sais chiffrer! Sais-tu, maman, combien font dix-sept et dix-neuf?Mme. Molle. Non, mon enfant, c'est trop difficile; votre papa fait cela pour moi. Additionner dans ma tête n'a jamais été mon affaire; cela me tourne la tête; et il me semble que cela doit aussi te tourner la tienne!Rodolphe. Je sais encore davantage (more): Nous vivons en Amérique, et les chimpanzées poussent (grow) en Afrique, où les méchants hommes les tuent.Fig. 126.Mme. Molle. Monsieur Bonhomme, enseignez-vous à mon fils de telles niaiseries? Pourquoi ne lui enseignez-vous pas sur les hommes noirs en Afrique et sur les missions que nous y entretenons? Vous devriez entendre M. le Pasteur Saint-Mont là-dessus! Dans sa dernière conférence il nous disait que les sauvages avaient assommé126récemment un évêque anglican, mais qu'ils ne l'avaient pas mangé selon leur coutume ordinaire; que cela démontrait du progrès dans leurs
sais chiffrer! Sais-tu, maman, combien font dix-sept et dix-neuf?
Mme. Molle. Non, mon enfant, c'est trop difficile; votre papa fait cela pour moi. Additionner dans ma tête n'a jamais été mon affaire; cela me tourne la tête; et il me semble que cela doit aussi te tourner la tienne!
Rodolphe. Je sais encore davantage (more): Nous vivons en Amérique, et les chimpanzées poussent (grow) en Afrique, où les méchants hommes les tuent.
Fig. 126.
Fig. 126.
Mme. Molle. Monsieur Bonhomme, enseignez-vous à mon fils de telles niaiseries? Pourquoi ne lui enseignez-vous pas sur les hommes noirs en Afrique et sur les missions que nous y entretenons? Vous devriez entendre M. le Pasteur Saint-Mont là-dessus! Dans sa dernière conférence il nous disait que les sauvages avaient assommé126récemment un évêque anglican, mais qu'ils ne l'avaient pas mangé selon leur coutume ordinaire; que cela démontrait du progrès dans leurs
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Qu'est-ce qui tourne la tête à sa mère? 2. Rodolphe que sait-il de plus? 3. Madame était-elle contente de l'enseignement de son fils? 4. M. Bonhomme sur quoi devrait-il enseigner son fils? 5. Que disait le pasteur dans sa dernière conférence? 6. Quelle était la coutume ordinaire des sauvages?
moeurs, et que les missions y portaient de bons fruits.Fig. 127.Je suis présidente de la société de bienfaisance;127nous cousons pour les pauvres noirs, afin qu'ils aient des vêtements pour les garantir du froid en hiver.M. Bonhomme. Je demeure trop loin de la ville et je ne sais rien des entreprises chrétiennes dans les contrées lointaines. Je connais seulement la grande misère ici chez nous, et ceci taxe tous mes moyens.Rodolphe. Maman, je sais encore bien davantage: Miquette, Niquette, Piquette et Riquette pondent chacune tous les jours un gros oeuf; d'autres les frivoles, mettent leurs oeufs partout n'importe où (anywhere) excepté dans un nid; d'autres encore sont si avares qu'elles mangent leurs propres oeufs; il y en a aussi qui sont si rusées, qu'elles caquettent tous les matins avec les diligentes poules, mais ne pondent pas un seul oeuf. Celles-ci nous les mangeons. L'oncle a aussi un coquerico, et parce qu'il ne pondait point d'oeufs, tante Chatou l'a fait cuire quatre heures pour en faire de la soupe.
moeurs, et que les missions y portaient de bons fruits.
Fig. 127.
Fig. 127.
Je suis présidente de la société de bienfaisance;127nous cousons pour les pauvres noirs, afin qu'ils aient des vêtements pour les garantir du froid en hiver.
M. Bonhomme. Je demeure trop loin de la ville et je ne sais rien des entreprises chrétiennes dans les contrées lointaines. Je connais seulement la grande misère ici chez nous, et ceci taxe tous mes moyens.
Rodolphe. Maman, je sais encore bien davantage: Miquette, Niquette, Piquette et Riquette pondent chacune tous les jours un gros oeuf; d'autres les frivoles, mettent leurs oeufs partout n'importe où (anywhere) excepté dans un nid; d'autres encore sont si avares qu'elles mangent leurs propres oeufs; il y en a aussi qui sont si rusées, qu'elles caquettent tous les matins avec les diligentes poules, mais ne pondent pas un seul oeuf. Celles-ci nous les mangeons. L'oncle a aussi un coquerico, et parce qu'il ne pondait point d'oeufs, tante Chatou l'a fait cuire quatre heures pour en faire de la soupe.
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. M. Bonhomme de quoi ne sait-il rien? 2. Que dit Rodolphe des quatre poules? 3. Que dit-il des frivoles? 4. Qu'a-t-il à dire des avares? 5. Que sait-il des rusées? 6. Quelles poules seront mangées? 7. Tante Chatou qu'a-t-elle fait du coquerico? 8. Combien de temps l'a-t-elle fait cuire?
Mme. Molle. Qui donc t'a conté ces sottises (silly stuff)?Fig. 128.Rodolphe. Mon oncle; il m'a dit aussi que la terre est ronde, qu'elle tourne sur elle-même vingt-quatre fois dans une heure, et que le soleil roule trois cents soixante cinq fois autour de la terre128dans une année, juste comme un chat que tu lances autour de toi par la queue.(M. Bonhomme se sentit mal à son aise et se remua sur sa chaise comme un écolier sur le dernier banc.)Mme. Molle. Oh, mon pauvre enfant, ce sont de telles niaiseries qu'on t'apprend ici! Qu'en dira M. le Pasteur Saint-Mont! S'il ne t'avait pas envoyé ici lui-même, je t'emmènerais avec moi tout à l'heure. Je comprends que seulement un homme qui n'est pas père lui-même et qui passe sa vie avec des singes, des chiens, des chats et des perroquets criards puisse conter de telles sottises. Monsieur Bonhomme, vous qui avez déjà un pied dans la tombe, comment pourrez-vous jamais rendre compte de cela! Mon enfant, apprends-tu à prier?
Mme. Molle. Qui donc t'a conté ces sottises (silly stuff)?
Fig. 128.
Fig. 128.
Rodolphe. Mon oncle; il m'a dit aussi que la terre est ronde, qu'elle tourne sur elle-même vingt-quatre fois dans une heure, et que le soleil roule trois cents soixante cinq fois autour de la terre128dans une année, juste comme un chat que tu lances autour de toi par la queue.
