EN MARS

Champ qu’un rustre en sabots chaque année ensemence,Tantôt jetant le seigle, et tantôt le froment,Et tantôt le sainfoin que tondra la jument,Mars arrive et ta vie inquiète commence.L’eau fera de la plaine un marécage immense,La neige aggravera ton sublime tourment,Des rafales déjà hurlent sinistrementEt l’herbe croit mourir sous le ciel en démence.Mais lorqu’enfin nos yeux te croiront dévasté,Soudain tu reprendras, par un miracle étrange,Le cours interrompu de ta prospérité ;Et juillet bercera dans sa maturité,Prête à subir la faulx, prête à combler la grange,La moisson saine et lourde aux couleurs de l’été.

Champ qu’un rustre en sabots chaque année ensemence,

Tantôt jetant le seigle, et tantôt le froment,

Et tantôt le sainfoin que tondra la jument,

Mars arrive et ta vie inquiète commence.

L’eau fera de la plaine un marécage immense,

La neige aggravera ton sublime tourment,

Des rafales déjà hurlent sinistrement

Et l’herbe croit mourir sous le ciel en démence.

Mais lorqu’enfin nos yeux te croiront dévasté,

Soudain tu reprendras, par un miracle étrange,

Le cours interrompu de ta prospérité ;

Et juillet bercera dans sa maturité,

Prête à subir la faulx, prête à combler la grange,

La moisson saine et lourde aux couleurs de l’été.


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