— Ma place est retenue, conclut André ; un bon coin, pour avoir au moins une idée des pays que je traverse. Aujourd'hui et demain, les achats ; et après-demain, adieu Paris.
Il regarda sa montre.
— Notre mère ne rentre pas. Mes instants sont comptés.
Impatient, il jetait un coup d'œil sur le salon, les murs familiers ; visiblement l'idée de quitter tout cela le laissait froid. Hélène le regardait avec une attention profonde, comme étonnée de sentir qu'on pût être du même sang et si différents l'un de l'autre : sur le visage d'André, il semblait que les derniers événements eussent glissé sans altérer en rien le calme, la sèche volonté. Il partait pour sa vie nouvelle, pour ce pays lointain, comme s'il eût pris le train d'Asnières. Il ne se souciait guère de ce qu'il avait semé derrière lui, tant de complications et de chagrins.
— Tu ne regrettes rien? dit-elle.
Elle pensait à Germaine, à cette vie bouleversée avec une si coupable légèreté. A son tour d'être étonné, il la regardait, ayant l'air de dire : « Qu'est-ce qui lui prend? Que veut-elle que je regrette? » Il avait aperçu Germaine un moment hier, boulevard Haussmann ; évidemment cette courte entrevue lui avait été désagréable : chez elle un malaise, chez lui l'impression que c'était chose lointaine, oubliée déjà ; chez tous deux la surprise un peu pénible de se retrouver, après leur liaison, des camarades, presque des étrangers, n'eût été la longue habitude de parenté, d'affection. Par exemple, il avait appris avec plaisir qu'on ne désespérait pas d'amener Du Marty à un accord des plus honorables pour Germaine. Les avoués, d'une entente commune, s'y efforçaient. Redevenu galant homme à force de conseils et de prières, il consentirait peut-être à assumer tous les torts en laissant prononcer un divorce contre lui. Après cela, André pouvait partir, la conscience tranquille.
— Oui, reprit Hélène, les choses s'arrangeront probablement. Germaine va bientôt redevenir libre.
Un court silence, où André devina une interrogation.
— Eh bien, dit-il, tant mieux pour elle.
— Sans doute, insista Hélène, tu as songé à ce que le devoir te dicte? Tu vas pouvoir réparer le mal que tu as fait, puisque, ajoutait-elle amèrement, si par malheur le mari que tu as trompé s'était entêté dans son procès de vengeance, tu eusses été, de par l'absurdité de la loi, le seul homme qui n'eût pu, ayant déshonoré Germaine, lui rendre la situation que toi-même lui avais enlevée.
André dont les sourcils s'étaient froncés, rougit malgré son empire sur lui-même.
— Nous avons le temps d'en reparler, fit-il.
Mais à son embarras, à son attitude rêche, Hélène comprit avec tristesse qu'il n'avait jamais songé à une réparation quelconque, tandis qu'à part lui André se disait : « Il faut qu'elle soit folle! A quoi songe-t-elle?… Germaine, une maîtresse charmante, — mais une femme, ma femme, ah! non, par exemple! »
— Décidément, déclara-t-il, impossible de rester davantage. Je viendrai dîner demain.
Il prenait son chapeau, tombait en arrêt devant le pastel de Dormoy :
— Pas mal! murmura-t-il.
Et se tournant, railleur :
— Un de perdu, un de retrouvé.
— Tu es bête, dit Hélène vexée.
Et elle tentait d'analyser ce petit trouble. L'insinuation d'André était absurde… Et pourtant! Mais un élan de curiosité, un besoin d'explication la poussait, droite, devant son frère. Bien que désintéressée aujourd'hui de Vernières, elle voulait lui demander cela depuis longtemps… Avait-il su? N'y avait-il pas eu de la complicité dans son silence? Elle tenait à en avoir le cœur net.
