B.

Il y avoit dedansPour aspergès une rose fennée.

Il y avoit dedansPour aspergès une rose fennée.

Il y avoit dedans

Pour aspergès une rose fennée.

ASSAISONNER; ENSAISONNER: mettre à la saison qui convient, en parlant des terres labourables. En parlant d'une vache, c'est la faire saillir en saison convenable. Dans la première de ces acceptions, ce mot appartient aussi au patois du Berri.

ASSASIN: assassin, et assassinat.

ASSAUTER: attaquer. D'assalire. Ancien verbe du substantifassaut, qui est resté dans notre langue.

ASSAVER; FAIRE ASSAVER: faire savoir; informer.

ASSÉGRIR: se tranquilliser. Du latinsecurus.

ASSEÏ: ce soir. M.

ASSEMBLEMENT: réunion. Roman.

ASSENS; ASSENT: raison, bon sens. B.

ASSICHER; ASSIÉCHER: asseoir. S.-I.

ASSIESSER (S'): s'asseoir. Je m'assiesserais; s'assiessant; assisez-vous; qu'ils s'assisent. Assiessous, pour assiessez-vous.

ASSOIRANT: approche dusoir. L.

ASSOLEILLER: exposer au soleil. Antoine Baïf a dit:

Orangers soleillés fleurissans y fruitissent.A.

Orangers soleillés fleurissans y fruitissent.A.

Orangers soleillés fleurissans y fruitissent.

A.

ASSOT; ASSOTEMENT: ennui propre à rendresot. En roman,asotieetasotementsignifient folie, sottise et même débauche. L.

ASSOTER: ennuyer profondément. L.

ASSOTIR: même sens; et, dans le sens neutre: devenirsot. L.

ASSOUIR: assommer; étourdir. On ditassabouirdans les patois du Berri et du Nivernais. B.

ASTHEURE: maintenant. Par contraction, pourà cette heure.

ASTICHER; ASTIQUER: taquiner.

ASTICOTER: tracasser, tourmenter, piquer sans relâche. D'astic, os creux rempli de suif, dans lequel les cordonniers enfoncent fréquemment leur alène. A.

ATACHER: donner un travail à la tâche.

ATELLE: bûche. Du celtique breton,astell; en roman,attelle,estelle. Il signifie aussi bâton; d'où le proverbe:maigre comme une âtelle.

ATIGNOLE: boulette de viande hachée que vendent les charcutiers.

ATORI: taché, moisi. B.

ATOUCHER: toucher. L'auteur du Testament de Pathelin fait dire à cet avocat:

Jamais à telz gens n'attouche. L.

ATOUT: avec.

ATOUT: coup, blessure.

ATRA:à travers. Roman. Roquefort écritatras, qu'il définit derriàre, et dérive deretro. C'est une simple apocope.

ATTÉDIER: affliger. Detædere, et non pas detepescere, comme le dit Roquefort. Employé par Basselin, vaudev. 39e. Nous avons, à ce sujet, dit dans la note 224 de notre édition de 1821: «Ce verbe, dans Nicot, est défini ennuyer ou fâcher..... Bourgueville de Bras l'emploie pour signifier fâcher (part. I, p. 113).»

ATTENDIS (EN): en attendant. On disait en roman:entandisouentendis, pour cependant, pendant ce temps-là. L.

ATTENTIONNÉ: attentif. A.

ATTICHER: agacer, exciter. On trouve en ce sensatticierdans leRoman de la rose. Voyez ASTICOTER.

ATTICOCHER: corruption d'asticoter. B.

ATTINCHER: agacer. S.-I.

ATTITONNER: caresser, dorloter. A.

AU: avec. Voyez O.

AUBET: aubier. Voyez AUBEUR.

AUBETTE: le point du jour, le commencement de l'aube. Du latinalbus: blanc.

AUBEUR: aubier. D'albus, parce que l'aubier est plus blanc que le cœur de l'arbre.

AUBOUFEIN: bluet, aubifoin. De la couleur blanchâtre de son feuillage:album fenum.

AUCHE. Voyez OCHE.

AUDIVI: autorité. Se trouve aussi dans le patois de la Corrèze.

AUGERON, NE: habitant du pays d'Auge.

AULIÈRE ou OLIÈRE: oreille. L.

AULUE: promesse qu'on ne réalise pas, retard.

AULUER ou OLUER: tromper, faire attendre, différer.

AUMAILLES: animaux, bestiaux. D'animalia. En romanalmèleetamaille.

AUMIA pour AUMEAU: jeune bœuf. M.

AUNE (Sainte-): Sainte-Anne.

AUQUEMENTER: augmenter.

AUTE: autre.

AUVARE: avarie.

AUVEC: avec. On trouveawechdans la langue romane; témoin ce vers du Chevalier du Cisne:

Awech li ert un des enfans remés. L.

AVALASSE: inondation; grande averse. Du substantif françaislavasse. En patois walon,walaisignifie ondée, grosse pluie. Dans le patois des Vosges,laivasseetlaivesseont aussi cette signification.

AVALER; DEVALER: descendre. On lit dans les Essais de Montaigne: «Jusqu'à ce qu'un homme de cheval l'alla saisir au corps et l'avallapar terre», liv. III, chap. 6; et dans la 1re scène de l'Iphigéniede Rotrou:

Quelle prompte frayeur dans le sein me devale!

