LeLivreIer, intitulé:Constitution de la propriété, se divise en trois chapitres. M. Enfantin recherche d'abord quel était, en 1830, l'état de la propriété en Algérie, et quel est actuellement l'état de la propriété en France; puis il compare ces deux manières de concevoir la propriété, et il se demande ce qu'elle doit être pour l'Algérie française.Dans leLivre II(colonisation européenne), M. Enfantin établit, d'après des considérations historiques, géographiques et politiques, les lieux qui sont propres à la colonisation civile ou à la colonisation militaire, et l'ordre selon lequel ces deux espèces de colonisation doivent être commencées et progressivement développées; il traite ensuite du personnel et du matériel des colonies civiles et des colonies militaires.LeLivre IIIcolonisation indigèneest consacré aux mêmes questions qui font l'objet du livre deuxième, seulement ces questions se rattachent à la population indigène.LaConclusionrenferme l'examen spécial d'une question naturellement touchée et soulevée dans toutes les autres parties, celle dugouvernementde l'Algérie. M Enfantin indique ses rapports avec le gouvernement central, la nature et les limites de ses attributions, et sa hiérarchie supérieure, politique, militaire et administrative, relativement aux colonies européennes et aux tribus indigènes; enfin, il expose l'organisation spéciale des villes d'Algérie, de leur population indigène et européenne, dans le but de compléter ce qui, dans le cours de l'ouvrage, a été plus particulièrement présenté comme relatif aux tribus indigènes et aux colonies agricoles, civiles ou militaires, fondées par la France.Quoi que soit le sort réservé dans l'avenir aux projets de K. Enfantin, nous devons, dès aujourd'hui, nous empresser de reconnaître que laColonisation de l'Algérieest un de ces ouvrages utiles, pleins de faits et d'idées, qui honorent leur auteur, et qui se recommandent d'eux-mêmes à l'attention de tous les hommes.Histoire des Invasions des Sarrasins en Italie, du septième au onzième siècle; par CésarFamin. Tome 1er. in-8 de 27 feuilles 1/4.--Paris, 1843.Didot. 6 fr.Cet ouvrage fut commencé en 1833, à Palerme et à Naples, où son auteur fit un séjour de huit années. Des circonstances extraordinaires avaient empêché M. César Famin de le continuer et de l'achever. Enfin il a pu reprendre ses travaux, si longtemps interrompus, et il vient de publier un premier volume.L'Histoire des Invasions des Sarrasins en Italiese divisera en trois parties: dans la première, M. César Famin tracera l'histoire des différentes incursions faites par les Arabes d'Asie et d'Afrique, tant sur le continent, de l'Italie que sur les îles qui en dépendent, depuis l'année 632 jusqu'à l'année 1242. Cette première partie doit indiquer les dates précises des épisodes les plus importants, appeler sur la scène les principaux acteurs de ce grand drame, et relever, en passant, les erreurs plus ou moins graves dans lesquelles sont tombés la plupart des auteurs arabes ou occidentaux dont les écrits se rattachent au même sujet. La seconde partie sera consacrée à l'examen de la condition religieuse des Italiens pendant la domination des Arabes, du droit civil et criminel des Arabes, du mode d'administration, des impôts, de la division territoriale, du sort des esclaves, du partage du butin, de la valeur et de l'espèce des monnaies. Enfin, dans la troisième partie, l'auteur recherchera les traces de l'influence des Arabes sur l'Italie et sur ses habitants.Le tome 1er, qui vient d'être publié, contient sept chapitres de la première partie intituléeHistoire.--Le chapitre premier a pour titre:Esquisse sommaire de l'histoire des Arabes et de celle des Italiens au moment où commencèrent les invasions.--Les six chapitres suivants embrassent la période de temps qui s'étend depuis les premières courses des Sarrasins, en 632, jusqu'à la mort du pape Jean VIII, en 885.De l'Idiotie chez les Enfants,et des autres particularités d'intelligence ou de caractère qui nécessitent pour eux une instruction et une éducation spéciales; de leur responsabilité morale; parFélix Voisin, médecin en chef de l'hospice des aliénés de Bicêtre. Une brochure in-8 de 124 pages.