NOTES:

Mathieu-Joseph-Bonaventure OrfilaMathieu-Joseph-Bonaventure Orfila. Dessin de Maurin. Lithographie de Villain.(Bibliothèque Nationale. Estampes.)

Mathieu-Joseph-Bonaventure Orfila. Dessin de Maurin. Lithographie de Villain.(Bibliothèque Nationale. Estampes.)

Mathieu-Joseph-Bonaventure Orfila. Dessin de Maurin. Lithographie de Villain.(Bibliothèque Nationale. Estampes.)

L'opinion publique ne fut point satisfaite des laborieuses explications fournies par la Cour des Pairs sur l'empoisonnement[115]. Ce fut longtemps une opinion répandue que Praslin ne s'était pas suicidé et avait vécu jusqu'à quelques années après la guerre de 1870, dans les îles anglaises de la Manche. Les campagnes des journaux d'opposition de 1847 n'étaient pas étrangères à cette croyance. «Il y a des gens, écrivait un contemporain, qui soutiennent queles hautes familles intéressées à étouffer les détails de ce scandale ont obtenu du Gouvernement la fuite du coupable. Ceux qui ont assez de bon sens pour ne tenir aucun compte de cette absurde supposition n'en crient pas moins haut contre la tolérance et les ménagements qui ont permis au coupable de se soustraire à une honte et à une punition trop justes.» A plusieurs reprises et jusqu'à ces dernières années, la presse a repris le thème de l'évasion de Praslin,sans que jamais on ait apporté une preuve qui en soit une à l'appui de cette tradition[116]. Pour l'admettre, il faudrait supposer un bien grand nombre de complicités, depuis celle du docteur Louis qui participa à l'autopsie, jusqu'à celle de l'abbé Martin de Noirlieu qui se serait prêté à une véritable comédie, en laissant raconter parL'Ami de la Religion, une scène dans laquelleil aurait joué un rôle ridicule et presque sacrilège.

La faute du Gouvernement de Juillet fut toute différente. Comme l'écrivait le comte Molé au baron de Barante le 28 août 1847: «M. de Praslin s'est empoisonné,nemine contradicente[117]... Je sais si bien jusqu'où va la faiblesse de ceux qui nous gouvernent que de mon coin, j'avais écrit deux lettres pour montrer les conséquences de ce qui se préparait. M. Guizot, il y a longtemps que je l'ai appris, est roide, absolu, hautain, et dans l'occasion sans pitié. Mais il ne résiste pas à certaines influences.... Jamais à mon avis, il ne fit de plus grande faute dans des circonstances où elles pouvaient avoir tant de dangers. Rien dans aucun temps, dans aucun pays, n'en a approché.... Ce monstre, qui vient de reculer les limites de la barbarie humaine, a été huit jours dans sa maison entouré des égards de la police et du Parquet, bien plus que de sa surveillance; son propre médecin, celui de sa famille, ne l'a pas quitté et il déclare que ces flots de poison sortant de son corps par toutes les issues sont les attaques du choléra qu'il combat par les moyens propres à augmenter les effets du poison....[118]J'hésite à vous envoyer cette lettre etsi je le fais, c'est que je ne l'aurai pas relue[119].»

La mort du duc de Praslin ne désarmait pas la vindicte publique[120]. Henriette Deluzy avait été interrogée par la Commission de la Cour des Pairs, le 23 août. Son interrogatoire avait porté d'abord sur l'historique de son séjourchez les Praslin. Comme on lui reprochait ses correspondances avec les jeunes filles après sa sortie de la maison: «Oh! je vous le jure, s'écria-t-elle, qu'il n'y avait dans ces lettres ni art ni arrière-pensée. J'étais désolée et j'exprimais mon désespoir avec trop de chaleur, trop d'entraînement. Oh! je me le reproche maintenant. Mais encore une fois, ce n'était pas pour les éloigner de la mère. Les choses en étaient venues à ce point que moi je n'y pouvais rien. Ce qui a été bien malheureux, c'est que tout à coup on a voulu rompre pour ces jeunes filles, des liens de six années.» Elle était arrivée au Luxembourg, rapporte Allard qui était allé la chercher à la Conciergerie, dans un véritable état d'exaltation, pleurant, sanglotant, parlant des tentatives de suicide de la duchesse, se plaignant du maréchal Sébastiani. «Il parle de maîtresses, me dit-elle, si j'avais voulu, j'aurais bien pu être la sienne. Je devais même veiller sur les jeunes filles à son égard»[121]. Au retour à la Conciergerie, après l'interrogatoire, les traits de la prisonnière, rapporte Allard, étaient visiblement altérés. «Il est perdu, me dit-elle, messieurs les Pairs m'ont tout appris. Je n'aurais jamais cru que M. Rémy aurait conservé les lettres que je lui avais confiées pour être brûlées.» Je lui demandai, continue Allard, si elles étaient compromettantes. «Oui, me répondit-elle, au point de vue du procès. Ce sont les lettres des enfants où ils me parlent contre leur mère. Messieurs les Pairs m'ont aussi parlé de mes lettres que je croyais que le duc devait aussi brûler. Quel malheur! Ils sonttousperdus!» Cela, conclut Allard, s'appliquait au duc et aux enfants.

En sortant de l'Académie, Victor Hugo, le jeudi suivant, s'entretient avec Cousin et le comte de Saint-Aulaire. «Vous verrez cette demoiselle Deluzy, dit Cousin qui l'aréconfortée et encouragée plusieurs fois durant son interrogatoire. C'est une femme rare. Ses lettres sont des chefs-d'œuvre d'esprit et d'excellent langage. Son interrogatoire est admirable. Encore vous ne le lirez que traduit par Cauchy. Si vous l'aviez entendue, vous en seriez émerveillé. On n'a pas plus de grâce, plus de tact, plus de raison. Si elle veut bien écrire quelque jour pour nous, nous lui donnerons, pardieu! le prix Montyon. Dominatrice, du reste, et impérieuse. C'est une femme méchante et charmante.—Ah! ça, fait Victor Hugo, est-ce que vous en êtes amoureux?—Hé, hé!» Le comte de Saint-Aulaire demande au poète: «Que pensez-vous de l'affaire?—Qu'il faut qu'il y ait un motif. Autrement le duc est fou. La cause est dans la duchesse ou dans la maîtresse, mais elle est quelque part. Sans quoi, le fait est impossible. Il y a au fond d'un pareil crime ou une grande raison ou une grande folie.[122]» Le 30 août, la Cour des Pairs réunie entend un compte rendu du chancelier Pasquier qui flétrit Praslin[123]et célèbre avec lyrisme la vertu et la bienfaisance de la duchesse de Praslin. «Elle a donc succombé cet ange de bonté. Les paroles me manqueraient si je voulais rendre devant vous les sentiments qui m'ont été inspirés par les découvertes que j'ai dû faire durant le cours des recherches si déchirantes qu'il m'était ordonné d'accomplir.» Et après un résumé de l'instruction, le Chancelier annonce qu'il fait imprimer pour le distribuer aux Pairs le recueil qui doit rester «comme un éternel monument de la perversité de l'un des plus grands coupables qui aient jamais vécu.»[124]La Cour des Pairs est trop heureuse à se dessaisir. C'est à peine si le marquis de Boissy peut se faire entendre pour demander une punition pour les gardiens du duc qui l'ont laissé s'empoisonner. «Il est bien difficile, dit Pasquier, d'empêcher un empoisonnement puisqu'on voit des accusés aux assises s'empoisonner entre deux gendarmes.»

Le LuxembourgLe Palais du Luxembourg. (Le Diable à Paris, 1845.)

Le Palais du Luxembourg. (Le Diable à Paris, 1845.)

Le Palais du Luxembourg. (Le Diable à Paris, 1845.)

Le premier effet du dessaisissement, c'est de renvoyer Henriette Deluzy devant le juge d'instruction Broussais. Le secret est maintenu pour elle dans toute sa rigueur. Elle n'a la permission de se promener dans le préau qu'au moment où il est complètement désert, deux heures par jour. On ne l'interroge pas; on la laisse dans l'isolement jusqu'au 14 septembre. C'est peut-être le châtiment qu'onlui inflige pour avoir osé fournir à l'instruction quelques renseignements sur le tempérament violent et colère de la duchesse de Praslin. Ce laps de temps est peut-être nécessaire aussi pour lui faire comprendre sur quels points elle doit être prudente dans sa défense. L'interrogatoire du 14 septembre reprend par le détail les circonstances de son séjour chez les Praslin et aborde, avec plus de précision que les interrogatoires précédents, les dernières semaines qui ont précédé le meurtre. Le juge d'instruction insiste sur la certitude qu'a acquise la justice que Praslin est le meurtrier. «Je vous jure que je ne le crois pas, répond Henriette Deluzy, ne pouvait-il pas la quitter, vivre séparé d'elle, si elle lui était trop à charge? Elle voulait elle-même se séparer. Quant à la préméditation, je n'y croirai jamais. C'est un acte de folie, de démence, mais un crime jamais, non, non, jamais.—Le duc de Praslin a craint le jugement de ses pairs. Il a échappé par un nouveau crime à la répression, au châtiment qui devait l'atteindre. Mais cette mort volontaire est de sa part l'aveu du crime dont il vous laisse, actuellement, la responsabilité devant la justice.» Avant même que le juge n'ait terminé sa phrase: «Ne dites pas qu'il est mort,» s'écrie Henriette Deluzy en proie à une vive émotion et se dressant sur sa chaise. Puis elle se rassied. «Mort! mort! le malheureux! Quel malheur qu'il ne m'ait pas parlé! qu'il ne m'ait rien dit! Moi qui aurais donné ma vie pour lui, pour ses enfants, pourquoi ne m'a-t-il rien dit, je l'aurais arrêté.» L'accusation soutient que, perdant le bien-être d'une grande existence, elle a regardé la mort de la duchesse comme le moyen unique de ressaisir cette position. «Non! non! monsieur, non, non, elle était bien amère cette position. J'ai pu regretter mon éloignement, le dire, me voir avec douleur, isolée dans la vie, éloignée brutalement de mes chères élèves, mais la pensée d'un crime ne m'était jamais venue, et je me serais fait horreur moi-même de la lui donner.—Dans cette correspondance, reprend le juge d'instruction, on voit percer des espérances pour l'avenir. Vous rêvez de beaux jours, les ombrages de Praslin, votre demeurechérie, votre maison paternelle, votre paradis et vous sembliez assigner pour le printemps l'époque de votre retour.—Est-ce qu'on voit de beaux jours, lorsqu'on les achète par un crime? Il n'en est plus alors et la conscience suffit pour la punition.» Quand elle parlait de beaux jours explique-t-elle, c'était après le mariage des jeunes filles, quand elles seraient mères d'enfants qu'elle aimerait comme elle les avait aimées. «Dans une de mes lettres, je dis à Berthe que je les bercerais sur mes genoux, est-ce que si j'avais tué leur mère, j'aurais pu tenir un tel langage? Je pouvais avoir le cœur aigri contre Mmede Praslin, mais je ne lui aurais pas fait tomber un cheveu de la tête. Je l'aurais sauvée au péril de ma vie... Pourquoi ne suis-je pas morte moi-même?» Ses larmes baignent son visage. Elle s'est écroulée sur sa chaise. Le juge l'engage à se calmer, la réconforte et lui remet une lettre que lady Melgund, son ancienne élève, lui adresse par l'intermédiaire de l'ambassade d'Angleterre.

C'est un éclair qui illumine son désespoir. Quand elle est rentrée dans sa cellule, elle répond à lady Melgund: «Madame, car je n'ose plus vous nommer Nina! C'est du fond d'une prison que je vous écris, c'est sous le poids d'une douleur si grande qu'il n'est point de mots pour l'exprimer. Aujourd'hui, après trois semaines d'affreuses incertitudes, j'ai appris la fin de l'horrible catastrophe du 18 août. On m'a dit la mort de M. de Praslin... On m'a dit qu'on me croyait sa complice dans un crime que je ne croirai jamais qu'il a prémédité. Le juge, bon et compatissant, m'a donné votre lettre dans le moment où ces terribles paroles me frappaient au cœur. Je vous dois la raison. Votre lettre m'a fait pleurer... Soyez bénie, soyez bénie mille fois dans vos enfants, dans tout ce que vous aimez. Ah! que vous avez payé avec usure les soins que je vous ai donnés. Vous êtes venue à moi quand le ciel et la terre semblaient m'abandonner, Dieu vous récompensera de cette pensée généreuse et moi je mourrai en vous bénissant... A vous, je ne dirai pas même que je suis innocente; vous savez bien que je ne puis être coupable.La justice des hommes se trompe quelquefois. J'attends cependant son arrêt avec confiance... ils peuvent interroger ma vie jour par jour; ils le feront, et de leur terrible accusation, il ne restera que la honte de l'avoir encourue, honte indélébile, ineffaçable, qui me tuera. Vous dire cette triste tragédie dans toutes ses phases, je ne le puis..... Ils sont orphelins, ces enfants que j'aimais plus que moi-même, et celui qui fut pour moi un ami plus qu'un maître, celui duquel je n'ai reçu pendant six ans que des preuves de bonté et d'affection, celui qui ne m'a jamais dit une parole dure, qui adoucissait sans cesse ce que ma position avait de pénible... Il est mort, mort dans une prison, la conscience bourrelée et ils disent tous que j'ai provoqué l'affreuse démence qui l'a conduit à cette déplorable mort. Qu'il l'ait préméditée, ne le croyez jamais. C'était le meilleur, le plus excellent des hommes. Il est devenu fou. Oh! si vous saviez ce qu'était cet intérieur! Au milieu de cet enfer, chacun perdait la raison. Mais l'adultère, le meurtre comploté dans l'ombre, exécuté de sang-froid, horreur! C'était impossible.»

Et les jours de solitude à la Conciergerie recommencent. Le secret la brise. «Sa taille a perdu l'élégance et la souplesse de la jeunesse. Son teint pâle et mat indique la fatigue.» Le 27 septembre, elle est appelée de nouveau à l'instruction. Cette fois, elle est interrogée sur ses correspondances. On la questionne sur tout, sur ses lettres au duc, sur ses plaintes aux jeunes filles. Mais le juge d'instruction ne lui parleni de sa lettre à MmeRemysur les aveux qu'un des fils a faits à Praslin, ni de lalettre de Louise de Praslinsur cette mère qui a corrompu deux de ses enfants. Évidemment ce sont là des matières étrangères au procès; elles nedoiventrien avoir à faire avec les causes du meurtre. Nouvel interrogatoire, le 4 novembre. Même discrétion du juge. Maintenant, le non-lieu s'impose. D'une part, il n'y a point de preuves de complicité. De l'autre, il serait dangereux que le dossier que n'a pas voulu imprimer Pasquier, pût être feuilleté par des avocats, pût être soumis à un jury. Le 12 novembre, le procureur du roi Boucly conclut n'y avoirlieu à suivre. Le 17, en Chambre de conseil, l'arrêt de non-lieu est prononcé. La mise en liberté d'Henriette Deluzy-Desportes le suit immédiatement[125]. Elle en accueille la nouvelle avec une sorte d'indifférence. Le soir, elle sort de la Conciergerie et reçoit l'hospitalité des Remy. Puis, les journaux rapportent qu'elle est partie pour l'Angleterre. Cette affirmation n'est pas exacte.

