base RenDico), les deux principales éditions du Dictionnaire de l'Académie française (1694 et 1835), les collections de la Bibliothèque électronique de Lisieux (base LexoTor), les oeuvres complètes de Maupassant, ou encore les théâtres complets de Corneille, Molière, Racine, Marivaux et Beaumarchais (base Théâtre 17e-18e). À la différence de grosses bases comme Frantext ou ARTFL (American and French Research on the Treasury of the French Language) nécessitant l'intervention d'informaticiens professionnels, d'équipes de gestion et de logiciels coûteux, TACTweb, qui est un gratuiciel que l'on peut décharger en ligne et installer soi-même, peut être géré par le chercheur individuel créateur de ressources textuelles en ligne.

[FR] Denis Zwirn (Paris)

#Co-fondateur et PDG de Numilog, librairie en ligne de livres numériques

*Entretien du 19 février 2001

= Quelle est l'origine de Numilog?

Dès 1995, j'avais imaginé et dessiné des modèles de lecteurs électroniques permettant d'emporter sa bibliothèque avec soi et pesant comme un livre de poche. Début 1999, j'ai repris ce projet avec un ami spécialiste de la création de sites internet, en réalisant la formidable synergie possible entre des appareils de lecture électronique mobiles et le développement d'internet, qui permet d'acheminer les livres dématérialisés en quelques minutes dans tous les coins du monde.

= Pouvez-vous décrire l'activité de la société?

Numilog est d'abord une librairie en ligne de livres numériques. Notre site internet est dédié à la vente en ligne de ces livres, qui sont envoyés par courrier électronique ou téléchargés après paiement par carte bancaire. Il permet également de vendre des livres par chapitres.

Numilog est également un studio de fabrication de livres numériques: aujourd'hui, les livres numériques n'existent pas chez les éditeurs, il faut donc d'abord les fabriquer avant de pouvoir les vendre, dans le cadre de contrats négociés avec les éditeurs détenteurs des droits. Ce qui signifie les convertir à des formats convenant aux différents "readers" du marché: Acrobat Reader, Acrobat eBook Reader (que nous sommes les premiers en France à diffuser), et bientôt Microsoft Reader et les lecteurs électroniques du type Rocket eBook. Ce qui signifie également soigner leur mise en page numérique: la mise en page d'un livre numérique ne doit pas être la même que celle du livre papier correspondant si on veut proposer au lecteur une expérience de lecture confortable qui ne le déçoive pas.

Enfin, Numilog devient progressivement un diffuseur car, sur internet, il est important d'être présent en de très nombreux points du réseau pour faire connaître son offre. Pour les livres en particulier, il faut les proposer aux différents sites thématiques ou de communautés, dont les centres d'intérêt correspondent à leur sujet (sites de fans d'histoire, de management, de SF…). Numilog facilitera ainsi la mise en oeuvre de multiples "boutiques de livres numériques" thématiques.

= Pouvez-vous décrire le site web?

Le site www.numilog.com présente un catalogue thématique de livres numériques. Le site a été ouvert au public en septembre 2000 et propose 500 titres à la mi-février 2001 (et près de 650 en juin 2001, ndlr). Chaque mois, 50 à 100 titres nouveaux devraient y être ajoutés. Cette base de livres est accessible par un moteur de recherche. Chaque livre fait l'objet d'une fiche avec un résumé et un extrait. En quelques clics, il peut être acheté en ligne par carte bancaire, puis reçu par e-mail ou téléchargement. Début mars 2001, le site de Numilog sera relooké et présentera des fonctionnalités nouvelles, comme l'intégration d'une "authentique vente au chapitre" (les chapitres vendus isolément seront traités comme des éléments inclus dans la fiche-livre, et non comme d'autres livres) et la gestion très ergonomique des formats de lecture multiples. (Toutes ces fonctionnalités sont maintenant opérationnelles, ndlr.)

= Comment voyez-vous l'avenir?