(M. Bonhomme se sentit mal à son aise et se remua sur sa chaise comme un écolier sur le dernier banc.)
Mme. Molle. Oh, mon pauvre enfant, ce sont de telles niaiseries qu'on t'apprend ici! Qu'en dira M. le Pasteur Saint-Mont! S'il ne t'avait pas envoyé ici lui-même, je t'emmènerais avec moi tout à l'heure. Je comprends que seulement un homme qui n'est pas père lui-même et qui passe sa vie avec des singes, des chiens, des chats et des perroquets criards puisse conter de telles sottises. Monsieur Bonhomme, vous qui avez déjà un pied dans la tombe, comment pourrez-vous jamais rendre compte de cela! Mon enfant, apprends-tu à prier?
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Que pensait Madame du babillage (tattle) de son fils? 2. Comment sont les connaissances de Rodolphe sur l'astronomie? 3. M. Bonhomme pourquoi se sent-il mal à son aise? 4. Quelle est la raison que Madame n'emmènera pas son fils? 5. Quel homme peut conter ces sottises? 6. Madame n'est-elle pas injuste envers (toward) M. Bonhomme? 7. Que demande Madame à son enfant?
Rodolphe. Oh! oui, chère maman, je sais prier;129tante Chatou m'a appris une prière du matin et une du soir.Fig. 129.Mme. Molle. Ah ça! C'est la vieille servante qui t'apprend à prier, et ton père paie Monsieur Bonhomme pour cela!M. Bonhomme. De grâce, Madame, calmez-vous; les connaissances de Rodolphe sont naturellement encore peu claires, et la joie de voir sa mère lui a tourné la tête; attendez encore quelque temps, et vous parlerez mieux de lui et de moi.37. Rodolphe. Maman, j'ai appris aussi des énigmes; je t'en donnerai une. Devine ceci:Fig. 130.Elle est faite de fer et verre,A l'usage d'un sombre chemin;Le jour elle reste sur la terre,La nuit la trouve à la main.130
Rodolphe. Oh! oui, chère maman, je sais prier;129tante Chatou m'a appris une prière du matin et une du soir.
Fig. 129.
Fig. 129.
Mme. Molle. Ah ça! C'est la vieille servante qui t'apprend à prier, et ton père paie Monsieur Bonhomme pour cela!
M. Bonhomme. De grâce, Madame, calmez-vous; les connaissances de Rodolphe sont naturellement encore peu claires, et la joie de voir sa mère lui a tourné la tête; attendez encore quelque temps, et vous parlerez mieux de lui et de moi.
37. Rodolphe. Maman, j'ai appris aussi des énigmes; je t'en donnerai une. Devine ceci:
Fig. 130.
Fig. 130.
Elle est faite de fer et verre,A l'usage d'un sombre chemin;Le jour elle reste sur la terre,La nuit la trouve à la main.130
Elle est faite de fer et verre,A l'usage d'un sombre chemin;Le jour elle reste sur la terre,La nuit la trouve à la main.130
Elle est faite de fer et verre,
A l'usage d'un sombre chemin;
Le jour elle reste sur la terre,
La nuit la trouve à la main.130
Mme. Molle. Il faut que tu me dises cela; c'est trop difficile!Rodolphe. C'est une lanterne. En voici quelques unes que tu trouveras faciles:Qui fait le chapeau?Qui fait le couteau?
Mme. Molle. Il faut que tu me dises cela; c'est trop difficile!
Rodolphe. C'est une lanterne. En voici quelques unes que tu trouveras faciles:
Qui fait le chapeau?Qui fait le couteau?
Qui fait le chapeau?Qui fait le couteau?
Qui fait le chapeau?
Qui fait le couteau?
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Qui lui a appris ses prières! 2. Quelles prières? 3. Qui aurait dû (who ought to have) les apprendre à Rodolphe? 4. Comment sont les connaissances de Rodolphe? 5. Qu'est-ce qui lui a tourné la tête?
Fig. 131.Fig. 132.Qui chasse le cerf?Qui forge le fer?Qui pêche le poisson?Qui boit la boisson?Qui sonne le cor?Qui façonne l'or?Mme. Molle. Le chapelier fait le chapeau; le coutelier fait le couteau; le chasseur131chasse le cerf; le forgeron forge le fer; le pêcheur pèche le poisson; le buveur boit la boisson; le corneur132sonne le cor, et l'orfèvre façonne l'or.Rodolphe. Bravo, maman! tu as fait cela très bien; en voici le reste:Qui tisse le lin?Qui cuit le pain?Qui cultive la terre?Qui fait la guerre?Mme. Molle. Le fileur tisse le lin.
Fig. 131.
Fig. 132.
Qui chasse le cerf?Qui forge le fer?Qui pêche le poisson?Qui boit la boisson?Qui sonne le cor?Qui façonne l'or?
Qui chasse le cerf?Qui forge le fer?Qui pêche le poisson?Qui boit la boisson?Qui sonne le cor?Qui façonne l'or?
Qui chasse le cerf?
Qui forge le fer?
Qui pêche le poisson?
Qui boit la boisson?
Qui sonne le cor?
Qui façonne l'or?
Mme. Molle. Le chapelier fait le chapeau; le coutelier fait le couteau; le chasseur131chasse le cerf; le forgeron forge le fer; le pêcheur pèche le poisson; le buveur boit la boisson; le corneur132sonne le cor, et l'orfèvre façonne l'or.
Rodolphe. Bravo, maman! tu as fait cela très bien; en voici le reste:
Qui tisse le lin?Qui cuit le pain?Qui cultive la terre?Qui fait la guerre?
Qui tisse le lin?Qui cuit le pain?Qui cultive la terre?Qui fait la guerre?
Qui tisse le lin?
Qui cuit le pain?
Qui cultive la terre?
Qui fait la guerre?
Mme. Molle. Le fileur tisse le lin.
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Lui a-t-il donné d'autres énigmes? 2. Sont-elles difficiles? 3. Les a-t-elle devinées? 4. Que lui dit Rodolphe, lorsqu'elle les avait toutes devinées?
