Chapter 15

Cette notice biographique fut insérée par l'auteur dans sonHistoire de la Réforme en Pologne, (vol. 2, p. 334, etc.). Il saisit avec empressement l'occasion de la reproduire, car ses sentiments et ses opinions à cet égard sont restés les mêmes.172: Les Varègues étaient des aventuriers scandinaves et anglo-saxons, qui servaient en qualité de gardes-du-corps à Constantinople. On a assigné plusieurs origines au nom de Russe; mais la plus vraisemblable est celle qui le fait dériver deRhos,Rotses, ouRouotses, nom donné aux Suédois par les Finois, qui jadis avaient plus de relations avec leRoslagenqu'avec toute autre contrée de la Suède. Les Slaves adoptèrent ce nom, en usage chez les Finois, qui vivaient entre eux et la Suède.173: Les Khozars, nation asiatique vivant le long des côtes occidentales de la mer Caspienne, sont mentionnés pour la première fois en 626, époque à laquelle l'empereur Héraclius conclut un traité d'alliance avec leur monarque, qui se joignit à lui, à la tête d'une armée considérable, dans cette guerre mémorable où Héraclius défit complètement les Persans. Depuis ce temps, les Khosars restèrent les fidèles alliés de Constantinople, et les empereurs mirent tout en œuvre pour maintenir cette alliance précieuse. Les Khozars occupaient tout le pays situé entre les rives du Volga, la mer d'Azof et la Crimée, et avaient poussé leurs conquêtes vers le Nord, jusqu'aux bords de l'Oka. Leur capitale, appelée Balangiar ou Ateb, était située à l'embouchure du Volga. Ils possédaient plusieurs autres villes célèbres par leur commerce; les raffinements de la civilisation byzantine n'étaient pas inconnus à leurs mœurs. Vers le milieu duVIIIesiècle, leurs souverains embrassèrent le Judaïsme; mais, un siècle plus tard, il furent convertis au Christianisme par le même Cyrille et le même Méthodius, qui devinrent ensuite les apôtres des Slaves. L'empire des Khozars, affaibli par les attaques continuelles des Mahométans et par d'autres circonstances malheureuses, fut détruit en 1016 par les Grecs, ses anciens alliés.174: Il est remarquable que la campagne russe de 1828 et de 1829 fut dirigée exactement d'après le plan suivi par l'expédition de Yaroslav, en 1043.175: Un évêque de l'Église nationale russe de Mohiloff, appelé Barlaam, homme d'une vaste érudition, se déclara en 1812, lors de l'occupation de cette ville par les Français, pour le nouvel ordre de choses, et fit chanter unTe Deumà l'occasion de l'occupation de Moscou par les armées de Napoléon. Il fut déposé par le gouvernement russe, et confiné dans un couvent.176: Je ne parle ici que des Chrétiens, car il y a eu beaucoup de prosélytes juifs parmi les païens. Les Iduméens avaient été convertis par Hérode le Grand, et j'ai déjà parlé des Khozars.177: Les horribles scènes dont nous avons parlé dans le texte, sont non-seulement décrites par les écrivains religieux de Russie qui ont pris la plume contre lesRaskolniky, elles sont encore rapportées par les savants voyageurs qui ont exploré les provinces les plus reculées de la Russie pendant le dernier siècle, tels que Gmelin, Pallas, Géorgie, Lepekbine, etc. Le baron Haxthausen, qui a habité la Russie en 1843, dit qu'il y a quelques années, un certain nombre de ces fanatiques se donnèrent rendez-vous sur une propriété appartenant à un M. Gourieff, située sur la rive gauche du Volga, résolus à s'offrir en sacrifice en s'entretuant. Après quelques rites préparatoires, cet horrible dessein fut mis à exécution. Trente-six individus étaient tombés sous le fer meurtrier, quand l'amour de la vie se réveilla dans le cœur d'une jeune femme, qui s'enfuit vers un village voisin et donna l'alarme. On accourut sur le théâtre de ce sanglant holocauste; mais l'on trouva quarante-sept individus étendus sans vie, et deux de ces meurtriers fanatiques encore debout. Ils furent pris et subirent le châtiment du knout; mais chaque coup reçu leur arrachait un cri de triomphe, joyeux qu'ils étaient de souffrir le martyre.178: Les mêmesRaskolnikyconsidèrent comme péchés d'autres choses prohibées par leStoglav, comme par exemple de manger du lièvre, atteler avec un seul timon, etc.179: Tout le monde sait qu'en Russie la capitation est perçue sur la population mâle, appeléeâmesdans le style officiel.180: L'auteur de cet ouvrage apprit en 1830, de la bouche d'un haut fonctionnaire russe, que le nombre des Raskolniky, de toutes catégories, pouvait s'élever à cinq millions, et qu'il allait sans cesse en augmentant. Cela ne se dit pourtant que des classes inférieures de la société; car, bien qu'il y ait parmi eux de riches commerçants, leurs enfants, qui ont reçu une meilleure éducation, se rallient presque invariablement à l'Église nationale.181: Un manuscrit russe de 1523, récemment découvert, renferme un exposé d'un auteur inconnu, dans lequel on trouve ce passage remarquable: «Il y a des chrétiens qui croient àPéroun, dieu de la foudre, àKhorsetMokosh, àSimet àRegl, et