Le développement attendu d'internet est une panacée qui possède suffisamment d'évidence pour ne pas y insister: il ne s'agit pas d'une mode, mais d'une révolution des moyens de communication qui présente des avantages objectifs tellement forts qu'on ne voit pas, sauf nouveau saut technologique inattendu, comment elle pourrait ne pas se répandre.

En ce qui concerne les livres numériques, selon Dirk Brass (Microsoft), dans les trente ans qui viennent, ils devraient représenter 90% des livres. Ce pari est moins certain que le précédent, mais ce n'est que parce qu'il indique une date. Je vois donc l'avenir de mes activités comme lié à ces deux anticipations: il s'agit de permettre à un public d'internautes de plus en plus large d'avoir progressivement accès à des bases de livres numériques aussi importantes que celles des livres papier, mais avec plus de modularité, de richesse d'utilisation et à moindre prix.

= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?

Numilog en tant qu'entreprise utilise encore beaucoup le papier dans la mesure où nous scannons de nombreux livres pour les numériser, mais il s'agit là d'une activité ayant pour but de faire disparaître la nécessité du papier!

A titre personnel, j'utilise encore beaucoup le papier dans la mesure où de nombreux documents ne sont pas encore disponibles sous forme numérique, la presse hebdomadaire notamment… et les livres, puisque le volume de titres disponibles à ce jour en format de lecture à l'écran est ridicule par rapport aux quelques 600.000 titres existant en français. Pour écrire et envoyer du courrier ou des documents, par contre, j'utilise très peu le papier: le couple traitement de texte / courrier électronique en a fait disparaître quasiment totalement l'utilité.

= Les jours du papier sont-ils comptés?

Je pense sincèrement que l'usage du papier devrait fortement régresser dans les dix à quinze ans qui viennent, grâce à toutes les techniques de rédaction, de lecture, et de communication numérique. Et cela aura un impact positif sur les forêts! Cela ne signifie pas qu'il disparaîtra, notamment si on parvient à réaliser des hybrides papier / numérique, grâce à des techniques telles que l'encre électronique. Mais il se peut dans ce cas qu'il soit concurrencé par d'autres types de matières souples présentant des qualités de robustesse et d'agrément tactile équivalente ou supérieure.

= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?

Le concept de livre électronique représente une extraordinaire avancée technologique et culturelle. Il doit permettre de faciliter la lecture et l'accès aux livres d'un très large public dans les années à venir. Ses principaux atouts sont la possibilité de transporter avec soi des dizaines de livres, de les lire dans des conditions de très bonne ergonomie en reproduisant l'agrément des livres traditionnels, tout en bénéficiant de nombreuses fonctionnalités de lecture absentes des livres traditionnels. Pour qu'il devienne un produit de consommation de masse, il faudra toutefois qu'il perde encore du poids et surtout que son prix soit attractif. En effet, le livre électronique stricto sensu est aujourd'hui concurrencé par des appareils que les gens achètent déjà massivement pour d'autres raisons que la lecture, mais qui peuvent servir de lecteurs électroniques grâce à des logiciels dédiés à la lecture: les assistants personnels (PDA) et les ordinateurs ultra-portables. Le coût marginal de la fonction "livre électronique" dans ces appareils est nul. Pour cette raison, je crois que l'avenir est à l'usage de plate-formes diversifiées selon les profils et les besoins des utilisateurs, et à une convergence progressive entre les lecteurs électroniques stricto sensu (qui intégreront des fonctions d'agendas) et les PDA (dont certains auront des écrans plus grands).

= Quel est votre avis sur les débats relatifs au respect du droit d'auteur sur le web?

Sur le plan juridique, une confusion est souvent faite entre la diffusion des oeuvres en réseau, l'accès à des sources d'information gratuites en ligne (mais qui ne sont pas des livres) et la vente d'exemplaires individuels de livres numériques. Il est de la responsabilité de chaque acteur du web de ne pas diffuser d'oeuvres sans l'accord de l'auteur, le web n'étant qu'un support de diffusion parmi d'autres. Dans une librairie en ligne, on achète un livre numérique comme un livre papier: après paiement et pour un usage individuel. Après le téléchargement, le code de la propriété intellectuelle s'applique à la version numérique au même titre qu'à la version papier de l'oeuvre: la reproduction n'est autorisée que pour l'usage privé de l'acheteur.