AVANGER (v. n.): fournir avantageusement. Les légumesavangeront, produiront beaucoup. En roman,avengeretavangiersignifient avancer, arriver.

AVAS: le long de. Avas le chemin. L. A Bayeux, on ditavau. En roman,avault,avauxsignifient parmi, dans. En français,aval. Nous avons cité, a la fin de notre édition de Basselin, p. 233, une ancienne chanson normande dans laquelle on dit:

Passementée avaud les gambesD'un biau nerfil.

Passementée avaud les gambesD'un biau nerfil.

Passementée avaud les gambes

D'un biau nerfil.

AVEINDRE: atteindre.

AVENAT: balle d'avoine; paille d'avoine.

AVER: avoir, fortune, bien.Avé, en roman.Avei, en patois de Grenoble. L.

AVER ou AVET: porc. Du latinaper. A.

AVÉRAS: volailles de basse-cour. D'avis: oiseau. En roman,averss'entend des bestiaux et des instruments aratoires. Du substantif de la basse latinitéaverium,averia.

AVERLAND: grossier, brutal. En roman,averlandsignifie maquignon. De l'allemand,haverling.

AVERNANT: agréable à voir. D'avenant.

AVERNON: surnom, sobriquet.

AVERON ou HAVRON:avoinestérile.

AVERSAT: fou, dont la cervelle estrenversée. Du roman,avertie: épilepsie, folie.

AVETTE: abeille. Ancien français. Du latinapis.

AVEUC: avec. Roman. S.-I.

AVEUR: précoce. Voyez AORIBLE. On dit proverbialement: «L'aveur ne doit rien au tardif.--L'aorible n'a rien à demander au tardif«.Aveurvient d'avant heure, avance.

AVIAS; AVIAUX: oiseaux. D'avis. B.

AVISION: invention, bonne idée.

AVISOURE: invention, etc. Du romanavisoire. On lit dans les Heures perdues d'un Cavalier françois: «Pardy, je m'avisis hier au soir d'une bonne avisoire!» L.

AVOLÉ: aventurier. Qui a pris sa volée d'un pays vers un autre. Froissard dit (t. I, ch. 39): «Et ceux qui estoient ainsi bannis se tenoient à Saint-Omer le plus, et les appeloit-on Avolez». B.

AVOLER: faire effort pour lancer loin ce qu'on envoie. S'AVOLER: prendre son élan. M.

AVOMES (NOUS): nous avons. Roman. A.

AVONDER ou AVONDIR: gorger d'aliments enabondance, engraisser.

AVORIBLE: précoce. Voyez AORIBLE, et AVEUR.

AVOU: où. D'AVOU: d'où.

AVOUER: épuiser. A force de bouillir, cette eau s'estavouée.

AVOUS: Avez-vous? Dans la Farce de Pathelin, p. 88:

Avous mal aux dents, maistre Pierre?

AVRILLER (v. n.), IL AVRILLE: il tombe une pluie fine et tiède comme en avril.

AVRONER: apostropher insolemment.

BABINOUX. Voyez BOBINOUX.

BABOTIER: babillard.

BABOUIN. Ce mot se prend en mauvaise part, comme qui dirait: mine de singe. Debabine: lèvre.

BABOUIN: sorte de statue en neige, que les enfants pétrissent dans les rues.

BACHEROLLE: vaisseau de bois pour porter de l'eau. Du romanbachoue,bachole, tine ou vase de bois propre à transporter la vendange.

BACHEAU ou BACHOT: petite bâche pour pêcher les écrevisses. En roman,bagau.--Dans les marais du Cotentin, un bachot est une petite barque.

BACON: porc salé. De la basse latinitébaco, cochon.

BACOUETTE: hoche-queue; lavandière. Debat, et decoue, dont le diminutif estcouette. C'est la même signification, en termes équivalents, que hoche-queue.

BACUL: traverse de bois pour attacher par derrière les chevaux attelés. Ce mot, dans l'arrondissement de St.-Lo, employé pour désigner une personne qui a les cuisses et les jambes courtes, doit s'écrirebas-cul, et n'est pas l'exact homonyme debacul(bat-cul).

BACULOT; BAGULOT: petit bâton qui sert à jouer. Du latinbaculus.

BADER (SE): mouiller ses vêtements par le bas; se crotter.Badé, e, crotté et mouillé. Debad(bois, eau), expression celtique, de laquelle sont venus les noms des villes deBadenen Allemagne, et deBathen Angleterre, qui, toutes deux, ont des bains célèbres; et même le motbadaudappliqué aux Parisiens, parce que leur ville, naturellement humide, était fréquemment enveloppée dans les brouillards de la Seine et des marais. En islandais,bada, se baigner.

BADINOUX: petit rouet dont le travail très-facile n'est qu'une sorte debadinage. B.

BADOCHET (s. m.): entremetteur ou entremetteuse de mariages. On l'appelle aussirouche-croûte, parce que ce sont ordinairement de vieilles femmes (pouvant à peine ronger leurs croûtes) qui se chargent de ce ministère officieux et lucratif. A.