--Paris, 1843.Baillière.Le Conseil général des hospices vient de prendre en considération particulière la seule et dernière classe des aliénés, qui, jusqu'à ce jour, était restée en quelque sorte dans l'oubli, celle desenfants idiots; il a pensé qu'il y avait des distinctions à faire et à établir entre les individus compris sous cette fatale dénomination, et qu'il était possible d'en appeler quelques-uns à une partie de l'existence intellectuelle et morale propre à l'humanité; en conséquence, il a voulu que les idiots qui peuvent présenter quelque prise à l'action des modificateurs externes, reçussent les bienfaits d'une instruction et d'une éducation spéciales, et il a nommé tout récemment, à Bicêtre, un instituteur qui, sous la direction et la surveillance des médecins en chef de l'hospice, pût exclusivement se consacrer à ces fonctions honorables.M. Félix Voisin, qui, depuis treize ans, s'occupe de cette grave question avec un zèle digne des plus grands éloges, s'est empressé de réunir tous les matériaux scientifiques qu'il possède sur la matière, et d'exposer le plan qu'il a suivi et qu'il se propose de suivre encore dans l'intérêt des enfants idiots. En publiant ces documents, «il espère, dit-il, pouvoir démontrer que les médecins de l'époque actuelle ne sont point restés sans action devant les enfants qui, d'une manière ou d'une autre, sortent de la ligne ordinaire, et qui, par cela même, tant pour eux que pour la société, ont, en général, besoin,--selon les expressions de Montaigne,--d'être ployés et appliqués au niveau de la générale et grande maîtresse, la nature universelle. Dans cette oeuvre de science et de philanthropie, les médecins ne se sont laissé devancer par personne; ils ont les premiers fait connaître ce que c'est que l'idiotie, et expose les principes et indique les méthodes propres à modifier la constitution instinctive intellectuelle, morale et perceptive des enfants qui ont le malheur d'en être atteints.»La brochure de M. Félix Voisin contient, entre autres documents curieux, un mémoire sur l'idiotie, donné à l'Académie royale de Médecine, le 24 janvier 1843, et une analyse psychologique de l'entendement humain chez les idiots.»Rapport annuel sur les Progrès de la Chimie, présente le 31 mars 1842, à l'Académie royale des Sciences de Stockholm; parJ. Berzélius, secrétaire perpétuel. Traduit du suédois parPh. Plantamour(3e année). 1 vol. in-8 de 336 pages.--Paris, 1843.Fortin, Masson et comp.5 fr.Il suffit d'annoncer la publication d'un pareil ouvrage pour appeler sur lui l'attention publique. Son titre indique son but et son utilité; le nom de l'auteur est une garantie de son importance et de sa valeur M. Berzélius a divisé son rapport en quatre grandes parties: chimie inorganique, chimie minera logique, chimie organique et chimie animale. Il passe successivement en revue, dans la première partie, les phénomènes physico-chimiques en général, les métalloïdes et leurs combinaisons binaires, les métaux, les sels, les analyses chimiques et les appareils;--dans la seconde, la loi de symétrie des cristaux, les minéraux nouveaux, les minéraux connus non oxydés, les minéraux oxydés, les minéraux d'origine organique; la troisième partie comprend les acides organiques, les bases végétales, les matières indifférentes, les huiles grasses, les huiles essentielles, les résines, les matières colorantes, les matières cristallisées propres à certains végétaux, les matières végétales non cristallisées, les produits de la fermentation alcoolique, la fermentation acide, les produits de la putréfaction et les produits de la distillation sèche, etc., etc.;--enfin, la quatrième partie est consacrée à l'examen de tous les phénomènes de la chimie animale, qui ont fourni quelques observations curieuses durant le cours de l'année 1842.Un autre Monde, Transformations, visions, incarnations, excursions, locomotions, explorations, pérégrinations, stations, folâtreries, cosmogonies, rêveries, lubies, fantasmagories, apothéoses, zoomorphoses, lilliomorphoses, métamorphoses, métempsycoses et autres choses; parGrandville.--Paris, 1843.Fournier, libraire-éditeur. 1 vol. petit in-4, paraissant en 56 livraisons d'une feuille, comprenant du texte et 4 ou 5 gravures et un grand sujet tiré à part et colorié. Prix de la livraison: 50 c. (8 ont paru.)Le titre et les nombreux sous-titres de cet ouvrage indiquent d'avance au lecteur, ou plutôt au spectateur, qu'il va voir des choses étranges et surnaturelles.Un autre Monde, ce n'est pas le monde que nous habitons, ce n'est pas non plus l'autre monde, celui que nous devons, selon certaines religions, habiter après notre mort, c'est un monde tout autre, dont nul être vivant n'avait pu jusqu'à ce jour soupçonner l'existence. Grandville l'avait enfanté, il y a longtemps déjà, dans les profondeurs mystérieuses de son imagination; et il commence, depuis quelques mois seulement, à nous initier peu à peu aux secrets de cette