«Pourquoi faut-il que l'une des plus belles époques le l'histoire de l'esprit humain, celle du plus vaste essor qu'aient pris à la fois les sciences, les lettres et les arts, soit souillée par des actes d'intolérance qui s'adressaient à la pensée, et cherchaient à contraindre par la violence une force qui échappe à toutes les entraves et ne tient aucun compte des obstacles qu'on lui oppose La renaissance du goût, des talents et de la philosophie naturelle eût été en même temps celle de la civilisation toute entière, si la persécution n'en eût pas comprimé les élans généreux, et si des scènes de barbarie n'eussent pas été mêlées aux brillants combats que des esprits supérieurs livraient à l'ignorance et aux préjugés d'un autre âge. Palissy, comme après lui Galilée et Descartes, figurait parmi ceux qui n'hésitèrent pas à soutenir cette glorieuse lutte, comme à en subir les conséquences. Il porta les premiers coups au respect servile de l'antiquité, et réduisit à leur juste valeur ces vaines questions, ou plutôt ces principes jurés sur la parole du maître, qui faisaient la base de la scolastique du moyen-âge. Que l'on ne fasse donc pas à Bacon tout l'honneur de cette heureuse révolution dans la marche de l'esprit humain, car, un demi-siècle avant lui, un homme sans lettres et sans études proclamait hautement que le livre de la nature était le seul dans lequel il eût cherché à lire, et qu'un chaudron rempli d'eau et placé sur le feu lui avait appris plus de physique que tous les livres des philosophes. Provoquer une pareille réforme, en plein seizième siècle, n'était pas seulement un trait de génie, c'était encore un acte de courage. Il y avait toute une révolution dans la pensée de faire revenir les esprits de leur culte aveugle pour une philosophie surannée. Pour rompre en visière à des idées accréditées par les siècles et soutenues par un parti tout-puissant, il fallait se résoudre à affronter la persécution et la mort. C'est ce savent fort bien Palissy sans l'avoir appris de Sénèque. Tel était le prix qu'il devait attendre et qu'il reçut en effet des services qu'il rendait à son siècle et à son pays.«Né dans une condition obscure, mais largement doué des qualités qui constituent le génie, Palissy prouva qu'un tel ensemble de facultés n'a pas toujours besoin du secours de l'étude. Bien que, dans ses travaux d'art, il se soit montré l'émule des grands maîtres de l'art italien, on ne sait à quelle école il en puisa les principes. Physicien, géologue, chimiste, nul ne peut dire quels furent ses premiers maîtres, pas plus qu'il n'est possible de retrouver la source de son élocution facile et originale. Si l'éducation ne lui vint point en aide, elle ne contraria pas non plus ses dispositions naturelles, et peut-être faut-il attribuer à cette circonstance ce qui, dans ses vues scientifiques nous frappe par la nouveauté, et dans écrits par la singularité du style. Artiste, savant, philosophe, il posséda cette variété de talents que l'on retrouve dans la plupart des hommes supérieurs qui, poursuivant une pensée primordiale, voulurent en saisir les rapports avec toutes les branches des connaissances humaines. Personne mieux que lui ne prouva cette vérité, que chaque art renferme une science tout entière, pour quiconque veut l'approfondir dans tous ses détails.ModesOn voit peu de nouveautés en chapeaux; toutes les innovations, toutes les recherches de la coquetterie sont pour les coiffures: petits bords, élégants turbans, coquets bonnets, coiffures espagnoles, italiennes, algériennes, occupent la pensée de toutes les femmes, et les modistes nerestent pas en arriére dans un moment aussi important; voyez dans les magasins de Lucy Rocquet combien vite une nouveauté en ce genre est suivie d'une autre; les plumes, les fleurs, les blondes, passent sous vos yeux comme de gracieuses visions.La coiffure, nous le répétons, est dans tout son éclat; elle est tantôt riche, tantôt simple; quelquefois c'est une torsade de velours avec des pompons de chaque côté de la tête, à côté d'une coiffure algérienne aux broderies et franges d'or; ou bien encore de longues barbes gothiques attachées par un peigne dont chaque camée peut faire l'admiration d'un antiquaire; puis un petit bord en velours noir posé sur la tête et retenu par quatre épingles en magnifiques pierreries, pu encore un bonnet espagnol en dentelle noire avec des roses. Ces variétés donnent beaucoup d'éclat à un cercle.Les robes à deux jupes ne se font pas seulement en tulle et pour bal, il s'en fait aussi en étoffe de soie, pékin satiné, moire, ou damas. Une des plus jolies façons qui en aient été faites dans ces dernier, temps est sans contredit celle quel'Illustrationreprésente ici.Ces deux jupes sont pareilles au pékin rayé. La seconde, plus courte, a cinq ouvertures garnies de passementerie et glands; le même ornement est répété à la berthe et aux manches; cette forme, comme on le voit, est très-nouvelle; elle vient se placer avec avantage entre les robes à tablier et les jupes ouvertes sur les côtés, qui étaient et qui resteront en grande faveur tout l'hiver.Rébus.EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS.Les cigares sont augmentés d'un sou, et les fumeurs diminuent.