Le problème est donc exclusivement d'ordre technologique (….et civique): comment faire pour que ces droits soient effectivement respectés, compte tenu de la possibilité de copier un livre numérique et de l'envoyer à des amis? Plusieurs réponses sérieuses existent déjà. Les livres destinés aux lecteurs électroniques peuvent être cryptés de telle manière que seul un appareil désigné (ou plusieurs) puisse les lire. Ils ne peuvent en général pas être imprimés et sont donc en ce sens bien plus protecteurs que les livres papier, en évitant tout "photocopillage". En ce qui concerne les livres numériques pour ordinateurs, des solutions logicielles comparables ont été développées, par exemple par Adobe et par Microsoft, qui permettent de désigner un ordinateur ou un PDA comme support de lecture unique d'un livre. Des logiciels tels que Adobe Content Server proposent déjà des solutions plus sophistiquées, telles que la possibilité de définir un temps de lecture autorisée ou de prêter un livre numérique comme on prêterait un vrai livre.

= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et malvoyants?

L'usage de logiciels de reconnaissance vocale et la conception de sites web adaptés à ces logiciels est sans doute à terme la meilleure solution. En ce qui concerne les malvoyants, les livres numériques présentent l'intérêt de pouvoir agrandir fortement la police de caractères.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

Le jour de ma première connexion à domicile, le 31 décembre 1995: c'est un de mes plus beaux souvenirs de réveillon!

= [FR] Entretiens en français

(*) Entretiens traduits de l'anglais ou de l'espagnol.

Nicolas Ancion (Madrid) / Ecrivain et responsable éditorial de Luc Pire électronique

Alex Andrachmes (Europe) / Producteur audiovisuel, écrivain et explorateur d'hypertexte

Guy Antoine * (New Jersey) / Créateur de Windows on Haiti, site de référence sur la culture haïtienne

Silvaine Arabo (Poitou-Charentes) / Poète et plasticienne, créatrice de la cyber-revue Poésie d'hier et d'aujourd'hui

Arlette Attali (Paris) / Responsable de l'équipe "Recherche et projets internet" à l'Institut national de la langue française (INaLF)

Isabelle Aveline (Lyon) / Créatrice de Zazieweb, site consacré à l'actualité littéraire

Jean-Pierre Balpe (Paris) / Directeur du département hypermédias de l'Université de Paris 8

Emmanuel Barthe (Paris) / Documentaliste juridique chez Coutrelis & Associés, cabinet d'avocats, et modérateur de la liste de discussion Juriconnexion

Robert Beard * (Pennsylvanie) / Co-fondateur de yourDictionary.com, portail de référence pour les langues

Michael Behrens * (Bielefeld, Allemagne) / Responsable de la bibliothèque numérique de la Bibliothèque universitaire de Bielefeld

Michel Benoît (Montréal) / Ecrivain, utilise l'internet comme outil de recherche, de communication et d'ouverture au monde

Guy Bertrand & Cynthia Delisle (Montréal) / Respectivement directeur scientifique et consultante au Centre d'expertise et de veille inforoutes et langues (CEVEIL)

Olivier Bogros (Lisieux, Normandie) / Créateur de la bibliothèque électronique de Lisieux et directeur de la bibliothèque municipale

Christian Boitet (Grenoble) / Directeur du Groupe d'étude pour la traduction automatique (GETA), qui participe au Universal Networking Language Programme (UNLP)

Bernard Boudic (Rennes) / Responsable éditorial du serveur internet du quotidienOuest-France

Bakayoko Bourahima (Abidjan) / Documentaliste à l'Ecole nationale supérieure de statistique et d'économie appliquée (ENSEA)

Marie-Aude Bourson (Lyon) / Créatrice de la Grenouille Bleue et de Gloupsy, sites littéraires destinés aux nouveaux auteurs

Lucie de Boutiny (Paris) / Ecrivain papier et pixel. Auteur de Non, roman multimédia publié en feuilleton sur le web

Anne-Cécile Brandenbourger (Bruxelles) / Auteur de La malédiction du parasol, hyper-roman publié aux éditions 00h00.com

Alain Bron (Paris) / Consultant en systèmes d'information et écrivain.L'internet est un des personnages de son roman Sanguine sur toile.

