N.

L'un sur un ais flottant hasardeux se commet;L'autre vogue en un coffre, et l'autre en unemet.

L'un sur un ais flottant hasardeux se commet;L'autre vogue en un coffre, et l'autre en unemet.

L'un sur un ais flottant hasardeux se commet;

L'autre vogue en un coffre, et l'autre en unemet.

Mèe, en patois Lorrain;mai, en patois Walon. Dans le patois de Grenoble,matasignifie pétrir, faire du pain.

MÉTANT: moitié du boisseau; environ 20 litres.

MÉTIER: à propos, urgent, important, nécessaire. Il était métier d'agir: il était important d'agir; il n'y avait pas de temps à perdre. Il en avait métier: il en avait besoin. C'est un idiotisme normand.

MÉTIR (SE): s'amollir en séchant; se flétrir comme les plantes coupées, les fruits moissonnés, etc.

MÉTIÉ: moitié. L.

MÉTOYEN: mitoyen. Cidre trempé demoitiéd'eau pendant le pressurage. L.

METTEUX DE POULES A COUVER: qui s'amuse à des riens. Voyez COLIN-FEMMETTE. L.

MEU, E; mûr, mûre.

MEULER: beugler, mugir. L.

MEULON: tas de bois, de fagots, de bourrées, etc.

MEURDRE: meurtre. MEURDRI: contusionné.

MEURDRIR: meurtrir. En patois Walon,moudri. L.

MEURISON; MEURISSON: maturité qui s'effectue.

MEURON: maturité avancée. Des fruits perdus demeuronsont des fruits passés.

MEU; MEUR; E: mûr, e.

MEUX. Même signification.

MEUSA. Voyez MURAS.

MIAILLON (s. m.): enfant. Demionqui, en Roman, signifie plus petit. Du grec μειων.

MIANDER; MIANER: miauler. Onomotapée tirée du cri du chat. A. L.

MIANDOUX: hypocrite.

MIAU: morceau.

MIAULÉE: mélange de pain et de lait, ou de cidre, ou de vin, etc.

MIAUTÉE: petit morceau, petite partie d'unmiau.

MICAMAU (s. f.): mélange de café et d'eau-de-vie.

MICHEL-FILLETTE. Voyez COLIN-FEMELLE.

MICHER: pleurer. Depleurmicherpour pleurnicher.

MICHETTE: sein de jeune femme. Demiche, pain. L.

MICHOTTER: chiffonner lesmichettes. L.

MICHOTTIER: celui qui michotte. L.

MIE: point.

MIÉE; ÉMIÉE. Même sens que MIAULÉE.

MIELLE: terre sablonneuse sur le bord de la mer. Cherbourg.

MIÈRE: médecin. C'est une manière de prononcer le mot romanmire, médecin.

MIET (s. m.): petite quantité;miette. DeMica.

MIETTE (UNE): un peu.

MIETTE: pas, point. Particule négative. Je ne suismiettecontent: je ne suis pas content, nullement content.

MIGAUT; MIGOT; MIGEOT: fruiterie; réserve de fruits pour l'hiver. On trouvemigôtdans leFormulaire des Élusdu président de La Barre. Voyez MURAS.

MIGEOTER: faire bouillir doucement, à petit feu. S.-I. A Bayeux,migeotersignifie dorloter.

MIGNARD, E: plaintif avec mignardise. L.

MIGOTER: mûrir dans le fruitier.

MILGRET (s. m.):Calamagrostis arenaria. B.

MILGREUX: sorte de jonc qui croît dans les sables. Dans Du Cange,Melogarium.De Crescentiis, ch. 26. Voyez MILGRET.

MILICE (ÊTRE): être la dupe. M. l'abbé Decorde.

MILLAUD: mendiant A.

MILLAUDER: mendier. A.

MILLAURAINE ou MILLARAINE (s. f.): sorte de loup-garou. (Valognes.)

MILLE-SOUDIER: homme dont la richesse est inépuisable. De mille et de sou.

MIMI: chat. Voyez MIANDER.Mirasignifie une chatte dans le patois de Grenoble.

MIN: mon.

MINABLE: qui a la mine hideuse, l'aspect sinistre. Patois Lorrain.

MINCE (s. f.): mèche de fouet. O.

MINCÉE: choses coupéesmince. Unemincéede choux: choux coupés en petits morceaux et mêlés avec du son et du lait caillé pour l'engraissement des porcs.

MINCER: réduire ou briser en petits morceaux (minces). A.

MINDRAILLE: menue monnaie; chose de peu de valeur.

MINDRE: moindre. S.-I.

MINDRER: amoindrir, mincer, couper en petits morceaux.

MINDRÉE: masse d'objets mincés, rompus, écrasés menu.

MINE (GRANDE-): mesure de 8 boisseaux. La petite mine est de 6. H.-N.

MINEAU; MINON; MINOT: minet, chat.

MINEAUX; MINOTS: fourrures. De minet.

MINET, TE: joli petit garçon, jolie petite fille. Métaphore de minet: petit chat.

MINETTE:Lotus corniculatus. B.

MINGRELET; MINGRELIN (corruption demaigrelet): maigre et chétif.Mingrâlin, dans le patois Troyen.

MINGROLLE (s. f.): moustache de chat. Deminetet degrouin, pour museau.

MINIEUT; MIGNIEUT; MESGNIEUT: minuit.

MINON: chat.

MINS, E: mis, mise. S.-I.

MINUTE: patience! attendez un peu!

MIOCHE (s. m.): petit enfant qui ne mange encore que de lamie. L.

MIOCHÉE; MIOLÉE; MIOTÉE: painémiédans du cidre, du poiré ou du lait.

MIONNER: manger avidement.

MIOT: gros morceau de mie; oiseau dernier éclos. Du vieux motmion: plus petit. Voyez ÉCLOCU.

MIOTS: miettes.

MIQUER: ajuster. B.

MIRE: vue, regard, exposition. Mettre enmire: exposer aux regards, à la vue, à l'attention.

MIRABOULIA FECI (IL A L'AIR DE): hableur. Sans doute demirabilia feci: j'ai fait des merveilles.

