Bulletin bibliographique.

1, 2, 3, 4, 5. Préaux pour la promenade.6, 7, 8. Cours profondes.9. Ventilateurs.10. Chambres des surveillants dans la tour de rondes.a. Vestibule.b. Chambre du gouverneur.c. Chambre des magistrats.d. Greffe.e. Chambre du chirurgien.f. Chambre des surveillants.g. Salle des geôliers.h. Chambre de la....i. Chambre des lavabos.j. Chambre du chef des geôliers.k. Réfectoire des surveillants.l. Salle de l'inspection.m, n. Corridors des cellules.o. Loge de geôlier.p. Loge de surveillance.q. Entrée principale.Maison de la Roquette, à Paris.                         Maison de la Roquette, à Paris,--Jeunes détenus.                                                 --Réclusionnaires.Prison de Pentonville.--Porte de Cellule.Cette prison renferme aujourd'hui cinq cents prisonniers tous soumis à un régime actif.Le silence absolu est la règle de la maison; aussi l'on n'y entend d'autre bruit que le pas des gardiens et le cliquetis de leurs clefs lorsqu'ils ouvrent ou ferment les portes des cellules. Sur une rotonde centrale, formant le noyau intérieur de la prison, s'ouvrent en éventail quatre arcades d'une hauteur égale à celle du bâtiment.C'est sur ces arcades que donnent les cellules, qui occupent trois étages superposés. Des galeries auxquelles on arrive par de petits escaliers en spirale construits en fer et à jour, conduisent aux étages supérieurs. Les arcades sont désignées par les lettres A, B, C, D, et les étages par les numéros 1, 2, 3; les cellules sont également numérotées. Ces indications sont reproduites en drap rouge sur les vestes et pantalons gris des prisonniers, qui quittent leur nom pour n'être plus désignés que par leur numéro.--On maintient la séparation aussi bien que le silence. Les détenus travaillent, prennent leur repas et dorment dans leurs cellules. Cependant on les fait sortir par détachements pour prendre l'air dans les cours. Mais en traversant les corridors, chaque prisonnier doit se tenir à quatre mètres de distance de l'autre, ne communiquer avec lui ni par la voix ni par aucun signe, et chacun est bientôt enfermé dans un préau séparé. D'un bâtiment central, auquel tous ces préaux aboutissent, un seul gardien peut observer tous les promeneurs. Non-seulement les prisonniers ne peuvent communiquer entre eux, mais ils ne peuvent pas même se connaître. Tous portent des casquettes pourvues d'un morceau d'étoffe qui peut se rabattre sur la figure jusqu'à la bouche, et qui est percé de deux trous en face des veux, comme font les pénitents italiens. Le prisonnier abaissant ce morceau d'étoffe lorsque sa cellule s'ouvre à des visiteurs ou lorsqu'il en sort pour se rendre au préau, ses traits sont complètement cachés; il n'éprouve pas l'humiliation d'être exposé à la curiosité quelquefois indiscrète des étrangers, et il ne saurait être reconnu de ses compagnons d'infortune.Prison de Pentonville.--Intérieur de Cellule.Toutes les cellules, dont nous donnons ici la porte, ont treize pieds de long sur sept de large et dix-sept de hauteur; elles sont toutes blanchies à la chaux et éclairées par une fenêtre élevée et grillée. Quand la porte s'ouvre, elle laisse voir dans le coin à droite en entrant une tablette sur laquelle on range pendant le jour le lit ou hamac roulé, qui se suspend la nuit à des crochets fixés dans le mur, et au-dessous de cette tablette un tiroir dans lequel on peut serrer différents objets; près de là est une table avec une Bible et quelque autres livres; au-dessus de la table se projette un bec de gaz, enveloppé d'un garde-vue, et qu'on allume le soir. Un peu plus loin se trouve une cuvette en métal, scellée dans le mur et surmontée d'un robinet qui s'ouvre à volonté; l'eau qui a servi s'échappe par le fond de la cuvette et est conduite par un tuyau dans un siège creux en pierre, recouvert d'une plaque de fonte à charnière. Vingt-cinq litres d'eau par jour sont mis à la disposition de chaque prisonnier, indépendamment de ce qui se consomme pour les bains administrés à des intervalles réguliers dans une partie de l'établissement appropriée à cet usage. Un calorifère établi au rez-de-chaussée distribue, dans toutes les parties de l'édifice, de l'air chaud qui pénètre dans les cellules par des trous pratiqués dans des plaques métalliques fixées dans le plancher, en même temps que l'air vicié s'échappe par d'autres ouvertures ménagées au-dessus de la porte et communiquant avec des fourneaux d'appel placés dans des parties éloignées du bâtiment.Chapelle de la Prison de Pentonville.A toute heure du jour ou de la nuit, le prisonnier peut appeler l'aide ou le secours d'un employé dans sa cellule. En touchant un ressort, il met en mouvement une sonnette placée dans l'arcade qui correspond à l'aile de bâtiment qu'il habite; en même temps une petite tablette, couchée contre le mur de cette arcade, se déploie et indique au gardien le numéro de la cellule où il est appelé. Dans la porte de chaque cellule est tout à la fois un judas fort étroit, recouvert de gaze d'une fermeture, par lequel on peut, sans être vu, observer tous les mouvements du prisonnier, et un guichet par lequel on lui fait passer sa nourriture.«Dans les différentes cellules où j'entrai ou dont j'examinai l'intérieur par les ouvertures ménagées à cet effet dans portes, dit une personne qui a visité récemment cet établissement (1), les prisonniers étaient à l'ouvrage, les uns exerçant le métier cordonniers, d'autres celui de tailleurs, plusieurs celui forgerons et de menuisiers, quelques-uns celui de tisserand et de vanniers. Dans chaque cellule de forgeron était installée une forge avec son soufflet, ainsi qu'une enclume, le tout proportionné aux dimensions de la pièce; et nous observâmes avec intérêt l'entrain avec lequel les prisonniers battaient leur fer et se livraient leurs autres travaux, comme s'ils y eussent trouvé une diversion agréable à l'ennui de leur solide. Il est évident qu'un travail utile et régulier, qui occupe l'intelligence ainsi le corps, doit nécessairement exercer une puissante influence sur le physique et sur le moral: on peut même dire le c'est l'absence de cette action salutaire qui a amené la plupart des détenus dans leur position actuelle. Dans quelques cellules, je remarquai deux personnes, le prisonnier et un instructeur; et, à ce sujet, on ne saurait trop répéter que beaucoup de personnes ne se font pas une idée exacte de ce qui constitue le système de silence et de séparation auquel les prisonmers sont soumis dans la prison modèle. Indépendamment de l'humanité avec laquelle on a pourvu à leurs différents besoins, ils reçoivent dans leurs cellules la visite des personnes chargées de leur enseigner le métier qu'ils choisissent, du médecin, de l'aumônier et d'autres fonctionnaires de l'établissement. A certaines heures du jour, ils sont conduits à l'école par divisions; et à, sans pouvoir se voir les uns les autres, ils sont tous vus par l'instituteur et l'entendent lire mutuellement. Ils assistent aussi en masse aux exercices religieux. La chapelle, située dans la partie supérieure du bâtiment, est une vaste pièce, pourvue d'un orgue, d'une chaire, et des autres accessoires nécessaires; les bancs, qui s'élèvent par gradins, sont divisés en une série de petites niches fermées comme autant de loges dans lesquelles on entre par derrière, de sorte qu'aucun des assistants ne peut voir ni ses voisins, ni ceux qui sont devant ou derrière lui, tandis que le ministre a tout son auditoire sous les yeux.Note 1:London MagazineetRevue Britannique, numéro de février 1844.«Je montai sur le toit de cette chapelle, d'où j'eus un panorama complet de la prison, qui couvre, avec toutes ses cours et préaux, une surface de près de trois hectares, le tout entouré, à l'exception du corps-de-logis, qui forme la façade, d'une haute muraille dans les angles de laquelle sont ménagés les logements des employés qui doivent résider dans rétablissement.»Intérieur de la prison de Pentonville.L'installation des cuisines est bien entendue. Des crics enlèvent et font monter à tous les étages les plateaux chargés, qui circulent rapidement sur des chariots dans les différents corridors. Le régime y est sain et abondant. On peut faire l'objection, cela est bien vrai, dans presque tous ces établissements nouveaux, que les individus ainsi traités sont cependant des coupables subissant une peine, et que d'honnêtes ouvriers, de braves laboureurs, à la vie desquels la société n'a nul reproche à faire, sont bien loin de pouvoir vivre aussi convenablement, aussi largement, malgré la persévérance et la fatigue de leurs travaux. Il y a une juste mesure à observer pour les directeurs de maisons pénitentiaires. Mais il est bien explicable que, placés entre deux reproches contradictoires, qui sont souvent dirigés contre eux en même temps, celui de traiter trop bien les détenus, par le motif que nous venons d'exposer, et celui de les traiter trop mal, que leur adressent, quoi qu'ils fassent, certains philanthropes exaltés, ils préfèrent, quand il s'agit surtout d'aliments et de leur abondance, s'exposer à dépasser plutôt un peu une stricte mesure qu'à demeurer en deçà.Une partie importante du mécanisme moral de la prison est la bibliothèque, fort bien montée. Indépendamment de livres de morale et de piété, elle en contient beaucoup qui ne sont qu'instructifs et amusants, et divers ouvrages périodiques que l'on prête aux détenus qui ont rempli certaines conditions du règlement; cette, mesure a