Quand douze fois l’avril aura garni les branchesTu prendras seulement l’âge qu’aujourd’hui j’ai,Mais alors mon visage aura beaucoup changé,Déjà, sous le chapeau, mes tempes seront blanches.Il ne sera plus temps de cueillir des pervenches !Ce front, d’enthousiasme et de rêves chargé,Ou bien tu le verras de lauriers ombragé,Ou bien, lassé de vivre, enfin mûr pour les planches.Après vingt ans d’efforts, l’homme au repos a droit ;Si la gloire s’obstine à refuser mon toit,J’aurai du moins l’honneur de l’avoir attendue :Et non pas à genoux, l’œil noyé, comme tantDe pieux faquins chez qui je la vois descendue,Mais droit, la lèvre altière et le regard distant.
Quand douze fois l’avril aura garni les branches
Tu prendras seulement l’âge qu’aujourd’hui j’ai,
Mais alors mon visage aura beaucoup changé,
Déjà, sous le chapeau, mes tempes seront blanches.
Il ne sera plus temps de cueillir des pervenches !
Ce front, d’enthousiasme et de rêves chargé,
Ou bien tu le verras de lauriers ombragé,
Ou bien, lassé de vivre, enfin mûr pour les planches.
Après vingt ans d’efforts, l’homme au repos a droit ;
Si la gloire s’obstine à refuser mon toit,
J’aurai du moins l’honneur de l’avoir attendue :
Et non pas à genoux, l’œil noyé, comme tant
De pieux faquins chez qui je la vois descendue,
Mais droit, la lèvre altière et le regard distant.