création nouvelle. Nous n'en connaissons encore,--il est vrai,--qu'une très-faible partie; mais notre curiosité est vivement excitée; les révélations déjà faites par le poète-dessinateur sont tellement bizarres, que nous attendons avec une impatience enfantine celles qui doivent suivre bientôt. Grandville est, sans contredit, le dessinateur le plus extraordinaire et le plus original denotre Monde. Ce qu'il avait fait pour les animaux, il essaie de le faire pour les objets inanimés, pour les végétaux; il leur donne une figure humaine. Jetez les yeux sur les premières livraisons deL'autre Monde, qu'y voyez-vous? des machines à vapeur qui font de la musique, des maillots qui dansent, des plantes qui se battent ou qui se réveillent au matin d'un beau jour. Cette tentative sera-t-elle aussi heureuse que les précédentes? c'est ce que nous apprendrons aux lecteurs du bulletin bibliographique del'Illustration, dès que les trente-six semaines, nécessaires au créateur del'autre Mondepour achever son oeuvre, seront écoulées. En intendant cette époque fatale, applaudissons aux efforts de Grandville, soutenons son courage, et promettons-lui un succès complet.Fables: parM. Viennet, l'un des quarante de l'Académie française.--Paris, 1843. 1 vol. in-18. 5 fr. 80 c.M. Viennet a exercé un grand nombre de professions: d'abord il devait être l'un des curés de Paris, la Révolution de 1789 le força de devenir un artilleur de marine; sous la Restauration, il fut nomme député; la Révolution de Juillet en a fait un pair de France et un académicien. Mais, dans quelque position que le sort l'ait place, M. Viennet n'a jamais cessé d'être ce qu'on appelle vulgairement un homme de lettres, car il est né, comme il l'avoue lui-même, «avec un prodigieux amour pour la gloire sans alliage du lucre.» Son ambition était attachée à une idée fixe. Il ne tenait nullement à être un César ou un Richelieu; si Dieu le lui eût proposé, il ne répond pas qu'il l'eût accepté: c'est à la gloire des poètes qu'il visait. Une statue de Corneille, de Molière, de Voltaire, le tenait un extase. Il lui importait fort peu que l'histoire parlât de lui à la postérité, c'était lui qui voulait parler par ses ouvrages aux générations futures. L'idée de voir ses livres entre les mains d'un homme qui devait naître dans trois ou quatre siècles, le faisaient bondir de joie comme un enfant.Entraîné par cette passion fatale, M. Viennet s'est rendu coupable de bien des péchés littéraires; il a fait des comédies, des tragédies, des poèmes, des épîtres, des dialogues, des épigrammes, des histoires, des opéras-comiques, etc.; aussi passa-t-il tour à tour--pour nous servir de ses propres expressions,--du Capitole à la roche Tarpeienne, du Panthéon aux Gémonies. Aujourd'hui il publie un recueil de fables, et les rieurs se rangent de son côté. Oubliant qu'il s'est un peu moqué d'Arbogasteet de certaines épîtres, le public lit avec un véritable plaisir ces charmants apologues satiriques, qu'un homme qui naîtra dans trois ou quatre siècles tiendra peut-être encore un jour entre ses mains. Que M. Viennet soit donc heureux, si l'histoire ne parle pas de lui à la postérité, il doit espérer de parler au moins par ses fables aux générations futures.Oberon, poème héroïque; parC.-M. Wieland; traduction entièrement nouvelle, parAuguste Jullien, précédée d'une notice et suivie de notes.--Paris, 1843. 1 vol. in-18.Paul Masgana. 3 fr. 50 c.«Aussi longtemps que la poésie sera de la poésie, l'or de l'or, le cristal du cristal, on aimera, on admireraOberoncomme un chef-d'oeuvre de l'art.» Que pourrions-nous ajouter à cet éloge de Goethe?Tous les matériaux qui ont servi à Wieland pour la composition de son poème, et surtout pour la fable proprement dite, sont tirés en grande partie d'ouvrages connus. C'est la réunion de ces éléments divers qui constitue l'originalité réelle du poème Dans le fait,Oberoncomprend trois actions principales: l'entreprise tentée par Huon sur l'ordre de l'empereur; l'histoire de ses amours avec Itezia, et la réconciliation d'Oberon et de Titania. Mais ces trois actions, ou plutôt ces trois fables se rattachent si intimement au noeud véritable du récit, qu'aucune ne peut, sans le concours des autres, ni se développer, ni se dénouer avec succès. Tout s'enchaîne avec un art admirable. «Mouvements dramatiques, tableaux variés, exploits héroïques, magiques, incantations, se trouvent unis, a dit un critique, par une dépendance mutuelle si bien établie, que l'absence d'un seul des événements ou de l'un des personnages détruirait l'harmonie de