Accoudé sur le bastingage.Adieu! mot qu'une larme humecte sur la lèvre.Adieu, patrie.Adieu, Suzon, ma rose blonde.Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages.A la très chère, à la très belle.Allons, enfants de la patrie.Amour à la fermière! elle est.Après vingt ans d'exil, de cet exil impie.A quoi bon entendre.Au bon vieulx temps un train d'amour régnait.Au bout du vieux canal plein de mâts, juste en face.Au tintement de l'eau dans les porphyres roux.Au travers de la vitre blanche.Aux étoiles j'ai dit un soir.A vous, trouppe legere.Avril est de retour.
Beau chevalier qui partez pour la guerre.Bel aubespin verdissant.Berger, tu dis que notre étoile.Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux.Bonne vieille, que fais-tu là.
Ce livre est toute ma jeunesse.C'est la mort qui console, hélas! et qui fait vivre.C'est la saison des avalanches.C'est le moment crépusculaire.C'était un vieux logis, dans une étroite rue.Combien j'ai douce souvenance.Comme un agonisant caché, les lèvres blanches.Comme un marin hardi que la cloche aux flancs lourds.Comme un morne exilé, loin de ceux que j'aimais.Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal.Courage, ô faible enfant de qui ma solitude.Couronnés de thym et de marjolaine.
Dans cette vie où nous ne sommes.Dans l'alcôve sombre.Dans le ciel clair rayé par l'hirondelle alerte.Dans les nuits d'automne, errant par la ville.Dans le vieux parc solitaire et glacé.Dans l'interminable.De la dépouille de nos bois.De la musique avant toute chose.Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne.De ta tige détachée.Deux ombres cheminaient dans une étroite allée.Deux voix s'élèvent tour à tour.Dictes-moy où, n'en quel pays.Dieu fait triompher l'innocence.Dieu ! qu'il la fait bon regarder.Dieu vous gard, messagers fidelles.Du temps que j'étais écolier.
Écoutez la chanson bien douce.Elle était belle, si la nuit.Elle était bien jolie, au matin, sans atours.Enfants de la folie.Enfants d'un jour, ô nouveau-nés.Escoute, bûcheron, arreste un peu le bras.Et j'ai dit dans mon coeur: "Que faire de la vie."
Fortune dont la main couronne.
Gloire au coeur téméraire épris de l'impossible.
Hé quoi! j'entends que l'on critique.Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage.Hier il m'a semblé (sans doute j'étais ivre).Homme, libre penseur! te crois-tu seul pensant.Homme libre, toujours tu chériras la mer.
Ici-bas tous les lilas meurent.Il est amer et doux, pendant les nuits d'hiver.Il est tard; l'astronome aux veilles obstinées.Il est un air pour qui je donnerais.Il était un roi d'Yvetot.Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses.Il faut, voyez-vous, nous pardonner les choses.Il gît au fond de quelque armoire.Il jouait, le petit enfant.Il pleure dans mon coeur.Ils s'en vont, ces rois de ma vie.Ils vont pieds nus le plus souvent. L'hiver.
J'ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs.J'ai bon coeur, je ne veux à nul être aucun mal.J'ai dans mon coeur un oiseau bleu.J'ai deux grands boeufs dans mon étable.J'ai longtemps habité sous de vastes portiques.J'aimais froidement ma patrie.J'aime le son du cor, le soir, au fond des bois.J'ai perdu ma force et ma vie.J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.J'ai reposé mon coeur avec tranquillité.J'ai révélé mon coeur au Dieu de l'innocence.J'ai voulu ce matin te rapporter des roses.J'ai voulu tout aimer, et je suis malheureux.J'ai vu passer aux pays froids.Jamais ne pourray-je bannir.Je congnois bien mouches en laict.Je ne devais pas vous le dire.Je ne sais pourquoi.J'entrais dans mes seize ans, léger de corps et d'âme.Je sens un monde en moi de confuses pensées.J'espérais bien pleurer, mais je croyais souffrir.Je suis le Chaldéen par l'étoile conduit.Je t'aime, en attendant mon éternelle épouse.J'étais enfant. J'aimais les grands combats.J'étais seul près des flots, par une nuit d'étoiles.Jeté par le hasard sur un vieux globe infime.Jeune homme, qui me viens lire tes plaintes vaines.Jeune homme sans mélancolie.Je viens de faire un grand voyage.Je vois un groupe sur la mer.