Rodolphe. Non, maman, c'est le tisserand133qui le tisse.Mme. Molle. Le cuisinier cuit le pain.Rodolphe. Non, maman, le boulanger le cuit.Fig. 133.Mme. Molle. L'ouvrier cultive la terre.Rodolphe. Non, maman, c'est le cultivateur qui la cultive.Mme. Molle. Le soldat fait la guerre.Rodolphe. Mais non, maman, c'est le roi qui fait la guerre. De celles-ci tu n'as pas deviné une seule.Mme. Molle. Donner des énigmes et les deviner je le trouve très intéressant. Rodolphe, il faut que tu me les transcrives; je les donnerai à deviner à mes amies à notre réunion prochaine (next meeting). C'est ce que je t'ai entendu dire de mieux. Monsieur Bonhomme, je vous suis bien obligée.M. Bonhomme. Les énigmes sont très bonnes pour les enfants; elles aiguisent (sharpen) la réflexion et elles amusent en même temps. Madame veuillez m'excuser (please excuse me); il me faut aller aux champs.38. Quand Monsieur Bonhomme était sorti, Madame Molle désirait entendre encore des énigmes.
Rodolphe. Non, maman, c'est le tisserand133qui le tisse.
Mme. Molle. Le cuisinier cuit le pain.
Rodolphe. Non, maman, le boulanger le cuit.
Fig. 133.
Fig. 133.
Mme. Molle. L'ouvrier cultive la terre.
Rodolphe. Non, maman, c'est le cultivateur qui la cultive.
Mme. Molle. Le soldat fait la guerre.
Rodolphe. Mais non, maman, c'est le roi qui fait la guerre. De celles-ci tu n'as pas deviné une seule.
Mme. Molle. Donner des énigmes et les deviner je le trouve très intéressant. Rodolphe, il faut que tu me les transcrives; je les donnerai à deviner à mes amies à notre réunion prochaine (next meeting). C'est ce que je t'ai entendu dire de mieux. Monsieur Bonhomme, je vous suis bien obligée.
M. Bonhomme. Les énigmes sont très bonnes pour les enfants; elles aiguisent (sharpen) la réflexion et elles amusent en même temps. Madame veuillez m'excuser (please excuse me); il me faut aller aux champs.
38. Quand Monsieur Bonhomme était sorti, Madame Molle désirait entendre encore des énigmes.
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Madame a-t-elle deviné les quatre dernières énigmes? 2. Que pense-t-elle des énigmes? 3. Que désire-t-elle qu'il fît? 4. A qui les donnera-t-elle à deviner? 5. Que disait-elle à M. Bonhomme? 6. Que répondit M. Bonhomme là-dessus? 7. Où lui faut-il aller? 8. Madame aimait-elle les énigmes?
Rodolphe. Qu'est-ce qui a des pieds et ne peut pas courir?Mme. Molle. Que c'est drôle (funny); je n'en sais rien!Rodolphe. C'est la table. Voici une autre:Le doigt du milieu, quand porte-t-il un chapeau?Fig. 134.Fig. 135.Mme. Molle. Quand on coud, on lui passe un dé.134Parlant du dé, quand précède-t-il les gants?135Rodolphe. J'y renonce (I give it up); qu'est-ce?Mme. Molle. Quand on se dégante (takes off the gloves).Rodolphe. Oh, maman, que c'est stupide; c'est impossible à deviner. C'est à mon tour (my turn); qu'est-ce qui court sur la tête?Mme. Molle. C'est bien facile; c'est le clou dans la semelle (sole).Rodolphe. Très bien; quels clous ne peut-on pas enfoncer dans un mur (wall).Mme. Molle. Ce sont les clous de girofle (cloves). C'est à moi de t'en donner une. Quel homme ne peut supporter la moindre chaleur?
Rodolphe. Qu'est-ce qui a des pieds et ne peut pas courir?
Mme. Molle. Que c'est drôle (funny); je n'en sais rien!
Rodolphe. C'est la table. Voici une autre:
Le doigt du milieu, quand porte-t-il un chapeau?
Fig. 134.Fig. 135.
Fig. 134.
Fig. 135.
Mme. Molle. Quand on coud, on lui passe un dé.134Parlant du dé, quand précède-t-il les gants?135
Rodolphe. J'y renonce (I give it up); qu'est-ce?
Mme. Molle. Quand on se dégante (takes off the gloves).
Rodolphe. Oh, maman, que c'est stupide; c'est impossible à deviner. C'est à mon tour (my turn); qu'est-ce qui court sur la tête?
Mme. Molle. C'est bien facile; c'est le clou dans la semelle (sole).
Rodolphe. Très bien; quels clous ne peut-on pas enfoncer dans un mur (wall).
Mme. Molle. Ce sont les clous de girofle (cloves). C'est à moi de t'en donner une. Quel homme ne peut supporter la moindre chaleur?
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Combien de pieds à une table? 2. Quand on coud, sur quel doigt passe-t-on le dé? 3. De quoi sont faits les dés? 4. Peut-on bien coudre avec les gants? 5. Que faut-il faire? (Answer: Se déganter.) 6. De quelles têtes parle Rodolphe? 7. Pourquoi ne peut-on les enfoncer dans un mur? (Answer: Parce qu'ils ne sont pas en fer [because they are not of iron].)
Fig. 136.Fig. 137.Rodolphe. C'est l'homme de neige.136A ce moment la porte s'ouvrit, et Lolo, le chien, entra. Il s'assit devant Rodolphe, et celui-ci, dont la disposition de faire du mal se réveilla en présence de sa mère, se fit le plaisir de marcher137sur la queue du chien. Lolo hurlait, et Jaco cria aussitôt:--Tu es un chenapan; je suis plus âgé que toi; je sais ce qui est bon pour toi, claque, claque! ha-ha-ha!Rodolphe eut peur et regarda la porte.Mme. Molle. Qu'as-tu, mon enfant (what is the matter with you, my child)?Rodolphe. Jaco me rappelle, que le nom de l'oncle n'est pas Molle et sa main non plus.Mme. Molle. Tu ne veux pas dire, que Monsieur Bonhomme mette la main sur toi?Rodolphe. Non, chère maman, il ne met pas la main sur moi, mais il la laisse fortement tomber sur moi, quand il m'a couché sur ses genoux.
Fig. 136.
Fig. 137.
Rodolphe. C'est l'homme de neige.136
A ce moment la porte s'ouvrit, et Lolo, le chien, entra. Il s'assit devant Rodolphe, et celui-ci, dont la disposition de faire du mal se réveilla en présence de sa mère, se fit le plaisir de marcher137sur la queue du chien. Lolo hurlait, et Jaco cria aussitôt:
--Tu es un chenapan; je suis plus âgé que toi; je sais ce qui est bon pour toi, claque, claque! ha-ha-ha!