l'ensemble.»Cechef-d'oeuvre de l'art, depuis son apparition en 1780, a trouvé plus d'un interprète; mais ses traducteurs français ne se contentaient pas de faire de grossiers contre-sens, de mutiler des strophes, de sacrifier des images charmantes, ils avaient supprimé un chaut tout entier. M. Auguste Jullien a corrigé les fautes et a réparé les injustices de ses prédécesseurs. La traduction qu'il vient de publier est aussi fidèle et aussi complète qu'elle est élégante. En la lisant, on peut jusqu'à un certain point se consoler de ne pas savoir l'allemand.Séances et travaux de l'Académie des Sciences morales et politiques. Compte-rendu parM. M. Ch. VergéetLoiseau, sous la direction deM. Mignet, secrétaire perpétuel de l'Académie. Douze cahiers de 4 ou 5 feuilles par mois, formant chaque année 2 forts vol. in-8 avec une table générale des matières.--Paris, au bureau du Moniteur universel. 20 fr. par an.Réunir dans une collection accessible à tous, les Mémoires et communications soit des membres de l'Académie, soit des savants étrangers admis à l'honneur de lui soumettre les résultats de leurs recherches; tel est le but que s'est propose le Compte-rendu de l'Académie des Sciences morales et politiques.Cette publication, organisée sur des bases analogues à celles du Compte-rendu périodique de l'Académie des Sciences, paraît sous les auspices de l'Académie elle-même, et sous la direction de son secrétaire perpétuel. Les encouragements que l'Administration lui a accordés dès son début, et l'accueil favorable qu'elle a reçu du public, attestent assez son importance et son utilité.Elle se compose de deux parties distinctes: 1º d'un Bulletin mensuel qui résume sommairement, dans un ordre chronologique, les actes officiels et les décisions de l'Académie; 2º des Lectures, communications et travaux académiques, qui sont reproduits ou dans leur texte primitif et sans aucune modification, ou par extraits et sous forme d'analyse toujours très-développée, suivant la nature des divers documents soumis à l'Académie.Le Compte-rendu, publié par M. Charles Vergé et Loiseau, paraît depuis un an.--Deux volumes sont en vente au prix d'abonnement.Modes.COSTUMES D'HOMMES PAR HEMANN.Alexandrine prépare pour la grande semaine des pailles de riz qu'elle terminera selon les exigences de chaque toilette, avec ce goût d'innovation artistique qu'il nous est permis de signaler et non pas de révéler.COIFFURES DE PRINTEMPS.Voici paraître des capotes en couleur tendre, coiffure légère qui repose la tête des lourds chapeaux d'hiver. Alexandrine fait des capotes entourées de plusieurs biais qui ont beaucoup de légèreté, et donnent au visage une grande douceur. La forme en est légèrement cambrée, et s'évase un peu vers le bas, de façon à laisser les cheveux en liberté.Ses petits chapeaux de crêpe, avec une plume-saule, ont toute l'élégance qu'exige une toilette recherchée. C'est une véritable parure de printemps, une coiffure destinée à briller en voiture ouverte par une de ces premières belles journées qui font valoir toutes les coquetteries.Le châle de cachemire va faire place au mantelet, quelque chose qui ressemble à la mante et à la pelisse de nos mères, un retour au mantelet garni, faisant écharpe.Il est question de robes garnies sur le côté; c'est probable, en raison de la mode de l'hiver, et parce que la direction semble être encore une grande élégance à laquelle les robes unies ne répondraient pas. Quant aux manches et aux corsages, rien n'est connu. Le soir en demi-toilette, les manches courtes se portent familièrement. Quelle que soit l'étoffe de sa robe, une femme peut, à son gré, mettre des manches courtes avec un fichu très-simple, et un petit bonnet de tulle à rubans de gaze. En un mot, les manches courtes n'ont plus aucune prétention à la parure, c'est une façon comme une autre.Pour ces derniers jours de réunion où le velours est encore permis, je recommande les coiffures turques que fait Alexandrine, avec des fichus ou des écharpes en tissus d'Orient. Il est difficile de trouver l'élégance plus riche et plus distinguée que sous cette forme artistique. On ne saurait appeler cela un turban, cela peut-être n'en a pas la sévérité; cependant c'est une coiffure de caractère qu'il ne faut pas confondre avec les caprices colifichets nés d'une fantaisie parisienne.La semaine prochaine, nous comblerons toutes les lacunes laissées aujourd'hui par scrupule. Ce sera près du jour des révélations, et nous parlerons à coup sûr.Rébus.EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS.Je ne suis sensible qu'à l'argent.
