Correspondance.

Correspondance.Ceux de nos abonnés qui nous adressent leurs réclamations sous forme de rébus sont priés de vouloir bien mettre la traduction à côté.A MM L. et S.--Nous n'avons pas envoyé laTable de Matièresdu tome 1er à nos abonnés. Nous l'avons fait imprimer seulement ceux qui font collection du journal: on la trouve, ainsi que la couverture du volume, chez tous les libraires au prix de 35 centimes.A M. A. D. F., à Mayence.--Il y a des choses qu'on ne peut pas faire et que nous ne ferions pas si elles étaient possible. Vos compliments sont acceptés comme ils sont offerts.A M. K., à Concarneau.--Nous insérons votre lettre. La leçon ne nous a pas fait rougir. Continuez, monsieur, à cultiver une science si agréable; nous applaudirons à vos succès et ferons des vœux pour l'avancement de vos collègues.A M.--Il est prié de vouloir bien faire reprendre sa musique, que l'on trouve originale ainsi que les paroles.Figure allégorique de Janvier.ModesLes jours d'hiver tout le monde est enveloppé sous les manteaux et les fourrures. Mais, le soir venu, on quitte les chauds vêtements pour les robes décolletées, la gaze, le satin, le velours: on se pare de bijoux et de fleurs naturelles.Les lustres s'illuminent, la foule encombre les salons, les éventails s'agitent: c'est le moment de faire nos observations.Nous voyons d'abord une jeune femme portant une couronne de fleurs; sa robe est en satin, garnie de chaque côté par deux rangs en dentelle séparés par un plissé de rubans; elle a une berthe qui entoure sa taille très-gracieusement.Puis des robes à deux ou trois jupes forment des nuages légers qui passent dans les quadrilles.Les robes en satin uni ou en damas à fleurs sont toutes ouvertes devant en tablier; par exemple, une robe de velours épinglé est ouverte sur un tablier de satin blanc; des rubans sont disposés en carreaux qui sont attachés de chaque côté par des nœuds de rubans; ou bien encore une robe de satin à fleurs sera ouverte de chaque côté sur une bande de satin uni, où bouillonne un tulle retenu de distance en distance par des coques en rubans, ou quelquefois un bouquet de fleurs. Une robe de satin blanc est relevée d'un côté par une suite de camées qui se terminent à la ceinture; le dessous, qui est aussi en satin, laisse voir un haut volant en dentelles. Les petites manches ont une draperie bordée de deux rings de dentelle; des camées la retiennent au milieu. Partout de gracieuses et riches parures, et puis enfin les tuniques légères disparaissent; les robes de satin, les bijoux, les fleurs, aussi; les derniers accords résonnent, la soirée est terminée. A demain d'autres têtes et de nouvelles parures.A M. le directeur del'Illustration.Monsieur,Je suis rentier, j'habite Concarneau, et je m'y ennuyais un peu, car j'ai longtemps vécu à Paris et mes souvenirs m'y reportaient sans cesse. Depuis quel'Illustrationparaît, je ne m'ennuie plus; je revois tout ce qui m'a charmé dans la capitale et j'assiste aux événements qui s'y succèdent journellement. Mais je dois le dire, ce qui me plaît le plus dans votre journal, ce sont lesRébus. Dès que le numéro arrive au café de lu place, je déchire l'enveloppe et je vais droit à l'énigme; je la contemple longtemps pour la graver dans ma mémoire; souvent je la copie et je l'emporte avec moi. Dans mes promenades, le rébus m'accompagne; il occupe agréablement mon esprit, il exerce mon intelligence sans la fatiguer. Quand j'ai deviné, je reviens au café dans la journée, et je jouis en voyant les habitués qui tendent sans succès leurs fibres cérébrales. Après de longs efforts, il finissent toujours par s'avouer vaincus par le Sphinx; alors je prends la parole et je dégage lentement la phrase de ses enveloppes hiéroglyphiques.Mais je ne devine pas toujours; le brigadier de la gendarmerie et un professeur du collège sont quelquefois plus heureux que moi. Cependant je vous ferai remarquer que le professeur n'a jamais pu devinerAgamemnon, général des Grecs, etc. Moi, j'avais trouvé, et je lui disais pour le mettre sur la voie: «C'est de votre ressort, professeur, le rébus est dans Sophocle».Je triomphait trop tôt: comme du coutume, j'avais lu le premier le rébus du 23 décembre, et voyant qu'il y avait de l'eau et un rocher, j'étais allé me promener sur le bord de la mer pour y chercher des inspirations. Vers midi, je revins au café sans avoir rien trouvé, Les autres habitués n'avaient pas été plus heureux. Ce soir-là, on fit une incroyable dépense de sagacité jusqu'à neuf heures, heure à laquelle on se couche à Concarneau.Le lendemain, le professeur était au café plus tôt que de coutume. C'était de mauvais augure. N'étant pas marié, il avait profondément réfléchi toute la nuit, et au point du jour, le problème était résolu. Époux et père, je me consolais en songeant qu'il avait abusé des avantages de sa position antisociale. Mais quand le numéro suivant vint avec le mot de l'énigme, je restai confondu; car non-seulement le professeur avait deviné, mais il avait deviné mieux que l'auteur du rébus, homme de génie cependant, mais qui n'a pas vu tout ce qu'il y avait dans son œuvre. De même Homère (autre homme de génie) n'a pas aperçu l'Éneide dans l'Odyssée; de même Papin (autre homme de génie, mais dans un genre différent) n'a pas trouvé des locomotives et des bateaux à vapeur au fond de sa marmite. Le créateur n'a vu dans son rébus queMoïse sauvé des eaux. Il y a bien mieux; il y a:Moïse sauvé des eaux par une princesse et sa suivante, au bord du Nil (d'une île). Que dites-vous de la leçon du professeur? comme cela est complet! comme dans cette savante hermenentique toutes les parties du dessin sont judicieusement interprétées et clairement exprimées! Rien n'est omis, rien n'est ajouté; c'est fidèle comme un thème, précis comme une version. Aussi, vous le voyez, je proclame moi-même la victoire de mon rival, et je suis fier d'avoir été vaincu par un savant qui traduit les rébus mieux que ceux qui les font.J'ai l'honneur d'être, monsieur le Directeur, votre très-humble serviteur,Johan Kermadek.P. S.Le professeur a vu ma lettre; il en est enchanté, car il voudrait être placé à Paris et sollicite auprès de M. Villemain, qui lui accordera certainement sa demande s'il est abonné àl'Illustration. Alors je serai le Champollion de Concarneau. Le brigadier ne compte réellement pas; il n'a encore pu trouver que celui dela nuit tous chats sont gris(30 septembre). Cela tient à ce qu'il s'en aperçoit souvent dans ses expéditions contre les réfractaires.Rébus.EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS.Agréez, cher abonné, nos souhaits de bonne année:les petits cadeaux entretiennent l'amitié.