Victor CousinVictor Cousin.Lithographie de Julien (1839).(Bibliothèque Nationale. Estampes.)

Victor Cousin.Lithographie de Julien (1839).(Bibliothèque Nationale. Estampes.)

Victor Cousin.Lithographie de Julien (1839).(Bibliothèque Nationale. Estampes.)

On a conservé tous ses papiers, sauf son acte de naissance de pauvre bâtarde. On garde même la lettre d'un Anglais qui lui offre une association. Sans nouvelle de lady Melgund, car sa lettre ne lui a pas été transmise par l'instruction, seuleau monde, n'ayant pas un toit ou reposer sa tête, pas un bras pour la protéger, elle songe de nouveau au suicide. Elle entre dans une église. Un prêtre est en chaire. Il prêche sur le dogme. Sa prédication n'a nul point de contact avec ce qu'elle souffre. Les éclats de voix l'empêchent de prier. Elle sort de l'église. Un peu plus loin, c'est une autre église qu'elle aperçoit, l'Oratoire, devenu temple protestant. Un des grands orateurs du protestantisme français, Frédéric Monod, y parle de soumission à la volonté de Dieu, de patience, de résignation. Ce qu'il peut y avoir dans sa phraséologie d'un peu heurtant pour des oreilles catholiques, ne gêne pas Henriette Deluzy. Aux jours de son heureuse vie à Charlton, chez les Hislop, elle a fréquenté des églises anglicanes. Dans sa prison, elle a souvent lu et relu la Bible que lui avait donnée M. Drummond. D'ailleurs, elle est si peu catholique. Sa mère était une fille de la Révolution et les prêtres qu'elle a connus sont des Olivier et des Gallard. Son cœur se fond en entendant le prédicateur. Ses yeux, brûlés par la fièvre, s'emplissent de larmes. «J'avais erré tout le matin dans les rues, cherchant à me faire écraser par quelque voiture, racontait-elle plus tard dans une lettre à Cousin. Ma tête était en feu, ma raison presque complètement égarée. Sans savoir même quel était l'homme qui venait de parler, sans savoir s'il me serait miséricordieux ou sévère, je le suivis comme il sortait de la chaire; et me jetant à ses pieds, je le conjurai de me sauver de moi-même et de m'enseigner cette résignation qu'il prêchait. M. Monod calma mon délire, me visita dans ma solitude, que pas une âme sympathique n'avait cherchée, et enfin, deux mois après notre rencontre, me recueillait dans sa famille où sa femme et ses filles devenaient mes amies[126]». On l'envoie en Normandie sous le toit d'un pasteur. La dernière année de sa vie en France, dit-elle, elle vit plus de temples qu'elle n'en avait vus pendant toute la période précédente.[127]» Sa santé se rétablit,son désespoir se calme et quelques mois après, elle passe en Amérique, chaudement recommandée par Frédéric Monod à MlleHaynes qui dirigeait à Grammercy Park le pensionnat le plus aristocratique de l'Amérique. C'était la sœur d'un ancien gouverneur du New-Jersey. Là, Henriette Deluzy fit la connaissance de Harry Field, pasteur presbytérien, qui demanda sa main. Elle était plus âgée que lui, mais elle n'hésita pas à lui confier son avenir.

Harry Field appartenait à une famille distinguée. Un de ses frères fut le créateur du premier câble transatlantique; l'autre était le meilleur avocat de New-York[128]. Elle ne voulut pas entrer dans cette famille sans lui apporter une autre preuve de son innocence que son attestation et ses larmes. Alors elle s'adressa à Victor Cousin dont elle n'avait pas oublié la sympathie dans ses angoisses. «Je n'ai, lui écrivit-elle, le 18 mars 1850, aucune preuve à leur donner. Les papiers, saisis chez moi, ne m'ont jamais été restitués[129]. J'ai parlé de votre bienveillance à mon égard, du témoignage généreux que je sais que vous m'avez rendu plusieurs fois. Monsieur, pouvez-vous en conscience, devant Dieu, me rendre ce témoignage que je n'étais pas l'infâme intrigante que l'on a livrée au mépris du monde? Vous étiez là; vous m'avez interrogée. Vous connaissez ce misérable intérieur; vous avez pu mesurer d'un œil impartial la part que j'ai eue dans ce sombre drame, où j'ai joué en aveugle ma destinée et celle des êtres qui m'étaient plus chers que la vie. Vous savez que ni l'ambition ni l'amour du pouvoir ne m'ont donné l'influence que j'avais sur mes malheureux élèves. Vous avez vu ses lettres àluiet vous savez qu'il ne m'aimait pas. Mais, rappelez-vous, monsieur, que je n'implore pas votre pitié; mais qu'au nom d'un homme d'honneur, j'en appelle à votre honneur. En melaissant le soin de vous écrire moi-même, on m'a imposé le devoir d'être doublement scrupuleuse; et si je vous dis, monsieur, que le bonheur de toute ma vie dépend des lignes que vous tracerez, c'est parce que je sais que cela ne peut influencer le témoignage que vous me rendrez. J'ai l'ambition de croire que vous me connaissez quelque force de caractère. Quoi que vous écriviez, je saurai que c'est l'expression de la pensée d'un homme aussi bon, aussi généreux qu'il est grand aux yeux du monde; et je m'y soumettrai avec le plus profond sentiment de reconnaissance et de respect que je vous conserverai jusqu'à mon dernier soupir.»

Victor Cousin avait-il vu clair dans le drame Praslin, lui qui avait de meilleurs yeux que Pasquier? En tout cas, son témoignage fut tel qu'Henriette Deluzy devint Mistress Field. Harry Field, qui avait beaucoup voyagé et qui a publié de nombreux récits de voyage, s'installa avec elle à Stockbridge dans le Massachussets. Henriette, très liée avec MmeBeecher Stowe[130]qui la qualifie de «femme de courage et de principes vrais et qui, non seulement voyait clairement ce qui était droit, mais avait le courage de l'accomplir à travers les circonstances les plus difficiles,» vécut longtemps dans une modeste cure de la vallée du Connecticut. Elle fit deux voyages en France, l'un en 1855 avec son mari, l'autre, lors de l'Exposition de 1867, avec des amis. En 1870-1871, elle s'employa activement à organiser des sociétés de secours pour les blessés de la guerre.

Lettre signée M. C.Lettre signée M. C. adressée au Procureur général le 22 août 1847.(Archives Nationales)[131].

Lettre signée M. C. adressée au Procureur général le 22 août 1847.(Archives Nationales)[131].

Lettre signée M. C. adressée au Procureur général le 22 août 1847.(Archives Nationales)[131].

En 1874, atteinte d'une grave maladie, elle vit rapidement décliner sa santé. «Quand je serai morte, disait-elle à son mari, laissez-moi reposer en paix. Ne publiez rien pour attirer l'attention du monde. Le monde n'est rien pour moi. Je vais à Dieu. Laissez-moi vivre seulement comme un doux souvenir dans votre cœur et dans les cœurs de ceux qui m'aiment[132]». Elle rendit le dernier soupir le 6 mars 1875 à New-York. Jusqu'à son dernierjour, son salon était le rendez-vous des écrivains et des artistes de cette capitale, mais bien peu d'entre eux savaient quel était son passé. Ils la considéraient seulement comme une de ces vaillantes Françaises transplantées en Amérique par les événements, et chez lesquelles l'affection, vouée à leur nouvelle patrie, n'altère en rien l'amour ardent qu'elles conservent, dans le cœur, pour la terre natale. Ce fut seulement l'année qui suivit sa mort que M. Field publia sous le titreEsquisses familiales en Francele recueil des lettres qu'elle lui avait écrites de Paris pendant son voyage de 1867 et les fit précéder d'une notice biographique. Jusque-là, on imaginait volontiers dans les milieux presbytériens, un peu étroits et fanatiques, qu'elle avait été la victime des persécutions des catholiques français. A quelques intimes seuls, Henriette Field avait parlé de ce qu'elle avait souffert, mais jamais à personne elle ne dévoila ce qu'elle avait su du secret de Praslin.[133]Quand elle le défendait, elle ne disait pas pourquoi elle le défendait. Mais peut-être espérait-elle que quelque jour, la justice immanente des choses rétablirait la vérité sur cet épouvantable drame.