produit jusqu'à présent les meilleurs résultats. On conçoit, en effet, que la société d'un livre qui intéresse doit adoucir les ennuis de la solitude, et donner aux pensées une nouvelle et meilleure direction.Les commissaires, dans un rapport récemment soumis au Parlement, expriment leur haute satisfaction de l'état de la prison. «La conduite des détenus, disent-ils, a été très-convenable, et ils se montrent désireux de se conformer aux règles de la prison et de profiter des moyens d'amélioration morale et d'instruction qui leur sont offerts. Les effets de ces bonnes dispositions se manifestent déjà d'une manière frappante. L'état sanitaire est très-satisfaisant sous tous les rapports, et les détenus ont, en général, fait des progrès rapides dans les différents métiers qu'on leur enseigne.»Ajoutons, avant de terminer, dût cet article sembler sans conclusion, dût notre lecteur demeurer dans le doute, que M. L. Faucher, dans un travail remarquable qu'il a publié dans laRevue des deux mondesdu 1er février dernier, a cru devoir, s'appuyant sur leTimesdu 28 janvier, porter sur le résultats obtenus à Pentonville un jugement diamétralement opposé à celui de la commission de cet établissement, quant à la question sanitaire: «Il n'y a pas un an, dit-il, que Pentonville est habité, et déjà il a fallu transférer à Woolwich, dans le ponton qui sert d'hôpital, environ quarante condamnés réduits, par le régime solitaire, à un tel état de maigreur et de faiblesse, que bien peu de ces malheureux paraissent devoir recouvrer la santé. Le 24 janvier, une enquête ouverte à Woolwich, après le décès d'un condamné, a constaté qu'il était mort des effets de l'emprisonnement pensylvanien, malgré les soins qu'on lui avait prodigués, après sa sortie de Pentonville, pour le ramener à la vie. Cet homme, quoique dans la fleur de l'age, présentait l'aspect d'un véritable squelette, et son corps n'était plus qu'une masse entièrement desséchée. Outre ceux qui sont morts ou qui sont à la veille de mourir, on a transféré à l'hospice de Bethléem trois condamnés qui étaient devenus fous, l'un dès le mois de juin, l'autre dans le mois d'août, et le troisième avant la fin de décembre 1843. Il semble, d'après cela, que l'influence délétère que ce système exerce sur les facultés mentales soit aussi prompte qu'elle est terrible.»Bulletin bibliographique.L'Inde anglaise en 1843; par le comte Édouard deWarren, ancien officier au service de S. M. R. dans l'Inde (présidence de Madras). 2 vol. in-8. Dans, 1844 Imprimeurs-unis. 15 fr.«En écrivant cet ouvrage, dit M. le comte Édouard de Warren, je me suis propose deux tâches qui ont donné naissance à deux parties tout à fait distinctes, quoique se prêtant une confirmation mutuelle. Dans la première, j'ai cherché à combler avec des matériaux peut-être rudement dégrossis, mais du moins consciencieusement recueillis, la lacune laissée par la mort dans l'admirable ouvrage de Jacquemont. Son journal et sa correspondance n'embrassent que les présidences du Bengale et de Bombay; celle de Madras lui échappé entièrement. Cette province est cependant bien loin de le céder aux deux autres en importance et en intérêt, pour la France surtout, qui y a joué un si grand rôle, qui y conserve encore tant de souvenirs de gloire et de malheur. Cette lacune, j'ai essayé d'abord de la remplir, mais entraîné bientôt par le sérieux et le positivisme de ma nature, j'ai cependant abandonné la partie descriptive pour aborder les questions politiques.»L'Inde anglaisese divise en effet, comme son auteur nous l'apprend ainsi dès le début, en deux parties tout à fait distinctes. La première, plus longue que la seconde, ne lui ressemble en rien. C'est «un simple récit du coin du feu, que M. de Warren abandonne à toutes les critiques qu'on en voudra faire, tout en espérant cependant quelque indulgence; ce sont des pages détachées de son journal, écrites sans prétention, sous l'impression du moment, souvent à la hâte, sur le bord du chemin, sur le pavé de la vieille mosquée, sur le piédestal de l'idole dans la pagode, le soir d'une longue marche sur un lit de camp, ou après les agitations du combat.» Cette première partie, nous ne pouvons pas l'analyser, car elle renferme la vie de M. de Warren depuis 1830 jusqu'en 1843. Au moment où la révolution de juillet éclata, M. de Warren, fils d'un officier de la brigade irlandaise de Dillon, venait de se présenter vainement pour la seconde fois à l'École Polytechnique. Né à Madras, il était toujours l'enfant de l'Asie; il résolut de retourner dans l'Inde, où résidait d'ailleurs sa famille. Enfin, son ambition découvrait dans son pays natal toute une carrière à exploiter, où il n'avait été devancé par personne. Que connaissait-on en effet en 1830? que connaît-on même aujourd'hui de ces vastes contrées où la France a joué un si grand rôle? Avait-on fait le moindre effort depuis quarante ans pour s'enquérir de la politique de nos rivaux et du développement de leur puissance dans le plus vaste de leurs domaines? M. de Warren se proposa donc d'entreprendre un long pèlerinage: pour visiter les localités les moins connues de l'Inde anglaise, et de recueillir toutes les données nécessaires, afin d'en extraire plus tard l'analyse politique et l'histoire contemporaine de son gouvernement. Il partit donc, après avoir demandé à M. le comte Dupuys «un plan pour poursuivre avec méthode son idée, bien résolu à l'exécuter avec la ténacité et l'audace dont il se sentait capable.»Nous ne pouvons malheureusement pas le suivre dans ses voyages. Qu'il nous suffise de dire qu'il habita et qu'il décrit tour à tour Madras, Pondichéry, Hyderabad, Ellorn, Bellary, Golconde, Vellore, etc. Nommé enseigne dans le 55e régiment de. S. M. B., il nous donne d'abord les détails les plus nouveaux et les plus complets sur la composition d'un régiment anglais, l'armée royale et l'armée de la compagnie, les systèmes de recrutement et d'avancement, etc. Enfin, il fit la campagne de Coorg; puis, après avoir raconté pourquoi et comment la compagnie ajouta à ses domaines les États de Coorg, il escorte le rajah prisonnier jusqu'à Bengalore. Cette expédition terminée, M. de Warren clôt subitement la première partie de son ouvrage. «J'ai cru, dit-il, pouvoir employer les premières pages de mon journal, celles où j'avais inscrit ces premières impressions du voyageur, toujours les plus vives et les plus fidèles, comme un cadre à tiroir dans lequel il était assez commode de faire passer successivement en revue les mœurs, les coutumes, les préjugés, la vie sociale des peuples dont je me préparais à expliquer la vie politique, dont j'allais interroger le passé et calculer l'avenir me semblait nécessaire, au moment d'initier pour la première fois mes compatriotes aux combinaisons de la publique de l'Inde, de les transporter d'abord quelque temps dans l'atmosphère locale, de les acclimater en quelque sorte; mais je ne dois point abuser de la patience du public. D'ailleurs, la marche de mon journal m'a conduit une ère nouvelle qui est précisément l'époque d'où il est nécessaire de reprendre l'étude de l'Inde anglaise contemporaine. Depuis quelques mois une révolution complète s'était opérée dans le système de l'administration de l'Inde. Un acte du Parlement d'août 1833, sanctionné par la couronne, avait transformé une société de marchands en un congrès de ministres, avait ôté de ses mains la balance du commerce pour y laisser celle du gouvernent et de la politique. Les questions qui allaient se présenter étaient trop vastes pour les pages fugitives d'un journal, pour les mêler aux petits accidents de la vie d'un homme. Il était temps de laisser la monotone histoire d'un jeune lieutenant tournant dans un cercle étroit d'oisives garnisons, pour suivre le développement et la marche d'un grand empire.»Apprécier exactement la nature et le degré du pouvoir de la compagnie anglaise des Indes orientales, «telle était, telle est, dit M. de Warren, la grande question du moment, question palpitante d'actualité et d'avenir, que je me suis proposé pour thème.»