Aller vite est notre devise;De dévorer l'espace on se fait une loi.Au profit du devoir l'heure est conquise?...Le temps dont on fait son emploi,Est le seul qu'on économise.La couleur mélancolique et vive répandue dans le petit drame intitulele Tableau, frappera tous les yeux. Le récit a une forme saisissante et animée, qui donne un nouveau relief à une idée vraie en tout temps, et si bien exprimée par ces beaux vers;Au talent qui languit dans l'ombre et le sommeil,Et que poursuit du sort l'injustice commune,Que manque-t-il souvent, pour trouver le réveil?Un sourire de la fortune,Un simple rayon du soleil!Nos mœurs politiques ont sans doute inspiréle Babillard. Nos hommes d'État, nos grands orateurs pourraient y trouver une leçon.Après avoir frondé la faconde, l'abus des mots, l'auteur joint l'exemple au précepte dans la fable suivante, qui est elle-même un modèle de concision:La Canne à Épée.Une lame vaillante, autrefois glorieuse.Sous un bambou flexible (instrument déloyal),Devint une arme dangereuse.Qui souvent change en meurtre un combat inégal.«Hélas! de quel malheur le destin m'a frappée!Dit-elle; on me déguise, et je fuis le regard!Autrefois j'étais une épée,Et je ne suis plus qu'un poignard!»Tout dépend ici-bas de la place où nous sommes!Sous l'or est le fumier; sous la fange, un joyau!Et Bien souvent parmi les hommesQui marque les rangs!...Le fourreau.Nous regrettons que l'espace ne nous permette pas de transcrire le Pain du Moineau, touchante leçon à l'adresse des ingrats;les Deux Fumées, celle du riche hôtel de la Monnaie et celle de la pauvre échoppe du forgeron; fumées qui vont se confondre et se perdre dans l'air, comme les destinées humaines dans la tombe. Nous recommandons surtoutles Cuisines, charmante instruction donnée à ceux qui envient l'éclat, la réputation, parce qu'ils ne sont pas entrés dans les officines où l'intrigue et le charlatanisme préparent les grandeurs du jour et les succès du moment.Quant au livre de M. Léon Halévy, il a déjà réussi sans le secours de ces moyens artificiels et faux, souvent nécessaires au mérite même. Un pareil succès est rare aujourd'hui. Nous devons un dernier éloge à l'ouvrage: le style répond au charme, à la variété du sujet; il est tour à tour grave et enjoué, simple et noble. L'auteur sait faire parler tous les êtres qui sont du domaine de la fable, suivant leur nature et leur situation: l'ouvrier, le bourgeois, l'homme d'État, les bêtes et les choses même, qu'il personnifie et qu'il anime avec un rare bonheur. Ses vers sont faits comme on n'en fait plus: ils respectent les règles de langue et du goût; ils sont pleins d'élégance et surtout d'harmonie; mais c'est un don de famille qu'on ne s'étonnera pas de trouver dans un ouvrage de M. Léon Halévy. Le succès de cette œuvre, les suffrages éclairés qu'elle a reçus, prouvent que le sentiment de la vraie poésie française n'a pas encore été étouffé sons le fatras des productions extravagantes et des vers barbares qui nous inondent.A. F.Monachologia, figuris ligno incisis illustrata(avec la traduction en français).--Chez tous les libraires. 1 volume in-24. 1 fr.Pourquoi a-t-on réimprimé ce petit volume? On comprend, sans la louer ni la blâmer, sa première publication vers la fin du siècle dernier. C'était en Italie, dans les États de la domination autrichienne, et le souverain régnant était Joseph II. Le comte de Born, naturaliste distingué, ami de l'empereur, s'amusa à faire l'histoire naturelle du genremonachus, suivant la méthode de Linné. Ses descriptions étaient accompagnées de figures, comme on en voit dans tous les livres d'histoire naturelle; c'était avec les termes les plus savants et les plus choisis de la science, qui parlait latin dans ce temps-là, un pamphlet contre les moines, contre une puissance que les princes catholiques eux-mêmes ne protégeaient plus. Mais, aujourd'hui, à qui s'attaque la Monachologia? La puissance, qu'est-elle devenue? A quoi répond ce joli petit livre avec sa traduction française, avec sesfiguris ligno incisis? L'éditeur aurait dû garder son papier pour un autre usage, et son bois pour se chauffer.