LeLivreIer, intitulé:Constitution de la propriété, se divise en trois chapitres. M. Enfantin recherche d'abord quel était, en 1830, l'état de la propriété en Algérie, et quel est actuellement l'état de la propriété en France; puis il compare ces deux manières de concevoir la propriété, et il se demande ce qu'elle doit être pour l'Algérie française.
Dans leLivre II(colonisation européenne), M. Enfantin établit, d'après des considérations historiques, géographiques et politiques, les lieux qui sont propres à la colonisation civile ou à la colonisation militaire, et l'ordre selon lequel ces deux espèces de colonisation doivent être commencées et progressivement développées; il traite ensuite du personnel et du matériel des colonies civiles et des colonies militaires.
LeLivre IIIcolonisation indigèneest consacré aux mêmes questions qui font l'objet du livre deuxième, seulement ces questions se rattachent à la population indigène.
LaConclusionrenferme l'examen spécial d'une question naturellement touchée et soulevée dans toutes les autres parties, celle dugouvernementde l'Algérie. M Enfantin indique ses rapports avec le gouvernement central, la nature et les limites de ses attributions, et sa hiérarchie supérieure, politique, militaire et administrative, relativement aux colonies européennes et aux tribus indigènes; enfin, il expose l'organisation spéciale des villes d'Algérie, de leur population indigène et européenne, dans le but de compléter ce qui, dans le cours de l'ouvrage, a été plus particulièrement présenté comme relatif aux tribus indigènes et aux colonies agricoles, civiles ou militaires, fondées par la France.
Quoi que soit le sort réservé dans l'avenir aux projets de K. Enfantin, nous devons, dès aujourd'hui, nous empresser de reconnaître que laColonisation de l'Algérieest un de ces ouvrages utiles, pleins de faits et d'idées, qui honorent leur auteur, et qui se recommandent d'eux-mêmes à l'attention de tous les hommes.
Histoire des Invasions des Sarrasins en Italie, du septième au onzième siècle; par CésarFamin. Tome 1er. in-8 de 27 feuilles 1/4.--Paris, 1843.Didot. 6 fr.
Cet ouvrage fut commencé en 1833, à Palerme et à Naples, où son auteur fit un séjour de huit années. Des circonstances extraordinaires avaient empêché M. César Famin de le continuer et de l'achever. Enfin il a pu reprendre ses travaux, si longtemps interrompus, et il vient de publier un premier volume.
L'Histoire des Invasions des Sarrasins en Italiese divisera en trois parties: dans la première, M. César Famin tracera l'histoire des différentes incursions faites par les Arabes d'Asie et d'Afrique, tant sur le continent, de l'Italie que sur les îles qui en dépendent, depuis l'année 632 jusqu'à l'année 1242. Cette première partie doit indiquer les dates précises des épisodes les plus importants, appeler sur la scène les principaux acteurs de ce grand drame, et relever, en passant, les erreurs plus ou moins graves dans lesquelles sont tombés la plupart des auteurs arabes ou occidentaux dont les écrits se rattachent au même sujet. La seconde partie sera consacrée à l'examen de la condition religieuse des Italiens pendant la domination des Arabes, du droit civil et criminel des Arabes, du mode d'administration, des impôts, de la division territoriale, du sort des esclaves, du partage du butin, de la valeur et de l'espèce des monnaies. Enfin, dans la troisième partie, l'auteur recherchera les traces de l'influence des Arabes sur l'Italie et sur ses habitants.
Le tome 1er, qui vient d'être publié, contient sept chapitres de la première partie intituléeHistoire.--Le chapitre premier a pour titre:Esquisse sommaire de l'histoire des Arabes et de celle des Italiens au moment où commencèrent les invasions.--Les six chapitres suivants embrassent la période de temps qui s'étend depuis les premières courses des Sarrasins, en 632, jusqu'à la mort du pape Jean VIII, en 885.
De l'Idiotie chez les Enfants,et des autres particularités d'intelligence ou de caractère qui nécessitent pour eux une instruction et une éducation spéciales; de leur responsabilité morale; parFélix Voisin, médecin en chef de l'hospice des aliénés de Bicêtre. Une brochure in-8 de 124 pages.
--Paris, 1843.Baillière.
