Modes.

Canaux. Chem. de fer. Totaux.Kilom. par myriamètre carré.         » 41     »   59         1 »Kilom. par million d'habitants.     597 »    836   »     1,453 »2º En comptant seulement les lignes ou portions de ligne présentementachevées et livrées au commerce:Canaux. Chem. de fer. Totaux.Kilom. par myriamètre carré.         »   26     »   28      »  54Kilom. par million d'habitants      409  »     399   »     808  »En tenant compte des canaux ou des chemins de fer pour lesquels, au 31 décembre 1842, avait été obtenu un vote législatif accompagné d'une allocation de fonds, la France possède 4,3.0 kilomètres de canaux achevés ou à achever, et 1.7.10 kilomètres de chemins de fer dont près de la moitié est terminée ou près de l'être. C'est un total de 6,075 kilomètres répartis sur une superficie de 5,277 myriamètres carrés que recouvrait, en 1840, une population de 34.500.000 âmes.Le royaume-uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande est en possession de 8.500 kilomètres de canaux tous achevés, et de 3,600 kilomètres de chemins de fer, presque tous dans le même état, distribués sur une superficie de 3,120 kilomètres carrés, sur laquelle était répandue, en 1840, une population de 27,000,000 d'âmes.Ainsi la proportion relative à la population, celle qui peut le plus exactement exprimer la puissance productive comparative de chacun des trois pays en voies de communication perfectionnées, représente aux États-Unis, pour les canaux, quatre fois celle de la France, et, pour les chemins de fer, dix-sept fois. Comparativement à la Grande Bretagne, où les voies perfectionnées ont acquis un beaucoup plus grand développement que chez nous, la richesse de l'Union-Américaine excède celle du Royaume-Uni, pour les canaux, dans le rapport de trois et demi à un, et, pour les chemins de fer, dans celui de six et demi à un.Il est vrai qu'aujourd'hui les États-Unis sont arrêtés dans leur magnifique essor créateur, tandis que l'Angleterre et la France poursuivent imperturbablement leur oeuvre, et personne ne saurait prévoir en quel instant ils pourront le reprendre quand ils seront en mesure de terminer ce qu'ils avaient commencé avec un si admirable ensemble.Journal des Economistesrevue mensuelle de l'économie politique, des questions agricoles, manufacturières et commerciales.--Paris, année 1842.--3 beaux volumes in-8. Prix: 30 fr. par an.--Guillaumin.Le succès toujours croissant qu'obtient ce recueil prouve qu'il s'appuie sur une idée juste et qu'il satisfait à un besoin réel. A aucune époque, en effet, il ne fut plus utile d'étudier, avec une entière liberté d'esprit, les questions d'intérêt public livrées à la discussion quotidienne, et dans lesquelles il se mêle aujourd'hui tant de passion et de calcul personnel. Au milieu du choc et de la divergence des opinions, la voix de la science peut seule être prépondérante, et ainsi s'explique la faveur qui s'est attachée, dès son début, à une publication créée sous les auspices et avec le concours des plus éminents économistes que possède la France, dans l'Institut et hors de l'Institut.LeJournal des Économistesa commencé à paraître au mois de décembre 1842. Il forme déjà quatre beaux volumes in-8º, qui se vendent au prix d'abonnement. Ses rédacteurs habituels sont MM. Rossi, Blanqui, Louis Reyhaud. Horace Say, Wolowski, H. Passy, M. Pix, Moreau de Jonnès, Ramon de la Sagra. H. Dussard, etc. Comme on le voit par ces noms, il puise au sein même de l'Institut une partie importante de sa rédaction; mais il s'adresse en outre, sans esprit d'exclusion, à tous les hommes qui honorent et cultivent la science. Il a constamment tenu d'ailleurs plus qu'il n'avait promis. Chacune de ses livraisons voit se réaliser quelque amélioration nouvelle. Ainsi, unechroniquemensuelle résume maintenant le mouvement des faits économiques. On y trouve toutes les nouvelles qui peuvent intéresser le commerce l'industrie et l'agriculture, des détails sur les projets de loi à l'état d'élaboration; enfin une revue rapide et substantielle de ce qui s'est accompli ou préparé dans la région des affaires. La bibliographie et le bulletin ont également reçu des développements nouveaux.FablesdeS. Lavalette, illustrées parGrandville.