Une nouvelle charge de Dantan.

Pour voir plus commodément un ou plusieurs de ses amants la signora Isabella prétexta un vœu à Saint-Marc de Venise. Dans son voyage, elle se livra avec toute sa suite à de tels débordements que le bruit en vint aux oreilles du seigneur Luchino, qui, pour la première fois de sa vie, s'avisa de s'en fâcher. Il eut l'imprudence de laisser entendre qu'il en tirerait une éclatante justice.La signora Isabella, de retour de son pèlerinage, versa à boire à son mari, un jour qu'il revenait fort échauffé de la chasse. Il mourut quelques heures après dans d'affreuses convulsions, pleuré, disent les gazettes d'alors, par sa femme inconsolable, et aussi par ses sujets, qui versèrent d'incroyables larmes. Le capitaine de justice, Lucio, mourut vieux et honoré, après avoir joui paisiblement de l'énorme fortune des Pusterla, qu'il transmit à ses héritiers.Dans un oratoire entre Revisio et Montebello, on voit encore un grand tombeau de granit avec une épitaphe qui loue la vie et pleure la mort de celui qui y fut renfermé.C'est là qu'on ensevelit Lucio: c'est là qu'il attend le jugement de Dieu.Une nouvelle charge de Dantan.Tout entier aux œuvres sérieuses du son art, Dantan jeune semblait avoir complètement abandonné la caricature, et renoncé pour toujours à ces charges spirituelles qui ont signalé son début dans la carrière. Dantan a parfaitement compris son époque; la charge n'a été pour lui qu'un moyen d'attirer l'attention et de forcer la renommée à s'occuper de son nom.Il avait affaire à un public difficile, qui passe sans s'arrêter devant les ouvrages les plus remarquables, quand ces ouvrages ne sont pas signés d'un nom accrédité; public insouciant et distrait, dont il fallait longtemps solliciter la justice indolente et capricieuse. Cette justice, que le talent est obligé d'attendre, l'esprit pouvait l'obtenir sans délai. Il s'agissait de captiver par une surprise ingénieuse la foule, qui demande avant tout à être amusée, et qui se laisse prendre très-volontiers à des bagatelles originales. Dantan s'était fait une réputation d'atelier par ses caricatures, qu'il dessina d'abord sur les murs de la Madeleine, où il travaillait; plus tard, en Italie, il se délassait de ses fortes et solides études en pétrissant le plâtre, auquel il donnait toutes sortes de formes divertissantes. Il modela ainsi, d'une façon grotesque et piquante, ses camarades, ses maîtres, les personnages les plus connus de Rome, les cardinaux et le pape lui-même, qui prit très-bien la chose et fit faire ses compliments à l'auteur.De retour en France, après avoir essayé le terrain et payé son tribut au découragement, qui est la préface obligée de toute carrière d'artiste, Dantan pensa judicieusement que le côté futile de son talent, dont il s'était fait un jeu jusque-là, pouvait lui ouvrir les avenues du la fortune et de la célébrité. Un soir, il apporta ses deux premières charges parisiennes dans le salon de Ciéri, qui recevait toutes les notabilités artistiques et littéraires. Le succès de ces spirituelles pochades fut prodigieux; on les exposa aux regards du public, et la foule battit des mains. En quelques jours, le nom de Dantan devint populaire; Paris lui demanda chaque matin une nouvelle caricature, et chacun voulut avoir la sienne. Hommes de lettres, musiciens, peintres, savants, avocats, médecins, acteurs, demandèrent à poser devant l'habile maître; nul ne croyait sa réputation complète, s'il ne pouvait montrer sa charge faite par Dantan. La charge était devenue le cachet de la célébrité.Dantan avait atteint son but: l'attention publique était éveillée autour de lui, et il s'empressa d'aborder les régions sérieuses de l'art. Il passa du plaisant au sévère. Après avoir modelé le plâtre, il se mit à pétrir le marbre; il avait fait rire, on l'admira; il avait meublé l'étalage de nos marchands à la mode, il orna nos musées, il éleva des monuments.Aujourd'hui les bustes de Dantan sont dans toutes les galeries, ses statues décorent les places publiques de nos grandes villes; il achève dans ce moment la tête de Thalberg et la statue de miss Kemble, la célèbre tragédienne anglaise. Mais au milieu de ces grands ouvrages qui occupent sa pensée et son ciseau, l'artiste ne doit pas se montrer ingrat envers les frivoles et charmants ouvrages qui ont commencé sa réputation. Ses charges, comme se œuvres graves, portent l'empreinte d'un talent exceptionnel; pourquoi les abandonnerait-il tout à fait? Après lui, on a vainement essayé de continuer la vogue des caricatures de plâtre; beaucoup de tentatives ont été faites, toutes ont échoué. Il est bon que, de temps en temps, le maître donne une leçon aux imitateurs impuissants, et leur montre ce qu'il faut de verve, d'esprit et d'adresse pour réussir dans ce genre de travail.C'est là sans doute ce que Dantan a pensé, et après un long intervalle, voici une nouvelle caricature: la charge de Neuville,--un acteur qui commence sa réputation, et qui fait courir tout Paris au théâtre des Variétés. Dans un vaudeville intituléJacquot, Neuville imite tous les acteurs comiques de nos divers théâtres; il reproduit avec un art incroyable Odry, Vernet, Lepeintre, Alcide Tousez, Klein, Ravel, et bien d'autres encore. Séduit