Rodolphe eut peur et regarda la porte.
Mme. Molle. Qu'as-tu, mon enfant (what is the matter with you, my child)?
Rodolphe. Jaco me rappelle, que le nom de l'oncle n'est pas Molle et sa main non plus.
Mme. Molle. Tu ne veux pas dire, que Monsieur Bonhomme mette la main sur toi?
Rodolphe. Non, chère maman, il ne met pas la main sur moi, mais il la laisse fortement tomber sur moi, quand il m'a couché sur ses genoux.
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Où s'assit Lolo? 2. Quelle disposition s'est réveillé en Rodolphe? 3. Sur quoi marchait Rodolphe? 4. Que disait Jaco? 5. Que regarda Rodolphe? 6. Pourquoi? 7. Quelle main n'est pas molle? 8. Madame de quoi est-elle surprise?
39. Juste à ce moment M. Bonhomme rentra dans la chambre. Madame Molle se leva138et frémissant de colère, marcha droit à lui (walked up to him).Fig. 138.--Monsieur Bonhomme, lui dit-elle, je viens d'entendre que vous frappez mon fils. Je le dirai au Pasteur Saint-Mont, afin qu'il sache quel homme barbare que vous êtes. Vous avez tant vécu parmi les animaux que vous en êtes devenu un. Nous n'aurions jamais cru, que notre chéri fût entre de telles mains, et c'est pour cela que nous dépensons notre bon argent. S'il ne me fallait pas passer la saison d'automne aux montagnes où mon fils me gênerait, je l'emmènerais dès cet instant.M. Bonhomme. Calmez-vous, Madame. Pour être conséquent, il m'a fallu punir une fois votre fils. Les quelques coups que je lui ai donnés ont eu le meilleur effet, car ils l'ont guéri de son entêtement; vous voyez qu'il est sain et sauf (hale and hardy). C'est la seconde fois que vous me parlez d'argent que vous me payez. Je n'en ai pas demandé ni reçu, et lorsque j'acceptai votre fils, ce fut à la seule condition que vous me
39. Juste à ce moment M. Bonhomme rentra dans la chambre. Madame Molle se leva138et frémissant de colère, marcha droit à lui (walked up to him).
Fig. 138.
Fig. 138.
--Monsieur Bonhomme, lui dit-elle, je viens d'entendre que vous frappez mon fils. Je le dirai au Pasteur Saint-Mont, afin qu'il sache quel homme barbare que vous êtes. Vous avez tant vécu parmi les animaux que vous en êtes devenu un. Nous n'aurions jamais cru, que notre chéri fût entre de telles mains, et c'est pour cela que nous dépensons notre bon argent. S'il ne me fallait pas passer la saison d'automne aux montagnes où mon fils me gênerait, je l'emmènerais dès cet instant.
M. Bonhomme. Calmez-vous, Madame. Pour être conséquent, il m'a fallu punir une fois votre fils. Les quelques coups que je lui ai donnés ont eu le meilleur effet, car ils l'ont guéri de son entêtement; vous voyez qu'il est sain et sauf (hale and hardy). C'est la seconde fois que vous me parlez d'argent que vous me payez. Je n'en ai pas demandé ni reçu, et lorsque j'acceptai votre fils, ce fut à la seule condition que vous me
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Qu'arriva à ce moment? 2. Madame pourquoi était-elle frémissante de colère? 3. Que dira-t-elle au pasteur? 4. Où passera Madame la saison d'automne? 5. Pourquoi n'amènera-t-elle pas son fils aux montagnes? 6. M. Bonhomme qu'est-ce qu'il lui a fallu faire une fois? 7. Qu'est-ce qui a eu le meilleur effet? 8. De quoi l'ont-ils guéri? 9. M. Bonhomme que n'a-t-il ni demandé ni reçu?
l'abandonnassiez à ma discrétion. Vous êtes parfaitement libre de l'emmener. C'est vrai, mon vieux coeur s'est habitué à lui, et je le regretterais beaucoup.Fig. 139.Rodolphe. Maman, oncle Bonhomme a eu raison, quand il m'a puni, car j'avais lancé une cuillère au visage de tante Chatou. Tu m'as frappé une fois seulement parce que j'avais joué avec ton éventail.139Cet été je cassais les lunettes de l'oncle sous la chaise-berceuse; il lui est impossible de rien voir sans elles, pourtant il ne me punit pas.Mme. Molle. Mais il te gronda d'autant plus (scolded you the more) et t'appela de vilains noms!Rodolphe. Non, maman, il ne m'a pas grondé, et de vilains noms il ne m'en appelle jamais. Je l'ai prié de me frapper et pour toute réponse il m'a pris sur ses genoux, et me dit en m'embrassant que j'avais un coeur d'or. Maman, je reste avec oncle et Coco, et je n'irai pas avec toi!Madame Molle ne s'attendait pas (did not expect) à ce changement d'affaires, et elle perdit contenance. Le calme et la tranquillité de l'aimable homme commencèrent à faire une profonde impression sur elle.
l'abandonnassiez à ma discrétion. Vous êtes parfaitement libre de l'emmener. C'est vrai, mon vieux coeur s'est habitué à lui, et je le regretterais beaucoup.
Fig. 139.
Fig. 139.
Rodolphe. Maman, oncle Bonhomme a eu raison, quand il m'a puni, car j'avais lancé une cuillère au visage de tante Chatou. Tu m'as frappé une fois seulement parce que j'avais joué avec ton éventail.139Cet été je cassais les lunettes de l'oncle sous la chaise-berceuse; il lui est impossible de rien voir sans elles, pourtant il ne me punit pas.
Mme. Molle. Mais il te gronda d'autant plus (scolded you the more) et t'appela de vilains noms!
Rodolphe. Non, maman, il ne m'a pas grondé, et de vilains noms il ne m'en appelle jamais. Je l'ai prié de me frapper et pour toute réponse il m'a pris sur ses genoux, et me dit en m'embrassant que j'avais un coeur d'or. Maman, je reste avec oncle et Coco, et je n'irai pas avec toi!
Madame Molle ne s'attendait pas (did not expect) à ce changement d'affaires, et elle perdit contenance. Le calme et la tranquillité de l'aimable homme commencèrent à faire une profonde impression sur elle.
