Chapter 5

= Saint-Loup

[093] Saint-Loup. L’église est formée d’une nef de deux travées suivie d’un choeur de deux travées terminé par une abside semi-circulaire. La tour s’élève au-dessus de la première travée du choeur. L’église, qui date de la première moitié du 12e siècle, est le seul édifice roman qui ait subsisté dans son ensemble dans la région.

[094] Saint-Loup. La façade occidentale. Soutenu par deux contreforts, le mur de façade est surmonté d’un léger glacis en arrière duquel s’élève le mur pignon. Le portail roman est surmonté d’une baie à l’arc brisé datant sans doute du 13e siècle.

[095] Saint-Loup. Le portail roman de la façade occidentale. Son arcade en plein-cintre est composée de deux voussures surmontées d’une archivolte formée d’un bandeau chanfreiné. Les voussures sont reçues par quatre colonnettes engagées. Les tailloirs des chapiteaux sont moulurés en quart-de-rond. Les corbeilles sont ornées de sculptures frustes: crochets d’angle ou têtes d’angle, dont les traits sont effacés. Le linteau est formé d’un gros bloc monolithe de granit.

[096] Saint-Loup. La nef romane. La nef comporte trois travées. Ses murs latéraux sont épaulés chacun de quatre contreforts plats. Trois petites baies en plein-cintre sont toujours visibles: deux dans le mur sud et une dans le mur nord. Les autres baies ont été percées ou agrandies par la suite.

[097] Saint-Loup. Détail du mur latéral sud du choeur. Dans la première travée, la porte sud est encadrée de deux contreforts plats. Entre les deux contreforts, la maçonnerie repose sur une corniche supportée par trois gros modillons sculptés: un être grotesque mettant la main droite à la bouche alors que son bras gauche est replié; une tête d’homme; un homme accroupi, les mains sur les genoux.

[098] Saint-Loup. La tour romane s’élève au-dessus de la première travée du choeur. Ses murs présentent un appareil régulier de granit dont les blocs sont plus petits que pour le reste de l’église. Le granit provient du massif granitique d’Avranches, situé à proximité immédiate de Saint-Loup. Au premier plan, on voit l’un des contreforts à ressaut de la chapelle latérale jouxtant la seconde travée du choeur côté nord. Construite en 1602, cette chapelle est la seule modification importante apportée à l’édifice roman d’origine.

[099] Saint-Loup. La tour romane. Cette solide tour carrée est formée de deux étages de même périmètre surmontés d’une flèche. Le premier étage est orné de grandes arcatures aveugles au nord et au sud. Le second étage est percé d’une baie sur chaque face. La séparation des deux étages est soulignée par un bandeau chanfreiné.

[100] Saint-Loup. La tour romane. L’étage inférieur est orné au nord et au sud d’une double arcature aveugle en plein-cintre. Celle-ci est surmontée d’un cordon saillant qui se prolonge ensuite en un bandeau droit sur le nu du mur et se poursuit sur les faces est et ouest parallèlement au bandeau séparant les deux étages de la tour.

[101] Saint-Loup. La tour romane. Détail de l’étage inférieur. A l’écoinçon des arcatures jumelles, la maçonnerie présente un petit appareil décoratif réticulé.

[102] Saint-Loup. La tour romane. L’étage supérieur est percé d’une baie sur chaque face. Pour chaque baie, l’arcade en plein-cintre est formée de deux voussures entourées d’un cordon chanfreiné. Les voussures reposent sur quatre colonnettes engagées. Les corbeilles des chapiteaux sont sculptées de motifs géométriques (crochets d’angle, demi-cercles) ou de têtes humaines. Le profil de ces baies est semblable à celui du portail occidental et de la porte sud: mêmes moulurations pour les voussures et mêmes sculptures pour les corbeilles des chapiteaux.

[103] Saint-Loup. La tour romane. La corniche repose sur des modillons sculptés de têtes humaines ou moulurés en quart-de-rond. Cette corniche fut en grande partie refaite lors de la reconstruction de la flèche. Cette flèche est octogonale sur une base carrée, et pourvue de lucarnes.

[104] Saint-Loup. La tour romane. Détail de la corniche et de ses modillons sculptés de têtes humaines.