par le talent et par le succès de Neuville, Dantan a voulu donner à cette célébrité naissante le baptême de la charge. Rien de plus fin, de plus ingénieux, que cette nouvelle composition. La tête de Neuville est posée sur le juchoir d'un perroquet. C'est une tête pleine de vérité et d'expression. Dans les deux petites mangeoires placées sur le premier bâton transversal, Dantan a mis Ravel et Alcide Tousez, tous deux d'une ressemblance frappante; ce sont de ravissantes miniatures. Le perroquet Neuville fait sa nature de ces deux excellents comiques. Sur les bâtons inférieurs, se trouvent le nez de quelques acteurs, quien parlenttoujours; le chapeau d'Odry, le fameux castor de Bilboquet, vénérable couvre-chef tout rempli de pensées philosophiques, de maximes profondes et d'aphorismes ébouriffants; puis ce sont des bouches béantes, toutes les mâchoires, toutes les langues dramatiques dont Neuville reproduit les sons et les accents divers. Le juchoir est planté dans la tête énorme de Lepeintre jeune, coiffée d'une de ces petites casquettes que portent les jockeys de course, Lepeintre est ainsi costumé dansJacquot. Les honorables joues du gros comique, enflées par des torrents d'embonpoint, débordent sur le piédestal de la statuette et menacent d'engloutir le rébus inséparable de toutes les charges de Dantan.Nous livrons ce rébus à la sagacité de nos lecteurs, qui sont habitués à en deviner de plus difficiles.CorrespondanceA M. Dz. de D.--Messages boiteux. Eh! monsieur, n'en riez pas et ne croyez pas nous faire honte. Nous avions précisément songé à emprunter à ce bon vieux messager son titre en y ajoutant seulement l'épithète indispensableillustré. pourquoi pas? Longtemps la plus grande partie de la France n'a pas eu d'autre journal, d'autre livre. Le messager boiteux (je crois le voir encore, une lettre à là main) était le bien venu non pas seulement dans la ferme et dans la chaumière: ou l'accueillait dans les châteaux. Vos aïeux, monsieur le comte, ne dédaignaient pas, je suis sûr, de le feuilleter en janvier, pendant les longues veillées.En auriez-vous conservé par hasard la collection sur quelque rayon poudreux de votre bibliothèque? veuillez le parcourir, et vous serez étonné d'y trouver des faits utiles et curieux qui, aujourd'hui même, auraient (pour d'autres que pour vous) l'attrait de la nouveauté.A M. Noug...--Il ne nous appartient pas de donner des conseils sur une affaire aussi délicate. Cependant nous croyons pouvoir répondre: «Ne vous y fiez pas.»A M. B. r.--Les fêtes et les cérémonies, dont parle M. B. r. n'entrent que pour une proportion assez faible dans notre fonds. Ce qui ne change pas dans ce monde est en petite minorité; ce ne sont pas apparemment les mêmes hommes, qui meurent tous les ans, et les hommes ne sont pas les seuls à mourir et à naître. Beaucoup de gens reprochent à l'histoire de notre temps d'avoir toute l'inconstance de la mode: ils trouvent qu'il n'y a que trop d'agitation, d'intimations, d'inventions de toute sorte dans la politique, l'industrie, les arts, les lettres, etc. A certains égards, ils ont sans doute tort de s'effrayer; mais ils nous donnent raison contre M. B. r. En somme, lorsque rien n'est plus changeant et plus mobile que la vie, comment craindre l'uniformité pour une œuvre qui en veut être le miroir! La vérité est que chaque semaine nous avons à regretter une foule d'omissions; notre étude la plus importante est de les éviter, et nous espérons que les encouragements publics nous aideront à suffire un jour complètement à notre tâche.A. M. Bourd. Un jeune artiste qui ne fume pas et qui ne reste jamais plus d'une heure étendu sur son canapé! Votre fils est un jeune homme précieux, monsieur. Donnez-nous son adresse.A M. Louis Tol...--Paix à sa mémoire. Le lendemain de son dernier jour, nous avons hésité; aujourd'hui nous n'hésitons plus: il avait des amis.A. M. Jul. de Lyon.--Votre plainte peut être légitime. Nous ne refuserons pas de donner à votre invention, en temps, utile, la publicité que vous désirez. Provisoirement des deux partis devant lesquels vous restez indécis, il en est un que nous ne pouvons approuver. Vous connaissez ces vers de Delille:Malheur au citoyen ingrat à sa patrieQui vend à l'étranger son avare industrie.A M. Ern. Milb...--Trop long. Les allusions politiques nous en interdiraient, d'ailleurs, l'insertion.A un anonyme (timbre de Corbeil).--Oseriez-vous exprimer ce désir publiquement? Signez ou ne vous étonnez pas de notre silence.A un autre anonyme (écriture ronde et évidemment contrefaite: beaucoup trop d'N et de ç).--Nous aimons mieux un succès plus lent sans aucun scandale. Nous savons très-bien le parti qu'un esprit satirique et virulent pourrait tirer de ce mélange de texte et de gravures; mais nous resterons dans notre voie: l'exemple que vous citez ne nous séduit pas. Excusez-nous donc d'être obligés de nous priver de votre collaboration, mais ne nous plaignez pas trop; nous avons plus de sujet de nous féliciter que vous ne le supposez.A. M. M........ de Toul.--Il n'est pas possible qu'il soit aussi laid. Veuillez nous envoyer un autre portrait.RébusEXPLICATION DU DERNIER RÉBUS.Les Troubadours célébraient par leurs chants les combats et la beauté.