— Écoute! quand tu as appris que j'avais chassé M. de Vernières, tu as paru le regretter. Ignorais-tu vraiment le passé de ton ami? Son abandon plus lâche qu'un crime?
— Ma pauvre petite, répondit André, pourquoi veux-tu qu'on révèle ces choses-là? Vernières ne me les a jamais confiées. Et puis d'ailleurs tu connais là-dessus ma façon de penser : — c'est fâcheux. Après?
D'un geste vague, il indiquait que ces choses-là malheureusement arrivent. De l'argent eût arrangé tout.
— Allons, fit-il, je me sauve. J'ai rendez-vous avec un homme précieux. Mais tu le connais? Pierre Arden…
— Oui, dit Hélène, je l'ai rencontré à Brighton.
— Il est de première force. Notre oncle, qui l'a en grande estime, lui a demandé tous les plans pour la filature que je vais créer là-bas. Il connaît d'ailleurs admirablement ces pays de la Géorgie et du Caucase, où il a construit un chemin de fer magnifique.
— Je sais.
— Adieu cette fois. Embrasse maman.
Hélène, à deux heures, mandée par un petit bleu, passait à l'Avenir. Un bonjour amical à Flénu qui l'introduisait avec empressement. Minna, à la vue d'Hélène, se levait bien vite derrière son bureau encombré de papiers, l'attirait sur le canapé.
— Je suis contente de vous voir.
Elle était dans un de ces mauvais jours où le poids de sa tâche, l'indifférence et la dureté des choses l'accablaient d'une lassitude amère. Ces jours-là, rares à vrai dire, car elle était la vaillance même, Hélène les reconnaissait rien qu'au teint fané, aux traits plus creusés de son amie… Il est difficile de faire le bien.
— Qu'êtes-vous devenue depuis huit jours? demanda Minna. On ne vous voit plus.
Hélène répondait :
— Depuis huit jours? Pas grand'chose… Le pastel que Dormoy faisait de sa mère avait été terminé lundi ; mardi, elle avait été voir Denise ; elle espérait, grâce à l'appui de son oncle très lié avec un directeur de grande compagnie, la faire entrer aux chemins de fer. Et depuis mercredi, elle allait chaque jour prendre des nouvelles de Gabrielle Duval, passer une heure à son chevet.
— Écoutez, ma chérie, dit Minna, une tendresse sincère dans sa voix émue, Dormoy vous fait la cour, n'est-ce pas?
Hélène la questionna de ses beaux yeux, puis, avec un malicieux sourire :
— Admettons! Pourquoi?
— Bon, fit Minna rassurée, je puis parler. Figurez-vous que j'ai reçu une lettre de Mme Sassy. Savez-vous ce qu'est devenu votre soupirant depuis lundi?
— Je ne m'en souciais plus, dit Hélène. Dites toujours.
— Il est allé tout bonnement à Rosay faire sa petite enquête. Il sait sans doute que vous y avez mis de l'argent, beaucoup, et que le placement n'est pas des meilleurs. Sous couleur de paysages il a battu le pays, pris des renseignements. Jeudi Mme Sassy l'a découvert près de la porte de l'hospice d'où il peignait le village et l'église ; il était en train de faire parler une sous-maîtresse. Ce n'est pas tout. Elle a également appris du notaire de Fontevrault, à qui elle confie quelques-uns de ses intérêts, que Dormoy, rencontré au café, l'avait sondé sur la situation financière de la colonie. Je sais de mon côté qu'il a dit à diverses personnes vous trouver charmante. Ne trouvez-vous pas que son admiration jure un peu, ou s'accommode trop, avec tant de sens pratique? Ce galant chevalier, qui déploie d'habitude une si noble insouciance, me semble bien intéressé.
Hélène lui prit les mains.
— Chère Minna, que vous êtes bonne.