Patrice Cailleaud (Paris) / Membre fondateur et directeur de la communication deHandiCaPZéro

Tyler Chambers * (Boston, Massachusetts) / Créateur de The Human-Languages Page (devenue iLoveLanguages en 2001) et de The Internet Dictionary Project

Pascal Chartier (Lyon) / Créateur de Livre-rare-book, site professionnel de livres d'occasion

Richard Chotin (Paris) / Professeur à l'Ecole supérieure des affaires (ESA) deLille

Alain Clavet (Ottawa) / Analyste de politiques au Commissariat aux langues officielles du Canada

Jean-Pierre Cloutier (Montréal) / Auteur des Chroniques de Cybérie, chronique hebdomadaire des actualités de l'internet

Jacques Coubard (Paris) / Responsable du site web du quotidien L'Humanité

Luc Dall'Armellina (Paris) / Co-auteur et webmestre d'oVosite, espace d'écritures hypermédias

Kushal Dave * (Yale) / Etudiant à l'Université de Yale

Emilie Devriendt (Paris) / Elève professeur à l'Ecole normale supérieure deParis et doctorante à l'Université de Paris 4-Sorbonne

Bruno Didier (Paris) / Webmestre de la bibliothèque de l'Institut Pasteur

Catherine Domain (Paris) / Créatrice de la librairie Ulysse, la plus ancienne librairie de voyage au monde

Helen Dry * (Michigan) / Modératrice de The Linguist List

Bill Dunlap * (Paris & San Francisco) / Fondateur de Global Reach, société qui favorise le marketing international en ligne

Pierre-Noël Favennec (Paris & Lannion, Bretagne) / Expert à la direction scientifique de France Télécom R&D et directeur de la collection technique et scientifique des télécommunications

Gérard Fourestier (Nice) / Créateur de Rubriques à Bac, bases de données destinées aux étudiants du premier cycle universitaire

Pierre François Gagnon (Montréal) / Créateur d'Editel, pionnier de l'édition littéraire francophone en ligne

Olivier Gainon (Paris) / Fondateur et gérant de CyLibris, maison d'édition littéraire en ligne

Jacques Gauchey (San Francisco) / Spécialiste en industrie des technologies de l'information, "facilitator" entre les Etats-Unis et l'Europe, journaliste

Raymond Godefroy (Valognes, Normandie) / Ecrivain-paysan, publie son recueilFables pour les années 2000 sur le web avant de le publier sur papier

Muriel Goiran (Rhône-Alpes) / Libraire à la librairie Decitre

Marcel Grangier (Berne) / Responsable de la section française des services linguistiques centraux de l'Administration fédérale suisse

Barbara Grimes * (Hawaii) / Directrice de publication de l'Ethnologue, une encyclopédie des langues

Michael Hart * (Illinois) / Fondateur du Project Gutenberg, qui est la plus ancienne bibliothèque numérique sur l'internet

Roberto Hernández Montoya (Caracas) / Responsable de la bibliothèque numérique du magazine électronique Venezuela Analítica

Randy Hobler * (Dobbs Ferry, New York) / Consultant en marketing internet, notamment chez Globalink, société spécialisée en produits et services de traduction

Eduard Hovy * (Marina del Rey, Californie) / Directeur du Natural Language Group de l'Université de Californie du Sud

Christiane Jadelot (Nancy) / Ingénieur d'études à l'Institut national de la langue française (INaLF)

Gérard Jean-François (Caen) / Directeur du centre de ressources informatiques de l'Université de Caen

Jean-Paul (Paris) / Webmestre du site hypermédia collectif Des cotres furtifs

Anne-Bénédicte Joly (Antony, région parisienne) / Ecrivain auto-éditant ses oeuvres et utilisant le web pour les faire connaître

