CANTICQVE AVX DEESSESDE SCAVOIRAppellees les Neuf Muses.

LEioyeulx fruict que donne mariagePar ses esbatz, et par son doulx vsage,I’ay ia receu : et pour plus d’aduantage,C’est vng beau filz.Pour vous seruir, Deesses, ie le feis :A vous seruir il sera doncq prefis,Et auecq moy (qui seulet ne suffis)Vostre sera.Phœbus le blond pour luy s’efforceraDe bien chanter. Pallas ne se taira :Et vostre voix vng bruict au ciel fairaOultre coustume.Sus doncq, il fault que ce iour on consumeEn ioye et chantz. Prenez en main la plume,Filz d’Apollo. Que la fleur on escumeDe poësie :Pour celebrer en rithme bien choysieCe mien enfant. Muses par courtoisieSa couche soit mignonnement farcieDe fleurs plaisantes :Comme sont fleurs qui croissent par les sentesDe Parnassus, et qui viennent aux entesDe voz iardins, et foretz abundantesEn tout bon fruict.Faictes aussi que par vous il soit duictSi saigement et apprins et conduictQue par son art il vous donne deduict,Grand deuenu.Mais i’ay assés a vous propos tenuDe cest enfant : a tant par le menuVeulx le plaisir, duquel suis detenuAu long descrire.Dieu Apollo vueille moy cy conduireEt me prester vng peu de ton bien dire.Si cest enfant par tes chantz fais reluireBien le rendra :Quand peu a peu grand homme deuiendra :Et ton honneur par son art maintiendra :Lors congnoistras quel loz il t’aduiendraPar son scauoir.Croy, Apollo, que par luy doibz auoirAutant d’honneur que par aultre poëte :Et ne seras long temps sans le scauoir,Si longue vie en santé Dieu luy preste.

LEioyeulx fruict que donne mariage

Par ses esbatz, et par son doulx vsage,

I’ay ia receu : et pour plus d’aduantage,

C’est vng beau filz.

Pour vous seruir, Deesses, ie le feis :

A vous seruir il sera doncq prefis,

Et auecq moy (qui seulet ne suffis)

Vostre sera.

Phœbus le blond pour luy s’efforcera

De bien chanter. Pallas ne se taira :

Et vostre voix vng bruict au ciel faira

Oultre coustume.

Sus doncq, il fault que ce iour on consume

En ioye et chantz. Prenez en main la plume,

Filz d’Apollo. Que la fleur on escume

De poësie :

Pour celebrer en rithme bien choysie

Ce mien enfant. Muses par courtoisie

Sa couche soit mignonnement farcie

De fleurs plaisantes :

Comme sont fleurs qui croissent par les sentes

De Parnassus, et qui viennent aux entes

De voz iardins, et foretz abundantes

En tout bon fruict.

Faictes aussi que par vous il soit duict

Si saigement et apprins et conduict

Que par son art il vous donne deduict,

Grand deuenu.

Mais i’ay assés a vous propos tenu

De cest enfant : a tant par le menu

Veulx le plaisir, duquel suis detenu

Au long descrire.

Dieu Apollo vueille moy cy conduire

Et me prester vng peu de ton bien dire.

Si cest enfant par tes chantz fais reluire

Bien le rendra :

Quand peu a peu grand homme deuiendra :

Et ton honneur par son art maintiendra :

Lors congnoistras quel loz il t’aduiendra

Par son scauoir.

Croy, Apollo, que par luy doibz auoir

Autant d’honneur que par aultre poëte :

Et ne seras long temps sans le scauoir,

Si longue vie en santé Dieu luy preste.


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