Le Conseil général des hospices vient de prendre en considération particulière la seule et dernière classe des aliénés, qui, jusqu'à ce jour, était restée en quelque sorte dans l'oubli, celle desenfants idiots; il a pensé qu'il y avait des distinctions à faire et à établir entre les individus compris sous cette fatale dénomination, et qu'il était possible d'en appeler quelques-uns à une partie de l'existence intellectuelle et morale propre à l'humanité; en conséquence, il a voulu que les idiots qui peuvent présenter quelque prise à l'action des modificateurs externes, reçussent les bienfaits d'une instruction et d'une éducation spéciales, et il a nommé tout récemment, à Bicêtre, un instituteur qui, sous la direction et la surveillance des médecins en chef de l'hospice, pût exclusivement se consacrer à ces fonctions honorables.
M. Félix Voisin, qui, depuis treize ans, s'occupe de cette grave question avec un zèle digne des plus grands éloges, s'est empressé de réunir tous les matériaux scientifiques qu'il possède sur la matière, et d'exposer le plan qu'il a suivi et qu'il se propose de suivre encore dans l'intérêt des enfants idiots. En publiant ces documents, «il espère, dit-il, pouvoir démontrer que les médecins de l'époque actuelle ne sont point restés sans action devant les enfants qui, d'une manière ou d'une autre, sortent de la ligne ordinaire, et qui, par cela même, tant pour eux que pour la société, ont, en général, besoin,--selon les expressions de Montaigne,--d'être ployés et appliqués au niveau de la générale et grande maîtresse, la nature universelle. Dans cette oeuvre de science et de philanthropie, les médecins ne se sont laissé devancer par personne; ils ont les premiers fait connaître ce que c'est que l'idiotie, et expose les principes et indique les méthodes propres à modifier la constitution instinctive intellectuelle, morale et perceptive des enfants qui ont le malheur d'en être atteints.»
La brochure de M. Félix Voisin contient, entre autres documents curieux, un mémoire sur l'idiotie, donné à l'Académie royale de Médecine, le 24 janvier 1843, et une analyse psychologique de l'entendement humain chez les idiots.»
Rapport annuel sur les Progrès de la Chimie, présente le 31 mars 1842, à l'Académie royale des Sciences de Stockholm; parJ. Berzélius, secrétaire perpétuel. Traduit du suédois parPh. Plantamour(3e année). 1 vol. in-8 de 336 pages.
--Paris, 1843.Fortin, Masson et comp.5 fr.
Il suffit d'annoncer la publication d'un pareil ouvrage pour appeler sur lui l'attention publique. Son titre indique son but et son utilité; le nom de l'auteur est une garantie de son importance et de sa valeur M. Berzélius a divisé son rapport en quatre grandes parties: chimie inorganique, chimie minera logique, chimie organique et chimie animale. Il passe successivement en revue, dans la première partie, les phénomènes physico-chimiques en général, les métalloïdes et leurs combinaisons binaires, les métaux, les sels, les analyses chimiques et les appareils;--dans la seconde, la loi de symétrie des cristaux, les minéraux nouveaux, les minéraux connus non oxydés, les minéraux oxydés, les minéraux d'origine organique; la troisième partie comprend les acides organiques, les bases végétales, les matières indifférentes, les huiles grasses, les huiles essentielles, les résines, les matières colorantes, les matières cristallisées propres à certains végétaux, les matières végétales non cristallisées, les produits de la fermentation alcoolique, la fermentation acide, les produits de la putréfaction et les produits de la distillation sèche, etc., etc.;--enfin, la quatrième partie est consacrée à l'examen de tous les phénomènes de la chimie animale, qui ont fourni quelques observations curieuses durant le cours de l'année 1842.
Un autre Monde, Transformations, visions, incarnations, excursions, locomotions, explorations, pérégrinations, stations, folâtreries, cosmogonies, rêveries, lubies, fantasmagories, apothéoses, zoomorphoses, lilliomorphoses, métamorphoses, métempsycoses et autres choses; parGrandville.--Paris, 1843.Fournier, libraire-éditeur. 1 vol. petit in-4, paraissant en 56 livraisons d'une feuille, comprenant du texte et 4 ou 5 gravures et un grand sujet tiré à part et colorié. Prix de la livraison: 50 c. (8 ont paru.)