BAFFE: tape, soufflet. Roman. Du motpaf.

BAFRE et BAFRÉE (s. f.): régal ignoble de gourmandsBafréese dit également en patois Lorrain.

BAFRER: faire une bafre. Se trouve aussi dans le patois Troyen.

BAFREUR: qui aime la bafre; goinfre.

BAGLE: bague.

BAGNE (SUER A): suer abondamment, comme dans unbainchaud.

BAGOU ou BAGOUL: fécondité de paroles stériles. Ce mot existe aussi dans le patois du Berri. Degula, gueule,goule.

BAGOULARD: bavard.

BAGOULER: bavarder.

BAGUER (v. n.): se dit d'une couture qui fronce désagréablement.

BAHUYER: bahutier.

BAICHIN, NE: nigaud. DeBaissin, parce que les Baissins sont regardés comme moins civilisés que les habitants de la Haute-Normandie. Voyez BAISSIN.

BAILLE-LA-GOULE: bavard, sujet à manquer de parole. C'est ce que laFarce de Pathelin, p. 110, appelle

Des bailleursDe paroles en payementA rendre au jour du jugement. L.

Des bailleursDe paroles en payementA rendre au jour du jugement. L.

Des bailleurs

De paroles en payement

A rendre au jour du jugement. L.

BAILLOUX: fainéant et maladroit, qui semblebâillertoujours et ne donner aucune attention à son ouvrage. B.

BAINE (s. f.): mauvais cabaret, où l'on ne peut se procurer que de mauvaiseboisson. A.

BAISEUL: partie de la croûte d'un pain qui, dans le four, a touché un pain voisin (l'abaisé). Dans plusieurs cantons de la Manche, on ditdu baisédans le même sens.

BAISSE-MINE: sournois; décontenancé.

BAISSIN: habitant dupays de Bas, duBas pays. Ce sont des manœuvres qui viennent du Bas-Maine et des arrondissements normands contigus, pour travailler dans la Haute-Normandie. Ce motbaissinn'a nul rapport avec le Bessain ou Bessin (le territoire de Bayeux): il a la même origine quebaissière, liqueur qui reste au bas d'une futaille.

BAITE: ivre. A.

BAITER (SE): s'enivrer. A.

BALÈQUE: bavarde. Debatet delangue.

BALIATTE; BALIETTE: petitbalai.

BALIER: balayer. Se dit aussi dans le patois Lorrain.

BALIURES: balayures.

BALLANNER: rôder, ne rien faire.

BALLANT, TE: pendant, les bras ballants. Au figuré, fainéant. B.

BALLAS (s. f.): commère, fainéante.

BALLER: être pendant. Du romanballer, danser. En italien,ballare.

BALLIÈRE: sorte de paillasse remplie deballed'avoine. Se trouve aussi dans le patois Lorrain. Voyez PAILLOT.

BALVAUDER: rester les bras ballants. Ce verbe signifie aussi faire mal un ouvrage; galvauder.

BAMBOCHER: faire des bamboches, de mauvaises farces; se livrer à la débauche.

BAMBOLER ou BANVOLER: gesticuler et se balancer d'une manière désordonnée, comme les cloches que l'on sonne à toute volée.

BANCELLE (s. f.): petitbanc.

BANLOCHER: balancer, branler.

BANNE (s. f.): grand banneau. Du celtiquebenna. En français, labanneest une sorte de panier.

BANNEAU: tombereau; petitebanne.

BANNELÉE: ce que contient unbanneau.

BANNELER: charrier enbanneau.

BANNIE: enchère publique. Deban.

BANNIR: publier solennellement, louer en bannie.

BANON: cuvier pour recevoir le cidre dans le pressoir. On l'appelle aussibêleron.

BANON (DE): en liberté de paître après la récolte. Se dit des bestiaux qui ont cette faculté après leban, ou simplement après l'époque déterminée par l'autorité. Ce terme de l'ancienne Coutume de Normandie s'emploie en parlant des bestiaux qui paissent sans être attachés, à l'abandon.

BANON: enfant pleureur.

BANONNER: pleurer comme un enfant.

BANQUE: élévation de terre en forme debanc; crète de fossé.

BANQUÉ, E: celui ou celle dont lesbansde mariage sont publiés.

BANVOLE: sorte de girouette, d'étendard, de petit moulin à vent, pour jouet d'enfants.

BAQUER: céder, plier.

BAR ou BARD: forte pièce de bois sur laquelle on assujettit un arbre, pour le scier en madriers ou en planches.

BAR: civière. B.

BARAI; BARAIS: baillerai, baillerais. S.-I.

BARATTÉ: babeurre, liquide qui reste au fond de labaratte, quand le beurre en est extrait. A.

BARATTON: sorte de pilon, avec lequel on fait le beurre dans certaines barattes. L.

BARBACROC: moustaches qui font lecrochet;homme qui les porte.

BARBAUDIER: bavard.

BARBELÉE (GELÉE): frimas qui couvrent les plantes d'une sorte debarbe.

BARBISTRAL: barbier.

BARBOT: bourbier.Barboteren vient.

BARBOTTEAU: caparaçon.

BARBOUILLER: bredouiller.Babouï, dans le patois Walon.