--Il nous dira peut-être que c'est une curiosité bibliographique. Mais les curiosités qui coûtent 1 franc ne sont plus des curiosités. Les bibliophiles veulent payer cher, parce que le prix est le signe de la rareté de l'objet.Annuaire des Voyages et de la Géographiepour l'année 1844; par une réunion de géographes et de voyageurs, sous la direction de M. Frédéric Lacroix. Première année.--Paris, 1844.Guillaumin. 1 fr. 50.Présenter tous les ans au public un résumé des voyages et des travaux géographiques accomplis dans le courant de l'année, telle est l'heureuse idée que M. Frédéric Lacroix vient de réaliser. Cet utile et intéressant petit volume s'ouvre par une introduction dans laquelle M. Frédéric Lacroix passe successivement en revue les explorations entreprises ou terminées en 1843, et celles qui sont encore en voie d'exécution. Viennent ensuite divers articles inédits, rédigés tout exprès pour l'Annuaire, ou communiqués par Dumont d'Urville, M. et madame Hommaire du Bell, le vicomte de Santarem, MM. Alcide d'Orbigny, Marinier, Vincendon-Dumoulin, V. Schoelcher, Desgraz, Ferdinand Denis, Sebastien Albin, le major G. Poussin, etc. A une analyse consciencieuse des principaux livres de géographie ou de voyages publiés en 1843, succèdent enfin les résumés des communications relatives à la géographie faites à l'Académie des sciences, plusieurs tables de hauteur, le tableau chronologique des principales découvertes géographiques, et la liste des principales cartes publiées par le ministère de la marine. Malgré quelques lacunes faciles à combler, l'Annuaire des Voyages et de la Géographiede 1845 est digne du succès qu'il a obtenu. M. Frédéric Lacroix possède toutes les qualités nécessaires, pour que la critique la plus sévère n'ait rien à reprocher à l'Annuaire de1844.Chefs-d'Oeuvre du Théâtre espagnol. Traduction nouvelle, avec une Introduction et des Notes; par M. Damas-Hinard. Calderon, troisième série. 1 vol. in-18.--Paris, 1844.Gosselin. 3 fr. 50.M. Damas-Hinard continue, avec le même bonheur et le même succès, l'élégante et fidèle traduction qu'il a entreprise des chefs-d'œuvre du théâtre espagnol. Le troisième volume de Calderon, qui vient de paraître (le cinquième volume de cette importante publication), renferme, six drames ou comédies:Louis Perez de Galice, le Secret à haute voie, l'Esprit follet, les Trois Châtiments en un seul, le Prince constantetle Schisme d'Angleterre. Chacune de ces pièces est précédée d'une Introduction historique et critique, et des notes intéressantes expliquent aux lecteurs français tous les passages obscurs.--La traduction de M. Damas-Hinard est une de ces œuvres consciencieuses, si rares de nos jours, qui assurent à leur auteur une place distinguée parmi les écrivains de leur époque.Visnelda, ou la Druidesse des Gaules, tragédie en trois actes et en vers; par mademoiselle S. B., auteur dela Fille de Jephté, in-8. 1 fr. 50.--La Rochelle,Frédéric Boulet,--Paris, Paulin.Un de nos abonnés nous adresse des exemplaires de cette tragédie, avec cette note que nous copions: «Ce phénomène littéraire est dû à une jeune personne qui, sans avoir jamais étudié les premières règles de la grammaire et de la prosodie, a trouvé dans un admirable instinct poétique et dans les seules forces d'un génie nourri par d'abondantes lectures, les moyens de faire presque simultanément deux tragédies:la Fille de JephtéetVisnelda, où tout respire la plus tendre piété et les plus beaux sentiments.»Les exemples de cette faculté, qui révèle à quelques natures privilégiées les formes de la poésie, ne sont pas rares de nos jours. La tragédie de mademoiselle S. B. remplit toutes les conditions d'un ouvrage dramatique intéressant, quoique l'expression n'y soutienne pas toujours la dignité de la pensée. Le sujet de la pièce est la lutte des vieilles croyances gauloises contre le christianisme naissant. La druidesse Visnelda est la personnification de cette lutte, et sa conversion, une image du triomphe de la loi chrétienne.Le Minotaure,BRONZE, PAR BARYE.Ce dessin représente un nouveau