NOTES:[1]Ce renseignement, comme tous ceux qu'on trouvera par la suite sans indication de source, est emprunté aux lettres et notes de la duchesse de Praslin saisies à Paris par le juge d'instruction Broussais et à Vaux-Praslin par le juge d'instruction Legonidec. Le dossier de l'affaire est divisé aux Archives Nationales entre les cinq cartons C C 808 à 812.[2]La marquise de Coigny.[3]Sarah Newton, qui avait épousé en premières noces le général Letort, et en secondes noces, le comte Victor de Tracy.[4]Tout ce qui concerne la marquise de Coigny est emprunté à l'étude de Paul Lacroix, précédant l'édition des lettres et à l'introduction écrite par Maxime de Lescure pour son édition desLettres du prince de Ligne à la marquise de Coigny.[5]Sur le rôle du duc de Coigny, familier de Marie-Antoinette, voir lesJours de Trianon, p. 170.[6]Voir dans lesJours de Trianon, p. 144, le texte complet de ces couplets.[7]Archiv Vorontsov, IX, 457.[8]Voir pour Sébastiani sa biographie par Campi et Ed. Driault,La politique orientale de Napoléon.[9]Moniteur Universel, 24 août 1847.[10]Mmede Tracy.Essais divers, lettres et pensées, 1, 3-56. (Journal de Plombières, 1808).[11]En 1809, Horace Sébastiani avait fait la cour à la nièce du général O'Farrill, la future comtesse Merlin (Souvenirs d'une créole, p. 193 et 196). Il épousa plus tard Aglaé Angélique de Gramont, veuve du général Davidoff, qui, presque toujours malade, mourut le 21 février 1842.[12]Hortense, Léontine et Louise de Rovigo.[13]Lawoestine et Lascours étaient les aides de camp du général Sébastiani.[14]Baron de Saint-Clair,Révélations sur l'Assassinat du duc de Berry, 31-33. Dans son texte, le baron de Saint-Clair ne donne que: général S. Mais un exemplaire, avec notes marginales autographes de l'auteur, que nous a communiqué M. Adolphe Lanne, rétablit le nom en entier.[15]Revue des Deux-Mondesdu 15 décembre 1833. Artie de Loëwe-Weimar.[16]Lettre du 6 août 1827.[17]Voir dans A. Lanne,La Fortune des d'Orléans, p. 133-149, le récit de cette négociation.[18]Lors des négociations de Belgique, Sébastiani est le seul qui connaisse la vraie pensée de Louis-Philippe.[19]Le tsar Nicolas avait jusque-là refusé de recevoir le général Mortier, ambassadeur de Louis-Philippe. Il lui donna audience et souligna d'un mot son approbation du discours relatif à l'insurrection de Pologne.[20]Lettre du 1erseptembre 1830.[21]Construite par le président Portail, vers 1759, sur l'emplacement du château bâti par Le Pautre pour le financier Girardin, ami de Fouquet, l'Orangerie, qui dépendait de l'héritage du maréchal-duc de Coigny, fut habitée pendant l'été par les Praslin de 1825 à 1841.[22]Imprimée dans le recueil de la Cour des Pairs, cette lettre a été placée hors sa date. L'étude des dossiers de copies proposées pour l'impression, révèle des annotations telles que celles-ci: «il y a des inconvénients; à ne pas publier; non; pas à imprimer.» Bref, le dossier, livré par la Cour de Paris au public, a été délibérément maquillé et tronqué.[23]Hortense de Rovigo (1802-1881) était mariée au baron de Soubeyran-Reynaud.[24]A. Morrisson.Collection d'autographes, v. 198. Cette lettre est publiée avec la signature ajoutée à l'impression: Altarice Rosalba, duchesse de Praslin. En 1838, elle n'était pas duchesse mais marquise. Elle n'a jamais signé que Sébastiani-Praslin.[25]C'est un médecin gynécologiste alors réputé.[26]Trois ans, le 21 mai 1840! Et Raynald est né le 29 juin 1839! Comment compte la duchesse de Praslin?[27]Emma-Eléonor-Elizabeth Elliott Murray, comtesse Malgund, puis Minto, morte en 1882.[28]Le mémoire de MlleDeluzy, écrit à la Conciergerie, en août 1847, a été publié au moment où le recueil de la Chambre des pairs a vu le jour. Ce mémoire n'existe pas à la Bibliothèque Nationale, mais les cartons des Archives en contiennent deux copies exécutées par les soins du greffier de la Cour des Pairs.[29]Sur Félix Desportes, voir son opuscule:Appel à l'opinion des habitants du Haut-Rhin; Jung,Lucien Bonaparte; Geoffroy de Grandmaison,L'Ambassade française en Espagne sous la Révolution; la duchesse d'Abrantès,Histoire des Salons de Paris, III et, aux Archives Nationales, les cartons FIhI 15820et F76680.[30]Vicomte Révérend.Armorial du Premier Empire, I, 62.[31]Publié par M. Chambon, d'après les papiers de Cousin (Journal des Débats, 29 octobre 1905).[32]Papiers du duc de Praslin: Lettre du comte de Breteuil développant les propositions de la duchesse douairière.[33]«J'ai toujours eu un grand goût pour Praslin, écrit-elle à son oncle, et peut-être ai-je été un peu aigrie de ne point pouvoir tout à fait m'y regarder comme chez moi. J'en conviens, ici j'ai encore été punie. Praslin m'avait tourné la tête étant jeune fille... Je suis bien punie de l'orgueil de jouer à mon beau château, en voyant la pauvre figure que j'y fais maintenant.»[34]Journal de Mmede Praslin, 13 janvier 1842. Par décision du garde général des archives, ce journal a été retiré des cartons du procès et placé dans l'Armoire de fer. Il n'a pas été communiqué à l'auteur de ce livre qui peut citer uniquement les pages publiées par le recueil de la Cour des Pairs sans avoir pu les collationner.[35]Journal, 24 janvier 1842.[36]Journal, 23 avril 1842.[37]Journal, 23 avril 1842.[38]Journal, 23 avril 1842.[39]Marie-Henriette Manuel de Locatel, marquise de Dolomieu.[40]La lettre non datée est du 30 juillet 1842, jour des funérailles du duc d'Orléans. «Le voilà enlevé, parti, à jamais séparé de sa si malheureuse famille. Il y a eu dans cette dernière séparation un immense sacrifice, un affreux déchirement. Je le sentais pour eux quand seule, dans ma chambre, ces vingt et un coups de canon me faisaient un mal si poignant dans leurs cœurs dont de pauvres nerfs semblaient multiplier le retentissement.»[41]Archives nationales, CC 809. Copie du greffier. L'original a été remis à la comtesse de Praslin.[42]Déposition du 20 août 1847. Joséphine Aubert avait été congédiée par le duc le 17 août.[43]Déposition de Duttenhoffer, 24 août 1847.[44]Olivia de Chabot, dame pour accompagner la princesse Clémentine.[45]Le projet de mariage Ossuna n'eut pas de suite. Vingt ans après le duc était encore célibataire.[46]De plus d'ennuis.[47]Dans votre intérêt.[48]C'était l'anniversaire de la mort du père du duc Théobald.[49]A. de Boudon.Histoire de Mgr Olivier, 390.[50]Souligné par Mgr Olivier.[51]Papiers de Mmede Praslin.—Le post-scriptum est à retenir: «J'arriverai à Paris le 19 janvier. Je compte y rester quinze jours au moins. Je descends 35, rue d'Argenteuil.»[52]«Maintenant encore, dit leMémoireà ses juges d'Henriette Deluzy, je ne puis deviner le mystère qui couvrit la conduite de Mmede Praslin... car enfin ce projet de séparation scandaleuse, qui surgit tout à coup dans l'esprit de Mmede Praslin, qui l'agite, qui la préoccupe sans cesse... cette jalousie contre moi qui se réveille soudain sans cause... a dû être inspiré par quelque perfide conseiller.»[53]«J'ai, ajoute-t-elle en post-scriptum, j'ai à dîner ce soir une Espagnole que vous avez vue chez moi, Mmede Montijo et ses filles, M. de Lassus, M. Mullin, M. Mérimée. Si ce monde ne vous ennuie pas, vous me ferez bien plaisir de venir aussi en robe de chambre. Vous savez comme nous sommes à Passy et ce serait un bon moment pour moi, chère amie.»[54]Papiers d'Henriette Deluzy (la lettre n'a pas trouvé sa destinataire).[55]Le dossier du procès contient deux exemplaires en copie du greffier de ce mémoire Bourgogne où il est question, avec de visibles intentions de chantage, d'une jeune fille s'enfuyant en larmes de l'hôtel Sébastiani.[56]Sur son emplacement s'étend aujourd'hui la rue de l'Élysée percée en 1860 et l'hôtel de l'impératrice Eugénie qu'acheta en 1873 le baron Hirsch.[57]M. Georges Cain a, dans un récent article duFigaro(21 juin 1906), restitué l'hôtel Sébastiani avec sa parfaite connaissance du Paris d'autrefois.[58]D'Alton-Shée.Souvenirs de 1847, p. 45.[59]A la veille du mariage d'Isabelle, elle se plaint alternativement de sa belle-mère et de son père: «Mon père est d'une humeur assez capricieuse et irascible,» écrit-elle à son mari.[60]Interrogatoire d'Henriette Deluzy du 6 novembre 1847.—Dépositions du DrLouis et du notaire Cahouet.[61]Lady Tankarville était Corisande-Armandine-Léonie-Sophie-Auguste de Gramont, fille de la duchesse de Guiche, née de Polignac, (6 octobre 1782-20 janvier 1865).[62]La facture de Mouthion, marchand de meubles, 23, rue de l'Arcade, s'élève à 490 francs.[63]Papiers saisis chez Rémy.[64]Leon, c'est Mmede Saint-Clair, maîtresse de pension, avenue Châteaubriand et le conseiller qui l'a poussée rue du Harlay, c'est l'abbé Gallard.[65]XXX, c'est Mmede Praslin.[66]Lettre du 21 juillet 1847.[67]Expressions de Mmede Praslin (26 juillet 1847).[68]Lettres remises par le comte de Breteuil (lundi, 26 juillet).[69]On comprendra pourquoi le nom qui se trouve dans l'original a été ici remplacé par un X.[70]Papiers saisis chez Rémy. Arch. Nat. CC 809.[71]Cette lettre n'existe qu'en copie faite par le greffier de la Cour des Pairs, (Arch. Nat. CC 811). C'étaient les 11eet 12epièces saisies chez le Drde la Berge. Sur la demande du général Tiburce Sébastiani, il lui a été remis deux liasses, l'une de 45, l'autre de 38 pièces, correspondance des demoiselles de Praslin saisie chez le Drde la Berge, «le contenu de ces pièces se trouvant complètement étranger aux faits, sur lesquels une instruction avait été commencée devant la Cour!» M. Pasquier avait vraiment bien besoin de son célèbre abat-jour vert pour y voir clair![72]Lettre remise par le comte de Breteuil, datée: mercredi, à la porte du Sacré-Cœur.[73]Une lettre d'Henriette Deluzy à Praslin révèle le pourquoi de ses hésitations: «M. Rémy ne veut pas des garçons, un peu à cause de son fils. La mauvaise réputation de X commence à transpirer, mais M. Rémy serait désolé s'il savait que je vous ai dit cela. Tenez bien sévèrement les garçons (8 août).»[74]Un autre jour, (24 juillet) elle écrit: «Les beaux jours reviendront. Vous êtes si jeunes, si innocentes. Dieu aura pitié de vous. Mais votre père, mes bien-aimées, entourez-le, soignez-le. Il doit tant, tant souffrir dans ses affections, dans sa dignité. Quel père!... Que de choses il supporte par amour pour vous. De quelle tendresse vous devez le payer.»[75]Déposition de Joséphine Aubert.[76]Dépositions Delaqui, Lemonnier et Muller.[77]Interrogatoires d'Henriette Deluzy; Déposition de MmeLemaire; Déposition Reber; Déposition de MmeLesueur, femme de chambre de MmeLemaire.[78]C'est un roman de Picard, le célèbre auteur de laPetite ville.[79]Déposition d'Euphémie Merville-Desforges.[80]Déposition de Joséphine Aubert.[81]Le tournevis est un des premiers objets que l'on trouva dans les perquisitions dans le cabinet de travail du duc. (Gazette des Tribunaux, 27 avril 1847.)[82]D'Alton Shée.Souvenirs de 1847, p. 40.—Victor Hugo,Choses vues.[83]Cette reconstitution de la nuit du crime n'a jamais été tentée par les écrivains qui ont raconté l'affaire Praslin: elle découle logiquement des révélations du dossier. Comment admettre une querelle à quatre heures et demie du matin entre des époux qui font chambre à part? Comment expliquer le couteau de chasse et le pistolet si le meurtre est la conséquence d'une explication orageuse?[84]La chambre de la duchesse de Praslin avait trois issues: l'une sur le grand salon, l'autre sur le boudoir, la troisième sur le cabinet de toilette communiquant avec l'antichambre donnant accès par quelques marches à la chambre à coucher du duc.[85]Déposition de Charpentier et de MeLeclerc.[86]Déposition d'Euphémie Merville.[87]Gazette des tribunaux, 26 août 1847.[88]Victor Hugo.Choses vues.[89]Le Constitutionnel, 21 août 1847.[90]Déposition du comte Pierre de Castellane, le 18 août au soir, par devant le commissaire de police.[91]Interrogatoire du duc de Praslin.[92]Déposition Allard devant la Chambre des Pairs.[93]Rapport Allard 18 août, 11 heures du soir.—Meunier est un des auteurs de la tentative d'assassinat sur Louis-Philippe.[94]Telle est alors la théorie du Parquet. On la soutiendra jusqu'au bout puisqu'elle supprime toute responsabilité pour le défaut de surveillance qui a permis à Praslin d'absorber le poison.[95]Dépositions de Rémy et de sa femme.[96]Papiers saisis chez Rémy.[97]«Gardez bien ces lettres, lui avait dit une fois le docteur de la Berge à propos des lettres de la duchesse. Avec ces Sébastiani, ces Corses, on ne sait jamais».[98]«Ses traits s'altèrent de plus en plus,» dit Allard.[99]Dépositions du DrReymond devant la Cour des Pairs.—Lettre du procureur du roi Boucly protestant contre cette déposition.[100]«Le DrLouis, le médecin de toute la famille, disait, rapporte Victor Hugo:—Le lendemain du crime, à dix heures et demie du matin, j'étais appelé et j'arrivais chez M. le duc de Praslin. Je ne savais rien. Jugez de mon saisissement. Je trouve le duc couché; il était gardé à vue. Huit personnes, qui se relevaient d'heure en heure, ne le quittaient pas des yeux. Quatre agents de la police étaient assis sur des fauteuils dans un coin. J'ai observé son état qui était horrible; les symptômes parlaient. C'était le choléra ou le poison. On m'accuse de n'avoir pas dit de suite: il s'est empoisonné. C'était le dénoncer. C'était le perdre. Un empoisonnement est un aveu tacite. «Vous pouviez le déclarer, m'a dit le chancelier.» J'ai répondu: «Monsieur le chancelier, quand déclarer est dénoncer, un médecin ne déclare pas.» (Choses vues, 230.)[101]Accident bizarre! La phrase est chargée de repentirs et de retouches d'une encre plus noire et qui semble moins ancienne, et la rature porte précisément sur la nature du mal dont souffre Praslin. Il y a bien «sorte de choléra» à l'encre noire. Qu'y avait-il à l'encre blanche?[102]Arch. nat. CC 808. La lettre a été déchirée en menus fragments. Bizarre![103]Premier rapport du DrAndral. Le chancelier Pasquier, toujours par ce hasard malheureux qui rend oublieux des magistrats qui ne sont pas des Daguesseau, a négligé l'insinuation du DrAndral qui devra, le 31 août, se faire donner acte de son premier rapport du 20.[104]«Le misérable duc, écrira plus tard Pasquier à de Barante (14 septembre 1847), en tranchant son existence, nous a, pour quelques moments, mis dans une difficile situation;mais au fond le dénouement a peut-être encore été le moins malheureux auquel on fût exposé.»[105]Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 10 janvier 1893, d'après les papiers de Morice (Bibliothèque Carnavalet).[106]Arch. nat. CC 811.[107]«Mon Dieu, disait une bouquetière, pourvu qu'on ne me le tue pas! Cela m'amuse tant de lire tout ça tous les matins dans le journal!» (Victor Hugo.Choses vues, 227.)[108]Moniteur, 2 septembre 1847 (procès-verbal de la séance secrète du 30 août.)—Victor Hugo,Choses vues, 232.[109]Arch. nat. CC 808. Papiers trouvés à sa mort chez Calais, ancien secrétaire du chancelier Pasquier (1868).[110]C'est la doctrine de Gary et de Lehmkul,Casus conscientiæ?. C'est celle de Clément MarcInstitutiones morales. Rome, 1898.[111]Notes de Morice.Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 10 janvier 1893.[112]C'était l'heure fixée par l'agent Philippe pour les visites successives de Praslin à la garde-robe. Allard, au contraire, qui avait pris Praslin en observation à partir de dix heures du matin, voulait fixer l'empoisonnement aux premières heures de la matinée.[113]Louis Favre.Le Luxembourg, p. 348 (d'après le procès-verbal de Monvalle).[114]L'Impartial de Louviers(10 mars 1906), d'après MmeMonnier, ancienne concierge de Vaux, dit que le transfert fut postérieur à 1848.—Un article de laLibre Parole(25 octobre 1905) prétend que le corps fut transporté à Maincy vers 1871, «le duc étant mort en Angleterre.»[115]Ce fut l'objet d'une enquête de la commission d'instruction.[116]Jusqu'ici les preuves sont les suivantes: 1oMmeFrandidier, gouvernante des enfants Praslin, qui aurait été reconnaître le corps, l'aurait trouvé défiguré et ratatiné. (On ne voit nulle part le nom de MmeFrandidier parmi les gouvernantes, et les médecins trouvent le cadavre superbe); 2oMmede Proisy, dame d'honneur de la reine Marie-Amélie, a vu Praslin en Belgique un an après le meurtre. (Mmede Proisy ne figure pas parmi les dames d'honneur de Marie-Amélie); 3ole cocher Paulmier, au service des Beauveau en 1847, rencontre Praslin boulevard Montmartre en 1861, quatorze ans plus tard. (Le comte de Bondy, d'après Victor Hugo, est le véritable ménechme de Praslin); 4oil a vécu à Guernesey, disent Robinet de Cléry et le baron Lumbroso, qui se bornent à l'attestation du rédacteur en chef de laGazette officielle de Guernesey; 5oles contrats de mariage des filles porteraient obligation de faire une pension à personne inconnue habitant l'Angleterre (le texte des contrats est à publier et le chiffre réel de la pension à indiquer).[117]Sans que nul y fasse obstacle.[118]C'est l'opinion de Biéchyde l'Empoisonnement du duc de Praslin. «M. le duc de Praslin, dit-il, évidemment voulait en finir avec la vie et il a eu la bonne chance d'avoir à faire à des docteurs qui l'ont si bien aidé dans cette œuvre de suicide en lui faisant avaler de l'eau, de la glace, du nitrate de potasse, en lui soutirant du sang.» (p. 11).[119]Barante.Souvenirs.[120]On a prétendu que la Préfecture de police n'avait pas permis la publication d'images ou de complaintes relatives à l'assassinat. Nous reproduisons la seule image parue. Il y a aussi les complaintes:Pauvre duchesse, qui se chantait sur l'air deLa lionne;Assistants, venez entendre, sur l'air de Fualdès;La prière de la duchesse de Praslin pour son filssur l'air deT'en souviens-tu.[121]Cette phrase de la déposition a été bâtonnée. Le docteur de la Berge répétait dans sa déposition des propos analogues: Elle me sembla attribuer son renvoi à l'inimitié du maréchal Sébastiani. Selon elle, il ne l'aurait pas toujours respectée et se serait porté sur sa personne, en deux ou trois circonstances, où il l'aurait trouvée seule, à des actes d'immoralité qu'elle aurait été obligée de repousser.»[122]Victor Hugo.Choses vues.[123]«Le dénouement, écrit Pasquier au baron de Barante, a eu pour moi l'inconvénient de m'imposer la nécessité de me faire l'organe de la vindicte publique et de prononcer après sa mort l'arrêt qui ne devaitrégulièrementl'atteindre que vivant.Cette irrégularité a été heureusement fort bien accueillie par les principaux organes de l'opinion.»[124]Pasquier ne dit pas pour quelle raison il a rejeté tant de pièces qui permettent aujourd'hui de faire la lumière sur les causes du meurtre. Il est vrai que rencontrant Victor Hugo, en février 1849, il lui dira, en parlant des procès de 1847: «Je n'y voyais déjà plus clair et j'étais obligé de me faire lire les pièces, d'avoir toujours derrière moi M. de la Chauvinière pour me tenir lieu de mes yeux que je n'avais plus. Oh! se faire lire. Vous ne savez pas comme cela est gênant. Rien ne se grave dans l'esprit.» (Victor Hugo.Choses vues, 277.)[125]«Il est évident, dit laDémocratie pacifique, qu'on ne l'a gardée en prison que pour satisfaire les misérables rancunes d'une famille puissante.» D'autres l'engagent au silence. Comme on prétend qu'elle va publier ses mémoires, un poète lui dit:Oui, l'on prétend que l'avide scandaleS'est, aux aguets, placé sur ton chemin.Tu l'entendras de sa voix sépulcraleCrier l'aumône et te tendre la main;De ce forban repousse la présence,Sa voix perfide a de vénals accords.Ah! par pitié, respecte le silence,Le pieux silence des morts!Cela se chante sur l'air dela Lionne.[126]Journal des Débats, 29 octobre 1905, article de M. Chambon.[127]M. H. Field.Home Sketches in France, 103.[128]Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 28 février, 30 avril 1906.[129]Ses papiers sont dans le dossier des Archives, sauf les lettres de Louise et de Berthe de Praslin, remises à Tiburce Sébastiani.[130]L'auteur deLa Case de l'oncle Tom.[131]Cette lettre a été écrite par une des rares personnes qui connaissaient le secret de Praslin et voulaient le sauver en égarant la justice sur une fausse piste. «L'auteur du meurtre, c'est moi, y lit-on, je suis désolé du scandale qu'occasionne cet acte coupable, mais cet assassinat n'est pas aussi innocent que vous pourriez le croire: la duchesse le méritait. Je connais les lois, je sais que c'est odieux de se faire justice soi-même. Ce qui m'y a déterminé,c'est la crainte de déshonorer l'illustre famille Sébastiani en rendant la chose publique.»[132]Préface deHome Sketches in France.[133]Jamais elle n'alla plus loin que dans le mémoire à ses juges, (août 1847). «C'est dans les enfants qu'on a dû le menacer; c'est son amour pour eux qui l'a perdu.»