BARÈTE: baratte. L.

BARETÉE: mesure de cinq décalitres, demi-hectolitre. Ce mot vient de ce que le demi-hectolitre offre à peu près la contenance de la baratte commune, que le peuple appellebarète.

BARETER: baratter; agiter dans une baratte la crème que l'on veut convertir en beurre.

BARGE (s. f.): foin ou paille empilée en forme de cône.

BARGOUILLARD: babillard importun.

BARILLER: barbotter. Valognes.

BARILLIER: fabricant debarils; tonnelier. Ce mot se trouve dans la nomenclature des métiers du commencement du XIVe siècle.

BARRACAN: bourracan, étoffe de poil de chèvre. Expression de l'ancien français, prise de la basse latinitébarracanus.

BARRETEL. Voyez BARATTON. A.

BARRETOUX: querelleur, tapageur. De la basse latinitébarra, bâton.

BARRIQUE (AVOIR LA): être ivre. L.

BASSE: servante. Debachelette, jeune fille. B.

BASSÉE: basque d'habit. C.

BASSETILLE: basque d'habit. Valognes.

BASSICOTER; BACIQUOTER; BACHICOTER: marchander d'une manière mesquine. Debassicot, cage en charpente, au moyen de laquelle on élève les ardoises du fond de leur carrière. Au propre,bassicotersignifie tirer à soi; au figuré, c'est attirer un objet en l'agitant, en le tiraillant. C'est ainsi quetribulation, peine morale, souffrance de l'âme, vient du latintribulum, machine à battre le blé. Suivant Borel, baciquoter signifie tromper.

BASSICOTIER, ÈRE: celui ou celle qui bassicote.

BASSIN: renoncule des prés (Ranunculus pratensis), parce que la couleur de cette fleur ressemble au poëlon de cuivre jaune qu'on appelle bassin.

BATACLAN: attirail, meubles, ustensiles, bruit confus.Pataclandans le patois Troyen. Sorte d'onomatopée.

BATIAUX: vieux meubles; vieilles pièces de mauvaisbois.

BATIÈRE: bât. De Βασταζω, porter.

BATTAISON: pente ou inclinaison donnée à une construction pour la rendre plus solide. Roman. Val.

BATTELESSIVE: hoche-queue; lavandière.

BATTERIE: lieu où l'on bat les céréales.

BATTONER: manger avidement.

BATTU (lait): caillé égoutté, puis écrasé avec du lait frais et de la crême. C'est cette préparation que, dans d'autres parties de la Normandie, on appelle de la piquette. A.

BAUBE: bègue. Du latinbalbus; du verbe grec Βαμβαινω, balbutier.

BAUBER: bégayer.

BAUCHIER: ouvrier enbaugeou pisé. On lit, dans lesChansons Normandesque nous avons recueillies à la suite de notre édition desVaux-de-Vire de Basselin, p. 182:

A la compaignye d'un bouchierVenus sommes du Vau de Vire.

A la compaignye d'un bouchierVenus sommes du Vau de Vire.

A la compaignye d'un bouchier

Venus sommes du Vau de Vire.

BAUDE: engourdi par le froid. Il a les mainsbaudes, comme on dit à Lisieux: il a les mainspottes. C'est le B pour le P, et le P pour le B.

BAUDOUR: joie; réjouissance. Roman.

BAUME: menthe coq (Tanacetum balsamita). Par extension, toute plante aromatique.

BAVE (s. f.): bavardage. Villon dit, dans sesRepues franches:

Qui sçavez si bien les manières,En disant mainte bonebave,D'avoir du meilleur de la cave.

Qui sçavez si bien les manières,En disant mainte bonebave,D'avoir du meilleur de la cave.

Qui sçavez si bien les manières,

En disant mainte bonebave,

D'avoir du meilleur de la cave.

BAVE DE COUCOU: cercops ècumeuse, insecte. B.

BAVER: bavarder. Le juge dit au drapier, dans laFarce de Pathelin:

Paix, par le Dyable! vousbavez.

Paix, par le Dyable! vousbavez.

Paix, par le Dyable! vousbavez.

BAVERESSE: bavarde.

BAVERETTE: bavette au-dessus du tablier.

BAVETTE: petite bavarde.

BAVOL (adv.): filer bavol, filer négligemment, inégalement. Voyez BAVOQUER.

BAVOLETTE: bavolet; femme qui porte cette élégante et riche coiffure du village.

BAVOQUER: filer un fil inégal. C'est à peu près le verbe bavocher, qui signifie imprimer grossièrement.

BAVOT: partie du fil où il est grossier et inégal.

BAVREULE; BAVROLE: bluet.

BAYON; BÉION: cuvier du pressoir, dans lequel on recueille le cidre que la pression du marc fait couler. Cette cuve s'appelle aussi béron et bélon. Du celtique-bretonbéol, cuve.

BÉ: bien. Debene. Les Basques disent bey.

BEAUBELLE (s. f.): hypocrisie. Faire la beaubelle, agir en tartufe. Debeau,belle, qui affecte d'être beau de caractère.

BEAU-PERDU (ŒIL): œil qui n'y voit pas, mais qui a une belle apparence.

BÉBÉE; BÉBÊTE (s. f.): bête malfaisante. Mot enfantin.

