Ce rosier qui déjà cache à demi la pierreN’était, voici deux ans, qu’un arbrisseau menu ;Longtemps je l’ai cru mort : puis, le printemps venu,Nous le vîmes, frileux, s’étendre à la lumière.Il nous semblait alors plus vivace qu’un lierre.Cette saison, pourtant, le laissa presque nu ;Mais la suivante année, au long du mur grenu,Fit de chaque rameau jaillir la rose altière.Aujourd’hui, tant de fleurs couvrent ses verts surgeonsQue l’œil s’arrête à peine à l’espoir des bourgeons ;L’épanouissement l’éblouit et l’enivre.Ainsi de notre amour : à sa superbe loi,Nous nous abandonnons, grisés du même émoi,Sans chercher à savoir ce qu’il lui reste à vivre.
Ce rosier qui déjà cache à demi la pierre
N’était, voici deux ans, qu’un arbrisseau menu ;
Longtemps je l’ai cru mort : puis, le printemps venu,
Nous le vîmes, frileux, s’étendre à la lumière.
Il nous semblait alors plus vivace qu’un lierre.
Cette saison, pourtant, le laissa presque nu ;
Mais la suivante année, au long du mur grenu,
Fit de chaque rameau jaillir la rose altière.
Aujourd’hui, tant de fleurs couvrent ses verts surgeons
Que l’œil s’arrête à peine à l’espoir des bourgeons ;
L’épanouissement l’éblouit et l’enivre.
Ainsi de notre amour : à sa superbe loi,
Nous nous abandonnons, grisés du même émoi,
Sans chercher à savoir ce qu’il lui reste à vivre.