bronze, Thésée domptant le Minotaure, que notre célèbre et fécond sculpteur, M. Barye, vient d'ajouter à son riche musée de la rue de Choiseul. On sait que M. Barye, indigné de voir ses plus charmants chefs-d'œuvre grossièrement mutilés ou défigurés par des ouvriers ignorants et maladroits, s'est décidé à se faire fabricant dans le double intérêt du public et de sa réputation. Le bel établissement récemment fondé au centre même de la capitale, offrira à tous les véritables amateurs une magnifique collection d'objets d'arts en bronze, exécutés sous les ordres et sous la surveillance de M. Barye, d'après des modèles de M. Barye et de nos principaux sculpteurs.--Tous les bronzes du Musée-Choiseul peuvent être mis en vente tels qu'ils sortent du moule où ils ont été fondus. Aucun ouvrier n'en a altéré, par des retouches inhabiles, la forme primitive. Les résultats qu'il a obtenus assurent à M. Barye la reconnaissance des artistes et des amateurs.Amusements des Sciences.SOLUTION DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS LE CINQUANTE-DEUXIÈME NUMERO.I. Pour résoudre ce problème, il sera commode de prendre différentes cartes d'un jeu entier, en commençant par l'as et en choisissant à la suite. Supposons qu'il y ait dix nombres parmi lesquels s'en trouve un à deviner. On disposera en rond dix cartes dont les nombres de points, depuis l'as, qui correspond à 1, jusqu'au dix, seront ceux parmi lesquels on doit deviner le nombre que quelqu'un aura pensé.Supposons maintenant que votre partner ait pensé le nombre 3; faites-lui toucher une carte quelconque, celle dont les points sont au nombre de 7, par exemple; ajoutez mentalement à 7 le nombre total des cartes 10, puis invitez votre partner à compter tout bas jusqu'à ce nombre 17, à partir du nombre 3 qu'il a pensé et qu'il ne vous fait pas connaître, en commençant par la carte 7 qu'il a touchée, et en suivant un ordre rétrograde; seulement qu'il vous montre la carte où il s'arrête, lorsqu'il est arrivé à 17. Cette carte sera précisément le 3 qu'il a pensé.On pourrait prendre un nombre de cartes plus grand ou plus petit que 10; s'il y en avait 15 ou 8 au lieu de 10, on ajouterait 15 ou 8 au nombre de la carte touchée, pour savoir jusqu'où l'on doit faire compter.Pour mieux dissimuler l'artifice, on pourra retourner les cartes de manière à cacher les points, en ayant soin, toutefois, de bien remarquer où est l'as, afin de savoir à vue le nombre de la carte touchée, pour déterminer celui jusqu'auquel on devra compter.II. Les deux principes suivants sont employés pour résoudre la question proposée, et toutes celles du même genre qui se présentent dans le jeu de billard:1° L'angle que fait la direction de la bille avec la bande, lorsqu'elle vient frapper celle-ci, est égal à l'angle que fait la direction de cette même bille avec la bande après le choc.2° Lorsqu'une bille en rencontre une autre, si on tire entre leurs centres une ligne droite qui passera nécessairement par le point de contact, cette ligne sera la direction de la bille frappée après le coup.Cela posé, voici comment on résoudra la question: par le centre de la blouse donnée B et par celui de la bille M de l'adversaire, concevez une ligne droite, prolongée en dehors de la bille M, d'une quantité égale au rayon de cette bille jusqu'en O, puis frappez votre bille N suivant la direction NO. Lorsque son centre F arrivera en O, elle devra pousser l'autre bille M suivant la direction MB.Nous devons ajouter que cette solution est purement géométrique, et que, dans la pratique, elle est modifiée par l'influence du roulement et du frottement des billes sur le tapis.NOUVELLES QUESTIONS A RÉSOUDRE.I. Deux personnes conviennent de prendre alternativement des nombres moindres qu'un nombre donné, et de les ajouter ensemble jusqu'à ce que l'un des deux puisse atteindre un autre nombre donné. Comment doit-on faire pour arriver infailliblement le premier.II. Faire bouillir de l'eau froide sans feu, mais avec de la glace.Rébus.EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS:L'habit ne fait pas le moine.