BEC DE CORBIN: renoncule des champs (Ranunculus arvensis). B.

BÉCAILLER: bavarder. De bec. Voyez BEQUERELLE.

BÉCANCIÈRE: bavarde revêche qui, comme on dit, a bec et ongles.

BÉCANETTE: sorte de chantepleure de bois, ordinairement en sureau; petite cruche, vase àboire. Debec.

BÉCARD: jeune mouton d'un an, dans le patois Bayeusain; de deux ans, dans le patois de l'Orne.

BÉCASSON: oiseau le dernier éclos de la couvée. Voyez ÉCLOCU.

BÊCHEVÊCHE: en sens contraire. Voyez BÉJUEL et TÊTE-BÊCHE.

BÊCHEVÉCHER; BÊCHEVÉLER: mettre en sens inverse, en sens opposé. A.

BÉCLÉ, en parlant du lait: caillé.Clépourclair. Voyez TRUTER. A.

BÉCO (DE): de plus ou de moins d'un nombre déterminé ou proposé. Un gant de béco: un gant dépareillé. Voyez ÉTIPE. Dans le celtique-breton,besksignifie la privation d'un membre.

BÉCOT: baiser sur la bouche, debec. L.

BÉCOTER: donner desbécots. L.

BÊCU: maladroit, malavisé. Debesk, écourté.

BÉDANGOUX: bègue. M.

BÉDANGUER: bégayer.

BEDÉE (DE): tout à coup; étourdiment.

BEDEIN: jeune veau. Peut-être du latinbisetdens, qui a deux dents. A.

BÉDIÈRE (s. f.): lit, couche. De l'islandaisbeder, de l'anglaisbed. Pont-l'Évêque.

BEDONDON (s. m.); BÉDONDAINE (s. f.): bedaine. L.

BÉDOT ou BÉDROT: le dernier né. B.

BÉDOU: rouge-gorge.

BÉGAS: sot, qui ne sait que dire. Debègue, sans doute parce que celui qui bégaie a l'air d'un niais, par l'effet de la difficulté qu'il éprouve pour s'exprimer.--On appellebegas, dans la Manche, cette pièce de bois portative, où l'on suspend la lampe pour les repas du soir ou pour les veillées; etgrand begas, métaphoriquement, un grand garçon, immobile par bêtise ou par maladresse.

BÉGAUD: nigaud. Roman.

BÉGAUDER: dire des niaiseries; balbutier.

BÉGAUT: chandelier de bois avec une bobèche de fer-blanc, à ressort. A.

BEGUË; TRUITE BEGUË: truite saumonnée.

BEGUER: bégayer.

BEIGE, en parlant des laines: de couleur mélangée de noir et de blanc.

BEILLÉE ou BAYÉE: ventrée à pleins boyaux. Deboille, gros ventre; panse.Beil, ventre, dans le patois Vendéen.

BÉJUEL ou BÉJUET: en sens inverse. Être couché béjuet se dit des personnes qui, dans le même lit, sont couchées en sens opposé l'une de l'autre, comme il arrive chez les paysans pauvres, dans certains cantons, où l'on établit dans une même couche les garçons et les filles de la maison.Béchouet, en patois du Jura. Voyez BÊCHEVÊCHE et TÊTE-BÊCHE. A.

BÊLE: berle, ou ache d'eau. Du celtique-bretonbeler, cresson d'eau, parce que la berle a un peu l'apparence de cette crucifère (Sium latifolium).

BÉLIANE: canard tadorne. B.

BELIN: bélier.

BELLEMENT: grandement. L.

BELOSSE ou BLOCE: fruit du prunellier. A.

BÉLUETTE: bluette; étincelle.

BELZAMINE: balsamine. Id. dans le patois Lorrain.

BEN: bien. Debene. C'est une simple crâse qui supprime l'ide l'adverbe bien, comme ren est celle de rien dans plusieurs patois. A.

BÉNAMEN: assurément. C'est approuver, en disant:bien!amen!

BÈNE: ruche ou panier. Debenneoubanne, hotte de vendangeur. Avranches.

BÉNÊQUE: oie sauvage. Debernache, oie du Nord.

BÊNI: escargot. Avranches.

BÊNIR, en parlant du linge: sécher un peu; cesser d'être complètement mouillé.

BENOM: surnom, sobriquet. Debis nomen. B.

BÉQUERELLE: bavarde acariâtre et querelleuse. Du romanbecquerelle, mauvais propos.

BÉQUET: petit clou que l'on met sous la semelle des souliers.

BER. Voyez BERS.

BÈRAT: bec d'un vase, par où l'on verse lebère.

BÉRANGUIER: marchand de fromages et de fruits. A.

BERBIS: brebis. Du latinvervex.

BERCA: brebis.

BERDAILLER ou BREDAILLER: bredouiller; faire un bruit importun, en parlant d'un rouet.

BERDALE: femme de mauvaise conduite. V.

BERDANCIER: inconstant.

BERDANSER (SE): se balancer. Dedanse. A.

BÈRE: boire. Je bérai, tu béras, etc. De même pour les autres modes de ce verbe. Je bés, ils bèvent.Bèsoubeu, à l'impératif. Appartient également au patois du Jura.