«Pour bien comprendre un mécanisme aussi compliqué, il faut, ajoute-t-il, l'examiner successivement dans ses rapports: 1º avec la métropole; 2º avec les peuples sur lesquels il agit.» Il se trouve ainsi naturellement amené à subdiviser pour plus de clarté la question principale en plusieurs questions élémentaires, dont il essaie de donner une solution. D'abord il se demande quelle est la constitution actuelle de l'empire britannique dans l'Inde, et si cette constitution paraît devoir être définitive. Puis il entre dans de longs et curieux détails sur le gouvernement local; l'organisation administrative, fiscale et judiciaire; le système de police, les revenus, comprenant l'impôt territorial, les tributs, les monopoles, les douanes, la moyenne générale des revenus; la moyenne générale des dépenses; la statistique financière. Les trois premiers chapitres ne traitent que du mode d'action du gouvernement actuel de l'Inde sur ses sujets immédiats ou directs. Son action politique sur ses sujets médiats ou les États alliés, vassaux et tributaires, forme le sujet de trois autres chapitres du plus haut intérêt.On compte aujourd'hui deux cent vingt royaumes, principautés et fiefs principaux, dépendants ou tributaires de la Compagnie, sans y comprendre une infinité de petits princes ou chefs secondaires liés par des traités plus ou moins directs avec le gouvernement suprême de l'Inde anglaise. Ils composent une fédération dont ce gouvernement est le chef, et dont les conditions sont celles-ci: protection effective d'un côté, déférence et soumission formelle de l'autre; l'arbitrage du suzerain est accepté comme définitif dans toutes les questions qui peuvent s'élever entre les vassaux. Les États de quelque importance entretiennent à leurs frais des forces subsidiaires, ou des contingents commandés par des officiers européens. Les petites principautés sont simplement tenues de payer un tribut, ou, si elles sont trop pauvres pour offrir une redevance annuelle en échangé de la protection qui leur est accordée, elles s'engagent au moins, en cas de guerre, à se lever en masse à la première réquisition.Les princes qui vivent aujourd'hui sous la protection ou sous la dépendance de la compagnie peuvent se diviser en quatre grandes classes:1º Princes indépendants dans l'administration intérieure de leurs États, mais non dans le sens politique;2º Princes dont les États sont gouvernés par un ministre choisi par le gouvernement anglais, et placés sous la protection immédiate du représentant ou agent de ce gouvernement, qui résidé à la cour du souverain nominal;3º Princes dont les États sont gouvernés en leur nom par le résident anglais lui-même et les agents de son choix;4º Princes dépossédés et pensionnés, mais conservant encore les prérogatives de la caste et du rang, traités avec la considération et les courtoisies indiquées par les usages du pays; inviolables dans leurs personnes et affranchis de la juridiction des cours, excepté en matière politique. Le gouvernement suprême se reserve pourtant le droit de les priver de leur liberté ou de suspendre leurs pensions quand des raisons d'État, fondées sur des intrigues dévoilées ou une malveillance suffisamment apparente, réclament l'adoption de ces mesures de rigueur.Ou trouve dans les définitions diverses de ces quatre classes, la progression décroissante suivie par chaque chef d'État qui accepte la protection de l'Angleterre, le sacrifice de l'indépendance politique est suivi tôt ou tard de celui de l'indépendance administrative et personnelle. Tout en ne négligeant rien pour préparer ces différentes transitions, le gouvernement suprême agit toujours avec sa lenteur et sa circonspection accoutumées; il ne hâte leur succession ou leur consommation finale que quand il est certain d'y trouver son avantage, C'est généralement dans la seconde et la troisième classe que les États vassaux fournissent le plus abondamment à la cupidité du suzerain. Ce sont des mines d'or en exploitation. Le chef protégé est alors le bouc expiatoire sur lequel retombe toute la haine du peuple, dont la substance s'écoute réellement dans le trésor de la compagnie.M. de Warren passe donc successivement en revue ces quatre classes, et il voit, dit-il, se développer devant lui un tableau qui rivalise avec les plus grandioses et les plus sublimes de l'histoire romaine, jamais la reine du monde ancien n'attela plus de peuples et de souverains à son char de triomphe.A ce curieux tableau succède un chapitre intitulé statistique générale de l'Inde. Selon les calculs de M. de Warren, exacts dans certaines parties et approximatifs dans d'autres, le chiffre total des populations comprises entre les limites naturelles de l'Hindoustan, c'est-à-dire l'Indus, l'Hymalaya, l'Océan et les montagnes d'Arracan, serait approximativement et au maximum de 158 millions.Malgré le peu d'énergie de ces 158 millions d'esclaves, et leurs vieilles haines politiques et religieuses, la stabilité de l'ordre de choses introduit par la domination anglaise doit être attribuée surtout à la présence d'une armée, dont l'organisation actuelle, parfaite à beaucoup d'égards, est le résultat d'une longue expérience et d'études approfondies sur le caractère des indigènes et les exigences du service. Dans son chapitre suivant, qui a pour titre: Système militaire, M. de Warren complète les renseignements qu'il avait déjà donnés durant le cours de ses mémoires, sur le nombre, l'organisation et la qualité de l'armée anglo-indienne.Pour achever cette peinture de la société européenne dans l'Inde, M. de Warren consacre une partie du chapitre suivant au clergé et au commerce; puis il examine l'organisation de la société indienne, extrêmement multiple dans ses détails, mais présentant deux éléments principaux parfaitement distincts dans leur origine, leur essence et leurs composés, les éléments hindou et musulman, que deux religions différentes qui se repoussent sur tous les points séparent comme par on abîme.Ces études préliminaires achevées, M. de Warren se demande quelle est la position de l'Inde sous le rapport de la prospérité matérielle et positive; si elle a ou non à regretter les gouvernements divers, alfghans et mogols, qui ont précédé celui des Anglais; si elle a l'espoir d'une amélioration quelconque dans l'avenir? Ces questions posées, M. de Warren réfute l'assertion singulièrement légère et hasardée de M. de Jancigny, que des peuples de l'Hindoustan jouissent aujourd'hui de plus d'indépendance relative, de repos, d'aisance et de bonheur qu'ils n'en avaient eu en partage pendant dix siècles.--«L'Angleterre, dit-il, a trouvé moyen d'épuiser tous les trésors de l'Inde sans en employer la moindre fraction au profit et au bonheur matériel des peuples qu'elle a conquis: comme le vampire fabuleux, elle aura bientôt tout absorbé, et il ne restera plus qu'un peuple de serfs jouissant d'une liberté nominale annulée par le besoin et n'ayant d'autre alternative que de travailler pour le profit exclusif de ses maîtres.»L'Inde n'a donc, dans l'opinion de M. de Warren aucun espoir d'amélioration dans l'avenir; sa position doit nécessairement et fatalement empirer. Comme l'a dit Montgomery Martin, elle peut être comparée à celle d'un individu qui serait prive de nourriture et auquel on retirerait journellement du sang par des saignées. Que doit-il attendre? l'atrophie, les convulsions, la mort! «On nous dira, s'écrie M. de Warren, que le jour viendra peut-être où l'Angleterre sera plus juste et entendra mieux ses véritables intérêts. Non, parce qu'elle est sur une pente fatale; son industrie a pris un développement effrayant qu'elle ne peut plus arrêter, et, à mesure que ses débouchés s'engorgent, son égoïsme lui fait cherchera à étouffer, à dévorer toutes les industries rivales. Elle est vis-à-vis de l'Inde comme le vautour de Prométhée, avec cette différence que son appétit ne fera que s'accroître, et que les entrailles du Prométhée indien ne renaîtront plus.»L'Angleterre a-t-elle du moins bien mérité des peuples de l'Inde pour leur amélioration morale, pour les progrès de l'intelligence, des lumières, du christianisme? A-t-elle répandu dans l'Hindoustan quelques-uns des avantagés de la civilisation moderne? A-t-elle fait le premier pas dans cette voie? «A ces questions, dit M. de Warren, c'est encore par la négative qu'il faudra répondre. Peut-être la tâche n'était-elle pas aisée; mais l'a-t-on franchement entreprise? A-t-on pensé à autre chose qu'à exploiter? S'il est un fait constaté et généralement reconnu, c'est que la civilisation, dans l'Inde, n'a pas fait un pas depuis les temps d'Alexandre jusqu'à nos jours. Le sabre prosélytique des musulmans et la douce lumière des doctrines du christianisme n'ont pu ni briser ni pénétrer l'édifice roide et escarpé des institutions hindoues: croyances religieuses, mœurs, usages, habillements, culture, tout est resté immuable comme les temples d'Ellora, taillés dans ses montagnes de granit.»Passant alors rapidement sur l'état actuel des religions de l'Inde, M. de Warren s'adresse une quatrième question: «Sur quelles bases l'empire britannique indien est-il établi? N'a-t-il rien à craindre en fait de révolutions de l'intérieur? Est-il de nature à résister à une agression étrangère?» Ces questions lui semblent résolues par les chapitres précédents. La base le pouvoir anglais n'est pas dans l'amour des peuples, elle est dans la crainte. L'Angleterre n'a évidemment rien à redouter de ses sujets de l'Inde tant qu'ils seront livrés à eux-mêmes; mais les choses changeraient de face si elle était attaquée par une autre puissance européenne. Dans l'opinion de M. de Warren, du jour où une armée égale à celle dont elle pourra disposer au point de contact se présentera pour la combattre sur les rives de l'Indus, l'heure de sa destinée aura sonné. Au lieu de s'appuyer sur le pays, elle le sentira se dérober sous elle, et, entraînée par son propre poids, elle s'écroulera aux pieds de son ennemi, tout surpris lui-même de cette chute soudaine. A l'appui de cette allégation, que nous ne pouvons discuter ici. M. de Warren trace un plan de campagne à la Russie; il lui prédit la victoire, et il déclaré solennellement que le moment est venu où, si elle comprend sa destinée, elle marchera d'un pas ferme et sans plus hésiter vers le but que le ciel lui a marqué. «La France seule, dit-il, pourrait s'opposer à cette conquête, mais la France y consentira...» à certaines conditions qu'il nous est interdit d'énumérer ici.M. de Warren termine ainsi sa conclusion: «Magnifique et glorieuse Angleterre, ma belle et bonne France, je vous ai adressé à l'une et à l'autre de dures vérités; je vous ai pourtant bien sincèrement aimées l'une et l'autre. Si mon cœur s'est momentanément refroidi pour ma bienfaitrice, c'est que j'ai ressenti au plus profond de mon âme l'atteinte portée à l'honneur de