Aller vite est notre devise;De dévorer l'espace on se fait une loi.Au profit du devoir l'heure est conquise?...Le temps dont on fait son emploi,Est le seul qu'on économise.
Aller vite est notre devise;De dévorer l'espace on se fait une loi.Au profit du devoir l'heure est conquise?...Le temps dont on fait son emploi,Est le seul qu'on économise.
Aller vite est notre devise;
De dévorer l'espace on se fait une loi.
Au profit du devoir l'heure est conquise?...
Le temps dont on fait son emploi,
Est le seul qu'on économise.
La couleur mélancolique et vive répandue dans le petit drame intitulele Tableau, frappera tous les yeux. Le récit a une forme saisissante et animée, qui donne un nouveau relief à une idée vraie en tout temps, et si bien exprimée par ces beaux vers;
Au talent qui languit dans l'ombre et le sommeil,Et que poursuit du sort l'injustice commune,Que manque-t-il souvent, pour trouver le réveil?Un sourire de la fortune,Un simple rayon du soleil!
Au talent qui languit dans l'ombre et le sommeil,Et que poursuit du sort l'injustice commune,Que manque-t-il souvent, pour trouver le réveil?Un sourire de la fortune,Un simple rayon du soleil!
Au talent qui languit dans l'ombre et le sommeil,
Et que poursuit du sort l'injustice commune,
Que manque-t-il souvent, pour trouver le réveil?
Un sourire de la fortune,
Un simple rayon du soleil!
Nos mœurs politiques ont sans doute inspiréle Babillard. Nos hommes d'État, nos grands orateurs pourraient y trouver une leçon.
Après avoir frondé la faconde, l'abus des mots, l'auteur joint l'exemple au précepte dans la fable suivante, qui est elle-même un modèle de concision:
La Canne à Épée.
Une lame vaillante, autrefois glorieuse.Sous un bambou flexible (instrument déloyal),Devint une arme dangereuse.Qui souvent change en meurtre un combat inégal.«Hélas! de quel malheur le destin m'a frappée!Dit-elle; on me déguise, et je fuis le regard!Autrefois j'étais une épée,Et je ne suis plus qu'un poignard!»Tout dépend ici-bas de la place où nous sommes!Sous l'or est le fumier; sous la fange, un joyau!Et Bien souvent parmi les hommesQui marque les rangs!...Le fourreau.
Une lame vaillante, autrefois glorieuse.Sous un bambou flexible (instrument déloyal),Devint une arme dangereuse.Qui souvent change en meurtre un combat inégal.«Hélas! de quel malheur le destin m'a frappée!Dit-elle; on me déguise, et je fuis le regard!Autrefois j'étais une épée,Et je ne suis plus qu'un poignard!»Tout dépend ici-bas de la place où nous sommes!Sous l'or est le fumier; sous la fange, un joyau!Et Bien souvent parmi les hommesQui marque les rangs!...Le fourreau.
