DE LA SOMME A L'ARGONNE
Sur toute cette ligne sinueuse partant de Bray-sur-Somme pour aboutir à la Meuse verdunoise, il y eut de nombreux et rudes combats qui se sont traduits, on en a l'intuition, par de sensibles progrès pour nous. Nous devons nous borner à marquer, d'après les communiqués, les principales phases de cet ensemble de rencontres.
Vers la Somme, c'est, le 22, une attaque infructueuse des Allemands autour de Rosières-en-Santerre. Au Nord de l'Aisne, on constate des progrès lents, mais sérieux, sur le réseau des tranchées et des cavernes allemandes.
L'artillerie joue un rôle important: le 22, nous détruisons par nos obus trois batteries ennemies. Pendant quenous remontons ainsi pas à pas dans la direction de Noyon et de Tergnier, une avance plus sensible se produit vers Craonne et la plaine champenoise, au Nord de l'Aisne, où il semble que nous approchons du camp de Sissonne.
Devant la tombe du premier soldat français tué par un obus autrichien, le capitaine monténégrin Yovitchevitch prononce une allocation funèbrePhotographies Jovanescovitch.
Le cortège se déroulant à travers les solitudes neigeuses du mont Lovcen
La princesse Xénie. MlleDelaroche-Vernet, fille du consul de France, et le prince Pierresaluent la tombe.
LOIN DES CHAMPS DE BATAILLE DE FRANCE:LES FUNÉRAILLES D'UN SOLDAT FRANÇAIS AU MONTENEGRO
Près de la vallée de la Suippe, dans ce qu'on appelle la région de Souain, des attaques allemandes sont repoussées le 21. Depuis lors, silence sur cette zone. A la lisière de la forêt d'Argonne, nous montons vers le Nord en partant de Vienne-la-Ville. Les Allemands nous avaient attaqués, le 21, à l'Est de ce bourg, en pleine forêt d'Argonne; au Nord du hameau du Four-de-Paris, nous les avions rejetés dans les bois; les jours suivants, on se battait encore au sein de la forêt et, le 24, nos troupes, cernant un régiment dans le défilé de la Chalade, l'anéantissaient.
LES SŒURS DE SAINT-VINCENT-DE-PAUL ET LA GUERRE.--Soupe enfantine à Belleville.Dessin de Geoffroy.
Train blindé de l'armée belge, armé de canons, dont un contre les aéroplanes et les dirigeables, et percé d'embrasures pour les fusils.
La veille, au-dessus de Vienne-la Ville, nous avions enlevé brillamment le hameau de Melzicourt, près de Servon, d'où partent, à travers l'Argonne, deux chemins conduisant à Varennes.
Le 19, la forte position de Vauquois, près de Varennes, où nous nous sommes retranchés face au bourg de Montfaucon fortifié par les Allemands, avait été attaquée; l'ennemi fut repoussé; de même autour de Malancourt.