MIRETTE (s. f.): germe de l'œuf--Petit miroir.

MIREUX; MIROUX: miroir.

MIRLIFICHÉ: enjolivé minutieusement.Mistifrisé, dans le patois Walon.

MIROTER: ajuster avec un soin minutieux.

MIROTER (SE): se mirer long-temps et avec coquetterie.

MIROUX: merveilleux. Demirus. B. Voy. MIREUX.

MISÉRABLE (s. m.): le quart d'un petit-pot d'eau-de-vie, la trente-deuxième partie d'un litre. L.

MISÉRER: macérer, rendre misérable; le devenir par excès de travail ou de privations.Misérerson corps.

MISERETTE: musaraigne. En patois Walon,misuettesignifie un souriceau. B.

MISTANFLUTE. Terme d'amitié trivial et un peu dédaigneux.

MISTANFLUTE (A LA): de travers. Patois Troyen.

MISTAU: jeune garçon de belle venue. O.

MITAINES A QUATRE POUCES: objet qui sert à plusieurs emplois. L.

MITAN: milieu, moitié. Demedietanus.

MITER (v. a.): user, gâter. O.

MITEUX: chassieux. Voyez BOGUÉYEUX.

MITON: chat; MITON: morceau de mie.

MITONNÉE (s. f.): panade.

MITOURIES (s. f. pl.): cérémonies, façons. Que demitouries! c'est-à-dire, que de cérémonies! que de façons! que d'embarras! Les Dieppois appelaientMitouries(des motsmi août) une procession solennelle fondée, en commémoration de la victoire signalée remportée par eux, le 14 août 1443, sur les Anglais, après 23 ans passés sous leur domination. Comme ce jour était la veille de la fête de l'Assomption, quelques personnes ont cru que lesMitouriesétaient uniquement en l'honneur de la Vierge. L.

MITOYEN: cidre pressuré avec de l'eau par moitié. L.

MITTON: petit morceau. De miette.

M'N: mon.M'nami: mon ami;m'n éfant: mon enfant. Devant les voyelles, au lieu dem'n, on ditman. Voyez MAN. On dit aussim'npour m'en. Jem'nallais: je m'en allais.

MOCHE (s. f.): petit pain. On dit aussi unemochede beurre. Demotte.

MOCHE: paquet de vers pour pêcher l'anguille; agglomération de.

MOCHI-MORA: pas trop, suffisamment.

MOCHON: grumeau, morceau de pain. Dans le département de la Mayenne, on appellemottonsles grumeaux qui se forment dans la pâte ou dans la bouillie.

MODEUSE (s. f.): modiste, marchande demodes. A.

MOGNON: moignon.

MOIGNEAU: moineau.

MOINDREMENT (LE): le moins, très-peu, lamoindrequantité.

MOINE: poisson de mer. B.

MOI-S'EN: m'en. Donnez-moi-s'en; donnez-m'en. L.

MOISILLON: paysanne qui singe la demoiselle de ville pour sa toilette.

MOISON: maison. L.

MOISSE: ce qu'on trait d'une fois.

MOISSERON: pinçon. O.

MOISSON (s. m.): moineau. Voyez PASSE. L.

MOISSON D'ARBANIE: moineau friquet. B.

MOLLACHE: mollasse, mou. Demollis.

MOLLAIN (s. m.); MOLLIÈRE (s. f.): terrain marécageux et mou, où l'on peut s'embourber. Voyez EMMOLER. L.

MOLLE: botte de cercles dont le nombre diminue en proportion que les cercles sont plus grands. M. Decorde.

MOLLET. Voyez DIABLE. B.

MOLLETTE: couverture de molleton pour lit.

MOLLETTEMENT: très-mollement. L.

MOMON: farceur qu'on introduit le jour des noces dans l'assemblée pour amuser la société. Voyez BIDOCHE. A Dijon, lesmomonssont des farceurs masqués durant le carnaval. A.

MONCHAIS; MONCHÉE; MOUCHÉE: monceau.

MON: moi. Donnez-mon; écoutez-mon: donnez-moi; écoutez-moi. Dans lesNouvellesde Des Périers XVII et XLVIII, on lit: «Regardez-mon», pour regardez-moi. A.

MONCORNE: mélange de pois, de vesce, d'orge et d'avoine qu'on sème au printemps. H.-N.

MON DIEU (ÊTRE HORS DES): n'être ni beau ni laid.

MONÉE ou MONNÉE (s. f.): quantité de grain livrée aumonier(meunier) pour être convertie en farine. M. Dureau de La Malle s'est trompé en écrivantmonnaieet en partant de là pour expliquer savamment ce mot qu'il n'a pas entendu.

MONER: hésiter, être irrésolu. Du grec μονος: seul.

MONGNAN: chaudronnier ambulant. Voyez MAGNAN.

MONGNE: soufflet, taloche, coup.

MONGNER: donner desmongnes.

MONIER: meunier;--cheverne, poisson de rivière qui se plaît dans le voisinage du moulin.

MONT: tas, monceau.

MONTAIN: verdier, oiseau. B.

MONTARDE: moutarde.

MONTEUX (PIED): pied gauche du cheval, du côté qu'onmonte.

MONTON: mouton.

MONTOUS: montez-vous? Contraction.

MONTOUX: escabot pour monter, chemin en pente.

MONSIEUR: cochon. Antiphrase qui se trouve dans le patois du Vendomois et du Berry, où cet animal est appeléun noble. Dans l'arrondissement de Cherbourg, on ditun monsieur de Tréauville, et dans presque toute la province,un vêtu de saie. C'est sans doute une allusion satirique, faite par la classe des travailleurs à la vie oisive des gentilshommes et des habitants des villes. MM. Duméril.

MOQUE (s. f.): bol, vase de terre plus grand que la tasse.

MOQUE: mouche.Mohc, en patois Walon.

MOQUÉE; MOQUIE: le contenu d'unemoque.

MOQUET: lumignon, petite lampe; partie calcinée de la mèche. M.