mon pays, son amitié, sa confiance outragée. Ce n'est pas pourtant dans une intention hostile à l'Angleterre que j'ai lancé cet écrit sur le flot orageux de l'opinion publique; j'ai voulu, au contraire, en lui dévoilant la vérité sur toutes les questions de l'Inde, en ne lui offrant que la vérité, mais toute la vérité, lui ouvrir les yeux sur l'étendue du danger qu'elle a bravé, qu'elle brave encore, dissiper le nuage que l'encens national élève sans cesse autour d'elle, et qui l'a si récemment égarée jusqu'aux bords de l'abîme. Je voudrais la forcer, en l'effrayant, à se jeter dans les bras de la France, et enchaîner désormais leurs destinées. Le ciel m'est témoin que tel a été mon seul but, le but d'un cœur reconnaissant, qui, après le bonheur de la France, ne desire rien tant que celui de sa noble rivale.»Tel est ce livre, plein de faits nouveaux et curieux, d'observations profondes, d'idées plus ou moins contestables. Ce n'est pas un ouvrage sans défaut. Bien qu'on reconnaisse aisément qu'il a tout récemment déposé le sabre pour la plume, M. de Warren écrit souvent des pages remarquables, surtout pur la verve et l'esprit. Nous lui reprocherons, outre certaines fautes de style, un peu de désordre et des répétitions; peut-être aussi cite-t-il trop souvent Jacquemont et l'Oriental Acoual, toutefois ses qualités surpassent de beaucoup ses défauts. Il nous est difficile, on le conçoit, d'apprécier la valeur de tous les matériaux dont il s'est servi pour appuyer et corroborer ses opinions personnelles; mais, s'il s'est trompé, c'est involontairement. Après avoir lu son ouvrage, personne ne l'accusera ni d'exagération ni de mensonge. Le nom, la position et la loyauté de son auteur justifient donc, autant que la nature du sujet lui-même, le grand et légitimé succès quel'Inde anglaisea obtenu depuis sa publication. C'est un des livres de voyage et de politique les plus importants que ces dernières années aient vu paraître. Que M de Warren nous pardonne donc si nous venons un peu tard mêler nos faibles éloges aux félicitations unanimes que la presse et les revues françaises lui adressent depuis plus de deux mois.Polyanthea archéologique, ou Curiosités, raretés, bizarreries et singularités de l'histoire religieuse, civile, industrielle, artistique et littéraire dans l'antiquité, le moyen âge et les temps modernes; recueillis sur les monuments de tout genre et de tout âge, et publiés parT. de Jolimont. Paris, l'auteur, rue Boucherat, 34.--Histoire des Oeufs; Oeufs de Pâques.--De l'usage de saluer ceux qui éternuent et de leur adresser des souhaits.--Bibliothèque de poche.M. de Jolimont publie une suite de petits opuscules dont le titre ci-dessus indique le sujet. Les deux que nous annonçons particulièrement aujourd'hui,l'Histoire des Oeufs de Pâques, etDe l'usage de saluer ceux qui éternuent, contiennent des recherches intéressantes et peu connues. Nous avons annoncé déjà, de la même collection, laMonologie du mois d'Avril,--jeux populaires dupoisson d'avril. Les curieux peuvent satisfaire, par la lecture de ces opuscules, un besoin naturel de remonter à l'origine de ces usage» singuliers, devenus pour la plupart des contemporains une bizarrerie inexplicable dans l'histoire des mœurs. L'idée qui a inspiré les opuscules de M. de Jolimont n'est pas nouvelle, et il existe déjà des écrits sur toutes ces questions. Ce qui eût été plus nouveau, c'est de les réunir en les abrégeant et d'en former un corps. Nous savons que ce projet existe, etl'Illustrationa déjà annoncé uneBibliothèque de pocheen dix volumes in-18, dont le sommaire embrasse la totalité des recherches de M. de Jolimont et va bien au delà. Leprospectus de la Bibliothèque de pochese termine par la nomenclature suivante:«Nous comprendrons en dix volumes du format de ce prospectus lesVariétés curieusesque nous annonçons, classées sous les titres suivants:1º Curiosité  littéraires.2º    ---     biographiques.3º    ---     historiques.4º    ---     des origines et inventions curieuses.5º    ---     Traditions, légendes, usages. Fêtes, etc.6º    ---     militaires.7º    ---     des beaux-arts et de l'archéologie.8º    ---     proverbiales et étymologiques.9º    ---     des langues, des mœurs, des voyages, etc.10º   ---     anecdotiques.Une société de gens de lettres et d'érudits a eu l'idée de mettre en commun, pour cette curieuse collection, le résultat de ses nombreuses lectures et le fruit de ses recherches laborieuses à travers des mémoires et des livres rares, qui ne sont guère connus aujourd'hui que des savants de professions.--Le premier volume est sous presse, et paraîtra dans quelques jours à la librairie Paulin.Allégorie du Mois d'Avril.--Le Taureau.Amusements des Sciences.SOLUTION DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS LECINQUANTE-HUITIÈME NUMÉRO1. Ce problème admet plusieurs solutions très-simples et très-élégantes.Soient d'abord placés les deux carrés A B, C D, ainsi que les représente la figure 1, de manière que les côtés de l'un soient exactement dans le prolongement des côtés de l'autre. Sur A C construisons le carré A C E F. Les trois carrés que nous considérons ainsi se coupent mutuellement en plusieurs parties, que nous numérotons 1, 2, 3, pour le carré C D; 4 et 5, pour le carré A B; 1, 6 et 7, pour le carré C F. Il est facile de voir qu'en découpant les deux premiers carrés suivant ces diverses parties, on formera le troisième, ou, en d'autres termes, que la somme des parties 1, 2, 3, 4 et 5, sera égale à la somme l, 4, 6 et 7. En effet, 1 et 4 sont des parties communes; 2 et 7 sont des triangles égaux; enfin, les surfaces 3 et 5 font une somme égalé à la surface numérotée 6. car 3 est égal au triangle K B F, qui, ajouté à 5, donne un triangle rectangle égal à A H F. Or, celui-ci est l'équivalent de 6, comme renfermant la partie commune F H I K et le triangle 4 égal au triangle F H G.La figure 2 donne lieu à une décomposition plus simple encore. Les deux carrés A B, A C sont placés à côté l'un de l'autre. On prend D E, égal au côté du plus petit carré, et on achève le troisième carré C E B F. Le carré A B se trouve ainsi décompose en 1 et 2; le carré A C est 3, 4 et 5; et l'ensemble de ces cinq morceaux constitue le troisième carré C B, composé de 1, 5, 6 et 7; car d'abord 1 et 5 sont communs de part et d'autre; 2 et 3 font le triangle 7; 4 et 6 sont égaux.Cette élégante décomposition a été donnée pour la première fois, à notre connaissance, dans un article fort curieux duMagasin pittoresquede 1843 (p. 103).Ceux de nos lecteurs qui ont vu les premiers éléments de la géométrie, auront reconnu dans les figures précédentes, des démonstrations de la fameuse proposition du carré de l'hypothénuse, dont la découverte causa, dit-on, à Pythagore une joie si vive, qu'il offrit une hécatombe à Jupiter.On voit, en effet dans la première figure que le carré A C E F est construit sur l'hypothénuse A C du triangle rectangle A C I, et que les carrés AB, CD sont construits sur les côtés A I, I C de l'angle droit de ce même triangle. Dans la seconde figure, B C est le carré fait sur l'hypothénuse CE; B A et A C sont les carrés faits sur les deux côtes de l'angle droit D E et D C.Si la question que nous avons proposée d'abord était présentée sous une forme un peu différente, et qu'il s'agit uniquement de donner une démonstration de visu de la proposition de Pythagore, nous trouverions encore dans l'article cité duMagasindeux figures très-simples, auxquelles nous renvoyons le lecteur.II. Soient d'abord deux miroirs seulement, que nous supposons représentés par leurs tranches AB, CD, lesquelles sont censées perpendiculaires au plan du tableau. Le point lumineux est en O, l'œil en S. Le trajet des rayons lumineux se déterminera ainsi:Du point O on abaisse une perpendiculaire O F sur A B, et on la prolonge d'une quantité F E égale à elle-même; du point S une perpendiculaire S H sur D, et on la prolonge aussi d'une quantité H I égale à elle-même; enfin, on tire I E qui coupe A B en G et C D en K Le trajet du rayon lumineux sera O G K S.Ou pourrait encore, du point E, abaisser E I perpendiculaire à C D, la prolonger de I M égalé à E I et tirer S M, puis K E. Ou trouverait alors le même trajet O G K S, et on verrait de plus que le trajet est égal au rayon S M.Cette seconde manière d'opérer est plus générale que la première et s'applique à un nombre quelconque de miroirs. Car si ces miroirs, vus encore par leurs tranches A B, B C, C D, sont censées perpendiculaires au plan du tableau, le point lumineux étant en O et l'œil en S, ou opérera de la maniéré suivante: O I, I K, K L seront respectivement perpendiculaires aux droites A B, C B, C D ou à leurs prolongements, et divisées en deux parties égales aux points H, M, N; il ne restera plus qu'à tirer les lignes S I, G K, F I, O E, pour avoir le chemin O E F G S du rayon lumineux, qui va du point O à l'œil, après trois réflexions consécutives. On verra en même temps que le trajet total est égal à la ligne S L.NOUVELLES QUESTIONS A RÉSOUDRE.I. De combien de manières peut-on former successivement 1, 2, 3, 4, et jusqu'à 10 décimètres avec des pièces de 25 c., de 50 c., de 1 fr., de 2 fr., de 5 fr., de 20 fr., et de 40 fr.?II. On demande de déterminer, au jeu de billard, la direction, après le choc, d'une bille qui en a frappé une autre suivant une direction quelconque.Rébus.EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS.L'impôt des patentes est la ruine des patentés.