Brian King * / Directeur du WorldWide Language Institute, qui est à l'origine deNetGlos, un glossaire multilingue de la terminologie de l'internet

Geoffrey Kingscott * (Londres) / Co-directeur du magazine en ligne LanguageToday

Steven Krauwer * (Utrecht, Pays-Bas) / Coordinateur d'ELSNET (European Network of Excellence in Human Language Technologies)

Gaëlle Lacaze (Paris) / Ethnologue et professeur d'écrit électronique dans un institut universitaire professionnalisé

Hélène Larroche (Paris) / Gérante de la librairie Itinéraires, spécialisée dans les voyages

Pierre Le Loarer (Grenoble) / Directeur du centre de documentation de l'Institut d'études politiques de Grenoble et chargé de mission TICE (technologies de l'information et de la communication pour l'éducation)

Fabrice Lhomme (Bretagne) / Créateur d'Une Autre Terre, site consacré à la science-fiction

Naomi Lipson (Paris & Tel-Aviv) / Ecrivain multimédia, traductrice et peintre

Philippe Loubière (Paris) / Traducteur littéraire et dramatique, spécialiste de la Roumanie

Pierre Magnenat (Lausanne) / Responsable de la cellule "gestion et prospective" du centre informatique de l'Université de Lausanne

Xavier Malbreil (Ariège, Midi-Pyrénées) / Auteur multimédia, créateur du site www.01.com, modérateur de la liste e-critures

Alain Marchiset (Paris) / Président du Syndicat de la librairie ancienne et moderne (SLAM)

Maria Victoria Marinetti (Annecy) / Professeur d'espagnol en entreprise et traductrice

Michael Martin * (Berkeley, Californie) / Créateur de Travlang, un site consacré aux voyages et aux langues

Tim McKenna * (Genève) / Ecrivain, s'interroge sur la notion complexe de "vérité" dans un monde en mutation constante

Emmanuel Ménard (Paris) / Directeur des publications de CyLibris, maison d'édition littéraire en ligne

Yoshi Mikami * (Fujisawa, Japon) / Créateur de The Languages of the World byComputers and the Internet, et co-auteur de Pour un web multilingue

Jacky Minier (Orléans) / Créateur de Diamedit, site de promotion d'inédits artistiques et littéraires

Jean-Philippe Mouton (Paris) / Fondateur et gérant de la société d'ingénierieIsayas

John Mark Ockerbloom * (Pennsylvanie) / Fondateur de The On-Line Books Page, répertoire de livres en ligne disponibles gratuitement

Caoimhín Ó Donnaíle * (Ile de Skye, Ecosse) / Webmestre du principal site d'information en gaélique écossais, avec une section sur les langues européennes minoritaires

Jacques Pataillot (Paris) / Conseiller en management chez Cap Gemini Ernst &Young

Nicolas Pewny (Annecy) / Créateur des éditions du Choucas

Hervé Ponsot (Toulouse) / Webmestre du site web des éditions du Cerf, spécialisées en théologie

Olivier Pujol (Paris) / PDG de la société Cytale et promoteur du Cybook, livre électronique

Anissa Rachef (Londres) / Bibliothécaire et professeur de français langue étrangère à l'Institut français de Londres

Peter Raggett * (Paris) / Directeur du centre de documentation et d'information(CDI) de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)

Patrick Rebollar (Tokyo) / Professeur de littérature française, créateur d'un site web de recherches et activités littéraires, modérateur de la liste de diffusion LITOR (littérature et ordinateur)

Jean-Baptiste Rey (Aquitaine) / Webmestre et rédacteur de Biblio On Line, un site web destiné aux bibliothèques

Philippe Rivière (Paris) / Rédacteur au Monde diplomatique et responsable du site web

Blaise Rosnay (Paris) / Webmestre du site du Club des Poètes

Jean-Paul Rousset Saint Auguste (Paris) / Journaliste spécialisé dans l'histoire des techniques

Bruno de Sa Moreira (Paris) / Co-fondateur des éditions 00h00.com, spécialisées dans l'édition numérique