MOQUETONNER: donner un baiser à la manière des vieillards, en ayant l'air de mâcher. Ce verbe a la même origine que le verbemoquer. A proprement parler,moquetonner, c'est donner un baiser ridicule, qui excite à lamoquerie.

MOQUETTE: tromperie par plaisanterie. Demoquer.

MOQUOUS: moquez-vous. Contraction.

MOQUOUX: moqueur.

MORCÉ: morceau.

MORCUI (mort-cuir):peaucalleuse etmorte, soit aux mains, soit aux pieds. L.

MORDIENNE (A LA GROSSE):grossièrement; à la hâte; sans soin; vaille que vaille.

MORDURE: morsure.

MOREL: noir. Chevalmorel: cheval dont la robe est noire.

MORELLE: le jeu de lamerelle. A.

MORET; MOURET: airelle ou myrtille (Vaccinium myrtillus), ainsi que la mûre de la ronce, qui en effet est noire ou moresque. On appelle aussimoretcette partie de la paille brûlée qui est noire et légère, et qui est, en quelque sorte, le charbon de la paille.

MORFILER (v. n.): décliner, décheoir. Corruption demal filer, ou, comme on dit vulgairement,filerun mauvais coton.

MORFLON (s. m.): laCentaurea nigra.

MORFONTURE (s. f.): maladie occasionnée par refroidissement, que les paysans de l'Orne désignent aussi par le nom d'enfontume.

MORGUE; mine. Bonnemorgue: bonne mine. S.-I.

MORHENNÉ: fort triste; fort abattu.

MORIAUCHEMIN: marrube blanc. B.

MORIGINER: morigéner.

MORINE (s. f.): ruche abandonnée de ses abeilles. B.

MORINE; MOUAURINE (s. f.): mouches à miel qui sont mortes dans les ruches lorsqu'on en a extrait le miel.

MORMULER:murmurer, grommeler.

MORNIFLE; MORNINFLE: soufflet sur lenez. Dans le patois Troyen,morniausignifie museau.

MOROSIF: morose, sournois.

MORS DE PAIN: morceau de pain. Du verbemordre. Patois Lorrain.

MORT (A): beaucoup, à l'excès. Chargerà mort. Il y avait du mondeà mort.

MORTIR: se faner, en parlant d'une plante ou fleur.

MORVAILLON: petit morveux, enfant.

MORVELIÉ: petit morveux. S.-I.

MORVETTE: petite morveuse, enfant.

MORZIEU: mordieu! Juron.

MOTTIER: grossier, matériel comme unemotte. (Vire.)

MOTTIN: pain.

MOU: poumons d'un animal.

MOUAURETER; MOUAUTRER: montrer.

MOUCEAU: monceau.

MOUCHE (s. f.): guimbarde; à cause du son de cet instrument, lequel ressemble au bourdonnement des mouches. On l'appelle aussimôque, nom patois de la mouche.

MOUCHE D'EAU (Geris paludosa). B.

MOUCHE DE MARS (Crysops quadratus). B.

MOUCHÉE (s. m.): monceau.

MOUCHET: monceau.

MOUCHE TANTALIQUE: Cantharide (Cetonia aurata, et non pas laCantharis vesicatoria). L.

MOUCHETÉE: plein un mouchoir.

MOUCHETTE (s. f.): petit mouchoir d'enfant, que l'on pend ordinairement à son côté.

MOUCHEUX (s. m.): mouchoir, fichu.

MOUCHEUX DE CO: mouchoir de cou, cravate.

MOUCHIAU: monceau. S.-I.

MOUCHIER: moucher.

MOUÉRAUQUE: chrysanthème des champs.

MOUETTE (s. f.): échardonnoir. L.

MOUFINER: remuer les babines, en parlant des lapins.

MOUFFLE (s. m.) (arrondissement de Valognes): gros gant fourré sans autre doigt que le pouce, dont on se sert pour couper les broussailles. MM. Duméril.

MOUFLE: visage gros et rebondi.

MOUFLER: faire la moue. De mufle.

MOUFLU se dit d'un pain ou d'un gâteau bien levé. M. l'abbé Decorde.

MOUGEAILLE: mangeaille.

MOUGIER: manger.Moujussezdonc: mangez donc. En patois Walon,moudzi.

MOUILLASSE: mouillure désagréable. C'est une augmentatif de mépris, de même nature que ceux des Italiens:casaccia: mauvaise maison;salaccia: vilaine salle, venant decasaet desala. A.

MOUILLASSER: mouiller mal à propos. A.

MOUILLE (s. f.): bouillon. N'avoir ni soupe nimouille.

MOUILLES: moules.

MOUISSON; MOISSON: moineau.

MOUJUER: manger. Voyez MANJUSCER.

MOULANT: garçon meunier.

MOULÉ: imprimé en lettres moulées, en caractères d'imprimerie.

MOULÉE: sciure de bois.

MOULÉE (s. f.): quantité de grain, ordinairement la charge d'un cheval, ou deux hectolitres, livrée aumoulinpour être convertie en farine. C'est aussi la quantité de farine et de son qu'on en rapporte.

MOULÉE (s. f.): excréments de petit enfant qui ont pris de la consistance.

MOULETIER: marchand demoules.

MOULETTE: moule, coquillage. Porter àmoulette: porter sur le dos un enfant (qui s'y tient à califourchon) comme on porterait une hotte de moules.

MOULINAIRE: fabricant de moulins.

MOULINER: être toujours en mouvement, comme les ailes d'unmoulin.

MOULT: beaucoup.

MOUNIER: meunier.

MOUQUE ou MOQUE: mouche, guimbarde.

MOUQUE ou MOQUE A MIÉ: abeille.

MOUQUER: moucher. S.-I.

MOUQUERON: moucheron.

MOUQUET: petit bout de chandelle ou de bougie, qui ne vaut pas la peine d'êtremouché. Peut-être de l'italienmoccolo, bougie.

MOURBÊCHE (s. f.): ronce (Rubus fruticosus). A.

MOURE (s. f.): mûre de la ronce.

MOURET: fruit de l'airelle myrtille, petit arbuste qui croît dans les bois. On donne aussi ce nom au fruit de la ronce. Vient peut-être du latin barbaremourellus, noirâtre. En effet, ces deux espèces de fruits sont noirs, et noircissent les lèvres et les dents quand on les mange. Feu Ragonde.