auxVilas, qui, au dire de ce peuple ignorant, sont trois fois neuf sœurs. Ils les croient tous dieux et déesses, leur font des offrandes dekorovayet leur sacrifient des poules; ils adorent le feu, ils l'appellentSvarojitch. Les trois premières divinités avaient, suivant Nestor, leurs idoles à Kioff avant l'introduction du Christianisme. On ne sait rien deSimni deRegl. La croyance à l'existence desVilas, ou fées bienfaisantes, est encore aujourd'hui une des superstitions des Morlaques en Dalmatie.Korovayest le nom du gâteau de noces dans plusieurs contrées slaves. Le motSvarojitch, appliqué au feu par ses adorateurs, est le nom patronymique de Svarog[181-A], le Vulcain des anciens Slaves. Il est très probable que les rites secrets des Raskolniky ne sont rien autre chose que la continuation de l'ancienne idolâtrie slave, à laquelle le manuscrit fait allusion.181-A: La ressemblance de ce mot avecSuryaetSourug, noms indiens du soleil, est l'un des indices de l'origine asiatique des Slaves.182: Ces détails sont tirés, en partie, de l'ouvrage du baron Haxthausen,Studien über Russland. L'auteur de cette esquisse vint à se trouver, en 1820, à Bobrouisk, forteresse sur la Bérésina, où, peu de temps auparavant, un missionnaire, arrivé de l'intérieur de la Russie, avait déterminé une centaine de soldats à s'unir à cette secte, dans les formes requises. Il fut condamné à recevoir le knout, et ses convertis furent transportés en Sibérie.183: Ces sectaires sont accusés des extravagances coupables attribuées aux Adamites; l'on dit que la police de Moscou surprit l'un de leurs conciliabules en 1840, et qu'il fut prouvé, par l'enquête faite en conséquence de cette découverte, que les Khlestovstchiki, ne représentent qu'un degré inférieur ou préparatoire de la secte des Skoptzi; qu'ils mettent la femme en commun, bien que, pour le cacher, ils vivent en couples mariés par des prêtres de l'Église établie. C'est un fait constant qu'à leurs assemblées ils se trémoussent souvent jusqu'à ce qu'ils tombent d'épuisement; mais ces extravagances se retrouvent dans la Grande-Bretagne et en Amérique.Les Flagellants du moyen-âge avaient été accusés des folies criminelles imputées aux Khlestovstchiki; il serait possible que, dans les deux cas, ce fût le résultat naturel d'une surexcitation d'imagination, produite par l'excès des mortifications.184: DeDoukh, esprit ou âme dans tous les dialectes slaves, etBoretz, lutteur ou combattant.185: C'était là exactement la doctrine des Patarins de la Bosnie.186: Le chevalier Saint-Martin naquit en 1743 et mourut en 1803. Ses principaux ouvrages sont:de l'Erreur et de la Vérité, etdes Rapports entre Dieu, l'Homme et la Nature. On trouve un aperçu de sa vie et de ses ouvrages dans laBiographie universelle.187: Père d'Alexandre et de Nicolas Tourghénéff, tous les deux bien connus à l'étranger.188: Quelle qu'ait pu être la conduite de Paul en général, et l'on ne saurait douter du désordre mental qui influençait le plus souvent ses actions, les Polonais n'oublieront jamais ses procédés vraiment chevaleresques envers Kosciuszko, à qui il vint apporter lui-même la nouvelle de sa liberté, en attestant que, s'il avait été sur le trône, la Pologne n'eût pas été détruite. Le même monarque, immédiatement après son avènement, consentit en faveur des provinces polonaises saisies par sa mère, au maintien du langage national, des lois et de l'administration locales.189: Peu d'exemples peut-être fournissent une plus forte preuve de l'influence dégradante du despotisme, que celui du comte Rostopchine, lors de l'incendie de Moscou en 1812. Cet acte de patriotisme, par lequel une nation voua sa propre capitale aux flammes pour délivrer le pays d'un agresseur étranger, mérite l'admiration sincère de tout vrai patriote, dussent-ce même les intérêts de sa propre patrie en avoir souffert, comme celle de l'auteur. C'est là, en effet, une cause de juste orgueil pour tous les Russes, mais principalement pour l'acteur principal de ce terrible drame qui n'était autre que Rostopchine, et cependant la servilité du courtisan étouffa dans le cœur de cet homme la grandeur du héros. Ayant appris que l'empereur Alexandre n'approuvait pas l'idée de la destruction de Moscou par les Russes eux-mêmes, bien que cette idée fût convertie en fait, Rostopchine publia un pamphlet en français désavouant cette action héroïque et attribuant l'incendie de la capitale russe aux Français. Hélas! faut-il, de nos jours, avoir vu une nation désavouer, sous l'influence du despotisme, une action que toute autre eût revendiquée avec orgueil!190: La Russie, plongée dans l'anarchie et en guerre avec la Pologne par suite de la rupture du traité conclu par Zolkiewski, fut à deux doigts de sa perte. Elle dut son salut au patriotisme de Minine, bourgeois de Nijni-Novogorod, et du prince Pojarski, qu'il excita à ce mettre à la tête d'une force armée.191: Karamsin a fait remarquer justement que l'avènement de Vladislav