Ceux de nos abonnés qui nous adressent leurs réclamations sous forme de rébus sont priés de vouloir bien mettre la traduction à côté.

A MM L. et S.--Nous n'avons pas envoyé laTable de Matièresdu tome 1er à nos abonnés. Nous l'avons fait imprimer seulement ceux qui font collection du journal: on la trouve, ainsi que la couverture du volume, chez tous les libraires au prix de 35 centimes.

A M. A. D. F., à Mayence.--Il y a des choses qu'on ne peut pas faire et que nous ne ferions pas si elles étaient possible. Vos compliments sont acceptés comme ils sont offerts.

A M. K., à Concarneau.--Nous insérons votre lettre. La leçon ne nous a pas fait rougir. Continuez, monsieur, à cultiver une science si agréable; nous applaudirons à vos succès et ferons des vœux pour l'avancement de vos collègues.

A M.--Il est prié de vouloir bien faire reprendre sa musique, que l'on trouve originale ainsi que les paroles.

Figure allégorique de Janvier.

Les jours d'hiver tout le monde est enveloppé sous les manteaux et les fourrures. Mais, le soir venu, on quitte les chauds vêtements pour les robes décolletées, la gaze, le satin, le velours: on se pare de bijoux et de fleurs naturelles.

Les lustres s'illuminent, la foule encombre les salons, les éventails s'agitent: c'est le moment de faire nos observations.

Nous voyons d'abord une jeune femme portant une couronne de fleurs; sa robe est en satin, garnie de chaque côté par deux rangs en dentelle séparés par un plissé de rubans; elle a une berthe qui entoure sa taille très-gracieusement.

Puis des robes à deux ou trois jupes forment des nuages légers qui passent dans les quadrilles.

Les robes en satin uni ou en damas à fleurs sont toutes ouvertes devant en tablier; par exemple, une robe de velours épinglé est ouverte sur un tablier de satin blanc; des rubans sont disposés en carreaux qui sont attachés de chaque côté par des nœuds de rubans; ou bien encore une robe de satin à fleurs sera ouverte de chaque côté sur une bande de satin uni, où bouillonne un tulle retenu de distance en distance par des coques en rubans, ou quelquefois un bouquet de fleurs. Une robe de satin blanc est relevée d'un côté par une suite de camées qui se terminent à la ceinture; le dessous, qui est aussi en satin, laisse voir un haut volant en dentelles. Les petites manches ont une draperie bordée de deux rings de dentelle; des camées la retiennent au milieu. Partout de gracieuses et riches parures, et puis enfin les tuniques légères disparaissent; les robes de satin, les bijoux, les fleurs, aussi; les derniers accords résonnent, la soirée est terminée. A demain d'autres têtes et de nouvelles parures.

