Le titre des Prisons est trop connu pour qu'il soit nécessaire d'en faire l'éloge; nous annonçons seulement la publication de cette nouvelle édition illustrée, dont la première livraison vient de paraître.Collection de Tableaux polytechniques, par une société d'anciens élèves de l'École polytechnique, de professeurs, etc.; sous la direction de M. AugusteBlum.La plupart des connaissances humaines ont été résumées en tableaux synoptiques. On conçoit en effet de quelle importance sont des tableaux qui permettent d'embrasser d'un coup d'oeil un ensemble de faits, de saisir leurs rapports et leur enchaînement, qui servent, en un mot, à économiser le temps et à conserver des connaissances laborieusement acquises.Ce qu'on a fait depuis longtemps pour la géographie et pour l'histoire, une société d'anciens élèves de l'École polytechnique essaie de le faire pour les sciences positives, pour les mathématiques, la physique, la chimie, pour toutes les sciences exactes enfin, soit théoriques, soit d'application.Cette utile collection doit contenir quatre séries où seront résumés toutes les connaissances nécessaires pour l'admission aux écoles, tous les cours professés dans ces écoles, à la Faculté des sciences et aux écoles d'application.--La trigonométrie rectiligne, l'algèbre et la physique ont déjà paru.Nouvelles Astronomiques.LA COMÈTE.A Paris, dans presque toute la France et dans une partie de l'Europe, on a déjà vu le nouvel astre qui vient de paraître d'une manière si complètement imprévue. On a admiré cette magnifique traînée lumineuse qui occupe environ le quart d'une demi-circonférence tracée à la surface de la voûte céleste. On a interrogé nos astronomes avec un empressement qui n'a pas toujours été éclairé, mais qui dénote du moins une louable curiosité des choses propres à élever l'esprit vers la contemplation des grandes lois de la nature. Nous sommes donc heureux de fournir à nos lecteurs quelques renseignements de l'authenticité desquels nous pouvons leur répondre.On dit, mais rien ne prouve encore, que la comète a été observée à Nice le 14 mars, et qu'elle l'a été à Madrid même avant cette époque. En France, le premier qui l'ait aperçue est, dit-on, un officier de ligne faisant sa ronde le 14, à Auxonne, où il est en garnison. Elle a été vue en divers lieux les jours suivants: à Paris, on n'a pu l'apercevoir avant le 17, et il est facile de se rendre compte des causes qui ont empêché qu'elle y fût signalée auparavant. En effet, en compulsant les registres météorologiques de l'Observatoire, on reconnaît qu'à partir du 7, jour où le beau temps avait régné, le ciel a été constamment couvert jusqu'au 14 inclusivement. Le 15, il s'était éclairci; mais la lune était levée même avant le coucher du soleil, et comme elle donnait presque dans son plein, sa lumière éclipsait complètement la lumière beaucoup plus faible de la comète. Le 16, la lune était pleine; elle était levée bien avant la fin du crépuscule, et l'horizon était couvert de vapeurs.--Enfin, le 17, les astronomes de l'Observatoire, faisant une revue générale et rapide du ciel, vers 7 heures 3/4, au moment où, le crépuscule finissait et la lune n'étant pas encore levée, on pouvait reconnaître le ciel étoilé, aperçurent le phénomène qui se manifestait d'une manière si brillante sur l'horizon de Paris. Ils recherchèrent la direction et la longueur angulaire de la traînée lumineuse, qu'ils attribuèrent tout d'abord à une queue de comète; mais le noyau de l'astre était encore trop près de l'horizon pour qu'il leur fût possible de l'apercevoir. L'angle mesuré fut trouvé d'environ 39°. Le lendemain 18 et le surlendemain 19, toutes les dispositions étant prises d'avance, on a pu observer le noyau assez brillant de la comète. Son diamètre apparent était de 2 à trois minutes. Il se trouvait à un degré environ à l'est de l'étoile êta, de la constellation de l'Eridan: la queue finissait à près de deux degrés au-dessus de l'étoile êta, duLièvre.La longueur apparente de cette queue était ainsi d'environ 43°; sa largeur était d'un degré moyennement; elle restait très-mince dans toute son