eût changé le sort de la Russie en affaiblissant l'autocratie, et peut-être la face de toute l'Europe eût-elle été modifiée, si le père de ce prince, le roi Sigismond, avait eu en partage la sagesse de Zolkiewski. Malheureusement nous avons vu qu'il n'en était pas ainsi. Zolkiewski ne put obtenir de Sigismond la confirmation de son traité; il se retira de dégoût et ne prit plus aucune part aux affaires concernant la Russie. Il laissa le lieu de sa retraite quand le pays fut menacé par les Turcs, et périt dans une bataille qu'il leur livra en 1620.192: Une étude très intéressante sur ces sectes se trouve dans l'ouvrage de sir Gardner Wilkinson:la Dalmatie et le Montenegro, vol.II, p. 97.193: Le cabinet russe, en obtenant à plusieurs reprises, du gouvernement français, l'expulsion de quelques réfugiés polonais, de Paris ou même de la France, avait en vue un objet assurément plus important que de vexer simplement ces individus. La diplomatie russe est trop sage pour condescendre à des actes aussi puérils d'oppression, afin d'empêcher ces réfugiés de s'abandonner à un esprit permanent d'hostilité contre la Russie; car elle sait bien que, chassés de France, ils peuvent recommencer en Angleterre ou en Belgique, et que son intervention ne servirait qu'à produire sur le public français une impression défavorable contre elle. Son véritable but, en obtenant du gouvernement français ces actes de condescendance à ses désirs, était de montrer à la Pologne le pouvoir de l'influence russe en France, afin que les Polonais comprissent bien qu'ils n'avaient rien à attendre de ce gouvernement. Sa politique a complètement réussi sur ce point, et nous devons ajouter qu'elle a rendu un grand service aux Polonais, en détruisant une illusion dangereuse qui leur a fait beaucoup de mal en plus d'une occasion.194: Le principal motif de l'hostilité manifestée à Posen contre le moderne réformateur Czerski, a été celui que le parti auquel il appartenait était désigné par le nom de catholiques allemands, et que les extravagances de Rongé et d'autres meneurs du mouvement religieux qu'ils avaient créé, étaient attribuées à tous les sectateurs. Il a donc été facile de représenter la tendance de Czerski comme anti-nationale et irréligieuse.195: C'est un proche parent du Hongrois Kossuth, qui n'est qu'un Slave madgyarisé.196: Rome, avec sa sagacité habituelle, prévit le danger qui menaçait sa domination en Pologne, si ce pays était rendu à l'indépendance. De là le Bref auquel nous faisons allusion dans le texte, adressé en 1852 aux évêques de Pologne par Grégoire XVI, qui condamnait en termes violents la tentative que la nation avait faite l'année précédente pour recouvrer son indépendance. Le même Bref en mentionne un autre d'une teneur semblable, envoyé au pays dans le temps le plus orageux de sa lutte, mais qui n'atteignit pas sa destination, ainsi que le pape s'en plaint. Nous pensons toutefois que cette plainte n'est pas dénuée de fondement, et, bien que le Bref en question n'ait pas été proclamé publiquement, il doit avoir circulé parmi quelques membres du clergé; car il est bien connu que les moines de l'ordre des Missionnaires, particulièrement dévoués à Rome, refusèrent l'absolution aux soldats polonais pour s'être battus contre l'empereur de Russie. LaGazette officiellede Rome, qui s'était abstenue de toute censure contre l'insurrection polonaise aussi long-temps que la lutte avait duré, éclata, après sa malheureuse issue, en injures les plus grossières contre les patriotes qui y avaient pris part, et à la bravoure desquels leurs adversaires politiques eux-mêmes ont rendu justice. Le pape avait, en effet, de bonnes raisons pour redouter le succès de l'insurrection polonaise, car il y avait déjà en voie de circulation, parmi plusieurs jeunes ecclésiastiques, un plan d'émancipation et de Réforme de l'Église polonaise sur les principes suivants: Séparation complète d'avec Rome, service divin en langue nationale au lieu du latin, permission de mariage au clergé, etc.; la hiérarchie était conservée et le dogme de la transsubstantiation, de même que la confession auriculaire, abandonnés à la conscience de chacun. La persécution de l'Église grecque unie à Rome par le gouvernement russe, et la tendance du gouvernement prussien à germaniser le gouvernement de Posen, ont considérablement fortifié dans ces régions l'attachement du peuple à l'Église catholique, et le progrès de la religion évangélique n'y a plus d'autre chance aujourd'hui que l'établissement très éventuel d'institutions libres.197: «De cette source corrompue de l'indifférentisme, découle cette opinion absurde et erronée ou plutôt cette démence (deliramentum) que la liberté de conscience devrait être maintenue et assurée. La voie est ouverte à cette très pernicieuse erreur, par cette liberté d'opinions sans frein ni limites, qui se répand au loin au grand détriment de la société civile et religieuse, quelques individus prétendant