Dans un élan de reconnaissance s'évanouissait ce qu'elle pouvait éprouver d'amour-propre froissé, — car Dormoy, à cette minute incertaine qu'elle traversait, crépuscule douloureux de l'amour d'où l'amour pouvait renaître, lui était apparu presque sympathique. Et devant le teint fané, les traits creusés, une vénération l'attendrissait. Dans la démarche spontanée, la franche confidence, elle sentait une pitié fraternelle qui la touchait aux larmes. Minna, qui avait dû tant souffrir d'amitiés trahies, d'affections mal placées, cherchait à la préserver des mêmes douleurs, à la protéger de son expérience.
— Je ne vous ai pas fait de peine, au moins? Mais voyez-vous, je suis payée pour être méfiante. A mon âge, on doute de bien des choses.
Pour toute réponse, Hélène lui serra chaudement les mains :
— Je vais, dit-elle, chez Andrée Vergnes. Voulez-vous m'accompagner?
Mais Minna désignait d'un haussement d'épaules la masse, sur son bureau, des manuscrits, des épreuves.
— Hélas! non. J'ai ma besogne.
Rue de Prony, l'atelier d'Andrée Vergnes, une claire et vaste pièce, donnait à Hélène, avec ses murs tendus d'étoffe bise que rehaussaient la blancheur nue des moulages et les tons vifs des toiles, une sensation reposante de recueillement, d'heureux labeur. Andrée Vergnes, les cheveux ébouriffés, le corps à l'aise dans une blouse ample, déposait sa palette en s'écriant :
— Comme vous êtes gentille!
— Je vous dérange? dit Hélène, montrant le tableau en train.
— Non, j'avais fini.
L'excitation du travail lui mettait aux joues une flamme rose, elle avait de bons yeux d'un vert lumineux, un grand air de jeunesse et de loyauté. Hélène, penchée sur l'œuvre où l'éclatante couleur était encore humide, admirait ce faire savant et dégagé, cette sincérité de rendu qui avaient valu à la jeune femme tant de sympathies et de dénigrements. Et comme elle louait d'autres études, Andrée Vergnes disait gaiement :
— Le tour du propriétaire, alors?
Modestement, elle indiquait quelques dessins, une ou deux toiles dont elle n'était pas mécontente. Devant un pastel de vieille femme, d'une vie intense, Hélène soupira :
— Quel malheur que ce ne soit pas vous qui ayez fait le portrait de ma mère!
Elle expliquait : oui, une offre aimable de Dormoy… il était pourtant réussi, son pastel. Mais quelle différence d'un talent purement habile à cet art magistral, dont l'émotion forte et la simplicité faisaient mieux paraître l'artificielle médiocrité de l'autre. Andrée Vergnes avait laissé tomber la remarque. Hélène se rappela la réserve avec laquelle celle-ci, à l'Exposition du peintre, avait jugé son œuvre.
— Vous n'avez pas l'air d'aimer Dormoy? dit-elle.
— Parlons d'autre chose, fit Andrée. Je déteste débiner les camarades.
Mais devant la contenance d'Hélène qui lui laissait deviner une arrière-pensée, elle obéissait à un brusque besoin de confiance, cédait à la sympathie chaleureuse qui, dès le premier jour, l'avait attirée.
— Que voulez-vous! Passez-moi ce mot d'argot : j'ai horreur des muffes. Dormoy a des familiarités qui me déplaisent.
Sans remarquer le petit haut-le-corps d'Hélène, elle continuait :
— Le pauvre garçon est à plaindre, c'est certain, avec le vieil hippopotame qu'il traîne depuis quinze ans. Ce n'est pas une raison, vous m'avouerez, pour déverser à tort et à travers le trop-plein de ses tendresses.
Elle riait d'un rire sonore d'enfant :
— Mon Dieu, oui, un modèle engraissé, frais du temps de Courbet, et qui faisait en 72 la joie des lorgnettes dans les petits théâtres. Hein, ça vous choque?