Une lame vaillante, autrefois glorieuse.
Sous un bambou flexible (instrument déloyal),
Devint une arme dangereuse.
Qui souvent change en meurtre un combat inégal.
«Hélas! de quel malheur le destin m'a frappée!
Dit-elle; on me déguise, et je fuis le regard!
Autrefois j'étais une épée,
Et je ne suis plus qu'un poignard!»
Tout dépend ici-bas de la place où nous sommes!
Sous l'or est le fumier; sous la fange, un joyau!
Et Bien souvent parmi les hommes
Qui marque les rangs!...
Le fourreau.
Nous regrettons que l'espace ne nous permette pas de transcrire le Pain du Moineau, touchante leçon à l'adresse des ingrats;les Deux Fumées, celle du riche hôtel de la Monnaie et celle de la pauvre échoppe du forgeron; fumées qui vont se confondre et se perdre dans l'air, comme les destinées humaines dans la tombe. Nous recommandons surtoutles Cuisines, charmante instruction donnée à ceux qui envient l'éclat, la réputation, parce qu'ils ne sont pas entrés dans les officines où l'intrigue et le charlatanisme préparent les grandeurs du jour et les succès du moment.
Quant au livre de M. Léon Halévy, il a déjà réussi sans le secours de ces moyens artificiels et faux, souvent nécessaires au mérite même. Un pareil succès est rare aujourd'hui. Nous devons un dernier éloge à l'ouvrage: le style répond au charme, à la variété du sujet; il est tour à tour grave et enjoué, simple et noble. L'auteur sait faire parler tous les êtres qui sont du domaine de la fable, suivant leur nature et leur situation: l'ouvrier, le bourgeois, l'homme d'État, les bêtes et les choses même, qu'il personnifie et qu'il anime avec un rare bonheur. Ses vers sont faits comme on n'en fait plus: ils respectent les règles de langue et du goût; ils sont pleins d'élégance et surtout d'harmonie; mais c'est un don de famille qu'on ne s'étonnera pas de trouver dans un ouvrage de M. Léon Halévy. Le succès de cette œuvre, les suffrages éclairés qu'elle a reçus, prouvent que le sentiment de la vraie poésie française n'a pas encore été étouffé sons le fatras des productions extravagantes et des vers barbares qui nous inondent.
A. F.
Monachologia, figuris ligno incisis illustrata(avec la traduction en français).--Chez tous les libraires. 1 volume in-24. 1 fr.
Pourquoi a-t-on réimprimé ce petit volume? On comprend, sans la louer ni la blâmer, sa première publication vers la fin du siècle dernier. C'était en Italie, dans les États de la domination autrichienne, et le souverain régnant était Joseph II. Le comte de Born, naturaliste distingué, ami de l'empereur, s'amusa à faire l'histoire naturelle du genremonachus, suivant la méthode de Linné. Ses descriptions étaient accompagnées de figures, comme on en voit dans tous les livres d'histoire naturelle; c'était avec les termes les plus savants et les plus choisis de la science, qui parlait latin dans ce temps-là, un pamphlet contre les moines, contre une puissance que les princes catholiques eux-mêmes ne protégeaient plus. Mais, aujourd'hui, à qui s'attaque la Monachologia? La puissance, qu'est-elle devenue? A quoi répond ce joli petit livre avec sa traduction française, avec sesfiguris ligno incisis? L'éditeur aurait dû garder son papier pour un autre usage, et son bois pour se chauffer.--Il nous dira peut-être que c'est une curiosité bibliographique. Mais les curiosités qui coûtent 1 franc ne sont plus des curiosités. Les bibliophiles veulent payer cher, parce que le prix est le signe de la rareté de l'objet.
Annuaire des Voyages et de la Géographiepour l'année 1844; par une réunion de géographes et de voyageurs, sous la direction de M. Frédéric Lacroix. Première année.--Paris, 1844.Guillaumin. 1 fr. 50.