MOURILLE: morille.

MOURINER: brûler si lentement que le feu semble toujours près de s'éteindre.

MOURMAUD: morose, sournois.

MOURME: morose, indolent, insensible.

MOURON (s. m.): salamandre dont le ventre est tacheté de jaune et de noir.

MOURONNÉ: tacheté de diverses couleurs, comme l'est le ventre du mouron ou sourd. L.

MOURONNET (s. m.): mouron (Anagallis).

MOURUE: morue.

MOUSE: gueule, langue. S.-I.

MOUSETTE: petite fille mal élevée, impertinente.

MOUSSIEU: monsieur.

MOUSSINER: s'agiter de désir ou de convoitise.

MOUSTILLE (s. f.): excréments. De l'ancien Argotmousse.

MOUTE (CHASSE-): garçon de moulin, qui va chez les pratiques chercher le grain àmoudre.

MOUTE. Voyez MOULÉE.

MOUTE; MOUTE-MOUTE: chatte douce comme unmouton. Au figuré,petite moute: jolie petite fille bien douce.

MOUTON: grosse pièce de bois mobile d'un pressoir. La poutre correspondante, qui est immobile sur le sol et sur laquelle on élève ou l'on abaisse lemouton, s'appellebrebis.

MOUTURE: orge ou avoine, moulus grossièrement pour les animaux à l'étable.

MOUVER (actif et neutre): mouvoir, agiter, remuer.Mouvousde là: ôtez-vous de cet endroit. Demovere.

MOUVETTE (ŒUFS A LA): œufs brouillés. Voyez GRIMELOTTÉE. L.

MOUVETTE: petite fille qui est toujours en mouvement.

MOUVETTE: cuiller de bois pour la cuisine.

MOYENNER: faire en sorte. Employé en ce sens dans laDanse aux aveugles.--Être en mesure de procurer un résultat.

MOYEU: noyau de noix, de cerises, etc. S.-I.

M'S: mes.M's éfants: mes enfants.

MUCER: murmurer.

MUCHE (s. f.): cachette. L.

MUCHE-POT (A): en cachette, en parlant du cidre et des autres liqueurs que l'on débite en fraude. L.

MUCHER; MUCHIER: cacher. Du vieux verbemuceroumusser. Joinville dit que «Louis IX semussaitde sa mère.»

MUCHETTE: cachette. Voyez GUILLEMUCHE.

MUCRE: moite; un peu humide; exposé àmoisir; moisi.Muck, en anglais. L.

MUCREUR (s. f.): légère humidité. L.

MUCRIER: avare qui laisse toutmucrir, moisir, plutôt que d'y toucher.

MUCRIR: devenirmucre; prendre odeur ou goût de mucre.

MUE: cage où l'on engraisse la volaille.

MUE: mieux.

MUGAS: vaurien,mauvais gas. B.

MULARD: boudeur, entêté, quimule.

MULER: bouder; garder rancune.

MULETTE: estomac des oiseaux; gésier. Estomac du veau, dans lequel on prépare la présure pour faire le fromage. Voyez MAGUE.

MULON (s. m.): meule de foin qui vient d'être fané.

MURAS (s. m.): fruiterie; fruits conservés pour l'hiver; fruits placés pour qu'ilsmûrissent. Peut-être du vieux motmure: fourrure; parce que souvent ils sont placés dans un lieu fourré de paille, qui les préserve de la gelée. Voyez MIGEOT.

MUREUR: maturité. Ce fruit est passé demureur: ce fruit est trop mûr. L.

MURISON: maturité. S.-I.

MUSE (s. f.): prison. Demusser. S.-I.

MUSEL; MUSET: museau, figure. S.-I.

MUSEMAN: retard, délai. S.-I.

MUSIQUER: faire de la musique, jouer d'un instrument.

MUSIQUOUX: musicien.

MUSOTER: muser; perdre son temps à des riens.

MUSSE: argent; loge pour les oies; chenil. Malgré ces significations différentes, c'est probablement un seul mot qui vient demucher, et signifie ce que l'on cache et l'endroit où l'on cache. MM. Duméril.

MUSSOTIER; MUCHOTIER: qui aime excessivement àmusser, à cacher. Voyez CACHOTTIER.

MUYEU: meilleur.

MYRTRE: myrthe (Myrthus communis).

NA: à. On lit, dans leCoup-d'œil purin:

J'avonn d'qué sifler deux pots d'cidreNà la santé d'not parlemann. S.-I.

J'avonn d'qué sifler deux pots d'cidreNà la santé d'not parlemann. S.-I.

J'avonn d'qué sifler deux pots d'cidre

Nà la santé d'not parlemann. S.-I.

NA (particule commeda). Je n'en veux pas,na! C'est moi, na! L.

NAFLARD: nasillard.

NAFRE; NAFREURE: blessure considérable. Du verbe romannavrer: blesser. Wace se sert du motnafredans leRoman de Rou(t. II, p. 257).Nafra, dans le patois de Grenoble. B.

NAGRE: traître.

NAH! juron affirmatif, susceptible de bien des nuances par le ton et par l'accent.

NAITÉ: nativité, naissance, origine.

NAIER (un lit, quand on le dresse): le border par le repli de la couverture pour le contenir avec les draps.

NAIN. Voyez HAIM. L.

NAMPS (m. pl.): gage, nantissement.

NAN PUS: non plus; pas plus. S.-I.

NANAN (s. m.): bonbon, friandise, etc.

NANETTE; NANNON (s. f.): Anne. L.

NAPERON: essuie-main. De nappe. L.

NAPIN: petit garçon.

NAQUETER (v. n.): grelotter; claqueter des dents; frissonner de froid. Onomatopée.Naques, en patois Remois, signifie les dents.

NAQUETS: yeux.

NAR (A): à cru. Monter un chevalà nar.

NARÉ: rusé. Voyez FINARÉ. L.

NARER (v. n.): se morfondre dans l'attente.

NARIAU: mouchoir. Denares, les narines.

