LE CHAT ET LE RENARD.

XIVLE CHAT ET LE RENARD.Le chat et le renard, comme beaux petits saints,S’en alloient en pèlerinage.C’étoient deux vrais tartufs, deux archipatelins,Deux francs patte-pelus, qui, des frais du voyage,Croquant mainte volaille, escroquant maint fromage,S’indemnisoient à qui mieux mieux.Le chemin étant long, et partant ennuyeux,Pour l’accourcir ils disputèrent.La dispute est d’un grand secours:Sans elle on dormiroit toujours.Nos pèlerins s’égosillèrent.Ayant bien disputé, l’on parla du prochain.Le renard au chat dit enfin:Tu prétends être fort habile;En sais-tu tant que moi? J’ai cent ruses au sac.Non, dit l’autre: je n’ai qu’un tour dans mon bissac;Mais je soutiens qu’il en vaut mille.Eux de recommencer la dispute à l’envi.Sur le que si, que non, tous deux étant ainsi,Une meute apaisa la noise.Le chat dit au renard: Fouille en ton sac, ami;Cherche en ta cervelle matoiseUn stratagème sûr: pour moi, voici le mien.A ces mots, sur un arbre il grimpa bel et bien.L’autre fit cent tours inutiles,Entra dans cent terriers, mit cent fois en défautTous les confrères de Brifaut.Partout il tenta des asiles,Et ce fut partout sans succès;La fumée y pourvut, ainsi que les bassets.Au sortir d’un terrier, deux chiens aux pieds agilesL’étranglèrent du premier bond.Le trop d’expédients peut gâter une affaire:On perd du temps au choix, on tente, on veut tout faire.N’en ayons qu’un, mais qu’il soit bon.

XIV

Le chat et le renard, comme beaux petits saints,S’en alloient en pèlerinage.C’étoient deux vrais tartufs, deux archipatelins,Deux francs patte-pelus, qui, des frais du voyage,Croquant mainte volaille, escroquant maint fromage,S’indemnisoient à qui mieux mieux.Le chemin étant long, et partant ennuyeux,Pour l’accourcir ils disputèrent.La dispute est d’un grand secours:Sans elle on dormiroit toujours.Nos pèlerins s’égosillèrent.Ayant bien disputé, l’on parla du prochain.Le renard au chat dit enfin:Tu prétends être fort habile;En sais-tu tant que moi? J’ai cent ruses au sac.Non, dit l’autre: je n’ai qu’un tour dans mon bissac;Mais je soutiens qu’il en vaut mille.Eux de recommencer la dispute à l’envi.Sur le que si, que non, tous deux étant ainsi,Une meute apaisa la noise.Le chat dit au renard: Fouille en ton sac, ami;Cherche en ta cervelle matoiseUn stratagème sûr: pour moi, voici le mien.A ces mots, sur un arbre il grimpa bel et bien.L’autre fit cent tours inutiles,Entra dans cent terriers, mit cent fois en défautTous les confrères de Brifaut.Partout il tenta des asiles,Et ce fut partout sans succès;La fumée y pourvut, ainsi que les bassets.Au sortir d’un terrier, deux chiens aux pieds agilesL’étranglèrent du premier bond.Le trop d’expédients peut gâter une affaire:On perd du temps au choix, on tente, on veut tout faire.N’en ayons qu’un, mais qu’il soit bon.

Le chat et le renard, comme beaux petits saints,S’en alloient en pèlerinage.C’étoient deux vrais tartufs, deux archipatelins,Deux francs patte-pelus, qui, des frais du voyage,Croquant mainte volaille, escroquant maint fromage,S’indemnisoient à qui mieux mieux.Le chemin étant long, et partant ennuyeux,Pour l’accourcir ils disputèrent.La dispute est d’un grand secours:Sans elle on dormiroit toujours.Nos pèlerins s’égosillèrent.Ayant bien disputé, l’on parla du prochain.Le renard au chat dit enfin:Tu prétends être fort habile;En sais-tu tant que moi? J’ai cent ruses au sac.Non, dit l’autre: je n’ai qu’un tour dans mon bissac;Mais je soutiens qu’il en vaut mille.Eux de recommencer la dispute à l’envi.Sur le que si, que non, tous deux étant ainsi,Une meute apaisa la noise.Le chat dit au renard: Fouille en ton sac, ami;Cherche en ta cervelle matoiseUn stratagème sûr: pour moi, voici le mien.A ces mots, sur un arbre il grimpa bel et bien.L’autre fit cent tours inutiles,Entra dans cent terriers, mit cent fois en défautTous les confrères de Brifaut.Partout il tenta des asiles,Et ce fut partout sans succès;La fumée y pourvut, ainsi que les bassets.Au sortir d’un terrier, deux chiens aux pieds agilesL’étranglèrent du premier bond.

Le trop d’expédients peut gâter une affaire:On perd du temps au choix, on tente, on veut tout faire.N’en ayons qu’un, mais qu’il soit bon.


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