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Quelle était la raison pour laquelle Rodolphe fut puni une fois? 2. Sa mère pourquoi l'avait-elle frappé une fois? 3. Où furent cassées les lunettes? 4. Rodolphe qu'a-t-il demandé à son oncle? 5. Quelle fut la réponse de celui-ci? 6. Rodolphe va-t-il partir avec sa mère ? 7. A quoi ne s'attendait pas Madame? 8. Qu'est-ce qui fit une profonde impression sur elle?
--Rodolphe, j'en suis bien aise, dit-elle, que tu veuilles rester ici, et que Monsieur Bonhomme t'aime; d'ailleurs il serait peu convenable de t'amener avec moi aux montagnes. Cependant ce qui m'étonne, Monsieur, c'est le pouvoir que vous avez sur mon fils. Chez nous toutes ses caprices, tous ses désirs furent satisfaits, néanmoins (nevertheless) son coeur se détourne de nous.40.M. Bonhomme. La satisfaction de tous les désirs et de toutes les caprices est justement la cause de la disatisfaction non seulement des enfants mais aussi des hommes. Rodolphe se contente ici, parce que je tiens ses désirs et ses caprices mêmes sous contrôle. Ce n'est que par un traitement uniforme et par une division égale du travail et du jeu, qu'on peut développer dans l'enfant et la saine raison (sound sense) et le sentiment de la justice qui lui sont indispensables dans une vie bien réglée.Dans la tête de Madame Molle il commençait à se faire jour. Que l'éducation puisse être un art et une science ne lui entrait jamais dans la tête. Le seul but de sa vie fut de savoir combien d'envie ou d'admiration elle pourrait faire naître chez ses voisines. Maintenant elle avait honte de sa conduite devant cet aimable vieillard, et à ses yeux il devint un véritable géant.
--Rodolphe, j'en suis bien aise, dit-elle, que tu veuilles rester ici, et que Monsieur Bonhomme t'aime; d'ailleurs il serait peu convenable de t'amener avec moi aux montagnes. Cependant ce qui m'étonne, Monsieur, c'est le pouvoir que vous avez sur mon fils. Chez nous toutes ses caprices, tous ses désirs furent satisfaits, néanmoins (nevertheless) son coeur se détourne de nous.
40.M. Bonhomme. La satisfaction de tous les désirs et de toutes les caprices est justement la cause de la disatisfaction non seulement des enfants mais aussi des hommes. Rodolphe se contente ici, parce que je tiens ses désirs et ses caprices mêmes sous contrôle. Ce n'est que par un traitement uniforme et par une division égale du travail et du jeu, qu'on peut développer dans l'enfant et la saine raison (sound sense) et le sentiment de la justice qui lui sont indispensables dans une vie bien réglée.
Dans la tête de Madame Molle il commençait à se faire jour. Que l'éducation puisse être un art et une science ne lui entrait jamais dans la tête. Le seul but de sa vie fut de savoir combien d'envie ou d'admiration elle pourrait faire naître chez ses voisines. Maintenant elle avait honte de sa conduite devant cet aimable vieillard, et à ses yeux il devint un véritable géant.
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Qu'est-ce qui la met à son aise? 2. Qu'est-ce que ne lui serait pas convenable? 3. De quoi est-elle étonné? 4. Quelle est la cause de la disatisfaction des enfants? 5. Que n'entrait pas dans la tête de Madame? 6. Quel fut le but de sa vie? 7. Qu'avait-elle maintenant? 8. Que devenait M. Bonhomme à ses yeux?
Fig. 140.Fig. 141.Fig. 142.Le jour était sombre (misty) et peu agréable pour sortir. L'après-midi pour se divertir Rodolphe, Coco, le valet et la femme de chambre jouèrent au colin-*maillard (blind man's buff). Madame était assise près de la fenêtre et lisait; mais sous peu (before long) elle ferma les yeux et s'assoupit sur sa chaise. Les joueurs se soucièrent fort peu d'elle (cared very little for her) et firent un tapage (racket) à réveiller un mort.Coco venait d'être pris, et il lui fallait être colin-maillard. Rodolphe lui mit un bandeau sur les yeux.140Longtemps il tâtonnait vainement dans la chambre pour saisir quelqu'un. Tout à coup, les bras étendus, il marcha dans la direction de la fenêtre, toucha Madame, et l'enveloppa de ses bras.141D'un cri de terreur, Madame Molle se réveilla, sauta sur pieds et d'un coup bien appliqué elle renversa Coco à terre.142--Vilain animal, s'écria-t-elle, que veux-tu?
Fig. 140.
Fig. 141.
Fig. 142.
Le jour était sombre (misty) et peu agréable pour sortir. L'après-midi pour se divertir Rodolphe, Coco, le valet et la femme de chambre jouèrent au colin-*maillard (blind man's buff). Madame était assise près de la fenêtre et lisait; mais sous peu (before long) elle ferma les yeux et s'assoupit sur sa chaise. Les joueurs se soucièrent fort peu d'elle (cared very little for her) et firent un tapage (racket) à réveiller un mort.
Coco venait d'être pris, et il lui fallait être colin-maillard. Rodolphe lui mit un bandeau sur les yeux.140Longtemps il tâtonnait vainement dans la chambre pour saisir quelqu'un. Tout à coup, les bras étendus, il marcha dans la direction de la fenêtre, toucha Madame, et l'enveloppa de ses bras.141D'un cri de terreur, Madame Molle se réveilla, sauta sur pieds et d'un coup bien appliqué elle renversa Coco à terre.142
--Vilain animal, s'écria-t-elle, que veux-tu?
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Pourquoi ne sortait-on pas? 2. L'après-midi que jouait-on? 3. Où était assise Madame? 4. Que fit-elle? 5. Qu'arriva à Coco? 6. Que lui mit Rodolphe sur les yeux? 7. Dites ce qu'il fit dans la chambre. 8. Comment marcha-t-il vers la fenêtre? 9. Que fit-il à Madame? 10. Lorsque Coco avait touché Madame, que fit celle-ci? 11. Que disait-elle?