Le titre et les nombreux sous-titres de cet ouvrage indiquent d'avance au lecteur, ou plutôt au spectateur, qu'il va voir des choses étranges et surnaturelles.Un autre Monde, ce n'est pas le monde que nous habitons, ce n'est pas non plus l'autre monde, celui que nous devons, selon certaines religions, habiter après notre mort, c'est un monde tout autre, dont nul être vivant n'avait pu jusqu'à ce jour soupçonner l'existence. Grandville l'avait enfanté, il y a longtemps déjà, dans les profondeurs mystérieuses de son imagination; et il commence, depuis quelques mois seulement, à nous initier peu à peu aux secrets de cette création nouvelle. Nous n'en connaissons encore,--il est vrai,--qu'une très-faible partie; mais notre curiosité est vivement excitée; les révélations déjà faites par le poète-dessinateur sont tellement bizarres, que nous attendons avec une impatience enfantine celles qui doivent suivre bientôt. Grandville est, sans contredit, le dessinateur le plus extraordinaire et le plus original denotre Monde. Ce qu'il avait fait pour les animaux, il essaie de le faire pour les objets inanimés, pour les végétaux; il leur donne une figure humaine. Jetez les yeux sur les premières livraisons deL'autre Monde, qu'y voyez-vous? des machines à vapeur qui font de la musique, des maillots qui dansent, des plantes qui se battent ou qui se réveillent au matin d'un beau jour. Cette tentative sera-t-elle aussi heureuse que les précédentes? c'est ce que nous apprendrons aux lecteurs du bulletin bibliographique del'Illustration, dès que les trente-six semaines, nécessaires au créateur del'autre Mondepour achever son oeuvre, seront écoulées. En intendant cette époque fatale, applaudissons aux efforts de Grandville, soutenons son courage, et promettons-lui un succès complet.
Fables: parM. Viennet, l'un des quarante de l'Académie française.--Paris, 1843. 1 vol. in-18. 5 fr. 80 c.
M. Viennet a exercé un grand nombre de professions: d'abord il devait être l'un des curés de Paris, la Révolution de 1789 le força de devenir un artilleur de marine; sous la Restauration, il fut nomme député; la Révolution de Juillet en a fait un pair de France et un académicien. Mais, dans quelque position que le sort l'ait place, M. Viennet n'a jamais cessé d'être ce qu'on appelle vulgairement un homme de lettres, car il est né, comme il l'avoue lui-même, «avec un prodigieux amour pour la gloire sans alliage du lucre.» Son ambition était attachée à une idée fixe. Il ne tenait nullement à être un César ou un Richelieu; si Dieu le lui eût proposé, il ne répond pas qu'il l'eût accepté: c'est à la gloire des poètes qu'il visait. Une statue de Corneille, de Molière, de Voltaire, le tenait un extase. Il lui importait fort peu que l'histoire parlât de lui à la postérité, c'était lui qui voulait parler par ses ouvrages aux générations futures. L'idée de voir ses livres entre les mains d'un homme qui devait naître dans trois ou quatre siècles, le faisaient bondir de joie comme un enfant.
Entraîné par cette passion fatale, M. Viennet s'est rendu coupable de bien des péchés littéraires; il a fait des comédies, des tragédies, des poèmes, des épîtres, des dialogues, des épigrammes, des histoires, des opéras-comiques, etc.; aussi passa-t-il tour à tour--pour nous servir de ses propres expressions,--du Capitole à la roche Tarpeienne, du Panthéon aux Gémonies. Aujourd'hui il publie un recueil de fables, et les rieurs se rangent de son côté. Oubliant qu'il s'est un peu moqué d'Arbogasteet de certaines épîtres, le public lit avec un véritable plaisir ces charmants apologues satiriques, qu'un homme qui naîtra dans trois ou quatre siècles tiendra peut-être encore un jour entre ses mains. Que M. Viennet soit donc heureux, si l'histoire ne parle pas de lui à la postérité, il doit espérer de parler au moins par ses fables aux générations futures.
Oberon, poème héroïque; parC.-M. Wieland; traduction entièrement nouvelle, parAuguste Jullien, précédée d'une notice et suivie de notes.--Paris, 1843. 1 vol. in-18.Paul Masgana. 3 fr. 50 c.
«Aussi longtemps que la poésie sera de la poésie, l'or de l'or, le cristal du cristal, on aimera, on admireraOberoncomme un chef-d'oeuvre de l'art.» Que pourrions-nous ajouter à cet éloge de Goethe?
Tous les matériaux qui ont servi à Wieland pour la composition de son poème, et surtout pour la fable proprement dite, sont tirés en grande partie d'ouvrages connus. C'est la réunion de ces éléments divers qui constitue l'originalité réelle du poème Dans le fait,Oberoncomprend trois actions principales: l'entreprise tentée par Huon sur l'ordre de l'empereur; l'histoire de ses amours avec Itezia, et la réconciliation d'Oberon et de Titania. Mais ces trois actions, ou plutôt ces trois fables se rattachent si intimement au noeud véritable du récit, qu'aucune ne peut, sans le concours des autres, ni se développer, ni se dénouer avec succès. Tout s'enchaîne avec un art admirable. «Mouvements dramatiques, tableaux variés, exploits héroïques, magiques, incantations, se trouvent unis, a dit un critique, par une dépendance mutuelle si bien établie, que l'absence d'un seul des événements ou de l'un des personnages détruirait l'harmonie de l'ensemble.»