NOTES:[1]Ce renseignement, comme tous ceux qu'on trouvera par la suite sans indication de source, est emprunté aux lettres et notes de la duchesse de Praslin saisies à Paris par le juge d'instruction Broussais et à Vaux-Praslin par le juge d'instruction Legonidec. Le dossier de l'affaire est divisé aux Archives Nationales entre les cinq cartons C C 808 à 812.[2]La marquise de Coigny.[3]Sarah Newton, qui avait épousé en premières noces le général Letort, et en secondes noces, le comte Victor de Tracy.[4]Tout ce qui concerne la marquise de Coigny est emprunté à l'étude de Paul Lacroix, précédant l'édition des lettres et à l'introduction écrite par Maxime de Lescure pour son édition desLettres du prince de Ligne à la marquise de Coigny.[5]Sur le rôle du duc de Coigny, familier de Marie-Antoinette, voir lesJours de Trianon, p. 170.[6]Voir dans lesJours de Trianon, p. 144, le texte complet de ces couplets.[7]Archiv Vorontsov, IX, 457.[8]Voir pour Sébastiani sa biographie par Campi et Ed. Driault,La politique orientale de Napoléon.[9]Moniteur Universel, 24 août 1847.[10]Mmede Tracy.Essais divers, lettres et pensées, 1, 3-56. (Journal de Plombières, 1808).[11]En 1809, Horace Sébastiani avait fait la cour à la nièce du général O'Farrill, la future comtesse Merlin (Souvenirs d'une créole, p. 193 et 196). Il épousa plus tard Aglaé Angélique de Gramont, veuve du général Davidoff, qui, presque toujours malade, mourut le 21 février 1842.[12]Hortense, Léontine et Louise de Rovigo.[13]Lawoestine et Lascours étaient les aides de camp du général Sébastiani.[14]Baron de Saint-Clair,Révélations sur l'Assassinat du duc de Berry, 31-33. Dans son texte, le baron de Saint-Clair ne donne que: général S. Mais un exemplaire, avec notes marginales autographes de l'auteur, que nous a communiqué M. Adolphe Lanne, rétablit le nom en entier.[15]Revue des Deux-Mondesdu 15 décembre 1833. Artie de Loëwe-Weimar.[16]Lettre du 6 août 1827.[17]Voir dans A. Lanne,La Fortune des d'Orléans, p. 133-149, le récit de cette négociation.[18]Lors des négociations de Belgique, Sébastiani est le seul qui connaisse la vraie pensée de Louis-Philippe.[19]Le tsar Nicolas avait jusque-là refusé de recevoir le général Mortier, ambassadeur de Louis-Philippe. Il lui donna audience et souligna d'un mot son approbation du discours relatif à l'insurrection de Pologne.[20]Lettre du 1erseptembre 1830.[21]Construite par le président Portail, vers 1759, sur l'emplacement du château bâti par Le Pautre pour le financier Girardin, ami de Fouquet, l'Orangerie, qui dépendait de l'héritage du maréchal-duc de Coigny, fut habitée pendant l'été par les Praslin de 1825 à 1841.[22]Imprimée dans le recueil de la Cour des Pairs, cette lettre a été placée hors sa date. L'étude des dossiers de copies proposées pour l'impression, révèle des annotations telles que celles-ci: «il y a des inconvénients; à ne pas publier; non; pas à imprimer.» Bref, le dossier, livré par la Cour de Paris au public, a été délibérément maquillé et tronqué.[23]Hortense de Rovigo (1802-1881) était mariée au baron de Soubeyran-Reynaud.[24]A. Morrisson.Collection d'autographes, v. 198. Cette lettre est publiée avec la signature ajoutée à l'impression: Altarice Rosalba, duchesse de Praslin. En 1838, elle n'était pas duchesse mais marquise. Elle n'a jamais signé que Sébastiani-Praslin.[25]C'est un médecin gynécologiste alors réputé.[26]Trois ans, le 21 mai 1840! Et Raynald est né le 29 juin 1839! Comment compte la duchesse de Praslin?[27]Emma-Eléonor-Elizabeth Elliott Murray, comtesse Malgund, puis Minto, morte en 1882.[28]Le mémoire de MlleDeluzy, écrit à la Conciergerie, en août 1847, a été publié au moment où le recueil de la Chambre des pairs a vu le jour. Ce mémoire n'existe pas à la Bibliothèque Nationale, mais les cartons des Archives en contiennent deux copies exécutées par les soins du greffier de la Cour des Pairs.[29]Sur Félix Desportes, voir son opuscule:Appel à l'opinion des habitants du Haut-Rhin; Jung,Lucien Bonaparte; Geoffroy de Grandmaison,L'Ambassade française en Espagne sous la Révolution; la duchesse d'Abrantès,Histoire des Salons de Paris, III et, aux Archives Nationales, les cartons FIhI 15820et F76680.[30]Vicomte Révérend.Armorial du Premier Empire, I, 62.[31]Publié par M. Chambon, d'après les papiers de Cousin (Journal des Débats, 29 octobre 1905).[32]Papiers du duc de Praslin: Lettre du comte de Breteuil développant les propositions de la duchesse douairière.[33]«J'ai toujours eu un grand goût pour Praslin, écrit-elle à son oncle, et peut-être ai-je été un peu aigrie de ne point pouvoir tout à fait m'y regarder comme chez moi. J'en conviens, ici j'ai encore été punie. Praslin m'avait tourné la tête étant jeune fille... Je suis bien punie de l'orgueil de jouer à mon beau château, en voyant la pauvre figure que j'y fais maintenant.»[34]Journal de Mmede Praslin, 13 janvier 1842. Par décision du garde général des archives, ce journal a été retiré des cartons du procès et placé dans l'Armoire de fer. Il n'a pas été communiqué à l'auteur de ce livre qui peut citer uniquement les pages publiées par le recueil de la Cour des Pairs sans avoir pu les collationner.[35]Journal, 24 janvier 1842.[36]Journal, 23 avril 1842.[37]Journal, 23 avril 1842.[38]Journal, 23 avril 1842.[39]Marie-Henriette Manuel de Locatel, marquise de Dolomieu.[40]La lettre non datée est du 30 juillet 1842, jour des funérailles du duc d'Orléans. «Le voilà enlevé, parti, à jamais séparé de sa si malheureuse famille. Il y a eu dans cette dernière séparation un immense sacrifice, un affreux déchirement. Je le sentais pour eux quand seule, dans ma chambre, ces vingt et un coups de canon me faisaient un mal si poignant dans leurs cœurs dont de pauvres nerfs semblaient multiplier le retentissement.»[41]Archives nationales, CC 809. Copie du greffier. L'original a été remis à la comtesse de Praslin.[42]Déposition du 20 août 1847. Joséphine Aubert avait été congédiée par le duc le 17 août.[43]Déposition de Duttenhoffer, 24 août 1847.[44]Olivia de Chabot, dame pour accompagner la princesse Clémentine.[45]Le projet de mariage Ossuna n'eut pas de suite. Vingt ans après le duc était encore célibataire.[46]De plus d'ennuis.[47]Dans votre intérêt.[48]C'était l'anniversaire de la mort du père du duc Théobald.[49]A. de Boudon.Histoire de Mgr Olivier, 390.[50]Souligné par Mgr Olivier.[51]Papiers de Mmede Praslin.—Le post-scriptum est à retenir: «J'arriverai à Paris le 19 janvier. Je compte y rester quinze jours au moins. Je descends 35, rue d'Argenteuil.»[52]«Maintenant encore, dit leMémoireà ses juges d'Henriette Deluzy, je ne puis deviner le mystère qui couvrit la conduite de Mmede Praslin... car enfin ce projet de séparation scandaleuse, qui surgit tout à coup dans l'esprit de Mmede Praslin, qui l'agite, qui la préoccupe sans cesse... cette jalousie contre moi qui se réveille soudain sans cause... a dû être inspiré par quelque perfide conseiller.»[53]«J'ai, ajoute-t-elle en post-scriptum, j'ai à dîner ce soir une Espagnole que vous avez vue chez moi, Mmede Montijo et ses filles, M. de Lassus, M. Mullin, M. Mérimée. Si ce monde ne vous ennuie pas, vous me ferez bien plaisir de venir aussi en robe de chambre. Vous savez comme nous sommes à Passy et ce serait un bon moment pour moi, chère amie.»[54]Papiers d'Henriette Deluzy (la lettre n'a pas trouvé sa destinataire).[55]Le dossier du procès contient deux exemplaires en copie du greffier de ce mémoire Bourgogne où il est question, avec de visibles intentions de chantage, d'une jeune fille s'enfuyant en larmes de l'hôtel Sébastiani.[56]Sur son emplacement s'étend aujourd'hui la rue de l'Élysée percée en 1860 et l'hôtel de l'impératrice Eugénie qu'acheta en 1873 le baron Hirsch.[57]M. Georges Cain a, dans un récent article duFigaro(21 juin 1906), restitué l'hôtel Sébastiani avec sa parfaite connaissance du Paris d'autrefois.[58]D'Alton-Shée.Souvenirs de 1847, p. 45.[59]A la veille du mariage d'Isabelle, elle se plaint alternativement de sa belle-mère et de son père: «Mon père est d'une humeur assez capricieuse et irascible,» écrit-elle à son mari.[60]Interrogatoire d'Henriette Deluzy du 6 novembre 1847.—Dépositions du DrLouis et du notaire Cahouet.[61]Lady Tankarville était Corisande-Armandine-Léonie-Sophie-Auguste de Gramont, fille de la duchesse de Guiche, née de Polignac, (6 octobre 1782-20 janvier 1865).[62]La facture de Mouthion, marchand de meubles, 23, rue de l'Arcade, s'élève à 490 francs.[63]Papiers saisis chez Rémy.[64]Leon, c'est Mmede Saint-Clair, maîtresse de pension, avenue Châteaubriand et le conseiller qui l'a poussée rue du Harlay, c'est l'abbé Gallard.[65]XXX, c'est Mmede Praslin.[66]Lettre du 21 juillet 1847.[67]Expressions de Mmede Praslin (26 juillet 1847).[68]Lettres remises par le comte de Breteuil (lundi, 26 juillet).[69]On comprendra pourquoi le nom qui se trouve dans l'original a été ici remplacé par un X.[70]Papiers saisis chez Rémy. Arch. Nat. CC 809.[71]Cette lettre n'existe qu'en copie faite par le greffier de la Cour des Pairs, (Arch. Nat. CC 811). C'étaient les 11eet 12epièces saisies chez le Drde la Berge. Sur la demande du général Tiburce Sébastiani, il lui a été remis deux liasses, l'une de 45, l'autre de 38 pièces, correspondance des demoiselles de Praslin saisie chez le Drde la Berge, «le contenu de ces pièces se trouvant complètement étranger aux faits, sur lesquels une instruction avait été commencée devant la Cour!» M. Pasquier avait vraiment bien besoin de son célèbre abat-jour vert pour y voir clair![72]Lettre remise par le comte de Breteuil, datée: mercredi, à la porte du Sacré-Cœur.[73]Une lettre d'Henriette Deluzy à Praslin révèle le pourquoi de ses hésitations: «M. Rémy ne veut pas des garçons, un peu à cause de son fils. La mauvaise réputation de X commence à transpirer, mais M. Rémy serait désolé s'il savait que je vous ai dit cela. Tenez bien sévèrement les garçons (8 août).»[74]Un autre jour, (24 juillet) elle écrit: «Les beaux jours reviendront. Vous êtes si jeunes, si innocentes. Dieu aura pitié de vous. Mais votre père, mes bien-aimées, entourez-le, soignez-le. Il doit tant, tant souffrir dans ses affections, dans sa dignité. Quel père!... Que de choses il supporte par amour pour vous. De quelle tendresse vous devez le payer.»[75]Déposition de Joséphine Aubert.[76]Dépositions Delaqui, Lemonnier et Muller.[77]Interrogatoires d'Henriette Deluzy; Déposition de MmeLemaire; Déposition Reber; Déposition de MmeLesueur, femme de chambre de MmeLemaire.[78]C'est un roman de Picard, le célèbre auteur de laPetite ville.[79]Déposition d'Euphémie Merville-Desforges.[80]Déposition de Joséphine Aubert.[81]Le tournevis est un des premiers objets que l'on trouva dans les perquisitions dans le cabinet de travail du duc. (Gazette des Tribunaux, 27 avril 1847.)[82]D'Alton Shée.Souvenirs de 1847, p. 40.—Victor Hugo,Choses vues.[83]Cette reconstitution de la nuit du crime n'a jamais été tentée par les écrivains qui ont raconté l'affaire Praslin: elle découle logiquement des révélations du dossier. Comment admettre une querelle à quatre heures et demie du matin entre des époux qui font chambre à part? Comment expliquer le couteau de chasse et le pistolet si le meurtre est la conséquence d'une explication orageuse?[84]La chambre de la duchesse de Praslin avait trois issues: l'une sur le grand salon, l'autre sur le boudoir, la troisième sur le cabinet de toilette communiquant avec l'antichambre donnant accès par quelques marches à la chambre à coucher du duc.[85]Déposition de Charpentier et de MeLeclerc.[86]Déposition d'Euphémie Merville.[87]Gazette des tribunaux, 26 août 1847.[88]Victor Hugo.Choses vues.[89]Le Constitutionnel, 21 août 1847.[90]Déposition du comte Pierre de Castellane, le 18 août au soir, par devant le commissaire de police.[91]Interrogatoire du duc de Praslin.[92]Déposition Allard devant la Chambre des Pairs.[93]Rapport Allard 18 août, 11 heures du soir.—Meunier est un des auteurs de la tentative d'assassinat sur Louis-Philippe.[94]Telle est alors la théorie du Parquet. On la soutiendra jusqu'au bout puisqu'elle supprime toute responsabilité pour le défaut de surveillance qui a permis à Praslin d'absorber le poison.[95]Dépositions de Rémy et de sa femme.[96]Papiers saisis chez Rémy.[97]«Gardez bien ces lettres, lui avait dit une fois le docteur de la Berge à propos des lettres de la duchesse. Avec ces Sébastiani, ces Corses, on ne sait jamais».[98]«Ses traits s'altèrent de plus en plus,» dit Allard.[99]Dépositions du DrReymond devant la Cour des Pairs.—Lettre du procureur du roi Boucly protestant contre cette déposition.[100]«Le DrLouis, le médecin de toute la famille, disait, rapporte Victor Hugo:—Le lendemain du crime, à dix heures et demie du matin, j'étais appelé et j'arrivais chez M. le duc de Praslin. Je ne savais rien. Jugez de mon saisissement. Je trouve le duc couché; il était gardé à vue. Huit personnes, qui se relevaient d'heure en heure, ne le quittaient pas des yeux. Quatre agents de la police étaient assis sur des fauteuils dans un coin. J'ai observé son état qui était horrible; les symptômes parlaient. C'était le choléra ou le poison. On m'accuse de n'avoir pas dit de suite: il s'est empoisonné. C'était le dénoncer. C'était le perdre. Un empoisonnement est un aveu tacite. «Vous pouviez le déclarer, m'a dit le chancelier.» J'ai répondu: «Monsieur le chancelier, quand déclarer est dénoncer, un médecin ne déclare pas.» (Choses vues, 230.)[101]Accident bizarre! La phrase est chargée de repentirs et de retouches d'une encre plus noire et qui semble moins ancienne, et la rature porte précisément sur la nature du mal dont souffre Praslin. Il y a bien «sorte de choléra» à l'encre noire. Qu'y avait-il à l'encre blanche?[102]Arch. nat. CC 808. La lettre a été déchirée en menus fragments. Bizarre![103]Premier rapport du DrAndral. Le chancelier Pasquier, toujours par ce hasard malheureux qui rend oublieux des magistrats qui ne sont pas des Daguesseau, a négligé l'insinuation du DrAndral qui devra, le 31 août, se faire donner acte de son premier rapport du 20.[104]«Le misérable duc, écrira plus tard Pasquier à de Barante (14 septembre 1847), en tranchant son existence, nous a, pour quelques moments, mis dans une difficile situation;mais au fond le dénouement a peut-être encore été le moins malheureux auquel on fût exposé.»[105]Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 10 janvier 1893, d'après les papiers de Morice (Bibliothèque Carnavalet).[106]Arch. nat. CC 811.[107]«Mon Dieu, disait une bouquetière, pourvu qu'on ne me le tue pas! Cela m'amuse tant de lire tout ça tous les matins dans le journal!» (Victor Hugo.Choses vues, 227.)[108]Moniteur, 2 septembre 1847 (procès-verbal de la séance secrète du 30 août.)—Victor Hugo,Choses vues, 232.[109]Arch. nat. CC 808. Papiers trouvés à sa mort chez Calais, ancien secrétaire du chancelier Pasquier (1868).[110]C'est la doctrine de Gary et de Lehmkul,Casus conscientiæ?. C'est celle de Clément MarcInstitutiones morales. Rome, 1898.[111]Notes de Morice.Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 10 janvier 1893.[112]C'était l'heure fixée par l'agent Philippe pour les visites successives de Praslin à la garde-robe. Allard, au contraire, qui avait pris Praslin en observation à partir de dix heures du matin, voulait fixer l'empoisonnement aux premières heures de la matinée.[113]Louis Favre.Le Luxembourg, p. 348 (d'après le procès-verbal de Monvalle).[114]L'Impartial de Louviers(10 mars 1906), d'après MmeMonnier, ancienne concierge de Vaux, dit que le transfert fut postérieur à 1848.—Un article de laLibre Parole(25 octobre 1905) prétend que le corps fut transporté à Maincy vers 1871, «le duc étant mort en Angleterre.»[115]Ce fut l'objet d'une enquête de la commission d'instruction.[116]Jusqu'ici les preuves sont les suivantes: 1oMmeFrandidier, gouvernante des enfants Praslin, qui aurait été reconnaître le corps, l'aurait trouvé défiguré et ratatiné. (On ne voit nulle part le nom de MmeFrandidier parmi les gouvernantes, et les médecins trouvent le cadavre superbe); 2oMmede Proisy, dame d'honneur de la reine Marie-Amélie, a vu Praslin en Belgique un an après le meurtre. (Mmede Proisy ne figure pas parmi les dames d'honneur de Marie-Amélie); 3ole cocher Paulmier, au service des Beauveau en 1847, rencontre Praslin boulevard Montmartre en 1861, quatorze ans plus tard. (Le comte de Bondy, d'après Victor Hugo, est le véritable ménechme de Praslin); 4oil a vécu à Guernesey, disent Robinet de Cléry et le baron Lumbroso, qui se bornent à l'attestation du rédacteur en chef de laGazette officielle de Guernesey; 5oles contrats de mariage des filles porteraient obligation de faire une pension à personne inconnue habitant l'Angleterre (le texte des contrats est à publier et le chiffre réel de la pension à indiquer).[117]Sans que nul y fasse obstacle.[118]C'est l'opinion de Biéchyde l'Empoisonnement du duc de Praslin. «M. le duc de Praslin, dit-il, évidemment voulait en finir avec la vie et il a eu la bonne chance d'avoir à faire à des docteurs qui l'ont si bien aidé dans cette œuvre de suicide en lui faisant avaler de l'eau, de la glace, du nitrate de potasse, en lui soutirant du sang.» (p. 11).[119]Barante.Souvenirs.[120]On a prétendu que la Préfecture de police n'avait pas permis la publication d'images ou de complaintes relatives à l'assassinat. Nous reproduisons la seule image parue. Il y a aussi les complaintes:Pauvre duchesse, qui se chantait sur l'air deLa lionne;Assistants, venez entendre, sur l'air de Fualdès;La prière de la duchesse de Praslin pour son filssur l'air deT'en souviens-tu.[121]Cette phrase de la déposition a été bâtonnée. Le docteur de la Berge répétait dans sa déposition des propos analogues: Elle me sembla attribuer son renvoi à l'inimitié du maréchal Sébastiani. Selon elle, il ne l'aurait pas toujours respectée et se serait porté sur sa personne, en deux ou trois circonstances, où il l'aurait trouvée seule, à des actes d'immoralité qu'elle aurait été obligée de repousser.»[122]Victor Hugo.Choses vues.[123]«Le dénouement, écrit Pasquier au baron de Barante, a eu pour moi l'inconvénient de m'imposer la nécessité de me faire l'organe de la vindicte publique et de prononcer après sa mort l'arrêt qui ne devaitrégulièrementl'atteindre que vivant.Cette irrégularité a été heureusement fort bien accueillie par les principaux organes de l'opinion.»[124]Pasquier ne dit pas pour quelle raison il a rejeté tant de pièces qui permettent aujourd'hui de faire la lumière sur les causes du meurtre. Il est vrai que rencontrant Victor Hugo, en février 1849, il lui dira, en parlant des procès de 1847: «Je n'y voyais déjà plus clair et j'étais obligé de me faire lire les pièces, d'avoir toujours derrière moi M. de la Chauvinière pour me tenir lieu de mes yeux que je n'avais plus. Oh! se faire lire. Vous ne savez pas comme cela est gênant. Rien ne se grave dans l'esprit.» (Victor Hugo.Choses vues, 277.)[125]«Il est évident, dit laDémocratie pacifique, qu'on ne l'a gardée en prison que pour satisfaire les misérables rancunes d'une famille puissante.» D'autres l'engagent au silence. Comme on prétend qu'elle va publier ses mémoires, un poète lui dit:Oui, l'on prétend que l'avide scandaleS'est, aux aguets, placé sur ton chemin.Tu l'entendras de sa voix sépulcraleCrier l'aumône et te tendre la main;De ce forban repousse la présence,Sa voix perfide a de vénals accords.Ah! par pitié, respecte le silence,Le pieux silence des morts!Cela se chante sur l'air dela Lionne.[126]Journal des Débats, 29 octobre 1905, article de M. Chambon.[127]M. H. Field.Home Sketches in France, 103.[128]Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 28 février, 30 avril 1906.[129]Ses papiers sont dans le dossier des Archives, sauf les lettres de Louise et de Berthe de Praslin, remises à Tiburce Sébastiani.[130]L'auteur deLa Case de l'oncle Tom.[131]Cette lettre a été écrite par une des rares personnes qui connaissaient le secret de Praslin et voulaient le sauver en égarant la justice sur une fausse piste. «L'auteur du meurtre, c'est moi, y lit-on, je suis désolé du scandale qu'occasionne cet acte coupable, mais cet assassinat n'est pas aussi innocent que vous pourriez le croire: la duchesse le méritait. Je connais les lois, je sais que c'est odieux de se faire justice soi-même. Ce qui m'y a déterminé,c'est la crainte de déshonorer l'illustre famille Sébastiani en rendant la chose publique.»[132]Préface deHome Sketches in France.[133]Jamais elle n'alla plus loin que dans le mémoire à ses juges, (août 1847). «C'est dans les enfants qu'on a dû le menacer; c'est son amour pour eux qui l'a perdu.»