Rodolphe. Oh, maman, Coco n'a pas voulu te faire mal; nous jouions, et comme ses yeux étaient bandés (tied) il ne savait pas que c'était toi qu'il toucha; tu lui as fait bien du mal!Il alla à Coco, qui en attendant s'était relevé et avait ôté le bandeau, et il le consola de son mieux. Coco avait été pris de terreur autant que Madame. Le jeu naturellement prit fin.Fig. 143.41. Le soir, lorsque tous furent assis à table, Madame Molle ne fut pas peu surprise de voir Coco venir à elle pour lui donner une poignée (handful) de fleurs.143Elle le caressa et lui dit: "Merci, merci, bon Coco!" Ce fut la première fois qu'elle se montrât bienveillante envers lui. Coco se sentit flatté et sautilla de joie.Mais ce ne fut que le lendemain matin que Madame eut l'occasion d'être témoin oculaire (eye-witness) du grand attachement que Coco éprouvait (felt) pour Rodolphe. A une nuit orageuse avait succédé un beau matin d'automne. L'envie avait pris Rodolphe de sortir pour s'amuser au grand air (open air). Il alla
Rodolphe. Oh, maman, Coco n'a pas voulu te faire mal; nous jouions, et comme ses yeux étaient bandés (tied) il ne savait pas que c'était toi qu'il toucha; tu lui as fait bien du mal!
Il alla à Coco, qui en attendant s'était relevé et avait ôté le bandeau, et il le consola de son mieux. Coco avait été pris de terreur autant que Madame. Le jeu naturellement prit fin.
Fig. 143.
Fig. 143.
41. Le soir, lorsque tous furent assis à table, Madame Molle ne fut pas peu surprise de voir Coco venir à elle pour lui donner une poignée (handful) de fleurs.143Elle le caressa et lui dit: "Merci, merci, bon Coco!" Ce fut la première fois qu'elle se montrât bienveillante envers lui. Coco se sentit flatté et sautilla de joie.
Mais ce ne fut que le lendemain matin que Madame eut l'occasion d'être témoin oculaire (eye-witness) du grand attachement que Coco éprouvait (felt) pour Rodolphe. A une nuit orageuse avait succédé un beau matin d'automne. L'envie avait pris Rodolphe de sortir pour s'amuser au grand air (open air). Il alla
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Coco l'avait-il touché à dessein? 2. Comment se fait-il qu'il ne sût pas que c'était-elle? 3. Que fit Coco en attendant? 4. Coco fut pris de quoi? 5. Qu'est-ce qui prit fin? 6. Qu'arriva le soir à table? 7. Comment Madame reçut-elle Coco? 8. Comment se montra-t-elle envers lui? 9. Quelle occasion fut donnée à Madame le lendemain matin? 10. Qu'avait succédé à une nuit orageuse? 11. Quelle envie avait pris Rodolphe?
Fig. 144.Fig. 145.chercher son vélocipède, Coco fit de même. Ils montèrent144sur leurs machines et firent le tour de la cour, se chassant l'un l'autre. Tout à coup Rodolphe, courant de toute vitesse, heurta de sa machine contre une pierre et fut fortement jeté à terre. Coco vint aussitôt auprès de lui, le souleva145et le porta dans la maison. Madame Molle avait tout vu. Rodolphe saigna beaucoup de la tête et du nez. Ses lésions (injuries) furent graves et douloureuses, mais heureusement non dangereuses.Fig. 146.Sa mère étancha le sang et le mit au lit. Il s'endormit bientôt. Le soir il se réveilla tout alerte. Le jour suivant il s'était assez remis (improved) pour que sa mère pût partir sans inquiétude. Les adieux entre mère et fils furent des plus tendres et affectueux. Coco avait gagné son coeur, et naturellement elle ne l'oublia pas. Elle lui donna la main et le caressa.146
Fig. 144.
Fig. 145.
chercher son vélocipède, Coco fit de même. Ils montèrent144sur leurs machines et firent le tour de la cour, se chassant l'un l'autre. Tout à coup Rodolphe, courant de toute vitesse, heurta de sa machine contre une pierre et fut fortement jeté à terre. Coco vint aussitôt auprès de lui, le souleva145et le porta dans la maison. Madame Molle avait tout vu. Rodolphe saigna beaucoup de la tête et du nez. Ses lésions (injuries) furent graves et douloureuses, mais heureusement non dangereuses.
Fig. 146.
Fig. 146.
Sa mère étancha le sang et le mit au lit. Il s'endormit bientôt. Le soir il se réveilla tout alerte. Le jour suivant il s'était assez remis (improved) pour que sa mère pût partir sans inquiétude. Les adieux entre mère et fils furent des plus tendres et affectueux. Coco avait gagné son coeur, et naturellement elle ne l'oublia pas. Elle lui donna la main et le caressa.146
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Qu'allait-il chercher? 2. Que fit-il de son vélocipède? 3. Que lui arriva-t-il? 4. Que fit Coco? 5. Où était la mère de Rodolphe? 6. Comment furent les lésions de celui-ci? 7. Que fit sa mère? 8. Que put faire Madame le jour suivant sans inquiétude? 9. Madame, en partant se souvenait-elle de Coco?
Coco se cabrait (pranced) et se démenait (behaved) autour de la voiture comme un fou et jeta à Madame des baisers du bout de ses doigts. Pauvre Coco! Il eut peut-être un pressentiment qu'il ne reverrait plus sa nouvelle amie. S'adressant à Monsieur Bonhomme, Madame Molle lui dit:--Je vous dois des excuses (an apology), Monsieur. Je vous ai parlé d'une façon si insensée que j'en ai honte. Je suis si fâchée contre moi-même pour vous avoir traité si rudement que je ne sais que faire pour vous exprimer mes regrets. Votre fermeté, votre calme, votre saine raison (sound sense) m'ont gagné pour vous à jamais (forever).Fig. 147.M. Bonhomme. Je me réjouis, Madame, que je possède dès maintenant votre confiance. Nous pouvons d'autant mieux travailler au bien-être de votre cher fils. Faites mes amitiés (give my kindest regards) à Monsieur Molle et au Pasteur Saint-Mont.42. Madame Molle partit.147Les leçons de Rodolphe, qui avaient été quelque peu (somewhat) interrompues par la visite de sa mère, furent assidûment continuées. Maître et écolier se
Coco se cabrait (pranced) et se démenait (behaved) autour de la voiture comme un fou et jeta à Madame des baisers du bout de ses doigts. Pauvre Coco! Il eut peut-être un pressentiment qu'il ne reverrait plus sa nouvelle amie. S'adressant à Monsieur Bonhomme, Madame Molle lui dit:
--Je vous dois des excuses (an apology), Monsieur. Je vous ai parlé d'une façon si insensée que j'en ai honte. Je suis si fâchée contre moi-même pour vous avoir traité si rudement que je ne sais que faire pour vous exprimer mes regrets. Votre fermeté, votre calme, votre saine raison (sound sense) m'ont gagné pour vous à jamais (forever).
Fig. 147.
Fig. 147.