avec la dernière imprudence que la cause de la religion ne peut que gagner à cette indépendance de l'esprit. Mais saint Augustin l'a dit: «Que peut-il y avoir de plus mortel pour l'âme que la liberté d'erreur!» Et, en effet, ôtez à l'homme le frein qui le retient dans le sentier de la vérité, sa nature, portée au mal, tombe dans le précipice toujours ouvert sous ses pas; nous pouvons dire que l'abîme sans fond d'où saint Jean vit s'élever une épaisse fumée et s'élancer les sauterelles qui obscurcirent le soleil avant de dévaster la terre, s'est ouvert de nouveau. De là le désordre des esprits, une plus grande corruption de la jeunesse, un mépris des choses sacrées et des lois les plus saintes, répandu parmi le peuple, en un mot le fléau le plus mortel à la société, ainsi que le prouve l'expérience des âges les plus reculés, où nous voyons les États les plus florissants en gloire, en richesses et en puissance tomber par ce seul germe de destruction—une liberté immodérée d'opinions et de paroles et l'amour de la nouveauté.»À cet ordre de choses appartient cette liberté funeste, détestable et à jamais exécrable, de la liberté de la librairie, de publier quelque écrit que ce soit, liberté que quelques individus osent réclamer et soutenir par tous les moyens. Nous sommes terrifiés, vénérables Frères, à la vue des doctrines monstrueuses ou plutôt des erreurs qui menacent de submerger notre Église et qui sont semées en tous lieux au moyen d'une multitude de livres, de pamphlets et de toutes sortes de publications, petits en taille, mais immenses en malice, et dont la malédiction qui en sort s'étend sur toute la terre. Il y a cependant, chose bien pénible à dire! des hommes qui sont arrivés à un tel degré d'impudence, qu'ils soutiennent obstinément que le déluge d'erreurs qui provient de cette source, est suffisamment compensé par un livre, en défense de la vérité de la religion, qui vient apparaître accidentellement au milieu de ce flot de perversité. Il est incontestablement contraire à toutes les idées de justice, de permettre un mal certain parce qu'il y aurait espoir d'en retirer un bien présumable. Maintenant, quel homme de sang-froid dira que les poisons devraient circuler librement, être vendus publiquement et colportés, et même bus, parce qu'il existe un remède qui peut quelquefois sauver de la destruction ceux qui en prennent! La discipline de l'Église, pour détruire les mauvais livres, a été toute différente depuis le temps des apôtres, dont nous lisons qu'ils brûlèrent un grand nombre de livres (Actes 19); il suffit de parcourir les lois qui ont été faites à ce sujet par le cinquième concile de Latran, et par la constitution publiée ensuite par Léon X, notre prédécesseur d'heureuse mémoire, disantque ce qui avait été créé avec sagesse pour la propagation de la foi et des sciences utiles, ne devait pas être perverti et devenir préjudiciable au salut des fidèles. Ce fut aussi l'objet principal de l'examen des pères du concile de Trente, qui, pour remédier à un pareil mal, publièrent un décret salutaire, ordonnant de mettre à l'index tous les livres qui contiendraient des doctrines impures.Il est nécessaire de combattre vigoureusement, disait Clément XIII, notre prédécesseur d'heureuse mémoire, dans ses lettres encycliques sur la proscription des livres pernicieux, il est nécessaire de combattre vigoureusement tant que les circonstances l'exigeront, afin de détruire le poison mortel de tant de livres, car l'erreur ne disparaîtra jamais, à moins que les criminels éléments du mal ne soient livrés aux flammes. Il est donc suffisamment évident, d'après la sollicitude constante avec laquelle ce saint siége apostolique s'est efforcé, à travers les âges, de condamner les livres pernicieux et suspects et de les arracher de la main des hommes, combien est fausse, téméraire, injurieuse au siége apostolique, et féconde en maux de toutes sortes pour les chrétiens, la doctrine de ceux qui non-seulement rejettent la censure des livres comme une mesure oppressive, mais sont arrivés même à un tel degré de perversité, qu'ils la représentent comme opposée aux principes d'équité et de justice, et osent refuser à l'Église le droit de l'établir et de l'exercer.»198: Lamennais, qui avait rendu d'immenses services à la cause de Rome par sa plume éloquente, reconnut enfin ses illusions; mais, malheureusement, il tomba dans un autre extrême.199: Tels furent, par exemple, les écrivains politiques allemands bien connus, Haller, Jarcke, Philips, etc.200: La préface de ce livre est datée de 1817.201: Le royaume de la Grande-Moravie ne comprenait pas seulement la province qui porte actuellement le nom de Moravie, il s'étendait aussi sur la plus grande partie de la Hongrie actuelle et sur quelques autres contrées adjacentes.202: Voyez l'appendiceA.203:De administrando imperio, part. ij, chap.LVJ.204: Sir Gardner Wilkinson, dans son ouvrage sur la Dalmatie et Montenegro, vol.II, p. 453.