1, 2, 3, 4, 5. Préaux pour la promenade.6, 7, 8. Cours profondes.9. Ventilateurs.10. Chambres des surveillants dans la tour de rondes.a. Vestibule.b. Chambre du gouverneur.c. Chambre des magistrats.d. Greffe.e. Chambre du chirurgien.f. Chambre des surveillants.g. Salle des geôliers.h. Chambre de la....i. Chambre des lavabos.j. Chambre du chef des geôliers.k. Réfectoire des surveillants.l. Salle de l'inspection.m, n. Corridors des cellules.o. Loge de geôlier.p. Loge de surveillance.q. Entrée principale.

Maison de la Roquette, à Paris.                         Maison de la Roquette, à Paris,--Jeunes détenus.                                                 --Réclusionnaires.

Prison de Pentonville.--Porte de Cellule.

Cette prison renferme aujourd'hui cinq cents prisonniers tous soumis à un régime actif.

Le silence absolu est la règle de la maison; aussi l'on n'y entend d'autre bruit que le pas des gardiens et le cliquetis de leurs clefs lorsqu'ils ouvrent ou ferment les portes des cellules. Sur une rotonde centrale, formant le noyau intérieur de la prison, s'ouvrent en éventail quatre arcades d'une hauteur égale à celle du bâtiment.

C'est sur ces arcades que donnent les cellules, qui occupent trois étages superposés. Des galeries auxquelles on arrive par de petits escaliers en spirale construits en fer et à jour, conduisent aux étages supérieurs. Les arcades sont désignées par les lettres A, B, C, D, et les étages par les numéros 1, 2, 3; les cellules sont également numérotées. Ces indications sont reproduites en drap rouge sur les vestes et pantalons gris des prisonniers, qui quittent leur nom pour n'être plus désignés que par leur numéro.--On maintient la séparation aussi bien que le silence. Les détenus travaillent, prennent leur repas et dorment dans leurs cellules. Cependant on les fait sortir par détachements pour prendre l'air dans les cours. Mais en traversant les corridors, chaque prisonnier doit se tenir à quatre mètres de distance de l'autre, ne communiquer avec lui ni par la voix ni par aucun signe, et chacun est bientôt enfermé dans un préau séparé. D'un bâtiment central, auquel tous ces préaux aboutissent, un seul gardien peut observer tous les promeneurs. Non-seulement les prisonniers ne peuvent communiquer entre eux, mais ils ne peuvent pas même se connaître. Tous portent des casquettes pourvues d'un morceau d'étoffe qui peut se rabattre sur la figure jusqu'à la bouche, et qui est percé de deux trous en face des veux, comme font les pénitents italiens. Le prisonnier abaissant ce morceau d'étoffe lorsque sa cellule s'ouvre à des visiteurs ou lorsqu'il en sort pour se rendre au préau, ses traits sont complètement cachés; il n'éprouve pas l'humiliation d'être exposé à la curiosité quelquefois indiscrète des étrangers, et il ne saurait être reconnu de ses compagnons d'infortune.

Prison de Pentonville.--Intérieur de Cellule.

Toutes les cellules, dont nous donnons ici la porte, ont treize pieds de long sur sept de large et dix-sept de hauteur; elles sont toutes blanchies à la chaux et éclairées par une fenêtre élevée et grillée. Quand la porte s'ouvre, elle laisse voir dans le coin à droite en entrant une tablette sur laquelle on range pendant le jour le lit ou hamac roulé, qui se suspend la nuit à des crochets fixés dans le mur, et au-dessous de cette tablette un tiroir dans lequel on peut serrer différents objets; près de là est une table avec une Bible et quelque autres livres; au-dessus de la table se projette un bec de gaz, enveloppé d'un garde-vue, et qu'on allume le soir. Un peu plus loin se trouve une cuvette en métal, scellée dans le mur et surmontée d'un robinet qui s'ouvre à volonté; l'eau qui a servi s'échappe par le fond de la cuvette et est conduite par un tuyau dans un siège creux en pierre, recouvert d'une plaque de fonte à charnière. Vingt-cinq litres d'eau par jour sont mis à la disposition de chaque prisonnier, indépendamment de ce qui se consomme pour les bains administrés à des intervalles réguliers dans une partie de l'établissement appropriée à cet usage. Un calorifère établi au rez-de-chaussée distribue, dans toutes les parties de l'édifice, de l'air chaud qui pénètre dans les cellules par des trous pratiqués dans des plaques métalliques fixées dans le plancher, en même temps que l'air vicié s'échappe par d'autres ouvertures ménagées au-dessus de la porte et communiquant avec des fourneaux d'appel placés dans des parties éloignées du bâtiment.

Chapelle de la Prison de Pentonville.

A toute heure du jour ou de la nuit, le prisonnier peut appeler l'aide ou le secours d'un employé dans sa cellule. En touchant un ressort, il met en mouvement une sonnette placée dans l'arcade qui correspond à l'aile de bâtiment qu'il habite; en même temps une petite tablette, couchée contre le mur de cette arcade, se déploie et indique au gardien le numéro de la cellule où il est appelé. Dans la porte de chaque cellule est tout à la fois un judas fort étroit, recouvert de gaze d'une fermeture, par lequel on peut, sans être vu, observer tous les mouvements du prisonnier, et un guichet par lequel on lui fait passer sa nourriture.

«Dans les différentes cellules où j'entrai ou dont j'examinai l'intérieur par les ouvertures ménagées à cet effet dans portes, dit une personne qui a visité récemment cet établissement (1), les prisonniers étaient à l'ouvrage, les uns exerçant le métier cordonniers, d'autres celui de tailleurs, plusieurs celui forgerons et de menuisiers, quelques-uns celui de tisserand et de vanniers. Dans chaque cellule de forgeron était installée une forge avec son soufflet, ainsi qu'une enclume, le tout proportionné aux dimensions de la pièce; et nous observâmes avec intérêt l'entrain avec lequel les prisonniers battaient leur fer et se livraient leurs autres travaux, comme s'ils y eussent trouvé une diversion agréable à l'ennui de leur solide. Il est évident qu'un travail utile et régulier, qui occupe l'intelligence ainsi le corps, doit nécessairement exercer une puissante influence sur le physique et sur le moral: on peut même dire le c'est l'absence de cette action salutaire qui a amené la plupart des détenus dans leur position actuelle. Dans quelques cellules, je remarquai deux personnes, le prisonnier et un instructeur; et, à ce sujet, on ne saurait trop répéter que beaucoup de personnes ne se font pas une idée exacte de ce qui constitue le système de silence et de séparation auquel les prisonmers sont soumis dans la prison modèle. Indépendamment de l'humanité avec laquelle on a pourvu à leurs différents besoins, ils reçoivent dans leurs cellules la visite des personnes chargées de leur enseigner le métier qu'ils choisissent, du médecin, de l'aumônier et d'autres fonctionnaires de l'établissement. A certaines heures du jour, ils sont conduits à l'école par divisions; et à, sans pouvoir se voir les uns les autres, ils sont tous vus par l'instituteur et l'entendent lire mutuellement. Ils assistent aussi en masse aux exercices religieux. La chapelle, située dans la partie supérieure du bâtiment, est une vaste pièce, pourvue d'un orgue, d'une chaire, et des autres accessoires nécessaires; les bancs, qui s'élèvent par gradins, sont divisés en une série de petites niches fermées comme autant de loges dans lesquelles on entre par derrière, de sorte qu'aucun des assistants ne peut voir ni ses voisins, ni ceux qui sont devant ou derrière lui, tandis que le ministre a tout son auditoire sous les yeux.

Note 1:London MagazineetRevue Britannique, numéro de février 1844.

«Je montai sur le toit de cette chapelle, d'où j'eus un panorama complet de la prison, qui couvre, avec toutes ses cours et préaux, une surface de près de trois hectares, le tout entouré, à l'exception du corps-de-logis, qui forme la façade, d'une haute muraille dans les angles de laquelle sont ménagés les logements des employés qui doivent résider dans rétablissement.»

Intérieur de la prison de Pentonville.

L'installation des cuisines est bien entendue. Des crics enlèvent et font monter à tous les étages les plateaux chargés, qui circulent rapidement sur des chariots dans les différents corridors. Le régime y est sain et abondant. On peut faire l'objection, cela est bien vrai, dans presque tous ces établissements nouveaux, que les individus ainsi traités sont cependant des coupables subissant une peine, et que d'honnêtes ouvriers, de braves laboureurs, à la vie desquels la société n'a nul reproche à faire, sont bien loin de pouvoir vivre aussi convenablement, aussi largement, malgré la persévérance et la fatigue de leurs travaux. Il y a une juste mesure à observer pour les directeurs de maisons pénitentiaires. Mais il est bien explicable que, placés entre deux reproches contradictoires, qui sont souvent dirigés contre eux en même temps, celui de traiter trop bien les détenus, par le motif que nous venons d'exposer, et celui de les traiter trop mal, que leur adressent, quoi qu'ils fassent, certains philanthropes exaltés, ils préfèrent, quand il s'agit surtout d'aliments et de leur abondance, s'exposer à dépasser plutôt un peu une stricte mesure qu'à demeurer en deçà.

Une partie importante du mécanisme moral de la prison est la bibliothèque, fort bien montée. Indépendamment de livres de morale et de piété, elle en contient beaucoup qui ne sont qu'instructifs et amusants, et divers ouvrages périodiques que l'on prête aux détenus qui ont rempli certaines conditions du règlement; cette, mesure a produit jusqu'à présent les meilleurs résultats. On conçoit, en effet, que la société d'un livre qui intéresse doit adoucir les ennuis de la solitude, et donner aux pensées une nouvelle et meilleure direction.