NARREUR, SE: parleur prolixe.

NAS (s. f.): fourgon; torchon attaché au bout d'un long bâton pour nettoyer le four. Au figuré, fille de mauvaise vie. En patois Walon,nahisignifie fouiller, et fourgon.

NASIAUX: naseaux; narines des chevaux, des bœufs, etc.

NATER: nettoyer.

NATRE: avare. Voyez NAGRE.

NAU: feuille de plomb ou de zinc, qui se place à l'angle rentrant d'une couverture en ardoises, pour servir de gouttière. M. l'abbé Decorde.

NAU: partie centrale de la portion du pressoir qu'enceint l'auge circulaire dans laquelle sont écrasés les fruits, sous les meules que soutient un rayon, partant d'un pilier dressé au milieu dunau. C'est dans lenauque l'on dépose les fruits pour les verser dans l'auge, au fur et à mesure du pilage. M. Lepingard.

NAUNON: Nanette, Anne.

NAVÉE: charge d'un navire, d'un bateau. Ce mot est fort employé, sur les bords de la Vire, pour la charge de tangue que porte unegabare.

NAVIAU: navet. S.-I.

NAVIÈRE: champ de navets.

NAYER: noyer.

NE TOUT: non plus. Denonet d'itout.

NÉ; NÈCHE; NER: noir. Deniger, ou de l'italiennero.

NÉFILE; NEUFILE (s. f.): ruban de fil.

NELLER (v. a.): calfeutrer.

NENNIN:nenni, non.

NENTILLE (s. f.): lentille (Ervum lens). Patois Lorrain.

NÉQUIER; NÉTIER; NÉTIR: nettoyer.

NERCHIBOT: moricaud.

NÉRET (s. m.): ordure noire.

NÉRET: légèrement noir; noirâtre.

NERFIL: cordonnet. Dans les chansons anciennes que j'ai recueillies à la fin de mon édition de Basselin, p. 233, on trouve ce couplet:

J'avais une belle gargache (culotte)D'un fin coutil,Passementée avaud les gambesD'un biau nerfil.

J'avais une belle gargache (culotte)D'un fin coutil,Passementée avaud les gambesD'un biau nerfil.

J'avais une belle gargache (culotte)

D'un fin coutil,

Passementée avaud les gambes

D'un biau nerfil.

NERPIN, E: désagréablement noir, moricaud. L.

NERVENT: vent froid par un temps couvert. Denoiret devent.

NET: et.

NÉTIER; NÉTIR: nettoyer.Nêttie, en patois Walon. L.

NEU: neuf.

NEUCHE; NEUCHER; NEUCHIER: noce, nocer. S.-I.

NEUCHERON: le personnage principal de laneuche; le nouveau-marié.

NEUCHOUX: noceur, dissipateur.

NIACOTER: mâchonner; presser avec les dents sans broyer.

NIAFFE: savetier.

NIAN: rien. Denéant.

NIANMOINS; NIANMAINS: néanmoins.

NIAU. Voyez NICHET.

NIC: nid.Nic-à-rats: mauvaise habitation. L.

NICHET; NICHEUX; NICHOT: mauvais œuf, ou pain de craie en forme d'œuf, ou même un bout d'os arrondi, que l'on place dans lenidde la poule ou des autres oiseaux de basse-cour, pour les engager à venir pondre dans le même endroit. En patois Walon,niau.

NICHOT: nigaud.

NIÉMAINS: néanmoins.

NIER (v. a.): noyer.

NIET; NIEU. Voyez NICHET.

NIEUCHE: nièce. S.-I.

NIEULE (s. f.): nielle. B.

NIEUT: nuit L.

NIFE: clair. Cidrenife; vinnife.

NIGAISE: Nicaise. S.-I.

NIGE (s. f.): neige. Denix.

NIGEOTTER: s'occuper de bagatelles. Denugari.

NIGER: nicher, cacher comme dans uneniche.

NIGON, NE: qui s'amuse à des niaiseries; lambin, tâtillon. Dans l'Orne et en Bretagne, on ditnigeon. Du latinnuga. Autrefois,niger: badiner.Nige,nigeon,niger, dans la Mayenne. L.

NIGONNAGE: travail minutieux. L.

NIGONNER: s'amuser à des riens; niaiser.

NIGUE A NIGUE: but à but A.

NIGUEDOUILLE: niais,nigaud.Nicdouille, en patois Troyen;niquedouille, dans le patois des Vosges.

NIJOTER: vétiller,nigonner. Voir ce mot.

NIO; NIOLE: niais, timide, nonchalant.

NIOLLE ou GNIOLLE: niaiserie. Au figuré, taloche, tape. Aphérèse detourniolle. Voyez ce mot.

NIOT: nigaud.

NIQUET: délicat.

NITOUT: non plus.

NIVELER: niaiser; faire des nivelleries.

NIVELLERIE: travail minutieux, consacré à des bagatelles.

NIVELOTER: s'amuser à des riens.

NIXE: non pas!

NO: nous; nos; notre. Les paysans disaient autrefois: «Noblessenoblesse».Nos, en patois Walon.

NO: on.No dit: on dit;no-s a: on a.

NOBLE (s. m.): porc. Ancienne expression moqueuse des paysans, parce que le porc n'est bon qu'après sa mort. On disait aussi: Notre gentilhomme; notre vêtu de saies.

NOBLIAU: pauvrenoble; gentillâtre.

NOC (s. m.): conduit pour l'écoulement de l'eau. Suivant Pluquet, lenoc, dans le Bessin, est «un espace formé par l'auge circulaire des pressoirs à cidre».Nocsignifie encore pale d'un moulin.

NOCE: morceau. Couper son pain par petitesnoces.

NOCER: faire des bombances.

NOCEUR: qui fait des bombances.

NOE; NOUE: sorte de gouttière, formée par la rencontre de deux pans de couverture, et par laquelle s'écoulent les eaux des toits de bâtiments situés dans des directions différentes. M. Lepingard.

NŒUD GABRIET: le cartilage tyroïde, que quelques personnes appellent la pomme d'Adam, avec autant de fondement qu'elles prétendent que l'homme a une côte de moins que la femme.