Cette notice biographique fut insérée par l'auteur dans sonHistoire de la Réforme en Pologne, (vol. 2, p. 334, etc.). Il saisit avec empressement l'occasion de la reproduire, car ses sentiments et ses opinions à cet égard sont restés les mêmes.

172: Les Varègues étaient des aventuriers scandinaves et anglo-saxons, qui servaient en qualité de gardes-du-corps à Constantinople. On a assigné plusieurs origines au nom de Russe; mais la plus vraisemblable est celle qui le fait dériver deRhos,Rotses, ouRouotses, nom donné aux Suédois par les Finois, qui jadis avaient plus de relations avec leRoslagenqu'avec toute autre contrée de la Suède. Les Slaves adoptèrent ce nom, en usage chez les Finois, qui vivaient entre eux et la Suède.

173: Les Khozars, nation asiatique vivant le long des côtes occidentales de la mer Caspienne, sont mentionnés pour la première fois en 626, époque à laquelle l'empereur Héraclius conclut un traité d'alliance avec leur monarque, qui se joignit à lui, à la tête d'une armée considérable, dans cette guerre mémorable où Héraclius défit complètement les Persans. Depuis ce temps, les Khosars restèrent les fidèles alliés de Constantinople, et les empereurs mirent tout en œuvre pour maintenir cette alliance précieuse. Les Khozars occupaient tout le pays situé entre les rives du Volga, la mer d'Azof et la Crimée, et avaient poussé leurs conquêtes vers le Nord, jusqu'aux bords de l'Oka. Leur capitale, appelée Balangiar ou Ateb, était située à l'embouchure du Volga. Ils possédaient plusieurs autres villes célèbres par leur commerce; les raffinements de la civilisation byzantine n'étaient pas inconnus à leurs mœurs. Vers le milieu duVIIIesiècle, leurs souverains embrassèrent le Judaïsme; mais, un siècle plus tard, il furent convertis au Christianisme par le même Cyrille et le même Méthodius, qui devinrent ensuite les apôtres des Slaves. L'empire des Khozars, affaibli par les attaques continuelles des Mahométans et par d'autres circonstances malheureuses, fut détruit en 1016 par les Grecs, ses anciens alliés.

174: Il est remarquable que la campagne russe de 1828 et de 1829 fut dirigée exactement d'après le plan suivi par l'expédition de Yaroslav, en 1043.

175: Un évêque de l'Église nationale russe de Mohiloff, appelé Barlaam, homme d'une vaste érudition, se déclara en 1812, lors de l'occupation de cette ville par les Français, pour le nouvel ordre de choses, et fit chanter unTe Deumà l'occasion de l'occupation de Moscou par les armées de Napoléon. Il fut déposé par le gouvernement russe, et confiné dans un couvent.

176: Je ne parle ici que des Chrétiens, car il y a eu beaucoup de prosélytes juifs parmi les païens. Les Iduméens avaient été convertis par Hérode le Grand, et j'ai déjà parlé des Khozars.

177: Les horribles scènes dont nous avons parlé dans le texte, sont non-seulement décrites par les écrivains religieux de Russie qui ont pris la plume contre lesRaskolniky, elles sont encore rapportées par les savants voyageurs qui ont exploré les provinces les plus reculées de la Russie pendant le dernier siècle, tels que Gmelin, Pallas, Géorgie, Lepekbine, etc. Le baron Haxthausen, qui a habité la Russie en 1843, dit qu'il y a quelques années, un certain nombre de ces fanatiques se donnèrent rendez-vous sur une propriété appartenant à un M. Gourieff, située sur la rive gauche du Volga, résolus à s'offrir en sacrifice en s'entretuant. Après quelques rites préparatoires, cet horrible dessein fut mis à exécution. Trente-six individus étaient tombés sous le fer meurtrier, quand l'amour de la vie se réveilla dans le cœur d'une jeune femme, qui s'enfuit vers un village voisin et donna l'alarme. On accourut sur le théâtre de ce sanglant holocauste; mais l'on trouva quarante-sept individus étendus sans vie, et deux de ces meurtriers fanatiques encore debout. Ils furent pris et subirent le châtiment du knout; mais chaque coup reçu leur arrachait un cri de triomphe, joyeux qu'ils étaient de souffrir le martyre.

178: Les mêmesRaskolnikyconsidèrent comme péchés d'autres choses prohibées par leStoglav, comme par exemple de manger du lièvre, atteler avec un seul timon, etc.

179: Tout le monde sait qu'en Russie la capitation est perçue sur la population mâle, appeléeâmesdans le style officiel.

180: L'auteur de cet ouvrage apprit en 1830, de la bouche d'un haut fonctionnaire russe, que le nombre des Raskolniky, de toutes catégories, pouvait s'élever à cinq millions, et qu'il allait sans cesse en augmentant. Cela ne se dit pourtant que des classes inférieures de la société; car, bien qu'il y ait parmi eux de riches commerçants, leurs enfants, qui ont reçu une meilleure éducation, se rallient presque invariablement à l'Église nationale.