Hélène revoyait la forte dame à chapeau excentrique, si vieille sous son fard, avec ses paupières bouffies et ses cheveux trop roux. Elle répondit gravement :
— Non, ça m'attriste. Qu'on vive avec une personne qu'on aime, je l'admets encore. Mais qu'un homme jeune et presque beau s'asservisse à une créature inférieure et tarée dont il pourrait être le fils… Pouah!
Andrée Vergnes la regardait avec une amitié admirative :
— Ah! bien, ma pauvre petite!
Puis, la prenant par la taille, elle l'embrassa tendrement :
— Je vois que nous serons amies!
Elle racontait maintenant, dans le laisser aller des confidences, quelques petites histoires assez vilaines qui montraient Dormoy sous un triste jour. Aux yeux d'Hélène le masque séduisant tombait, découvrant un autre homme tout différent de celui qu'elle croyait connaître. Elle éprouvait une tristesse, — déception du cœur? non, déception de l'esprit qui s'affligeait de cette insécurité perpétuelle, de ces humiliantes méprises. Ah! le mensonge dans lequel on vit, le mensonge de chacun à soi-même et de chacun à tous! Sa nature profondément sincère, si délicate, en avait horreur. Certains regards de Dormoy, dont la hardiesse l'avait presque embarrassée alors, sans lui déplaire, elle en comprenait seulement la dissimulation, le sens caché, cette convoitise trop libre qui à présent lui causait une confusion désagréable, la blessait.
Dans la rue, tout en prenant la direction du parc Monceau qu'elle comptait traverser pour aller aux nouvelles, chez son oncle, boulevard Haussmann, elle pensait, avec un sourire méprisant, au côté honteux des révélations de Minna, confirmées par celles d'Andrée Vergnes. Cette préoccupation de lucre, cette course à la dot, c'est ce qui l'écœurait le plus. Ainsi pour Dormoy, pour tant d'autres, le meilleur d'elle était sa fortune, ce par quoi elle valait vraiment! Sa pensée droite, son caractère, personne ne s'en souciait. Sa séduction même, — et rien que cette idée déjà lui répugnait, — eût compté pour peu de chose, si l'argent ne l'avait rehaussée de son prestige. Et comme elle avait le défaut d'être fière, son orgueil souffrait.
Puis elle songeait à sa conversation du matin avec son frère. Sans doute il savait, lui aussi! Il connaissait le pesant et malpropre fardeau que Dormoy traînait depuis tant d'années ; peut-être connaissait-il également le passé de Vernières. Et plein de secrète indulgence, — « C'est fâcheux ; après? Avec de l'argent tout s'arrange, » — il avait couvert cela d'un silence complice, lié par cette franc-maçonnerie des hommes qui avant tout cherchent à sauvegarder leur égoïste suprématie. André en demeurait diminué encore dans son estime.
Elle était entrée dans le parc Monceau, suivait une des grandes allées carrossables. Des enfants en train de jouer, babys roses aux cheveux dorés, une adorable fillette qui aplatissait avec sa pelle des petits pâtés de sable donnèrent un autre cours à sa rêverie. Un sentiment de maternité obscure l'emplit d'une émotion douce. Cette stupide Germaine qui déclarait en se mariant ne pas vouloir d'enfants, préférer jouir de sa jeunesse! Et Yvonne, avec son idée de n'épouser qu'un vieux!… Au coin d'une avenue, elle se heurtait presque à un promeneur tout flambant neuf, qui aussitôt s'exclamait, saluait d'un geste large : Dormoy! Un minuscule œillet rouge simulait à sa boutonnière le ruban de ses rêves. Il eut l'air ravi de la rencontre, tourna galamment un madrigal. Il allait justement du même côté, il aurait l'honneur de lui tenir compagnie un moment, si elle voulait bien le lui permettre. Elle accepta, curieuse de le voir dresser ses batteries, jouer jusqu'au bout son rôle. Le peintre, malgré sa feinte désinvolture, semblait préoccupé.