Cechef-d'oeuvre de l'art, depuis son apparition en 1780, a trouvé plus d'un interprète; mais ses traducteurs français ne se contentaient pas de faire de grossiers contre-sens, de mutiler des strophes, de sacrifier des images charmantes, ils avaient supprimé un chaut tout entier. M. Auguste Jullien a corrigé les fautes et a réparé les injustices de ses prédécesseurs. La traduction qu'il vient de publier est aussi fidèle et aussi complète qu'elle est élégante. En la lisant, on peut jusqu'à un certain point se consoler de ne pas savoir l'allemand.
Séances et travaux de l'Académie des Sciences morales et politiques. Compte-rendu parM. M. Ch. VergéetLoiseau, sous la direction deM. Mignet, secrétaire perpétuel de l'Académie. Douze cahiers de 4 ou 5 feuilles par mois, formant chaque année 2 forts vol. in-8 avec une table générale des matières.--Paris, au bureau du Moniteur universel. 20 fr. par an.
Réunir dans une collection accessible à tous, les Mémoires et communications soit des membres de l'Académie, soit des savants étrangers admis à l'honneur de lui soumettre les résultats de leurs recherches; tel est le but que s'est propose le Compte-rendu de l'Académie des Sciences morales et politiques.
Cette publication, organisée sur des bases analogues à celles du Compte-rendu périodique de l'Académie des Sciences, paraît sous les auspices de l'Académie elle-même, et sous la direction de son secrétaire perpétuel. Les encouragements que l'Administration lui a accordés dès son début, et l'accueil favorable qu'elle a reçu du public, attestent assez son importance et son utilité.
Elle se compose de deux parties distinctes: 1º d'un Bulletin mensuel qui résume sommairement, dans un ordre chronologique, les actes officiels et les décisions de l'Académie; 2º des Lectures, communications et travaux académiques, qui sont reproduits ou dans leur texte primitif et sans aucune modification, ou par extraits et sous forme d'analyse toujours très-développée, suivant la nature des divers documents soumis à l'Académie.
Le Compte-rendu, publié par M. Charles Vergé et Loiseau, paraît depuis un an.--Deux volumes sont en vente au prix d'abonnement.
Alexandrine prépare pour la grande semaine des pailles de riz qu'elle terminera selon les exigences de chaque toilette, avec ce goût d'innovation artistique qu'il nous est permis de signaler et non pas de révéler.
Voici paraître des capotes en couleur tendre, coiffure légère qui repose la tête des lourds chapeaux d'hiver. Alexandrine fait des capotes entourées de plusieurs biais qui ont beaucoup de légèreté, et donnent au visage une grande douceur. La forme en est légèrement cambrée, et s'évase un peu vers le bas, de façon à laisser les cheveux en liberté.
Ses petits chapeaux de crêpe, avec une plume-saule, ont toute l'élégance qu'exige une toilette recherchée. C'est une véritable parure de printemps, une coiffure destinée à briller en voiture ouverte par une de ces premières belles journées qui font valoir toutes les coquetteries.
Le châle de cachemire va faire place au mantelet, quelque chose qui ressemble à la mante et à la pelisse de nos mères, un retour au mantelet garni, faisant écharpe.
Il est question de robes garnies sur le côté; c'est probable, en raison de la mode de l'hiver, et parce que la direction semble être encore une grande élégance à laquelle les robes unies ne répondraient pas. Quant aux manches et aux corsages, rien n'est connu. Le soir en demi-toilette, les manches courtes se portent familièrement. Quelle que soit l'étoffe de sa robe, une femme peut, à son gré, mettre des manches courtes avec un fichu très-simple, et un petit bonnet de tulle à rubans de gaze. En un mot, les manches courtes n'ont plus aucune prétention à la parure, c'est une façon comme une autre.
Pour ces derniers jours de réunion où le velours est encore permis, je recommande les coiffures turques que fait Alexandrine, avec des fichus ou des écharpes en tissus d'Orient. Il est difficile de trouver l'élégance plus riche et plus distinguée que sous cette forme artistique. On ne saurait appeler cela un turban, cela peut-être n'en a pas la sévérité; cependant c'est une coiffure de caractère qu'il ne faut pas confondre avec les caprices colifichets nés d'une fantaisie parisienne.
La semaine prochaine, nous comblerons toutes les lacunes laissées aujourd'hui par scrupule. Ce sera près du jour des révélations, et nous parlerons à coup sûr.