181: Un manuscrit russe de 1523, récemment découvert, renferme un exposé d'un auteur inconnu, dans lequel on trouve ce passage remarquable: «Il y a des chrétiens qui croient àPéroun, dieu de la foudre, àKhorsetMokosh, àSimet àRegl, et auxVilas, qui, au dire de ce peuple ignorant, sont trois fois neuf sœurs. Ils les croient tous dieux et déesses, leur font des offrandes dekorovayet leur sacrifient des poules; ils adorent le feu, ils l'appellentSvarojitch. Les trois premières divinités avaient, suivant Nestor, leurs idoles à Kioff avant l'introduction du Christianisme. On ne sait rien deSimni deRegl. La croyance à l'existence desVilas, ou fées bienfaisantes, est encore aujourd'hui une des superstitions des Morlaques en Dalmatie.Korovayest le nom du gâteau de noces dans plusieurs contrées slaves. Le motSvarojitch, appliqué au feu par ses adorateurs, est le nom patronymique de Svarog[181-A], le Vulcain des anciens Slaves. Il est très probable que les rites secrets des Raskolniky ne sont rien autre chose que la continuation de l'ancienne idolâtrie slave, à laquelle le manuscrit fait allusion.

181-A: La ressemblance de ce mot avecSuryaetSourug, noms indiens du soleil, est l'un des indices de l'origine asiatique des Slaves.

182: Ces détails sont tirés, en partie, de l'ouvrage du baron Haxthausen,Studien über Russland. L'auteur de cette esquisse vint à se trouver, en 1820, à Bobrouisk, forteresse sur la Bérésina, où, peu de temps auparavant, un missionnaire, arrivé de l'intérieur de la Russie, avait déterminé une centaine de soldats à s'unir à cette secte, dans les formes requises. Il fut condamné à recevoir le knout, et ses convertis furent transportés en Sibérie.

183: Ces sectaires sont accusés des extravagances coupables attribuées aux Adamites; l'on dit que la police de Moscou surprit l'un de leurs conciliabules en 1840, et qu'il fut prouvé, par l'enquête faite en conséquence de cette découverte, que les Khlestovstchiki, ne représentent qu'un degré inférieur ou préparatoire de la secte des Skoptzi; qu'ils mettent la femme en commun, bien que, pour le cacher, ils vivent en couples mariés par des prêtres de l'Église établie. C'est un fait constant qu'à leurs assemblées ils se trémoussent souvent jusqu'à ce qu'ils tombent d'épuisement; mais ces extravagances se retrouvent dans la Grande-Bretagne et en Amérique.

Les Flagellants du moyen-âge avaient été accusés des folies criminelles imputées aux Khlestovstchiki; il serait possible que, dans les deux cas, ce fût le résultat naturel d'une surexcitation d'imagination, produite par l'excès des mortifications.

184: DeDoukh, esprit ou âme dans tous les dialectes slaves, etBoretz, lutteur ou combattant.

185: C'était là exactement la doctrine des Patarins de la Bosnie.

186: Le chevalier Saint-Martin naquit en 1743 et mourut en 1803. Ses principaux ouvrages sont:de l'Erreur et de la Vérité, etdes Rapports entre Dieu, l'Homme et la Nature. On trouve un aperçu de sa vie et de ses ouvrages dans laBiographie universelle.

187: Père d'Alexandre et de Nicolas Tourghénéff, tous les deux bien connus à l'étranger.

188: Quelle qu'ait pu être la conduite de Paul en général, et l'on ne saurait douter du désordre mental qui influençait le plus souvent ses actions, les Polonais n'oublieront jamais ses procédés vraiment chevaleresques envers Kosciuszko, à qui il vint apporter lui-même la nouvelle de sa liberté, en attestant que, s'il avait été sur le trône, la Pologne n'eût pas été détruite. Le même monarque, immédiatement après son avènement, consentit en faveur des provinces polonaises saisies par sa mère, au maintien du langage national, des lois et de l'administration locales.

189: Peu d'exemples peut-être fournissent une plus forte preuve de l'influence dégradante du despotisme, que celui du comte Rostopchine, lors de l'incendie de Moscou en 1812. Cet acte de patriotisme, par lequel une nation voua sa propre capitale aux flammes pour délivrer le pays d'un agresseur étranger, mérite l'admiration sincère de tout vrai patriote, dussent-ce même les intérêts de sa propre patrie en avoir souffert, comme celle de l'auteur. C'est là, en effet, une cause de juste orgueil pour tous les Russes, mais principalement pour l'acteur principal de ce terrible drame qui n'était autre que Rostopchine, et cependant la servilité du courtisan étouffa dans le cœur de cet homme la grandeur du héros. Ayant appris que l'empereur Alexandre n'approuvait pas l'idée de la destruction de Moscou par les Russes eux-mêmes, bien que cette idée fût convertie en fait, Rostopchine publia un pamphlet en français désavouant cette action héroïque et attribuant l'incendie de la capitale russe aux Français. Hélas! faut-il, de nos jours, avoir vu une nation désavouer, sous l'influence du despotisme, une action que toute autre eût revendiquée avec orgueil!