--Paris,Hetzel.L'annonce d'un nouveau recueil de fables arrache toujours à ceux qui la lisent une exclamation involontaire. «Comment, s'écrie-t-on malgré soi, peut-on faire des fables après La Fontaine?» mais M. Viennet l'a dit avec raison: «Il y a bien long-temps qu'on n'écrirait plus en France si on avait peur d'aller se heurter contre un inimitable. Qui aurait osé prendre la plume après les grands auteurs du siècle de Louis XIV? Quel homme de talent, je ne dis rien de ceux qui n'en ont pas, ils osent tout, je parle de ceux dont le génie ou l'esprit n'étouffe point le sens commun, quel écrivain enfin eût osé faire des tragédies après Corneille et Racine, des comédies après Molière et Regnard, des sermons après Bossuet et Bourdaloue, des épîtres après Boileau, des fables après La Fontaine? Qui aurait osé imprimer ses lettres après madame de Sévigné?»M. S. Lavalette a eu ce courage; il a osé faire des fables après La Fontaine, après Florian, et après M. Menuet. Il a publié un charmant recueil de cinquante apologues, écrits avec une pureté remarquable et pleins d'une malice charmante. Les portraits des principaux personnages de ces petits drames satiriques ont été dessinés par Grandville, qui, dans cette spécialité, laissera une réputation aussi effrayante pour ses successeurs que peut l'être celle de l'inimitable La Fontaine pour les fabulistes présents et futurs.Notice statistique sur la Guyane française, avec une carte.--Paris,Didot, 1843.La Société d'études pour la colonisation de la Guyane française vient de publier uneNotice statistique sur la Guyane française, extraite de l'ouvrage général sur la statistique de nos colonies, imprimé en 1837-38 par le département de la Marine. Cette notice contient sur l'état présent, les ressources et les conditions climatériques de la Guyane, tous les renseignements désirables, on y a joint une carte où la circonscription de la Guyane française est tracée d'après les termes du traité d'Utrecht, sur lequel s'appuient les prétentions de la France dans la contestation des limites pendantes avec le gouvernement brésilien.Bruits du Siècle, poésies, parLéon Magnier.--Paris, 1843.Comptoir central de la librairie.--Se vend au profit des salles d'asile de Saint-Quentin.L'auteur desBruits du Siècle,--c'est lui-même qui le déclare,--n'a pas la prétention d'être l'écho de toutes les voix, de réfléchir tous les rayons; il n'a pas la présomption de se croire une voix ou un flambeau: seulement il a écouté quelques plaintes, il a écouté quelques chants, et, pendant de rares loisirs que lui laissait la rédaction d'un journal de province, il a écrit les pièces du recueil qu'il offre maintenant, avec assez d'indifférence à la publicité.LesBruits du sièclesont agréablement varies: il y a deschants. dessatireset desplaintes, desbruits guerriers, des voixphilosophiquesetreligieuses, desvoix d'utopistes, et enfin desfloscules. Le tout réuni forme environ 6,000 vers. M. Léon Magnier termine ainsi:Tout m'a manqué: le temps et le calme et l'étude.L'art qui n'éclaira pas ma sombre solitude,Et je ne puis, au front d'un monument coquet,M'en venir avec joie attacher le bouquet.Pourquoi M. Léon Magnier se juge-t-il si sévèrement? Quelques unes des pièces de son nouveau recueil sont aussi remarquables par la pensée et le sentiment que par le style. Que M. Léon Magnier se défie surtout de son extrême facilité, qu'il élague les premiers jets de son inspiration, qu'il polisse ses vers, et il parviendra «à construire un solide édifice sur lequel il pourra graver son nom.»Modes.[Illustration.]Comme mode nouvelle, les robes sont encore assez pauvres. Sinon les amazones à revers et les redingotesà la vieille, tout ce qui parait n'est qu'un essai incertain; et malgré l'impatience des innovateurs, nous sommes forcé de dire que la plupart des robes de ville se feront très-certainement à jupes unies.Par jupes unies, je comprends la robe ronde, ouverte ou fermée; si on sort de cela, ce sera seulement par des garnitures connues: les volants ou les biais devant ou autour du jupon.La redingote à la vieille a le corsage en coeur, garni d'un bouillon aplati, qui descend par-devant dans toute la hauteur de la jupe, tout droit ou en Mathilde. L'amazone à revers est fermée, à revers abattu, ou un peu décolletée, à revers à châle. La première tient de l'amazone de drap, l'autre est plus habillée.La place nous a manqué dans notre dernier numéro, pour le dessin d'une toilette d'enfant dont nous donnions le détail: nous réparons aujourd'hui cette lacune, en y ajoutant une observation à propos de cette manche demi-longue. Les modes à deux fins sont commodes pour les enfants: cette manche, dont le bouffant figure une manche de dessous, peut devenir facilement une manche courte, et se porter avec des mitaines: robe de promenade et de dîner tout à la foi?Chapeauà la vieille!Certes, de tous les surnoms que pût choisir une mode, celui-ci nous parait un des plus bizarres.La mode, c'est-à-dire les coquetteries de la beauté... les caprices de la jeunesse... la mode, c'est-à-dire une loi imposée aux femmes jeunes et jolies.N'est-il pas plaisant d'entendre:Modes à la vieille, ces deux mots qui hurlent de se trouver ensemble?Du reste, quand les modes à la vieille nous apparaissent comme celle-ci, jeunes et gracieuses, nous les recommandons aux visages de vingt ans.Rien n'est charmant comme cette opposition,--c'est l'esprit du travestissement.Donc voici tout à la vieille:--mantelets, chapeaux, garnitures de robes, fichus. On dit aussi