A M. le directeur del'Illustration.

Monsieur,

Je suis rentier, j'habite Concarneau, et je m'y ennuyais un peu, car j'ai longtemps vécu à Paris et mes souvenirs m'y reportaient sans cesse. Depuis quel'Illustrationparaît, je ne m'ennuie plus; je revois tout ce qui m'a charmé dans la capitale et j'assiste aux événements qui s'y succèdent journellement. Mais je dois le dire, ce qui me plaît le plus dans votre journal, ce sont lesRébus. Dès que le numéro arrive au café de lu place, je déchire l'enveloppe et je vais droit à l'énigme; je la contemple longtemps pour la graver dans ma mémoire; souvent je la copie et je l'emporte avec moi. Dans mes promenades, le rébus m'accompagne; il occupe agréablement mon esprit, il exerce mon intelligence sans la fatiguer. Quand j'ai deviné, je reviens au café dans la journée, et je jouis en voyant les habitués qui tendent sans succès leurs fibres cérébrales. Après de longs efforts, il finissent toujours par s'avouer vaincus par le Sphinx; alors je prends la parole et je dégage lentement la phrase de ses enveloppes hiéroglyphiques.

Mais je ne devine pas toujours; le brigadier de la gendarmerie et un professeur du collège sont quelquefois plus heureux que moi. Cependant je vous ferai remarquer que le professeur n'a jamais pu devinerAgamemnon, général des Grecs, etc. Moi, j'avais trouvé, et je lui disais pour le mettre sur la voie: «C'est de votre ressort, professeur, le rébus est dans Sophocle».

Je triomphait trop tôt: comme du coutume, j'avais lu le premier le rébus du 23 décembre, et voyant qu'il y avait de l'eau et un rocher, j'étais allé me promener sur le bord de la mer pour y chercher des inspirations. Vers midi, je revins au café sans avoir rien trouvé, Les autres habitués n'avaient pas été plus heureux. Ce soir-là, on fit une incroyable dépense de sagacité jusqu'à neuf heures, heure à laquelle on se couche à Concarneau.

Le lendemain, le professeur était au café plus tôt que de coutume. C'était de mauvais augure. N'étant pas marié, il avait profondément réfléchi toute la nuit, et au point du jour, le problème était résolu. Époux et père, je me consolais en songeant qu'il avait abusé des avantages de sa position antisociale. Mais quand le numéro suivant vint avec le mot de l'énigme, je restai confondu; car non-seulement le professeur avait deviné, mais il avait deviné mieux que l'auteur du rébus, homme de génie cependant, mais qui n'a pas vu tout ce qu'il y avait dans son œuvre. De même Homère (autre homme de génie) n'a pas aperçu l'Éneide dans l'Odyssée; de même Papin (autre homme de génie, mais dans un genre différent) n'a pas trouvé des locomotives et des bateaux à vapeur au fond de sa marmite. Le créateur n'a vu dans son rébus queMoïse sauvé des eaux. Il y a bien mieux; il y a:Moïse sauvé des eaux par une princesse et sa suivante, au bord du Nil (d'une île). Que dites-vous de la leçon du professeur? comme cela est complet! comme dans cette savante hermenentique toutes les parties du dessin sont judicieusement interprétées et clairement exprimées! Rien n'est omis, rien n'est ajouté; c'est fidèle comme un thème, précis comme une version. Aussi, vous le voyez, je proclame moi-même la victoire de mon rival, et je suis fier d'avoir été vaincu par un savant qui traduit les rébus mieux que ceux qui les font.

J'ai l'honneur d'être, monsieur le Directeur, votre très-humble serviteur,

Johan Kermadek.

P. S.Le professeur a vu ma lettre; il en est enchanté, car il voudrait être placé à Paris et sollicite auprès de M. Villemain, qui lui accordera certainement sa demande s'il est abonné àl'Illustration. Alors je serai le Champollion de Concarneau. Le brigadier ne compte réellement pas; il n'a encore pu trouver que celui dela nuit tous chats sont gris(30 septembre). Cela tient à ce qu'il s'en aperçoit souvent dans ses expéditions contre les réfractaires.

Agréez, cher abonné, nos souhaits de bonne année:les petits cadeaux entretiennent l'amitié.


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