190: La Russie, plongée dans l'anarchie et en guerre avec la Pologne par suite de la rupture du traité conclu par Zolkiewski, fut à deux doigts de sa perte. Elle dut son salut au patriotisme de Minine, bourgeois de Nijni-Novogorod, et du prince Pojarski, qu'il excita à ce mettre à la tête d'une force armée.

191: Karamsin a fait remarquer justement que l'avènement de Vladislav eût changé le sort de la Russie en affaiblissant l'autocratie, et peut-être la face de toute l'Europe eût-elle été modifiée, si le père de ce prince, le roi Sigismond, avait eu en partage la sagesse de Zolkiewski. Malheureusement nous avons vu qu'il n'en était pas ainsi. Zolkiewski ne put obtenir de Sigismond la confirmation de son traité; il se retira de dégoût et ne prit plus aucune part aux affaires concernant la Russie. Il laissa le lieu de sa retraite quand le pays fut menacé par les Turcs, et périt dans une bataille qu'il leur livra en 1620.

192: Une étude très intéressante sur ces sectes se trouve dans l'ouvrage de sir Gardner Wilkinson:la Dalmatie et le Montenegro, vol.II, p. 97.

193: Le cabinet russe, en obtenant à plusieurs reprises, du gouvernement français, l'expulsion de quelques réfugiés polonais, de Paris ou même de la France, avait en vue un objet assurément plus important que de vexer simplement ces individus. La diplomatie russe est trop sage pour condescendre à des actes aussi puérils d'oppression, afin d'empêcher ces réfugiés de s'abandonner à un esprit permanent d'hostilité contre la Russie; car elle sait bien que, chassés de France, ils peuvent recommencer en Angleterre ou en Belgique, et que son intervention ne servirait qu'à produire sur le public français une impression défavorable contre elle. Son véritable but, en obtenant du gouvernement français ces actes de condescendance à ses désirs, était de montrer à la Pologne le pouvoir de l'influence russe en France, afin que les Polonais comprissent bien qu'ils n'avaient rien à attendre de ce gouvernement. Sa politique a complètement réussi sur ce point, et nous devons ajouter qu'elle a rendu un grand service aux Polonais, en détruisant une illusion dangereuse qui leur a fait beaucoup de mal en plus d'une occasion.

194: Le principal motif de l'hostilité manifestée à Posen contre le moderne réformateur Czerski, a été celui que le parti auquel il appartenait était désigné par le nom de catholiques allemands, et que les extravagances de Rongé et d'autres meneurs du mouvement religieux qu'ils avaient créé, étaient attribuées à tous les sectateurs. Il a donc été facile de représenter la tendance de Czerski comme anti-nationale et irréligieuse.

195: C'est un proche parent du Hongrois Kossuth, qui n'est qu'un Slave madgyarisé.

196: Rome, avec sa sagacité habituelle, prévit le danger qui menaçait sa domination en Pologne, si ce pays était rendu à l'indépendance. De là le Bref auquel nous faisons allusion dans le texte, adressé en 1852 aux évêques de Pologne par Grégoire XVI, qui condamnait en termes violents la tentative que la nation avait faite l'année précédente pour recouvrer son indépendance. Le même Bref en mentionne un autre d'une teneur semblable, envoyé au pays dans le temps le plus orageux de sa lutte, mais qui n'atteignit pas sa destination, ainsi que le pape s'en plaint. Nous pensons toutefois que cette plainte n'est pas dénuée de fondement, et, bien que le Bref en question n'ait pas été proclamé publiquement, il doit avoir circulé parmi quelques membres du clergé; car il est bien connu que les moines de l'ordre des Missionnaires, particulièrement dévoués à Rome, refusèrent l'absolution aux soldats polonais pour s'être battus contre l'empereur de Russie. LaGazette officiellede Rome, qui s'était abstenue de toute censure contre l'insurrection polonaise aussi long-temps que la lutte avait duré, éclata, après sa malheureuse issue, en injures les plus grossières contre les patriotes qui y avaient pris part, et à la bravoure desquels leurs adversaires politiques eux-mêmes ont rendu justice. Le pape avait, en effet, de bonnes raisons pour redouter le succès de l'insurrection polonaise, car il y avait déjà en voie de circulation, parmi plusieurs jeunes ecclésiastiques, un plan d'émancipation et de Réforme de l'Église polonaise sur les principes suivants: Séparation complète d'avec Rome, service divin en langue nationale au lieu du latin, permission de mariage au clergé, etc.; la hiérarchie était conservée et le dogme de la transsubstantiation, de même que la confession auriculaire, abandonnés à la conscience de chacun. La persécution de l'Église grecque unie à Rome par le gouvernement russe, et la tendance du gouvernement prussien à germaniser le gouvernement de Posen, ont considérablement fortifié dans ces régions l'attachement du peuple à l'Église catholique, et le progrès de la religion évangélique n'y a plus d'autre chance aujourd'hui que l'établissement très éventuel d'institutions libres.