à la grand'mère. Puis encore,--autre manière de prendre date,--bonnet ou fichu Marie-Antoinette. Il faut tout le bon goût artistique d'Alexandrine pour donner à ces formes l'élégance de la jeunesse, et elle y réussit à ravir. Ses chapeaux de paille à ruban? froncés (modèle nº I) sont ce qu'une femme distinguée peut porter de plus joli.Avec un héron, ou un esprit de deux couleurs, elle met des rubans également de deux couleurs; ceci n'est pas négligé, et cependant c'est assez simple pour être porté le matin à la ville.Courses au Champ-de-Mars.Dimanche 30 avril, commenceront au Champ-de-Mars les courses de la Société d'encouragement; elles continueront le dimanche 7, le jeudi 11 et le dimanche 14 mai. Le mérite des courses est aujourd'hui un fait acquis et presque généralement reconnu: elles ne sont plus seulement un plaisir, elles représentent un intérêt national. Depuis dix ans elles ont pris un caractère décidé d'utilité publique; depuis dix ans il s'est créé des éleveurs, il s'est créé des chevaux; chaque année les produits ont gagné en beauté et en vitesse, et les améliorations sont dues à l'heureuse influence des courses. Aux adversaires des courses nous demanderons s'ils connaissent des épreuves plus décisives et plus complètes, et quelles garanties de vigueur leur donnerait un cheval qui n'aurait pas passé par les essais de l'hippodrome. Un fait incontestable, c'est que les vainqueurs du Champ-de-Mars et de Chantilly sont plus propres à la reproduction que les chevaux fainéants. On peut espérer, on doit même compter qu'ils transmettront leurs qualités à leurs produits. Croisons habilement les différents sangs; marions la vitesse avec le fond, et avec le temps nous obtiendrons de magnifiques résultats.Un grand pas a été déjà fait. Il y a quelques années à peine, deux ou au plus trois chevaux paraissaient au poteau de départ. Que de courses à un seul cheval n'avons-nous pas vues! Dimanche, trente chevaux, tous du plus beau sang, tous en parfaite condition, tous bien faits, disputeront quatre prix. Puis, après les courses, achetés et emmenés dans les départements, ils régénéreront les races. Dans le premier prix,la bourse de mille francs, onze chevaux sont inscrits,Lawton, Kare-Nickleby, Maid, Prospectus(premier favori),Effié, Prospero(deuxième favori),Remus, Cédar, Mirobolant, Romanesca, partie pour Bordeaux, etMiserere. Devant cent mille témoins, ils déploieront une vitesse qui, en 1830, eût fait crier au miracle. N'est-ce donc pas une immense conquête que d'avoir intéressé cent mille individus à ces solennités hippiques?Huit chevaux se disputerontle prix de l'administration des Haras: Vesperine, Singleton, Alcindor, Karagleuse, Drummer, Moustique, PérietUrsule. Les paris sont pourAlcindoretDrummer.Six autres sont inscrits pourle prix du ministère du Commerce. Puis enfin viendra la course des haies, spectacle à émotions, où chevaux et jockeys jouent leurs bras et leur tête. Cette année, la course des haies sera plus brillante et plus nombreuse qu'elle n'a jamais été. Sept chevaux:Pesvet, Turpin, Lansquenet, Muley-Hamet, Pantalon, PaddyetLeporellofranchiront des obstacles de quatre pieds et demi. Que faut-il de plus aux oisifs et aux gens sérieux?Madame Viardot-Garcia à Vienne.On nous écrit de Vienne, à la date du 21 avril 1843:«Le mercredi 19 de ce mois, madame Pauline Viardot-Garcia a débuté sur le théâtre de la Porte de Carinthie, dans le rôle de Rosinedel Barbiere. C'était le jour de la fête de l'empereur. Le théâtre, illuminé à l'extérieur, avait été envahi, dès l'ouverture des portes, par l'élite de la société viennoise. A son entrée en scène, madame Pauline Viardot a d'abord été accueillie avec une certaine réserve; mais avant la fin de sa cavatine, cette froideur apparente avait cessé; la cantatrice était sortie complètement victorieuse de cette première épreuve. Le public enthousiasmé a redemandé successivement lacavatine, leduo avec Fiqaro, letrio du second acte, puis enfin lerondo de Cenerentola. Après les variations de ce rondo, les applaudissements ont éclaté avec tant de force que la salle en était ébranlée. Rappelée plusieurs fois pendant la représentation, madame Viardot a été rappeléesix foisaprès la chute du rideau; elle est revenue deux fois avec les autres acteurs et quatre fois seule.«A la seconde représentation le succès a été encore plus grand. Le dimanche 30 avril, madame Viardot a dû jouer leCorradu d'Altamorade Ricci, qui devait être donné l'hiver dernier à Paris.»Une lettre de Donizetti, adressée à un des collaborateurs de l'Illustration, confirme tous les détails que nous envoie notre correspondant de Vienne. «Le triomphe de madame Viardot dépasse, dit le célèbre maestro, les espérances de ses plus ardents admirateurs.»Rébus.EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS.Deux amis partis d'Orbec allant vers Surgy sans traverser Paris.

