VIILE SATYRE ET LE PASSANT.Au fond d’un antre sauvageUn satyre et ses enfantsAlloient manger leur potage,Et prendre l’écuelle aux dents.On les eût vus sur la mousse,Lui, sa femme et maint petit:Ils n’avoient tapis ni housse,Mais tous fort bon appétit.Pour se sauver de la pluie,Entre un passant morfondu.Au brouet on le convie:Il n’étoit pas attendu.Son hôte n’eut pas la peineDe le semondre deux fois.D’abord avec son haleineIl se réchauffe les doigts;Puis sur le mets qu’on lui donne,Délicat, il souffle aussi.Le satyre s’en étonne:Notre hôte, à quoi bon ceci?—L’un refroidit mon potage,L’autre réchauffe ma main.—Vous pouvez, dit le sauvage,Reprendre votre chemin.Ne plaise aux dieux que je coucheAvec vous sous même toit!Arrière ceux dont la boucheSouffle le chaud et le froid!
VII
Au fond d’un antre sauvageUn satyre et ses enfantsAlloient manger leur potage,Et prendre l’écuelle aux dents.On les eût vus sur la mousse,Lui, sa femme et maint petit:Ils n’avoient tapis ni housse,Mais tous fort bon appétit.Pour se sauver de la pluie,Entre un passant morfondu.Au brouet on le convie:Il n’étoit pas attendu.Son hôte n’eut pas la peineDe le semondre deux fois.D’abord avec son haleineIl se réchauffe les doigts;Puis sur le mets qu’on lui donne,Délicat, il souffle aussi.Le satyre s’en étonne:Notre hôte, à quoi bon ceci?—L’un refroidit mon potage,L’autre réchauffe ma main.—Vous pouvez, dit le sauvage,Reprendre votre chemin.Ne plaise aux dieux que je coucheAvec vous sous même toit!Arrière ceux dont la boucheSouffle le chaud et le froid!
Au fond d’un antre sauvageUn satyre et ses enfantsAlloient manger leur potage,Et prendre l’écuelle aux dents.
On les eût vus sur la mousse,Lui, sa femme et maint petit:Ils n’avoient tapis ni housse,Mais tous fort bon appétit.
Pour se sauver de la pluie,Entre un passant morfondu.Au brouet on le convie:Il n’étoit pas attendu.
Son hôte n’eut pas la peineDe le semondre deux fois.D’abord avec son haleineIl se réchauffe les doigts;
Puis sur le mets qu’on lui donne,Délicat, il souffle aussi.Le satyre s’en étonne:Notre hôte, à quoi bon ceci?—
L’un refroidit mon potage,L’autre réchauffe ma main.—Vous pouvez, dit le sauvage,Reprendre votre chemin.
Ne plaise aux dieux que je coucheAvec vous sous même toit!Arrière ceux dont la boucheSouffle le chaud et le froid!