Présenter tous les ans au public un résumé des voyages et des travaux géographiques accomplis dans le courant de l'année, telle est l'heureuse idée que M. Frédéric Lacroix vient de réaliser. Cet utile et intéressant petit volume s'ouvre par une introduction dans laquelle M. Frédéric Lacroix passe successivement en revue les explorations entreprises ou terminées en 1843, et celles qui sont encore en voie d'exécution. Viennent ensuite divers articles inédits, rédigés tout exprès pour l'Annuaire, ou communiqués par Dumont d'Urville, M. et madame Hommaire du Bell, le vicomte de Santarem, MM. Alcide d'Orbigny, Marinier, Vincendon-Dumoulin, V. Schoelcher, Desgraz, Ferdinand Denis, Sebastien Albin, le major G. Poussin, etc. A une analyse consciencieuse des principaux livres de géographie ou de voyages publiés en 1843, succèdent enfin les résumés des communications relatives à la géographie faites à l'Académie des sciences, plusieurs tables de hauteur, le tableau chronologique des principales découvertes géographiques, et la liste des principales cartes publiées par le ministère de la marine. Malgré quelques lacunes faciles à combler, l'Annuaire des Voyages et de la Géographiede 1845 est digne du succès qu'il a obtenu. M. Frédéric Lacroix possède toutes les qualités nécessaires, pour que la critique la plus sévère n'ait rien à reprocher à l'Annuaire de1844.
Chefs-d'Oeuvre du Théâtre espagnol. Traduction nouvelle, avec une Introduction et des Notes; par M. Damas-Hinard. Calderon, troisième série. 1 vol. in-18.--Paris, 1844.Gosselin. 3 fr. 50.
M. Damas-Hinard continue, avec le même bonheur et le même succès, l'élégante et fidèle traduction qu'il a entreprise des chefs-d'œuvre du théâtre espagnol. Le troisième volume de Calderon, qui vient de paraître (le cinquième volume de cette importante publication), renferme, six drames ou comédies:Louis Perez de Galice, le Secret à haute voie, l'Esprit follet, les Trois Châtiments en un seul, le Prince constantetle Schisme d'Angleterre. Chacune de ces pièces est précédée d'une Introduction historique et critique, et des notes intéressantes expliquent aux lecteurs français tous les passages obscurs.--La traduction de M. Damas-Hinard est une de ces œuvres consciencieuses, si rares de nos jours, qui assurent à leur auteur une place distinguée parmi les écrivains de leur époque.
Visnelda, ou la Druidesse des Gaules, tragédie en trois actes et en vers; par mademoiselle S. B., auteur dela Fille de Jephté, in-8. 1 fr. 50.--La Rochelle,Frédéric Boulet,--Paris, Paulin.
Un de nos abonnés nous adresse des exemplaires de cette tragédie, avec cette note que nous copions: «Ce phénomène littéraire est dû à une jeune personne qui, sans avoir jamais étudié les premières règles de la grammaire et de la prosodie, a trouvé dans un admirable instinct poétique et dans les seules forces d'un génie nourri par d'abondantes lectures, les moyens de faire presque simultanément deux tragédies:la Fille de JephtéetVisnelda, où tout respire la plus tendre piété et les plus beaux sentiments.»
Les exemples de cette faculté, qui révèle à quelques natures privilégiées les formes de la poésie, ne sont pas rares de nos jours. La tragédie de mademoiselle S. B. remplit toutes les conditions d'un ouvrage dramatique intéressant, quoique l'expression n'y soutienne pas toujours la dignité de la pensée. Le sujet de la pièce est la lutte des vieilles croyances gauloises contre le christianisme naissant. La druidesse Visnelda est la personnification de cette lutte, et sa conversion, une image du triomphe de la loi chrétienne.