= Saint-Quentin

[105] Saint-Quentin. L’église est formée d’une nef de trois travées et d’un choeur de trois travées à chevet plat. Au nord et au sud, deux larges chapelles sont accolées aux deux premières travées du choeur et forment de véritables croisillons. La tour est implantée entre choeur et nef. La façade occidentale est précédée sur toute sa longueur d’un narthex (vaste porche) rectangulaire. Les parties romanes sont la nef et la base de la tour, qui datent de la première moitié du 12e siècle. Le reste de l’église date du 13e siècle.

[106] Saint-Quentin. La tour, massive, a une base romane et deux étages datant du 13e siècle. Elle est surmontée d’un toit en batiêre. Au premier plan, le Christ crucifié est la partie supérieure d’un calvaire roman situé à proximité de l’église.

[107] Saint-Quentin. Détail du calvaire roman situé près de l’église. Le Christ crucifié.

[108] Saint-Quentin. La façade occidentale est précédée d'un narthex (vaste porche) rectangulaire du 13e siècle, surmonté d’une balustrade ajourée.

[109] Saint-Quentin. Le portail roman de la façade occidentale. Ce portail est surmonté d’une arcade en plein-cintre formée de deux voussures et d’une archivolte. Ces voussures reposent sur quatre colonnes engagées, dont les bases carrées sont ornées d’un tore surmonté d’un chanfrein. Les corbeilles des chapiteaux sont sculptées de boules, de têtes et d’un personnage à quatre pattes. Les sculptures, grossières, sont en fort relief et le menton des têtes est très proéminent.

[110] Saint-Quentin. La base de la tour et sa porte romane. Cette porte, murée, est visible au sud. L’arcade en plein-cintre repose sur deux épaisses colonnettes. Les corbeilles des chapiteaux sont sculptées d'un arbre à droite et de deux têtes humaines à gauche. Les bases sont carrées. Cette porte ressemble à la porte sud de l’église de Saint-Loup.

= Sartilly

[111] Le portail roman de Sartilly. Situé au sud de l’église actuelle, ce portail est le seul élément subsistant de l'édifice roman détruit et remplacé en 1858 par une église beaucoup plus grande. Le matériau utilisé est le granit, qui est la pierre locale, Sartilly étant situé au coeur du massif granitique de Vire. Daté de la deuxième moitié du 12e siècle, ce portail est le plus beau portail roman de la région et présente une facture bien supérieure à celle des autres portails. Les moulurations des voussures et de l’archivolte sont le fruit d’un travail très soigné, tout comme les sculptures des corbeilles.

[112] Le portail roman de Sartilly. L’arcade du portail est formée de trois voussures: une voussure au cintre surbaissé et deux voussures en plein-cintre surmontées d’une archivolte. La première voussure est moulurée d’un épais tore d’angle suivi d’un listel puis d’un large cavet orné de gros besants légèrement renflés. La deuxième voussure est moulurée d’un épais tore d’angle alors que la troisième est moulurée de deux tores encadrant un listel.

[113] Le portail roman de Sartilly. Le groupe de colonnettes de gauche. De chaque côté du portail, les trois voussures reposent sur trois colonnettes engagées, par le biais d’une imposte moulurée d’un cavet. La partie carrée de l’imposte est ornée d’une petite moulure en creux. L’imposte se prolonge au-dessus du pilastre extérieur sur lequel repose l’archivolte. Un tailloir carré surmonte la corbeille sculptée des chapiteaux. Les sculptures présentent des motifs variés: feuilles de chêne, feuilles d’acanthe et volutes d’angle.

[114] Le portail roman de Sartilly. L'extrémité de l'archivolte (côté gauche). L’archivolte est formée d’un cordon saillant orné de dents-de-scie en fort relief sculptées en creux d’une rangée de bâtons brisés. De chaque côté de l’arcade, elle repose sur une tête sculptée aux traits bien dessinés.

[115] Le portail roman de Sartilly. L'extrémité de l'archivolte (côté droit). Détail montrant la deuxième tête sculptée sur laquelle repose l’archivolte.

[116] Le portail roman de Sartilly. L'extrémité de l'archivolte (côté droit). Détail montrant la tête sculptée sur laquelle repose l’archivolte, ainsi que les corbeilles sculptées des chapiteaux. On note une fois de plus le travail soigné dans un matériau difficile à travailler du fait de son extrême dureté.

[117] Le portail roman de Sartilly. L'extrémité de l'archivolte (côté droit). Détail montrant la même tête sculptée, de plus près.