«Pourquoi faut-il que l'une des plus belles époques le l'histoire de l'esprit humain, celle du plus vaste essor qu'aient pris à la fois les sciences, les lettres et les arts, soit souillée par des actes d'intolérance qui s'adressaient à la pensée, et cherchaient à contraindre par la violence une force qui échappe à toutes les entraves et ne tient aucun compte des obstacles qu'on lui oppose La renaissance du goût, des talents et de la philosophie naturelle eût été en même temps celle de la civilisation toute entière, si la persécution n'en eût pas comprimé les élans généreux, et si des scènes de barbarie n'eussent pas été mêlées aux brillants combats que des esprits supérieurs livraient à l'ignorance et aux préjugés d'un autre âge. Palissy, comme après lui Galilée et Descartes, figurait parmi ceux qui n'hésitèrent pas à soutenir cette glorieuse lutte, comme à en subir les conséquences. Il porta les premiers coups au respect servile de l'antiquité, et réduisit à leur juste valeur ces vaines questions, ou plutôt ces principes jurés sur la parole du maître, qui faisaient la base de la scolastique du moyen-âge. Que l'on ne fasse donc pas à Bacon tout l'honneur de cette heureuse révolution dans la marche de l'esprit humain, car, un demi-siècle avant lui, un homme sans lettres et sans études proclamait hautement que le livre de la nature était le seul dans lequel il eût cherché à lire, et qu'un chaudron rempli d'eau et placé sur le feu lui avait appris plus de physique que tous les livres des philosophes. Provoquer une pareille réforme, en plein seizième siècle, n'était pas seulement un trait de génie, c'était encore un acte de courage. Il y avait toute une révolution dans la pensée de faire revenir les esprits de leur culte aveugle pour une philosophie surannée. Pour rompre en visière à des idées accréditées par les siècles et soutenues par un parti tout-puissant, il fallait se résoudre à affronter la persécution et la mort. C'est ce savent fort bien Palissy sans l'avoir appris de Sénèque. Tel était le prix qu'il devait attendre et qu'il reçut en effet des services qu'il rendait à son siècle et à son pays.
«Né dans une condition obscure, mais largement doué des qualités qui constituent le génie, Palissy prouva qu'un tel ensemble de facultés n'a pas toujours besoin du secours de l'étude. Bien que, dans ses travaux d'art, il se soit montré l'émule des grands maîtres de l'art italien, on ne sait à quelle école il en puisa les principes. Physicien, géologue, chimiste, nul ne peut dire quels furent ses premiers maîtres, pas plus qu'il n'est possible de retrouver la source de son élocution facile et originale. Si l'éducation ne lui vint point en aide, elle ne contraria pas non plus ses dispositions naturelles, et peut-être faut-il attribuer à cette circonstance ce qui, dans ses vues scientifiques nous frappe par la nouveauté, et dans écrits par la singularité du style. Artiste, savant, philosophe, il posséda cette variété de talents que l'on retrouve dans la plupart des hommes supérieurs qui, poursuivant une pensée primordiale, voulurent en saisir les rapports avec toutes les branches des connaissances humaines. Personne mieux que lui ne prouva cette vérité, que chaque art renferme une science tout entière, pour quiconque veut l'approfondir dans tous ses détails.
On voit peu de nouveautés en chapeaux; toutes les innovations, toutes les recherches de la coquetterie sont pour les coiffures: petits bords, élégants turbans, coquets bonnets, coiffures espagnoles, italiennes, algériennes, occupent la pensée de toutes les femmes, et les modistes nerestent pas en arriére dans un moment aussi important; voyez dans les magasins de Lucy Rocquet combien vite une nouveauté en ce genre est suivie d'une autre; les plumes, les fleurs, les blondes, passent sous vos yeux comme de gracieuses visions.
La coiffure, nous le répétons, est dans tout son éclat; elle est tantôt riche, tantôt simple; quelquefois c'est une torsade de velours avec des pompons de chaque côté de la tête, à côté d'une coiffure algérienne aux broderies et franges d'or; ou bien encore de longues barbes gothiques attachées par un peigne dont chaque camée peut faire l'admiration d'un antiquaire; puis un petit bord en velours noir posé sur la tête et retenu par quatre épingles en magnifiques pierreries, pu encore un bonnet espagnol en dentelle noire avec des roses. Ces variétés donnent beaucoup d'éclat à un cercle.
Les robes à deux jupes ne se font pas seulement en tulle et pour bal, il s'en fait aussi en étoffe de soie, pékin satiné, moire, ou damas. Une des plus jolies façons qui en aient été faites dans ces dernier, temps est sans contredit celle quel'Illustrationreprésente ici.
Ces deux jupes sont pareilles au pékin rayé. La seconde, plus courte, a cinq ouvertures garnies de passementerie et glands; le même ornement est répété à la berthe et aux manches; cette forme, comme on le voit, est très-nouvelle; elle vient se placer avec avantage entre les robes à tablier et les jupes ouvertes sur les côtés, qui étaient et qui resteront en grande faveur tout l'hiver.
EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS.
Les cigares sont augmentés d'un sou, et les fumeurs diminuent.