Pierre Schweitzer (Strasbourg) / Architecte designer, concepteur d'@folio (support de lecture nomade) et de Mot@mot (passerelle vers les bibliothèques numériques)

Henri Slettenhaar * (Genève) / Professeur en technologies de communication à laWebster University

Murray Suid * (Palo Alto, Californie) / Ecrivain, travaille pour EDVantageSoftware, société internet de logiciels éducatifs

June Thompson * (Hull, Royaume-Uni) / Directeur du C&IT (Communications &Information Technology) Centre, basé à l'Université de Hull

Jacques Trahand (Grenoble) / Vice-président de l'Université Pierre Mendès France, chargé de l'enseignement à distance et des TICE (technologies de l'information et de la communication pour l'éducation)

Paul Treanor * (Pays-Bas) / Gère sur son site personnel une section consacrée à l'avenir des langues en Europe

Zina Tucsnak (Nancy) / Ingénieur d'études en informatique à l'ATILF (Analyses et traitements informatiques du lexique français)

François Vadrot (Paris) / Fondateur et PDG de FTPress (French Touch Press), société de cyberpresse

Christian Vandendorpe (Ottawa) / Professeur à l'Université d'Ottawa et spécialiste des théories de la lecture

Robert Ware * (Colorado) / Créateur de Onelook Dictionaries, un moteur permettant une recherche rapide dans 650 dictionnaires

Russon Wooldridge (Toronto) / Professeur au département d'études françaises de l'Université de Toronto et créateur de ressources littéraires librement accessibles en ligne

Denis Zwirn (Paris) / Co-fondateur et PDG de Numilog, librairie en ligne de livres numériques

= [EN] Interviews in English

(*) Interviews translated by Marie Lebert (with Greg Chamberlain).

Guy Antoine (New Jersey) / Founder of Windows on Haiti, a source of positive information about Haitian culture

Arlette Attali * (Paris) / Head of Research and Internet Projects at the INaLF(Institut national de la langue française - National Institute of the FrenchLanguage)

Robert Beard (Pennsylvania) / Co-Founder of yourDictionary.com, a major language portal

Michael Behrens (Bielefeld, Germany) / In charge of the digital library ofBielfeld University Library

Guy Bertrand & Cynthia Delisle * (Montreal) / Respectively scientific director and consultant at the CEVEIL (Centre d'expertise et de veille inforoutes et langues - Centre for Assessment and Monitoring of Information Highways and Languages)

Alain Bron * (Paris) / Information systems consultant and writer. The Internet is one of the "characters" of his novel Sanguine sur toile (Sanguine on the Web)

Tyler Chambers (Boston) / Creator of The Human-Languages Page (who became iLoveLanguages in 2001) and The Internet Dictionary Project

Alain Clavet * (Ottawa) / Policy analyst with the Office of the Commissioner of the Official Languages in Canada

Jean-Pierre Cloutier * (Montreal) / Editor of Chroniques de Cybérie, a weekly report of Internet news

Kushal Dave * (Yale) / Student at Yale University

Bruno Didier * (Paris) / Webmaster of the Institute Pasteur Library

Catherine Domain * (Paris) / Founder of the Ulysses Bookstore (LibrairieUlysse), the oldest travel bookstore in the world

Helen Dry (Michigan) / Moderator of The Linguist List

Bill Dunlap (Paris & San Francisco) / Founder of Global Reach, a methodology for companies to expand their Internet presence through a multilingual website

Jacques Gauchey * (San Francisco) / Specialist in the information technology industry, "facilitator" between the United States and Europe, and journalist

Marcel Grangier * (Bern) / Head of the French Section of the Swiss FederalGovernment's Central Linguistic Services

Barbara F. Grimes (Hawaii) / Editor of Ethnologue: Languages of the World

Michael Hart (Illinois) / Founder of Project Gutenberg, the oldest digital library on the Internet

Roberto Hernández Montoya * (Caracas) / Head of the digital library of the electronic magazine Venezuela Analítica

Randy Hobler (Dobbs Ferry, New York) / Internet Marketing Consultant. Worked atGlobalink, a company specialized in language translation software and services