M. Bonhomme. Je me réjouis, Madame, que je possède dès maintenant votre confiance. Nous pouvons d'autant mieux travailler au bien-être de votre cher fils. Faites mes amitiés (give my kindest regards) à Monsieur Molle et au Pasteur Saint-Mont.
42. Madame Molle partit.147
Les leçons de Rodolphe, qui avaient été quelque peu (somewhat) interrompues par la visite de sa mère, furent assidûment continuées. Maître et écolier se
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Que fit celui-ci en recevant ses caresses? 2. Quel pressentiment avait Coco? 3. Que disait Madame à M. Bonhomme? 4. De quoi se réjouit M. Bonhomme? 5. A quoi peuvent-ils travailler? 6. Qu'est-ce qui avait interrompe les leçons de Rodolphe? 7. Les leçons comment furent-elles continuées?
rapprochèrent de plus en plus et devinrent indispensables l'un à l'autre. Le désir ardent du coeur vide du pauvre vieillard se sentit adouci par la présence du garçon, et l'amour pour les études de celui-ci trouva d'amples stimulants en son maître.Notre intention n'a pas été de présenter dans un volume l'histoire complète de notre petit héros. Avec le changement favorable dans son caractère, que nous avons signalé (indicated) et que nous voulions bien affirmer encore une fois, nous avons atteint notre but dans ce livre. Nous nous réservons à reprendre sa carrière plus tard et de la suivre plus au loin.Fig. 148.Qu'en attendant on sache bien que la santé de Rodolphe continuera bonne; que son bonheur ne sera pas troublé; qu'il s'appliquera de toute sa force à ses études,148et que M. Bonhomme lui dévouera encore bien des années utiles tant à sa joie qu'à celle de Rodolphe et de ses parents. Nous espérons revoir toutes ces personnes.En faisant la promesse de ramener (to bring before) nos vieilles connaissances devant notre lecteur, nous sommes bien peinés de lui dire qu'il faut s'attendre à une exception. Coco, il ne le reverra plus! C'est une
rapprochèrent de plus en plus et devinrent indispensables l'un à l'autre. Le désir ardent du coeur vide du pauvre vieillard se sentit adouci par la présence du garçon, et l'amour pour les études de celui-ci trouva d'amples stimulants en son maître.
Notre intention n'a pas été de présenter dans un volume l'histoire complète de notre petit héros. Avec le changement favorable dans son caractère, que nous avons signalé (indicated) et que nous voulions bien affirmer encore une fois, nous avons atteint notre but dans ce livre. Nous nous réservons à reprendre sa carrière plus tard et de la suivre plus au loin.
Fig. 148.
Fig. 148.
Qu'en attendant on sache bien que la santé de Rodolphe continuera bonne; que son bonheur ne sera pas troublé; qu'il s'appliquera de toute sa force à ses études,148et que M. Bonhomme lui dévouera encore bien des années utiles tant à sa joie qu'à celle de Rodolphe et de ses parents. Nous espérons revoir toutes ces personnes.
En faisant la promesse de ramener (to bring before) nos vieilles connaissances devant notre lecteur, nous sommes bien peinés de lui dire qu'il faut s'attendre à une exception. Coco, il ne le reverra plus! C'est une
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Comment s'entendirent maître et écolier? 2. Qu'est-ce qui se sentit adouci? 3. Que trouva Rodolphe? 4. Quelle était l'intention de l'auteur? 5. Avec quoi est atteint le but de ce livre? 6. L'auteur que s'est-il réservé? 7. Le lecteur qu'est-ce qu'il est prié d'entendre? 8. Qui seront ramenés plus tard devant le lecteur?
tâche bien douloureuse à notre plume de rapporter la triste fin du pauvre Coco.On était aux derniers jours de l'automne. Les vents avaient déjà commencé tout de bon de secouer149les feuilles des arbres.Fig. 149.Les musiciens ailés (feathered) qui y avaient fait entendre leurs mélodies gratuitement étaient partis pour leur quartier d'hiver, et il semblait que la mère fatiguée, dame Nature, baillât, s'étendit (yawned and stretched) et se préparât à un long sommeil. Déjà le lugubre croassement de quelques corbeaux passant au vol au-dessus de la cour à la forêt voisine, se firent entendre. Un matin de bonne heure la gouvernante se réveilla en sursaut (with a start). Une fumée épaisse remplissait la chambre et menaçait de l'étouffer. Sa chambre était au troisième étage (story). Elle saisit quelques vêtements et descendit les escaliers en volant. Ceux-ci étaient déjà en partie en flammes. Elle ne songea qu'au salut de son maître. Que Rodolphe dormait dans la chambre près de la sienne ne lui venait même pas à la tête. Elle réveilla Monsieur Bonhomme. Sa première question fut: "Où est Rodolphe?" Mademoiselle bégaya (stammered) "en haut!"
tâche bien douloureuse à notre plume de rapporter la triste fin du pauvre Coco.
On était aux derniers jours de l'automne. Les vents avaient déjà commencé tout de bon de secouer149les feuilles des arbres.
Fig. 149.
Fig. 149.
Les musiciens ailés (feathered) qui y avaient fait entendre leurs mélodies gratuitement étaient partis pour leur quartier d'hiver, et il semblait que la mère fatiguée, dame Nature, baillât, s'étendit (yawned and stretched) et se préparât à un long sommeil. Déjà le lugubre croassement de quelques corbeaux passant au vol au-dessus de la cour à la forêt voisine, se firent entendre. Un matin de bonne heure la gouvernante se réveilla en sursaut (with a start). Une fumée épaisse remplissait la chambre et menaçait de l'étouffer. Sa chambre était au troisième étage (story). Elle saisit quelques vêtements et descendit les escaliers en volant. Ceux-ci étaient déjà en partie en flammes. Elle ne songea qu'au salut de son maître. Que Rodolphe dormait dans la chambre près de la sienne ne lui venait même pas à la tête. Elle réveilla Monsieur Bonhomme. Sa première question fut: "Où est Rodolphe?" Mademoiselle bégaya (stammered) "en haut!"
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. Comment sera la fin de Coco? 2. A quels jours était-on? 3. Les arbres qu'avaient-ils commencé? 4. Qu'entendez-vous par "les musiciens ailés"? 5. A quoi se prépara dame Nature? 6. Qui se firent déjà entendre? 7. Qu'arriva un matin de bonne heure? 8. Où était la chambre de la gouvernante? 9. Que fit-elle lorsqu'elle sentit la fumée?