BÈRE: cidre ou poiré. Corruption de boire. C'est une sorte d'euphémisme.Maûre bère,gros bère: cidre pur et fort.

BEREAU: tuyau de bois ou de métal, dont on se sert pour dépoter le cidre et le tirer du tonneau;--broc. On lit ce vers dans Basselin:

Les pipes, les bereaux pleins de liqueurs vermeilles.

BÉRÉE (s. f.): frigilla, sorte d'oiseau. Au figuré,petite bérée, jolie petite fille, bonne et gracieuse. L.

BERELLE: dispute entre buveurs.

BERGE: estomac des oiseaux. B.

BERGEAS: moutons, brebis. A.

BERLAN: brelan. Id. patois Lorrain.

BERLANDE: cuillère de bois.

BERLICOQUET: jeune coq; cochet.

BERLINGUETTE: petite sonnette. Onomatopée.

BERLOQUES: breloques. Id. patois Lorrain.

BERLOT: coq-d'Inde. Onomatopée tirée de son cri, lorsqu'il fait la roue.

BERLUETTE: bluette, étincelle.

BERNE: berme de chemin.

BERNICLES: besicles.

BERNOUSER ou BRENOUSER: salir par des excréments. Du celtiquebrenn, son, la partie du grain qui enveloppe la farine. A.

BERNOUX: brenneux.

BEROUASSE; BROUASSE: bruine, pluie fine qui brouille le temps.

BEROUÉE: brouée; brouillard pluvieux. Dans le patois du Jura, brouée signifie une ondée. Du latinpruina; du celtique-bretonbrumen, brume, brouillard épais.

BÉROUETTE: brouette. En patois Walon,berwette.

BERQUE (s. f.): vieille brebis. Voyez GERCE.

BERQUER: berger. S.

BERQUERIE: bergerie. S.

BERQUIGNOT: homme mal bâti.

BERRICHON: femme dont la toilette est en grand désordre.

BERRUCHON; BERRICHON: roitelet.

BERS: berceau. On lit dans Cretin:

Car soubz l'enfant gisant au bers.

Wace avait dit dans leRoman de Brut, v. 13, 895:

Enfans em bers esboeler.

BERTELLES; BERDELLES: bretelles.

BERZOLE: femme étourdie, qui ne songe qu'à se divertir. Du celtique-bretonberza, défendre, chômer une fête. Voir le Dict. de Le Gonidec.

BESCOCER: se troubler. Ce verbe est employé dans le même sens par Froissard (Poésies, p. 338).

BESEAU: l'oiseau dernier éclos d'une nichée. Voyez ÉCLOCU.

BESER, en parlant des vaches en rut: courir çà et là.

BESIN: demi-ivre. B.

BESOT (porter): porter malheur. Parce que le besot, le double-as, est le plus faible point que puissent amener les dés.

BESTIAL: bétail. On a conservé en français le plurielbestiaux.

BESTOURNER: déranger, renverser. De la basse latinitébistornare.

BÊTAS: même sens quebêta: bête; sot; imbécille.

BÊTASSE (s. f.): grosse bête, imbécille. De l'italienbestiaccia.

BÉTELER (v. n.): cailler sur le feu, en parlant du lait. Voyez CALEBOTTER, et TRUTER.

BÊTISER (v. n.): dire des niaiseries, des bêtises.

BÊTON: petit sot, petite bête.

BEUCHONNIER: ivrogne qui fréquente les mauvais cabarets, les bouchons. B.

BEUCLÉ. Voyez BÉCLÉ. A.

BEUGUER: roter. M.

BEURGUER; BURGUER: pousser. B.

BEURRÉE (soupe à la beurrée): panade. L.

BEZOT: le dernier né d'une couvée. S.-I.

BIANC: blanc. C'est l'ipour l'l, comme en italien après A, B, P, V.

BIANCHET: blanchet, sorte de corset. A.

BIARD ou BLARD: sorte de civière pour transporter les morts. DeBière.

BIAU (DE): Mettre ses chaussures de biau. C'est les mettre au pied, auquel elles ne sont pas destinées.

BIAUCOUP: beaucoup.

BIBE: bube, petite tumeur survenue à la peau. Du grec βουβων, tumeur.

BIBERONNER (v. n.): faire biberonner un enfant, lui faire boire du lait avec un biberon.

BIBELLE: petite bube à la figure.

BIBET: moucheron. L'auteur d'une desChansons Normandes, que j'ai recueillies à la fin de mon édition de Basselin, dit, p. 210:

L'araigne, qui tous les ansFesoit son nid au dedans,Avec mouches et bibetsQu'elle prenoit dans ses rets.

L'araigne, qui tous les ansFesoit son nid au dedans,Avec mouches et bibetsQu'elle prenoit dans ses rets.

L'araigne, qui tous les ans

Fesoit son nid au dedans,

Avec mouches et bibets

Qu'elle prenoit dans ses rets.

Voyez GUIBET.

BIBETTE: petite bube. Diminutif debibe. B.

BIBI: bobo; mal léger.

BIBRETEUX: rouge. A.

BICACOIN: en zig-zag; de côté et d'autre. A.