Les commissaires, dans un rapport récemment soumis au Parlement, expriment leur haute satisfaction de l'état de la prison. «La conduite des détenus, disent-ils, a été très-convenable, et ils se montrent désireux de se conformer aux règles de la prison et de profiter des moyens d'amélioration morale et d'instruction qui leur sont offerts. Les effets de ces bonnes dispositions se manifestent déjà d'une manière frappante. L'état sanitaire est très-satisfaisant sous tous les rapports, et les détenus ont, en général, fait des progrès rapides dans les différents métiers qu'on leur enseigne.»

Ajoutons, avant de terminer, dût cet article sembler sans conclusion, dût notre lecteur demeurer dans le doute, que M. L. Faucher, dans un travail remarquable qu'il a publié dans laRevue des deux mondesdu 1er février dernier, a cru devoir, s'appuyant sur leTimesdu 28 janvier, porter sur le résultats obtenus à Pentonville un jugement diamétralement opposé à celui de la commission de cet établissement, quant à la question sanitaire: «Il n'y a pas un an, dit-il, que Pentonville est habité, et déjà il a fallu transférer à Woolwich, dans le ponton qui sert d'hôpital, environ quarante condamnés réduits, par le régime solitaire, à un tel état de maigreur et de faiblesse, que bien peu de ces malheureux paraissent devoir recouvrer la santé. Le 24 janvier, une enquête ouverte à Woolwich, après le décès d'un condamné, a constaté qu'il était mort des effets de l'emprisonnement pensylvanien, malgré les soins qu'on lui avait prodigués, après sa sortie de Pentonville, pour le ramener à la vie. Cet homme, quoique dans la fleur de l'age, présentait l'aspect d'un véritable squelette, et son corps n'était plus qu'une masse entièrement desséchée. Outre ceux qui sont morts ou qui sont à la veille de mourir, on a transféré à l'hospice de Bethléem trois condamnés qui étaient devenus fous, l'un dès le mois de juin, l'autre dans le mois d'août, et le troisième avant la fin de décembre 1843. Il semble, d'après cela, que l'influence délétère que ce système exerce sur les facultés mentales soit aussi prompte qu'elle est terrible.»

L'Inde anglaise en 1843; par le comte Édouard deWarren, ancien officier au service de S. M. R. dans l'Inde (présidence de Madras). 2 vol. in-8. Dans, 1844 Imprimeurs-unis. 15 fr.

«En écrivant cet ouvrage, dit M. le comte Édouard de Warren, je me suis propose deux tâches qui ont donné naissance à deux parties tout à fait distinctes, quoique se prêtant une confirmation mutuelle. Dans la première, j'ai cherché à combler avec des matériaux peut-être rudement dégrossis, mais du moins consciencieusement recueillis, la lacune laissée par la mort dans l'admirable ouvrage de Jacquemont. Son journal et sa correspondance n'embrassent que les présidences du Bengale et de Bombay; celle de Madras lui échappé entièrement. Cette province est cependant bien loin de le céder aux deux autres en importance et en intérêt, pour la France surtout, qui y a joué un si grand rôle, qui y conserve encore tant de souvenirs de gloire et de malheur. Cette lacune, j'ai essayé d'abord de la remplir, mais entraîné bientôt par le sérieux et le positivisme de ma nature, j'ai cependant abandonné la partie descriptive pour aborder les questions politiques.»

L'Inde anglaisese divise en effet, comme son auteur nous l'apprend ainsi dès le début, en deux parties tout à fait distinctes. La première, plus longue que la seconde, ne lui ressemble en rien. C'est «un simple récit du coin du feu, que M. de Warren abandonne à toutes les critiques qu'on en voudra faire, tout en espérant cependant quelque indulgence; ce sont des pages détachées de son journal, écrites sans prétention, sous l'impression du moment, souvent à la hâte, sur le bord du chemin, sur le pavé de la vieille mosquée, sur le piédestal de l'idole dans la pagode, le soir d'une longue marche sur un lit de camp, ou après les agitations du combat.» Cette première partie, nous ne pouvons pas l'analyser, car elle renferme la vie de M. de Warren depuis 1830 jusqu'en 1843. Au moment où la révolution de juillet éclata, M. de Warren, fils d'un officier de la brigade irlandaise de Dillon, venait de se présenter vainement pour la seconde fois à l'École Polytechnique. Né à Madras, il était toujours l'enfant de l'Asie; il résolut de retourner dans l'Inde, où résidait d'ailleurs sa famille. Enfin, son ambition découvrait dans son pays natal toute une carrière à exploiter, où il n'avait été devancé par personne. Que connaissait-on en effet en 1830? que connaît-on même aujourd'hui de ces vastes contrées où la France a joué un si grand rôle? Avait-on fait le moindre effort depuis quarante ans pour s'enquérir de la politique de nos rivaux et du développement de leur puissance dans le plus vaste de leurs domaines? M. de Warren se proposa donc d'entreprendre un long pèlerinage: pour visiter les localités les moins connues de l'Inde anglaise, et de recueillir toutes les données nécessaires, afin d'en extraire plus tard l'analyse politique et l'histoire contemporaine de son gouvernement. Il partit donc, après avoir demandé à M. le comte Dupuys «un plan pour poursuivre avec méthode son idée, bien résolu à l'exécuter avec la ténacité et l'audace dont il se sentait capable.»

Nous ne pouvons malheureusement pas le suivre dans ses voyages. Qu'il nous suffise de dire qu'il habita et qu'il décrit tour à tour Madras, Pondichéry, Hyderabad, Ellorn, Bellary, Golconde, Vellore, etc. Nommé enseigne dans le 55e régiment de. S. M. B., il nous donne d'abord les détails les plus nouveaux et les plus complets sur la composition d'un régiment anglais, l'armée royale et l'armée de la compagnie, les systèmes de recrutement et d'avancement, etc. Enfin, il fit la campagne de Coorg; puis, après avoir raconté pourquoi et comment la compagnie ajouta à ses domaines les États de Coorg, il escorte le rajah prisonnier jusqu'à Bengalore. Cette expédition terminée, M. de Warren clôt subitement la première partie de son ouvrage. «J'ai cru, dit-il, pouvoir employer les premières pages de mon journal, celles où j'avais inscrit ces premières impressions du voyageur, toujours les plus vives et les plus fidèles, comme un cadre à tiroir dans lequel il était assez commode de faire passer successivement en revue les mœurs, les coutumes, les préjugés, la vie sociale des peuples dont je me préparais à expliquer la vie politique, dont j'allais interroger le passé et calculer l'avenir me semblait nécessaire, au moment d'initier pour la première fois mes compatriotes aux combinaisons de la publique de l'Inde, de les transporter d'abord quelque temps dans l'atmosphère locale, de les acclimater en quelque sorte; mais je ne dois point abuser de la patience du public. D'ailleurs, la marche de mon journal m'a conduit une ère nouvelle qui est précisément l'époque d'où il est nécessaire de reprendre l'étude de l'Inde anglaise contemporaine. Depuis quelques mois une révolution complète s'était opérée dans le système de l'administration de l'Inde. Un acte du Parlement d'août 1833, sanctionné par la couronne, avait transformé une société de marchands en un congrès de ministres, avait ôté de ses mains la balance du commerce pour y laisser celle du gouvernent et de la politique. Les questions qui allaient se présenter étaient trop vastes pour les pages fugitives d'un journal, pour les mêler aux petits accidents de la vie d'un homme. Il était temps de laisser la monotone histoire d'un jeune lieutenant tournant dans un cercle étroit d'oisives garnisons, pour suivre le développement et la marche d'un grand empire.»

Apprécier exactement la nature et le degré du pouvoir de la compagnie anglaise des Indes orientales, «telle était, telle est, dit M. de Warren, la grande question du moment, question palpitante d'actualité et d'avenir, que je me suis proposé pour thème.»

«Pour bien comprendre un mécanisme aussi compliqué, il faut, ajoute-t-il, l'examiner successivement dans ses rapports: 1º avec la métropole; 2º avec les peuples sur lesquels il agit.» Il se trouve ainsi naturellement amené à subdiviser pour plus de clarté la question principale en plusieurs questions élémentaires, dont il essaie de donner une solution. D'abord il se demande quelle est la constitution actuelle de l'empire britannique dans l'Inde, et si cette constitution paraît devoir être définitive. Puis il entre dans de longs et curieux détails sur le gouvernement local; l'organisation administrative, fiscale et judiciaire; le système de police, les revenus, comprenant l'impôt territorial, les tributs, les monopoles, les douanes, la moyenne générale des revenus; la moyenne générale des dépenses; la statistique financière. Les trois premiers chapitres ne traitent que du mode d'action du gouvernement actuel de l'Inde sur ses sujets immédiats ou directs. Son action politique sur ses sujets médiats ou les États alliés, vassaux et tributaires, forme le sujet de trois autres chapitres du plus haut intérêt.