NOIRCHIBOT: petit homme moricaud.Chibot: ciboule. Voyez NERCHIBOT. B.

NOIRET; NOIROT: tirant sur le noir.

NOIRQUIN: celui dont le teint est un peu noir.

NOLÉE (Avena precatoria). B.

NOMBLE (s. f.): ventre des bêtes à cornes. Du latinombilicus, nombril. Par épenthèse. L'Académie entend parnomblela proéminence qui se trouve entre les cuisses du cerf. A.

NOMBLET: filet de porc. A.

NOM-DES-OS! Juron. M. l'abbé Decorde.

NOMMANCE: baptême d'un enfant. Denom.

NON FAIT; NON FERA: non pas. Locutions elliptiques.

NOQUE (s. f.): flèche du timon d'une charrette; entaille à un bâton; coche.

NOROLE; NUROLE (s. f.): sorte de petite brioche. L.

NORRETURE: nourriture. Denutritio. A.

NORRETURIAU: jeune porc sevré et qu'on nourrit avec soin. Dans le Berry,nourrin. V. GOURIN, auSupplément.

NOSTRUM (PERDRE LE): ne plus savoir où l'on en est de ce qu'on fait. M. Decorde.

NOT'E: notre.--NOT'E: ma.Not'emari;not'efemme.

NOU: on.Noufera: on fera.

NOU; NOUC; NOUD: nœud.Nouk, en patois Walon.

NOUE; NOE: rigole, vallon étroit. Du Celtique-Bretonnaoz: canal. Du latinnavis.

NOUETTE (DRAPS A LA): draps d'un lé et demi.

NOUIS: noix.

NOULER. Voyez ANNELER.

NOUQUE; NONQUE: impair.Pairounouque: pair ou non.

NOURRITURE: bétail que l'on élève.

NOURTIER: veau qu'on achète pour l'engraisser.

NOURTURE: nourriture.

NOUSILLARD: espèce excellente de châtaigne, qui n'est guère plus grosse qu'une noisette (nousille). A.

NOUSILLE (s. f.): noisette. En patois Walon,nésille.

NOUTE: notre. A.

NOUVELLIÈRE: femme qui fait et répand des nouvelles.

NOUVIAU: nouveau.

NU (FIN FRAIS): complètement nu. Il est toutfin frais nu.

NU: nul. L.

NUEURE: nuire; NUEUSIBLE: nuisible.

NUILE; NEUEULE; NIEULE: charbon du blé;nielle.

NUILÉ; BLÉ NUILÉ: bléniellé.

NUISANCE: ce qui peut nuire.

NUIT (SE METTRE A LA): s'anuiter. L.

NUNNE PART: nulle part.

NU-NU (s. m.): niaiserie; bagatelle insignifiante. Il ne s'emploie guère qu'au pluriel. Denuga.

NUNUE: chose nulle; riens dont on s'occupe par absence ou bizarrerie d'esprit.

NYANT: néant, rien.

O; OL: elle. O devant une consonne,oldevant une voyelle.

O: avec. On lit dans plusieurs vieux auteursopour avec; les deux vers qui suivent sont tirés d'une romance du XIIIe siècle:

Dont moult me tardeQu'il m'aitosoi.

Dont moult me tardeQu'il m'aitosoi.

Dont moult me tarde

Qu'il m'aitosoi.

O: où.Oallez-vous?

OBICHE: habileté, intelligence.

OBLIER: oublier.

OCCIS: gauchi, en parlant d'un vase de terre cuite. Dans l'ancien français,occire,occissignifiaient tuer, et tué. L.

OCHE (s. f.): coche, entaille, brèche faite à un outil. Du Romanouche, pris du Celtiqueask. L.

OCHER: ébrécher, en parlant d'un outil. L.

OCHETTE: bossette de fil sur le fuseau. Voyez BOCHET.

OCORE: encore.

OCQUER; OQUER: tuer. Du vieux verbeoccire, tiré du latinoccidere.

ŒCONOMIQUE (s. f.): quart de tasse de café. L.

ŒILLÉE; ŒILLIE: coup-d'œil à la dérobée.

ŒU: œuf.

ŒUVRE: tissu en lin, chanvre ou coton; habillement travaillé; pièce de table fabriquée en haute ou basse-lice.

OHI: défaut. B.--OHIN. L.

OHIER: souffrir de; être contraint à; supporter. La femme est obligée d'ohierdes défauts de son mari, et le mari de ceux de sa femme.

OIE BUNETTE: espèce d'oie sauvage. B.

OIGNE. Voyez HOIGNE.

OIN: oui.

OINSIGNOLEMENT: bruit que produit l'agitation de pièces mal assemblées, mal jointes ensemble.

OINSIGNOLER: produire l'oinsignolement.

OIR: oie mâle;--OIRESSE: oie femelle.

OISEAU DE SAINT-MARTIN: martin-pêcheur.

OISET: oiseau. C'est aussi le nom d'une planche sur laquelle les maçons mettent leur mortier.

OISIAS; OISIAX: oiseaux.

OLIBRIUS: bavard, vantard, orateur fanfaron. Du nom d'un personnage deMystère, ou souvenir de l'empereur Olybrius.

OLUE; OLUS: subterfuge, délai. Il me mène d'olusenolus. Dedolus.

OMBRETTE: ombrelle. De l'italienombrella.

OMES pour ONS, à la première personne du pluriel de quelques verbes, commej'aviomes: nous avions. A.

OMOBILE: immobile.

ONBLIER: oublier.

ONCHE: once.

ONCHET: bout de paille qui sert à jouer au jeu des onchets ou jonchets.

ONCORE: encore. S.-I.

ONDIN: andain; rangée d'herbe, de froment, de trèfle, etc., coupée avec la faux. Du latinunda, onde. Voyez ANDAIN. L.

ONGLET: onglée; grand froid aux mains ou aux pieds.

ONGUES: ongles.

ONIÈRE; OSNIÈRE: ornière. L.

ONNI: uni.

ONS: nous.Ons allîmes: nous aliâmes. Voyez JE.

ONZIN: réunion de onze gerbes.