Pour voir plus commodément un ou plusieurs de ses amants la signora Isabella prétexta un vœu à Saint-Marc de Venise. Dans son voyage, elle se livra avec toute sa suite à de tels débordements que le bruit en vint aux oreilles du seigneur Luchino, qui, pour la première fois de sa vie, s'avisa de s'en fâcher. Il eut l'imprudence de laisser entendre qu'il en tirerait une éclatante justice.

La signora Isabella, de retour de son pèlerinage, versa à boire à son mari, un jour qu'il revenait fort échauffé de la chasse. Il mourut quelques heures après dans d'affreuses convulsions, pleuré, disent les gazettes d'alors, par sa femme inconsolable, et aussi par ses sujets, qui versèrent d'incroyables larmes. Le capitaine de justice, Lucio, mourut vieux et honoré, après avoir joui paisiblement de l'énorme fortune des Pusterla, qu'il transmit à ses héritiers.

Dans un oratoire entre Revisio et Montebello, on voit encore un grand tombeau de granit avec une épitaphe qui loue la vie et pleure la mort de celui qui y fut renfermé.

C'est là qu'on ensevelit Lucio: c'est là qu'il attend le jugement de Dieu.

Tout entier aux œuvres sérieuses du son art, Dantan jeune semblait avoir complètement abandonné la caricature, et renoncé pour toujours à ces charges spirituelles qui ont signalé son début dans la carrière. Dantan a parfaitement compris son époque; la charge n'a été pour lui qu'un moyen d'attirer l'attention et de forcer la renommée à s'occuper de son nom.

Il avait affaire à un public difficile, qui passe sans s'arrêter devant les ouvrages les plus remarquables, quand ces ouvrages ne sont pas signés d'un nom accrédité; public insouciant et distrait, dont il fallait longtemps solliciter la justice indolente et capricieuse. Cette justice, que le talent est obligé d'attendre, l'esprit pouvait l'obtenir sans délai. Il s'agissait de captiver par une surprise ingénieuse la foule, qui demande avant tout à être amusée, et qui se laisse prendre très-volontiers à des bagatelles originales. Dantan s'était fait une réputation d'atelier par ses caricatures, qu'il dessina d'abord sur les murs de la Madeleine, où il travaillait; plus tard, en Italie, il se délassait de ses fortes et solides études en pétrissant le plâtre, auquel il donnait toutes sortes de formes divertissantes. Il modela ainsi, d'une façon grotesque et piquante, ses camarades, ses maîtres, les personnages les plus connus de Rome, les cardinaux et le pape lui-même, qui prit très-bien la chose et fit faire ses compliments à l'auteur.