Là-bas, sous les arbres, s'abrite.Là-bas, sur la mer, comme l'hirondelle.La caravane humaine au Sahara du monde.Laissez-moy penser à mon aise.La lune blanche.La lune est grande, le ciel clair.L'âpre rugissement de la mer pleine d'ombre.La tombe dit à la rose.L'aube naît et ta porte est close.La victoire en chantant nous ouvre la barrière.L'eau dans les grands lacs bleus.L'ecclésiaste a dit : Un chien vivant vaut mieux.Le choc avait été très rude. Les tribuns.Le ciel est noir, la terre est blanche.Le ciel est, par-dessus le toit.Le fantôme est venu de la trentième année.Le frais matin dorait de sa clarté première.Le grand soleil, plongé dans un royal ennui.Le jour tombait, une pâle nuée.Le laboureur m'a dit en songe: "Fais ton pain."L'épi naissant mûrit de la faux respecté.Le présent se fait vide et triste.Le sable rouge est comme une mer sans limites.Les champs n'étaient pas noirs, les cieux n'étaient pas mornes.Les cieux inexorables.Les deux soeurs étaient là, les bras entrelacés.Les fourriers d'Esté sont venus.Les genêts, doucement balancés par la brise.Le soir ramène le silence.L'esprit calme des dieux habite dans les plantes.L'été, lorsque le jour a fui, de fleurs couvert.Le temps a laissiè son manteau.Le vase où meurt cette vervaine.Le village s'éveille à la corne du pâtre.L'homme a, pour payer sa rançon.L'oiseleur Amour se promène.Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille.
Ma belle amie est morte.Marchez! l'humanité ne vit pas d'une idée.Mes volages humeurs, plus sterilles que bellesMidi, roi des étés, épandu sur la plaine.Mieux que l'aigle chasseur, familier de la nue.Mignonne, allons voir si la rose.Mon âme a son secret, ma vie a son mystère.Mon coeur, lassé de tout, même de l'espérance.Monte, écureuil, monte au grand chêne.Morne esprit, autrefois amoureux de la lutte.Mort, j'appelle de ta rigueur.Murs, ville.
N'espérons plus, mon âme, aux promesses du monde.Non, tu n'entendras pas, de ta lèvre trop fière.Nos yeux se sont croisés et nous nous sommes plu.Nous, dont la lampe, le matin.Nous prospérons! Qu'importé aux anciens malheureux.Nous revenions d'un long voyage.Nouvelles ont couru en France.Novembre approche,—et c'est le mois charmant.
O combien de marins, combien de capitaines.O Corse à cheveux plats! que la France était belle.O France, quoique tu sommeilles.Oh! tant qu'on le verra trôner, ce gueux, ce prince.On parlera de sa gloire.O nuit, ô douce nuit d'été, qui viens à nous.O père qu'adoré mon père.O souvenirs! printemps! aurore!Oui, l'oeuvre sort plus belle.O vallons paternels; doux champs; humble chaumière.
Par la chaîne d'or des étoiles vives.Plaintive tourterelle.Poète, prends ton luth et me donne un baiser.Pour boire dessus l'herbe tendre.Pourquoi cet amour insensé.Pour soulever un poids si lourd.Proscrit, regarde les rosés.Puisqu'ici-has toute âme.Puisque l'aube grandit, puisque voici l'aurore.
Quand au mouton bêlant la sombre boucherie.Quand je suis vingt ou trente mois.Quand les chênes, à chaque branche.Quand le soleil se couche horizontal.Quand nous habitions tous ensemble.Quand un grand fleuve a fait trois ou quatre cents lieues.Quand vous me montrez une rose.Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle.Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire.Que j'aime à voir dans la vallée.Que le soleil est beau quand tout frais il se lève.Qu'es-tu, passant? le bois est sombre.Qui donc t'a pu créer, Sphinx étrange, ô Nature!Qui peut dire: Mes yeux ont oublié l'aurore?
Rappelle-toi, quand l'Aurore craintive.Rougissante et tête baissée.
Salut, bois couronnés d'un reste de verdure.Sans doute il est trop tard pour parler encor d'elle.Si je pouvais voir, ô patrie.Si l'Aurore, toujours, de ses perles arrose.S'il avait su quelle âme il a blessée.S'il est un buisson quelque part.S'il est un charmant gazon.Si nostre vie est moins qu'une journée.Si vous croyez que je vais dire.Si vous n'avez rien à me dire.Sois-moi fidèle, ô pauvre habit que j'aime.Son âge échappait à l'enfance.Sous l'azur triomphal, au soleil qui flamboie.Sous un nuage frais de claire mousseline.Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne.Soyez béni, Seigneur, qui m'avez fait chrétien.Sur la pente des monts les brises apaisées.Sur la plage sonore où la mer de Sorrente.Sur le coteau, là-bas où sont les tombes.Sur ses larges bras étendus.
Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle.Tandis qu'à leurs oeuvres perverses.Tel qu'un morne animal, meurtri, plein de poussière.Tels que la haute mer contre les durs rivages.Temps futurs! visions sublimes!Te voilà fort et grand garçon.Toi que j'ai recueilli sur sa bouche expirante.Toi qui peux monter solitaire.Tombez, ô perles dénouées.Tous deux, ils regardaient, de la haute terrasse.Toutes, portant l'amphore, une main sur la hanche.Tout près du lac filtre une source.Triste exilé, qu'il te souvienne.Tu veux toi-même ouvrir ta tombe.
Un aveugle au coin d'une borne.Un grand sommeil noir.Un hymne harmonieux sort des feuilles du tremble.Un oiseau siffle dans les branches.Un tourbillon d'écume, au centre de la baie.
Vieux soldats de plomb que nous sommes.Voici qu'avril est de retour.Vous souvient-il de cette jeune amie.Vous voilà, vous voilà, pauvres bonnes pensées.