BICLE; BICLESSE; BIGLE; BIGLESSE: louche. Le poète normand, Elis de Bons, dit à Camus, évêque de Séez:

Que son renom sera universelMalgré l'effort de la biglesse envie.

Que son renom sera universelMalgré l'effort de la biglesse envie.

Que son renom sera universel

Malgré l'effort de la biglesse envie.

L'Académie a conservébigleetbigler.

BICLER: regarder du coin de l'œil.

BICOIN: de côté et d'autre; en zig-zag. Voyez BICACOIN.

BICOQUET: sorte de coiffure de femme, favorable à lacoquetterie.

BIDAILLON: mauvais bidet; petit cheval de peu de valeur. L.

BIDOCHE (s. f.): cheval de bois ou de carton, pour les amusements populaires. Nous en avons parlé dans nosArchives Normandes(année 1826, p. 374), à l'art.Cérémonies des Mariages dans la partie occidentale du département de l'Orne.

BIDOQUE (s. f.): vieux cheval, mauvaisbidet. V.

BIE: cruche; par extension, toute sorte de vase. Debuieoubuire, espèce de broc pour les liqueurs de table. Ces mots, ainsi que burette (contraction de buverette), busse, botte, que Du Cange dérive du grec, viennent du primitif celtiquebaucetbaot, qui signifie antre et généralement tout ce qui est creux. Bocal, boucaut, et (suivant Bullet) bouteille, ont la même origine, de même que bouche et poche, le dernier mot ayant changé lebenp; ce qui est fréquent dans ces sortes de dérivés et de composés. A.

BIEF: biez, canal qui conduit l'eau au moulin.

BIENVENUE. Voyez VENANTISES.

BIÈRE: fantôme échappé de sa bière. Val.

BIEU: biez; ruisseau.

BIEU: bleu. L'ipour l'l, comme on a vu ci-dessus dans bianc, etc.

BIGARNOISE (A LA): coiffé à la bigarnoise; d'une manière effrontée.

BIGNE: tumeur; enflure produite par un coup. Dans le patois Lorrain on ditbeugne, etgeugne. En romanbugne,buigne.

BIGNET: beignet. Patois Lorrain.

BIGNOCHE. Voyez BIGORGNE.

BIGORGNE (s. f.): partie d'un arbre, ou morceau de boisbiscornu,raboteux. En français, la bigorne est une sorte d'enclume qui a deux pointes ou cornes (debiset decornu). Au figuré, on dit des lettres bigorgnes, pour des lettres mal conformées.

BIGRE: bougre, juron grossier. Du latinapiger(qui regit apes) on a faitbiger,bigrus, garde forestier, chargé du soin des ruches. Plusieurs chartes du moyen-âge offrent cesbiger,bigrusetbigre. Un aveu, rendu en 1479 par le seigneur de Bémécourt au comte de Breteuil, s'exprime ainsi: «Ai droict..., quand on met des mouches en la dite forest de Breteuil, d'envoyer mon bigre avec les bigres du roi, lequel doit être juré devant le chastelain de Breteuil de bien et fidellement querre les abeilles et le miel pour en faire mon besoing.» On trouve aussi ce qui suit dans un aveu de la seigneurie de Neaufle, rendu également au comte de Breteuil en 1465: «Et du dict fief d'Auvergni despend un hostel, appellé l'Hostel de la Bigrerie ou Hostel aux Mousches.»

BIGUENETTE: dévote acariâtre. De bigotte. A.

BIHAN: rouet. A.

BIHORAGE (s. m.): plantation en désordre; terrain mal cultivé. A.

BIHOT. Voyez BUHOT.

BIHUTTE: mauvaise cabane. De hutte. L.

BIJAUDER: faire le plaisant. Orne.

BIJUDE. Voyez BIHUTTE.

BILANDER: être bilent. V. ce mot. A.

BILANGE (s. f.): bande étroite d'étoffe. Delangeou linge.

BILENT: lent, très-lent, fainéant. Debiset delentus. En Romanbilant.

BILLOT: «C'est comme la noblesse duBillot; va te coucher, tu souperas demain!» parce que les gentilshommes de cette petite contrée de l'arrondissement de Lisieux étaient en général fort pauvres, par comparaison avec la noblesse normande.

BINDER: s'impatienter. S.-I.

BINEL: guignon. Jouer de binel. Orne.

BINET. Voyez BIGNET.

BINGOT: stalle de lavoir. Val.

BINGOT: panier en paille nattée.

BINOT: monceau; tas. B.

BIOCHE (s. f.): petite bie; petite cruche. A.

BIONNER: travailler avec redoublement d'efforts. Debis. En vieux argot,biersignifie aller. A.

BIQUETTE: petite chèvre; jeune bique, qu'en patois de Courtisols on appellebica.

BIRETTE (s. f.): verge d'enfant. Du latinveretrum. A.

BIRINGUE: rosse; mauvais cheval. A.

BIROQUE: rosse. B.

BIROU; BIRUCHET: roitelet. A.

BIS (s. m.): recoupe de blé.

BISCANTINE ou PISCANTINE: boisson mauvaise et plate. Voyez CLACUSSE. L.

BISET. Voyez BISEUL. A.

BISETÉ (caillou): Voyez BISEUL. A.

BISETTE (s. f.): painbis.