[1]Ce renseignement, comme tous ceux qu'on trouvera par la suite sans indication de source, est emprunté aux lettres et notes de la duchesse de Praslin saisies à Paris par le juge d'instruction Broussais et à Vaux-Praslin par le juge d'instruction Legonidec. Le dossier de l'affaire est divisé aux Archives Nationales entre les cinq cartons C C 808 à 812.[2]La marquise de Coigny.[3]Sarah Newton, qui avait épousé en premières noces le général Letort, et en secondes noces, le comte Victor de Tracy.[4]Tout ce qui concerne la marquise de Coigny est emprunté à l'étude de Paul Lacroix, précédant l'édition des lettres et à l'introduction écrite par Maxime de Lescure pour son édition desLettres du prince de Ligne à la marquise de Coigny.[5]Sur le rôle du duc de Coigny, familier de Marie-Antoinette, voir lesJours de Trianon, p. 170.

[1]Ce renseignement, comme tous ceux qu'on trouvera par la suite sans indication de source, est emprunté aux lettres et notes de la duchesse de Praslin saisies à Paris par le juge d'instruction Broussais et à Vaux-Praslin par le juge d'instruction Legonidec. Le dossier de l'affaire est divisé aux Archives Nationales entre les cinq cartons C C 808 à 812.

[2]La marquise de Coigny.

[3]Sarah Newton, qui avait épousé en premières noces le général Letort, et en secondes noces, le comte Victor de Tracy.

[4]Tout ce qui concerne la marquise de Coigny est emprunté à l'étude de Paul Lacroix, précédant l'édition des lettres et à l'introduction écrite par Maxime de Lescure pour son édition desLettres du prince de Ligne à la marquise de Coigny.

[5]Sur le rôle du duc de Coigny, familier de Marie-Antoinette, voir lesJours de Trianon, p. 170.

