SOUVENIR DE LIA

Tu dansais sur la scène, en quelque Olympia,Lorsque je t’ai chérie au temps de ma jeunesse ;Un pampre enguirlandait ce masque de faunesseOù luisaient tes grands yeux noircis de sépia.Ton sein passait la neige et ta lèvre, Lia,Le fruit le plus brillant qui du cerisier naisse ;Ta joue, il sied ce soir que je la reconnaisseDans le pétale épais du pur camélia.Soupirer sur ton cœur et te vouer ma vie,Je ne concevais pas de plus superbe envie ;Mais alors j’étais pauvre, un Turc eut tes faveurs :Puissent l’odeur de bouc que répandait sa barbe,Ses répugnants baisers et ses lourdes ferveursAvoir produit sur toi l’effet de la rhubarbe !

Tu dansais sur la scène, en quelque Olympia,

Lorsque je t’ai chérie au temps de ma jeunesse ;

Un pampre enguirlandait ce masque de faunesse

Où luisaient tes grands yeux noircis de sépia.

Ton sein passait la neige et ta lèvre, Lia,

Le fruit le plus brillant qui du cerisier naisse ;

Ta joue, il sied ce soir que je la reconnaisse

Dans le pétale épais du pur camélia.

Soupirer sur ton cœur et te vouer ma vie,

Je ne concevais pas de plus superbe envie ;

Mais alors j’étais pauvre, un Turc eut tes faveurs :

Puissent l’odeur de bouc que répandait sa barbe,

Ses répugnants baisers et ses lourdes ferveurs

Avoir produit sur toi l’effet de la rhubarbe !


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