étendue, et ne soutendait vers son extrémité opposée au noyau qu'un angle d'environ un degré un quart. Elle paraissait très-légèrement infléchie vers cette même extrémité dans la direction de la position qu'elle venait de quitter, ce qui est une loi générale pour toutes les comètes. Une particularité très-digne d'attention, c'est que la queue offre, sur toute sa largeur, une teinte d'une intensité à peu près uniforme, tandis qu'ordinairement la queue des comètes est composée de deux parties plus intenses vers les bords, séparées par une bande centrale obscure, ce que l'on explique en attribuant à ce corps lumineux la forme d'un cône que nous voyons par le côté.Pour déterminer les éléments caractéristiques de la comète, et pour décider si, dans les catalogues, il s'en trouve une qui offre avec celle-ci des différences assez peu notables pour qu'elle puisse être rangée au nombre des astres périodiques, il faudrait une troisième observation, et malheureusement le mauvais état du ciel n'a pas permis de la faire jusqu'à ce jour. Ce contre-temps est d'autant plus regrettable, que la détermination des éléments paraboliques perdra de sa certitude si un intervalle trop long vient à séparer la troisième des deux premières. Cependant la comparaison de celles-ci a fait reconnaître que le mouvement apparent de l'astre est lent; qu'il a lieu dans le sens de l'ouest à l'est et du sud au nord, ce que les astronomes expriment en disant qu'il est direct en ascension droite et d'environ 2 degrés par jour, et que la déclinaison australe diminue, la comète se rapprochant de l'équateur d'environ 20' de degré en 24 heures.M. Arago a soumis l'astre à l'épreuve d'un instrument remarquable dont il est l'inventeur, et à l'aide duquel il est possible de reconnaître si la lumière que nous envoie un objet lui appartient en propre, ou si elle est simplement réfléchie. Jusqu'à présent on n'a reconnu aucune trace depolarisationdans la lumière de la nouvelle comète; d'où l'on conclut que cet astre brille d'un éclat qui lui est propre, et ne nous réfléchit pas une fraction appréciable de la lumière du soleil.Notre gravure donnera une idée assez exacte de la position qu'occupait et de l'apparence qu'offrait la comète le dimanche 19, vers 7 heures et demie du soir, pour un spectateur parisien. La ligne inférieure représente le bord de l'horizon. Un voit que le noyau est placé près de l'étoile gamma, de L'Eridanet que la queue se termine aussi près de l'étoile gamma, duLièvre. A gauche et vers le haut de notre figure,Syrius, l'étoile la plus brillante du ciel, est indiquée par la lettre S. Au-dessus de la queue de la comète, on voit la belle constellation d'Orion, dontRigel(l'étoile marquée R) occupe la partie inférieure, et lesTrois Roisla partie moyenne.Aldébaranoul'Oeil de Taureauest placé à droite, vers le bord supérieur; lesHyades, étoiles moins brillantes, sont groupées vers sa droite.La région du ciel que nous venons de décrire sommairement se trouve actuellement vers le sud-ouest entre 7 heures et demie et 8 heures du soir. Elle sera facilement reconnaissable pour tout lecteur qui aura notre gravure sous les yeux. C'est vers elle qu'il faudra chercher la comète, lorsque les circonstances atmosphériques le permettront.LUMIERE ZODIACALE.Un phénomène qui n'est pas très-rare sur notre horizon, mais qui doit toujours attirer l'attention des personnes pour lesquelles la contemplation des apparences célestes a quelque attrait, se manifeste depuis quelques jours avec une certaine intensité. Nous voulons parler de lalumière zodiacale. Une heure trois quarts environ après le coucher du soleil, lorsque les dernières lueurs du crépuscule, avec lequel il ne faut pas la confondre, sont complètement éteintes, on aperçoit une traînée lumineuse de forme lenticulaire, inclinée à l'horizon, et coupée par celui-ci vers sa base.Nos astronomes ont profité de l'apparition de cette lumière pour en comparer l'intensité avec celle de la comète. Ils ont reconnu que celle-ci est plus vive et moins rouge.RébusEXPLICATION DU DERNIER RÉBUS.Il ne manque pas d'escrocs par le temps qui court.