Canaux. Chem. de fer. Totaux.Kilom. par myriamètre carré.         » 41     »   59         1 »Kilom. par million d'habitants.     597 »    836   »     1,453 »2º En comptant seulement les lignes ou portions de ligne présentementachevées et livrées au commerce:Canaux. Chem. de fer. Totaux.Kilom. par myriamètre carré.         »   26     »   28      »  54Kilom. par million d'habitants      409  »     399   »     808  »

En tenant compte des canaux ou des chemins de fer pour lesquels, au 31 décembre 1842, avait été obtenu un vote législatif accompagné d'une allocation de fonds, la France possède 4,3.0 kilomètres de canaux achevés ou à achever, et 1.7.10 kilomètres de chemins de fer dont près de la moitié est terminée ou près de l'être. C'est un total de 6,075 kilomètres répartis sur une superficie de 5,277 myriamètres carrés que recouvrait, en 1840, une population de 34.500.000 âmes.

Le royaume-uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande est en possession de 8.500 kilomètres de canaux tous achevés, et de 3,600 kilomètres de chemins de fer, presque tous dans le même état, distribués sur une superficie de 3,120 kilomètres carrés, sur laquelle était répandue, en 1840, une population de 27,000,000 d'âmes.

Ainsi la proportion relative à la population, celle qui peut le plus exactement exprimer la puissance productive comparative de chacun des trois pays en voies de communication perfectionnées, représente aux États-Unis, pour les canaux, quatre fois celle de la France, et, pour les chemins de fer, dix-sept fois. Comparativement à la Grande Bretagne, où les voies perfectionnées ont acquis un beaucoup plus grand développement que chez nous, la richesse de l'Union-Américaine excède celle du Royaume-Uni, pour les canaux, dans le rapport de trois et demi à un, et, pour les chemins de fer, dans celui de six et demi à un.

Il est vrai qu'aujourd'hui les États-Unis sont arrêtés dans leur magnifique essor créateur, tandis que l'Angleterre et la France poursuivent imperturbablement leur oeuvre, et personne ne saurait prévoir en quel instant ils pourront le reprendre quand ils seront en mesure de terminer ce qu'ils avaient commencé avec un si admirable ensemble.

Journal des Economistesrevue mensuelle de l'économie politique, des questions agricoles, manufacturières et commerciales.--Paris, année 1842.--3 beaux volumes in-8. Prix: 30 fr. par an.--Guillaumin.