[6]Voir dans lesJours de Trianon, p. 144, le texte complet de ces couplets.[7]Archiv Vorontsov, IX, 457.[8]Voir pour Sébastiani sa biographie par Campi et Ed. Driault,La politique orientale de Napoléon.[9]Moniteur Universel, 24 août 1847.[10]Mmede Tracy.Essais divers, lettres et pensées, 1, 3-56. (Journal de Plombières, 1808).[11]En 1809, Horace Sébastiani avait fait la cour à la nièce du général O'Farrill, la future comtesse Merlin (Souvenirs d'une créole, p. 193 et 196). Il épousa plus tard Aglaé Angélique de Gramont, veuve du général Davidoff, qui, presque toujours malade, mourut le 21 février 1842.[12]Hortense, Léontine et Louise de Rovigo.[13]Lawoestine et Lascours étaient les aides de camp du général Sébastiani.[14]Baron de Saint-Clair,Révélations sur l'Assassinat du duc de Berry, 31-33. Dans son texte, le baron de Saint-Clair ne donne que: général S. Mais un exemplaire, avec notes marginales autographes de l'auteur, que nous a communiqué M. Adolphe Lanne, rétablit le nom en entier.[15]Revue des Deux-Mondesdu 15 décembre 1833. Artie de Loëwe-Weimar.[16]Lettre du 6 août 1827.[17]Voir dans A. Lanne,La Fortune des d'Orléans, p. 133-149, le récit de cette négociation.[18]Lors des négociations de Belgique, Sébastiani est le seul qui connaisse la vraie pensée de Louis-Philippe.[19]Le tsar Nicolas avait jusque-là refusé de recevoir le général Mortier, ambassadeur de Louis-Philippe. Il lui donna audience et souligna d'un mot son approbation du discours relatif à l'insurrection de Pologne.[20]Lettre du 1erseptembre 1830.[21]Construite par le président Portail, vers 1759, sur l'emplacement du château bâti par Le Pautre pour le financier Girardin, ami de Fouquet, l'Orangerie, qui dépendait de l'héritage du maréchal-duc de Coigny, fut habitée pendant l'été par les Praslin de 1825 à 1841.[22]Imprimée dans le recueil de la Cour des Pairs, cette lettre a été placée hors sa date. L'étude des dossiers de copies proposées pour l'impression, révèle des annotations telles que celles-ci: «il y a des inconvénients; à ne pas publier; non; pas à imprimer.» Bref, le dossier, livré par la Cour de Paris au public, a été délibérément maquillé et tronqué.[23]Hortense de Rovigo (1802-1881) était mariée au baron de Soubeyran-Reynaud.[24]A. Morrisson.Collection d'autographes, v. 198. Cette lettre est publiée avec la signature ajoutée à l'impression: Altarice Rosalba, duchesse de Praslin. En 1838, elle n'était pas duchesse mais marquise. Elle n'a jamais signé que Sébastiani-Praslin.[25]C'est un médecin gynécologiste alors réputé.[26]Trois ans, le 21 mai 1840! Et Raynald est né le 29 juin 1839! Comment compte la duchesse de Praslin?[27]Emma-Eléonor-Elizabeth Elliott Murray, comtesse Malgund, puis Minto, morte en 1882.[28]Le mémoire de MlleDeluzy, écrit à la Conciergerie, en août 1847, a été publié au moment où le recueil de la Chambre des pairs a vu le jour. Ce mémoire n'existe pas à la Bibliothèque Nationale, mais les cartons des Archives en contiennent deux copies exécutées par les soins du greffier de la Cour des Pairs.[29]Sur Félix Desportes, voir son opuscule:Appel à l'opinion des habitants du Haut-Rhin; Jung,Lucien Bonaparte; Geoffroy de Grandmaison,L'Ambassade française en Espagne sous la Révolution; la duchesse d'Abrantès,Histoire des Salons de Paris, III et, aux Archives Nationales, les cartons FIhI 15820et F76680.[30]Vicomte Révérend.Armorial du Premier Empire, I, 62.[31]Publié par M. Chambon, d'après les papiers de Cousin (Journal des Débats, 29 octobre 1905).[32]Papiers du duc de Praslin: Lettre du comte de Breteuil développant les propositions de la duchesse douairière.[33]«J'ai toujours eu un grand goût pour Praslin, écrit-elle à son oncle, et peut-être ai-je été un peu aigrie de ne point pouvoir tout à fait m'y regarder comme chez moi. J'en conviens, ici j'ai encore été punie. Praslin m'avait tourné la tête étant jeune fille... Je suis bien punie de l'orgueil de jouer à mon beau château, en voyant la pauvre figure que j'y fais maintenant.»[34]Journal de Mmede Praslin, 13 janvier 1842. Par décision du garde général des archives, ce journal a été retiré des cartons du procès et placé dans l'Armoire de fer. Il n'a pas été communiqué à l'auteur de ce livre qui peut citer uniquement les pages publiées par le recueil de la Cour des Pairs sans avoir pu les collationner.[35]Journal, 24 janvier 1842.[36]Journal, 23 avril 1842.[37]Journal, 23 avril 1842.[38]Journal, 23 avril 1842.[39]Marie-Henriette Manuel de Locatel, marquise de Dolomieu.[40]La lettre non datée est du 30 juillet 1842, jour des funérailles du duc d'Orléans. «Le voilà enlevé, parti, à jamais séparé de sa si malheureuse famille. Il y a eu dans cette dernière séparation un immense sacrifice, un affreux déchirement. Je le sentais pour eux quand seule, dans ma chambre, ces vingt et un coups de canon me faisaient un mal si poignant dans leurs cœurs dont de pauvres nerfs semblaient multiplier le retentissement.»[41]Archives nationales, CC 809. Copie du greffier. L'original a été remis à la comtesse de Praslin.[42]Déposition du 20 août 1847. Joséphine Aubert avait été congédiée par le duc le 17 août.[43]Déposition de Duttenhoffer, 24 août 1847.[44]Olivia de Chabot, dame pour accompagner la princesse Clémentine.[45]Le projet de mariage Ossuna n'eut pas de suite. Vingt ans après le duc était encore célibataire.[46]De plus d'ennuis.[47]Dans votre intérêt.[48]C'était l'anniversaire de la mort du père du duc Théobald.[49]A. de Boudon.Histoire de Mgr Olivier, 390.[50]Souligné par Mgr Olivier.[51]Papiers de Mmede Praslin.—Le post-scriptum est à retenir: «J'arriverai à Paris le 19 janvier. Je compte y rester quinze jours au moins. Je descends 35, rue d'Argenteuil.»[52]«Maintenant encore, dit leMémoireà ses juges d'Henriette Deluzy, je ne puis deviner le mystère qui couvrit la conduite de Mmede Praslin... car enfin ce projet de séparation scandaleuse, qui surgit tout à coup dans l'esprit de Mmede Praslin, qui l'agite, qui la préoccupe sans cesse... cette jalousie contre moi qui se réveille soudain sans cause... a dû être inspiré par quelque perfide conseiller.»[53]«J'ai, ajoute-t-elle en post-scriptum, j'ai à dîner ce soir une Espagnole que vous avez vue chez moi, Mmede Montijo et ses filles, M. de Lassus, M. Mullin, M. Mérimée. Si ce monde ne vous ennuie pas, vous me ferez bien plaisir de venir aussi en robe de chambre. Vous savez comme nous sommes à Passy et ce serait un bon moment pour moi, chère amie.»[54]Papiers d'Henriette Deluzy (la lettre n'a pas trouvé sa destinataire).[55]Le dossier du procès contient deux exemplaires en copie du greffier de ce mémoire Bourgogne où il est question, avec de visibles intentions de chantage, d'une jeune fille s'enfuyant en larmes de l'hôtel Sébastiani.[56]Sur son emplacement s'étend aujourd'hui la rue de l'Élysée percée en 1860 et l'hôtel de l'impératrice Eugénie qu'acheta en 1873 le baron Hirsch.[57]M. Georges Cain a, dans un récent article duFigaro(21 juin 1906), restitué l'hôtel Sébastiani avec sa parfaite connaissance du Paris d'autrefois.[58]D'Alton-Shée.Souvenirs de 1847, p. 45.[59]A la veille du mariage d'Isabelle, elle se plaint alternativement de sa belle-mère et de son père: «Mon père est d'une humeur assez capricieuse et irascible,» écrit-elle à son mari.[60]Interrogatoire d'Henriette Deluzy du 6 novembre 1847.—Dépositions du DrLouis et du notaire Cahouet.[61]Lady Tankarville était Corisande-Armandine-Léonie-Sophie-Auguste de Gramont, fille de la duchesse de Guiche, née de Polignac, (6 octobre 1782-20 janvier 1865).[62]La facture de Mouthion, marchand de meubles, 23, rue de l'Arcade, s'élève à 490 francs.[63]Papiers saisis chez Rémy.[64]Leon, c'est Mmede Saint-Clair, maîtresse de pension, avenue Châteaubriand et le conseiller qui l'a poussée rue du Harlay, c'est l'abbé Gallard.[65]XXX, c'est Mmede Praslin.[66]Lettre du 21 juillet 1847.[67]Expressions de Mmede Praslin (26 juillet 1847).[68]Lettres remises par le comte de Breteuil (lundi, 26 juillet).[69]On comprendra pourquoi le nom qui se trouve dans l'original a été ici remplacé par un X.[70]Papiers saisis chez Rémy. Arch. Nat. CC 809.[71]Cette lettre n'existe qu'en copie faite par le greffier de la Cour des Pairs, (Arch. Nat. CC 811). C'étaient les 11eet 12epièces saisies chez le Drde la Berge. Sur la demande du général Tiburce Sébastiani, il lui a été remis deux liasses, l'une de 45, l'autre de 38 pièces, correspondance des demoiselles de Praslin saisie chez le Drde la Berge, «le contenu de ces pièces se trouvant complètement étranger aux faits, sur lesquels une instruction avait été commencée devant la Cour!» M. Pasquier avait vraiment bien besoin de son célèbre abat-jour vert pour y voir clair![72]Lettre remise par le comte de Breteuil, datée: mercredi, à la porte du Sacré-Cœur.[73]Une lettre d'Henriette Deluzy à Praslin révèle le pourquoi de ses hésitations: «M. Rémy ne veut pas des garçons, un peu à cause de son fils. La mauvaise réputation de X commence à transpirer, mais M. Rémy serait désolé s'il savait que je vous ai dit cela. Tenez bien sévèrement les garçons (8 août).»[74]Un autre jour, (24 juillet) elle écrit: «Les beaux jours reviendront. Vous êtes si jeunes, si innocentes. Dieu aura pitié de vous. Mais votre père, mes bien-aimées, entourez-le, soignez-le. Il doit tant, tant souffrir dans ses affections, dans sa dignité. Quel père!... Que de choses il supporte par amour pour vous. De quelle tendresse vous devez le payer.»[75]Déposition de Joséphine Aubert.[76]Dépositions Delaqui, Lemonnier et Muller.[77]Interrogatoires d'Henriette Deluzy; Déposition de MmeLemaire; Déposition Reber; Déposition de MmeLesueur, femme de chambre de MmeLemaire.[78]C'est un roman de Picard, le célèbre auteur de laPetite ville.[79]Déposition d'Euphémie Merville-Desforges.[80]Déposition de Joséphine Aubert.[81]Le tournevis est un des premiers objets que l'on trouva dans les perquisitions dans le cabinet de travail du duc. (Gazette des Tribunaux, 27 avril 1847.)[82]D'Alton Shée.Souvenirs de 1847, p. 40.—Victor Hugo,Choses vues.[83]Cette reconstitution de la nuit du crime n'a jamais été tentée par les écrivains qui ont raconté l'affaire Praslin: elle découle logiquement des révélations du dossier. Comment admettre une querelle à quatre heures et demie du matin entre des époux qui font chambre à part? Comment expliquer le couteau de chasse et le pistolet si le meurtre est la conséquence d'une explication orageuse?[84]La chambre de la duchesse de Praslin avait trois issues: l'une sur le grand salon, l'autre sur le boudoir, la troisième sur le cabinet de toilette communiquant avec l'antichambre donnant accès par quelques marches à la chambre à coucher du duc.[85]Déposition de Charpentier et de MeLeclerc.[86]Déposition d'Euphémie Merville.[87]Gazette des tribunaux, 26 août 1847.[88]Victor Hugo.Choses vues.[89]Le Constitutionnel, 21 août 1847.[90]Déposition du comte Pierre de Castellane, le 18 août au soir, par devant le commissaire de police.[91]Interrogatoire du duc de Praslin.[92]Déposition Allard devant la Chambre des Pairs.[93]Rapport Allard 18 août, 11 heures du soir.—Meunier est un des auteurs de la tentative d'assassinat sur Louis-Philippe.[94]Telle est alors la théorie du Parquet. On la soutiendra jusqu'au bout puisqu'elle supprime toute responsabilité pour le défaut de surveillance qui a permis à Praslin d'absorber le poison.[95]Dépositions de Rémy et de sa femme.[96]Papiers saisis chez Rémy.[97]«Gardez bien ces lettres, lui avait dit une fois le docteur de la Berge à propos des lettres de la duchesse. Avec ces Sébastiani, ces Corses, on ne sait jamais».[98]«Ses traits s'altèrent de plus en plus,» dit Allard.[99]Dépositions du DrReymond devant la Cour des Pairs.—Lettre du procureur du roi Boucly protestant contre cette déposition.[100]«Le DrLouis, le médecin de toute la famille, disait, rapporte Victor Hugo:—Le lendemain du crime, à dix heures et demie du matin, j'étais appelé et j'arrivais chez M. le duc de Praslin. Je ne savais rien. Jugez de mon saisissement. Je trouve le duc couché; il était gardé à vue. Huit personnes, qui se relevaient d'heure en heure, ne le quittaient pas des yeux. Quatre agents de la police étaient assis sur des fauteuils dans un coin. J'ai observé son état qui était horrible; les symptômes parlaient. C'était le choléra ou le poison. On m'accuse de n'avoir pas dit de suite: il s'est empoisonné. C'était le dénoncer. C'était le perdre. Un empoisonnement est un aveu tacite. «Vous pouviez le déclarer, m'a dit le chancelier.» J'ai répondu: «Monsieur le chancelier, quand déclarer est dénoncer, un médecin ne déclare pas.» (Choses vues, 230.)[101]Accident bizarre! La phrase est chargée de repentirs et de retouches d'une encre plus noire et qui semble moins ancienne, et la rature porte précisément sur la nature du mal dont souffre Praslin. Il y a bien «sorte de choléra» à l'encre noire. Qu'y avait-il à l'encre blanche?[102]Arch. nat. CC 808. La lettre a été déchirée en menus fragments. Bizarre![103]Premier rapport du DrAndral. Le chancelier Pasquier, toujours par ce hasard malheureux qui rend oublieux des magistrats qui ne sont pas des Daguesseau, a négligé l'insinuation du DrAndral qui devra, le 31 août, se faire donner acte de son premier rapport du 20.[104]«Le misérable duc, écrira plus tard Pasquier à de Barante (14 septembre 1847), en tranchant son existence, nous a, pour quelques moments, mis dans une difficile situation;mais au fond le dénouement a peut-être encore été le moins malheureux auquel on fût exposé.»[105]Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 10 janvier 1893, d'après les papiers de Morice (Bibliothèque Carnavalet).[106]Arch. nat. CC 811.[107]«Mon Dieu, disait une bouquetière, pourvu qu'on ne me le tue pas! Cela m'amuse tant de lire tout ça tous les matins dans le journal!» (Victor Hugo.Choses vues, 227.)[108]Moniteur, 2 septembre 1847 (procès-verbal de la séance secrète du 30 août.)—Victor Hugo,Choses vues, 232.[109]Arch. nat. CC 808. Papiers trouvés à sa mort chez Calais, ancien secrétaire du chancelier Pasquier (1868).[110]C'est la doctrine de Gary et de Lehmkul,Casus conscientiæ?. C'est celle de Clément MarcInstitutiones morales. Rome, 1898.[111]Notes de Morice.Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 10 janvier 1893.[112]C'était l'heure fixée par l'agent Philippe pour les visites successives de Praslin à la garde-robe. Allard, au contraire, qui avait pris Praslin en observation à partir de dix heures du matin, voulait fixer l'empoisonnement aux premières heures de la matinée.[113]Louis Favre.Le Luxembourg, p. 348 (d'après le procès-verbal de Monvalle).[114]L'Impartial de Louviers(10 mars 1906), d'après MmeMonnier, ancienne concierge de Vaux, dit que le transfert fut postérieur à 1848.—Un article de laLibre Parole(25 octobre 1905) prétend que le corps fut transporté à Maincy vers 1871, «le duc étant mort en Angleterre.»[115]Ce fut l'objet d'une enquête de la commission d'instruction.[116]Jusqu'ici les preuves sont les suivantes: 1oMmeFrandidier, gouvernante des enfants Praslin, qui aurait été reconnaître le corps, l'aurait trouvé défiguré et ratatiné. (On ne voit nulle part le nom de MmeFrandidier parmi les gouvernantes, et les médecins trouvent le cadavre superbe); 2oMmede Proisy, dame d'honneur de la reine Marie-Amélie, a vu Praslin en Belgique un an après le meurtre. (Mmede Proisy ne figure pas parmi les dames d'honneur de Marie-Amélie); 3ole cocher Paulmier, au service des Beauveau en 1847, rencontre Praslin boulevard Montmartre en 1861, quatorze ans plus tard. (Le comte de Bondy, d'après Victor Hugo, est le véritable ménechme de Praslin); 4oil a vécu à Guernesey, disent Robinet de Cléry et le baron Lumbroso, qui se bornent à l'attestation du rédacteur en chef de laGazette officielle de Guernesey; 5oles contrats de mariage des filles porteraient obligation de faire une pension à personne inconnue habitant l'Angleterre (le texte des contrats est à publier et le chiffre réel de la pension à indiquer).[117]Sans que nul y fasse obstacle.[118]C'est l'opinion de Biéchyde l'Empoisonnement du duc de Praslin. «M. le duc de Praslin, dit-il, évidemment voulait en finir avec la vie et il a eu la bonne chance d'avoir à faire à des docteurs qui l'ont si bien aidé dans cette œuvre de suicide en lui faisant avaler de l'eau, de la glace, du nitrate de potasse, en lui soutirant du sang.» (p. 11).[119]Barante.Souvenirs.[120]On a prétendu que la Préfecture de police n'avait pas permis la publication d'images ou de complaintes relatives à l'assassinat. Nous reproduisons la seule image parue. Il y a aussi les complaintes:Pauvre duchesse, qui se chantait sur l'air deLa lionne;Assistants, venez entendre, sur l'air de Fualdès;La prière de la duchesse de Praslin pour son filssur l'air deT'en souviens-tu.[121]Cette phrase de la déposition a été bâtonnée. Le docteur de la Berge répétait dans sa déposition des propos analogues: Elle me sembla attribuer son renvoi à l'inimitié du maréchal Sébastiani. Selon elle, il ne l'aurait pas toujours respectée et se serait porté sur sa personne, en deux ou trois circonstances, où il l'aurait trouvée seule, à des actes d'immoralité qu'elle aurait été obligée de repousser.»[122]Victor Hugo.Choses vues.[123]«Le dénouement, écrit Pasquier au baron de Barante, a eu pour moi l'inconvénient de m'imposer la nécessité de me faire l'organe de la vindicte publique et de prononcer après sa mort l'arrêt qui ne devaitrégulièrementl'atteindre que vivant.Cette irrégularité a été heureusement fort bien accueillie par les principaux organes de l'opinion.»[124]Pasquier ne dit pas pour quelle raison il a rejeté tant de pièces qui permettent aujourd'hui de faire la lumière sur les causes du meurtre. Il est vrai que rencontrant Victor Hugo, en février 1849, il lui dira, en parlant des procès de 1847: «Je n'y voyais déjà plus clair et j'étais obligé de me faire lire les pièces, d'avoir toujours derrière moi M. de la Chauvinière pour me tenir lieu de mes yeux que je n'avais plus. Oh! se faire lire. Vous ne savez pas comme cela est gênant. Rien ne se grave dans l'esprit.» (Victor Hugo.Choses vues, 277.)[125]«Il est évident, dit laDémocratie pacifique, qu'on ne l'a gardée en prison que pour satisfaire les misérables rancunes d'une famille puissante.» D'autres l'engagent au silence. Comme on prétend qu'elle va publier ses mémoires, un poète lui dit:Oui, l'on prétend que l'avide scandaleS'est, aux aguets, placé sur ton chemin.Tu l'entendras de sa voix sépulcraleCrier l'aumône et te tendre la main;De ce forban repousse la présence,Sa voix perfide a de vénals accords.Ah! par pitié, respecte le silence,Le pieux silence des morts!Cela se chante sur l'air dela Lionne.[126]Journal des Débats, 29 octobre 1905, article de M. Chambon.[127]M. H. Field.Home Sketches in France, 103.[128]Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 28 février, 30 avril 1906.[129]Ses papiers sont dans le dossier des Archives, sauf les lettres de Louise et de Berthe de Praslin, remises à Tiburce Sébastiani.[130]L'auteur deLa Case de l'oncle Tom.[131]Cette lettre a été écrite par une des rares personnes qui connaissaient le secret de Praslin et voulaient le sauver en égarant la justice sur une fausse piste. «L'auteur du meurtre, c'est moi, y lit-on, je suis désolé du scandale qu'occasionne cet acte coupable, mais cet assassinat n'est pas aussi innocent que vous pourriez le croire: la duchesse le méritait. Je connais les lois, je sais que c'est odieux de se faire justice soi-même. Ce qui m'y a déterminé,c'est la crainte de déshonorer l'illustre famille Sébastiani en rendant la chose publique.»[132]Préface deHome Sketches in France.[133]Jamais elle n'alla plus loin que dans le mémoire à ses juges, (août 1847). «C'est dans les enfants qu'on a dû le menacer; c'est son amour pour eux qui l'a perdu.»