BISETTE: macreuse (Anas nigra).

BISEUL: gros caillou; bloc de silex brut. Suivant Bochart, biset, pour bisec, vient du grec βιζαπιον qui signifie une petite pierre. Meursius le prouve au mot βιζαπιον. Les Chaldéens disaientbiseca. A.

BISIEUTRE (s. m.): calamité, malheur. Orne.

BISQUE (s. f.): poiré fait avec des poires jetées simplement avec de l'eau dans une futaille; par extension, mauvaise boisson. A.

BISQUE (s. f.): haridelle, mauvais cheval. A.

BISQUE ET DE COIN (DE): de travers. Voyez BICACOIN.

BISQUER: éprouver du dépit. Comme celui qui boit de la bisque ou bien est monté sur une bisque.

BISSAQUET (Bourgeois): paysan décrassé qui fait le fier, et semble oublier qu'il a porté lebissac.

BITER A: toucher à. L.

BITOT: bientôt. L.

BLAGUE (s. f.): bavardage de fanfaron. Parce que la blague, proprement dite, paraît une bourse bien garnie, et ne renferme qu'un peu de tabac.

BLAGUER (v. n.): bavarder pour se vanter, hâbler.

BLAGUEUR, SE: celui ou celle qui blague.

BLAIS (St.): St.-Blaise. A Alençon, le peuple dit le faubourg St.-Blais.

BLANC: on ne dit plus que six blancs. Le blan ou blanc valait cinq deniers. Nos six blancs représentent donc 2 sous 6 deniers, ou 12 centimes et demi.

BLANC-MUGUET: aphtes qui surviennent à la bouche des petits enfants, et ressemblent à la fleur du muguet dont ils ont la couleur.

BLAUDE (s. f.): espèce de blouse. Se trouve aussi dans le patois du Jura. On disait dans notre ancienne languebliaud, de la basse latinitéblialdus,bliaudus,blisaudus, et mêmeblidalisdans Du Cange. Les Lyonnais en ont fait blauda, les Picards bleude, les Normands blaude et plaude, les Troyens biaude.

BLEC; BLÈQUE; BLÈCHE: mou, molle, en parlant de fruits. En patois Rennais,blet. Ce qualificatif est dérivé du grec βλαξ, qui signifie mou.Blèqueen roman.

BLÉCHIR (v. n.): mollir, en parlant de fruits, tels que la poire, la nèfle, la corme. Les Lorrains disent blessir et blettir.

BLÉRIE ou BLAIRIE (s. f.): champ couvert dubléqu'on y a semé.

BLESSE (s. f.): blessure produite par l'effet d'une chûte, d'un coup violent ou d'un effort.

BLET (s. m.): image. Avranches.

BLÊTE ou BLÊTRE (s. f.): motte de gazon.Bleiteen roman signifie toupet, touffe de cheveux, comme notre blête est une touffe de gazon de graminées. Dans la langue romane, dit Roquefort, on désigne par blotte et bloutre «une petite motte de terre renversée par le soc en labourant.»

BLETTER (v. n.): rester immobile comme uneblête. Val.

BLEU-BLEU: barbeau,bluet. B.

BLEUS (s. m. plur.): linges de couleurs qu'à la lessive on établit sur le cuvier pour les laver les premiers, parce qu'ils n'ont pas besoin d'y séjourner aussi long-temps que le reste du linge. C'est ce qu'à Alençon on appellela tournée. L.

BLOCHE ou BELOSSE. Voyez BLOSSE.

BLOQUE (s. f.): pièce de 2 sous (10 centimes).Bloquersignifie vendre dans l'argot récent. A.

BLOQUET: souche, pièce de bois, billot. Manger au bloquet, manger sur le billot.

BLOQUET: fuseau de dentellière. C.

BLOSSE: prune sauvage, fruit du prunellier des haies. Du romanbaloce,belloche.

BLOSSES: yeux.

BLOUQUE: boucle. C'est une métathèse qui n'est pas particulière à la Normandie.

BOBAN: luxe,bombance. Depompa.

BOBILLON, NE: minutieux, méticuleux. En patois Rennais,bobillonsignifie bavard. A.

BOBINETTE: loquet, cheville qui ferme la porte. Employé par Perrault, dans le conte duPetit Chaperon Rouge.

BOBINOUX: dévidoir qui sert pour les bobines.

BOBON: bonbon. L.

BOCAIN: paysan du Bocage.

BOCHE: bouche. Puer la bôche, avoir l'haleine fétide. Valognes.

BOCHER (v. n.): paraître volumineux, comme s'élève unebosse. Voyez BOSSER.

BOCHET ou BOCHETTE: élévation oubosseque fait le fil sur le fuseau. En roman,bochette. L.

BOCHU: bossu. Dans le XIIIesiècle, on disait bochu pour boçu ou bochu:

On m'appelle bochu, mais je ne le suis mie.

dit Adam de La Halle, poète d'Arras, qui, vers 1250, donna la première comédie française et la première pastorale (Le jeu de la Feuillée, etLe jeu de Marion et Robin). Voir M. Paulin, Paris,Cabinet de lecture du 24 janvier 1836.

BŒ: boue. Roman. Gautier de Coinsi dit:


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