On compte aujourd'hui deux cent vingt royaumes, principautés et fiefs principaux, dépendants ou tributaires de la Compagnie, sans y comprendre une infinité de petits princes ou chefs secondaires liés par des traités plus ou moins directs avec le gouvernement suprême de l'Inde anglaise. Ils composent une fédération dont ce gouvernement est le chef, et dont les conditions sont celles-ci: protection effective d'un côté, déférence et soumission formelle de l'autre; l'arbitrage du suzerain est accepté comme définitif dans toutes les questions qui peuvent s'élever entre les vassaux. Les États de quelque importance entretiennent à leurs frais des forces subsidiaires, ou des contingents commandés par des officiers européens. Les petites principautés sont simplement tenues de payer un tribut, ou, si elles sont trop pauvres pour offrir une redevance annuelle en échangé de la protection qui leur est accordée, elles s'engagent au moins, en cas de guerre, à se lever en masse à la première réquisition.

Les princes qui vivent aujourd'hui sous la protection ou sous la dépendance de la compagnie peuvent se diviser en quatre grandes classes:

1º Princes indépendants dans l'administration intérieure de leurs États, mais non dans le sens politique;

2º Princes dont les États sont gouvernés par un ministre choisi par le gouvernement anglais, et placés sous la protection immédiate du représentant ou agent de ce gouvernement, qui résidé à la cour du souverain nominal;

3º Princes dont les États sont gouvernés en leur nom par le résident anglais lui-même et les agents de son choix;

4º Princes dépossédés et pensionnés, mais conservant encore les prérogatives de la caste et du rang, traités avec la considération et les courtoisies indiquées par les usages du pays; inviolables dans leurs personnes et affranchis de la juridiction des cours, excepté en matière politique. Le gouvernement suprême se reserve pourtant le droit de les priver de leur liberté ou de suspendre leurs pensions quand des raisons d'État, fondées sur des intrigues dévoilées ou une malveillance suffisamment apparente, réclament l'adoption de ces mesures de rigueur.

Ou trouve dans les définitions diverses de ces quatre classes, la progression décroissante suivie par chaque chef d'État qui accepte la protection de l'Angleterre, le sacrifice de l'indépendance politique est suivi tôt ou tard de celui de l'indépendance administrative et personnelle. Tout en ne négligeant rien pour préparer ces différentes transitions, le gouvernement suprême agit toujours avec sa lenteur et sa circonspection accoutumées; il ne hâte leur succession ou leur consommation finale que quand il est certain d'y trouver son avantage, C'est généralement dans la seconde et la troisième classe que les États vassaux fournissent le plus abondamment à la cupidité du suzerain. Ce sont des mines d'or en exploitation. Le chef protégé est alors le bouc expiatoire sur lequel retombe toute la haine du peuple, dont la substance s'écoute réellement dans le trésor de la compagnie.

M. de Warren passe donc successivement en revue ces quatre classes, et il voit, dit-il, se développer devant lui un tableau qui rivalise avec les plus grandioses et les plus sublimes de l'histoire romaine, jamais la reine du monde ancien n'attela plus de peuples et de souverains à son char de triomphe.

A ce curieux tableau succède un chapitre intitulé statistique générale de l'Inde. Selon les calculs de M. de Warren, exacts dans certaines parties et approximatifs dans d'autres, le chiffre total des populations comprises entre les limites naturelles de l'Hindoustan, c'est-à-dire l'Indus, l'Hymalaya, l'Océan et les montagnes d'Arracan, serait approximativement et au maximum de 158 millions.

Malgré le peu d'énergie de ces 158 millions d'esclaves, et leurs vieilles haines politiques et religieuses, la stabilité de l'ordre de choses introduit par la domination anglaise doit être attribuée surtout à la présence d'une armée, dont l'organisation actuelle, parfaite à beaucoup d'égards, est le résultat d'une longue expérience et d'études approfondies sur le caractère des indigènes et les exigences du service. Dans son chapitre suivant, qui a pour titre: Système militaire, M. de Warren complète les renseignements qu'il avait déjà donnés durant le cours de ses mémoires, sur le nombre, l'organisation et la qualité de l'armée anglo-indienne.

Pour achever cette peinture de la société européenne dans l'Inde, M. de Warren consacre une partie du chapitre suivant au clergé et au commerce; puis il examine l'organisation de la société indienne, extrêmement multiple dans ses détails, mais présentant deux éléments principaux parfaitement distincts dans leur origine, leur essence et leurs composés, les éléments hindou et musulman, que deux religions différentes qui se repoussent sur tous les points séparent comme par on abîme.

Ces études préliminaires achevées, M. de Warren se demande quelle est la position de l'Inde sous le rapport de la prospérité matérielle et positive; si elle a ou non à regretter les gouvernements divers, alfghans et mogols, qui ont précédé celui des Anglais; si elle a l'espoir d'une amélioration quelconque dans l'avenir? Ces questions posées, M. de Warren réfute l'assertion singulièrement légère et hasardée de M. de Jancigny, que des peuples de l'Hindoustan jouissent aujourd'hui de plus d'indépendance relative, de repos, d'aisance et de bonheur qu'ils n'en avaient eu en partage pendant dix siècles.--«L'Angleterre, dit-il, a trouvé moyen d'épuiser tous les trésors de l'Inde sans en employer la moindre fraction au profit et au bonheur matériel des peuples qu'elle a conquis: comme le vampire fabuleux, elle aura bientôt tout absorbé, et il ne restera plus qu'un peuple de serfs jouissant d'une liberté nominale annulée par le besoin et n'ayant d'autre alternative que de travailler pour le profit exclusif de ses maîtres.»

L'Inde n'a donc, dans l'opinion de M. de Warren aucun espoir d'amélioration dans l'avenir; sa position doit nécessairement et fatalement empirer. Comme l'a dit Montgomery Martin, elle peut être comparée à celle d'un individu qui serait prive de nourriture et auquel on retirerait journellement du sang par des saignées. Que doit-il attendre? l'atrophie, les convulsions, la mort! «On nous dira, s'écrie M. de Warren, que le jour viendra peut-être où l'Angleterre sera plus juste et entendra mieux ses véritables intérêts. Non, parce qu'elle est sur une pente fatale; son industrie a pris un développement effrayant qu'elle ne peut plus arrêter, et, à mesure que ses débouchés s'engorgent, son égoïsme lui fait cherchera à étouffer, à dévorer toutes les industries rivales. Elle est vis-à-vis de l'Inde comme le vautour de Prométhée, avec cette différence que son appétit ne fera que s'accroître, et que les entrailles du Prométhée indien ne renaîtront plus.»

L'Angleterre a-t-elle du moins bien mérité des peuples de l'Inde pour leur amélioration morale, pour les progrès de l'intelligence, des lumières, du christianisme? A-t-elle répandu dans l'Hindoustan quelques-uns des avantagés de la civilisation moderne? A-t-elle fait le premier pas dans cette voie? «A ces questions, dit M. de Warren, c'est encore par la négative qu'il faudra répondre. Peut-être la tâche n'était-elle pas aisée; mais l'a-t-on franchement entreprise? A-t-on pensé à autre chose qu'à exploiter? S'il est un fait constaté et généralement reconnu, c'est que la civilisation, dans l'Inde, n'a pas fait un pas depuis les temps d'Alexandre jusqu'à nos jours. Le sabre prosélytique des musulmans et la douce lumière des doctrines du christianisme n'ont pu ni briser ni pénétrer l'édifice roide et escarpé des institutions hindoues: croyances religieuses, mœurs, usages, habillements, culture, tout est resté immuable comme les temples d'Ellora, taillés dans ses montagnes de granit.»

Passant alors rapidement sur l'état actuel des religions de l'Inde, M. de Warren s'adresse une quatrième question: «Sur quelles bases l'empire britannique indien est-il établi? N'a-t-il rien à craindre en fait de révolutions de l'intérieur? Est-il de nature à résister à une agression étrangère?» Ces questions lui semblent résolues par les chapitres précédents. La base le pouvoir anglais n'est pas dans l'amour des peuples, elle est dans la crainte. L'Angleterre n'a évidemment rien à redouter de ses sujets de l'Inde tant qu'ils seront livrés à eux-mêmes; mais les choses changeraient de face si elle était attaquée par une autre puissance européenne. Dans l'opinion de M. de Warren, du jour où une armée égale à celle dont elle pourra disposer au point de contact se présentera pour la combattre sur les rives de l'Indus, l'heure de sa destinée aura sonné. Au lieu de s'appuyer sur le pays, elle le sentira se dérober sous elle, et, entraînée par son propre poids, elle s'écroulera aux pieds de son ennemi, tout surpris lui-même de cette chute soudaine. A l'appui de cette allégation, que nous ne pouvons discuter ici. M. de Warren trace un plan de campagne à la Russie; il lui prédit la victoire, et il déclaré solennellement que le moment est venu où, si elle comprend sa destinée, elle marchera d'un pas ferme et sans plus hésiter vers le but que le ciel lui a marqué. «La France seule, dit-il, pourrait s'opposer à cette conquête, mais la France y consentira...» à certaines conditions qu'il nous est interdit d'énumérer ici.

M. de Warren termine ainsi sa conclusion: «Magnifique et glorieuse Angleterre, ma belle et bonne France, je vous ai adressé à l'une et à l'autre de dures vérités; je vous ai pourtant bien sincèrement aimées l'une et l'autre. Si mon cœur s'est momentanément refroidi pour ma bienfaitrice, c'est que j'ai ressenti au plus profond de mon âme l'atteinte portée à l'honneur de mon pays, son amitié, sa confiance outragée. Ce n'est pas pourtant dans une intention hostile à l'Angleterre que j'ai lancé cet écrit sur le flot orageux de l'opinion publique; j'ai voulu, au contraire, en lui dévoilant la vérité sur toutes les questions de l'Inde, en ne lui offrant que la vérité, mais toute la vérité, lui ouvrir les yeux sur l'étendue du danger qu'elle a bravé, qu'elle brave encore, dissiper le nuage que l'encens national élève sans cesse autour d'elle, et qui l'a si récemment égarée jusqu'aux bords de l'abîme. Je voudrais la forcer, en l'effrayant, à se jeter dans les bras de la France, et enchaîner désormais leurs destinées. Le ciel m'est témoin que tel a été mon seul but, le but d'un cœur reconnaissant, qui, après le bonheur de la France, ne desire rien tant que celui de sa noble rivale.»