Le succès toujours croissant qu'obtient ce recueil prouve qu'il s'appuie sur une idée juste et qu'il satisfait à un besoin réel. A aucune époque, en effet, il ne fut plus utile d'étudier, avec une entière liberté d'esprit, les questions d'intérêt public livrées à la discussion quotidienne, et dans lesquelles il se mêle aujourd'hui tant de passion et de calcul personnel. Au milieu du choc et de la divergence des opinions, la voix de la science peut seule être prépondérante, et ainsi s'explique la faveur qui s'est attachée, dès son début, à une publication créée sous les auspices et avec le concours des plus éminents économistes que possède la France, dans l'Institut et hors de l'Institut.

LeJournal des Économistesa commencé à paraître au mois de décembre 1842. Il forme déjà quatre beaux volumes in-8º, qui se vendent au prix d'abonnement. Ses rédacteurs habituels sont MM. Rossi, Blanqui, Louis Reyhaud. Horace Say, Wolowski, H. Passy, M. Pix, Moreau de Jonnès, Ramon de la Sagra. H. Dussard, etc. Comme on le voit par ces noms, il puise au sein même de l'Institut une partie importante de sa rédaction; mais il s'adresse en outre, sans esprit d'exclusion, à tous les hommes qui honorent et cultivent la science. Il a constamment tenu d'ailleurs plus qu'il n'avait promis. Chacune de ses livraisons voit se réaliser quelque amélioration nouvelle. Ainsi, unechroniquemensuelle résume maintenant le mouvement des faits économiques. On y trouve toutes les nouvelles qui peuvent intéresser le commerce l'industrie et l'agriculture, des détails sur les projets de loi à l'état d'élaboration; enfin une revue rapide et substantielle de ce qui s'est accompli ou préparé dans la région des affaires. La bibliographie et le bulletin ont également reçu des développements nouveaux.

FablesdeS. Lavalette, illustrées parGrandville.--Paris,Hetzel.

L'annonce d'un nouveau recueil de fables arrache toujours à ceux qui la lisent une exclamation involontaire. «Comment, s'écrie-t-on malgré soi, peut-on faire des fables après La Fontaine?» mais M. Viennet l'a dit avec raison: «Il y a bien long-temps qu'on n'écrirait plus en France si on avait peur d'aller se heurter contre un inimitable. Qui aurait osé prendre la plume après les grands auteurs du siècle de Louis XIV? Quel homme de talent, je ne dis rien de ceux qui n'en ont pas, ils osent tout, je parle de ceux dont le génie ou l'esprit n'étouffe point le sens commun, quel écrivain enfin eût osé faire des tragédies après Corneille et Racine, des comédies après Molière et Regnard, des sermons après Bossuet et Bourdaloue, des épîtres après Boileau, des fables après La Fontaine? Qui aurait osé imprimer ses lettres après madame de Sévigné?»

M. S. Lavalette a eu ce courage; il a osé faire des fables après La Fontaine, après Florian, et après M. Menuet. Il a publié un charmant recueil de cinquante apologues, écrits avec une pureté remarquable et pleins d'une malice charmante. Les portraits des principaux personnages de ces petits drames satiriques ont été dessinés par Grandville, qui, dans cette spécialité, laissera une réputation aussi effrayante pour ses successeurs que peut l'être celle de l'inimitable La Fontaine pour les fabulistes présents et futurs.

Notice statistique sur la Guyane française, avec une carte.--Paris,Didot, 1843.

La Société d'études pour la colonisation de la Guyane française vient de publier uneNotice statistique sur la Guyane française, extraite de l'ouvrage général sur la statistique de nos colonies, imprimé en 1837-38 par le département de la Marine. Cette notice contient sur l'état présent, les ressources et les conditions climatériques de la Guyane, tous les renseignements désirables, on y a joint une carte où la circonscription de la Guyane française est tracée d'après les termes du traité d'Utrecht, sur lequel s'appuient les prétentions de la France dans la contestation des limites pendantes avec le gouvernement brésilien.

Bruits du Siècle, poésies, parLéon Magnier.--Paris, 1843.Comptoir central de la librairie.--Se vend au profit des salles d'asile de Saint-Quentin.