O Q'C'ET: quelque part;où que c'est. Je l'ai miso q'c'et, mais je ne le trouve pas. M. Decorde.

ORBIAU (s. m.): planchette attachée devant les yeux d'un animal pour l'empêcher de voir devant lui, et de faire du mal. Du latinorbus.

ORBILLON (s. m.): bouton sur la peau. Du latinorbis, à cause de sa forme arrondie.

ORD, E: sale. Les reptiles surtout sont appelésordesbêtes. Desordes, par aphérèse.

ORDEMENT: salement.

ORDIR: salir. Le substantifordureest resté.

ORÉE: crête de sillon; entrée. Deora. Voyez ARRIE.

ORFANTÉ: moulu de fatigue.

ORGAGNE: récalcitrant, difficile. L.

ORGERI: champ où l'on récolte de l'orge.

ORGUEIL (TENIR EN): tenir à distance; interdire. Appliqué aux objets matériels, le motorgueilsignifie arc-boutant.

ORGUYEUX: orgueilleux.

ORIBUS (s. m.): chandelle de résine de mélèze. Ménage dit que poudre d'oribusse dit, par raillerie, au lieu de poudre d'or. Chandelle d'oribuspourrait bien avoir la même signification railleuse, à cause de sa couleur d'or terne et de son peu de valeur. Voyez PÉTOCHE. A.

ORIÈRE: bord; lisière d'un champ, d'un bois.

ORIGNE: sorte, espèce. Crâse d'origine.

ORILLER: oreiller.

ORINER: prêter l'oreille; écouter.

ORIPEAUX; ORIPIAS; OUÊPIAUX: maladie desoreilles; oreillons. Voyez LOUÊPIAUX.

ORMOIRE: armoire. Patois Rouchi.

ORO (N'AVOIR NI REPOS NI): n'avoir ni repos ni trève.Oro, dehora: heure de relâche.

ORTHOGRAPHER: orthographier.

ORTILLER: frotter avec des orties.

ORTILLONS: doigts des pieds. Diminutif d'orteil.

ORVÈRE: orvet (ophidien homoderme).

OS: vous.Osêtes bien curieux. M. Decorde.

OSCUR; OSCURITÉ: obscur; obscurité.

OSQUIN (s. m.): argent, monnaie. A.

OSSAILLES: os de rebut. L.

OSSET: osselet.

OSTELLER; HOSTELLER: loger; héberger.

OSTINATION; OSTINÉ: obstination; obstiné.

OSTOGRAPHE: orthographe.

OT: eut--OT; OIE: écoute.

OTOUT: avec. Il est partiotoutoudotouun tel.

OTURE (s. f.): espèce, acabit, nature.

OU: elle.

OUAICHE: aille. Il faut que j'ouaiche: il faut que j'aille.

OUBLIANCE: oubli.

OUÉLET: ourlet.

OUÊTCHE: où est-ce?

OU QUE C'EST: où c'est; où est-ce?

OU QUE C'EST QUE: où est-ce que? L.

OU SINON: sinon. L.

OUICHE: oui, par dérision; par étonnement, etc.

OUIN: non; oui ironique et négatif.

OUINCHER: grommeler.

OUINER: crier, en parlant d'un chien. Au figuré, se plaindre; gémir.

OUIVETTE; OUYVETTE: jeune fille étourdie. Dehuvet, sorte de coiffure recherchée.

OUL: elle, devant les voyelles, commeoudevant les consonnes.Oumange;oularrive: elle mange; elle arrive.

OUS: vous.Vl'ous: voulez-vous?parl'ous: parlez-vous?part'ous: partez-vous? L.

OUSQUE: où.Ousque v's allez: où allez-vous? L.

OZ ou OS: eus.Oz-je grand poux: j'eus grand peur.

PACADET (s. f.): sorte de pigeon dont les yeux sont bordés de rouge. Debagdadala.

PACAMMENT: en pacant, lourdement.

PACAN: paysan grossier. Depaganus. Patois Walon. L.

PACHOT: pas des gros bestiaux empreint profondément dans le gazon L.

PAER: balayer (Cherbourg). C'est leppour leb.

PAGÉE; PAGIE: espace entre deux colombes, que l'on remplit d'argile, dans les constructions en bois.

PAGNE (adj.): bête à cornes, à poil blanc et fauve.

PAGNIANT: lourdaud. Voyez PACAN.

PAGNOLÉE: luzerne (Medicago sativa). B.

PAHOUR: lourdaud.

PAICRE: aigre.

PAIE (s. f.): débiteur. D'une mauvaisepaieon tire ce qu'on peut.

PAILLE: balle des céréales. Balle d'avoine.

PAILLETOT; PAILLOT: petite paillasse remplie de balle d'avoine, à l'usage des petits enfants. En patois de Grenoble, suivant Champollion-Figeac, la paillassière est un «lange dont on enveloppe un enfant nouveau-né».

PAIMPALETTE (EN) (locution adverbiale). Lorsqu'un enfant est placé sur le dos d'une personne, de manière que ses mains entourent le cou de cette personne, et que les mains de celle-ci, tournées en arrière, retiennent, en se croisant, les jambes de l'enfant, l'enfant est portéen pimpalette. Feu Lamarche.

PAIN DE COUCOU: Alléluia (Oxalis acetosella). Patois Walon.

PAIN DE CRAPAUD: sorte de champignon. B.

PAIN-M'NIT: pain bénit. M. l'abbé Decorde.

PAINE (s. m.): quartier de lard qu'assez généralement on suspend au plancher, et dont on coupe des morceaux au fur et à mesure du besoin.

PAIR (s. m.): pis de la mamelle.Pé, en patois Walon.

PAIRE: poire. L.

PAIRER: égaliser. L. De pair, qui vient depar.

PAIRIER; PÉRIER: poirier.Perî, en patois Walon. L.

PAIROTTER (v. a.): pairer minutieusement; arranger avec une symétrie recherchée.

PAIS: pays. Le bas-pais: le bas-pays.

PAISSER: poisser; enduire de poix, de résine, etc.

PAISSON: poisson.