[118] L’ancienne église de Sartilly, détruite en 1858 (source: Revue de l’Avranchin, 1924-1926). Cette église romane est décrite ainsi dans le registre des délibérations du conseil municipal de Sartilly (1837-1864): "L’église qu’il s’agit de remplacer est un vieil édifice (…) composé: (1) d’une nef obscure de 19 mètres 60 centimètres de longueur sur 7 mètres de largeur dont les murs bas pénétrés d’humidité et lézardés en plusieurs endroits perdent très sensiblement leur aplomb, particulièrement vers le bas de l’église; (2) d’une tour qui sépare la nef du choeur (…); (3) d’un choeur de 9 mètres de longueur sur 6 mètres de largeur (…)."

[Index des lieux / Index des personnes]

= Index des lieux

Angey

Ardevon (baronnie)

Avranches

Avranches (archidiachoné)

Avranches (diocèse)

Avranches (massif granitique)

Avranchin

Bec-Hellouin (abbaye)

Boscq (rivière)

Bréhal

Bréville

Caen

Caen (abbaye Saint-Etienne)

Calvados

Carolles

Champeaux

Chausey

Cherbourg

Chrétienté (doyenné)

Cotentin

Coutances

Coutances (archidiachoné)

Coutances (diocèse)

Donville

Dragey

Ension (monastère)

Genêts

Genêts (baronnie)

Genêts (doyenné)

Granville

Granville (formation géologique)

Grouin du Sud

Hambye (abbaye)

Lucerne (abbaye)

Manche (département)

Manche (mer)

Montmorel (abbaye)

Mont Saint-Michel

Mont Saint-Michel (Notre-Dame-sous-Terre)

Mortain

Pontaubault

Saigue (rivière)

Saint-Jean-le-Thomas

Saint-Léonard-de-Vains

Saint-Lô

Saint-Loup

Saint-Martin-le-Vieux

Saint-Nicolas

Saint-Pair

Saint-Pair (baronnie)

Saint-Pair (doyenné)

Saint-Pair (formation géologique)

Saint-Quentin

Sartilly

Scissy

Sélune (rivière)

Thar (rivière)

Tharnet (rivière)

Tombelaine

Tirepied (doyenné)

Vains

Venlée (hâvre)

Vire (massif granitique)

Yquelon

#Liste des personnes

Achard (évêque d’Avranches)

Alexandre III (pape)

Avenel Ranulphe (moine du Mont Saint-Michel)

Courée Guillermus (seigneur d’Yquelon)

Egidius (évêque d’Avranches)

Fortunat (évêque de Poitiers)

Géraldin (seigneur d’Angey)

Grimault (seigneurs de Saint-Loup)

Guillaume de Bréville (seigneur de Bréville)

Guillaume de Lamps (abbé du Mont Saint-Michel)

Guillaume de Saint-Jean (seigneur de Saint-Jean-le-Thomas)

Guillaume le Conquérant (duc de Normandie)

Guillaume Longue-Epée (duc de Normandie)

Hasculphe de Subligny (fondateur de l’abbaye de la Lucerne)

Henri II (duc de Normandie)

Lainé Richard (évêque d’Avranches)

Lascivius (évêque de Bayeux)

Michel (curé de Genêts)

Nicolas (curé de Genêts)

Notre-Dame

Paynel Foulques (seigneur de Sartilly)

Paynel Guillaume (fondateur de l’abbaye de Hambye)

Quesnoy (seigneurs de Saint-Loup)

Rainald (curé de Genêts)

Richard II (duc de Normandie)

Richard de Bohon (évêque de Coutances)

Robert I (duc de Normandie)

Robert de Torigni (abbé du Mont Saint-Michel)

Roger d’Yquelon (seigneur d’Yquelon)

Rogerius de Altomansiunculo (maître d’oeuvre de la tour de Saint-Pair)

Saint Aroaste

Saint Eloi

Saint Eutrope

Saint Gaud

Saint Généroux

Saint Gilles

Saint Hélier

Saint Jean-Baptiste

Saint Léonard

Saint Léontien

Saint Loup

Saint Martin

Saint Maur

Saint Médard

Saint Michel

Saint Pair

Saint Samson

Saint Scubilion

Saint Sébastien

Saint Sénier

Vivien (seigneurs de Saint-Loup)

Copyright © 2006 Marie Lebert

End of Project Gutenberg's L'art roman dans le Sud-Manche, by Marie Lebert


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