De retour en France, après avoir essayé le terrain et payé son tribut au découragement, qui est la préface obligée de toute carrière d'artiste, Dantan pensa judicieusement que le côté futile de son talent, dont il s'était fait un jeu jusque-là, pouvait lui ouvrir les avenues du la fortune et de la célébrité. Un soir, il apporta ses deux premières charges parisiennes dans le salon de Ciéri, qui recevait toutes les notabilités artistiques et littéraires. Le succès de ces spirituelles pochades fut prodigieux; on les exposa aux regards du public, et la foule battit des mains. En quelques jours, le nom de Dantan devint populaire; Paris lui demanda chaque matin une nouvelle caricature, et chacun voulut avoir la sienne. Hommes de lettres, musiciens, peintres, savants, avocats, médecins, acteurs, demandèrent à poser devant l'habile maître; nul ne croyait sa réputation complète, s'il ne pouvait montrer sa charge faite par Dantan. La charge était devenue le cachet de la célébrité.

Dantan avait atteint son but: l'attention publique était éveillée autour de lui, et il s'empressa d'aborder les régions sérieuses de l'art. Il passa du plaisant au sévère. Après avoir modelé le plâtre, il se mit à pétrir le marbre; il avait fait rire, on l'admira; il avait meublé l'étalage de nos marchands à la mode, il orna nos musées, il éleva des monuments.

Aujourd'hui les bustes de Dantan sont dans toutes les galeries, ses statues décorent les places publiques de nos grandes villes; il achève dans ce moment la tête de Thalberg et la statue de miss Kemble, la célèbre tragédienne anglaise. Mais au milieu de ces grands ouvrages qui occupent sa pensée et son ciseau, l'artiste ne doit pas se montrer ingrat envers les frivoles et charmants ouvrages qui ont commencé sa réputation. Ses charges, comme se œuvres graves, portent l'empreinte d'un talent exceptionnel; pourquoi les abandonnerait-il tout à fait? Après lui, on a vainement essayé de continuer la vogue des caricatures de plâtre; beaucoup de tentatives ont été faites, toutes ont échoué. Il est bon que, de temps en temps, le maître donne une leçon aux imitateurs impuissants, et leur montre ce qu'il faut de verve, d'esprit et d'adresse pour réussir dans ce genre de travail.

C'est là sans doute ce que Dantan a pensé, et après un long intervalle, voici une nouvelle caricature: la charge de Neuville,--un acteur qui commence sa réputation, et qui fait courir tout Paris au théâtre des Variétés. Dans un vaudeville intituléJacquot, Neuville imite tous les acteurs comiques de nos divers théâtres; il reproduit avec un art incroyable Odry, Vernet, Lepeintre, Alcide Tousez, Klein, Ravel, et bien d'autres encore. Séduit par le talent et par le succès de Neuville, Dantan a voulu donner à cette célébrité naissante le baptême de la charge. Rien de plus fin, de plus ingénieux, que cette nouvelle composition. La tête de Neuville est posée sur le juchoir d'un perroquet. C'est une tête pleine de vérité et d'expression. Dans les deux petites mangeoires placées sur le premier bâton transversal, Dantan a mis Ravel et Alcide Tousez, tous deux d'une ressemblance frappante; ce sont de ravissantes miniatures. Le perroquet Neuville fait sa nature de ces deux excellents comiques. Sur les bâtons inférieurs, se trouvent le nez de quelques acteurs, quien parlenttoujours; le chapeau d'Odry, le fameux castor de Bilboquet, vénérable couvre-chef tout rempli de pensées philosophiques, de maximes profondes et d'aphorismes ébouriffants; puis ce sont des bouches béantes, toutes les mâchoires, toutes les langues dramatiques dont Neuville reproduit les sons et les accents divers. Le juchoir est planté dans la tête énorme de Lepeintre jeune, coiffée d'une de ces petites casquettes que portent les jockeys de course, Lepeintre est ainsi costumé dansJacquot. Les honorables joues du gros comique, enflées par des torrents d'embonpoint, débordent sur le piédestal de la statuette et menacent d'engloutir le rébus inséparable de toutes les charges de Dantan.