L'auteur desBruits du Siècle,--c'est lui-même qui le déclare,--n'a pas la prétention d'être l'écho de toutes les voix, de réfléchir tous les rayons; il n'a pas la présomption de se croire une voix ou un flambeau: seulement il a écouté quelques plaintes, il a écouté quelques chants, et, pendant de rares loisirs que lui laissait la rédaction d'un journal de province, il a écrit les pièces du recueil qu'il offre maintenant, avec assez d'indifférence à la publicité.

LesBruits du sièclesont agréablement varies: il y a deschants. dessatireset desplaintes, desbruits guerriers, des voixphilosophiquesetreligieuses, desvoix d'utopistes, et enfin desfloscules. Le tout réuni forme environ 6,000 vers. M. Léon Magnier termine ainsi:

Tout m'a manqué: le temps et le calme et l'étude.L'art qui n'éclaira pas ma sombre solitude,Et je ne puis, au front d'un monument coquet,M'en venir avec joie attacher le bouquet.

Tout m'a manqué: le temps et le calme et l'étude.L'art qui n'éclaira pas ma sombre solitude,Et je ne puis, au front d'un monument coquet,M'en venir avec joie attacher le bouquet.

Tout m'a manqué: le temps et le calme et l'étude.

L'art qui n'éclaira pas ma sombre solitude,

Et je ne puis, au front d'un monument coquet,

M'en venir avec joie attacher le bouquet.

Pourquoi M. Léon Magnier se juge-t-il si sévèrement? Quelques unes des pièces de son nouveau recueil sont aussi remarquables par la pensée et le sentiment que par le style. Que M. Léon Magnier se défie surtout de son extrême facilité, qu'il élague les premiers jets de son inspiration, qu'il polisse ses vers, et il parviendra «à construire un solide édifice sur lequel il pourra graver son nom.»

[Illustration.]

Comme mode nouvelle, les robes sont encore assez pauvres. Sinon les amazones à revers et les redingotesà la vieille, tout ce qui parait n'est qu'un essai incertain; et malgré l'impatience des innovateurs, nous sommes forcé de dire que la plupart des robes de ville se feront très-certainement à jupes unies.

Par jupes unies, je comprends la robe ronde, ouverte ou fermée; si on sort de cela, ce sera seulement par des garnitures connues: les volants ou les biais devant ou autour du jupon.

La redingote à la vieille a le corsage en coeur, garni d'un bouillon aplati, qui descend par-devant dans toute la hauteur de la jupe, tout droit ou en Mathilde. L'amazone à revers est fermée, à revers abattu, ou un peu décolletée, à revers à châle. La première tient de l'amazone de drap, l'autre est plus habillée.

La place nous a manqué dans notre dernier numéro, pour le dessin d'une toilette d'enfant dont nous donnions le détail: nous réparons aujourd'hui cette lacune, en y ajoutant une observation à propos de cette manche demi-longue. Les modes à deux fins sont commodes pour les enfants: cette manche, dont le bouffant figure une manche de dessous, peut devenir facilement une manche courte, et se porter avec des mitaines: robe de promenade et de dîner tout à la foi?

Chapeauà la vieille!

Certes, de tous les surnoms que pût choisir une mode, celui-ci nous parait un des plus bizarres.

La mode, c'est-à-dire les coquetteries de la beauté... les caprices de la jeunesse... la mode, c'est-à-dire une loi imposée aux femmes jeunes et jolies.

N'est-il pas plaisant d'entendre:Modes à la vieille, ces deux mots qui hurlent de se trouver ensemble?

Du reste, quand les modes à la vieille nous apparaissent comme celle-ci, jeunes et gracieuses, nous les recommandons aux visages de vingt ans.

Rien n'est charmant comme cette opposition,--c'est l'esprit du travestissement.

Donc voici tout à la vieille:--mantelets, chapeaux, garnitures de robes, fichus. On dit aussi à la grand'mère. Puis encore,--autre manière de prendre date,--bonnet ou fichu Marie-Antoinette. Il faut tout le bon goût artistique d'Alexandrine pour donner à ces formes l'élégance de la jeunesse, et elle y réussit à ravir. Ses chapeaux de paille à ruban? froncés (modèle nº I) sont ce qu'une femme distinguée peut porter de plus joli.

Avec un héron, ou un esprit de deux couleurs, elle met des rubans également de deux couleurs; ceci n'est pas négligé, et cependant c'est assez simple pour être porté le matin à la ville.