[6]Voir dans lesJours de Trianon, p. 144, le texte complet de ces couplets.

[7]Archiv Vorontsov, IX, 457.

[8]Voir pour Sébastiani sa biographie par Campi et Ed. Driault,La politique orientale de Napoléon.

[9]Moniteur Universel, 24 août 1847.

[10]Mmede Tracy.Essais divers, lettres et pensées, 1, 3-56. (Journal de Plombières, 1808).

[11]En 1809, Horace Sébastiani avait fait la cour à la nièce du général O'Farrill, la future comtesse Merlin (Souvenirs d'une créole, p. 193 et 196). Il épousa plus tard Aglaé Angélique de Gramont, veuve du général Davidoff, qui, presque toujours malade, mourut le 21 février 1842.

[12]Hortense, Léontine et Louise de Rovigo.

[13]Lawoestine et Lascours étaient les aides de camp du général Sébastiani.

[14]Baron de Saint-Clair,Révélations sur l'Assassinat du duc de Berry, 31-33. Dans son texte, le baron de Saint-Clair ne donne que: général S. Mais un exemplaire, avec notes marginales autographes de l'auteur, que nous a communiqué M. Adolphe Lanne, rétablit le nom en entier.

[15]Revue des Deux-Mondesdu 15 décembre 1833. Artie de Loëwe-Weimar.

[16]Lettre du 6 août 1827.

[17]Voir dans A. Lanne,La Fortune des d'Orléans, p. 133-149, le récit de cette négociation.

[18]Lors des négociations de Belgique, Sébastiani est le seul qui connaisse la vraie pensée de Louis-Philippe.

[19]Le tsar Nicolas avait jusque-là refusé de recevoir le général Mortier, ambassadeur de Louis-Philippe. Il lui donna audience et souligna d'un mot son approbation du discours relatif à l'insurrection de Pologne.

[20]Lettre du 1erseptembre 1830.

[21]Construite par le président Portail, vers 1759, sur l'emplacement du château bâti par Le Pautre pour le financier Girardin, ami de Fouquet, l'Orangerie, qui dépendait de l'héritage du maréchal-duc de Coigny, fut habitée pendant l'été par les Praslin de 1825 à 1841.

[22]Imprimée dans le recueil de la Cour des Pairs, cette lettre a été placée hors sa date. L'étude des dossiers de copies proposées pour l'impression, révèle des annotations telles que celles-ci: «il y a des inconvénients; à ne pas publier; non; pas à imprimer.» Bref, le dossier, livré par la Cour de Paris au public, a été délibérément maquillé et tronqué.

[23]Hortense de Rovigo (1802-1881) était mariée au baron de Soubeyran-Reynaud.

[24]A. Morrisson.Collection d'autographes, v. 198. Cette lettre est publiée avec la signature ajoutée à l'impression: Altarice Rosalba, duchesse de Praslin. En 1838, elle n'était pas duchesse mais marquise. Elle n'a jamais signé que Sébastiani-Praslin.

[25]C'est un médecin gynécologiste alors réputé.

[26]Trois ans, le 21 mai 1840! Et Raynald est né le 29 juin 1839! Comment compte la duchesse de Praslin?

[27]Emma-Eléonor-Elizabeth Elliott Murray, comtesse Malgund, puis Minto, morte en 1882.

[28]Le mémoire de MlleDeluzy, écrit à la Conciergerie, en août 1847, a été publié au moment où le recueil de la Chambre des pairs a vu le jour. Ce mémoire n'existe pas à la Bibliothèque Nationale, mais les cartons des Archives en contiennent deux copies exécutées par les soins du greffier de la Cour des Pairs.

[29]Sur Félix Desportes, voir son opuscule:Appel à l'opinion des habitants du Haut-Rhin; Jung,Lucien Bonaparte; Geoffroy de Grandmaison,L'Ambassade française en Espagne sous la Révolution; la duchesse d'Abrantès,Histoire des Salons de Paris, III et, aux Archives Nationales, les cartons FIhI 15820et F76680.

[30]Vicomte Révérend.Armorial du Premier Empire, I, 62.

[31]Publié par M. Chambon, d'après les papiers de Cousin (Journal des Débats, 29 octobre 1905).

[32]Papiers du duc de Praslin: Lettre du comte de Breteuil développant les propositions de la duchesse douairière.

[33]«J'ai toujours eu un grand goût pour Praslin, écrit-elle à son oncle, et peut-être ai-je été un peu aigrie de ne point pouvoir tout à fait m'y regarder comme chez moi. J'en conviens, ici j'ai encore été punie. Praslin m'avait tourné la tête étant jeune fille... Je suis bien punie de l'orgueil de jouer à mon beau château, en voyant la pauvre figure que j'y fais maintenant.»

[34]Journal de Mmede Praslin, 13 janvier 1842. Par décision du garde général des archives, ce journal a été retiré des cartons du procès et placé dans l'Armoire de fer. Il n'a pas été communiqué à l'auteur de ce livre qui peut citer uniquement les pages publiées par le recueil de la Cour des Pairs sans avoir pu les collationner.

[35]Journal, 24 janvier 1842.

[36]Journal, 23 avril 1842.

[37]Journal, 23 avril 1842.

[38]Journal, 23 avril 1842.

[39]Marie-Henriette Manuel de Locatel, marquise de Dolomieu.

[40]La lettre non datée est du 30 juillet 1842, jour des funérailles du duc d'Orléans. «Le voilà enlevé, parti, à jamais séparé de sa si malheureuse famille. Il y a eu dans cette dernière séparation un immense sacrifice, un affreux déchirement. Je le sentais pour eux quand seule, dans ma chambre, ces vingt et un coups de canon me faisaient un mal si poignant dans leurs cœurs dont de pauvres nerfs semblaient multiplier le retentissement.»

[41]Archives nationales, CC 809. Copie du greffier. L'original a été remis à la comtesse de Praslin.

[42]Déposition du 20 août 1847. Joséphine Aubert avait été congédiée par le duc le 17 août.

[43]Déposition de Duttenhoffer, 24 août 1847.

[44]Olivia de Chabot, dame pour accompagner la princesse Clémentine.

[45]Le projet de mariage Ossuna n'eut pas de suite. Vingt ans après le duc était encore célibataire.

[46]De plus d'ennuis.

[47]Dans votre intérêt.

[48]C'était l'anniversaire de la mort du père du duc Théobald.

[49]A. de Boudon.Histoire de Mgr Olivier, 390.

[50]Souligné par Mgr Olivier.

[51]Papiers de Mmede Praslin.—Le post-scriptum est à retenir: «J'arriverai à Paris le 19 janvier. Je compte y rester quinze jours au moins. Je descends 35, rue d'Argenteuil.»

[52]«Maintenant encore, dit leMémoireà ses juges d'Henriette Deluzy, je ne puis deviner le mystère qui couvrit la conduite de Mmede Praslin... car enfin ce projet de séparation scandaleuse, qui surgit tout à coup dans l'esprit de Mmede Praslin, qui l'agite, qui la préoccupe sans cesse... cette jalousie contre moi qui se réveille soudain sans cause... a dû être inspiré par quelque perfide conseiller.»

[53]«J'ai, ajoute-t-elle en post-scriptum, j'ai à dîner ce soir une Espagnole que vous avez vue chez moi, Mmede Montijo et ses filles, M. de Lassus, M. Mullin, M. Mérimée. Si ce monde ne vous ennuie pas, vous me ferez bien plaisir de venir aussi en robe de chambre. Vous savez comme nous sommes à Passy et ce serait un bon moment pour moi, chère amie.»

[54]Papiers d'Henriette Deluzy (la lettre n'a pas trouvé sa destinataire).

[55]Le dossier du procès contient deux exemplaires en copie du greffier de ce mémoire Bourgogne où il est question, avec de visibles intentions de chantage, d'une jeune fille s'enfuyant en larmes de l'hôtel Sébastiani.

[56]Sur son emplacement s'étend aujourd'hui la rue de l'Élysée percée en 1860 et l'hôtel de l'impératrice Eugénie qu'acheta en 1873 le baron Hirsch.

[57]M. Georges Cain a, dans un récent article duFigaro(21 juin 1906), restitué l'hôtel Sébastiani avec sa parfaite connaissance du Paris d'autrefois.

[58]D'Alton-Shée.Souvenirs de 1847, p. 45.

[59]A la veille du mariage d'Isabelle, elle se plaint alternativement de sa belle-mère et de son père: «Mon père est d'une humeur assez capricieuse et irascible,» écrit-elle à son mari.

[60]Interrogatoire d'Henriette Deluzy du 6 novembre 1847.—Dépositions du DrLouis et du notaire Cahouet.

