Ma mère, dans mes yeux, chérissait la langueurDont le rêve et la vie avaient noyé son cœurEt gravement, c’était, de ses lèvres altières,Son mal qu’elle baisait sur mes larges paupières.Dans un âge où l’espoir sans cesse refleurit,Pleine du lent regret de son jeune mariEt toujours tout son corps vêtu de sombres voiles,Elle menait sa peine aux rayons des étoiles,Heureuse qu’un soupir de la brise d’étéRythmât, de ses sanglots, la sourde voluptéEt que le noir feuillage épandît sur sa tempeLe froid des lieux où l’ombre éternellement rampe.
Ma mère, dans mes yeux, chérissait la langueur
Dont le rêve et la vie avaient noyé son cœur
Et gravement, c’était, de ses lèvres altières,
Son mal qu’elle baisait sur mes larges paupières.
Dans un âge où l’espoir sans cesse refleurit,
Pleine du lent regret de son jeune mari
Et toujours tout son corps vêtu de sombres voiles,
Elle menait sa peine aux rayons des étoiles,
Heureuse qu’un soupir de la brise d’été
Rythmât, de ses sanglots, la sourde volupté
Et que le noir feuillage épandît sur sa tempe
Le froid des lieux où l’ombre éternellement rampe.