197: «De cette source corrompue de l'indifférentisme, découle cette opinion absurde et erronée ou plutôt cette démence (deliramentum) que la liberté de conscience devrait être maintenue et assurée. La voie est ouverte à cette très pernicieuse erreur, par cette liberté d'opinions sans frein ni limites, qui se répand au loin au grand détriment de la société civile et religieuse, quelques individus prétendant avec la dernière imprudence que la cause de la religion ne peut que gagner à cette indépendance de l'esprit. Mais saint Augustin l'a dit: «Que peut-il y avoir de plus mortel pour l'âme que la liberté d'erreur!» Et, en effet, ôtez à l'homme le frein qui le retient dans le sentier de la vérité, sa nature, portée au mal, tombe dans le précipice toujours ouvert sous ses pas; nous pouvons dire que l'abîme sans fond d'où saint Jean vit s'élever une épaisse fumée et s'élancer les sauterelles qui obscurcirent le soleil avant de dévaster la terre, s'est ouvert de nouveau. De là le désordre des esprits, une plus grande corruption de la jeunesse, un mépris des choses sacrées et des lois les plus saintes, répandu parmi le peuple, en un mot le fléau le plus mortel à la société, ainsi que le prouve l'expérience des âges les plus reculés, où nous voyons les États les plus florissants en gloire, en richesses et en puissance tomber par ce seul germe de destruction—une liberté immodérée d'opinions et de paroles et l'amour de la nouveauté.

»À cet ordre de choses appartient cette liberté funeste, détestable et à jamais exécrable, de la liberté de la librairie, de publier quelque écrit que ce soit, liberté que quelques individus osent réclamer et soutenir par tous les moyens. Nous sommes terrifiés, vénérables Frères, à la vue des doctrines monstrueuses ou plutôt des erreurs qui menacent de submerger notre Église et qui sont semées en tous lieux au moyen d'une multitude de livres, de pamphlets et de toutes sortes de publications, petits en taille, mais immenses en malice, et dont la malédiction qui en sort s'étend sur toute la terre. Il y a cependant, chose bien pénible à dire! des hommes qui sont arrivés à un tel degré d'impudence, qu'ils soutiennent obstinément que le déluge d'erreurs qui provient de cette source, est suffisamment compensé par un livre, en défense de la vérité de la religion, qui vient apparaître accidentellement au milieu de ce flot de perversité. Il est incontestablement contraire à toutes les idées de justice, de permettre un mal certain parce qu'il y aurait espoir d'en retirer un bien présumable. Maintenant, quel homme de sang-froid dira que les poisons devraient circuler librement, être vendus publiquement et colportés, et même bus, parce qu'il existe un remède qui peut quelquefois sauver de la destruction ceux qui en prennent! La discipline de l'Église, pour détruire les mauvais livres, a été toute différente depuis le temps des apôtres, dont nous lisons qu'ils brûlèrent un grand nombre de livres (Actes 19); il suffit de parcourir les lois qui ont été faites à ce sujet par le cinquième concile de Latran, et par la constitution publiée ensuite par Léon X, notre prédécesseur d'heureuse mémoire, disantque ce qui avait été créé avec sagesse pour la propagation de la foi et des sciences utiles, ne devait pas être perverti et devenir préjudiciable au salut des fidèles. Ce fut aussi l'objet principal de l'examen des pères du concile de Trente, qui, pour remédier à un pareil mal, publièrent un décret salutaire, ordonnant de mettre à l'index tous les livres qui contiendraient des doctrines impures.Il est nécessaire de combattre vigoureusement, disait Clément XIII, notre prédécesseur d'heureuse mémoire, dans ses lettres encycliques sur la proscription des livres pernicieux, il est nécessaire de combattre vigoureusement tant que les circonstances l'exigeront, afin de détruire le poison mortel de tant de livres, car l'erreur ne disparaîtra jamais, à moins que les criminels éléments du mal ne soient livrés aux flammes. Il est donc suffisamment évident, d'après la sollicitude constante avec laquelle ce saint siége apostolique s'est efforcé, à travers les âges, de condamner les livres pernicieux et suspects et de les arracher de la main des hommes, combien est fausse, téméraire, injurieuse au siége apostolique, et féconde en maux de toutes sortes pour les chrétiens, la doctrine de ceux qui non-seulement rejettent la censure des livres comme une mesure oppressive, mais sont arrivés même à un tel degré de perversité, qu'ils la représentent comme opposée aux principes d'équité et de justice, et osent refuser à l'Église le droit de l'établir et de l'exercer.»

198: Lamennais, qui avait rendu d'immenses services à la cause de Rome par sa plume éloquente, reconnut enfin ses illusions; mais, malheureusement, il tomba dans un autre extrême.

199: Tels furent, par exemple, les écrivains politiques allemands bien connus, Haller, Jarcke, Philips, etc.

200: La préface de ce livre est datée de 1817.

201: Le royaume de la Grande-Moravie ne comprenait pas seulement la province qui porte actuellement le nom de Moravie, il s'étendait aussi sur la plus grande partie de la Hongrie actuelle et sur quelques autres contrées adjacentes.

202: Voyez l'appendiceA.

203:De administrando imperio, part. ij, chap.LVJ.

204: Sir Gardner Wilkinson, dans son ouvrage sur la Dalmatie et Montenegro, vol.II, p. 453.


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