Potins d'usage, racontars et rosseries, ponctués de regrets. Il n'avait pu, toute cette semaine, venir rendre ses devoirs à Mme Dugast, ayant dû s'absenter pour aller peindre un Touraine, les panneaux d'un salon, au château de Fontevrault. Une fantaisie de millionnaire… Habilement il en venait à décrire son existence d'artiste, si solitaire, si triste souvent, malgré tant de relations et de camaraderies. Avec toute sorte de détours et de finesses, il essayait de faire parler Hélène sur ses goûts, ses revenus, la façon dont elle aimerait à vivre. Il fit allusion à Rosay, qu'il avait précisément visité, — quelle belle œuvre, mais une mauvaise affaire? — à la propriété charmante de la Neuville, ce Vert-Logis, dont les grands arbres faisaient une véritable merveille.
— Riche et indépendante comme vous êtes, continuait-il…
Elle l'interrompit, et d'un air candide :
— Voilà bien le monde! Mais, mon pauvre ami, on me fait plus riche que je ne suis, vous savez! Ne parlons pas de Rosay comme placement, n'est-ce pas? — Elle le regarda dans les yeux. — Reste les deux cent mille francs laissés par mon père. De quoi vivre, maman et moi, voilà tout. Car après le départ d'André, nous allons nous débarrasser de notre appartement, trop lourd pour nous seules, et vivre tranquillement au Vert-Logis, une merveille en effet, mais dont il faut payer le coûteux entretien. Que dites-vous de mon indépendance?
Elle savourait âprement l'imperceptible ironie, suivait sur le visage de Dormoy l'immédiat effet de ses paroles. Le peintre était tout oreilles, son éternel sourire de commande aux lèvres. Mais un désenchantement visible pinçait le coin de la bouche, allongeait sa mine. Il se lança dans un dithyrambe sur les bienfaits de la campagne, le charme d'une vie simple. Il n'en eût point voulu mener d'autre. Malheureusement, sauf de trop rares fugues, comme ce récent voyage en Touraine, l'affreux métier, hélas! le clouait à Paris, avec cette nécessité du travail constant. Un peintre de portraits était l'esclave de ses modèles… « Un peintre comme moi, traduisait clairement Hélène, ne peut décemment épouser qu'un sac d'or. » Puis, tout à coup, la grille de l'avenue de Messine dépassée, il prétextait un rendez-vous oublié, rue de Lisbonne, prenait congé presque cérémonieusement, une légère, oh! bien légère froideur dans sa voix tout à l'heure si caressante.
Hélène, seule, avait envie de rire aux éclats. Joli monsieur! Bah! ni plus ni moins que les autres, — un homme, simplement. Cette leçon, qui l'eût franchement amusée, si elle n'avait succédé à de cruelles désillusions, ravivait sa méfiance. Elle ne souffrait du fait de personne, ni de Vernières, — ni de Dormoy, certes! Elle souffrait de tout, et de tous. Elle avait trop vu ces derniers temps la dureté, la sécheresse, la vilenie de l'homme ; elle ne voyait plus que cela, meurtrie dans son amour profond, son culte religieux de la vie.
Elle était arrivée boulevard Haussmann, pénétrait au salon. Personne. Si, pourtant! Près de la fenêtre, quelqu'un qui se tenait debout, regardant la rue, se retourna. Elle reconnut Pierre Arden. Il s'était avancé très vite, il s'arrêta surpris.
— Je vous fais peur? dit-elle.
— Pardon, mademoiselle. J'attendais monsieur votre oncle.
Il n'aperçut pas de suite la main qu'elle lui tendait, la rattrapa gauchement. Il y eut une courte gêne. Elle vit rougir son visage maussade, où s'anima de la bonté. Et, songeuse, elle le trouva moins laid qu'à leur dernière rencontre.