Tel est ce livre, plein de faits nouveaux et curieux, d'observations profondes, d'idées plus ou moins contestables. Ce n'est pas un ouvrage sans défaut. Bien qu'on reconnaisse aisément qu'il a tout récemment déposé le sabre pour la plume, M. de Warren écrit souvent des pages remarquables, surtout pur la verve et l'esprit. Nous lui reprocherons, outre certaines fautes de style, un peu de désordre et des répétitions; peut-être aussi cite-t-il trop souvent Jacquemont et l'Oriental Acoual, toutefois ses qualités surpassent de beaucoup ses défauts. Il nous est difficile, on le conçoit, d'apprécier la valeur de tous les matériaux dont il s'est servi pour appuyer et corroborer ses opinions personnelles; mais, s'il s'est trompé, c'est involontairement. Après avoir lu son ouvrage, personne ne l'accusera ni d'exagération ni de mensonge. Le nom, la position et la loyauté de son auteur justifient donc, autant que la nature du sujet lui-même, le grand et légitimé succès quel'Inde anglaisea obtenu depuis sa publication. C'est un des livres de voyage et de politique les plus importants que ces dernières années aient vu paraître. Que M de Warren nous pardonne donc si nous venons un peu tard mêler nos faibles éloges aux félicitations unanimes que la presse et les revues françaises lui adressent depuis plus de deux mois.

Polyanthea archéologique, ou Curiosités, raretés, bizarreries et singularités de l'histoire religieuse, civile, industrielle, artistique et littéraire dans l'antiquité, le moyen âge et les temps modernes; recueillis sur les monuments de tout genre et de tout âge, et publiés parT. de Jolimont. Paris, l'auteur, rue Boucherat, 34.--Histoire des Oeufs; Oeufs de Pâques.--De l'usage de saluer ceux qui éternuent et de leur adresser des souhaits.--Bibliothèque de poche.

M. de Jolimont publie une suite de petits opuscules dont le titre ci-dessus indique le sujet. Les deux que nous annonçons particulièrement aujourd'hui,l'Histoire des Oeufs de Pâques, etDe l'usage de saluer ceux qui éternuent, contiennent des recherches intéressantes et peu connues. Nous avons annoncé déjà, de la même collection, laMonologie du mois d'Avril,--jeux populaires dupoisson d'avril. Les curieux peuvent satisfaire, par la lecture de ces opuscules, un besoin naturel de remonter à l'origine de ces usage» singuliers, devenus pour la plupart des contemporains une bizarrerie inexplicable dans l'histoire des mœurs. L'idée qui a inspiré les opuscules de M. de Jolimont n'est pas nouvelle, et il existe déjà des écrits sur toutes ces questions. Ce qui eût été plus nouveau, c'est de les réunir en les abrégeant et d'en former un corps. Nous savons que ce projet existe, etl'Illustrationa déjà annoncé uneBibliothèque de pocheen dix volumes in-18, dont le sommaire embrasse la totalité des recherches de M. de Jolimont et va bien au delà. Leprospectus de la Bibliothèque de pochese termine par la nomenclature suivante:

«Nous comprendrons en dix volumes du format de ce prospectus lesVariétés curieusesque nous annonçons, classées sous les titres suivants:

1º Curiosité  littéraires.2º    ---     biographiques.3º    ---     historiques.4º    ---     des origines et inventions curieuses.5º    ---     Traditions, légendes, usages. Fêtes, etc.6º    ---     militaires.7º    ---     des beaux-arts et de l'archéologie.8º    ---     proverbiales et étymologiques.9º    ---     des langues, des mœurs, des voyages, etc.10º   ---     anecdotiques.

Une société de gens de lettres et d'érudits a eu l'idée de mettre en commun, pour cette curieuse collection, le résultat de ses nombreuses lectures et le fruit de ses recherches laborieuses à travers des mémoires et des livres rares, qui ne sont guère connus aujourd'hui que des savants de professions.--Le premier volume est sous presse, et paraîtra dans quelques jours à la librairie Paulin.

Allégorie du Mois d'Avril.--Le Taureau.

1. Ce problème admet plusieurs solutions très-simples et très-élégantes.

Soient d'abord placés les deux carrés A B, C D, ainsi que les représente la figure 1, de manière que les côtés de l'un soient exactement dans le prolongement des côtés de l'autre. Sur A C construisons le carré A C E F. Les trois carrés que nous considérons ainsi se coupent mutuellement en plusieurs parties, que nous numérotons 1, 2, 3, pour le carré C D; 4 et 5, pour le carré A B; 1, 6 et 7, pour le carré C F. Il est facile de voir qu'en découpant les deux premiers carrés suivant ces diverses parties, on formera le troisième, ou, en d'autres termes, que la somme des parties 1, 2, 3, 4 et 5, sera égale à la somme l, 4, 6 et 7. En effet, 1 et 4 sont des parties communes; 2 et 7 sont des triangles égaux; enfin, les surfaces 3 et 5 font une somme égalé à la surface numérotée 6. car 3 est égal au triangle K B F, qui, ajouté à 5, donne un triangle rectangle égal à A H F. Or, celui-ci est l'équivalent de 6, comme renfermant la partie commune F H I K et le triangle 4 égal au triangle F H G.

La figure 2 donne lieu à une décomposition plus simple encore. Les deux carrés A B, A C sont placés à côté l'un de l'autre. On prend D E, égal au côté du plus petit carré, et on achève le troisième carré C E B F. Le carré A B se trouve ainsi décompose en 1 et 2; le carré A C est 3, 4 et 5; et l'ensemble de ces cinq morceaux constitue le troisième carré C B, composé de 1, 5, 6 et 7; car d'abord 1 et 5 sont communs de part et d'autre; 2 et 3 font le triangle 7; 4 et 6 sont égaux.

Cette élégante décomposition a été donnée pour la première fois, à notre connaissance, dans un article fort curieux duMagasin pittoresquede 1843 (p. 103).

Ceux de nos lecteurs qui ont vu les premiers éléments de la géométrie, auront reconnu dans les figures précédentes, des démonstrations de la fameuse proposition du carré de l'hypothénuse, dont la découverte causa, dit-on, à Pythagore une joie si vive, qu'il offrit une hécatombe à Jupiter.

On voit, en effet dans la première figure que le carré A C E F est construit sur l'hypothénuse A C du triangle rectangle A C I, et que les carrés AB, CD sont construits sur les côtés A I, I C de l'angle droit de ce même triangle. Dans la seconde figure, B C est le carré fait sur l'hypothénuse CE; B A et A C sont les carrés faits sur les deux côtes de l'angle droit D E et D C.

Si la question que nous avons proposée d'abord était présentée sous une forme un peu différente, et qu'il s'agit uniquement de donner une démonstration de visu de la proposition de Pythagore, nous trouverions encore dans l'article cité duMagasindeux figures très-simples, auxquelles nous renvoyons le lecteur.

II. Soient d'abord deux miroirs seulement, que nous supposons représentés par leurs tranches AB, CD, lesquelles sont censées perpendiculaires au plan du tableau. Le point lumineux est en O, l'œil en S. Le trajet des rayons lumineux se déterminera ainsi:

Du point O on abaisse une perpendiculaire O F sur A B, et on la prolonge d'une quantité F E égale à elle-même; du point S une perpendiculaire S H sur D, et on la prolonge aussi d'une quantité H I égale à elle-même; enfin, on tire I E qui coupe A B en G et C D en K Le trajet du rayon lumineux sera O G K S.

Ou pourrait encore, du point E, abaisser E I perpendiculaire à C D, la prolonger de I M égalé à E I et tirer S M, puis K E. Ou trouverait alors le même trajet O G K S, et on verrait de plus que le trajet est égal au rayon S M.

Cette seconde manière d'opérer est plus générale que la première et s'applique à un nombre quelconque de miroirs. Car si ces miroirs, vus encore par leurs tranches A B, B C, C D, sont censées perpendiculaires au plan du tableau, le point lumineux étant en O et l'œil en S, ou opérera de la maniéré suivante: O I, I K, K L seront respectivement perpendiculaires aux droites A B, C B, C D ou à leurs prolongements, et divisées en deux parties égales aux points H, M, N; il ne restera plus qu'à tirer les lignes S I, G K, F I, O E, pour avoir le chemin O E F G S du rayon lumineux, qui va du point O à l'œil, après trois réflexions consécutives. On verra en même temps que le trajet total est égal à la ligne S L.

I. De combien de manières peut-on former successivement 1, 2, 3, 4, et jusqu'à 10 décimètres avec des pièces de 25 c., de 50 c., de 1 fr., de 2 fr., de 5 fr., de 20 fr., et de 40 fr.?

II. On demande de déterminer, au jeu de billard, la direction, après le choc, d'une bille qui en a frappé une autre suivant une direction quelconque.

L'impôt des patentes est la ruine des patentés.


Back to IndexNext