XIIILES DEUX COQS.Deux coqs vivoient en paix: une poule survint,Et voilà la guerre allumée.Amour, tu perdis Troie! et c’est de toi que vintCette querelle enveniméeOù du sang des dieux même on vit le Xanthe teint!Longtemps entre nos coqs le combat se maintint.Le bruit s’en répandit par tout le voisinage:La gent qui porte crête au spectacle accourut;Plus d’une Hélène au beau plumageFut le prix du vainqueur. Le vaincu disparut:Il alla se cacher au fond de sa retraite,Pleura sa gloire et ses amours,Ses amours qu’un rival, tout fier de sa défaite,Possédoit à ses yeux. Il voyoit tous les joursCet objet rallumer sa haine et son courage;Il aiguisoit son bec, battoit l’air et ses flancs,Et s’exerçant contre les vents,S’armoit d’une jalouse rage.Il n’en eut pas besoin. Son vainqueur sur les toitsS’alla percher, et chanter sa victoire.Un vautour entendit sa voix:Adieu les amours et la gloire;Tout cet orgueil périt sous l’ongle du vautour.Enfin, par un fatal retour,Son rival autour de la pouleS’en revint faire le coquet.Je laisse à penser quel caquet;Car il eut des femmes en foule.La Fortune se plaît à faire de ces coups:Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.Défions-nous du Sort, et prenons garde à nousAprès le gain d’une bataille.
XIII
Deux coqs vivoient en paix: une poule survint,Et voilà la guerre allumée.Amour, tu perdis Troie! et c’est de toi que vintCette querelle enveniméeOù du sang des dieux même on vit le Xanthe teint!Longtemps entre nos coqs le combat se maintint.Le bruit s’en répandit par tout le voisinage:La gent qui porte crête au spectacle accourut;Plus d’une Hélène au beau plumageFut le prix du vainqueur. Le vaincu disparut:Il alla se cacher au fond de sa retraite,Pleura sa gloire et ses amours,Ses amours qu’un rival, tout fier de sa défaite,Possédoit à ses yeux. Il voyoit tous les joursCet objet rallumer sa haine et son courage;Il aiguisoit son bec, battoit l’air et ses flancs,Et s’exerçant contre les vents,S’armoit d’une jalouse rage.Il n’en eut pas besoin. Son vainqueur sur les toitsS’alla percher, et chanter sa victoire.Un vautour entendit sa voix:Adieu les amours et la gloire;Tout cet orgueil périt sous l’ongle du vautour.Enfin, par un fatal retour,Son rival autour de la pouleS’en revint faire le coquet.Je laisse à penser quel caquet;Car il eut des femmes en foule.La Fortune se plaît à faire de ces coups:Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.Défions-nous du Sort, et prenons garde à nousAprès le gain d’une bataille.
Deux coqs vivoient en paix: une poule survint,Et voilà la guerre allumée.Amour, tu perdis Troie! et c’est de toi que vintCette querelle enveniméeOù du sang des dieux même on vit le Xanthe teint!Longtemps entre nos coqs le combat se maintint.Le bruit s’en répandit par tout le voisinage:La gent qui porte crête au spectacle accourut;Plus d’une Hélène au beau plumageFut le prix du vainqueur. Le vaincu disparut:Il alla se cacher au fond de sa retraite,Pleura sa gloire et ses amours,Ses amours qu’un rival, tout fier de sa défaite,Possédoit à ses yeux. Il voyoit tous les joursCet objet rallumer sa haine et son courage;Il aiguisoit son bec, battoit l’air et ses flancs,Et s’exerçant contre les vents,S’armoit d’une jalouse rage.Il n’en eut pas besoin. Son vainqueur sur les toitsS’alla percher, et chanter sa victoire.Un vautour entendit sa voix:Adieu les amours et la gloire;Tout cet orgueil périt sous l’ongle du vautour.Enfin, par un fatal retour,Son rival autour de la pouleS’en revint faire le coquet.Je laisse à penser quel caquet;Car il eut des femmes en foule.
La Fortune se plaît à faire de ces coups:Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.Défions-nous du Sort, et prenons garde à nousAprès le gain d’une bataille.