Le titre des Prisons est trop connu pour qu'il soit nécessaire d'en faire l'éloge; nous annonçons seulement la publication de cette nouvelle édition illustrée, dont la première livraison vient de paraître.
Collection de Tableaux polytechniques, par une société d'anciens élèves de l'École polytechnique, de professeurs, etc.; sous la direction de M. AugusteBlum.
La plupart des connaissances humaines ont été résumées en tableaux synoptiques. On conçoit en effet de quelle importance sont des tableaux qui permettent d'embrasser d'un coup d'oeil un ensemble de faits, de saisir leurs rapports et leur enchaînement, qui servent, en un mot, à économiser le temps et à conserver des connaissances laborieusement acquises.
Ce qu'on a fait depuis longtemps pour la géographie et pour l'histoire, une société d'anciens élèves de l'École polytechnique essaie de le faire pour les sciences positives, pour les mathématiques, la physique, la chimie, pour toutes les sciences exactes enfin, soit théoriques, soit d'application.
Cette utile collection doit contenir quatre séries où seront résumés toutes les connaissances nécessaires pour l'admission aux écoles, tous les cours professés dans ces écoles, à la Faculté des sciences et aux écoles d'application.--La trigonométrie rectiligne, l'algèbre et la physique ont déjà paru.
A Paris, dans presque toute la France et dans une partie de l'Europe, on a déjà vu le nouvel astre qui vient de paraître d'une manière si complètement imprévue. On a admiré cette magnifique traînée lumineuse qui occupe environ le quart d'une demi-circonférence tracée à la surface de la voûte céleste. On a interrogé nos astronomes avec un empressement qui n'a pas toujours été éclairé, mais qui dénote du moins une louable curiosité des choses propres à élever l'esprit vers la contemplation des grandes lois de la nature. Nous sommes donc heureux de fournir à nos lecteurs quelques renseignements de l'authenticité desquels nous pouvons leur répondre.
On dit, mais rien ne prouve encore, que la comète a été observée à Nice le 14 mars, et qu'elle l'a été à Madrid même avant cette époque. En France, le premier qui l'ait aperçue est, dit-on, un officier de ligne faisant sa ronde le 14, à Auxonne, où il est en garnison. Elle a été vue en divers lieux les jours suivants: à Paris, on n'a pu l'apercevoir avant le 17, et il est facile de se rendre compte des causes qui ont empêché qu'elle y fût signalée auparavant. En effet, en compulsant les registres météorologiques de l'Observatoire, on reconnaît qu'à partir du 7, jour où le beau temps avait régné, le ciel a été constamment couvert jusqu'au 14 inclusivement. Le 15, il s'était éclairci; mais la lune était levée même avant le coucher du soleil, et comme elle donnait presque dans son plein, sa lumière éclipsait complètement la lumière beaucoup plus faible de la comète. Le 16, la lune était pleine; elle était levée bien avant la fin du crépuscule, et l'horizon était couvert de vapeurs.--Enfin, le 17, les astronomes de l'Observatoire, faisant une revue générale et rapide du ciel, vers 7 heures 3/4, au moment où, le crépuscule finissait et la lune n'étant pas encore levée, on pouvait reconnaître le ciel étoilé, aperçurent le phénomène qui se manifestait d'une manière si brillante sur l'horizon de Paris. Ils recherchèrent la direction et la longueur angulaire de la traînée lumineuse, qu'ils attribuèrent tout d'abord à une queue de comète; mais le noyau de l'astre était encore trop près de l'horizon pour qu'il leur fût possible de l'apercevoir. L'angle mesuré fut trouvé d'environ 39°. Le lendemain 18 et le surlendemain 19, toutes les dispositions étant prises d'avance, on a pu observer le noyau assez brillant de la comète. Son diamètre apparent était de 2 à trois minutes. Il se trouvait à un degré environ à l'est de l'étoile êta, de la constellation de l'Eridan: la queue finissait à près de deux degrés au-dessus de l'étoile êta, duLièvre.