PAISSU: pu. Du verbe paître.

PAITER: bouger. O.

PAITIS: pâtis. Du latinpascere.

PALEDI (interj.): parle, dis! pardieu!

PALÉE: plein unepalle; pelletée.

PALER: parler. En Roman,ampalleriesignifiait fonction d'avocat; action de parler. S.-I.

PALET (s. m.): petite pièce de bois d'environ 30 centimètres de longueur sur 3 centimètres de diamètre, qu'on place sur les rouis pour supporter lemassaisou lamasséedont on garnit les planchers. M. Lepingard.

PALETTE: petite pelle; pelle à feu.

PALLE (s. f.); PALIS (s. m.): pelle.

PALEUX: parleur.Biau paleux: orateur. S.-I.

PALMAN: empan (Cherbourg). Depalma, paume.

PALME; LAURIER-PALME (s. m.): laurier-cerise (Cerasus,Lauro-Cerasus). A.

PALOT: ami, camarade. S.-I.

PAMI: flétri par défaut d'eau, en parlant des fleurs et des plantes. Dans le patois de Grenoble,paimosignifie accablé de fatigue. A.

PAN! (interj.). Onomatopée. Se dit à propos d'une explosion bruyante, ou d'un coup appliqué.

PANAGER: négliger; soigner mal. C'est le contraire d'apanager.

PANCHE: panse.

PANCHÉE (S'en donner une): manger avec excès.

PANCHU: qui a une grossepanche.

PANÉE: pan d'un habit. H.-N.

PANÉE (s. f.): foie de porc. Peut-être parce que ce foie, étant cuit, s'émie comme lepain; peut-être parce qu'il offre la forme d'un petit pain; peut-être aussi cette expression vient-elle d'offa penita, qui était un ragoût de porc, mentionné dans Festus. A.

PANETTE: tache de rousseur.

PANI. Le boispâniest le bois mort, arrivé à une sorte de pourriture sèche. En cet état, il projette dans l'obscurité une lueur phosphorescente.

PANLAIRE; PANLÈRE: fainéant, lâche. M. Duméril définit ainsi ce qualificatif: «double voleur; du vieux françaispan: vol, etlère(latro): voleur». Ajoutons qu'en Celtique-Bretonlaërsignifie larron.

PANNAS; PENNAS: plumeau,pennede volaille. Ce mot se retrouve dans les divers patois de la France.

PANNÉ: ruiné.

PANNET; PANNEAU: sorte de bât ou de selle. Du vieux françaispennel; du latinpanellus.

PANNETÉE: plein un panier.

PANTOISE (s. f.): terrain marécageux dont la surface paraît solide. A.

PAPER: ouvrir la bouche pour respirer, en parlant des poissons. Onomatopée.

PAPI: coquelicot (Papaver rhæas). B.

PAPIN: bouillie pour les enfants.

PAPOT: groin de cochon. De l'onomatopéepap pap, bruit que fait cet animal quand il prend quelque liquide.

PAPOTER: donner un baiser bruyant, d'une manière désagréable. Mimologisme qui exprime bien cette action. Le simple mouvement des lèvres rend le son:pap pap. C'est pour cela que le premier mot qu'articulent les enfants est papa; cette expression purement labiale n'exige l'emploi que du plus agile des instruments vocaux. A.

PAPOUTE (s. f.): soupe bouillie que l'enfant reçoit en faisantpap pap. Lapâpoutese nommepana, en patois Bourguignon. Nonnius, citant Varron, se sert du motpapa.

PARTIR: expédier; envoyer. L.

PARTIR (EN): venir de faire. J'en pars: j'en viens.

PAS: marche d'escalier. A Valognes, on dit:pâretoupasret.

PASCARADE: carotte, panais. Depastinago. Du Celtique-Bretonpastounadez.

PASCRIRE: prescrire; frapper de prescription. Au figuré,pascrit: perdu, anéanti, mort. L.

PAS-DE-CAT: lierre terrestre;--gaffe à trois dents.

PAS-DE-LION (Ranunculus repens). R.

PAS-FILS: fils d'un premier lit. Expression dont se servent le beau-père et la belle-mère. Jacques est le pas-fils de Louis: Jacques est sorti d'un premier lit de la veuve que Louis a épousée. Ailleurs on ditfillâtre. A.

PAS GUÈRE: fort peu.

PAS MOINS: cependant. L.

PAS PLUTOT: au contraire.

PASQUENADES: carottes. L'expression:tirer des carottesmène depasquenadesàpasquinades.

PASSAGER, ÈRE: où l'on passe fréquemment. Ruepassagère.

PASSE (s. f.): moineau. Du latinpasser. Apocope de passereau.

PASSE-DIABLE: espiègle; malin; qui surpasse le Diable en malice. L.

PASSÉE (s. f.): passage.

PASSÉE (s. f.): cellier près de la cuisine.

PASSER (v. n.), en parlant du fromage: se parfaire. En patois Lorrain, on dit, dans le même sens, que des fruits sontpassés, pour signifier qu'ils sont mûrs et bons à manger.

PASSIER (s. m.):passagedevant la maison.

PASSIER: paille pourrie et devenue fumier devant la maison et les bâtiments d'exploitation.

PASTOU; PATOUR: pâtre, berger.

PATAFIOLER. On dit proverbialement: Que le bon Dieu vouspatafiole! C'est à peu près, mais ironiquement: Que le bon Dieu vous bénisse!

PATARAPHE (s. f.): paraphe.

PATARAUD: vaurien, coureur.

PATARD: sou.Grospatard: deux sous. Ancienne monnaie.

PATARER: marcher; courir dans l'eau, dans la boue.

PATARET (s. m.): espèce de soupe faite avec des pommes. Dans la Manche, c'est une soupe de pain et de lait caillé, bouillis ensemble.

PATAST: pataud, lourdaud.

PATATRAS! PATACLAN! Cette interjection est une onomatopée pour exprimer le bruit d'une chute avec fracas. On dit, dans le Midi,pataflasc!et, dans le patois des Vosges,patafrôetpatatra!Regnard, dans sesFolies amoureuses, fait dire par Lisette à Albert:


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