Fig. 150.Fig. 151.Fig. 152.43. Monsieur Bonhomme courut à l'escalier pour monter, mais l'escalier du second étage était tout en flammes et lui barrait150le chemin. Il descendit, courut à la cour et fixant ses yeux aux fenêtre d'en haut il appela de toute sa force: "Rodolphe! Rodolphe!" mais Rodolphe ne l'entendit pas dormant du sommeil de l'enfance.Monsieur Bonhomme fut au désespoir. Alors, au moment suprême, parut Coco; il regarda son maître avec inquiétude et chercha à deviner sa pensée. Tout d'un coup il partit comme un éclair (like lightning); il courut à la gouttière (water-spout), en saisit le tuyau (pipe) et ainsi grimpa en haut avec une surprenante vitesse; il atteignit la fenêtre, l'enfonça151et s'y glissa (crept in). Une fumée noire en sortait. Le danger devint de plus en plus menaçant. Après quelques minutes des plus pénibles, Coco reparut à la fenêtre avec Rodolphe sur le dos.152Soigneusement il en sortit,
Fig. 150.
Fig. 151.
Fig. 152.
43. Monsieur Bonhomme courut à l'escalier pour monter, mais l'escalier du second étage était tout en flammes et lui barrait150le chemin. Il descendit, courut à la cour et fixant ses yeux aux fenêtre d'en haut il appela de toute sa force: "Rodolphe! Rodolphe!" mais Rodolphe ne l'entendit pas dormant du sommeil de l'enfance.
Monsieur Bonhomme fut au désespoir. Alors, au moment suprême, parut Coco; il regarda son maître avec inquiétude et chercha à deviner sa pensée. Tout d'un coup il partit comme un éclair (like lightning); il courut à la gouttière (water-spout), en saisit le tuyau (pipe) et ainsi grimpa en haut avec une surprenante vitesse; il atteignit la fenêtre, l'enfonça151et s'y glissa (crept in). Une fumée noire en sortait. Le danger devint de plus en plus menaçant. Après quelques minutes des plus pénibles, Coco reparut à la fenêtre avec Rodolphe sur le dos.152Soigneusement il en sortit,
Scheme of Questions.
Miscellaneous. 1. M. Bonhomme a-t-il pu monté l'escalier? 2. Pourquoi pas? 3. Que fit-il alors? 4. Rodolphe l'a-t-il pu entendre? 5. Pourquoi pas? 6. Coco a-t-il deviné la pensée de son maître?
ressaisit la gouttière et descendit. La joie de M. Bonhomme fut grande lorsqu'il tenait Rodolphe sain et sauf entre ses bras. La maison brûla entièrement.Fig. 153.Aussitôt que tous s'étaient remis de la terreur et des premières émotions, Rodolphe demanda: "Où est Coco?" Personne ne le savait. Tous se hâtèrent de le chercher. Enfin on le trouva étendu dans un coin de la cour. Il était terriblement roussi (singed) et brûlé par le feu. Rodolphe hors de lui de douleur se jeta sur son corps.153Il ne remua pas; il était mort.Coco fut enseveli (buried) dans le jardin. Une croix marque sa tombe. Rodolphe lui-même écrivit dessus cette épitaphe:Ci-gîtCOCO,mon cher et fidèle ami!
ressaisit la gouttière et descendit. La joie de M. Bonhomme fut grande lorsqu'il tenait Rodolphe sain et sauf entre ses bras. La maison brûla entièrement.
Fig. 153.
Fig. 153.
Aussitôt que tous s'étaient remis de la terreur et des premières émotions, Rodolphe demanda: "Où est Coco?" Personne ne le savait. Tous se hâtèrent de le chercher. Enfin on le trouva étendu dans un coin de la cour. Il était terriblement roussi (singed) et brûlé par le feu. Rodolphe hors de lui de douleur se jeta sur son corps.153Il ne remua pas; il était mort.
Coco fut enseveli (buried) dans le jardin. Une croix marque sa tombe. Rodolphe lui-même écrivit dessus cette épitaphe:
Ci-gîtCOCO,mon cher et fidèle ami!
§ 1.Parts of Speech.
1. There are in French ten kinds of words, or parts of speech, as:
2. Six of these are subject to changes in their endings, and are called variables; they are:
3. The remaining four are invariables, as:
4. The variables have two numbers: thesingularand theplural.
5. Excepting the verb, the variables have two genders: themasculineand thefeminine.
§ 2.Cases.
The cases in French and their English equivalents are:
1. Thenominative, orsubject.
2. Thedirect object, oraccusative.
3. Theindirect object, answering to the Latin oblique cases, viz.: the genitive, dative, and ablative.
§ 3.The Noun or Substantive.
1. The French noun, in its treble aspect of common, proper, and collective, is analogous with that of the English, as: table,table; Ernest,Ernest; peuple,people.
2. A common noun may be composed of several words; it is then called a compound noun, as: chaise-berceuse,rocking-chair; cerf-volant,flying-kite.
§ 4.Gender.
1. The French possesses two genders: the masculine and feminine.
2. Nouns obviously denoting sex are of the corresponding gender; thus, père,father; Jean,John; lion,lion, are masculine, while mère,mother; Caroline,Caroline; lionne,lioness, are feminine.
3. Of nouns making their gender thus apparent there are, however, but few compared with those which, from the English student's view-point, do not; for animate as well as inanimate objects partake of sex, and are subject to an inscrutable language-fancy;Bthus, compare:
N. B.--Nouns occurring in the foregoing story have their genders affixed in the vocabulary.
Footnote B:(return)Some grammarians believe they have found a key by which this sexual chaos can be solved. They have ingeniously discovered in the language some sixty reliable rules, enabling the confiding student to tell which of the fifty thousand nouns take either the articleleor the articlela. As, however, the exceptions balance the normals, and as the student will have trouble enough without them, they have been excluded here, out of sympathy for him. By close attention, and frequent use of nouns with their proper articles, the student will easily overcome the gender difficulty, and acquire in time an unconscious knowledge of it. In using the correct article he need have no better reason than a French boy has, who will sayle couteaubecauselefits the word andla couteauwould sound funny.
§ 5.Formation of the Plural of Nouns.
1. As in English, the plural in French is formed by addingsto the singular.
2. To this rule are the following exceptions, as:
3.First exception.Nouns ending ins,x, orzdo not change in the plural, as:
4.Second exception.Those ending inauandeutakex, as:
5.Third exception.The six following, ending inou, takex, as: