Te voici, Lâcheté, ma douce conseillère,Découvre un peu ton sein que j’y pose mon frontEt, de tes doigts légers, libère le flot blondDe cette magnifique et pesante crinière.Tout aujourd’hui, je veux que ta voix singulièreExalte la montagne avec le ciel profond,Chante à la fois la source, et la neige qui fond,Et la branche, et la fleur, et l’ombre, et la lumière.Dis-moi de quel arome est flatté le palaisQuand la langue retient un vin que l’on boit frais ;Parle-moi d’un beau corps tordu de chaude envie.Inspire-moi l’horreur du courage guerrier,L’amour du myrte doux, le mépris du laurier :Enfin, rattache-moi fortement à la vie !
Te voici, Lâcheté, ma douce conseillère,
Découvre un peu ton sein que j’y pose mon front
Et, de tes doigts légers, libère le flot blond
De cette magnifique et pesante crinière.
Tout aujourd’hui, je veux que ta voix singulière
Exalte la montagne avec le ciel profond,
Chante à la fois la source, et la neige qui fond,
Et la branche, et la fleur, et l’ombre, et la lumière.
Dis-moi de quel arome est flatté le palais
Quand la langue retient un vin que l’on boit frais ;
Parle-moi d’un beau corps tordu de chaude envie.
Inspire-moi l’horreur du courage guerrier,
L’amour du myrte doux, le mépris du laurier :
Enfin, rattache-moi fortement à la vie !