Dimanche 30 avril, commenceront au Champ-de-Mars les courses de la Société d'encouragement; elles continueront le dimanche 7, le jeudi 11 et le dimanche 14 mai. Le mérite des courses est aujourd'hui un fait acquis et presque généralement reconnu: elles ne sont plus seulement un plaisir, elles représentent un intérêt national. Depuis dix ans elles ont pris un caractère décidé d'utilité publique; depuis dix ans il s'est créé des éleveurs, il s'est créé des chevaux; chaque année les produits ont gagné en beauté et en vitesse, et les améliorations sont dues à l'heureuse influence des courses. Aux adversaires des courses nous demanderons s'ils connaissent des épreuves plus décisives et plus complètes, et quelles garanties de vigueur leur donnerait un cheval qui n'aurait pas passé par les essais de l'hippodrome. Un fait incontestable, c'est que les vainqueurs du Champ-de-Mars et de Chantilly sont plus propres à la reproduction que les chevaux fainéants. On peut espérer, on doit même compter qu'ils transmettront leurs qualités à leurs produits. Croisons habilement les différents sangs; marions la vitesse avec le fond, et avec le temps nous obtiendrons de magnifiques résultats.

Un grand pas a été déjà fait. Il y a quelques années à peine, deux ou au plus trois chevaux paraissaient au poteau de départ. Que de courses à un seul cheval n'avons-nous pas vues! Dimanche, trente chevaux, tous du plus beau sang, tous en parfaite condition, tous bien faits, disputeront quatre prix. Puis, après les courses, achetés et emmenés dans les départements, ils régénéreront les races. Dans le premier prix,la bourse de mille francs, onze chevaux sont inscrits,Lawton, Kare-Nickleby, Maid, Prospectus(premier favori),Effié, Prospero(deuxième favori),Remus, Cédar, Mirobolant, Romanesca, partie pour Bordeaux, etMiserere. Devant cent mille témoins, ils déploieront une vitesse qui, en 1830, eût fait crier au miracle. N'est-ce donc pas une immense conquête que d'avoir intéressé cent mille individus à ces solennités hippiques?

Huit chevaux se disputerontle prix de l'administration des Haras: Vesperine, Singleton, Alcindor, Karagleuse, Drummer, Moustique, PérietUrsule. Les paris sont pourAlcindoretDrummer.

Six autres sont inscrits pourle prix du ministère du Commerce. Puis enfin viendra la course des haies, spectacle à émotions, où chevaux et jockeys jouent leurs bras et leur tête. Cette année, la course des haies sera plus brillante et plus nombreuse qu'elle n'a jamais été. Sept chevaux:Pesvet, Turpin, Lansquenet, Muley-Hamet, Pantalon, PaddyetLeporellofranchiront des obstacles de quatre pieds et demi. Que faut-il de plus aux oisifs et aux gens sérieux?

On nous écrit de Vienne, à la date du 21 avril 1843:

«Le mercredi 19 de ce mois, madame Pauline Viardot-Garcia a débuté sur le théâtre de la Porte de Carinthie, dans le rôle de Rosinedel Barbiere. C'était le jour de la fête de l'empereur. Le théâtre, illuminé à l'extérieur, avait été envahi, dès l'ouverture des portes, par l'élite de la société viennoise. A son entrée en scène, madame Pauline Viardot a d'abord été accueillie avec une certaine réserve; mais avant la fin de sa cavatine, cette froideur apparente avait cessé; la cantatrice était sortie complètement victorieuse de cette première épreuve. Le public enthousiasmé a redemandé successivement lacavatine, leduo avec Fiqaro, letrio du second acte, puis enfin lerondo de Cenerentola. Après les variations de ce rondo, les applaudissements ont éclaté avec tant de force que la salle en était ébranlée. Rappelée plusieurs fois pendant la représentation, madame Viardot a été rappeléesix foisaprès la chute du rideau; elle est revenue deux fois avec les autres acteurs et quatre fois seule.

«A la seconde représentation le succès a été encore plus grand. Le dimanche 30 avril, madame Viardot a dû jouer leCorradu d'Altamorade Ricci, qui devait être donné l'hiver dernier à Paris.»

Une lettre de Donizetti, adressée à un des collaborateurs de l'Illustration, confirme tous les détails que nous envoie notre correspondant de Vienne. «Le triomphe de madame Viardot dépasse, dit le célèbre maestro, les espérances de ses plus ardents admirateurs.»

EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS.Deux amis partis d'Orbec allant vers Surgy sans traverser Paris.


Back to IndexNext