La longueur apparente de cette queue était ainsi d'environ 43°; sa largeur était d'un degré moyennement; elle restait très-mince dans toute son étendue, et ne soutendait vers son extrémité opposée au noyau qu'un angle d'environ un degré un quart. Elle paraissait très-légèrement infléchie vers cette même extrémité dans la direction de la position qu'elle venait de quitter, ce qui est une loi générale pour toutes les comètes. Une particularité très-digne d'attention, c'est que la queue offre, sur toute sa largeur, une teinte d'une intensité à peu près uniforme, tandis qu'ordinairement la queue des comètes est composée de deux parties plus intenses vers les bords, séparées par une bande centrale obscure, ce que l'on explique en attribuant à ce corps lumineux la forme d'un cône que nous voyons par le côté.
Pour déterminer les éléments caractéristiques de la comète, et pour décider si, dans les catalogues, il s'en trouve une qui offre avec celle-ci des différences assez peu notables pour qu'elle puisse être rangée au nombre des astres périodiques, il faudrait une troisième observation, et malheureusement le mauvais état du ciel n'a pas permis de la faire jusqu'à ce jour. Ce contre-temps est d'autant plus regrettable, que la détermination des éléments paraboliques perdra de sa certitude si un intervalle trop long vient à séparer la troisième des deux premières. Cependant la comparaison de celles-ci a fait reconnaître que le mouvement apparent de l'astre est lent; qu'il a lieu dans le sens de l'ouest à l'est et du sud au nord, ce que les astronomes expriment en disant qu'il est direct en ascension droite et d'environ 2 degrés par jour, et que la déclinaison australe diminue, la comète se rapprochant de l'équateur d'environ 20' de degré en 24 heures.
M. Arago a soumis l'astre à l'épreuve d'un instrument remarquable dont il est l'inventeur, et à l'aide duquel il est possible de reconnaître si la lumière que nous envoie un objet lui appartient en propre, ou si elle est simplement réfléchie. Jusqu'à présent on n'a reconnu aucune trace depolarisationdans la lumière de la nouvelle comète; d'où l'on conclut que cet astre brille d'un éclat qui lui est propre, et ne nous réfléchit pas une fraction appréciable de la lumière du soleil.
Notre gravure donnera une idée assez exacte de la position qu'occupait et de l'apparence qu'offrait la comète le dimanche 19, vers 7 heures et demie du soir, pour un spectateur parisien. La ligne inférieure représente le bord de l'horizon. Un voit que le noyau est placé près de l'étoile gamma, de L'Eridanet que la queue se termine aussi près de l'étoile gamma, duLièvre. A gauche et vers le haut de notre figure,Syrius, l'étoile la plus brillante du ciel, est indiquée par la lettre S. Au-dessus de la queue de la comète, on voit la belle constellation d'Orion, dontRigel(l'étoile marquée R) occupe la partie inférieure, et lesTrois Roisla partie moyenne.Aldébaranoul'Oeil de Taureauest placé à droite, vers le bord supérieur; lesHyades, étoiles moins brillantes, sont groupées vers sa droite.
La région du ciel que nous venons de décrire sommairement se trouve actuellement vers le sud-ouest entre 7 heures et demie et 8 heures du soir. Elle sera facilement reconnaissable pour tout lecteur qui aura notre gravure sous les yeux. C'est vers elle qu'il faudra chercher la comète, lorsque les circonstances atmosphériques le permettront.
LUMIERE ZODIACALE.
Un phénomène qui n'est pas très-rare sur notre horizon, mais qui doit toujours attirer l'attention des personnes pour lesquelles la contemplation des apparences célestes a quelque attrait, se manifeste depuis quelques jours avec une certaine intensité. Nous voulons parler de lalumière zodiacale. Une heure trois quarts environ après le coucher du soleil, lorsque les dernières lueurs du crépuscule, avec lequel il ne faut pas la confondre, sont complètement éteintes, on aperçoit une traînée lumineuse de forme lenticulaire, inclinée à l'horizon, et coupée par celui-ci vers sa base.
Nos astronomes ont profité de l'apparition de cette lumière pour en comparer l'intensité avec celle de la comète. Ils ont reconnu que celle-ci est plus vive et moins rouge.
Il ne manque pas d'escrocs par le temps qui court.