Eduard Hovy (Marina del Rey, California) / Head of the Natural Language Group at the Information Sciences Institute of the University of Southern California (USC/ISI)

Christiane Jadelot * (Nancy, France) / Researcher at the INaLF (Institut national de la langue française - National Institute of the French Language)

Jean-Paul * (Paris) / Webmaster of cotres furtifs (Furtive Cutter Ships), a website that tells stories in 3D

Brian King / Director of the WorldWide Language Institute, who initiated NetGlos(The Multilingual Glossary of Internet Terminology)

Geoffrey Kingscott (London) / Co-editor of the online magazine Language Today

Steven Krauwer (Utrecht, Netherlands) / Coordinator of the European Network ofExcellence in Human Language Technologies (ELSNET)

Michael Martin (Berkeley, California) / Founder and president of Travlang, a site dedicated both to travel and languages

Tim McKenna (Geneva) / Thinks and writes about the complexity of truth in a world of flux

Yoshi Mikami (Fujisawa, Japan) / Creator of The Languages of the World byComputers and the Internet, and co-author of The Multilingual Web Guide

John Mark Ockerbloom (Pennsylvania) / Founder of The On-Line Books Page, listing freely-available online books

Caoimhín P. Ó Donnaíle (Island of Skye, Scotland) / Maintains a list of european minority languages on the main website with information on Scottish Gaelic

Jacques Pataillot * (Paris) / Management Consultant with the firm Cap GeminiErnst & Young

Peter Raggett (Paris) / Head of the Centre for Documentation and Information(CDI) of the Organisation for Economic Co-operation and Development (OECD)

Henri Slettenhaar (Geneva) / Professor in communication technology at WebsterUniversity

Murray Suid (Palo Alto, California) / Writer, works for EDVantage Software, anInternet company specialized in educational software

June Thompson (Hull, United Kingdom) / Manager of the C&IT (Communications &Information Technology) Centre at the University of Hull

Paul Treanor (Netherlands) / Created a personal website with a section on the future of languages in Europe

François Vadrot * (Paris) / Founder, chairman and managing director of FTPress(French Touch Press), a cybermedia company

Robert Ware (Colorado) / Creator of Onelook Dictionaries, a fast finder of words in 650 dictionaries

= [ES] Entrevistas en español

(*) Entrevistas traducidas por Marie Lebert (con Maria Victoria Marinetti).

Guy Antoine * (Nueva Jersey) / Creador de Windows on Haiti, fuente de información sobre la cultura haitiana

Alain Bron * (Paris) / Consultor en sistemas de información y escritor. Internet es uno de los personajes de su novela Sanguine sur toile (Sanguínea sobre la Red)

Jean-Pierre Cloutier * (Montreal) / Autor de las Chroniques de Cybérie, una crónica semanal de las noticias de Internet

Bruno Didier * (Paris) / Webmaster de la Biblioteca del Instituto Pasteur

Catherine Domain * (Paris) / Creadora de la Librería Ulysse, la más antigua librería de viaje en el mundo

Michael Hart * (Illinois) / Fundador del Proyecto Gutenberg, la ciberbiblioteca más antigua de Internet

Roberto Hernández Montoya (Caracas) / Director de La BitBiblioteca, la biblioteca digital de la revista electrónica Venezuela Analítica

Maria Victoria Marinetti (Annecy, Francia) / Profesora de español para empresas, y traductora

John Mark Ockerbloom * (Pennsylvania) / Fundador de The On-Line Books Page, un repertorio de libros en línea disponibles gratuitamente

Jacques Pataillot * (Paris) / Consultor en management en la firma Cap GeminiErnst & Young

Peter Raggett * (Paris) / Director del Centro de Documentación y de Información(CDI) de la Organización de Cooperación y Desarrollo Económicos (OCDE)

François Vadrot * (Paris) / Creador, presidente y director general de FTPress(French Touch Press), una firma de ciberprensa

= [DE] Interviews auf deutsch

Bruno Didier * (Paris) / Webmaster der Bibliothek des Instituts Pasteur

Copyright © 2001 Marie Lebert


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