Ce dessin représente un nouveau bronze, Thésée domptant le Minotaure, que notre célèbre et fécond sculpteur, M. Barye, vient d'ajouter à son riche musée de la rue de Choiseul. On sait que M. Barye, indigné de voir ses plus charmants chefs-d'œuvre grossièrement mutilés ou défigurés par des ouvriers ignorants et maladroits, s'est décidé à se faire fabricant dans le double intérêt du public et de sa réputation. Le bel établissement récemment fondé au centre même de la capitale, offrira à tous les véritables amateurs une magnifique collection d'objets d'arts en bronze, exécutés sous les ordres et sous la surveillance de M. Barye, d'après des modèles de M. Barye et de nos principaux sculpteurs.--Tous les bronzes du Musée-Choiseul peuvent être mis en vente tels qu'ils sortent du moule où ils ont été fondus. Aucun ouvrier n'en a altéré, par des retouches inhabiles, la forme primitive. Les résultats qu'il a obtenus assurent à M. Barye la reconnaissance des artistes et des amateurs.
I. Pour résoudre ce problème, il sera commode de prendre différentes cartes d'un jeu entier, en commençant par l'as et en choisissant à la suite. Supposons qu'il y ait dix nombres parmi lesquels s'en trouve un à deviner. On disposera en rond dix cartes dont les nombres de points, depuis l'as, qui correspond à 1, jusqu'au dix, seront ceux parmi lesquels on doit deviner le nombre que quelqu'un aura pensé.
Supposons maintenant que votre partner ait pensé le nombre 3; faites-lui toucher une carte quelconque, celle dont les points sont au nombre de 7, par exemple; ajoutez mentalement à 7 le nombre total des cartes 10, puis invitez votre partner à compter tout bas jusqu'à ce nombre 17, à partir du nombre 3 qu'il a pensé et qu'il ne vous fait pas connaître, en commençant par la carte 7 qu'il a touchée, et en suivant un ordre rétrograde; seulement qu'il vous montre la carte où il s'arrête, lorsqu'il est arrivé à 17. Cette carte sera précisément le 3 qu'il a pensé.
On pourrait prendre un nombre de cartes plus grand ou plus petit que 10; s'il y en avait 15 ou 8 au lieu de 10, on ajouterait 15 ou 8 au nombre de la carte touchée, pour savoir jusqu'où l'on doit faire compter.
Pour mieux dissimuler l'artifice, on pourra retourner les cartes de manière à cacher les points, en ayant soin, toutefois, de bien remarquer où est l'as, afin de savoir à vue le nombre de la carte touchée, pour déterminer celui jusqu'auquel on devra compter.
II. Les deux principes suivants sont employés pour résoudre la question proposée, et toutes celles du même genre qui se présentent dans le jeu de billard:
1° L'angle que fait la direction de la bille avec la bande, lorsqu'elle vient frapper celle-ci, est égal à l'angle que fait la direction de cette même bille avec la bande après le choc.
2° Lorsqu'une bille en rencontre une autre, si on tire entre leurs centres une ligne droite qui passera nécessairement par le point de contact, cette ligne sera la direction de la bille frappée après le coup.
Cela posé, voici comment on résoudra la question: par le centre de la blouse donnée B et par celui de la bille M de l'adversaire, concevez une ligne droite, prolongée en dehors de la bille M, d'une quantité égale au rayon de cette bille jusqu'en O, puis frappez votre bille N suivant la direction NO. Lorsque son centre F arrivera en O, elle devra pousser l'autre bille M suivant la direction MB.
Nous devons ajouter que cette solution est purement géométrique, et que, dans la pratique, elle est modifiée par l'influence du roulement et du frottement des billes sur le tapis.
NOUVELLES QUESTIONS A RÉSOUDRE.
I. Deux personnes conviennent de prendre alternativement des nombres moindres qu'un nombre donné, et de les ajouter ensemble jusqu'à ce que l'un des deux puisse atteindre un autre nombre donné. Comment doit-on faire pour arriver infailliblement le premier.
II. Faire bouillir de l'eau froide sans feu, mais avec de la glace.
L'habit ne fait pas le moine.