[61]Lady Tankarville était Corisande-Armandine-Léonie-Sophie-Auguste de Gramont, fille de la duchesse de Guiche, née de Polignac, (6 octobre 1782-20 janvier 1865).

[62]La facture de Mouthion, marchand de meubles, 23, rue de l'Arcade, s'élève à 490 francs.

[63]Papiers saisis chez Rémy.

[64]Leon, c'est Mmede Saint-Clair, maîtresse de pension, avenue Châteaubriand et le conseiller qui l'a poussée rue du Harlay, c'est l'abbé Gallard.

[65]XXX, c'est Mmede Praslin.

[66]Lettre du 21 juillet 1847.

[67]Expressions de Mmede Praslin (26 juillet 1847).

[68]Lettres remises par le comte de Breteuil (lundi, 26 juillet).

[69]On comprendra pourquoi le nom qui se trouve dans l'original a été ici remplacé par un X.

[70]Papiers saisis chez Rémy. Arch. Nat. CC 809.

[71]Cette lettre n'existe qu'en copie faite par le greffier de la Cour des Pairs, (Arch. Nat. CC 811). C'étaient les 11eet 12epièces saisies chez le Drde la Berge. Sur la demande du général Tiburce Sébastiani, il lui a été remis deux liasses, l'une de 45, l'autre de 38 pièces, correspondance des demoiselles de Praslin saisie chez le Drde la Berge, «le contenu de ces pièces se trouvant complètement étranger aux faits, sur lesquels une instruction avait été commencée devant la Cour!» M. Pasquier avait vraiment bien besoin de son célèbre abat-jour vert pour y voir clair!

[72]Lettre remise par le comte de Breteuil, datée: mercredi, à la porte du Sacré-Cœur.

[73]Une lettre d'Henriette Deluzy à Praslin révèle le pourquoi de ses hésitations: «M. Rémy ne veut pas des garçons, un peu à cause de son fils. La mauvaise réputation de X commence à transpirer, mais M. Rémy serait désolé s'il savait que je vous ai dit cela. Tenez bien sévèrement les garçons (8 août).»

[74]Un autre jour, (24 juillet) elle écrit: «Les beaux jours reviendront. Vous êtes si jeunes, si innocentes. Dieu aura pitié de vous. Mais votre père, mes bien-aimées, entourez-le, soignez-le. Il doit tant, tant souffrir dans ses affections, dans sa dignité. Quel père!... Que de choses il supporte par amour pour vous. De quelle tendresse vous devez le payer.»

[75]Déposition de Joséphine Aubert.

[76]Dépositions Delaqui, Lemonnier et Muller.

[77]Interrogatoires d'Henriette Deluzy; Déposition de MmeLemaire; Déposition Reber; Déposition de MmeLesueur, femme de chambre de MmeLemaire.

[78]C'est un roman de Picard, le célèbre auteur de laPetite ville.

[79]Déposition d'Euphémie Merville-Desforges.

[80]Déposition de Joséphine Aubert.

[81]Le tournevis est un des premiers objets que l'on trouva dans les perquisitions dans le cabinet de travail du duc. (Gazette des Tribunaux, 27 avril 1847.)

[82]D'Alton Shée.Souvenirs de 1847, p. 40.—Victor Hugo,Choses vues.

[83]Cette reconstitution de la nuit du crime n'a jamais été tentée par les écrivains qui ont raconté l'affaire Praslin: elle découle logiquement des révélations du dossier. Comment admettre une querelle à quatre heures et demie du matin entre des époux qui font chambre à part? Comment expliquer le couteau de chasse et le pistolet si le meurtre est la conséquence d'une explication orageuse?

[84]La chambre de la duchesse de Praslin avait trois issues: l'une sur le grand salon, l'autre sur le boudoir, la troisième sur le cabinet de toilette communiquant avec l'antichambre donnant accès par quelques marches à la chambre à coucher du duc.

[85]Déposition de Charpentier et de MeLeclerc.

[86]Déposition d'Euphémie Merville.

[87]Gazette des tribunaux, 26 août 1847.

[88]Victor Hugo.Choses vues.

[89]Le Constitutionnel, 21 août 1847.

[90]Déposition du comte Pierre de Castellane, le 18 août au soir, par devant le commissaire de police.

[91]Interrogatoire du duc de Praslin.

[92]Déposition Allard devant la Chambre des Pairs.

[93]Rapport Allard 18 août, 11 heures du soir.—Meunier est un des auteurs de la tentative d'assassinat sur Louis-Philippe.

[94]Telle est alors la théorie du Parquet. On la soutiendra jusqu'au bout puisqu'elle supprime toute responsabilité pour le défaut de surveillance qui a permis à Praslin d'absorber le poison.

[95]Dépositions de Rémy et de sa femme.

[96]Papiers saisis chez Rémy.

[97]«Gardez bien ces lettres, lui avait dit une fois le docteur de la Berge à propos des lettres de la duchesse. Avec ces Sébastiani, ces Corses, on ne sait jamais».

[98]«Ses traits s'altèrent de plus en plus,» dit Allard.

[99]Dépositions du DrReymond devant la Cour des Pairs.—Lettre du procureur du roi Boucly protestant contre cette déposition.

[100]«Le DrLouis, le médecin de toute la famille, disait, rapporte Victor Hugo:—Le lendemain du crime, à dix heures et demie du matin, j'étais appelé et j'arrivais chez M. le duc de Praslin. Je ne savais rien. Jugez de mon saisissement. Je trouve le duc couché; il était gardé à vue. Huit personnes, qui se relevaient d'heure en heure, ne le quittaient pas des yeux. Quatre agents de la police étaient assis sur des fauteuils dans un coin. J'ai observé son état qui était horrible; les symptômes parlaient. C'était le choléra ou le poison. On m'accuse de n'avoir pas dit de suite: il s'est empoisonné. C'était le dénoncer. C'était le perdre. Un empoisonnement est un aveu tacite. «Vous pouviez le déclarer, m'a dit le chancelier.» J'ai répondu: «Monsieur le chancelier, quand déclarer est dénoncer, un médecin ne déclare pas.» (Choses vues, 230.)

[101]Accident bizarre! La phrase est chargée de repentirs et de retouches d'une encre plus noire et qui semble moins ancienne, et la rature porte précisément sur la nature du mal dont souffre Praslin. Il y a bien «sorte de choléra» à l'encre noire. Qu'y avait-il à l'encre blanche?

[102]Arch. nat. CC 808. La lettre a été déchirée en menus fragments. Bizarre!

[103]Premier rapport du DrAndral. Le chancelier Pasquier, toujours par ce hasard malheureux qui rend oublieux des magistrats qui ne sont pas des Daguesseau, a négligé l'insinuation du DrAndral qui devra, le 31 août, se faire donner acte de son premier rapport du 20.

[104]«Le misérable duc, écrira plus tard Pasquier à de Barante (14 septembre 1847), en tranchant son existence, nous a, pour quelques moments, mis dans une difficile situation;mais au fond le dénouement a peut-être encore été le moins malheureux auquel on fût exposé.»

[105]Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 10 janvier 1893, d'après les papiers de Morice (Bibliothèque Carnavalet).

[106]Arch. nat. CC 811.

[107]«Mon Dieu, disait une bouquetière, pourvu qu'on ne me le tue pas! Cela m'amuse tant de lire tout ça tous les matins dans le journal!» (Victor Hugo.Choses vues, 227.)

[108]Moniteur, 2 septembre 1847 (procès-verbal de la séance secrète du 30 août.)—Victor Hugo,Choses vues, 232.

[109]Arch. nat. CC 808. Papiers trouvés à sa mort chez Calais, ancien secrétaire du chancelier Pasquier (1868).

[110]C'est la doctrine de Gary et de Lehmkul,Casus conscientiæ?. C'est celle de Clément MarcInstitutiones morales. Rome, 1898.

[111]Notes de Morice.Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 10 janvier 1893.

[112]C'était l'heure fixée par l'agent Philippe pour les visites successives de Praslin à la garde-robe. Allard, au contraire, qui avait pris Praslin en observation à partir de dix heures du matin, voulait fixer l'empoisonnement aux premières heures de la matinée.

[113]Louis Favre.Le Luxembourg, p. 348 (d'après le procès-verbal de Monvalle).

[114]L'Impartial de Louviers(10 mars 1906), d'après MmeMonnier, ancienne concierge de Vaux, dit que le transfert fut postérieur à 1848.—Un article de laLibre Parole(25 octobre 1905) prétend que le corps fut transporté à Maincy vers 1871, «le duc étant mort en Angleterre.»

[115]Ce fut l'objet d'une enquête de la commission d'instruction.

[116]Jusqu'ici les preuves sont les suivantes: 1oMmeFrandidier, gouvernante des enfants Praslin, qui aurait été reconnaître le corps, l'aurait trouvé défiguré et ratatiné. (On ne voit nulle part le nom de MmeFrandidier parmi les gouvernantes, et les médecins trouvent le cadavre superbe); 2oMmede Proisy, dame d'honneur de la reine Marie-Amélie, a vu Praslin en Belgique un an après le meurtre. (Mmede Proisy ne figure pas parmi les dames d'honneur de Marie-Amélie); 3ole cocher Paulmier, au service des Beauveau en 1847, rencontre Praslin boulevard Montmartre en 1861, quatorze ans plus tard. (Le comte de Bondy, d'après Victor Hugo, est le véritable ménechme de Praslin); 4oil a vécu à Guernesey, disent Robinet de Cléry et le baron Lumbroso, qui se bornent à l'attestation du rédacteur en chef de laGazette officielle de Guernesey; 5oles contrats de mariage des filles porteraient obligation de faire une pension à personne inconnue habitant l'Angleterre (le texte des contrats est à publier et le chiffre réel de la pension à indiquer).

[117]Sans que nul y fasse obstacle.

[118]C'est l'opinion de Biéchyde l'Empoisonnement du duc de Praslin. «M. le duc de Praslin, dit-il, évidemment voulait en finir avec la vie et il a eu la bonne chance d'avoir à faire à des docteurs qui l'ont si bien aidé dans cette œuvre de suicide en lui faisant avaler de l'eau, de la glace, du nitrate de potasse, en lui soutirant du sang.» (p. 11).

[119]Barante.Souvenirs.

[120]On a prétendu que la Préfecture de police n'avait pas permis la publication d'images ou de complaintes relatives à l'assassinat. Nous reproduisons la seule image parue. Il y a aussi les complaintes:Pauvre duchesse, qui se chantait sur l'air deLa lionne;Assistants, venez entendre, sur l'air de Fualdès;La prière de la duchesse de Praslin pour son filssur l'air deT'en souviens-tu.

[121]Cette phrase de la déposition a été bâtonnée. Le docteur de la Berge répétait dans sa déposition des propos analogues: Elle me sembla attribuer son renvoi à l'inimitié du maréchal Sébastiani. Selon elle, il ne l'aurait pas toujours respectée et se serait porté sur sa personne, en deux ou trois circonstances, où il l'aurait trouvée seule, à des actes d'immoralité qu'elle aurait été obligée de repousser.»

[122]Victor Hugo.Choses vues.

[123]«Le dénouement, écrit Pasquier au baron de Barante, a eu pour moi l'inconvénient de m'imposer la nécessité de me faire l'organe de la vindicte publique et de prononcer après sa mort l'arrêt qui ne devaitrégulièrementl'atteindre que vivant.Cette irrégularité a été heureusement fort bien accueillie par les principaux organes de l'opinion.»

[124]Pasquier ne dit pas pour quelle raison il a rejeté tant de pièces qui permettent aujourd'hui de faire la lumière sur les causes du meurtre. Il est vrai que rencontrant Victor Hugo, en février 1849, il lui dira, en parlant des procès de 1847: «Je n'y voyais déjà plus clair et j'étais obligé de me faire lire les pièces, d'avoir toujours derrière moi M. de la Chauvinière pour me tenir lieu de mes yeux que je n'avais plus. Oh! se faire lire. Vous ne savez pas comme cela est gênant. Rien ne se grave dans l'esprit.» (Victor Hugo.Choses vues, 277.)

[125]«Il est évident, dit laDémocratie pacifique, qu'on ne l'a gardée en prison que pour satisfaire les misérables rancunes d'une famille puissante.» D'autres l'engagent au silence. Comme on prétend qu'elle va publier ses mémoires, un poète lui dit:

Oui, l'on prétend que l'avide scandaleS'est, aux aguets, placé sur ton chemin.Tu l'entendras de sa voix sépulcraleCrier l'aumône et te tendre la main;De ce forban repousse la présence,Sa voix perfide a de vénals accords.Ah! par pitié, respecte le silence,Le pieux silence des morts!

Oui, l'on prétend que l'avide scandaleS'est, aux aguets, placé sur ton chemin.Tu l'entendras de sa voix sépulcraleCrier l'aumône et te tendre la main;De ce forban repousse la présence,Sa voix perfide a de vénals accords.Ah! par pitié, respecte le silence,Le pieux silence des morts!

Oui, l'on prétend que l'avide scandale

S'est, aux aguets, placé sur ton chemin.

Tu l'entendras de sa voix sépulcrale

Crier l'aumône et te tendre la main;

De ce forban repousse la présence,

Sa voix perfide a de vénals accords.

Ah! par pitié, respecte le silence,

Le pieux silence des morts!

Cela se chante sur l'air dela Lionne.

[126]Journal des Débats, 29 octobre 1905, article de M. Chambon.

[127]M. H. Field.Home Sketches in France, 103.

[128]Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 28 février, 30 avril 1906.

[129]Ses papiers sont dans le dossier des Archives, sauf les lettres de Louise et de Berthe de Praslin, remises à Tiburce Sébastiani.

[130]L'auteur deLa Case de l'oncle Tom.

[131]Cette lettre a été écrite par une des rares personnes qui connaissaient le secret de Praslin et voulaient le sauver en égarant la justice sur une fausse piste. «L'auteur du meurtre, c'est moi, y lit-on, je suis désolé du scandale qu'occasionne cet acte coupable, mais cet assassinat n'est pas aussi innocent que vous pourriez le croire: la duchesse le méritait. Je connais les lois, je sais que c'est odieux de se faire justice soi-même. Ce qui m'y a déterminé,c'est la crainte de déshonorer l'illustre famille Sébastiani en rendant la chose publique.»

[132]Préface deHome Sketches in France.

[133]Jamais elle n'alla plus loin que dans le mémoire à ses juges, (août 1847). «C'est dans les enfants qu'on a dû le menacer; c'est son amour pour eux qui l'a perdu.»


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