Nous livrons ce rébus à la sagacité de nos lecteurs, qui sont habitués à en deviner de plus difficiles.

A M. Dz. de D.--Messages boiteux. Eh! monsieur, n'en riez pas et ne croyez pas nous faire honte. Nous avions précisément songé à emprunter à ce bon vieux messager son titre en y ajoutant seulement l'épithète indispensableillustré. pourquoi pas? Longtemps la plus grande partie de la France n'a pas eu d'autre journal, d'autre livre. Le messager boiteux (je crois le voir encore, une lettre à là main) était le bien venu non pas seulement dans la ferme et dans la chaumière: ou l'accueillait dans les châteaux. Vos aïeux, monsieur le comte, ne dédaignaient pas, je suis sûr, de le feuilleter en janvier, pendant les longues veillées.

En auriez-vous conservé par hasard la collection sur quelque rayon poudreux de votre bibliothèque? veuillez le parcourir, et vous serez étonné d'y trouver des faits utiles et curieux qui, aujourd'hui même, auraient (pour d'autres que pour vous) l'attrait de la nouveauté.

A M. Noug...--Il ne nous appartient pas de donner des conseils sur une affaire aussi délicate. Cependant nous croyons pouvoir répondre: «Ne vous y fiez pas.»

A M. B. r.--Les fêtes et les cérémonies, dont parle M. B. r. n'entrent que pour une proportion assez faible dans notre fonds. Ce qui ne change pas dans ce monde est en petite minorité; ce ne sont pas apparemment les mêmes hommes, qui meurent tous les ans, et les hommes ne sont pas les seuls à mourir et à naître. Beaucoup de gens reprochent à l'histoire de notre temps d'avoir toute l'inconstance de la mode: ils trouvent qu'il n'y a que trop d'agitation, d'intimations, d'inventions de toute sorte dans la politique, l'industrie, les arts, les lettres, etc. A certains égards, ils ont sans doute tort de s'effrayer; mais ils nous donnent raison contre M. B. r. En somme, lorsque rien n'est plus changeant et plus mobile que la vie, comment craindre l'uniformité pour une œuvre qui en veut être le miroir! La vérité est que chaque semaine nous avons à regretter une foule d'omissions; notre étude la plus importante est de les éviter, et nous espérons que les encouragements publics nous aideront à suffire un jour complètement à notre tâche.

A. M. Bourd. Un jeune artiste qui ne fume pas et qui ne reste jamais plus d'une heure étendu sur son canapé! Votre fils est un jeune homme précieux, monsieur. Donnez-nous son adresse.

A M. Louis Tol...--Paix à sa mémoire. Le lendemain de son dernier jour, nous avons hésité; aujourd'hui nous n'hésitons plus: il avait des amis.

A. M. Jul. de Lyon.--Votre plainte peut être légitime. Nous ne refuserons pas de donner à votre invention, en temps, utile, la publicité que vous désirez. Provisoirement des deux partis devant lesquels vous restez indécis, il en est un que nous ne pouvons approuver. Vous connaissez ces vers de Delille:

Malheur au citoyen ingrat à sa patrieQui vend à l'étranger son avare industrie.

Malheur au citoyen ingrat à sa patrieQui vend à l'étranger son avare industrie.

Malheur au citoyen ingrat à sa patrie

Qui vend à l'étranger son avare industrie.

A M. Ern. Milb...--Trop long. Les allusions politiques nous en interdiraient, d'ailleurs, l'insertion.

A un anonyme (timbre de Corbeil).--Oseriez-vous exprimer ce désir publiquement? Signez ou ne vous étonnez pas de notre silence.

A un autre anonyme (écriture ronde et évidemment contrefaite: beaucoup trop d'N et de ç).--Nous aimons mieux un succès plus lent sans aucun scandale. Nous savons très-bien le parti qu'un esprit satirique et virulent pourrait tirer de ce mélange de texte et de gravures; mais nous resterons dans notre voie: l'exemple que vous citez ne nous séduit pas. Excusez-nous donc d'être obligés de nous priver de votre collaboration, mais ne nous plaignez pas trop; nous avons plus de sujet de nous féliciter que vous ne le supposez.

A. M. M........ de Toul.--Il n'est pas possible qu'il soit aussi laid. Veuillez nous envoyer un autre portrait.

Les Troubadours célébraient par leurs chants les combats et la beauté.


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